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Archive for the ‘Europe’ Category

L’or évincé durant la Première Guerre mondiale – Histoire de l’or

Lundi, janvier 18th, 2010
Affiche de la Grande Guerre. L'or est alors devenu un trésor de guerre.

Affiche de la Grande Guerre. L'or est alors devenu un trésor de guerre.

1914 : le conflit sonne le glas de l’or monnaie, comme de beaucoup d’autres valeurs de ce monde. Les peuples mobilisent. L’or, cessant d’être le moteur d’une économie de paix, est appelé à reprendre l’une de ses vieilles fonctions : il est trésor de guerre.

Tout au long de l’histoire, il n’a guère cessé de l’être. Il a joué ce rôle entre les mains des Grecs, qui l’accumulaient dans leurs temples avec des arrière-pensées militaires, entre les mains des Perses, entre celles de Philippe de Macédoine et d’Alexandre, de Rome et de Byzance. « Toute nation doit tâcher d’amasser de l’or pour l’occasion des guerres », a conseillé l’Encyclopédie de Diderot. La Prusse, en 1813, a demandé aux femmes le don de leurs bijoux pour lutter contre les Français; elles ont, en échange, reçu des bijoux de fer, portant la mention : « Pour du fer, j’ai donné de l’or. » Les belligérants de 1914, eux aussi, font appel à l’or pour financer la lutte.

Dans la tour de Spandau, Guillaume II a pris soin d’entasser le précieux métal. Si la Russie et la France, avant 1914, ont grossi soigneusement leurs réserves d’or, c’est pareillement en prévision de la conflagration menaçante.

Puisque les États en guerre rassemblent leurs forces, les particuliers ne sauraient leur dérober les moyens du combat. A tout le moins, il n’est plus concevable de leur donner de l’or. Le premier soin des belligérants est de suspendre la convertibilité des billets. En France, dès le jour de la mobilisation, les directeurs des succursales de la Banque de France décachètent le pli secret qui leur a été adressé. Ils y ont lu « Vous cesserez immédiatement toute remise d’or. » La loi du 5 août consacre cette mesure : le franc n’est plus qu’une monnaie de papier.

Même décision en Allemagne, pour le mark, que la loi du 4 août 1914 rend inconvertible. Mais la libérale Angleterre agit différemment. Attachée à l’étalon-or qui a fait sa gloire et sa fortune, elle maintient en droit la convertibilité des billets, pour la supprimer en fait. Un Anglais viendrait-il à la Banque d’Angleterre pour demander, en échange de ses coupures, un règlement en or? Il commence par subir un long interrogatoire, il doit fournir la preuve que cet or ne sera pas fondu ni vendu à prime, et, s’il insiste, il est accompagné par un policeman chargé de contrôler l’emploi du métal. Cette procédure a de quoi décourager les citoyens d’esprit assez peu civique pour réclamer de l’or. De même, l’exportation de l’or reste libre ; mais les ports sont surveillés de telle sorte que cette permission équivaut à un embargo. Au surplus, Londres interdit la fonte des pièces, comme l’offre ou la demande d’une prime pour la monnaie métallique. Et pour éviter à la Banque d’Angleterre la peine et la honte de multiplier ses billets, le Trésor en émet, sous le nom de currency notes : c’est du papier d’État, officiellement remboursable en or, mais que ne gage aucune couverture de métal. Ainsi, avec la plus parfaite candeur, le Royaume-Uni sauve les principes.

Comme l’Allemagne, la France et l’Angleterre, tous les pays hier ralliés à l’étalon-or, ou à ce qui restait du double étalon, rompent avec le métal. Les États-Unis eux-mêmes, lorsqu’ils entreront dans la guerre, interdiront les sorties d’or.

Le métal jaune cesse de circuler en Europe : depuis germinal, la France avait frappé 696 millions de pièces d’or, représentant 3 500 tonnes ; on a vu qu’il en reste 2 800 tonnes en 1914, dont 1 200 à la Banque et 1 600 dans le public. Ce sont ces 1 600 tonnes de pièces qui perdent leur fonction monétaire. Il n’est même pas besoin de leur ôter le cours légal : elles passent sans effort des porte-monnaie au creux des coffres-forts et des bas de laine.

Versez votre OR. Nous verson bien notre sang !

Versez votre OR. Nous versons bien notre sang...

Pourtant l’État en a besoin : s’il a des achats à faire à l’étranger, ce n’est pas avec des billets français qu’il peut régler ses dettes extérieures. Un appel officiel du 2 juillet 1915 convie les Français à verser leur or pour concourir à la Défense nationale. « L’or est indispensable pour acheter des munitions, disent les affiches… Échangez l’or que vous détenez, et qui ne peut d’ailleurs vous être d’aucune utilité, contre des billets de la Banque de France dont le crédit fait l’admiration du monde. Un certificat vous sera remis, constatant la somme d’or que vous aurez versée… » Des comités de l’or s’organisent par tout le pays. La Banque reçoit ainsi 380 tonnes de métal durant la seule année 1915, et plus de 700 pendant l’ensemble des années de guerre : ce qui réduit la thésaurisation privée à 900 tonnes, et devrait porter l’encaisse de la Banque à 1 900 tonnes. Mais il lui a fallu céder du métal à l’étranger, pour assurer les approvisionnements de la nation. En 1919, elle ne détient plus qu’à peine 1100 tonnes d’or. La différence a payé la guerre.

On retient ici le cas de la France, parce qu’elle était, dès 1914, de tous les belligérants européens, le pays qui possédait les plus gros avoirs en or. L’Allemagne, tout en perdant les trois quarts de ses réserves de devises, réussit à sauvegarder l’encaisse de la Reichsbank (700 tonnes), faute de pouvoir trouver suffisamment de fournisseurs extérieurs. L’Angleterre préserve l’essentiel de son avoir grâce aux crédits américains. Les États-Unis, neutres jusqu’en 1917, fournisseurs en permanence, doublent leurs réserves d’or, de 1914 à 1919.

Il est vrai que la guerre ne se paie pas seulement avec de l’or. Elle se finance avec de l’inflation. Dans le cours forcé, le papier-monnaie ne s’accrédite qu’en se discréditant.

René Sédillot – Historien

L’Euro est-il menacé par la crise ?

Lundi, mars 16th, 2009
L'euro survivra-t'il à la crise ?

L Euro survivra-t'il à la crise ?

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les Américains ont installé leur réserve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraînement de l’arme blindée. Il est évident que leur or ne pouvait pas être mieux défendu que par ces tanks. Mais voilà, depuis plusieurs décennies déjà, les réserves des banques centrales sont constituées de devises et non plus d’or. Le dollar américain est la principale monnaie de réserve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar était réputé as good as gold, c’est-à-dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar à un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des années 60, le président Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en août 1971 Richard Nixon ne décrète leur inconvertibilité définitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette décision, mais certains voyaient déjà se dessiner une autre solution à la crise du système monétaire générée par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : « Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système. »
C’était Giscard d’Estaing il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Et pourquoi des gens comme lemonde.fr titraient-ils « Paris s’inquiète de la fragilité de la zone euro » tout en expliquant que le débat sur la pérennité de l’euro a été lancé par la dégradation de notes de solvabilité de plusieurs Etats européens, notamment par celle de la Grèce.
Margarites Chinas (membre de la commission du budget au Parlement européen) : « Je pense que la zone euro n’est pas menacée, je pense qu’il y a un centre eurosceptique qui veut menacer la zone euro, qui veut la troubler, ce sont des dealers de marchés financiers qui fonctionnement avec les notes de l’Etats au-delà de l’euro ou sterling, etc. Et tous ces messieurs et dames ont l’intérêt d’attaquer la zone euro puisque nous sommes dans un moment difficile de crise, les marchés financiers cherchent toujours à s’attaquer à l’euro mais je pense que c’est une attaque à Francfort et à Bruxelles pas à Athènes ou à Rome. La crise frappe la Grèce comme beaucoup d’autres pays mais toute question de se placer en dehors de la zone euro pour revenir à l’époque d’une flexibilité monétaire qui conduit à une inflation exorbitante, c’est hors de question pour la Grèce. Même si l’Allemagne pense que la différence de spreads lui permet de vendre plus facilement ses bons d’Etat à court terme, je pense que même pour l’Allemagne, à moyen terme, toute menace sur la zone euro va contre les intérêts allemands, d’où la nécessité de faire ce que monsieur Young et beaucoup d’autres proposent, d’émettre des obligations collectives qui vont permettre à la zone euro de déployer ses défenses collectives. »
Récapitulons. Les Grecs sont moins solvables que les Allemands qui refusent les euro-obligations collectives. Décidément, si la monnaie unique veut survivre, la fédéralisation de l’Europe est inévitable.
Donc si on résume: l’abandon de l’étalon or a poussé l’Europe à bâtir un nouveau système monétaire. Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que là encore on a affaire à des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des réserves en devises ? Ce sont les pays excédentaires en balance de paiement, les opérations courantes, donc ce sont les pays pétroliers, c’est la Chine, l’Allemagne, etc. Ces gens-là ont placé leurs économies et ont le choix entre des instruments libellés en dollar et des instruments libellés en euro et éventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur paraît optimal en fonction de leurs anticipations, l’euro a monté parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro étaient supérieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar donc les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse là où le dollar monte. C’est entièrement ce genre d’arbitrage qui fait aujourd’hui le cours des monnaies.
Donc la question est : quel est l’avenir de l’Europe dans la crise par rapport aux Etats-Unis ? L’Europe n’est pas globalement beaucoup plus mal placée que les Etats-Unis pour faire face à cette crise, donc il y aura des fluctuations, mais il n’y aura pas de marginalisation de l’euro. (Transcription de l’émission Station-Météo de France Culture)

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La crise qui frappe l’Europe Centrale et Orientale touchera l’eurozone

Jeudi, février 26th, 2009

Cette crise a débuté aux États-Unis, mais c’est en Europe où elle pourrait se transformer en catastrophe.

Un haut responsable politique m’a confié la semaine dernière que la situation actuelle lui rappelle la crise du Système Monétaire Européen de 1992, lorsqu’un pays après l’autre faisait l’objet d’attaques spéculatives – obligeant le Royaume-Uni et l’Italie à sortir du système. Dans une union monétaire, on ne peut plus spéculer sur les taux de change. Mais grâce aux Credit Defaut Swaps [1], il est possible de parier sur l’éclatement de la zone euro. La semaine dernière, les spéculateurs ont parié sur une défaillance de l’Irlande, ce qui a rendu plus coûteux pour elle le refinancement de sa dette, et cette éventualité devient du même coup une prophétie auto-réalisatrice.

Mais l’Irlande ne représente pas le plus grand danger pour la zone euro. Si le pays s’effondre, l’eurozone viendra à son aide. Les Allemands eux-mêmes acceptent désormais cette perspective. La situation de l’Europe Centrale et Orientale recèle un danger bien plus imminent. La possibilité d’un effondrement financier pose le problème politique le plus urgent auquel l’Union Européenne ait à faire face en ce moment. Si cette situation est mal gérée elle pourrait mettre à bas l’eurozone.

Cette crise frappe l’Europe Centrale et Orientale de manière disproportionnée en raison de deux erreurs politiques commises par les gouvernements de la région. La première a consisté à encourager les ménages à souscrire des prêts hypothécaires en devises étrangères. En Hongrie, la quasi-totalité de ces prêts sont libellés en devises, principalement le franc suisse. Ce choix du franc suisse est manifestement ridicule et témoignage d’une forme d’analphabétisme économique. Je pourrais comprendre à la rigueur que des emprunts en devises aient été effectués en euros, dans la mesure où la Hongrie doit finalement rejoindre la zone euro. Mais la Hongrie ne rejoindra probablement pas la Fédération Suisse. L’argent que les ménages hongrois ont économisé grâce aux taux d’intérêt pratiqués en Suisse a été plus que perdu en raison de la hausse du franc suisse. LIRE LA SUITE SUR CONTREINFO.INFO

La crise touche gravement les pays de l’Est de l’Europe

Vendredi, février 20th, 2009

La nouvelle Europe fait face à sa crise la plus profonde depuis la fin de l‘ère soviétique. Les marchés financiers et les devises des pays de la région se sont effondrés depuis six mois. Ces problèmes ne sont que partiellement provoqués par la crise financières mondiale de 2008.

Il n’y a d’abord eu que des signaux, épars. Qui, en septembre dernier, prêtait attention à la dépréciation du forint? La panique est venue en octobre, avec le déblocage d’une aide d’urgence de 30 milliards de dollars par le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne, afin d’éviter à la Hongrie de faire défaut sur sa dette.

Le péril qui menace l’Europe de l’Est ne se résume pas à une déclinaison régionale de la crise mondiale. Il tient à la fragilisation, depuis des années, de l’équilibre financier de nombreux pays de la région en surchauffe, en raison des emprunts massifs en devises contractés par leurs ménages. L’appréciation de leurs monnaies – mais aussi l’espoir de les voir «converger» vers l’Union européenne – a conduit les groupes financiers à y prêter massivement des capitaux. LIRE LA SUITE SUR LE TEMPS.CH

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a mis en garde mercredi contre les risques de contagion.

« Si les problèmes en Europe de l’Est s’étendent au reste de l’Europe car des banques retirent leurs capitaux des pays de l’Est pour les rapatrier, cela aura des répercussions sur le commerce, l’emploi et la prospérité dans le reste du monde », en limitant la capacité de pays affectés à continuer à commercer normalement, a-t-il déclaré.

L’UE un jour coulée par ses bad banks ?

Lundi, février 16th, 2009

The Daily Telegraph affirme avoir consulté un document confidentiel de la Commission européenne, avertissant que les Etats membres de l’UE courent à la faillite en cherchant à créer des structures de défaisance, les fameuses bad banks, en charge de neutraliser les « titres toxiques » des banques européennes. Le document aurait été discuté par les ministres des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles mardi. D’après le quotidien, c’est l’UE qui risquerait de voler en éclats avec cette politique.

Le mémorandum évalue le montant total des « actifs toxiques » des banques européennes à 16300 milliards de livres anglaises, c’est-à-dire 44% du total de leurs actifs estimé à 36900 milliards (41200 milliards d’euros) ! Comme le note un lecteur, cette information « anxiogène » fut rapidement retirée du site du journal.

The Daily Telegraph note que « les dirigeants nationaux et les autorités de l’UE craignent qu’un « deuxième renflouement » des banques, accroîtra l’endettement des Etats à un moment où les investisseurs, en particulier ceux qui prêtent aux gouvernements européens, ont de plus en plus de doutes sur les capacités de remboursement de ces derniers, en particulier quand il s’agit de pays comme l’Espagne, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Italie ou l’Angleterre ». LIRE LA SUITE SUR SOLIDARITE & PROGRES

L’avenir des pays de la zone euro les plus pénalisés par la crise.

Mercredi, février 11th, 2009

Nous avons identifié les pays de la zone euro où l’arrêt de la hausse de l’endettement des ménages va entraîner la plus forte chute de l’activité et la plus forte perte de croissance à moyen terme : Espagne, Grèce, Irlande, Portugal, aussi Finlande.
Les politiques économiques disponibles amélioreront peu la situation de ces pays :
• la politique monétaire est commune à la zone euro et est peu efficace si les agents économiques privés désirent se désendetter ;
• la politique budgétaire expansionniste est une arme en cas de baisse transitoire de l’activité, pas de baisse définitive de l’activité ; de plus, la hausse des spreads de taux (vis-à-vis de l’Allemagne) la pénalise déjà ;
• sortir de l’euro n’est pas une option réaliste ;
• les politiques « industrielles » de développement de nouveaux secteurs ne peuvent avoir d’efficacité que dans le long terme (ce qui ne s’applique pas à la Finlande).
On sera donc probablement confronté, dans les pays les plus touchés par la crise, à un recul durable du niveau d’activité et de la croissance sans politique correctrice efficace, c’est-à-dire à une hausse durable du chômage.
Nous avons identifié les pays de la zone euro où l’arrêt de la hausse de l’endettement des ménages va entraîner la plus forte chute de l’activité et la plus forte perte de croissance à moyen terme : spaEgne, Grèce, Irlande, Portugal, aussi Finlande.
Les politiques économiques disponibles amélioreront peu la situation de ces pays :
• la politique monétaire est commune à la zone euro et est peu efficace si les agents économiques privés désirent se désendetter ;
• la politique budgétaire expansionniste est une arme en cas de baisse transitoire de l’activité, pas de baisse définitive de l’activité ; de plus, la hausse des spreads de taux (vis-à-vis de l’Allemagne) la pénalise déjà ;
• sortir de l’euro n’est pas une option réaliste ;
• les politiques « industrielles » de développement de nouveaux secteurs ne peuvent avoir d’efficacité que dans le long terme (ce qui ne s’applique pas à la Finlande).
On sera donc probablement confronté, dans les pays les plus touchés par la crise, à un recul durable du niveau d’activité et de la croissance sans politique correctrice efficace, c’est-à-dire à une hausse durable du chômage. EXTRAIT D’UN RAPPORT NATIXIS DE PATRICK ARTUS

La fin du secret bancaire est programmée.

Mercredi, février 4th, 2009

Une proposition de directive européenne vise à renforcer considérablement les échanges d’informations entre les administrations fiscales. A quoi faut-il s’attendre? La lutte contre la fraude fiscale. C’est naturellement le bon moment pour en parler ! Outre la crise financière, qui a mis au grand jour les pratiques osées de gestionnaires d’actifs, les affaires « Madoff », « Kerviel » et le scandale de fraude fiscale au Liechtenstein en 2008 ont mis en évidence un vrai manque de transparence dans la sphère financière. Ces affaires ne sont pas directement liées mais montrent toutes à des degrés divers la nécessité de mieux réguler et de lutter contre la fraude fiscale. Les instances européennes se devaient de réagir. (…)

« A court terme, cela ne va rien changer car il est fort probable que le Luxembourg ne signe pas les yeux fermés cette proposition de directive », relève François Parisis, directeur de la gestion patrimoine chez Puilaetco Dewaay. « Mais à plus long terme, cette directive, lorsqu’elle sera votée, sera une arme redoutable pour investiguer les patrimoines mobiliers et immobiliers en cas de soupçon de fraude. Il suffira en effet qu’un euro d’intérêt soit perçu au Luxembourg pour que l’administration fiscale belge soit au courant. (…)

« Le Luxembourg va rechigner, c’est sûr, mais je crains que la Suisse, qui n’a pas développé d’activités annexes comme le Luxembourg (NDLR : la gestion de fonds) soit beaucoup plus récalcitrante », poursuit Pascal Minne. « Or, le Luxembourg risque de conditionner son adhésion à la directive à l’approbation des autorités suisses. Les discussions risquent de durer longtemps. Mais il est clair que, dans quelques années, le secret bancaire sera levé partout en Europe et que tous les pays pratiqueront l’échange d’informations. Il faut en être conscient… »

LIRE L’ARTICLE DE LECHO.BE

Le gaz russe et l’Europe

Lundi, février 2nd, 2009
Gazprom

Gazprom

Les plans de la Russie sont d’une grande simplicité: il s’agit de punir  les pays qui essaient de se soustraire à son  influence, et de leur couper les vannes ou de construire des gazoducs qui les contournent (c’est le cas de Nord Stream comme de South Stream); tandis que parallèlement, elle récompense les nations et dirigeants politiques qui démontrent leur volonté de coopération à son égard en leur offrant des contrats énergétiques lucratifs. Il est essentiel pour Moscou de conserver son monopole sur l’acheminement du gaz de la mer Caspienne en direction de l’Europe, car elle veille ainsi à ce que tous ces pays, d’ores et déjà devenus ses « partenaires » ferment les yeux sur le retour des pays de l’ancien espace soviétique sous la férule du Kremlin. (Lu dans le magazine Diplomatie)

Le chômage en Europe

Dimanche, février 1st, 2009

Les nouveaux chiffres publiés par Eurostat vendredi 30 janvier confirment les prévisions : le taux de chômage dans la zone euro s’est établi à 8 % en moyenne en décembre 2008, contre 7,9 % un mois plus tôt et 7,2 % il y a un an.

L’Euro survivra-t-il à la Crise ?

Mercredi, janvier 21st, 2009

Le Monde rapporte que « Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, a rejeté, lundi 19 janvier, toute perspective d’éclatement de la zone euro. »

« Récession inédite, déficits records, endettement massif, le souffle de la crise économique met cependant à rude épreuve la cohésion de l’union monétaire. En 2009, son produit intérieur brut devrait reculer de 1,9 %, d’après les prévisions en forte baisse dévoilées lundi par la Commission. Dans les seize pays de la zone, le chômage devrait passer de 7,5 % de la population active, fin 2008, à 10,2 % en 2010. A l’instar de l’Espagne et de la Grèce, les Etats membres les plus fragiles voient leur note financière révisée à la baisse par les agences de notation. Une série de pays en difficulté, dont la Grèce, l’Espagne mais aussi le Portugal, l’Irlande et l’Italie sont sanctionnés par les investisseurs internationaux : l’écart entre les taux consentis sur les emprunts d’Etat se creuse comme jamais depuis la création de la monnaie unique voici dix ans. Aujourd’hui, la crise oblige les Etats plus exposés à payer une prime de risque de plus en plus importante, qui alourdit d’autant leur refinancement. »

« La situation donne des sueurs froides aux dirigeants européens. Les ministres des finances de la zone euro n’ont pu ignorer le sujet lors de leur rencontre mensuelle, lundi soir, à Bruxelles. La pression persistante mise par les marchés de capitaux sur tel ou tel pays frappé par la récession pourrait accélérer son éventuelle défaillance. Cet automne, les Vingt-Sept avaient dû se porter au secours de la Hongrie, un pays non membre de la zone euro, avec l’aide du FMI et de la Banque mondiale. Or, il n’existe pas de dispositif de ce genre pour soutenir un pays membre de l’union monétaire. En principe, les traités européens excluent même une telle initiative. »

La crise américaine, le problème des européens

Mardi, janvier 6th, 2009

Les crises économiques et financières d’aujourd’hui sont à l’image du nuage toxique de Tchernobyl. Tout président de la République que l’on est, on ne peut décréter que le mal s’est estompé net à la frontière. Quand la crise en Russie avait éclaté il y a dix ans, nous nous demandions comment 1% de l’économie mondiale pouvait mettre autant à mal les 99% restants. Alors, lorsque ce sont les Etats-Unis qui forment l’épicentre de la crise, la question de sa propagation au reste du monde ne se pose guère. A l’heure où l’Europe entre dans une sévère récession, il est une interrogation qui me paraît légitime: pourquoi certains pays qui héritent de la crise en pâtissent davantage que ceux qui en sont à l’origine? Il y a plusieurs raisons à cette apparente immoralité. LIRE LA SUITE DE CET ARTICLE DE MICHEL GIRARDIN SUR LETEMPS.CH

Les effets d’annonce du plan de relance européen

Mardi, décembre 2nd, 2008

Il faut noter qu’il n’y a pas de véritable plan de relance européen. Il s’agit aujourd’hui d’une annonce marketing et cosmétique, mais qui n’a aucune réalité économique. Tout d’abord sur les 200 milliards d’euros annoncés, seulement 30 milliards sont du ressort de l’Union Européenne. Tout le reste n’est qu’une accumulation de sommes qui avaient déjà été prévues. Ce plan n’est rien d’autre qu’un effet d’annonce. Du point de vue anglo-saxon, la position prise est de dire que la situation est d’une gravité sans précédent, qu’il faut des plans de relance massifs pour éviter la déflation, même si cela implique une aggravation du déficit budgétaire et une explosion de leur dette. La position allemande est de dire que relancer l’économie en accentuant les déficits et en détériorant la dette, c’est créer la crise dans 5 ans.

Marc Fiorentino, président d’Euroland Finance

La crise financière, et maintenant ?

Mardi, septembre 23rd, 2008

Alors que les marchés financiers sont encore chancelants après les événements des dernières semaines concernant le système bancaire américain, les experts se demandent ce qui va maintenant se passer. Il est bien difficile de faire des prévisions, bien difficile d’y voir clair. Tomaso Padoa-Chioppa est un ancien ministre italien des finances qui dirige désormais un groupe de réflexion baptisé  » Notre Europe « . Laurent Cohen-Tanugi est lui un avocat d’affaires français qui a publié un rapport intitulé l’Europe dans la mondialisation. Dans Agora sur Euronews TV, tous les deux parlent de ce que l’Union européenne doit faire pour sortir de la pire crise financière survenue depuis des décennies.

Tomaso Padoa-Chioppa
C’est la première fois depuis la deuxième Guerre mondiale – je crois – qu’une crise financière majeure qui a ses racines aux Etats-Unis dans un marché immobilier américain et dans les institutions financières américaines. Reste, comme le système financier est global, comme la confiance qui est le facteur fondamental pour la stabilité est devenue un phénomène également global, cette crise est déjà une crise qui intéresse la finance internationale et donc l’Europe.

Laurent Cohen-Tanugi
Tout à fait, la crise est déjà en Europe. Alors, l’exposition des banques européenne semble être moindre qu’aux Etats-Unis mais on voit bien même les marchés émergents sont touchés, les bourses… la Russie a été obligée de fermer ses marchés boursiers pendant deux ou trois jours, la bourse chinoise a énormément chuté, donc personne n’est épargné.

Tomaso Padoa-Chioppa
Oui. Il y a un élément qui est – je crois – aussi spécifiquement américain, c’est que les ménages sont fortement endettés. Ils ont normalement emprunté pour acheter leurs maisons et ils ont tendance à dépenser les fruits d’une augmentation de la valeur de leurs maisons. Donc si tout cela change de direction, le niveau de la consommation et des achats pour les ménages américains va baisser et l’économie va en souffrir.

Laurent Cohen-Tanugi
C’est tout un système en fait qu’on appelle la finance de marché, qui s’est mis en place depuis une vingtaine d’années et qui aujourd’hui explose et que les risques qui ont été pris de manière totalement démesurée et puis des normes bancaires… on est sortis, en fait, du système de régulation bancaire traditionnel pour aller vers des systèmes de marché que plus personne ne contrôle ou ne comprend et c’est ça qui est dangereux. Pour revenir à l’Europe, ce qu’on peut dire c’est que l’Europe dans cette crise se comporte plutôt bien puisque… D’abord, c’est une chance formidable d’avoir l’euro. Deuxièmement, la Banque Centrale européenne a véritablement assuré son rôle en injectant de la liquidité depuis un an en quantités très importantes, en se coordonnant avec les autorités américaines et puis l’Europe apparaît comme une zone de stabilité aujourd’hui. C’est quelque chose de très important.

Tomaso Padoa-Chioppa
Tout à fait. Elle a ainsi démenti toutes les prévisions et les jugements négatifs qu’on avait entendus tout au début de l’euro quand on disait qu’en cas de crise financière la construction qu’on venait de mettre en place n’aurait pas fonctionné. C’est exactement le contraire qu’on a vu. Reste – à mon avis – qu’il y a une grosse lacune, c’est que la monnaie est une seule monnaie, la politique monétaire est une seule politique monétaire, les injections de liquidité se décident vite et d’une manière courageuse à Francfort, mais la supervision financière est restée cloisonnée entre pays. Elle n’est pas homogène malgré les directives communes et il n’y a pas de partage d’informations suffisant. Donc, si vraiment un établissement majeur en Europe devait se trouver en difficulté, ces défauts viendraient en lumière d’une manière très forte.

Laurent Cohen-Tanugi
C’est vrai qu’on se demande des fois si une crise d’une telle ampleur s’était produite en Europe aujourd’hui, avec le degré d’intégration, à part la BCE on ne voit pas au niveau… qu’est-ce qui remplacerait le Trésor américain aujourd’hui en Europe. C’est là où on voit quand même le déficit d’intégration et de coordination qu’on a aujourd’hui dans l’Europe financière.

Tomaso Padoa-Chioppa
Non seulement qui remplacerait le Trésor américain, mais aussi quel serait le point d’où on voit l’ensemble des systèmes financiers européens parce que du point de vue monétaire, on le voit de la BCE. Du point de vue financier, il n’y a aucun endroit où les données sont collectées et partagées. Donc je crois qu’il y a une raison pour être prudent dans l’optimisme.

Laurent Cohen-Tanugi
Pour l’avenir, comment après la décision qui vient d’être prise par le Congres américain…

Tomaso Padoa-Chioppa
Mais je pense que la clé en ce moment est la confiance. Tant que les gens sont dans la panique, elle ne bouge pas. Toute crise, par définition, est quelque chose qui se passe rapidement. Personnellement, je pense qu’il y a plus que cette crise aiguë, il y a dans le background le fait que l’économie américaine ne peut pas continuer à avoir une croissance élevée qui est fondée sur la dette extérieure et que les prix des matières premières resteront élevés et vont augmenter encore plus parce que la pression est déterminée par le fait qu’un tiers de l’humanité est en train d’élever ses niveaux de vie et nous présente un scénario – me semble-t-il – dans lequel il y aura plus d’inflation et moins de croissance de toute manière.

Laurent Cohen-Tanugi
Il y a peut-être une opportunité pour l’Europe, si on arrive à sortir de cette crise pour, prendre sa place… avec une économie américaine qui a donc les difficultés que vous dites, les pays émergents qui sont quand même, eux aussi, affectés par la crise…ou qui ont également un certain nombre de fragilités, donc l’Europe doit véritablement avoir une stratégie pour la mondialisation, une stratégie positive, que la stratégie de Lisbonne qui est une stratégie d’adaptation à la mondialisation est certes nécessaire et doit être renforcée, améliorée mais il lui faut également, à l’Union européenne, une stratégie économique extérieure pour pouvoir influencer la mondialisation et pour pouvoir jouer… l’Europe est après tout la première puissance économique et commerciale du monde, elle ne joue pas encore aujourd’hui le rôle qu’elle devrait jouer dans la régulation de l’économie mondiale.

Tomaso Padoa-Chioppa
Je suis d’accord et je crois qu’une des leçons à en tirer est qu’il faut plus d’Europe et pas moins d’Europe devant ces événements.

Laurent Cohen-Tanugi
Absolument.

Euro/Dollar ou pourquoi le prix du gazoil n’est pas passé de 1,47 à 0,97 € / L

Jeudi, septembre 11th, 2008

Souvenez-vous, c’était le 22 avril: l’euro franchissait le seuil des 1,60 dollar. Aujourd’hui il est passé sous la barre des 1,40 dollar. L’effet sur la compétitivité des entreprises, la balance commerciale et la croissance se fait déjà sentir. En revanche, la baisse de l’euro atténue l’impact positif de la chute du baril : en dollar, le baril est passé depuis la mi-juillet de 145 à 97. En euro, il est à 75, contre 90.

La valeur de l’euro dépend de la croissance européenne et des politiques monétaires de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne. A court terme, la baisse de l’euro devrait continuer car la croissance de la zone euro continuant à s’affaiblir, il y a davantage de probabilité que la Fed augmente ses taux, plutôt que la BCE. À plus long terme, cependant, il n’est pas sûr que la devise américaine poursuive sa marche en avant. Car si les ménages américains continuent à ne pas épargner, « les Etats-Unis vont continuer à accumuler de la dette extérieure, et la tendance à moyen terme du dollar par rapport à l’euro restera une dépréciation », note Patrick Artus, économiste auprès de la banque française Natixis.

« Nous avons touché le fond »

Mercredi, septembre 10th, 2008

« Selon nos estimations, tout juste publiées, lors du deuxième et du troisième trimestre de cette année nous avons touché le fond. Et à présent, pour 2009, nous nous attendons à une reprise graduelle », a déclaré M. Trichet à la chaîne Rai Uno.

La Commission européenne a sévèrement réduit mercredi sa prévision de croissance pour la zone euro en 2008, à 1,3% contre 1,7% en avril dernier, tout en estimant que l’inflation pourrait avoir atteint un pic.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "