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Archive for the ‘Economie’ Category

Pratique de l’étalon or en France jusqu’en 1914

Jeudi, février 4th, 2010

Ce régime de l’étalon-or qui, dans sa forme la plus pure, comporte à la fois la circulation des pièces d’or, la liberté de la frappe, comme celle des importations et des exportations de métal, comment fonctionnait-il pratiquement en France ?

Deux organismes jouaient alors un rôle prépondérant dans l’organisation monétaire : l’Hôtel des Monnaies et la Banque de France. Des treize hôtels des monnaies qui existaient en France au début du XIXème siècle, seul celui de Paris avait été maintenu en activité, pour assurer la centralisation des opérations et la qualité de la frappe. Sa réorganisation datait du 31 Juillet 1879, date à laquelle l’exploitation en régie a été substituée à l’entreprise et fut créée la Commission de Contrôle de la circulation monétaire.

Tout particulier pouvait apporter de l’or en lingots, en monnaies étrangères ou en ouvrages d’or revêtus du poinçon français à la Monnaie pour faire procéder à la frappe de pièces courantes. Il suffisait que l’or répondît aux conditions de poids et de titre fixées par le tarif officiel.

Jusqu’au début du siècle, la Monnaie acceptait tous les lingots d’un titre égal ou supérieur à 0,900, mais elle avait ensuite restreint ses opérations aux lingots d’un titre minimum de 0,994, et d’un poids de 6 à 7 kilogrammes. En principe, elle n’effectuait pas d’achats, mais elle remettait à ceux qui lui apportaient de l’or un  » bon de monnaie  » qui permettait d’obtenir livraison des pièces une dizaine de jours après le dépôt des matières d’or. Un vendeur éventuel pouvait toujours négocier ce bon de monnaie, mais il supportait alors la charge de l’agio : la Monnaie ne pratiquait pas le comptant.

Conformément aux prescriptions de la loi du 17 Germinal An XI (7 Avril 1803), la Monnaie frappait dans un kilo. d’or à 0,900, 155 pièces de 20 francs représentant une valeur de 3100 francs. Les frais retenus étaient de 6,70 Fr. le kilo. d’or à 0,900 valait donc 3093,30 et le kilo. de fin 3437, prix légal d’achat de l’or fin par la Banque de France, alors que le prix paritaire était de 3444,44.

La Banque de France, quant à elle, payait immédiatement les lingots qu’on lui présentait ainsi que les pièces étrangères, l’or au prix légal et les pièces étrangères suivant un prix forfaitaire susceptible d’être remanié selon les circonstances. Depuis 1906 les lingots devraient être au titre minimum de 0,996 et peser de 6 à 13 kilos. Ils devaient naturellement être accompagnés de bulletins d’essai.

Contrairement à ce que l’on croit généralement, la Banque n’était pas tenue de vendre de l’or en lingots. Ses statuts l’obligeaient seulement à rembourser ses billets au porteur et à vue, en monnaie légale, c’est-à-dire en espèces d’or ou, à sa volonté, en écus d’argent de 5 francs.

De fait, à diverses reprises, la Banque de France avait pratiqué la politique de la prime de l’or, c’est-à-dire qu’elle offrait des écus de 5 francs à ceux qui demandaient le remboursement des billets et qu’elle ne consentait à délivrer de l’or que moyennant une prime supplémentaire, dans le but de modifier le gold point de sortie.

De même en certaines occasions (vers 1877 et en 1906) tout en achetant l’or au pair elle a retenu une commission de1 °/oo pour restreindre les occasions d’émettre des billets, pousser au monnayage par les particuliers et abaisser le point d’entrée de l’or.

On sait en effet que le mécanisme de la frappe libre et la libre convertibilité du billet exerçaient un contrôle automatique sur les cours de change par le jeu des gold points.

Si la monnaie française se valorisait sur les marchés étrangers, il devenait avantageux, à un certain niveau, pour un débiteur étranger, d’expédier de l’or en France pour liquider sa dette. On assistait alors à un afflux d’or sur le marché français. Les monnaies nationales antérieurement exportées refluaient les premières, puisqu’elles offraient un moyen de règlement immédiat : le gold point d’entrée était ainsi déterminé par les seuls frais de transport. Les lingots arrivaient ensuite, lorsque la hausse du change français se poursuivait et que les frais de monnayage se trouvaient à leur tour couverts par le bénéfice de l’envoi d’or. En dernier lieu on voyait arriver les monnaies étrangères qui, ne représentant en France qu’une forme particulière de lingot, supportaient le handicap de leur  » frai  » éventuel.

Les lingots et les pièces étrangères pouvaient être portés à la Monnaie pour être transformés en monnaies nationales, mais ils étaient le plus souvent vendus à la Banque de France, simplement du fait qu’ainsi que nous l’avons déjà relevé, la Banque faisait le comptant alors que la Monnaie ne payait qu’à Io jours de terme.

Si le change français venait à baisser, c’est-à-dire si le cours des devises étrangères s’élevait, le processus inverse prenait naissance, les pièces étrangères puis les lingots, puis les Napoléons prenant le chemin des frontières, aussi longtemps que les mouvements de capitaux n’étaient pas satisfaits.

Le gold point d’entrée des livres sterling jouait pour un Cours de change inférieur à 25,112 et le gold point de sortie s’établissait à 25,188 (transport et assurance 1,5o °/oo).

Le calcul s’établissait sur le prix tarifié par la Monnaie pour 1 souverain, soit 25,15, qui représentait le pair (25,22) diminué des frais de Monnayage, de telle sorte qu’il fallait des circonstances exceptionnelles pour que le cours du sterling atteigne le pair.

La Banque de France se trouvait donc jouer le rôle essentiel dans le mécanisme de l’étalon-or, qu’elle contrôlait par ailleurs indirectement en modifiant le taux officiel de l’escompte. Elle créait ainsi des conditions de place susceptibles d’attirer ou de décourager les capitaux flottants dont les mouvements contribuaient à rectifier les taux de change.

Pratiquement, toutes les importations d’or aboutissaient à la Banque et elle était la seule à porter de l’or à la Monnaie, généralement dans le simple but d’entretenir la circulation en pièces de poids droit.

De Litra

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Le désordre monétaire aujourd’hui

Samedi, janvier 23rd, 2010

Du temps des Romains, l’or étant rare en Europe, ce sont les pièces d’argent, les « deniers » qui ont servi de référence. Il faut attendre 1252, et le florin, pour que les pièces d’or réapparaissent en Europe à Florence. À partir de ce jour, l’or est devenu le métal de référence.
C’est en 1024 que le gouvernement chinois des Song adopte les billets de banque qu’utilisaient déjà depuis au moins un siècle les marchands de thé voyageant au loin. Les billets de banque sont moins lourds à transporter que les pièces de monnaie. Mais l’or est resté la valeur de référence. Il fallut attendre le 18 décembre 1971 et les accords de Washington, pour que l’or cesse d’être la valeur de référence entre deux monnaies. Les différents États ont alors eu le choix entre deux systèmes pour déterminer la valeur relative de deux monnaies.

Soit les deux gouvernements passent un accord entre eux et décident de la valeur relative de leurs monnaies. C’est le système dit « à parité fixe ». Mais chaque peuple a un comportement plus ou moins inflationniste. Depuis 60 ans par exemple, les prix grimpent bien plus rapidement en France qu’en Allemagne. Les Français achètent donc les produits allemands devenant moins coûteux. Il fallait de temps en temps modifier la parité fixe, dévaluer. De 1945 à 1999, une quinzaine de dévaluations ont marqué l’union par une parité fixe des monnaies allemande et française (…) LIRE CET ARTICLE DE BERNARD TREMEAU

Des pièces d’or et d’argent avec le logo des Nations Unies

Lundi, janvier 11th, 2010

La pièce d'or des Nations Unies. L'Oro

L’annonce faite par les Nations Unies indiquant qu’elles allaient confier la licence pour la frappe de pièces de monnaie en argent et en or portant le logo des Nations Unies pourrait mettre le prix du métal sur orbite.

Dans son gros rapport rendu cet automne, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) indiquait que le système des devises et des pratiques bancaires internationales des systèmes économiques actuels était inapproprié et qu’il était responsable de la crise économique actuelle. Ce rapport soutient que le système monétaire actuel, où le dollar constitue la monnaie de réserve mondiale, devait être remis en question « de toute urgence ».

Ce rapport CNUCED a marqué une étape importante. En effet, c’était la première fois qu’une institution multinationale majeure diffusait l’idée d’une telle suggestion ou mesure, alors qu’un certain nombre de pays, dont la Russie et le Brésil, s’étaient montrés favorables au remplacement du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Le directeur de la banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, a indiqué que le dollar pourrait être remplacé par un panier de devises. La commission des Nations Unies a rejeté cet élargissement en argumentant qu’un système à plusieurs pays « pouvait également s’avérer instable et opaque. »

La commission souhaite trouver un équilibre plus monétaire pour les pays en voie de développement et un moyen leur permettant de conserver leurs réserves et leurs économies domestiques qui resteraient indépendantes des agences et accords étrangers.

L’économiste américain et Président de la Commission, Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel de l’Economie, a expliqué qu’il existait « consensus de plus en plus large sur le fait que le système de réserve en dollar était à l’origine de nombreux problèmes. Les pays en voie de développement prêtent en effet des milliards de dollars aux Etats-Unis à des taux d’intérêt quasiment nuls alors même qu’ils en ont un énorme besoin, » a déclaré Joseph Stiglitz.
« Cela démontre clairement la nature du problème. Il s’agit d’un transfert net, dans un sens, vers les Etats-Unis, une forme d’aide étrangère. »

Un des collaborateurs de ce rapport, Detlef Koffe a conclu pour sa part en indiquant que « Remplacer le dollar par une monnaie métallique résoudrait certains problèmes des pays dont les déficits sont importants et pourrait favoriser la stabilité. »

Le porte-parole de la Réserve Fédérale américaine, Patrick Paulsen, a reconnu que les Etats-Unis risquaient de réagir de manière virulente à ce projet de devise globale et que cela serait « … considéré comme un pas vers un Nouvel Ordre Mondial. Mais ces mêmes personnes ont également probablement perdu patience avec les agents de change. »

Il a précisé qu’il « … prévoyait néanmoins que les devises occidentales continueraient à se déprécier en raison de l’ascendance asiatique dans le secteur commercial et industriel jusqu’à déterminer leur valeur propre et afin de permettre à leurs économies d’être compétitives. Il s’agit d’une prérogative des Nations Unies que nous ne pouvons pas et que nous ne devons pas contrôler. Cela revient à revenir à l’époque d’avant Bretton-Woods. »

Les Nations Unies ont décidé de proposer une devise d’épargne à « option publique », où la frappe des monnaie sera effectuée sous licence afin de frapper deux types de pièces de la taille de la pièce de 1€ (l’Uno (Argent ~$5) et l’Oro (or, ~$500). Ces noms sont tirés du livre « The Humanist » selon lequel les Nations Unies seraient mieux financées d’ici à 2015 grâce à ses frais de licence, qui devraient se monter à 10-15%.

Les pièces sont dotées d’un marqueur chimique permettant leur authentification et leur traitement par un guichet bancaire automatique modifié et par les appareils d’échange en Europe, qui seront distribués au niveau mondial. Tout licencié, public ou privé, peut produire ces monnaies métalliques sous contrat. Les Nations Unies ne vont pas au-delà de ce que font déjà la plupart des pays, à la seule différence que la valeur de leurs pièces reflètera leur poids métallique.

Armand Dufour, de la Banque Européenne, salue leur introduction. « Les gens en ont assez des options de monnaie à cours forcé. Le gouvernement et les banques ne peuvent pas imposer les pièces de monnaie. Elles auront leur propre valeur inviolable. »

Un élément lui pose toutefois problème. « Si nous constatons une chute du dollar US, comme cela semble inévitable, on enregistrera un fort mouvement vers l’Oro, qui pourra entraîner son augmentation à un niveau où les gouvernements ne permettront pas sa circulation. Ils essaieront de l’isoler. » « C’est là que la situation se complique, » conclut Armand Dufour

Mini-panique acheteuse sur le marché de l’or.

Jeudi, novembre 26th, 2009

Il y a en ce moment une mini-panique acheteuse sur le marché de l’or. Cette nouvelle impulsion de hausse surprend même les vétérans du marché de l’or par sa vigueur et son emballement. Alors, que se passe-t-il ?

L’US MINT aux USA n’arrive plus à trouver suffisamment d’or physique sur le marché pour répondre à la demande de pièces d’or ! En conséquence, il suspend la production de pièces « American Eagle« .

Il y a de gros pachydermes (banques centrales) qui font leurs courses en ce moment, et qui achètent sans prendre garde aux dégâts techniques qu’ils produisent sur le petit marché de l’or!

Rajoutez à cela des commerciaux qui sont forcés de se couvrir pour couper leurs pertes sur le COMEX, et vous arrivez à la situation d’un marché qui continue de grimper malgré des indicateurs techniques de sur-achat, chauffés au rouge vif.

L’annonce de l’Inde concernant l’achat de 200t d’or, ainsi que ses intentions probables pour acheter le solde des 403t du FMI, a produit un boost considérable sur cette nouvelle impulsion de hausse. D’autres banquiers centraux accueillent cette nouvelle avec des perles de sueurs sur le front : « Et si nous avions fait une des plus grosses erreurs de notre histoire avec la gestion de notre or? ».

Car il fut un temps où les banquiers centraux pouvaient considérer l’or comme inutile et superflu. Une sorte d’assurance incendie qui coûte (en terme de capital immobilisé sans rendement) et qui avait peut-être 99% de chance de ne jamais servir (selon leurs calculs). Certains ont osé faire le pari fou que puisque l’or ne servirait plus, on pourrait le prêter et en tirer un bénéfice. Il fut un temps où ces prêts déprimaient le cours de l’or, ce qui rendait l’opération très lucrative pour les banques qui contrôlaient le marché avec de gros stocks d’or à disposition (elles auraient été stupides de ne pas en profiter!). L’or baissait et les investisseurs se jetaient sur les obligations du gouvernement US. Même durant les premières années de ce marché haussier sur l’or 2001-2009, les banques centrales continuaient de prêter leur or, et les banques d’affaire continuaient de manipuler les cours, du moins ponctuellement.

On voyait la hausse du prix de l’or comme un rebond de marché baissier. Il fallait en profiter pour en vendre davantage! Des milliers de tonnes d’or sont encore sorties des coffres des banques centrales européennes à cette époque. On était certain que tout rentrerait dans l’ordre, que la croissance continuerait indéfiniment, que l’inflation produite par les banques centrales continuerait à nourrir les banquiers, les grosses fortunes et secondairement la classe moyenne grâce à une hausse continue de l’immobilier et des marchés boursiers. On pensait que la confiance dans les monnaies papiers serait dorénavant éternelle. Toutes ces croyances se sont lézardées à partir de 2007, puis un mur est tombé en 2008. A présent on peut voir l’intérieur de la maison et on se rend compte que la plupart des planchers sont vermoulus!

L’affaire des fausses barres d’or fourrées au tungstène et découvertes récemment à Hong Kong, a rajouté un peu d’huile sur le feu. Il est impossible de se rendre compte de l’ampleur de la fraude en l’état actuel des choses. Les essayeurs d’or sont demandés en urgence un peu partout, car on veut s’assurer que ces barres n’aient pas contaminé le circuit de l’or entre les établissements. Il est probable qu’il s’agisse d’une erreur de manutention entre des vraies barres et des fausses dans les coffres d’une banque centrale, et que la présence d’une fausse barre à Hong Kong ne soit pas intentionnelle.

Qu’est-ce qui peut expliquer alors la présence d’une fausse barre d’or à Hong Kong? Il faut savoir que les banques centrales ont le droit de prêter leur or. Et elles ont le droit d’inscrire cet or prêté comme faisant encore partie de leurs réserves, ce qui est à mon sens scandaleux! Mais pourquoi une banque qui prêterait 10% de son stock d’or prendrait-elle la peine de remplacer les barres manquantes par des fausses? A mon avis, il faudrait que les barres prêtées représentent une part beaucoup plus importante des stocks pour que le besoin de boucher les trous (pour un éventuel contrôle d’inventaire) se fasse sentir! De là, toutes les spéculations sont permises! La thèse de GATA (comité anti-cartel sur le marché de l’or) revient en mémoire (entre 10′000t et 15′000t d’or seraient manquantes dans les coffres des banques centrales!). Et si GATA avait raison? Les perles de sueurs de nos banquiers centraux se transforment en ruissellement : le marché de l’or semble avoir passé un point d’inflexion déterminant.

Ceci dit, il est également possible que ces barres en tungstène soit une erreur de manutention avant un transport sécurisé. En effet, les barres d’or peuvent passer d’un établissement à un autre et la logistique prévoit certainement de faux convois avec de fausses barres pour leurrer les éventuels intéressés (personnel convoyeur y compris). On ne peut donc pas trop s’avancer, mais le doute demeure. L’annonce de l’Inde vis-à-vis du stock d’or du FMI est par contre bien réelle, et suffit à elle seule pour justifier cette mini panique acheteuse sur l’or.

Et à présent? Il faut inclure la nouvelle de l’Inde dans l’objectif de cette nouvelle impulsion de hausse. Nous dépasserons sans doute les $1250 annoncés dans mon dernier suivi. Si la Chine accélère son programme d’achat d’or, suite à l’annonce de l’Inde, on peut s’attendre à un objectif beaucoup plus élevé d’ici le printemps prochain. Dans l’immédiat, je milite toujours en faveur d’une secousse en direction d’un support mobile de court terme, histoire de faire respirer les indicateurs. Le nombre de traders prompts à encaisser leurs profits au moindre accès de faiblesse du prix produit toujours ce genre de réaction sur un marché qui a grimpé trop longtemps sans corriger.

Lorsque je lis les articles d’analystes du marché de l’or sur le web, je réalise que la plupart s’attendent à cette secousse. Presque trop de monde à mon goût, ce qui me fait penser que la secousse sera peut-être moins forte qu’attendue. Lorsque les gens prient pour que le cours se casse la figure (parce qu’ils ont raté le train de la hausse), on peut être certain que le cours s’arrêtera plus haut que le niveau derrière lequel la majorité est embusquée.

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

Evolution de la valeur d’une pièce d’or Marianne 20F en 100 ans

Vendredi, octobre 16th, 2009

Les amateurs de belles pièces ne cessent d’admirer en ce moment leurs Mariannes coq 20Francs dont les prix gravitent autour des 140 euros. Avec 140 euros, nous savons tous aujourd’hui ce qu’il est possible d’acheter : une nuit dans un hôtel deux ou trois étoiles suivant la région, environ 7 déjeuners dans un restaurant, une trentaine de bouteilles de bordeaux. Mais cette même pièce, en 1909, que permettait-elle d’acquérir ? En 1909, la Marianne Coq 20 Francs permettait d’acheter pour … 20 francs de biens. C’était la belle époque d’un franc germinal qui n’avait pas connu de dévaluation en près de 100 ans. Si l’on s’en réfère au site www.france-inflation.com 20 francs de l’époque vaudraient aujourd’hui 72 euros. Mais que pouvait-on acheter pour 20 francs en 1909 ?

Un ouvrier gagnait 45 centimes de l’heure en Province, le double à Paris (l’équivalent de 3 de nos euros avec l’application de l’inflation de 238358.9% que nous avons connus depuis). Ce même ouvrier aurait payé 35 à 40 centimes pour un kilo de pain (1 euro d’aujourd’hui). S’il avait délaissé sa gamelle en métal pour un déjeuner dans un restaurant il y aurait été délesté de  2 et 3 francs pour un repas complet : entrée, plat, fromage et vin. Et ensuite je vous livre en vrac : un kilo de beurre pour 3 francs (soit 11 euros actuel alors que ce même kilo vous coûte entre 6 et 9 euros aujourd’hui), 1,25 francs pour une douzaine d’oeufs, 25 à 30 centimes pour un litre de lait (bio), 50 centimes le vin (plutôt de la piquette) et un vélo pouvait s’acheter 100 francs (360 de nos euros).

comparaison-valeurs1909-2009

Etrangement, il en ressort l’impression que l’or permettrait d’acheter une quantité sensiblement équivalente de biens entre deux époques ayant connues une hyper-inflation (238359%). Même si le raisonnement ci-dessus pourrait donner lieu à des heures de discussion, tout le monde s’accorde sur une chose : lorsque le cours de l’once d’or en dollars ou en euros augmente, c’est en fait la valeur de ces monnaies qui baisse.

Les caractères de la monnaie métallique

Jeudi, octobre 15th, 2009

Les métaux précieux, essentiellement l’or et l’argent, ont, très tôt dans l’histoire de l’humanité, montré les qualités requises pour remplir les fonctions dévolues à la monnaie et pour constituer l’ossature de divers systèmes monétaires. D’une durée pratiquement indéfinie du fait de leurs propriétés physiques, les métaux précieux ne sont pas fongibles, leur production annuelle s’ajoutant au stock existant accumulé depuis des siècles (tel bijou d’or dont se pare une élégante parisienne provient peut-être d’une pépite ramassée au bord d’un torrent asiatique, il y a plus de deux mille ans). Ils sont homogènes, c’est-à-dire qu’ils présentent la même valeur dans toutes leurs parties, proportionnellement à leurs poids. Contrairement aux pierres précieuses, et au diamant, par exemple, « dont la valeur augmente comme le carré du carat », ils sont divisibles, c’est-à-dire qu’ils gardent leur valeur à l’unité de poids, lorsqu’on les fragmente pour les utiliser dans les transactions les plus minimes. On peut, enfin, les reconstituer en masses du poids désiré.

Les métaux interviennent dans deux systèmes monétaires :
— l’un utilise un seul métal précieux, c’est le monométallisme ;
— l’autre utilise deux métaux précieux : c’est le bimétallisme.

La coexistence de deux monnaies n’est pas sans poser de problèmes. Si l’une d’elles est moins appréciée que l’autre, cette disparité met en jeu le mécanisme de la « Loi de Gresham » que l’on peut rapidement exposer. Lorsque dans un pays circulent deux monnaies, si l’une des monnaies a une valeur nominale égale à la valeur métallique, elle est dite « forte » ou « droite ». « Mauvaise » est par contre la monnaie qui représente une valeur métallique – en tant que lingots – inférieure à la valeur prescrite par les dispositions légales. La monnaie forte disparaît, absorbée par la thésaurisation ou expédiée à l’étranger, et la monnaie faible demeure seule en circulation. On dit que « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». De nombreux exemples historiques d’expériences bimétallistes illustrent le fonctionnement de cette loi.

Monométallisme ou bimétallisme ne signifient pas que la circulation soit composée d’un seul métal ou de deux métaux. Le déroulement des échanges implique une organisation monétaire plus complète, comportant des pièces d’autres métaux pour assurer la totalité des règlements – en particulier de bronze, de nickel, etc.

Les deux systèmes se différencient par certaines caractéristiques tenant à la frappe libre, au pouvoir libératoire et à la fixation d’un rapport légal entre les deux monnaies.

Dans le monométallisme, la frappe libre et la force libératoire illimitée n’existent que pour le métal pris comme étalon.

La liberté de la frappe ne signifie pas la possibilité offerte à quiconque d’ouvrir un Hôtel des Monnaies, mais celle de porter des lingots du métal-étalon à l’atelier officiel pour les faire transformer en pièces, à poids égal, ou bien déduction faite des frais de monnayage. Quant au pouvoir libératoire, droit reconnu au débiteur d’éteindre sa dette en versant de la monnaie à son créancier, la loi le confère au seul métal-étalon. Dans un système monométallique, les monnaies d’appoint ont un pouvoir libératoire limité à une certaine somme fixée par la loi. Si l’or, par exemple, est le métal de la monnaie étalon, il n’y a pas de rapport légal entre sa valeur et celle de l’argent. Ce rapport n’existe que dans le bimétallisme qui assure aux deux métaux la frappe libre ainsi que le pouvoir libératoire illimité. Ce système, on le conçoit, contient en germe des difficultés organiques : il ne peut fonctionner convenablement que dans la mesure où le rapport légal ne s’écarte pas trop du rapport commercial. Or, l’offre et la demande sur les marchés des métaux précieux créent un cours de l’or et un cours de l’argent dont le rapport risque bien vite de différer du quotient légal, mettant en jeu la loi de Gresham.
Qu’il s’agisse du monométallisme ou du bimétallisme, la masse monétaire peut évidemment comporter de la monnaie de papier et de la monnaie scripturale qui, pour un fonctionnement régulier du système, doivent pouvoir être convertibles en pièces du métal-étalon, ou des deux métaux-étalons. Le billet convertible est lui-même un instrument de règlement, doté du cours légal illimité.

Extrait du livre de Jules Lepidi : L’Or

La monnaie fiduciaire

Jeudi, octobre 1st, 2009

Qu’est-ce que la monnaie fiduciaire ? Si l’on ouvre un dictionnaire latin, il est intéressant de noter que le mot fiducia veut dire « confiance », « assurance » ou « courage ». Le dollar, qui est LA monnaie fiduciaire de notre monde moderne est donc basé sur la confiance qu’on lui porte, une monnaie papier qui, si l’on colle à l’étymologie, donnerait courage et assurance à ceux qui en possèdent. Rien que ça !

En fait, toute monnaie est plus ou moins fiduciaire. Même l’or en son temps fut subordonné au crédit qui lui était attribué. L’usage voulait que si les autorités monétaires conféraient à une monnaie d’or un cours déconnecté du prix du métal incorporé, on l’accusait alors d’être une monnaie fiduciaire. A plus forte raison, la part demandée à la confiance grandit si la teneur en or est réduite, si un métal commun est substitué au métal précieux, si la monnaie est faite d’une matière sans valeur.

A ce jeu, les Etats-Unis et leur dollar n’ont évidemment rien d’innovant et il faut plutôt se tourner vers les chinois pour voir apparaître les premières monnaies fiduciaires « dignes » de ce nom. L’empereur Wou-Ti émet en l’an -140 des pièces faites d’un alliage d’argent et d’étain auxquelles il assigne un cours arbitraire : la pièce ovale vaut 300 jetons de cuivre, la pièce carrée 500 et la pièce ronde 3000. Il imagine même des carrés de daim blanc et de soie, marqués du sceau officiel, et leur donne cours pour 40000 pièces de cuivre. Il faut avouer que ces émissions ne coûtent rien au Trésor public et lui donnent de singulières facilités. Comment ne serait-il pas tenté d’en abuser ?

De fait, la Chine en abuse, à plusieurs reprises, surtout à dater du jour où elle sait fabriquer le papier : une belle invention, promise à un grand avenir monétaire ! Au premier siècle de notre ère, les Chinois obtiennent déjà de minces feuilles de pâte, d’abord avec une bouillie de déchets de soie, puis avec les fibres du mûrier et du bambou. Ils possèdent aussi depuis longtemps le secret des encres indélébiles, à base de noir de fumée. Ils sauront bientôt mouler des idéogrammes dans l’argile, pour former des caractères mobiles. Le papier, l’encre et l’imprimerie : voilà ce qui devait détrôner l’or pendant plusieurs siècles. Les chinois venaient d’inventer en même temps le papier monnaie et son corollaire, l’inflation… Mais là c’est une autre histoire que nous vous raconterons plus tard.

Notre Voltaire national avait une opinion très précise à propos de la monnaie fiduciaire : « une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est à dire zéro.”

Le passé et le futur donnèrent systématiquement raison à notre philosophe. La monnaie chinoise qui émerveillait tant Marco Polo ne dura qu’un temps, de même que toutes les autres monnaies de ce type qui existèrent plus tard dans le monde.

A l’échelle de l’histoire de la monnaie, le dollar est finalement encore jeune. Mais la confiance n’est pas éternelle. Pourquoi en irait-il autrement d’une monnaie qui est justement basée sur la confiance ?

Discussion technique : Départ de la prochaine impulsion de hausse de l’or en septembre ?

Vendredi, septembre 4th, 2009

Dans le dernier suivi du mois d’avril, je m’attendais à recevoir un dernier signal d’achat par les CoTs d’ici la fin du mois d’août, conjointement avec la formation d’un dernier creux autour de $900. Le prix de l’or a effectué le mouvement attendu (poursuite de la consolidation latérale avec soutien de la moyenne mobile à 65 semaines), mais le signal d’achat par les CoTs ne nous est pas parvenu. Au contraire, les commerciaux ont massivement augmenté leurs positions vendeuses net, comme au mois d’août de l’année dernière.

signalachatcots

Sachant ce qui s’est passé ensuite, nous pourrions voir le cours de l’or faire un dernier pic de baisse, durant lequel les commerciaux en profiteraient pour prendre leurs bénéfices (ce qui enverrait un signal d’achat sur notre indicateur). La différence est que cette fois, nous n’avons pas les 3 banques américaines qui occupent la majorité des positions vendeuses net chez les commerciaux, et que, de ce fait, le risque est moins élevé que l’année dernière. En août 2008, la concentration de trois banques américaines (dont HSBC et JP Morgan) parmi ces postions vendeuses net trahissait très probablement l’anticipation par des initiés de ce qui allait se passer ensuite (faillite de Lehman Brothers, « deleveraging », liquidation des matières premières,…).

Quoiqu’il en soit, je pense qu’il faut désormais envisager un second scénario pour l’or, même si mon analyse du marché penche pour une nouvelle impulsion de hausse imminente sur l’or.

Scénario 1 (je donne 60% de probabilités) : le mouvement de hausse actuel sur l’or se poursuit et la cassure des $1030 ouvre la voie à $1250 minimum, comme anticipé dans le dernier suivi du mois d’avril.

prixorendollars

Scénario 2 (je donne 40% de probabilités) : l’or ne parvient pas à se hisser au-dessus de $1030 et rechute avec les marchés boursiers cet automne. Objectif la moyenne mobile à 65 semaines, vers les $888, voire un peu plus bas en cas de nouvel épisode de « deleveraging » conduisant à une panique sur les marchés. La consolidation serait plus longue, mais conduirait, plus tard, à une impulsion de hausse plus puissante.

prixorendollars28aout

Tant que le prix de l’or reste au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 50 jours, la probabilité du scénario 1 reste plus élevée que la probabilité du scénario 2. Et ceci, autant en dollars qu’en euros.

En effet, la moyenne mobile exponentielle à 50 jours (MMexp50j) est le support clé pour toute impulsion de hausse en phase 2 du marché haussier sur l’or. Rappelons que la phase 2 est celle où le marché haussier de l’or est visible dans toutes les monnaies, et durant laquelle les institutionnels commencent à entrer dans le marché, mais sans la participation du grand public.

Impulsion de hausse 2005-2006 et support par la MMexp50j

impulsionhausse20052006

Impulsion de hausse 2007-2008 et support par la MMexp50j

impulsionhausse20072008

On observe que de légers débordements au-dessous de la moyenne mobile sont tolérés tant que la clôture de séance ne défonce pas la moyenne mobile plus de 1,5%.

Ainsi, le 1er juin 2006, le cours de l’or défonçait la MMexp50j de 3% en termes d’euros et signalait la fin de l’impulsion de hausse. Le 19 mars 2008, le cours de l’or défonçait la MMexp50j de 3,2% en termes d’euros et signalait la fin de l’impulsion de hausse. La cassure était confirmée le lendemain en termes de dollars.

Notons que les deux impulsions de hausse précédentes ont débuté autour du 1er septembre, et étaient espacées de deux ans. Si l’historique se répète, nous serions, avec une précision et une régularité étonnante, au tout début de la 3ème impulsion de hausse, et elle pourrait durer jusqu’au printemps 2010.

Ci-dessous, les graphiques du prix de l’or en dollars et en euros, avec la MMexp50j en bleu.

En dollars, l’impulsion de hausse semble s’amorcer, tandis qu’en euros nous n’avons pas encore de confirmation. Un dernier contact avec la MM325jours (l’équivalent de la MM65sem) n’est pas exclu et pourrait envoyer le signal d’achat sur les CoTs que nous attendions. C’est la raison pour laquelle je garde 40% de probabilités pour le scénario 2. A mesure que le support par la MMexp50j sera validé, les probabilités pour le scénario 2 diminueront en conséquence.

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Graphiques de long terme et prévisions

scenarii

scenariiargent

• La première constatation est que tous les prix étudiés dans les graphiques ci-dessus se tiennent au-dessus de leur « colonne vertébrale » (la moyenne mobile de long terme à 65 semaines = MM65sem), et que, de ce fait, personne ne peut affirmer aujourd’hui que ces marchés haussiers sont terminés !
• Dans le cas de l’argent métal en termes de dollars et d’euros, ainsi que dans le cas des mines d’or, la pente de la MM65sem est négative, ce qui laisse toujours un voyant rouge allumé. Pour ces marchés-là, la prochaine impulsion de hausse sera « freinée » par le retard de la MM65sem, qui devra dans un premier temps s’incurver, et ensuite rattraper son retard sur le prix. Comme le prix finit toujours par revenir à sa MM65sem, nous ne pouvons en conséquence viser un objectif de prix trop élevé pour cette impulsion de hausse potentielle, que ce soit pour l’argent métal ou les mines d’or. En effet, le prix ne peut pas s’éloigner trop de sa MM65sem, au cours d’une impulsion de hausse, sans finir par corriger violemment à sa rencontre. Je vise par conséquent $18-$20 pour l’argent métal et 500 à 600 points pour le HUI.

Un coup d’œil aux forces relatives de l’or, de l’argent et des mines d’or contre les actions américaines du S&P500 nous montre que la performance de l’or, de l’argent et des mines d’or fait toujours mieux que la performance des actions, depuis le début de ce supercycle sur l’or (2001).

tendances

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

Le supercycle sur le marché immobilier et comparaison avec l’or

Vendredi, août 21st, 2009

Le supercycle sur le marché immobilier est plus court que les supercycles sur les actions et l’or, et, malgré ce que l’on pourrait croire, il n’est pas corrélé aux deux actifs précédents. A noter que le marché du logement en France a subi de nombreuses distorsions entre 1914 et 1948, du fait des contrôles fréquents des prix des loyers par l’Etat, rendant délicate toute étude sur cette période. Le creux séculaire de 1951 correspond ainsi avec le début d’un marché haussier de rattrapage, très puissant, jusqu’en 1967.

Le supercycle sur le marché immobilier est évidemment dépendant de la zone géographique considérée, mais on peut observer, dès le milieu des années 60, une synchronisation entre les zones Etats-Unis-Europe, du fait de la synchronisation de leurs économies. La forte correction actuelle sur le marché américain n’est pas de bon augure pour le marché français. A plus forte raison si l’on considère que lors du dernier sommet de supercycle, au début des années 90, le marché français affichait déjà un retard de deux ans sur le marché américain (voir graphique plus loin), comme c’est le cas actuellement.

Le supercycle est mis en évidence avec le ratio Propriété/revenu des ménages, qui est le résultat de la division du prix moyen d’un logement par le revenu annuel moyen disponible des ménages. Idéalement, les prix du logement devraient suivre l’évolution du pouvoir d’achat des ménages, ou plus précisément le revenu disponible de ceux-ci, une fois déduits les impôts et autres frais incompressibles. Une hausse des prix plus forte que celle du revenu disponible sur une longue période (comme c’est le cas depuis 2000) trahit une situation de bulle immobilière, alimentée par une hausse de l’endettement des ménages pour combler le gap entre la stagnation du pouvoir d’achat et la hausse des prix du logement. Ci-dessous, une visualisation de ce supercycle pour la France.

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synchrocycle

Le ratio est complètement sorti du tunnel qui avait cours de 1965 à 2003, signe d’une spéculation intense, suite à la politique d’argent facile des banques centrales pour relancer la croissance en 2003. Aujourd’hui, le marché défie toujours la pesanteur grâce à des taux d’intérêts très bas, mais son renversement est déjà effectué, et la prochaine remontée des taux d’intérêts accélérera la tendance. En effet, le prochain cycle d’inflation et la remontée des taux sont quasiment garantis, suite aux mesures exceptionnelles prises par les banques centrales et les gouvernements en 2008-2009. Nous pouvons raisonnablement nous attendre à un prochain creux sur le marché de l’immobilier vers 2013-2015.

Comparaison immobilier/or et objectifs de prix pour l’or

Même si l’immobilier et l’or sont deux actifs qui évoluent de façon indépendante, on peut former le ratio Propriété/or, qui mesure le prix d’une maison en termes d’or, afin de déceler un éventuel supercycle :

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Nous voyons que le supercycle que l’on obtient évolue en tandem avec celui de l’or, car le supercycle de l’or est beaucoup plus puissant que le supercycle de l’immobilier. Cela dit, ce graphique est très intéressant car il nous montre que la maison familiale américaine est généralement bon marché en termes d’or lorsqu’elle coûte moins de 100 onces d’or (environ 3kg).

Nous pouvons répéter l’exercice avec une maison familiale en Angleterre, et nous obtenons un cycle synchrone, mais d’amplitudes différentes. Vendre l’immobilier anglais pour acheter de l’or en 2005 aurait été digne de figurer comme transaction de la décennie, au même titre que celle de William Bonner en 2000, lorsqu’il recommandait de vendre les actions pour acheter de l’or.

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Ici aussi, on peut dire que la maison familiale anglaise est bon marché lorsqu’elle coûte moins de 100 onces d’or.

Je n’ai pas de graphique aussi complet pour le marché français, mais on peut s’attendre à un supercycle synchrone avec les deux précédents, du moins depuis les années 50. Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est la valeur du creux de 1980 pour le marché français, qui pourrait nous donner une idée de la valeur que nous pourrions atteindre lors du prochain creux de 2013-2015 sur l’immobilier.

Le graphique suivant montre justement qu’en 1980, le prix d’un logement standard (moyenne des prix pour un logement) en France coûtait pratiquement le même prix qu’un logement standard en Angleterre. Nous pourrions donc arriver au même prix plancher en termes d’or pour la maison familiale en France, soit 100 onces d’or (ou environ 3kg d’or), vers la fin de la phase descendante du supercycle.

prixlogement

Nous sommes en présence d’une équation à trois inconnues : le prix de l’or, le prix de la maison en euros et le prix de la maison en onces d’or. En connaissant deux variables, on peut déterminer la troisième, par exemple le prix moyen de la maison familiale. En supposant qu’une maison nous coûte 100 onces d’or et que le prix de l’or reste au niveau actuel, nous avons :

comparaisons

Au prix actuel de 660€ l’once d’or, notre maison familiale en France devrait atteindre un prix de (660 €/once) X (100 onces) = 66′000€, en 2013-2015, pour valoir 100 onces d’or, ce qui semble irréaliste ! En revanche, si on pense que le prix de la maison familiale ne peut pas baisser à moins de 200’000€ en 2013-2015, on devrait arriver à un prix de l’or de 2000€ l’once, en gardant toujours les 100 onces d’or comme objectif de prix, soit un potentiel de hausse de trois fois.

La période 2013-2015 sera tout à fait singulière, car elle pourrait voir converger le sommet du supercycle sur l’or et le creux du supercycle sur l’immobilier, ce qui n’est encore jamais arrivé depuis que l’or a été « exclu » du système monétaire en 1971 ! En 1980, le marché de l’immobilier établissait un sommet de cycle, conjointement au marché de l’or. Et pourtant, c’est à cette période de prix élevés pour l’immobilier que l’on pouvait acheter une maison familiale pour seulement 100 onces d’or ! Si cette fois le marché de l’immobilier se trouve en creux de cycle au moment où le marché de l’or se trouve en sommet de cycle, le prix en termes d’or pour une maison pourrait toucher un creux historique beaucoup plus bas que 100 onces.

En se basant sur l’historique de ces supercycles, le prix de l’or en termes d’euros aurait un potentiel d’appréciation de trois fois à l’horizon 2013-2015, en valeur corrigée de l’inflation, et le prix d’une maison familiale pourrait coûter à un certain moment moins de 3kg d’or.

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Quant au marché immobilier américain, l’offre beaucoup plus grande de logements vacants risque de causer également un creux historique en termes d’or ces prochaines années (voir le graphique précédent).

Il ne serait pas étonnant de voir une maison familiale se vendre pour moins de 2kg d’or (64 onces) au plus fort de la baisse pour le marché immobilier (ou de la hausse pour l’or). Sachant que le prix moyen d’une maison familiale aux USA est actuellement de $170′000 (elle valait $250′000 au plus haut en 2005), il faudrait que le prix de l’or atteigne $2′643 pour que la maison américaine coûte 2kg d’or, tout en conservant son prix de $170′000. Etant donné que le prix du logement aux USA, en termes de revenu disponible pour les ménages, est revenu dans son tunnel de long terme, ce prix est de l’ordre du possible.

prixmaisonus

Si l’on considère que l’inflation des prix risque de repartir aux USA dans les années à venir, nous pourrions voir les prix de tous les biens repartir à la hausse, y compris ceux de l’immobilier, et cela pourrait porter le prix de l’or bien plus haut en termes de dollars. Toutefois, ce raisonnement porte à penser que l’appréciation du prix de l’or en termes de dollars constants (valeur corrigée de l’inflation) ne dépasserait vraisemblablement pas trois fois (à moins d’un effondrement historique du ratio Propriété/or aux USA). Toute appréciation supplémentaire se ferait en termes de monnaie dépréciée et non en terme de pouvoir d’achat.

Cette étude comparative nous porte aussi à penser que l’appréciation du prix de l’or en termes d’euro, peut être aussi forte que l’appréciation du prix de l’or en termes de dollar, en valeurs corrigées de l’inflation.

La seconde partie de la phase descendante du cycle de Kondratieff risque de se montrer beaucoup plus difficile à vivre que la première, car, comme nous venons de le voir, le supercycle sur le marché immobilier était en phase ascendante, de 2000 à 2007, et avait atténué l’impact de la crise boursière 2001-2002. Malheureusement, le marché de l’immobilier vient de rejoindre les marchés boursiers dans leur phase descendante, et cette traversée du désert, main dans la main, risque de durer jusqu’en 2015. Tant que le peuple peut garder l’illusion de s’enrichir quelque part (au moins sur l’immobilier jusqu’en 2007), son moral en tant que consommateur reste au beau fixe, mais lorsqu’il réalise qu’il devient de plus en plus pauvre, à tout point de vue, et que son emploi est menacé, il coupe ses dépenses, et participe à l’accélération de la crise.

Evidemment, ces raisonnements s’appuient sur un historique qui ne se répétera pas forcément de façon identique, ainsi que sur la perception cyclique que j’ai des comportements humains sur les marchés financiers. Cela laisse une certaine marge d’erreur. Mais je reste confiant dans l’hypothèse qu’une fois qu’une tendance de long terme est amorcée, elle finit toujours par aller jusqu’à un point extrême, que ce soit une valeur très bon marché pour l’immobilier, très bon marché pour les actions et très chère pour l’or. Cela est déjà arrivé plusieurs fois dans le passé, et cela n’a aucune raison de ne pas se reproduire, étant donné la nature immuable de la psychologie humaine. Ayons la modestie de reconnaître que nous ne sommes ni pires ni meilleurs que les générations précédentes, et basons-nous sur l’observation que les cycles se répètent, immuablement.

La théorie des supercycles sous-entend, pour que son modèle prévisionnel fonctionne, que plusieurs variables évoluent dans des limites acceptables. Il faut en particulier que la psychologie des individus ne change pas (les individus pourraient devenir plus sages et raisonnables à l’avenir) et que la structure de la société (démocratie, capitalisme) soit préservée. Ce sont deux points qui ont peu de chance de changer, surtout le premier, mais il faut prendre garde à certaines autres variables qui pourraient rompre le cycle dans un sens ou dans l’autre.

Je pense au problème du pic pétrolier, au problème de l’accroissement démographique, et au problème du dérèglement climatique. Malheureusement, ces trois inconnues penchent dans le même sens : elles pourraient prolonger considérablement la présente phase descendante du cycle de Kondratieff.

Le cycle de Kondratieff débute à l’ère du capitalisme, mais si on prend encore plus de recul sur l’histoire humaine, l’ère du capitalisme n’est peut-être qu’un cycle à l’intérieur d’un plus grand. L’explosion démographique, et les pressions énormes sur les ressources et l’environnement qui vont en découler, vont mettre à rude épreuve le modèle capitaliste de notre société de consommation.

Sans pétrole bon marché, nous risquons de nous diriger vers une décroissance économique durant plusieurs générations. Les énergies renouvelables sont beaucoup plus coûteuses à produire que le pétrole, dépendent du pétrole pour être produites, et ne pourraient jamais le remplacer entièrement ! Il faudrait que l’homme puisse découvrir une nouvelle source d’énergie bon marché, comme la fusion thermonucléaire (l’énergie du soleil), mais les physiciens ne pensent pas pouvoir la domestiquer avant 50 ans au moins…

population

Sommes-nous des générations « produites » avec du pétrole bon marché ? Devons-nous notre nombre à cette énergie du soleil, mise en conserve sous l’écorce terrestre pendant des millions d’années, et gaspillée en quelques décennies? Lorsque l’on compare le graphique du haut avec le graphique du bas, on peut se légitimement se demander si le graphique du bas ne va pas ressembler à celui du haut…

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L’or est le seul survivant à toutes les crises qu’ont traversé les sociétés humaines depuis des milliers d’années. Et les crises qui arrivent sur nous durant cette phase descendante du cycle pourraient surprendre, par leur brutalité, bien des personnes qui se sont mises dans la tête que notre société moderne n’a plus rien à faire avec l’histoire, sinon nous apporter davantage de luxe, de confort, et de richesses (vestiges psychologiques de la phase ascendante du cycle 1982-2000). Il n’est pas trop tard pour acheter un peu d’or, à titre d’assurance financière, car la purge du système est loin d’être terminée !

Mises en garde habituelles

Faites vos propres recherches. Je ne peux pas être tenu pour responsable de vos décisions d’investissement. Discutez avec votre conseiller en placement avant toute décision d’investissement.

LIRE LA PREMIERE PARTIE DE CET ARTICLE : Les supercycles

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

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Les supercycles des marchés boursiers et de l’or

Lundi, août 17th, 2009

Le supercycle sur les marchés boursiers

Sur les marchés boursiers, le supercycle correspond au cycle de Kondratieff et il est mis en évidence avec les valorisations des actions (ratio P/E). Plus la valorisation est chère, et plus les investisseurs paient cher pour obtenir le même bénéfice par action. Lors d’une phase ascendante, la cupidité des investisseurs croît graduellement au fil des années, et lors d’une phase descendante, la peur croît graduellement jusqu’à valoriser le marché de façon très pessimiste.

Le dernier sommet de ce supercycle a été atteint en 2000. Nous pouvons nous attendre à un creux inférieur à 10 pour les valorisations des actions du Dow Jones vers 2015-2020.

Je n’ai pas de graphique semblable pour l’indice CAC40 français, car cet indice est plus récent, mais la synchronisation des marchés européens et américains n’est plus à démontrer.

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Le graphique précédent montre, en rouge, les périodes pour lesquelles le rendement réel des actions US est négatif, compte tenu de l’inflation et des dividendes versés. Toutes ces périodes de rendement négatif sur les actions correspondent à une phase descendante du supercycle.

Le supercycle sur le marché de l’or

Le supercycle sur le marché de l’or est mis en évidence avec le ratio DOW/OR qui mesure la valeur de l’indice boursier Dow Jones en termes d’or. En fait, les actions et l’or évoluent sur de très longues périodes en opposition de phase, ce qui ne devrait pas nous étonner, étant donné l’aspect risqué des actions et l’aspect sécuritaire de l’or. Le dernier creux de supercycle sur le marché de l’or a été établi en 2000, et un sommet devrait arriver vers 2015 ou quelques années avant, étant donné que les phases de hausse sont historiquement beaucoup plus courtes que les phases de baisse.

Le supercycle sur le marché de l’or est un phénomène mondial, car lorsque le marché de l’or est engagé dans une phase de hausse, il grimpe contre toutes les monnaies.

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Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

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Les supercycles

Mercredi, août 12th, 2009

Dans la nature, les cycles sont omniprésents : le jour et la nuit, les saisons, les pulsations du cœur, la respiration, etc. A l’échelle de la société, des empires naissent et meurent. Les cycles accompagnent les sociétés humaines depuis la nuit des temps.

Mais les phénomènes cycliques et réguliers des grandes échelles font place aux phénomènes statistiques et chaotiques dès que l’on tente de sonder l’infiniment petit. Impossible par exemple de connaître avec précision la position d’un électron autour du noyau atomique. Les physiciens recourent alors aux calculs de probabilités.

Les marchés financiers et l’économie n’échappent pas à cette nature cyclique du monde, et ils n’échappent pas non plus au problème des « bruits parasites » lorsqu’il s’agit d’étudier les tendances avec un microscope. Comme les physiciens du monde quantique, les traders recourent aux probabilités, car les mouvements du marché sur une aussi petite échelle sont souvent chaotiques et irrationnels. S’ils gagnent 60% de leurs paris, ils finiront par gagner beaucoup d’argent, peu importe le nombre de paris perdus.

Par chance pour l’investisseur axé sur le long terme, les cycles qui oeuvrent au sein de l’économie et des marchés financiers sont beaucoup plus facile à déceler sur une grande échelle. Pourtant, la tyrannie du court terme, avec ses bruits parasites et sa volatilité, finit par l’emporter sur la vision à long terme de l’investisseur. La réalité est que les gens préfèrent s’enrichir rapidement et se retrouvent très vite, malgré eux, victimes de leurs émotions : la cupidité et la peur.

Je vais définir le supercycle, non comme la tendance cyclique de très long terme sur le prix d’un actif, mais plutôt comme la tendance cyclique de très long terme sur la confiance des investisseurs relativement à cet actif. Car ce n’est pas l’actif qui est de nature cyclique, mais la nature humaine, comme nous le verrons plus loin.

Une confiance, engagée dans une tendance de très long terme, conduit inévitablement les investisseurs, qui se trouvent au sommet du supercycle, à trouver toutes sortes d’excuses pour justifier les prix de bulle atteints par le marché, et jugés comme normaux par la grande majorité. Inversement, dans le creux d’un supercycle, les investisseurs sont totalement désintéressés par l’actif, et intimement persuadés qu’il ne pourrait jamais faire un bon investissement de long terme.

Kondratieff est un des premiers économistes à avoir montré, dans les années 20, l’existence de grands cycles pour l’investissement, qui tendent à se répéter tous les 60 ans environ. C’est en étudiant les quatre économies les plus développées de son temps (Etats-Unis, Angleterre, France, Allemagne) qu’il a mis en évidence l’alternance de longues phases d’expansion et de ralentissement de l’activité économique.

Selon Kondratiev, la phase ascendante s’accompagne d’un surendettement, d’un surinvestissement et d’une surproduction, et la phase descendante s’accompagne d’une purge du système avec une baisse de la demande, tout en préparant le terrain pour une nouvelle phase de croissance.

Selon le cycle de Kondratieff, nous serions entrés en 2000 en phase descendante pour les économies américaine et européenne, période de climat boursier défavorable, et qui peut conduire à de grands conflits sur la scène mondiale. La dernière phase descendante correspondait à 1929-1945, période de la Grande Dépression aux USA et de la Seconde Guerre Mondiale.

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Joseph Schumpeter trouve une autre explication pour justifier ces cycles. Il pense que c’est l’apparition d’innovations majeures qui entraîne le développement de l’économie pendant de longues années.
La phase ascendante correspond aux temps nécessaire à l’assimilation, la diffusion et l’amortissement des nouvelles innovations, puis la concurrence et la baisse de la demande explique l’apparition du point de retournement du cycle. Quand à la phase descendante, elle correspond à l’élimination des stocks (capacité de production en excès), des dettes et à la préparation d’une nouvelle vague d’innovation.

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Remarquons que le cycle de Schumpeter, dessiné ci-dessus, comporte une vague de plus à partir de 1950. On peut choisir de l’inclure ou non dans le cycle de Kondratieff, mais le ralentissement au début des années 90 correspond à une petite récession et ne ressemble en rien à un véritable hiver économique comme celui des années 30. Ce qui nous importe avant tout, c’est la réalité du terrain et non la beauté des graphiques ! Le rythme des grandes découvertes scientifiques aurait plutôt tendance à ralentir depuis les années 60. Les anciennes générations ont connu, au cours de leur vie, davantage de révolutions technologiques (chemin de fer, automobiles, congélateurs, avions, télévision) qui ont bouleversé leur vie que notre génération.

A mon avis, la présence de grands cycles dans l’économie est en partie liée au cycle des générations successives, qui finissent toutes par oublier complètement ce qu’avaient appris, à leurs dépens, les générations précédentes disparues.

L’économiste Marc Faber décrit très bien les différentes phases à travers lesquelles évolue une société.

1. Une société est travailleuse, frugale, épargnante, innovatrice.
2. Elle s’enrichit.
3. Elle devient puissante du fait de ses richesses accumulées.
4. Elle devient arrogante, car elle a pris conscience de sa richesse et de son pouvoir sur les autres.
5. Elle dépense de plus en plus, car elle n’a plus peur du lendemain.
6. Pour maintenir son train de vie excessif, elle emprunte de plus en plus d’argent.
7. Lorsque le niveau de dette global devient trop grand, elle commence à « imprimer de l’argent ».
8. La catastrophe arrive et le niveau de vie de toute la société retombe.
9. Si la société arrive à se relever, elle redevient travailleuse, frugale, épargnante, innovatrice.
10. Etc.

L’engouement populaire pour les actions en 2000 est un comportement de haut de cycle, tout à fait classique et récurrent. Une fois l’erreur admise, il faut généralement 60 ans pour qu’elle se reproduise, mais sous une autre forme. Les dérives de l’ingénierie financière, que notre présent cycle porte en lui, nous promettent une purge longue et douloureuse pour le système financier. L’endettement monstrueux à tous les niveaux se paiera probablement en dévaluant progressivement, mais massivement les monnaies. Le coût à payer en terme de pouvoir d’achat, de chômage et de détresse humaine risque d’être très élevé et d’aboutir en fin de cycle à un comportement globalement beaucoup plus prudent et moins dépensier (leçon retenue par la génération qui a traversé la Grande Dépression des années 30). Ainsi, la crise actuelle ne sera pas identique à celle des années 30 (elle risque d’être inflationniste plutôt que déflationniste), et elle aboutira à une autre société que celle des années 50, mais le vécu de la crise et les leçons retenues pourraient avoir une odeur de déjà vu.

A cause de l’inflation qui fait varier les prix des actifs à des vitesses différentes, il est souvent difficile de mettre en évidence ces supercycles par la seule observation du prix (un prix peut grimper en nominal mais baisser en valeur corrigée de l’inflation). Mais des méthodes très simples existent pour les mettre à jour.

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Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

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Du bloc-or à la dévaluation de 1936

Dimanche, août 2nd, 2009

L’année 1933 marqua dans le monde entier le tournant décisif. L’abandon provisoire de l’étalon-or par les Etats-Unis en mars, l’échec de la Conférence économique mondiale réunie à Londres le 12 juin et la constitution du Bloc-Or le 8 juillet montrent assez que le bouleversement monétaire atteignait une ampleur inégalée. Pour la première fois depuis l’époque de l’Union Latine les difficultés monétaires se situaient sur le plan international. On sait ce que fut le Bloc-Or, une déclaration commune des gouvernements intéressés au maintien de l’étalon-or et une entente entre les Banques d’Emission de France, de Belgique, d’Italie, des Pays-Bas, de Pologne et de Suisse pour la défense de leurs monnaies contre la spéculation qui tendait à les entraîner dans la « course aux dévaluations ».

Mais si la spéculation initiale fut effectivement brisée par l’action concertée des Banques Centrales, il était trop évident que de simples mesures techniques ne pouvaient que se révéler impuissantes pour lutter efficacement contre les conséquences de difficultés économiques ou financières internes. De fait l’action du Bloc-Or fut finalement plus psychologique que pratique et son principal intérêt réside dans le resserrement des liens de collaboration dont elle fut l’occasion entre les banques d’émission.

C’est à cette époque notamment que se généralisa la pratique de l’or « earmarked », c’est-à-dire la conservation d’or dans les caves de Banques d’Emission pour le compte d’autres Banques d’Emission. Ces dépôts à l’étranger permettent aux autorités monétaires de procéder instantanément à des opérations sur or et devises sans avoir comme auparavant à effectuer le transport matériel du métal.

L’Italie fut le premier des pays du bloc-or à sortir des règles de l’étalon-or par les contrôles qu’elle institua dès le mois de mai 1934. La Belgique dut rétablir le cours forcé et dévaluer sa monnaie en mars 1935. La Pologne fut obligée de l’imiter en 1936.

Quant à la France, elle traversa pendant ces quatre années, de 1933 à 1936, les étapes d’un calvaire économique et financier particulièrement pénible. Le souvenir de la récente période d’inflation était encore trop vif pour qu’elle puisse se résoudre de gaîté de coeur à entrer volontairement dans le cycle infernal dont elle connaissait trop bien les conséquences. Mais, par ailleurs, la résistance à la dévaluation la plaçait dans des conditions défavorables vis-à-vis des pays qui venaient de dévaluer leurs monnaies. Son isolement économique s’aggravait de mois en mois et la seule politique susceptible de prolonger sa défense résidait dans une déflation dont les charges apparaissaient insupportables, notamment du point de vue social. Les controverses qui s’instituaient quant à la politique monétaire qui devait être suivie, comme les difficultés financières dans lesquelles se débattait la Trésorerie de l’Etat, engagèrent une nouvelle fois les épargnants à se réfugier vers les valeurs réelles.

La Banque de France cédant de l’or à guichets ouverts et à prix fixe, on vit de longues théories se présenter rue de la Vrillère pour échanger des liasses imposantes de billets contre des lingots de 12 kilos. Certains jours un service d’ordre dut être mis en place pour discipliner les impatiences.

Pour donner satisfaction aux amateurs d’or dont les disponibilités n’atteignaient pas la valeur d’une barre ‘(215000 frs), un commerce de détail s’institua dans les banques et établissements de change spécialisés. Les barres achetées à la Banque par ces professionnels furent débitées et vendues en lingots d’un kilo. et quelquefois moins. Chacun put ainsi se constituer des réserves d’or suivant ses moyens.

De 1933 au ter octobre 1936 l’encaisse de la Banque s’est réduit de 83359 milliards à 50145 milliards, soit de 4914 à 2964 tonnes. La perte atteignait ainsi près de 2000 tonnes, dont la majeure partie avait d’ailleurs servi à combler le déficit de la balance des comptes.

On estime généralement que la thésaurisation privée en avait absorbé, quant à elle, près du cinquième, soit quelques 6 milliards de francs Poincaré, représentant près de 400 tonnes.

Une certaine partie de cet or avait pris le chemin de l’étranger, beaucoup des acheteurs préférant détenir leurs avoirs en dépôt dans des banques étrangères par crainte de mesures fiscales ou de réquisition. Ce mouvement avait été particulièrement sensible au cours des crises monétaires de 1935, et il avait d’ailleurs pris à cette époque un caractère international au bénéfice notamment de la place de Londres.

Cette effervescence devait changer de caractère avec le nouveau régime monétaire qu’introduisit la loi du ter octobre 1936.

De Litra

Les vertus d’une bonne monnaie lorsque toutes les autres n’existent plus

Mardi, juillet 28th, 2009
Les oeufs peuvent-ils être une monnaie valable ?

Les oeufs peuvent-ils être une monnaie valable ?

Imaginons 2018. Les monde occidental est passé par des années de déflation puis un retour de flamme sous forme d’inflation massive à l’image de l’année 1923 en Allemagne.

En 2008, Jean vendait encore des yachts de luxe sur la Côte d’Azur. Depuis le crash financier et la crise économique qui s’en suivi, il élève quelques poulets dans une ferme en bordure d’un petit village Auvergnat. Il nous parle ici de sa dernière découverte dans un monde où de nouvelles règles se dessinent tous les jours. Il nous explique ainsi à quoi devrait ressembler une bonne  monnaie.

J’arrive sur la place de mon village, déjà grouillante de monde, et je dépose à mes pieds les produits de ma ferme : des paires de poulets, ficelés par les pattes, et des paniers où des mottes de beurre, enveloppées dans des feuilles, reposent sur un fond d’oeufs frais et lisses. Je ne suis pas sans inquiétude, car les Euros, dont nous avions coutume de nous servir dans le pays, sont refusés par tout le monde depuis que l’Etat les a émis par tombereaux entiers. Les écrans de saisie pour les paiements par cartes bancaires ne sont plus assez larges pour afficher les sommes dues pour les achats de la vie courante. Nous sommes donc un pays sans monnaie. Comment les choses vont-elles se passer ?

 » Je me suis installé près du marchand de poteries, car je convoite quelques bols polychromes, alignés sur un tréteau de bois. Un voisin nous rejoint, portant sur son épaule des châles et des foulards, parmi lesquels je compte bien en choisir un ou deux pour ma femme. La conversation s’engage. Nous nous apercevons que chacun de nous désire une partie de ce que les autres possèdent. Voilà qui va bien. Or il se trouve qu’au bout d’un instant de discussion, nous sommes si bien embrouillés dans les échanges beurre-poteries, poulets-châles, châles-poteries, châles-oeufs…, etc., que nous n’y comprenons plus rien. Je propose alors de prendre pour unité un oeuf. Tout s’éclaire : nous tombons d’accord sur l’estimation de mon beurre, de mes poulets, de leurs châles et de leurs bols en termes d’oeufs. Nous discutons encore, mais finalement les échanges se font.

 » Mes oeufs n’ont pas été manipulés, mais ils ont servi de dénominateur commun, comme me l’explique un ancien trader de Londres devenu éleveur d’escargots; ils ont rempli une première fonction monétaire : celle de mesure de valeur. Ils sont devenus une monnaie de compte et je commence à les regarder avec quelque respect.

 » Voici que passe un ostéopathe de ma connaissance : c’est un habile homme qui d’une chiquenaude a remis en place la semaine dernière mon épaule qui s’était déboîté.  » Je ne suis pas un ingrat, lui dis-je, et tout service mérite récompense. Prenez donc de ma marchandise, à votre convenance.  » Il me remercie, mais il hésite, car il possède déjà en abondance tout ce que je lui offre ; il accepte cependant.  » Donnez-moi vos oeufs quand même, dit-il. Les oeufs, on trouve toujours à les échanger contre autre chose.  » Mes oeufs ont ainsi acquis une qualité nouvelle, ils sont devenus monnaie-marchandise, ils remplissent une deuxième fonction monétaire, celle d’instrument d’échange. C’est bien de l’honneur pour eux.

 » Une heure après, comme je quitte le café du Commerce, où j’ai dignement terminé la matinée, je rencontre l’ostéopathe.  » J’ai gardé une douzaine de vos oeufs, me dit-il, je me servirai d’eux pour acheter des pâtes demain ; l’épicier est aujourd’hui complètement démuni.  » Mes oeufs vont remplir une troisième fonction monétaire, celle de réservoir de valeur, d’instrument d’épargne. Ils sont une véritable monnaie.

 » Ne convient-il pas, puisqu’il en est ainsi, d’estimer mes oeufs plus que je ne l’ai fait jusqu’ici ? Ce choix flatteur dont ils viennent d’être l’objet ne justifie-t-il pas de ma part une hausse de leur prix ? Ils ont acquis une valeur monétaire qui s’ajoute à leur valeur commerciale, et je m’en réjouis. Mais, deux jours plus tard, un voisin qui vient me voir répond sans le vouloir aux questions que je me suis posées : il m’apprend que l’ostéopathe, tout malin qu’il est, a buté contre une pierre, qu’il est tombé, que son panier s’est renversé et que les oeufs ont fait une omelette, à la grande joie des enfants qui l’observaient au bord de la route. J’en conclus que mon raisonnement est exact dans le cas d’une bonne monnaie, mais que les oeufs sont une mauvaise monnaie, et toute leur gloire s’évanouit à mes yeux… « 

Je pense que dès demain je vais ressortir les vieux napoléons en or cachés derrière ma bibliothèque.

Article écrit par Louis Baudin et Jean-François Faure

Histoire de l’emprunt Giscard sauvé du désastre par la chute du cours de l’or des années 80.

Lundi, juin 29th, 2009

Le reflux du prix de l’or, qui commença à se manifester, très rapidement, après le 21 janvier 1980, ouvrit non seulement la voie au règne de l’étalon dollar au sens pur du terme, mais empêcha aussi, en France, le désastre complet de l’emprunt Giscard. En octobre 1973 le Ministre des Finances de Georges Pompidou avait lancé un emprunt de 6,5 milliards de francs. Cet emprunt, rémunéré à 7 %, était à tout égard semblable à l’emprunt Pinay; de 1952-1958. Comme lui, sa valeur était garantie par le cours de l’or, et dispensée de droits de succession et de donation. Mais, ce qui était possible, au moment où le prix de l’or était stable, à 35 dollars l’once, cessa d’être viable, dans un marché où le métal précieux tendait à s’envoler. L’emprunt Giscard, 1973, a été lancé au moment précis où l’once d’or valait 97 dollars et est arrivé à son terme au moment où elle valait 437 dollars. Ce qui fait que cet emprunt, remboursé en janvier 1988, a coûté 12,3 fois plus que ce qu’il avait permis à l’État d’encaisser, c’est-à-dire de 80 milliards de francs. I1 est tout à fait évident que cet emprunt aurait coûté beaucoup plus, sí l’or n’avait pas été cassé dans son processus de remonétisation, par les Accords de Jamaïque et par la taxation des transactions qui ont commencé au niveau international, à partir de 1979.

Valéry Giscard d’Estaing passait, au moment où il fut élu président, en 1974, pour le plus brillant des grands argentiers du monde occidental. L’histoire de l’emprunt qui porte son nom rend d’autant plus évidente la cécité des responsables politiques de l’époque quant aux grandes secousses de l’ordre monétaire international.

Edouard Husson & Norman Palma, auteurs de « Le capitalisme malade de sa monnaie : Considérations sur l’origine véritable des crises économiques« 

Le système honnête d’avant 14

Lundi, juin 8th, 2009

Les banques centrales des divers pays détenaient de l’or dans leurs coffres. L’or était utilisé pour soutenir les devises papier. Si un pays dépensait trop en produits externes, sa devise fuyait vers des pays étrangers. Elle revenait en paiement de biens ou de services fournis par le pays d’accueil. En cas de déséquilibre — c’est-à-dire lorsqu’un pays étranger se retrouvait avec plus de la devise d’un autre pays qu’il ne pouvait en dépenser en biens et services de ce pays –, le surplus qui en résultait était présenté à la banque centrale pour être remplacé par de l’or. Les déséquilibres de tous les pays étaient réglés dans la seule chose qu’aucun d’entre eux ne pouvait imprimer ou contrefaire : l’or. Si une nation accumulait un déficit commercial persistant, elle se voyait retirer son or.

Cela encourageait la banque centrale à faire quelque chose pour le protéger. En général, les taux d’intérêt grimpaient, ce qui avait pour effet de récompenser l’épargne et de décourager le flux de fonds vers l’extérieur.

Le système était net. Il était honnête.

Par Bill Bonner – Chronique Agora

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "