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Archive for the ‘Europe’ Category

Les perspectives économiques de 2012

Vendredi, janvier 13th, 2012
Vera Valor

Pas besoin de consulter Madame Irma ou Elisabeth Teissier pour découvrir ce que nous réserve 2012. Il suffit d’observer ce qui vient de se passer en 2011 pour le deviner. Le Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com, Charles Sannat, nous en trace les grandes lignes.

Les perspectives 2012 ne sont pas réjouissantes. On a du mal à imaginer une amélioration avec le manque de cohésion de la zone euro et l’absence de solutions durables à la crise.

1/ Le « découplement » zone Euro / USA en termes de croissance et de politique monétaire est le premier facteur d’aggravation de la crise économique mondiale actuelle. Grâce à une monétisation appuyée et un plan de soutien massif, les Etats-Unis vont connaître un semblant de croissance en 2012 alors que l’Europe file droit vers une récession grave et profonde.

2/ Les taux d’intérêt bas pratiqués par les banques centrales sont le 2e facteur d’aggravation. Les états sont de toute façon dans l’incapacité de rembourser des prêts à des taux plus élevés, car ceux-ci sont insolvables. Donc tant que des taux seront bas, la dynamique économique peinera à reprendre, c’est le serpent qui se mord la queue.

3/ Les problèmes de financement bancaires. Le risque de « credit crunch » (banques qui limitent leur offre de crédit) signifie en clair plus d’investissement, plus de prêts, et que les banques ne vont pas bien. Il faudrait qu’elles augmentent leurs fonds propres avec une augmentation de capital (ce qui est très compliqué à l’heure actuelle), soit en réduisant leur exposition aux crédits. Avec les règles de Bale III, de nouvelles normes pour « renforcer les banques » demandent aux banques de reconstituer leurs fonds propres, ce qui implique moins de financement. Cela constitue évidemment un autre facteur aggravant.

4/ Le financement de la dette des états : le plan de rigueur annoncé (et il va y en avoir plusieurs) implique une baisse des rentrées fiscales, ce qui nous conduit droit à la récession : pas de croissance = pas de solvabilité.

5/ Une année de forte volatilité sur les marchés fait que l’on va encore vivre aux crochets d’espoirs qui vont être déçus, on va sensiblement vivre la même année qu’en 2012 mais en pire !

6/ Les pays émergents vont connaître une fin d’année difficile, notamment la Chine dont le premier client est la zone euro qui va arrêter d’acheter et se replier sur elle-même.

Parmi les autres indicateurs négatifs, on n’entendra plus parler des entités financières supposées apporter de l’aide à la zone euro : le Fonds Européen de Stabilité Financière, le Fonds Monétaire Européen, ou encore le Mécanisme Européen de Stabilité sont des projets enterrés mort-nés.

En clair, nous sommes rentrés depuis 2011 dans un cycle de désendettement, avec toute l’austérité que cela comprend, qui va prendre du temps. Il y a cependant de bonnes opportunités à prendre, notamment sur l’or qui reste la seule et indubitable valeur refuge. Nul besoin d’en acheter des sommes astronomiques pour se mettre à l’abri des besoins futurs, un gramme par-ci, un gramme par-là… L’achat d’or n’est plus un argument commercial mais de survie !

Pièce d’or Mexicaine : Once ou Libertad

Jeudi, décembre 22nd, 2011

L'Ange de l’Indépendance - Mexique

Nous allons aborder une des pièces d’investissement les plus vendues au monde, fabriquée sur le territoire mexicain. Il s’agit de l’Once ou de la Libertad.

Son origine remonte en 1981, venant enrichir le marché de l’or d’investissement où jusqu’alors seuls étaient présents le Krugerrand depuis 1960 et le Maple Leaf en 1979. Au début, cette pièce d’or mexicaine était dénommée ‘Once’ mais quelques années plus tard, son nom fut changé à celui de ‘Libertad’.

C’est une pièce ayant cours légal au Mexique (la pièce en argent n’est pas considérée de cours légal, seule celle en or), classée Type I et à la différence des autres pièces d’or, celle-ci n’a aucune valeur faciale. Ainsi, sa valeur doit être mesurée en poids. Si nous voulons calculer sa valeur faciale, nous pouvons l’obtenir en convertissant son poids selon le cours du jour de l’or’.

 

Origines

Dans les années 70, pendant que nous traversions une importante crise du pétrole, il fut nécessaire d’élaborer de nouveaux produits qui allaient permettre de se sortir de cette crise. C’est à ce moment là que la banque du Mexique, sous la direction de Gustavo Romero Kolbeck, confia le projet au Musée de la Monnaie de fabriquer une pièce d’or au poids d’une once, et qui serait liée historiquement parlant à la célèbre pièce de ‘50 pesos Centenario’ (dont nous parlons dans un autre article), et qui représentait le centenaire de l’Indépendance du Mexique.

Caractéristiques

Son poids est de 34.55gr, 900 millièmes d’or (de celles frappées entre 1981 et 1991), au diamètre de 34.50 mm, épaisseur de 2.50 mm, soit un poids total de 31.03 gr d’or et le restant d’argent pur.

Lors du pemier tirage entre les années 1981  et 1991, la pièce fut frappée en 3 poids distincts, à savoir : 1 once, une ½ once et ¼ d’once.

Entre 1989 et 1991, le tirage de la Libertad fut interrompu puis repris en 1991 en complétant la gamme de deux nouveaux poids : 1/10 d’once et 1/20 d’once. Ce qui signifiait que la pièce se déclinait en 5 poids différents.

En 1991, la pureté de l’or fut également revue pour cette pièce puisque celle-ci passa à 99,9 (0.999) – de même que le poids de l’Once à 31.10 gr.

Ces modifications sont désormais classées sous le Type II.

1 Once

 

1/2 Once

1/4 Once

1/10 Once

1/20 Once

 

Avers et Revers

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1981.

 

L’avers de ces pièces affiche le blason du Mexique tandis que le revers ‘la Victoire Alada’ – la même que sur les pièces de 50 pesos Centenario. Dans sa main droite, elle tient une couronne de lauriers qui représente la victoire et dans la main gauche une chaine brisée qui représente la liberté – au fond, les volcans Popocatepelt et Iztaccihualt, le premier considéré comme une divinité durant l’époque préhispanique et vénéré par les Aztèques.

Surplombant les volcans et apposé aux côtés de la Victoire Alada est écrit ‘1 Once d’Or Pur’ (sur le côté gauche), l’année 1981 (sur le côté droit) et en-dessous : Mexico (ceci pour la pièce de l’année 1981).

Sur la pièce de 1994, apparait ‘1 Once’ sur le côté gauche, ‘Or Pur” sur le côté droit, et, sur les bords de la partie inférieure, nous observons l’année, Mexico et la loi.

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1994

 

L’Aigle occupe la partie centrale de l’avers, exposé de profil gauche, avec les ailes levées, en position de combat, posé sur un figuier de Barbarie (symbole national du Mexique), tenant un serpent dans son bec. Sur tout cet ensemble est inscrit Estados Unidos Mexicanos (Etats-Unis Mexicains).

En 1996, l’apparence de cette pièce subit quelques changements. La Banque du Mexique décida d’opérer ces changements afin de rendre cette pièce plus attirante au public.  De cette manière, l’avers revêt maintenant en plus de l’aigle central du Codex Mendocino, les caractères de 10 escudos tout autour ainsi que différents types d’aigles appartenant au défilé de gouvernements de l’Etat Mexicain, en passant par le Premier Empire d’Iturbide, Porfirio Díaz, l’Aigle aztèque, etc …

Sur le revers, la Victoire Alada, considérée d’une toute autre manière de nos jours, met en évidence la colonne qui la soutient.

La disposition des lettres change également et celles-ci se trouvent maintenant sur la partie supérieure, sur le rebord. L’ordre de la légende apparait ainsi – en premier : 1 once d’Or Pur, puis l’année de la frappe et la loi.

 


Pièce d’or ‘Libertad’ de 1996

 

De par sa beauté, sa pureté, sa qualité et sa renommée depuis tant d’années, cette pièce est une pièce d’excellence, une référence pour  l’investissement au niveau mondial.

 

Sommet européen : un énième pacte qui ne convainc pas

Vendredi, décembre 9th, 2011

Les 17 pays de la zone euro se réunissaient hier pour un énième sommet européen. Ils se sont entendus sur un nouveau « pacte budgétaire », qui permettrait de mieux contrôler les budgets des états de la zone euro. Contrairement à Angela Merkel et Christine Lagarde, présidente du FMI, la plupart des économistes sont très pessimistes quant à la capacité des états à rembourser leurs dettes et davantage encore quant à l’avenir de l’euro.

Un « pacte budgétaire » pour les pays de la zone euro

10 heures de tractations ont été nécessaires pour aboutir à ce nouveau pacte.  Voici ce qu’il en est ressorti :
-    Un contrôle plus strict des budgets nationaux, avec des sanctions en cas de dépassement des 3% de PIB de déficit public et en cas d’augmentation trop importante des dettes publiques.
-    La gestion du Fonds de secours de la zone euro (FESF) par la Banque Centrale Européenne (BCE). Le FESF devait passer de 250 milliards d’euros à 1 000 milliards d’euros, mais cet objectif a été revu à la baisse.
-    La création d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), géré également par la BCE, avec une capacité de prêts de 500 milliards d’euros.
-    Le renflouement du Fond Monétaire International à hauteur de 200 milliards d’euros, sous dix jours.
Si ces fonds permettraient d’assurer une sécurité suffisante aux pays de la zone euro en difficultés et endettés, encore faut-il les approvisionner !

114,7 milliards d’euros

C’est le montant des fonds propres nécessaire aux banques européennes pour faire face à la crise des dettes souveraines européennes. Un montant majoré de 8,7 milliards par rapport aux estimations d’octobre 2011.

Mais comment mettre sur la table une telle somme, alors que la croissance des pays est au plus bas et que les plans de rigueur ne parviennent pas à désendetter ? Tout porte à croire que les mêmes erreurs vont être répétées : en l’absence de croissance et avec un taux de chômage record, la seule solution qu’a l’Europe pour sortir ces milliards de sa poche est de créer de la monnaie. Et donc de la dette.

On connait la suite : cette création monétaire, basée sur aucune richesse tangible, va provoquer une hyperinflation, qui ne fera qu’aggraver la situation des pays en crise.

Les plans de rigueur ?

On constate avec l’expérience de la Grèce et quelques mois de recul que les plans de rigueur ne parviennent pas à faire redécoller l’économie des pays qui les mettent en place. Ces plans de rigueur ne permettent pas à ces pays de rembourser la dette. Pire, ils tuent la croissance et aggravent la dette.

Au lendemain des premières négociations du sommet et malgré les congratulations échangées ce matin, l’éclatement de la zone euro guette et la monnaie fiduciaire, l’euro, pourrait voir son espérance de vie diminuer brutalement. Si cette sortie de l’euro représente une chance pour sortir de ce marasme, il faudra trouver de nouvelles bases pour reconstruire l’économie des pays en crise. Des bases plus solides comprenant des valeurs d’échanges plus sûres, au premier rang desquelles se trouve l’or.

Messieurs les Allemands Sortez les premiers!

Jeudi, décembre 8th, 2011

« Messieurs les anglais tirez les premiers ». C’est lors de l’épisode de la bataille de Fontenoy (en 1745), que ce mot fameux aurait été prononcé.

Dans notre Europe moderne nous avons depuis quelques décennies su faire taire les armes et les canons. C’est bien sur le principal succès de l’Union Européenne. C’est d’ailleurs ce succès et cette connaissance historique partagée par tous des affres des guerres qui ont ravagé notre continent pendant des siècles qui rend dans l’esprit de tous indépassable l’idée de construction européenne.

Pourtant, pourtant, l’année 2012, pourrait être celle où l’ensemble des européens demandera à nos amis allemands de sortir les premiers de l’euro.

L’euro est une construction Politique. Pas économique.

La monnaie unique a été créée et pensée il y a presque vingt ans. A l’époque et, c’est important de le rappeler, le Mur de Berlin vient de s’effondrer. La France, inquiète, voit poindre le danger d’une grande Allemagne réunifiée. François Mitterrand, alors Président de la République, reste avant tout un homme de la deuxième mondiale. Il n’aura de cesse que d’arrimer l’Allemagne à la France, à moins que ce ne soit le contraire, afin de rendre le destin de nos deux nations indissociable. La monnaie unique est un peu comme une corde reliant plusieurs alpinistes mais qui ne pourrait pas être coupée en cas d’accident. Dès lors, si l’un des membres de l’euro tombe, toute la cordée sera entrainée dans la chute.

L’euro est une monnaie économiquement Allemande, mais de construction Politique française.

Le Président Mitterrand a donc négocié l’aide et le soutien de la France à la réunification Allemande contre l’adhésion de l’Allemagne à l’euro en échange de quelques critères de bonne gestion financière (les célèbres critères de Maastricht) oubliés par tous (y compris nos camarades allemands) depuis bien longtemps. Il ne faut pas oublier la décision politique prise à ce moment là par le Chancelier Allemand de l’époque Helmut Kohl. Ce dernier a décidé de convertir la monnaie des allemands de l’Est au prix de la monnaie de l’Ouest. En clair un Deutsch Mark (RFA-ouest), valait un Ost Mark (RDA-Est). L’Allemagne n’avait pas l’argent nécessaire bien sur pour convertir cette masse monétaire nouvelle sur la base de 1 pour 1. Une telle conversion n’avait d’ailleurs aucun sens économique. L’Ost Mark valait plutôt dix fois moins d’un Deutsch Mark. Là encore l’idée était Politique. Il s’agissait d’affirmer la réunification du peuple allemand, et qu’un Allemand de l’Ouest « valait » un Allemand de l’Est.

N’oublions pas qu’hier comme aujourd’hui les Allemands ont toujours refusé la notion de monétisation. Les allemands n’ont pas imprimé les Deutsch Mark nécessaires. Ils les ont emprunté sur les marchés. Ce faisant ils ont asséché le marché monétaire, provoqué une hausse massive des taux d’intérêt, à l’origine de la récession et de la crise économique des années 90 à 95. Nous avons tous payés le prix de la réunification allemande en Europe et particulièrement la France. Mais l’adhésion de l’Allemagne à l’Euro était à ce prix.

L’Euro un « OGM » qui n’est pas viable.

Reprenons. L’euro est donc une construction politique et pas économique. C’est une monnaie unique, pour 17 peuples différents, 17 langues, et surtout 17 économies hétérogènes. Car le problème génétique de l’euro, c’est qu’il s’applique à 17 économies qui sont profondément différentes. L’idée de l’euro est très belle, comme celle de la construction européenne. Pour toute personne saine d’esprit la construction européenne est une évidence. Néanmoins, en économie la beauté des choses n’est que de peu d’importance. La réalité c’est que les déséquilibres économiques de nos 17 pays ne peuvent plus désormais trouver de résolution qu’à travers des ajustements monétaires, qui restent la seule et unique solution économiquement viable. Non et cent fois non, le fait de mettre un pays à l’amende car il ne respecte pas son budget ne changera jamais rien à la structure de l’économie de ce pays, qui devra emprunter plus pour payer une amende (pour mémoire il existe déjà les « procédures pour déficits excessifs)…. Non et cent fois non, effectuer un contrôle budgétaire européen ne changera rien aux forces et faiblesses intrinsèques d’une économie nationale… Non et cent fois non de nouveaux traités ne changeront rien au « stock » de dettes déjà existant… Non et cent fois non, la rigueur ou l’austérité ne peuvent constituer l’alfa et l’oméga d’une politique économique (ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas indispensable).

La fin du « Business Model » des Etats Providence.

Soyons sérieux. Les états européens, en particulier français, sont bâtis sur l’idée d’état providence. La « providence » est un mot qui signifie que le cours des événements est issu de l’action bienveillante d’une puissance divine (généralement Dieu).

En l’occurrence la puissance divine qui veille sur nous de la Crèche au Cimetière c’est l’Etat. L’Etat qui à travers les allocations familiales paiera l’essentiel des frais de garde de nos jeunes enfants, l’Etat qui veillera sur nos vieux jours à travers les pensions de retraite et aux maisons du même nom. Nous naissons à la crèche pour mourir à la maison de retraite. Entre temps, en cas de maladie la sécurité sociale veille sur vous, un incident de parcours professionnel, les ASSEDIC et maintenant le Pôle emploi se chargent de vous, quand il n’y a plus d’espoir, et que le marché du travail vous est définitivement fermé, le RSA (RMI nouvelle formule) prend le relais. Un problème de logement, le parc HLM et les aide au logement sont là pour vous. Partout, à tous les niveaux les « amortisseurs sociaux » sont là.

Il ne faut pas se leurrer. La fin du business model de l’Etat providence, signifie la fin programmée et inéluctable de l’ensemble de ces aides. C’est cela la rigueur sans la planche à billets pour l’adoucir.

Or la société française par son hétérogénéité ne pourra en aucun cas supporter une cure d’austérité à la grecque. Cela est impossible. Nos zones sensibles et nos banlieues (difficiles) vivent pour beaucoup des aides publiques et de la solidarité nationale. A cette problématique financière se rajoute depuis maintenant quelques années des problématiques communautaristes évidentes. Lorsque les tensions s’exacerbent, l’histoire humaine prouve que les modérés ne l’emportent jamais.

Les fragilités de la société française ne sont pas les fragilités de la société allemande. Pour notre pays, le coût social d’une austérité brutale risque d’être insupportable et de mener à des problèmes intercommunautaires insurmontables.

Je vous conseille la lecture de l’extraordinaire rapport officiel 2011 de l’Observatoire des Zones Urbaines Sensibles, éclairant sur la réalité sociale de notre pays et donc sur nos fragilités.

http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf

La sortie de l’Allemagne serait la meilleure solution.

L’Allemagne ne souhaite pas amoindrir (pour le moment) le choc de la rigueur par un recours, ne serait-ce que modéré, à la planche à billets c’est-à-dire à la monétisation. Dont acte. La ligne rouge allemande est celle de la création monétaire, menant bien souvent à l’inflation puis à l’hyperinflation. Ce point de vue est économiquement fondé. Le traumatisme allemand de l’hyperinflation des années 20 ayant mené à l’avènement du nazisme est toujours vivace dans les esprits d’outre-Rhin. Cela est parfaitement respectable.

La ligne rouge française doit être impérativement celle de la stabilité sociale. L’austérité ne peut être que progressive sous peine de prendre le risque de déclencher des émeutes d’une rare violence. Nous ne pourrons pas mener chez nous une austérité crédible c’est-à-dire massive et brutale. L’utilisation de la planche à billets est inéluctable. Ce n’est qu’une question de temps. Il en est de même pour l’Italie, l’Espagne, ou la Grèce (mais pour d’autres raisons).

La conclusion est implacable. En cas de persistance de ces désaccords, nous devrons mettre fin, par la force des choses à l’aventure de la monnaie unique. La meilleure solution serait alors la sortie du maillon fort de l’euro qu’est l’Allemagne. Messieurs les Allemands sortez les premiers!

Le coût économique d’une telle solution serait certainement le plus supportable parmi les « mauvaises solutions » pour sortir définitivement de cette crise monétaire. Une sortie de l’Allemagne de la monnaie unique ne lui couterait pas plus cher que la réunification. Cela lui couterait également bien moins cher que de se « porter caution » pour l’Europe entière. Enfin, une dette en euro « faible » remboursée en nouveau Marks « forts » permettrait d’amoindrir le coût (important) de la dette allemande.

Nous devons accepter de dépasser nos limites. L’euro n’est plus une limite. Seule la stabilité de nos nations respectives sur le long terme permettra la poursuite d’une construction européenne durable.

Nos élites se trompent. La fin possible de l’euro est en réalité, une chance immense pour un nouvel élan européen bâti sur une adhésion populaire et démocratique.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf

L’euro passera t-il Noël ?

Mardi, novembre 29th, 2011

Les Ambassades Britanniques de l’Eurozone doivent se préparer à aider les expatriés Britanniques dans le cas de l’effondrement de la monnaie commune européenne.

Des milliers de britanniques pourraient ne plus pouvoir accéder à leurs comptes bancaires et ce dans l’hypothèse d’une panique qui pourrait également entrainer des mouvements populaires violents.

Vous trouverez ci dessous l’article original en version anglaise. Ce qui est à noter dans cette information, c’est que pour la première fois et au plus haut niveau d’un état, des mesures concrètes en vue de la fin de l’euro sont prises.

L’euro passera t-il Noel? La question est posée. Certains se préparent déjà apportant ainsi leur réponse.

Concrètement pour nous dans nos vies quels seraient les impacts d’une telle situation?

Evidemment une telle situation poserait un problème incommensurable. Comment assurer les échanges commerciaux même les plus simples sans monnaies? Comment assurer la vie quotidienne de millions d’européens sans moyens de paiements fonctionnels (comme les cartes bleues qui ne fonctionneraient plus)?

Alors que faire et comment se préparer? Il est un adage paysan disant qu’il est rare que quelqu’un se plaigne d’avoir pris trop de précautions. Si vous faites votre cette maxime stockez les produits de première nécessité et surtout alimentaires vous permettant de tenir de 3 à 6 mois en cas de problème avant qu’une nouvelle monnaie puisse prendre le relais.

Néanmoins, le pire n’est jamais sur. Sans optimisme béat, nous pensons, que compte tenu de la gravité des conséquences d’une explosion et disparition brutale de l’euro, les autorités politiques et en premiers nos amis allemands, finiront au dernier moment par accepter une intervention de la Banque Centrale Européenne. Nous maintenons notre avis, à savoir que nous n’en arriverons pas là. Si cela devait être le cas…. et bien ce sera effectivement très, très très difficile pour tout le monde.

http://www.telegraph.co.uk/news/politics/8917077/Prepare-for-riots-in-euro-collapse-Foreign-Office-warns.html

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

L’Italie sous surveillance du FMI, le début de la fin?

Samedi, novembre 5th, 2011

Nous avons encore franchi une nouvelle étape aujourd’hui avec le G20 qui n’a rien décidé ou presque. Nos grands dirigeants sont bien d’accord tenez lisez un petit passage du communiqué final du sommet du G20:
« Les pays développés s’engagent à adopter des politiques de nature à renforcer la confiance et à soutenir la croissance, et à mettre en œuvre des mesures claires, crédibles et ciblées pour rééquilibrer leurs finances publiques ».
Inutile de tout vous mettre. Ce communiqué est une liste de vœux pieux et de principes généraux sans aucune mesure concrète.

La principale information du jour est donc bien la mise sous surveillance de l’Italie qui bascule inexorablement du coté… grec. Les taux Italiens ont dépassé aujourd’hui les 6.3% ce qui signifie que le cout de la dette Italienne devient tellement élevé que chaque réduction de dépense obtenu par de difficiles plans de rigueur sera annulé par l’augmentation des taux d’intérêt.

Le cercle vicieux est désormais engagé pour l’Italie. La solution miracle pour tenter de sauver le monde? La mise sous surveillance de l’Italie par le FMI. Est-ce que cela sera efficace?

Encore une fois bien sur que non. Mettre un policier devant un incendie n’a jamais éteint un feu. C’est donc encore une fois une tentative pour gagner du temps. Il faudra rapidement parler des vraies solutions. Quelles sont-elles?
Plusieurs pistes.

Doit-on maintenir la zone euro en l’état ou certains pays doivent-il sortir?
Doit-on créer deux euros?
Doit-on faire fonctionner la planche à billet et monétiser les dettes comme le font tous les pays sauf la zone euro bloquée par le refus allemand?
Doit-on nationaliser les banques?
Doit-on revoir cette mondialisation dont nous touchons évidemment les limites économiques?
Ces questions devront recevoir des réponses. Certainement beaucoup plus vite que nos hommes politiques l’auraient espéré.
Comme le récemment disait notre Président « des temps difficiles s’annoncent ».
Pour lire le communiqué final du G20: http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques-de-presse/2011/sommet-des-chefs-d-etat-et-de-gouvernement-du-g20.12369.html

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Youpii!! Super Mario baisse l’étau

Vendredi, novembre 4th, 2011

En mai dernier dans un article intitulé « Jean Claude Trichet est-il devenu fou« , nous expliquions pourquoi à notre sens le mouvement d’augmentation des taux d’intérêts initié à cette époque avait peu de chance de s’avérer durable.

La confirmation est arrivée le 3 novembre 2011 avec une baisse du taux directeur de la Banque Centrale Européenne, la BCE.

Son nouveau gouverneur l’italien Mario Draghi a décidé pour son baptême du feu médiatique et sa prise de fonction de baisser de 0.25 points le taux d’intérêt alors qu’il donnera sa première conférence de presse jeudi prochain.

Ce qu’il faut comprendre de cette décision que nous avions largement anticipé c’est que l’Europe et de façon générale l’ensemble des pays dits développés sont désormais tombés dans le « piège des taux bas ».

Le meilleur exemple pour illustrer ce phénomène « du piège des taux bas » est bien sur le Japon qui depuis plusieurs décennies maintenant est dans l’impossibilité financière d’augmenter ses taux d’intérêt.

Pour financer non pas le remboursement de la dette mais les simples intérêts de la dette, il est indispensable que les taux soit au maximum proche de zéro. La moindre augmentation met en péril les finances publiques de l’ensemble des nations.

La deuxième raison de l’impossibilité de l’augmentation des taux est qu’il n’y a tout simplement pas de croissance, ni de retour à la croissance, et que là aussi le Japon illustre parfaitement cette situation d’absence de croissance sur le très long terme.

Cette décision est excellente pour l’or. Cette nouvelle est excellente pour les banques qui vont pouvoir augmenter leur marges en se refinançant moins cher auprès de la BCE et en prêtant plus cher à leurs clients (reconstitution des marges). Cette nouvelle est bonne pour les entreprises car en abaissant les taux cela peut permettre à l’euro de baisser légèrement par rapport au dollar donnant un peu d’air à nos exportateurs. Cette nouvelle est excellente pour les emprunteurs à taux variables. Cette nouvelle est excellente pour limiter et accompagner les risques d’une nouvelle récession inéluctable (à laquelle s’attend la BCE) en Europe en raison des plans d’austérité massifs touchant la quasi totalité des pays européens.

Les italiens avaient surnommé Mario Draghi… super Mario! Notre nouveau gouverneur de la BCE n’a plus qu’à annoncer enfin un programme « non conventionnel d’assouplissement quantitatif » pour enflammer les marchés financiers à la hausse. Cette expression barbare signifie simplement que la BCE utiliserait la planche à billet en fonction des besoins. Comme la Suisse. Comme les USA. Comme le Royaume uni.

Le message adressé aujourd’hui par Mario Draghi est une inflexion importante. Nous avons désormais une certitude. Les taux ne peuvent plus monter. Nous attendons pour les prochains mois la mise en marche de la planche à billet. Si les attaques se poursuivent contre l’Italie, ce sera la seule solutions envisageable.

Jusqu’à présent les Allemands refusent totalement cette solution. Si la situation s’aggrave, ils devront accepter le recours à la planche à billets, ou… sortir de l’euro.
La sortie de l’Allemagne de l’euro est le scénario le moins envisagé et pourtant à notre sens c’est celui qui a le plus de chance de se produire.

Ce serait sans doute la meilleure solution pour mettre fin au psychodrame européen.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Philippe Dessertine : « notre chance est peut-être de ne plus avoir le choix »

Jeudi, novembre 3rd, 2011

Philippe Dessertine vient de publier un nouvel ouvrage aux Editions Anne Carrière, La décompression (des solutions d’après krach). Il dresse d’abord un état des lieux des événements économiques des trente dernières années jusqu’à ces dernières semaines, décidément riches en rebondissements économiques. 30 ans d’un système aujourd’hui au bord de la faillite, endetté jusqu’au cou, qu’il faut aujourd’hui réinventer pour ne pas sombrer et payer au prix fort les choix passés.

Philippe Dessertine est directeur de l’Institut de haute finance et professeur  à l’université de Nanterre. Il est l’auteur de deux autres ouvrages aux Editions Anne Carrière : Ceci n’est pas une crise et Le monde s’en va-t-en guerre. Le premier au sujet de la crise, qui ne serait pas une simple crise financière mais bien la fin d’un monde. Le second aborde le délicat sujet des risques de guerre en ces temps de crise économique.

Dans La Décompression (des solutions d’après krach), Philippe Dessertine fait un constat clair : le système économique actuel n’est plus viable.
C’est la compression

Avec la mondialisation, les pays émergents se sont développés et accèdent désormais à une certaine richesse. Celle-ci n’étant pas extensible, la planète ne peut continuer à se développer avec ce modèle occidental. Le choix qui avait été fait par les pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis de Clinton, de repousser la réalité de cette mondialisation, en s’endettant était un sacré pari sur l’avenir. Aujourd’hui, le poids de la dette et de ses intérêts s’alourdissent, et ne parviennent pas à relancer l’économie. Le système basé sur la création de la dette n’est plus une solution.

En Europe comme aux Etats Unis, les plans de relance ne suffisent pas à relancer durablement l’économie. Les investisseurs sont frileux, les embauches rares, la croissance nulle, les pays les plus fragiles dévoilent leur incapacité à rembourser leur dette. La Grèce est la première à connaître ce problème, mais d’autres suivront si un tournant radical n’est pas pris.

Vite, des solutions !
Le système actuel est aujourd’hui dans l’impasse, nous sommes arrivés à un moment où il est nécessaire de faire des choix pour réinventer un nouveau système. C’est ce que Philippe Dessertine développe dans la 2nde partir de son livre, la décompression. Il propose des pistes pour l’avenir, à commencer par le choix du numérique.

En cette fin d’année 2011, les rebondissements économiques s’enchaînent et les perspectives ne serait-ce qu’à quelques mois, voire quelques semaines sont plus qu’incertaines. Mais en ces temps de crise et d’incertitude, une seule valeur reste et restera tangible : l’or. Quand bien même les bourses mondiales s’effondreraient et qu’il faudrait repartir sur de nouvelles bases, l’or restera une valeur refuge.

Euro : nuit blanche pour journée noire

Jeudi, octobre 27th, 2011

Prix euros en francs

Conversion des prix euros en francs

Comme prévu, on ne peut pas dire que le sommet de la zone euro ait remporté un grand enthousiasme, ni une adhésion forcenée de toutes parts. Le prix de la compétitivité coûte cher et va continuer de coûter très très cher… Tout ça pour sauver la monnaie unique : un bout de papier qui finira chiffonné sur un coin de trottoir, sans que personne ne prenne la peine de le ramasser.

Comment l’Euro s’est fait « enfler »
La crise de la zone euro est avant tout la crise d’une monnaie papier, l’euro, qui a voulu rejoindre la cour des grands et se retrouve ballotée entre le dollar et le yuan qui jouent au flipper monétaire avec elle. En effet, les Etats-Unis et la Chine ne jouent pas le jeu des taux de change flottant en dévaluant sans cesse leurs devises. Ainsi le yuan et le dollar sont actuellement compétitifs pour l’exportation des richesses des pays qui les émettent, mais l’euro lui, ne l’est pas. Ce déséquilibre artificiel provoqué notamment par l’émission massive de billets de la part des pays « tricheurs » maintient l’euro à un taux trop élevé… Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Retour sur l’histoire d’une monnaie pas unique dans son genre…
La vocation d’une monnaie unique était une bonne initiative à la base, à condition de ne pas avoir une économie à plusieurs vitesses… L’Europe, faite de disparités économiques et culturelles, aurait eu besoin d’une gouvernance économique unique, d’une seule entité interlocutrice pour les échanges internationaux, de faire les choses par palier, peut-être avec un système de monnaie double (une nationale, une internationale), comme en Chine, plutôt que d’imposer une monnaie que nous n’avons pas choisie, en hissant les prix de consommation courante vers le haut et laissant ainsi les pays les plus économiquement faibles exsangues.

En devenant la monnaie officielle de 11 Etats européens le 1er janvier 1999, l’Euro s’est imposé de façon brutale et dictatoriale : c’est l’histoire de la monnaie-papier qui se répète. Personne n’a eu le choix, tout le monde a râlé mais n’a rien pu faire quand la laitue est passée de 3F à 1,50€, le lait de 0,90 centimes à 5,90€, etc.

Le problème de l’Euro est un problème de monnaie-papier-dette
Depuis l’imposition coercitive (désolé d’être redondant mais c’est pour mettre en lumière un fait pourtant aveuglant) de la monnaie papier comme monnaie d’échange au détriment de l’or, les Etats nous ont privé de liberté : la liberté d’avoir une contrepartie tangible à ce qui peut, à tout moment, être dévoré par le temps et par les mites ! On retrouve des pièces d’or datant de 3000 ans, pourquoi nous avoir imposé du billet ? Comment avoir confiance dans une monnaie dont on sait que tôt ou tard – contrairement à l’or – elle périra ?

Le drame qui se noue autour de l’euro est celui de toutes les monnaies papier : un gage de remboursement avec de l’argent que l’on ne possède pas (oui car les monnaies ne sont plus adossées à une contrepartie or…). Qu’il s’agisse de la Banque Centrale Européenne, de la FED ou de la banque centrale chinoise, aucune ne met « ses billets à l’abri de la pourriture, maladie congénitale de toutes les monnaies papiers », pour reprendre une expression de le professeur d’économie Antal Fekete (in « Le retour au standard or », 2011).

Recapitalisation des banques : quel risque pour l’or ?

Lundi, octobre 10th, 2011

Pendant ce temps-là, la crise de la zone euro s’intensifie. Heureusement, le duo franco-allemand s’est rencontré ce dimanche 09 octobre et a pris des décisions pour sauver la monnaie unique. Les problèmes seront réglés d’ici le sommet du G20 en novembre, nous assurent-ils… La solution est simple : il suffit de recapitaliser nos banques… Il fallait y penser !

Ô sombre euro de l’amer…
Vendredi, Wall Street finissait en baisse « à cause de la crise de la zone euro ». Faut dire, il y avait de quoi : dernièrement, les agences de notation ont montré qu’elles n’accordaient guère de crédit à Silvio Berloscuni et ont dégradé la note de la dette à long terme de l’Italie pour la 2e fois en 2 semaines. Idem pour l’Espagne, autre « grosse économie » de la zone euro, qui est passée de AA+ à AA-, assortie d’une perspective négative. Et à présent, c’est la Belgique que Moody’s envisage de déclasser…

Par effet de contagion, l’étau se resserre autour de l’Allemagne, modèle économique et locomotive de la zone euro. L’euro, monnaie fiduciaire en pleine crise de foi, ne remplit plus son rôle de monnaie dite de confiance. 54% des Allemands souhaitent revenir au Deutschemark, surtout du côté de l’ex-RDA où l’on reste très attaché à l’ancienne monnaie teutonne. L’Allemagne qui freine des 4 fers quand il s’agit d’injecter du capital dans les banques de leurs voisines cigales va devoir prendre une décision pour la survie de son économie : sortir de l’euro ou participer à une politique économique commune.

Une sortie de la zone euro envisageable ?
Le quotidien économique Handelsblatt révélait il y a deux semaines « la vérité » sur la dette cachée de l’Allemagne qui s’élèverait à 2000 milliards d’euros. On nous vante la parcimonie de notre voisin Outre-Rhin, dont les dépenses publiques sont moindres par rapport aux nôtres mais dont l’endettement est de 500 milliards d’euros supérieur au nôtre…

En revenant à une monnaie nationale, les pays endettés pourraient dévaluer leur monnaie afin de créer une dynamique économique à court terme, favoriser l’exportation, sortir la planche à billet et réduire ainsi le montant de leur dette avec une politique inflationniste, ce qui est le scénario le plus probable.

Avec une telle politique, les monnaies courantes auraient bien peu de valeur et ne rempliraient plus leur rôle de stockage de valeur. L’or serait le seul actif à bien se comporter dans une telle situation, comme l’histoire économique nous l’a déjà prouvé, et serait même le seul actif tangible à garder de la valeur et à servir d’unité de compte. Aucun risque pour l’or avec une recapitalisation massive des banques, en revanche un gros risque pour votre épargne et vos comptes bancaires… A moins que d’ici là vous ne réinvestissiez tout votre capital dans l’or physique !

Le pari de l’inévitable monétisation.

Mardi, septembre 27th, 2011

Nous sommes le Mardi 27 septembre. Il est 10h18 très précisément. Les marchés montent fortement. Pas loin de 3% pour le CAC 40 et presque 2% pour l’once d’or dont France Inter parlait ce matin en disant que la baisse avait été sacrément forte mais indiquait que les défenseurs de l’or ne pensaient pas ce mouvement durable dans la mesure ou aucune des raisons qui avaient fait la hausse n’avaient disparue (on d’ailleurs sans doute touché le point bas de cette correction)

Alors essayons d’y voir un peu plus clair.

Si les marchés montent ce matin (peu importe qu’ils rebaissent ou pas dans la journée d’ailleurs) c’est pour une fois pour d’excellentes raisons.
Si la rumeur d’une création d’une nouvelle banque européenne émanation du FESF (Fonds Economique de Stabilité Financière) chargée de racheter les obligations des états européens en difficultés était confirmée rapidement alors cela serait de nature à changer les choses.

En effet cette nouvelle banque permettrait enfin à l’Europe de se lancer à son tour dans la seule solution crédible à court terme…. la monétisation. Faire tourner la planche à billets aussi longtemps que nécessaire pour éviter la thrombose et l’arrêt cardiaque du système auquel nous courrons tout droit si rien n’est fait.

Je ne suis pas fondamentalement partisan de l’utilisation de la planche à billet. Néanmoins cette solution est inévitable car elle est la seule disponible. Pour toutes les autres c’est trop tard. Il faillait y penser et le faire avant.

Les plans de rigueur ne fonctionnent pas. Baisse de l’activité économique, baisse de la consommation des ménages (dans des économies qui dépendent trop de la consommation), baisse des rentrées fiscales, et in fine aggravation des déficits qu’ils son censés combattre. Bref les plans de rigueur c’est à l’arrivée, une insolvabilité des états créée par la déflation.

Les plans de relance? Ils ne fonctionnent que le temps de leur durée. Si on stoppe les injections de monnaie et de pouvoir d’achat via des primes à la casse, des aides sociales, des grands travaux, l’aide à la recherche, l’aide à la pierre (peu importe) on arrête net la reprise. Je ne parle pas de croissance mais de reprise. Pourquoi? Parce que lorsque l’on dépense 4$ en nouvelles dettes pour créer 1$ de nouvelle richesse on ne se situe pas fondamentalement dans l’idée de la croissance.

Bon quelle autre solution alors? La « rilance » un hybride génétiquement modifié de relance et de croissance inventé par notre ancienne Ministre de l’économie Christine Lagarde actuelle Directrice Générale du FMI à beaucoup fait gloser voire franchement rigoler. Imaginer une voiture qui réussirait à avancer tout en reculant n’est pas une solution d’avenir. Exit la « rilance » donc.

Que nous reste t-il alors? Le défaut c’est à dire la faillite. Une petite faillite (défaut partiel) une grande faillite (défaut partiel plus grand avec participation du privé), une énorme faillite c’est à dire totale avec le risque systémique qui se matérialiserait aussitôt? Là aussi, les autorités politiques et économiques tentent à tout prix d’éviter ce scénario. Il serait susceptible d’entrainer l’explosion de l’euro et une crise économique destructrice pour l’Europe.

Alors que pouvons nous faire? Et bien monétiser pardi! Comme tout le monde. Oui mais les allemands ne veulent pas. Certes. Mais ils n’auront pas le choix. Leur économie dépend à 80% des échanges intracommunautaires. Une crise européenne est une crise pour l’Allemagne. Une crise de l’Euro est une crise de la monnaie allemande. C’est l’héritage essentiel de Mitterrand qui a su arrimer l’Allemagne à la France avec le traité de Maastricht. Cet accord arraché aux allemands contre la réunification des années 90 leur a ôté l’essentiel de leur souveraineté. Comme nous d’ailleurs. Sauf que nous avions plus à y gagner qu’eux. Nous voyons aujourd’hui l’utilité et les bienfaits d’une telle stratégie française. Les allemands eux ne décolèrent pas. Dépendants, ils seront obligés de boire le calice de la monétisation jusqu’à la lie et jusqu’à ce qu »hyperinflation s’ensuive.

Avec une telle création monétaire, fini les problèmes des banques. Les cours peuvent s’apprécier et les marchés repartir de l’avant. Pareil pour l’once d’or, qui va s’envoler vers de nouveaux niveaux stratosphériques après une purge « technique » finalement nécessaire (en tout cas graphiquement pour nos amis « chartistes »).

Reste le pari partagé par les autorités monétaires européennes et américaines. Par la FED et par la BCE. Il existe une possibilité pour que l’utilisation massive de la planche à billets n’entraine pas une hyperinflation incontrôlable. Laquelle? Monétiser les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie dans l’économie réelle. C’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été « consommé » par l’économie réelle. Les dépenses sont déjà effectuées. Par définition une telle action n’est pas forcément inflationniste et n’est pas de nature à augmenter la vitesse de circulation de la monnaie (qui est l’une des principales composantes de l’inflation).
A cela il convient d’ajouter que la mise en place concomitante de plans de rigueur progressifs ont un aspect clairement déflationniste que l’on a détaillé un peu plus haut. A cela on peut additionner la mondialisation et les progrès technologiques qui renforcent les tendances déflationnistes.
Pour résumer, beaucoup d’inflation par la monétisation, moins de la déflation par les plans de rigueur, moins de la déflation par les progrès technologiques moins de la déflation par la mondialisation moins pas ou peu de hausse de salaire moins un niveau de chômage élevé est égal à une inflation relativement maitrisée.

Voilà le pari des autorités. Réussir de la monétisation à outrance sans hyper inflation. Cela ne s’est jamais vu dans l’histoire. Mais les conditions macro économiques qui prévalent actuellement (mondialisation, progrès techniques etc) sont inédites également.

Cela peut-il fonctionner? Oui. Cela peut marcher. Cela va t-il régler les problèmes? NON.
Pourquoi? Parce que le défi que doit relever l’économie mondiale n’est pas uniquement un défi sur le paiement de la dette actuelle.
Il faudra payer les dettes futures (les retraites, les protections sociales etc…), relever le défi environnemental, celui du partage des ressources, le défi alimentaire (nourrir 8 milliards d’être humains n’est pas une mince affaire).

Cela ne règlera pas les problèmes, mais cela peut donner au monde et au système le temps de s’adapter à une nouvelle réalité et à un nouveau paradigme. Lequel?
Notre vision économique était basée sur une consommation de masse avec une croissance économique perpétuelle. Or par définition, il ne peut dans un monde fini avoir de croissance infinie. C’est à cette réalité que nous sommes confrontés. Pour nous adapter à un nouveau modèle cohérent nous avons besoin de temps. Nous avons besoin d’acheter du temps pour laisser à tous le temps de s’adapter. Réussir à acheter du temps c’est maintenir le système en vie. Ce n’est déjà pas une mince réussite.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

L’or ne paiera pas la dette grecque

Lundi, septembre 26th, 2011

Sortie de la zone euro ou pas, la Grèce, endettée jusqu’au cou, ne pourra pas rembourser sa dette.
Avec un gouffre de 350 milliards d’euros, même avec une croissance à 12% par an (ce qui est complètement utopique, même pour un pays comme la Chine qui tend à falsifier ses bons résultats), la Grèce mettrait 30 ans à renflouer son déficit public. Or qui détient la dette grecque actuellement ? Nos banques entre autres, donc notre épargne.

Les dieux sont tombés sur la dette ?
La Grèce n’en finit pas de tirer l’euro vers le bas. La précédente dégradation de sa note avait déjà provoqué une chute de toutes les bourses le 13 septembre dernier. Cette fois-ci, force est de reconnaître que, même si les mots « faillite », « banqueroute » et « défaut de paiement » sont encore tabous, la Grèce ne sera pas en mesure de rembourser ses créanciers. Inutile de dire que l’Union européenne, qui ne dispose pourtant d’aucune gouvernance économique, va tout mettre en œuvre pour garder le pays de Zeus dans son giron, pour éviter l’inéluctable effondrement du jeu de dominos… En clair, il va falloir payer la note pour la Grèce pour éviter l’éclatement de la zone euro.

Indices très négatifs pour la France
La mauvaise nouvelle vient de tomber ce matin : la France, comme le FMI, qui avait été un peu trop optimiste sur les prévisions de croissance pour 2012, revoit ses chiffres à la baisse, c’est-à-dire à la nullité. Si les institutions financières « misent » sur une croissance de l’ordre de zéro, on peut d’ores et déjà tabler sur une croissance négative. Car on imagine toutes les précautions d’annonce qui ont été prises pour dévoiler cette estimation qui semble hélas plus proche de la vérité qui nous attend.
La première conséquence va directement impacter l’emploi : comment peut-on faire baisser les chiffres du chômage déjà catastrophiques (3 mois de baisse consécutive en plein été alors qu’en temps normal les emplois saisonniers boostent l’embauche) avec une croissance à 0% ? C’est impossible. Si l’on peut commencer à créer de l’emploi avec une croissance de 1,5 voire 1%, en 2012, il ne faudra pas compter sur une baisse du chômage en France…

Note salée pour les épargnants
En attendant, il faudra bien que quelqu’un comble le trou de la dette grecque et trouver l’argent où il se cache. Non votre argent n’est pas en sécurité à la banque. Que les épargnants s’estiment heureux si leur épargne ne leur rapporte rien à partir de l’an prochain ! Vue l’exposition de nos banques dans la dette grecque (voir graphique paru dans lemonde.fr, ci-dessous), les comptes épargne français, les assurances vie et tous les autres produits bancaires ne vont pas tarder à fondre comme neige au soleil.

Exposition des banques françaises à la dette souveraine

Heureux soient les propriétaires d’or !
Tout va disparaître, sauf l’or et l’immobilier. Mais si nous ne possédons aucune réserve pécuniaire suite à l’effondrement du système économique actuel qui repose sur la dette souveraine, avec quoi allons-nous pouvoir acheter de quoi manger ? De quoi se soigner ? Avec un appartement, une maison ? La seule monnaie d’échange liquide qui aura valeur sur le marché comme à chaque crise systémique et monétaire, ce fut, c’est et ce sera toujours l’or. Il est encore temps de sécuriser une bonne partie de votre épargne (au moins 30%) dans l’or, si vous n’avez pas déjà eu la sagesse et le bon sens de le faire.

Euro asphyxié : vite, de l’or !

Vendredi, septembre 23rd, 2011

Le château de cartes est en train de s’abattre sans que personne ne puisse faire autre chose que dresser le triste constat : l’Europe est en train de glisser sur la peau de banane euro ! Mais pour l’instant, en France, on ne réagit pas, car l’Italie, c’est loin et du côté de nos Alpes, « tout va bien »…

Plus conseillers qu’oiseaux de mauvaise augure, sur l’or et l’argent on préfère prévenir que guérir : d’où notre vocation à orienter nos lecteurs vers l’indestructible actif or que vers des actifs toxiques par exemple (autant vous tendre directement une corde et vous la passer au cou).

La dégradation de la note de l’Italie par Standard & Poor’s (de A+ à A pour la note de la dette à long terme et de A-1+ à A-1 pour celle à court terme) signifie qu’elle estime que l’Italie risque d’être affectée par les changements de l’économie en cours, même si elle fait partie des pays « émetteurs obligataires solides » (source lepoint.fr). Et malgré le plan d’austérité impopulaire décidé par le gouvernement Berlusconi, l’agence de notation prévoit une « nouvelle récession » l’an prochain.

Si certains spécialistes se veulent rassurants en prévoyant que l’abaissement de la note de la botte « n’aura pas d’impact immédiat » (Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities pour Challenges.fr), ce n’est que reculer pour mieux… plonger.

Après l’Italie, la France ?
L’Espagne étant déjà placée en « negative credit watch » signifie que sa note va être abaissée d’ici peu par les terribles « cerbères » de notation. Après la dégradation des notes de nos voisins, nous sommes après sur la liste. L’économie de l’Italie et de l’Espagne ne sont pas celles de la Grèce et l’implication d’une énième dégradation de leur note – même si l’on n’en est pas encore au risque de défaut de paiement – implique à plus ou moins court terme une accélération de l’effondrement du château de cartes, dont la France est le prochain sur la liste.

Cela peut aller très vite. Le 14 septembre dernier, ce sont deux banques françaises qui ont vu leur note abaissées : la Société Générale (de Aa2 à Aa3), le Crédit Agricole et celle de BNP Paribas étant pour l’instant en sursis. Pour les deux premières, c’est leur exposition à la dette grecque et le fait qu’elles possèdent de la dette souveraine grecque (que le pays ne pourra probablement jamais payer) qui est à l’origine de cette dégradation de note.

Les conséquences de l’accélération de l’effondrement des notes des pays de la zone euro sont imminentes. Ce n’est désormais plus qu’une question de mois, avec des va et vient de moins en moins espacés entre les hauts et les bas et de plus en plus vers des bas…
Si les banques sont alors dans l’impossibilité de se faire aider par l’UE (dont le leadership est pour l’instant partagé entre la France et l’Allemagne), elles peuvent très vite mettre la clé sous la porte, exactement comme Lehman Brothers. En cas de banqueroute, que restera-t-il pour vous acheter de quoi manger, de quoi vous soigner ? Un immeuble ? Une résidence secondaire ? De l’or, si vous avez été malin. Avec de l’or, vous pourrez toujours tout acheter, surtout à prix d’or ! L‘or est la monnaie de change historique et universelle quand dégringolent les monnaies. Il n’est pas trop tard, mais il devient urgent d’être malin !

Valeurs refuge : le Franc Suisse peut-il concurrencer l’or ?

Jeudi, septembre 15th, 2011

La crise du système bancaire mondial appesantie par les mauvais résultats enregistrés par le Crédit Agricole, la Société générale et BNP Paribas dans le collimateur de Moody’s en début de semaine a provoqué une ruée vers les valeurs refuge comme les monnaies fortes. Si le Franc Suisse a la cote, est-ce un bon placement ? Peut-il concurrencer l’or ?

Des monnaies fortes pour combien de temps ?
Parmi les « monnaies refuge », le yen a été peu à peu délaissé au profit – ou plutôt au détriment – du Franc Suisse. Affaibli par la catastrophe qui s’est abattue sur le pays en mars dernier, le Japon a tout fait pour déprécier le yen afin de ne pas gêner le rythme de ses exportations. C’est donc vers le Franc Suisse que se sont naturellement tournés les investisseurs et les épargnants en quête de valeurs refuge.

L’avantage d’une monnaie forte telle que le Franc Suisse ou encore la Couronne norvégienne est qu’elles reposent sur une économie réelle. Le Franc Suisse est en grande partie adossé aux réserves d’or du pays, ce qui lui confère une certaine stabilité et lui évite d’être l’enjeu de spéculation gonflant artificiellement son cours. L’atout de la Suisse et de la Norvège réside également dans le fait que ces deux économies « petites mais fortes » sont ouvertes, axées sur une politique budgétaire concrète et qu’elles profitent d’un surplus de comptes courants.

Les pays refusent que leur monnaie soit des valeurs refuge
Comme pour le yen, la Suisse et la Norvège ont tout intérêt à freiner le cours de leurs devises si les pays ne veulent pas se retrouver eux aussi bloqués au niveau des exportations. C’est ce qu’a commencé à mettre en pratique la Suisse en achetant de l’euro en masse récemment, afin que son franc ne devienne pas la valeur refuge à la mode et que son cours se retrouve du coup surévalué.

Le hic des monnaies dites de confiance est qu’elles sont embringuées de gré ou de force dans le système monétaire flottant et de ce fait, s’ajustant les unes par rapport aux autres, leur valeur ne peut que fluctuer. Le déséquilibre est permanent.

Les monnaies sont vouées à une mort certaine, l’or non.
Pour conclure, une devise ne peut à notre avis pas constituer une excellente valeur refuge dans la mesure où elle reste prisonnière du système monétaire international : dévaluée ou surévaluée, une monnaie de confiance est de toute façon vouée à disparaître tôt ou tard. Alors que l’or, lui, ne périt jamais, a toujours une valeur qui lui est propre même au minima.

Vous entendrez sans doute votre conseiller financier – qui blêmit au seul mot « or » – dire qu’il est trop tard pour acheter de l’or. Normal, généralement ce ne sont pas les mieux placés (sans vouloir faire de jeu de mot) pour en parler. D’autre part, l’or ne rapporte rien (sauf à vous si vous le revendez au bon moment pour réaliser une plus-value) et ne fait pas travailler la banque. Il a donc plus intérêt à vous vanter les mérites de ce que rapportent ses illusoires produits bancaires.

Profitez de la consolidation passagère de l’or
Non il n’est pas trop tard pour acheter de l’or, d’autant que son cours baisse en ce moment. Le dollar renforçant sa position face à l’euro suite aux derniers déboires grecs, l’or serait temporairement délaissé au profit du billet vert. Sauf que ça n’est qu’illusion. Il faut au contraire profiter de cette consolidation passagère de l’or pour placer une partie de votre épargne avant que son cours remonte. Pour le moment, si l’or n’arriver pas à fixer autour des 1900$, une baisse technique à 1777$, puis 1704 est envisageable, avant de monter à nouveau en flèche. La valeur « avant-bulle » étant estimée par nos spécialistes aux alentours de 5000$, il y a encore de la marge…

Un nouveau record pour l’or : notre baromètre crise à la hausse

Jeudi, août 11th, 2011

Cette nuit j’ai fait un rêve. J’ai rêvé que le cours atteignait 2 100€ (ce qui en dollar revient à peu près à 2500$, le seuil de résistance admis). Il l’atteignait là, à la fin de l’été, plus vite que prévu. Et si ce rêve était prémonitoire ?

Bientôt les 2000$ ?
Avec un nouveau record atteint hier, l’or a franchi les 1815$ en cours de séance à la bourse de Hong Kong, laissant peut-être envisager un seuil critique d’ici la fin de l’année. Comme nous l’annoncions le 26 juillet dernier, le compte à rebours avant un éventuel « effet bulle » de l’or a bel et bien commencé, mais nous vous disions aussi que de l’eau avait encore le temps de passer sous les ponts. Or, la croissance rapide de l’or a lieu plus vite que prévu : pas de temps mort pour l’or cet été contrairement à d’habitude, de nouveaux records atteints, pas de correction du cours de l’or en vue… Le seuil « critique » de l’or va peut-être être rapidement atteint.

Selon les spécialistes de BofA Merrill Lynch, l’once d’or pourrait même bien atteindre les 2000 dollars d’ici 12 mois, bien avant les estimations prévues pour 2012.

L’or, baromètre de la crise
La dégradation de la note des Etats-Unis, suivie par la rumeur de la Société Générale en indélicatesse chez nous… Les bourses dévissent depuis lundi, faisant effet de levier sur le cours de l’or. A la différence de 2008, la conscience collective que la crise va durer et qu’un Quantitative Easing 3 (mesure d’assouplissement quantitatif) est en train de se préparer. Cela consiste en gros à injecter de l’argent en masse dans le secteur privé (banques et entreprises), en espérant qu’il serve à relancer l’économie. On sait très bien où conduit ce type de manœuvre : à une dévaluation de la monnaie. La faute aux Etats qui font semblant d’être keynesiens alors qu’ils ne font que s’inspirer du gourou Madoff en construisant des pyramides de dettes (dixit J. Attali dans un entretien au Monde).

Dans ce contexte, le basculement des comptes actifs vers des placements refuge comme l’or contribue à faire grimper son prix. S’il ne présente aucune opportunité de rendement, l’or constitue en revanche un excellent placement pour sécuriser son épargne : avec lui, elle ne risque pas de partir en fumée. Toujours d’après les experts de BofA Merril Lynch, « L’or physique constitue l’actif ultime car il n’y a pas risque de crédit ». « Du coup, les banques centrales des pays émergents (Chine, Inde [ndlr] ont diversifié leurs réserves en faisant l’acquisition d’or et de devises autres que l’euro et le dollar au cours des derniers trimestres », ajoutent-ils.
Ce repli stratégique dans l’or est un excellent baromètre de la crise, tout comme ce nouveau record de l’or n’est pas rassurant pour l’économie mondiale.

C’est le prix de l’or qui monte ou les monnaies qui perdent de leur valeur ?

Les deux mon capitaine. Il devient de plus en plus évident que le dollar perd peu à peu son statut de monnaie de réserve mondiale. Si le prix de l’or augmente, ce n’est pas tant parce qu’il y a spéculation autour de lui que parce que la valeur des devises fortes (US et Euro) sont en baisse. Seul le Franc Suisse (autre valeur refuge) tire son épingle du jeu grâce à un budget maintenu en équilibre par l’état helvète. La dette ne s’élève qu’à 53% du PIB et le Franc Suisse est couvert à 84% par des réserves d’or : du solide, pas uniquement de la promesse de remboursement de dette ! D’ailleurs, on constate que le prix de l’or en francs suisses se maintient depuis 6 mois, voire est en légère baisse ! Preuve que ce sont bien les monnaies fiduciaires qui perdent de leur valeur, il qu’il ne s’agit pas d’un gonflement artificiel du prix de l’or. Au rythme où va la dévaluation du dollar, voilà pourquoi l’or devrait atteindre plus tôt que prévu les 2000$.

Mais nous n’y sommes pas encore : les monnaies ont encore du temps devant elles avant de dégringoler. Il est encore temps de sauver vos économies en en plaçant un tiers dans l’or physique. Ca sera toujours ça se sauvé !

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "