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Archive for the ‘France’ Category

Demonetization of gold by the Jamaican agreement and the effect on the crisis today

Jeudi, mars 11th, 2010

Behind the changes that led to the Jamaica agreement can be found the decision taken by President Nixon on the 15th August 1971 to suspend the direct convertibility of dollars into gold, the keystone of the financial system created in July 1944 (the Bretton Woods Agreement).  On the 1st October 1971 the general assembly of the IMF asked the board of trustees to study and propose a comprehensive reform…….French President Nicolas Sarkozy and British Prime Minister Gordon Brown were recalling the previous success and called for a “new Bretton Woods”….. LIRE LA SUITE SUR NOTRE BLOG ANGLAIS, GOLDCOIN.ORG

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The Latin Monetary Union – 1865

Mercredi, mars 3rd, 2010

The Latin Monetary Union was the first attempt to unify European currencies.

« Before long, all Europe, save England, will have one  money ». This was written by William Bagehot, the Editor of « The Economist », the renowned British magazine, 120 years ago when Britain, even then, was heatedly debating whether to adopt a single European Currency or not.

The story began when Belgium adopted the French franc in 1830. Switzerland harmonized its currency to the franc in 1848 and Italy joined in 1861, both retaining the names of their national currencies but adjusting their values to match the franc. In 1865, this arrangement was formalised as the Latin Monetary Union……. LIRE LA SUITE SUR BLOG ANGLAIS, GOLDCOIN.ORG

Pratique de l’étalon or en France jusqu’en 1914

Jeudi, février 4th, 2010

Ce régime de l’étalon-or qui, dans sa forme la plus pure, comporte à la fois la circulation des pièces d’or, la liberté de la frappe, comme celle des importations et des exportations de métal, comment fonctionnait-il pratiquement en France ?

Deux organismes jouaient alors un rôle prépondérant dans l’organisation monétaire : l’Hôtel des Monnaies et la Banque de France. Des treize hôtels des monnaies qui existaient en France au début du XIXème siècle, seul celui de Paris avait été maintenu en activité, pour assurer la centralisation des opérations et la qualité de la frappe. Sa réorganisation datait du 31 Juillet 1879, date à laquelle l’exploitation en régie a été substituée à l’entreprise et fut créée la Commission de Contrôle de la circulation monétaire.

Tout particulier pouvait apporter de l’or en lingots, en monnaies étrangères ou en ouvrages d’or revêtus du poinçon français à la Monnaie pour faire procéder à la frappe de pièces courantes. Il suffisait que l’or répondît aux conditions de poids et de titre fixées par le tarif officiel.

Jusqu’au début du siècle, la Monnaie acceptait tous les lingots d’un titre égal ou supérieur à 0,900, mais elle avait ensuite restreint ses opérations aux lingots d’un titre minimum de 0,994, et d’un poids de 6 à 7 kilogrammes. En principe, elle n’effectuait pas d’achats, mais elle remettait à ceux qui lui apportaient de l’or un  » bon de monnaie  » qui permettait d’obtenir livraison des pièces une dizaine de jours après le dépôt des matières d’or. Un vendeur éventuel pouvait toujours négocier ce bon de monnaie, mais il supportait alors la charge de l’agio : la Monnaie ne pratiquait pas le comptant.

Conformément aux prescriptions de la loi du 17 Germinal An XI (7 Avril 1803), la Monnaie frappait dans un kilo. d’or à 0,900, 155 pièces de 20 francs représentant une valeur de 3100 francs. Les frais retenus étaient de 6,70 Fr. le kilo. d’or à 0,900 valait donc 3093,30 et le kilo. de fin 3437, prix légal d’achat de l’or fin par la Banque de France, alors que le prix paritaire était de 3444,44.

La Banque de France, quant à elle, payait immédiatement les lingots qu’on lui présentait ainsi que les pièces étrangères, l’or au prix légal et les pièces étrangères suivant un prix forfaitaire susceptible d’être remanié selon les circonstances. Depuis 1906 les lingots devraient être au titre minimum de 0,996 et peser de 6 à 13 kilos. Ils devaient naturellement être accompagnés de bulletins d’essai.

Contrairement à ce que l’on croit généralement, la Banque n’était pas tenue de vendre de l’or en lingots. Ses statuts l’obligeaient seulement à rembourser ses billets au porteur et à vue, en monnaie légale, c’est-à-dire en espèces d’or ou, à sa volonté, en écus d’argent de 5 francs.

De fait, à diverses reprises, la Banque de France avait pratiqué la politique de la prime de l’or, c’est-à-dire qu’elle offrait des écus de 5 francs à ceux qui demandaient le remboursement des billets et qu’elle ne consentait à délivrer de l’or que moyennant une prime supplémentaire, dans le but de modifier le gold point de sortie.

De même en certaines occasions (vers 1877 et en 1906) tout en achetant l’or au pair elle a retenu une commission de1 °/oo pour restreindre les occasions d’émettre des billets, pousser au monnayage par les particuliers et abaisser le point d’entrée de l’or.

On sait en effet que le mécanisme de la frappe libre et la libre convertibilité du billet exerçaient un contrôle automatique sur les cours de change par le jeu des gold points.

Si la monnaie française se valorisait sur les marchés étrangers, il devenait avantageux, à un certain niveau, pour un débiteur étranger, d’expédier de l’or en France pour liquider sa dette. On assistait alors à un afflux d’or sur le marché français. Les monnaies nationales antérieurement exportées refluaient les premières, puisqu’elles offraient un moyen de règlement immédiat : le gold point d’entrée était ainsi déterminé par les seuls frais de transport. Les lingots arrivaient ensuite, lorsque la hausse du change français se poursuivait et que les frais de monnayage se trouvaient à leur tour couverts par le bénéfice de l’envoi d’or. En dernier lieu on voyait arriver les monnaies étrangères qui, ne représentant en France qu’une forme particulière de lingot, supportaient le handicap de leur  » frai  » éventuel.

Les lingots et les pièces étrangères pouvaient être portés à la Monnaie pour être transformés en monnaies nationales, mais ils étaient le plus souvent vendus à la Banque de France, simplement du fait qu’ainsi que nous l’avons déjà relevé, la Banque faisait le comptant alors que la Monnaie ne payait qu’à Io jours de terme.

Si le change français venait à baisser, c’est-à-dire si le cours des devises étrangères s’élevait, le processus inverse prenait naissance, les pièces étrangères puis les lingots, puis les Napoléons prenant le chemin des frontières, aussi longtemps que les mouvements de capitaux n’étaient pas satisfaits.

Le gold point d’entrée des livres sterling jouait pour un Cours de change inférieur à 25,112 et le gold point de sortie s’établissait à 25,188 (transport et assurance 1,5o °/oo).

Le calcul s’établissait sur le prix tarifié par la Monnaie pour 1 souverain, soit 25,15, qui représentait le pair (25,22) diminué des frais de Monnayage, de telle sorte qu’il fallait des circonstances exceptionnelles pour que le cours du sterling atteigne le pair.

La Banque de France se trouvait donc jouer le rôle essentiel dans le mécanisme de l’étalon-or, qu’elle contrôlait par ailleurs indirectement en modifiant le taux officiel de l’escompte. Elle créait ainsi des conditions de place susceptibles d’attirer ou de décourager les capitaux flottants dont les mouvements contribuaient à rectifier les taux de change.

Pratiquement, toutes les importations d’or aboutissaient à la Banque et elle était la seule à porter de l’or à la Monnaie, généralement dans le simple but d’entretenir la circulation en pièces de poids droit.

De Litra

Valeurs des pièces d’or courantes durant la Seconde Guerre mondiale

Jeudi, février 4th, 2010

Evolution du cours des Napoléons 20F, des Souverains et d’un kilo d’or durant la Seconde Guerre Mondiale et l’immédiate après guerre.

ANNEE
DATE
NAPOLEON 20F
SOUVERAIN
1 KILO D’OR
1939
septembre
274.49 francs
(pas de prime)
346.16 francs
47 608 francs
1940
fin juin
825 francs
1000 francs
1940
31 décembre
1400 francs
1800 francs
1941
mi-septembre
1500 francs
(39% de prime)
1900 francs
185 000 francs
1942
9 novembre
4950 francs
5950 francs
1943
3 août
2075 francs
2475 francs
1944
20 janvier
3000 francs
(22% de prime)
3650 francs
425 000 francs
1944
4 août
4000 francs
4975 francs
1945
28 mai
4950 francs
(42% de prime)
5725 francs
600 000 francs
1945
2 août
3812 francs
4587 francs
1946
2 mai
6631 francs
7750 francs
1947
28 mai
2600 francs
2837 francs
1947
24 novembre
3650 francs
(36% de prime)
4250 francs
460 000 francs
1948
31 janvier
3500 francs
4300 francs
1950
26 juillet
4250 francs
(24% de prime)
590 000 francs

De Litra

Histoire de l’exploitation des mines d’or en France

Jeudi, janvier 28th, 2010

Minerais aurifères de Salsigne à or invisible - minerai quartzeux à plages de chalcopyrite - Source : http://www.orpaillage.fr - Yvan Pujol

L’exploitation de l’or en France remonte sans doute au néolithique, vraisemblablement sous forme d’orpaillage dans les sables des rivières. Les premiers vestiges, actuellement connus, de l’exploitation minière des filons aurifères en France datent de l’époque gauloise (400 ans av. J.-C.). Les découvertes récentes faites dans la région de Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne) au cours des travaux menés par la Société des Mines du Bourneix et les études des archéologues nous en apportent la certitude. Des vestiges de travaux anciens semblables aux « aurières » du Limousin ont également été découverts dans le Puy-de-Dôme à La Bessette, dans le Maine-et-Loire à Saint-Pierre-Montlimart et dans la région de Château-Gontier en Mayenne.

Ces exploitations antiques portaient sur des filons de quartz à or libre, facile à extraire par un simple broyage. Cette activité minière semble s’être prolongée jusqu’à la fin de l’Empire Romain, période à laquelle elle paraît s’éteindre.

Passée la période antique, il faudra attendre 1776 pour assister à la première tentative d’exploitation d’un filon de quartz aurifère à La Gardette près de Bourg-d’Oisans (Isère). L’exploitation de cette mine fut confiée au directeur de la mine des Challanches, Johann-Gottfried Schreiber qui exploita ce gisement pour le Comte de Provence, frère du roi Louis XVI. Cette première tentative se solda par un échec et les travaux seront interrompus en 1788 en raison de la trop grande irrégularité des teneurs en or.

Le 9 juillet 1847, est instituée par Ordonnance Royale, au profit de Monsieur Sudre, la première concession minière pour or, c’est la concession de Pontvieux (Puy-de-Dôme). Ce gisement fera seulement l’objet de travaux de recherche entre 1847 et 1925.

En 1896, l’or est découvert dans les minerais sulfurés de fer et de cuivre des mines de la région de Salsigne (Aude), toutefois cette découverte n’eut pas de retentissement dans les milieux miniers.

Il faudra attendre 1903 et la découverte de l’or dans le minerai d’antimoine des mines de La Lucette, près de Laval (Mayenne), pour assister au développement sans précédent de la prospection et des travaux miniers sur les filons aurifères de notre pays, stimulés par cette découverte mais aussi par la mise au point récente (1898) du traitement des minerais d’or par cyanuration.

Les prospections portèrent principalement sur le Massif Armoricain et le Massif Central avec une intensité particulière sur le Limousin et la Marche. En 1905, la Société des Mines de La Bellière (Maine-et-Loire) et la Société des Mines d’Or du Châtelet (Creuse) mettent en exploitation leurs gisements tandis qu’au même moment avait lieu en Limousin une véritable ruée vers l’or sur les gisements de la région de Saint-Yrieix-la-Perche, des Monts d’Ambazac et de Saint-Goussaud (Haute-Vienne).

En 1908, la mine de Salsigne (Aude) entre en phase de production.

En 1912, la production totale du pays atteint les 3 000 kg d’or. La guerre de 1914 vient interrompre brutalement cette progression.

Après la guerre de 1914, les gisements du Limousin reconnus dès 1905 sont exploités à Chéni, Nouzilléras, Beaune, La Fagassière, Champvert et La Petite-Faye (Creuse).

A partir de 1935, la production diminue progressivement jusqu’en 1955, date à laquelle seule la mine de Salsigne reste en activité. La faiblesse des cours de l’or et l’épuisement de certains gisements provoquent la fermeture des autres mines.

En 1975, la hausse soudaine des cours de l’or relance la prospection minière sur les gisements aurifères.

En 198o, la Société « Le Bourneix » entreprend l’exploitation du gisement de CrosGallet près de Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne). En 1988, cette société rachetée par COGEMA, devient la Société des Mines du Bourneix qui intensifie la prospection et l’exploitation des gisements de la région, produisant plus de 2 000 kg d’or en 1992.

En 1988, le « chapeau de fer » de l’amas sulfuré de Rouez-en-Champagne (Sarthe) est mis en exploitation.Ce petit gisement limité en volume produira en cinq ans près de 2 300 kg d’or et 7 000 kg d’argent.

En 1991, les cours de l’or s’effondrent provoquant l’arrêt de la mine de Salsigne. Après rachat par une compagnie australienne et construction d’une nouvelle usine de traitement, l’exploitation reprendra en décembre 1992.

Après être descendus en-dessous de 6o 000 F le kg, les cours de l’or se redressent en 1993 pour atteindre les 8o 000 F puis se stabiliser aux alentours de 7o 000 F le kg.

Malgré cette embellie, les réserves économiquement exploitables s’épuisent et la Société des Mines du Bourneix cesse toute activité en octobre 2001, tandis que la mine de Salsigne fermera dans le courant de l’année 2004 mettant un terme à 1oo ans d’exploitation minière de l’or en France.

Par Pierre-Christian  GUILLARD, tiré de Guide Pratique du Chercheur d’or en France

Taxer les pièces d’or : faisons un point suite au vote du Sénat

Vendredi, novembre 13th, 2009

Le 1er janvier 2009, nous avons connu une revalorisation de la taxe sur les plus-values mais les grands principes restent inchangés depuis 2006 concernant la taxation de l’or d’investissement et des métaux précieux au sens large. Le Sénat était en passe de voter une revalorisation de 8.2% de cette taxe mais l’amendement concerné a été rejeté. Plus de peur que de mal.

La taxe sur la revente.

Jusqu’à fin 2005 le vendeur de pièces d’or était systématiquement taxé de manière forfaitaire sur la base de 8% du produit de la vente. Le principe est largement assoupli depuis 2006 pour se rapprocher du modèle de taxation des valeurs mobilières.
La taxe forfaitaire de 8% sur le produit de la vente des pièces d’or n’est pas supprimée mais les investisseurs peuvent opter pour le régime des plus-values réelles dès lors qu’ils peuvent justifier du prix et de la date d’acquisition. Notez que la valeur de la taxe forfaitaire reste inchangée malgré les revalorisations du 1er janvier 2009  (l’article 150 VK du CGI n’a pas été modifié).

(…) LIRE LA SUITE DANS NOTRE GUIDE COMPLET ET REMIS A JOUR : TAXES ET FISCALITE DE L’OR EN FRANCE

L’Union Monétaire Latine – 1865

Mardi, novembre 3rd, 2009
leopoldii-avers

Pièce d'or Belge issue de l'Union Monétaire Latine - Léopold II 1871 - avers

Entente humaine très applaudie du bout des lèvres, même outre Manche, l’Union latine marque la première tentative d’unification monétaire européenne ; mais elle consacre aussi les premiers accrocs à l’institution napoléonienne de l’an XI.

Antérieurement à 1860, il existait, par l’adoption du régime de germinal, une communauté monétaire de fait entre la Belgique, la France, l’Italie et la Suisse. Elle avait été rompue, car ces divers pays avaient dû, pour juguler la fuite de leurs monnaies d’argent, en abaisser le titre. C’était une belle cacophonie. La Suisse avait porté à 800 millièmes ses pièces de 2 francs et au-dessous. L’Italie s’était contentée de 835/1 000. Et la France, passant outre aux objections du Corps législatif sur l’intangibilité du statut légal, avait décidé timidement, pour ses besoins en petite monnaie, de ramener à 0,835 le titre des 50 et 20 centimes (loi du 25 mai 1864).

Une conférence, réunie à l’initiative des Belges en 1865, se donna pour objet de rétablir l’harmonie entre les monnaies divisionnaires des quatre États et de créer une circulation commune.

L’or français envahissait la Belgique dans toutes ses transactions, et il avait cours légal depuis 1861. Mais le délégué belge observa que son pays, écartelé entre la France, l’Angleterre, la Hollande et l’Allemagne, formait le trait d’union naturel pour les règlements de ces Etats. Les uns y puisaient le métal jaune ; les autres l’argent. L’encaisse de la Banque nationale subissait les contrecoups de ces mouvements qui perturbaient l’escompte et le commerce. Belgique, Italie, Suisse réclamèrent en conséquence l’adoption de l’étalon or. Néanmoins, les Français obtinrent que fût sauvegardée, tant bien que mal, la loi du 7 germinal an XI. Sur cette base fut signée la convention qui réduisait uniformément à 835 millièmes le titre des monnaies inférieures à 5 francs. Celles-ci, toutefois, ne recevraient valeur libératoire entre les particuliers que jusqu’à concurrence de 50 francs pour chaque paiement, et leur émission était limitée à 6 francs par habitant. Système très simple, et qui recueillit dès septembre 1868
l’adhésion de la Grèce.

La convention de 1865 avait, en somme, défini trois types de monnaies :
1° En or, au titre de 0,900 ;
2° La pièce d’argent de 5 francs, au poids de 25 g et au titre de 0,900 ;
3° En argent, de 2 francs, 1 franc, 50 et 20 centimes, au titre de 0,835.

Théoriquement, il n’était pas dérogé au Franc germinal, sorte de fétiche français, qui était maintenu à l’état de fiction, comme le cinquième de la pièce de 5 francs. Mais, au lieu de 4,5 g d’argent fin, il n’en contenait plus, dans sa réalité concrète, que 4,175 g. Comme la livre de l’ancien régime, il cessait d’être exactement matérialisé.

On comprend aussitôt quel parti les spéculateurs allaient tirer de ces décisions. Prises à une date où l’argent primait, avantageuses à ce moment-là pour les cinq pays associés, elles tournèrent à la perte sèche après 1871, dès que le métal blanc se déprécia. N’importe quel étranger pouvait acheter 16 francs d’argent, se rendre à l’Hôtel des monnaies et y faire frapper 4 pièces de 5 francs, qui lui permettaient d’obtenir un beau napoléon. La France voyait fuir son or.

L’Allemagne profita sans vergogne et bénéficia largement de l’occasion. Ses agents portaient à Paris et à Bruxelles des lingots d’argent provenant de la récente démonétisation des thalers, les transformaient en pièces de 5 francs, qu’ils convertissaient en billets, puis en or. Pour mettre un terme à ces pratiques et ne pas devenir des réservoirs de métal au rebut, la Belgique, la France, l’Italie et la Suisse limitèrent (1874) et bientôt suspendirent (1876) la frappe des écus. L’Union latine, battant de l’aile, subsista jusqu’en 1914 ; au fur et à mesure que se résorbèrent, dans les encaisses des cinq pays, les pièces de 5 francs, ils se rapprochèrent inéluctablement de l’étalon or.

Antoine Lacroix et Paul Dupieux

Le marché de l’or en France de 1939 à 1943

Jeudi, septembre 3rd, 2009

Le Décret de Septembre 1939

En France, le marché clandestin de l’or et des devises est né en septembre 1939 à la suite du décret-loi du 9 de ce mois « prohibant ou réglementant l’exportation des capitaux, les opérations de change et le commerce de l’or », c’est-à-dire instituant le contrôle des changes, afin, déclarait Paul REYNAUD, « d’empêcher la spéculation à la hausse des devises étrangères ».
En ce qui concerne le métal jaune, l’article 3 du décret-loi était ainsi libellé :

« Toutes cessions, négociations et autres opérations portant sur des matières d’or sont subordonnées à l’autorisation de la Banque de France. L’importation et l’exportation des matières d’or sont prohibées sauf autorisation de la Banque de France ».

Quelques jours après, la Banque de France fixait son prix d’achat de l’or à un taux très voisin, sinon supérieur, à celui du marché : 47 608 francs le kilo de fin, 274,49 fr. le Napoléon, 346,16 fr. le souverain, 71,13 fr. le dollar.

Le Gouvernement n’avait pas réquisitionné l’or des particuliers, comme en Angleterre, où le métal était, d’ailleurs, payé au prix mondial de l’or, soit 168 sh. l’once ; mais il avait obligé les personnes morales à déclarer l’or qu’elles détenaient afin d’en faire l’inventaire.

Les conditions officielles d’achat de l’or étaient les suivantes. Nous les rappelons parce qu’elles peuvent fixer les idées sur ce qui se passerait en cas de stabilisation.
Seules, la Banque de France et les banques agréées pouvaient acheter à leur siège central ou dans leurs agences sans justification d’identité.
Les monnaies droites étaient reprises suivant un barème fixé chaque jour par la Banque d’après les prix du kilo de fin.
Les pièces faibles étaient achetées au poids. Les barres, lingots et plaques laminées ou planées n’étaient reprises qu’à condition que leur poids ne fut pas inférieur à un kilo, que leur titre fut de 0,900, 0,916, 0,995 et au-dessus et qu’elles portassent l’estampille d’une des maisons françaises introduites sur le marché international. Les autres achats de matières d’or étaient traités par les maisons de commerce jouissant de l’autorisation de la Banque et contraintes de demander aux vendeurs des justifications d’identité en vertu de la loi du 19 Brumaire An VI qui subsiste toujours.

Le Marché Noir de l’OR à Paris (1940-1948).

L’atmosphère de ce marché noir de l’or et des changes pendant et après l’occupation sera bien difficile à décrire pour les historiens de l’avenir. Les. documents officiels manquent et pour cause. Tout au plus a-t-on pu reconstituer les cours que nous donnons en annexe.

Il ne démarra pas tout de suite, après le décret-loi du 9 septembre 1939. Pendant toute la durée de la « drôle de guerre », les hommes étaient’ mobilisés et peu enclins à faire des opérations monétaires. Le taux de la Banque de France, qui paraissait favorable, dominait le marché. Quelques opérations sporadiques ont pu se traiter à prime, mais elles n’ont pas dépassé les cours de ro° francs sur le dollar, de 375 francs sur le Napoléon, de 6o francs sur le dollar-billet. Personne ne voulait du franc suisse qui restait à son cours légal.

1940.

Le calme se maintint jusqu’à l’invasion du territoire, et même encore pendant l’exode. Paris était vide et, sauf peut-être sur la Côte d’Azur ou à Vichy, il était difficile de changer des billets étrangers ou de l’or en province.

Néanmoins, à Vichy, fin juin 1940, on relève les cours de 825 francs pour le Napoléon, 1000 francs pour le souverain et 200 francs pour le dollar-or.

Ce n’est guère qu’après l’exode, la Bourse étant restée fermée jusqu’au 14 octobre 1940, qu’apparurent des primes plus importantes et, vers le mois de novembre 1940, que le Napoléon franchit le cours de 1000 francs.

Peu à peu, dans l’hiver, d’anciens boursiers et remisiers avaient pris l’habitude de se réunir sur la place de la Bourse à laquelle ils n’avaient plus accès (il fallait une carte spéciale pour y entrer), et dans les cafés, sur les trottoirs se traitèrent des opérations de plus en plus amples. L’or était tombé au marché des pieds humides !

Au 31 décembre 1940, le Napoléon, poursuivant sa hausse à Paris, atteignait le cours de 1.400 francs, le souverain de 1.800 francs, le dollar-or de 400 francs, bien qu’il ne valut que 350 francs à Lyon, mais l’arbitrage n’était pas encore organisé et la ligne de démarcation restait difficilement franchissable.

Il apparaît après coup que les Allemands ont toléré sinon encouragé le marché noir, et s’en servaient eux-mêmes pour s’approvisionner de billets étrangers et y râfler du métal à bon compte avec leurs marks d’occupation autoritairement fixés à 20 francs.

Un seul détail précisera leur attitude. Quand l’Angleterre se retrouva seule en face de l’axe BERLIN-ROME et qu’on redoutait l’invasion du Royaume-Uni, le cours des billets libellés en Livres sterling, à l’automne 1940, tomba au-dessous de celui du dollar-papier qui valait alors environ 135 francs ! Cette aubaine ne fut pas perdue pour les services financiers allemands de Paris et forcément ne dura pas. Elle constitue, croyons-nous, un fait unique dans l’histoire monétaire anglaise.

Dans quelle proportion les occupants ont-ils puisé sur ce marché? Les archives du Devisenschutz Kommando, qui avaient réquisitionné les locaux de la Banque Lazard frères, à Paris, pourraient le faire évaluer, de loin, car aux opérations officiellement constatées il faudrait ajouter les achats individuels des militaires qui mesuraient d’ailleurs le degré de leur confiance dans la victoire finale.

Un fait à noter est que la pièce de 20 marks ne s’est pas négociée sur le marché noir pendant toute l’occupation. Elle dégoûtait les Français, et il semblait que les Allemands en eussent peur en raison des lois draconiennes de leur propre pays. Un Allemand trouvé porteur d’une pièce allemande eut été, en effet, condamné comme « voleur du Reich ».

La pièce qui avait leur préférence et qui fit, de ce fait, une prime souvent exorbitante jusqu’à la Libération, était le double aigle de 20 dollars.
C’est l’évolution du cours du dollar-or qui reproduira le mieux au cours de ces quatre années la température de ce thermomètre psychologique que fut le marché clandestin.

1941.

Certaines perturbations, il est vrai, se sont produites du fait de rafles policières ou d’arrestations en masse des Israëlites (juillet 1942) ou de la politique monétaire du Gouvernement helvétique et de la Banque Nationale Suisse. Il n’empêcha que plus la propagande hitlérienne proclamait l’inutilité et la faillite de l’or comme étalon, « le non-sens de la couverture or », plus elle pillait le métal dans les pays occupés.

Dès 1941, les Allemands exigèrent notamment la livraison des 198 tonnes d’or déposées à la Banque de France par la Banque Nationale de Belgique et, après avoir saisi et bloqué l’or trouvé dans les coffres-forts privés des banques, ils recherchèrent avidement les barres et lingots sur le marché noir, où ils étaient les plus gros acheteurs.

Il faut croire que la croisade contre l’or avait un certain effet sur la population, car au début de 1941, quand le marché parallèle s’organisa vraiment, les cours des pièces qui s’étaient élevés jusqu’à 1600 francs le Napoléon, 2000 francs le souverain et 310 francs le dollar, ne cessèrent de baisser pendant tout l’hiver pour retomber le 18 avril, jour de la capitulation de l’armée yougoslave, à 1110 francs le Napoléon, 1325 francs le souverain, 295 francs le dollar-or.

On ne devait jamais plus revoir cours aussi bas. Ils restèrent hésitants jusqu’au mois de juin 1941 ; mais, à cette époque, sur l’ouverture des. hostilités par l’axe contre l’U.R.S.S., sur la saisie des avoirs allemands aux États-Unis et la raréfaction des envois d’or de Suisse et de zone libre, la baisse précédente fut annulée et la hausse reprit tout l’été. Elle amena le Napoléon de nouveau entre 1500 et 1600 francs, le dollar-or entre 400 et 425 francs, tandis que le kilo de fin se traitait à 185000 frs, soit environ 39,5o dollars l’once, les pièces faisant déjà une prime de 48 % sur le lingot.

A la fin de l’année 1941, quand la guerre devint mondiale par l’entrée en lice du japon et des Etats-Unis, la hausse de l’or reprit une vigueur nouvelle à la faveur de la baisse du dollar-papier et en général des devises étrangères, au point qu’au printemps de 1942, le prix du dollar-or avoisinait 100 dollars l’once de fin et 4,72 dollars-papier.

Au cours de l’été, d’importantes mesures intervinrent alors en Suisse qui modifièrent cette tendance et ralentirent considérablement l’importation du métal en France à la fin de l’année,
L’influence de la politique monétaire helvétique sur le marché de l’or a été considérable. La Suisse était, en effet, le seul pays d’Europe où le commerce de l’or restât libre.
jusqu’à l’été 1941, rien n’avait entravé ni la vente ni l’exportation du métal et des pièces, la Banque Nationale s’étant bornée à satisfaire la demande par des ventes d’intervention. Mais comme ces ventes devenaient de plus en plus importantes et ne servaient que d’aliments à la spéculation, dès le mois d’août 1941, le Gouvernement fédéral prit des mesures pour restreindre la vente des monnaies d’or suisses aux acheteurs privés. La Banque Nationale ne délivrait plus l’or en barres —à 4970 francs suisses le kilo que pour les besoins commerciaux ou artisanaux et elle avait demandé aux banques de prendre l’engagement de ne plus vendre de pièces d’or suisses à des personnes non domiciliées en Suisse et de s’abstenir d’exporter ces pièces.

1942.

Ces mesures officieuses ne suffirent pas à enrayer les sorties frauduleuses et la hausse du « vreneli » (la Croix) et, en 1942, le Gouvernement décida, afin de briser la spéculation, que les importations et exportations d’or seraient soumises à une autorisation de la Banque Nationale, et que tout achat ou vente de métal devraient être traités par une firme concessionnaire tenant registre de ses transactions, qui seraient assujetties à l’impôt de 2 % sur le chiffre d’affaires.

Les prix maxima du métal étaient ainsi fixés : lingot, 4970 francs s. le kilo ; vreneli, 30,5o ; Livre-or, 38,45 ; eagle, 7,90.

Antérieurement, la réduction de l’offre avait provoqué la hausse, qui s’accrut encore après application de ces restrictions apportées au commerce de l’or en Suisse. De mars 1942 à fin août 1942, le vreneli monta sur le marché libre de 30,80 francs à 39 francs suisses.

Cet agio en faveur du métal monnayé fut encore plus accentué sur les autres pièces, parce que le trafic des monnaies étrangères n’était en principe soumis à aucune restriction et demeurait entièrement libre.

Quand le vreneli valait 39 francs suisses, le Napoléon en valait 40,50 à 41 francs ; l’aigle 10,65 ; la Livre-or 50,50 à 51.

C’est là l’origine de ces différences de cours entre pièces de même poids et de même titre, qui, n’ayant plus nulle part pouvoir libératoire, auraient dû valoir leur poids d’or fin, mais qui étaient l’objet d’une surprime d’autant plus importante que la marchandise était plus abondante ou plus facilement livrable.

La politique monétaire du Gouvernement helvétique ne fut qu’un facteur entre bien d’autres des mouvements de l’or en France. Sans en référer exagérément à la théorie quantitative de la monnaie, il est évident que l’augmentation de la masse monétaire, qui quintupla pendant la guerre tandis que la production déclinait, jouait un rôle autrement important. De 168 milliards en moyenne en 1938, elle passa à 471 milliards à la fin de 1941, à 573 milliards fin 1942, 726 milliards fin 1943 et 902 milliards à la Libération.

Cette prolifération monétaire, en dehors de la situation politique et militaire, agissait sur le change du franc à l’étranger et il ne faut pas oublier que toute opération sur l’or a pour base une opération de change soit contre franc sur le marché intérieur, soit contre devise à l’extérieur. Après l’occupation, le franc continuait d’être coté sur les marchés libres étrangers, à BRUXELLES, AMSTERDAM, ZURICH et NEW-YORK. Les courtiers réussissaient à connaître les cours du marché des changes en Suisse, où les 1oo francs français étaient tombés de 8 francs suisses en juillet 194o à 2,70 en juillet 1941, à 1,02. en novembre 1942, et ces cours déterminaient ceux des billets étrangers à Paris qui, à leur tour, assignaient un prix aux achats d’or.

A l’automne 1942 de violentes variations se produisirent dans les cours des changes et du métal, par suite de l’occupation de la zone libre et aussi du relèvement de 300 millions à 500 millions par jour des frais d’occupation, qui faisaient présager une inflation supplémentaire. On vit en octobre et novembre une hausse verticale de l’or qui porta pour la première fois le cours du dollar à 1400 francs et celui du Napoléon à 6000 frs. Les demandes étaient si fortes que les arrivages de métal de la zone libre, de Bruxelles et de Suisse ne parvenaient pas momentanément à les combler et, à défaut d’or, le public se jetait sur les billets anglo-saxons qui remontèrent jusqu’à 9oo francs la livre et 300 francs le dollar. Hausse suivie aussitôt d’une baisse de 25 % quand, après le débarquement allié en Afrique du Nord, des taux exagérément appréciés de la livre (300 francs) et du dollar (75 francs) furent institués à Alger, alors que les cours de ces deux devises au marché noir dépassaient 600 francs et 250 francs respectivement.

1943.

Mais ces hauts cours, qu’on n’avait pas encore vus, entraînèrent au début de 1943 des réalisations importantes qui furent absorbées par l’ancienne zone libre et aussi par la Belgique, avec laquelle l’arbitrage bénéficiait de gros écarts.

Pendant le premier semestre de 1943, après cette première alerte, le franc ne cessa de se redresser et l’or, en conséquence, de s’effriter. Au début de février, le Comité National Français d’Alger avait ramené les taux de la livre et du dollar de 300 frs à 206 francs et de 75 francs à 5o francs. De mois en mois le dollar-or finit par retomber en juillet à 537 francs et le Napoléon à 2075 francs pendant la campagne d’Italie, qui faisait espérer une libération beaucoup plus prompte qu’elle ne le fut en réalité.

Par une véritable ironie, ce succès des armées alliées fut même la cause de la reprise de l’or ; car une fois l’Italie libérée, son effondrement financier déclencha de la part de la population italienne, des demandes importantes de métal qui ne pouvaient guère être satisfaites que par le marché français, la Suisse étant fermée et l’or étant plus cher en Belgique qu’en France.

Lors de la capitulation italienne en septembre, le dollar-or évoluait entre 640 et 700 francs, le Napoléon entre 2450 et 2600 francs, et l’année 1943 se termina par une petite hausse aux cours suivants : Napoléon 2950 à 3100, souverain 3600 à 3700, dollar 780 à 800 francs. Les illusions s’étaient en partie dissipées quand M. FAYOT écrivait dans le Journal de Genève son article intitulé : « La Guerre continue ». A suivre …

De Litra

Le passage de l’or dans la clandestinité à la veille de la Seconde Guerre mondiale

Jeudi, août 6th, 2009

1936 : Il devenait nécessaire d’enrayer la fuite des capitaux vers l’or et vers l’étranger. Mais la solution qui fut adoptée à l’époque ne fut pas parmi les meilleures ni les plus justifiées: Sans qu’aucune cause extérieure sérieuse, telle que le sera plus tard l’état de guerre, ait pu être invoquée, l’interdit fut jeté sur l’or et une pénalisation infligée à ses détenteurs. Quoique ceux-ci n’aient fait qu’user du droit que leur conférait la législation monétaire en vigueur, celle de 1928, qui avait établi la libre convertibilité du billet, ils furent invités par la loi de dévaluation du 1er octobre 1936 à restituer, au prix d’achat, l’or qu’ils avaient acquis auprès de l’Institut d’Emission. A ceux qui préféraient conserver leur métal il était offert de payer au fisc la différence entre la valeur de l’or au cours officiel nouveau et celle qu’il possédait sous le régime antérieur. Pour qu’aucun d’entre eux ne puisse légalement se soustraire à l’alternative, les détenteurs d’or étaient soumis à la formalité de la déclaration de leurs avoirs en or.

Cette législation correspondait en somme à la nationalisation de l’or détenu par les particuliers. Elle ne pouvait évidemment pas être très populaire. Toutefois, pendant le troisième trimestre 1936, 87 1/2 tonnes d’or furent revendues à la Banque, pour quelques 2 milliards de francs. Mais il semble qu’assez rapidement la spéculation se soit à nouveau portée sur le marché des changes où le franc subit de violentes attaques.

La loi du 1er octobre 1936 avait créé le Fonds de Stabilisation des changes et lui avait donné mission de régulariser le cours de la monnaie nationale en maintenant sa valeur au change entre les deux limites de 43 et 49 milligrammes d’or à 0,900 ; ce qui correspondait à un cours du dollar compris entre 20,15 et 22,96. Il avait reçu à cet effet une dotation en or de 10 milliards de francs nouveaux. Si, au début de son action il put rétrocéder à la Banque 7 milliards d’or pendant le seul mois d’octobre, dès la fin novembre il dut puiser de nouveau dans l’encaisse officielle pour reconstituer ses provisions de change et maintenir le cours du dollar à 21,4o. La pression s’accentua au début de 1937 en même temps que cessait le mouvement des restitutions d’or à la Banque.

Il était bien évident cependant que le public détenait encore en France, à cette époque, de fortes quantités d’or que d’aucuns évaluaient à la contrevaleur minimum de 4 milliards de francs 1928 (quelques 25o tonnes).

Le Gouvernement tenta une nouvelle fois d’employer la manière forte. Par décret du 17 février 1937 il renforça les pénalités sur la détention illégale de l’or en l’assimilant à la contrebande. Mais tout de suite, devant l’hostilité du pays à sa politique générale, il comprit la nécessité de jeter du lest et il adopta en mars une nouvelle attitude, celle de « la Pause ».

Le décret du 9 mars rapportait les dispositions de celui du 17 février et la loi du 10 mars abrogeait les articles de la loi monétaire du ler octobre 1936 relatifs au régime de l’or. Le commerce et la détention de l’or redevenaient libres et le Trésor se résolvait à verser à ceux qui avaient cédé leur or à la Banque le complément entre le prix qu’ils en avaient reçu et la valeur officielle de l’or au taux de la Banque en mars 1937.

Le Franc Flottant et la thésaurisation des pièces

La détérioration du franc ne pouvait être arrêtée par des mesures de cet ordre qui témoignaient seulement de l’impuissance du Gouvernement à s’opposer à la vague de fond qui emportait la monnaie. Le dollar s’approcha de la limite fixée par la loi de 1936 et celle-ci fut bousculée.
L’encaisse-or fut soumise à des ponctions répétées : d’octobre 1936 au 1er juillet 1937, le Fonds absorba plus de 800 tonnes d’or et les réserves officielles fléchirent de 2.963 à 2.155 tonnes.

Le 3o juin 1937 un décret suspendait l’obligation pour le Fonds de Stabilisation de maintenir le franc entre des points d’or fixes. Le franc devenait flottant. Il devenait en fait une véritable monnaie « fondante ».

La thésaurisation reprit alors une nouvelle ampleur, mais elle se tourna cette fois vers les pièces d’or, dont le commerce devint florissant. Des importations considérables furent réalisées de l’étranger, qui provoquèrent sur le marché de Londres l’apparition d’une prime sur l’or monnayé, prime qui, en avril 1938, atteignit de 5 à 6 %.

Ce mouvement alimenté par les craintes que faisaient naître les difficultés financières de l’Etat, l’augmentation des avances de la Banque au Trésor, et la campagne socialiste pour un contrôle des changes, dura jusqu’au mois de mai 1938 et ne fut ralenti que par l’institution de ce qu’on a appelé « le Franc Daladier », rattachant de fait, sinon légalement, la monnaie française à la Livre sterling, le gouvernement s’engageant à ce que le cours de 179 francs pour une Livre sterling ne soit pas dépassé.

Les entrées de pièces d’or en France pendant cette période furent au total très considérables. Il est naturellement impossible de se faire une idée exacte de ce qu’elles représentèrent. Toutefois on estime généralement qu’elles ont atteint près du double des rétrocessions d’or à la Banque immédiatement après la loi de 1936. Sur la base de cette évaluation c’est quelques 4 milliards de francs 1298, soit 25o tonnes de métal qui ont été investis au cours de cette fuite devant la monnaie. Il va de soi que cette approximation ne tient pas compte des capitaux exportés directement sous forme de devises antérieurement à la loi de 1936. Pour ceux-ci, c’est un montant d’un ordre de grandeur de 3o milliards de francs 1928 qui a été cité.

Il est à peine besoin de rappeler qu’après la tension internationale de la fin de l’été le Gouvernement REYNAUD entama une vigoureuse politique de redressement dont les effets furent immédiatement sensibles à la fois sur le niveau des changes et le climat intérieur. Les mouvements de capitaux reprirent la direction de la France et le Fonds de Stabilisation put à deux reprises rétrocéder de l’or à la Banque, dont l’encaisse remonta à 2.400 tonnes, niveau qui resta inchangé jusqu’à la guerre. Le déclenchement du nouveau conflit mondial devait transformer totalement le statut de l’or, aussi bien en France qu’à l’étranger. Le principal souci de beaucoup de Gouvernements en matière monétaire fut en effet de réserver le métal jaune aux besoins officiels et de s’opposer dans toute la mesure du possible à sa libre confrontation avec les monnaies nationales.

Mais la généralisation des contrôles des changes, le blocage des cross-rates à des taux arbitraires, les entraves apportées à la circulation des marchandises et des capitaux allaient au contraire conférer à l’or un attrait renouvelé aux yeux des particuliers : en marge des institutions officielles le réseau des transactions clandestines devait s’organiser peu à peu jusqu’à constituer de véritables marchés.

De Litra

Histoire de l’emprunt Giscard sauvé du désastre par la chute du cours de l’or des années 80.

Lundi, juin 29th, 2009

Le reflux du prix de l’or, qui commença à se manifester, très rapidement, après le 21 janvier 1980, ouvrit non seulement la voie au règne de l’étalon dollar au sens pur du terme, mais empêcha aussi, en France, le désastre complet de l’emprunt Giscard. En octobre 1973 le Ministre des Finances de Georges Pompidou avait lancé un emprunt de 6,5 milliards de francs. Cet emprunt, rémunéré à 7 %, était à tout égard semblable à l’emprunt Pinay; de 1952-1958. Comme lui, sa valeur était garantie par le cours de l’or, et dispensée de droits de succession et de donation. Mais, ce qui était possible, au moment où le prix de l’or était stable, à 35 dollars l’once, cessa d’être viable, dans un marché où le métal précieux tendait à s’envoler. L’emprunt Giscard, 1973, a été lancé au moment précis où l’once d’or valait 97 dollars et est arrivé à son terme au moment où elle valait 437 dollars. Ce qui fait que cet emprunt, remboursé en janvier 1988, a coûté 12,3 fois plus que ce qu’il avait permis à l’État d’encaisser, c’est-à-dire de 80 milliards de francs. I1 est tout à fait évident que cet emprunt aurait coûté beaucoup plus, sí l’or n’avait pas été cassé dans son processus de remonétisation, par les Accords de Jamaïque et par la taxation des transactions qui ont commencé au niveau international, à partir de 1979.

Valéry Giscard d’Estaing passait, au moment où il fut élu président, en 1974, pour le plus brillant des grands argentiers du monde occidental. L’histoire de l’emprunt qui porte son nom rend d’autant plus évidente la cécité des responsables politiques de l’époque quant aux grandes secousses de l’ordre monétaire international.

Edouard Husson & Norman Palma, auteurs de « Le capitalisme malade de sa monnaie : Considérations sur l’origine véritable des crises économiques« 

Les français vendent leur or

Mercredi, juin 3rd, 2009

Parmi les moyens que les Français ont trouvés pour avoir plus d’argent, il y en a un qui est de plus en plus courant, c’est de vendre une partie de ses biens personnels. Certains se débarrassent de leurs vêtements, d’autres de leurs meubles, mais ce qui se vend le mieux en ce moment, c’est l’or. L’or qui, en temps de crise, est une valeur-refuge dont le cours a littéralement explosé. On ne le sait pas toujours, mais en France les familles possèdent beaucoup d’or, qu’il s’agisse de bijoux ou de pièces de monnaie. Mais alors qui est vraiment prêt à racheter vos trésors de famille et quel prix pouvez-vous en tirer ? C’est une enquête de Stéphane Leroux pour M6.

Les journées de travail de Serge Navarro commencent toujours au même endroit, face au distributeur de billets. Six retraits, 500 € à chaque fois et en petites coupures. Son objectif, comme tous les jours, dépenser au moins 3000 € avant le coucher du soleil. Serge est pressé.

Ce matin, il a un rendez-vous très important dans le sud de la France. Ça se passe dans un bureau de tabac. Salut rapide à la patronne, Serge est attendu ici comme le loup blanc. Cela fait une heure que ces clientes patientent et toutes ont dans leurs mains quelque chose de très personnel à lui montrer. Ce sont des pièces de collection ou de vieux bijoux et à condition que ce soit bien de l’or, Serge rachète tout, rubis sur l’ongle. Résultat, toutes les clientes repartent avec quelques dizaines voire quelques centaines d’euros.

Revendre son or de famille pour augmenter son pouvoir d’achat, c’est devenu un réflexe de plus en plus courant. Car avec la crise, le métal jaune n’a jamais eu autant la cote. Longtemps planqué derrière des portes blindées, l’or refait surface en pièces, en bijoux, en lingots et même sur les maillots de bain. De l’Inde à la Chine, en passant par les Émirats arabes, la demande en or explose. On en vend même dans les rues, car c’est devenu la valeur-refuge en ces temps de crise. Avec la faillite des banques, la valeur du métal précieux a doublé et atteint des sommets, plus de 20 000 € le kilo. C’est deux fois plus cher qu’il y a cinq ans, le problème c’est que pour fabriquer tous ces lingots, les fonderies ont besoin de nouveaux arrivages. La production des mines ne suffit plus et désormais les chercheurs d’or ont trouvé un nouveau filon, vos bijoux de famille.

En France, dans les journaux, des publicités se multiplient, elles vous promettent toutes des paiements cash, de l’argent facile. Alors, de la montre à gousset de pépé à l’alliance de votre ex-femme, que valent réellement vos trésors de famille ? Et qui sont les professionnels qui en tirent profit ?

Lorsqu’on cherche à se faire un peu d’argent avec ses bijoux de famille, le plus dur ce n’est pas de s’en séparer, mais de savoir à quel prix les vendre. Et à Strasbourg comme ailleurs, c’est dans ce genre de petites boutiques très discrètes, que se trouve la réponse. Nous sommes chez Thierry Kostik, un négociant en métaux précieux. En dix ans d’activité, il n’avait jamais vu autant de monde dans ses murs.

Six jours sur sept, les clients défilent. La plupart vont vendre des bijoux, boucles d’oreilles dépareillées, bagues, colliers, broches, tout se négocie et parfois, certains arrivent avec beaucoup plus en poche. Des trésors.

Ce monsieur, par exemple, il a un grand projet familial, mais pas assez d’argent pour le réaliser. En revanche, il a apporté avec lui quelque chose qui pourrait bien le tirer d’affaire. La solution à son problème d’argent tient peut-être dans cette petite boîte en bois. Il y a là quelques bijoux précieux, mais aussi des pièces d’or venues de toute l’Europe et parfois très anciennes.

« Cette pièce-là est une pièce très intéressante d’Alfred Herzog, c’est une très bonne monnaie. C’est une pièce frappée en peu d’exemplaires de 1893. »
En plus du précieux Herzog, Monsieur possède plus de 150 pièces et pour couronner le tout, il a même un lingot d’un kilo. Un trésor amassé par sa famille pendant plus d’un siècle et conservé précieusement en cas de coup dur.

« Elles viennent d’où toutes ces pièces ?

J’ai du côté de mon père des gens qui étaient la génération de la guerre, mais ici dans la région, c’était assez spécial aussi. Avoir une pièce d’or ou un lingot, c’était la sécurité. »

Une fois l’expertise passée, il reste à Thierry Kostik à fixer le prix de la marchandise que lui apportent les clients, à commencer par les bijoux. Pour cela, Thierry suit en direct les cours de l’or sur son ordinateur. Comme pour les actions, le métal précieux s’échange sur les plus grandes places boursières du monde. Ce jour-là par exemple, sa cote officielle est de 23,53 € le gramme, mais étrangement ce n’est pas le prix que le marchand propose à ses clients.

Explication : 23,53 € le gramme, c’est le prix de l’or pur à 100 %, le plus précieux, l’or 24 carats, comme le lingot par exemple. Mais beaucoup l’ignorent, les bijoux sont en fait composés d’un alliage avec seulement 75 % d’or pur. On parle alors d’or 18 carats. Évidemment, le prix au gramme n’est pas la même.

Comme il n’y a que 75 % d’or, le prix d’un gramme de bijoux passe donc de 23,53 € à 17,60 €. Là-dessus, il faut encore enlever la taxe de l’État, les différents frais de Thierry et bien sûr sa commission. Résultat, le prix qu’il est prêt à payer à ses clients pour leurs bijoux est de 14,10 € le gramme. On est bien loin de la cote officielle. Cela dit, pour ces bracelets, il y en a tout de même pour près de 700 €. Ajoutés à ces pièces rares et son lingot, ce client va décrocher le jackpot. En moins de vingt minutes, Thierry lui fait une proposition a priori difficile à refuser :

« 49 056,93 nets payés en chèque immédiatement. Maintenant, la décision vous appartient.
Je ressors ici avec la somme en chèque. »

Immédiatement, sans discuter.

C’est très bien. On peut y aller. Je ne m’attendais pas à ce que j’obtienne un chèque de ce montant-là, c’est sûr.

Voilà votre chèque. »

49 000 € payés sur-le-champ, c’est beaucoup d’argent, mais pour Thierry, l’affaire vaut le coup. L’or est rare sur Terre et en ce moment, tout le monde en veut. Les tarifs explosent, Thierry peut donc revendre immédiatement tout le métal jaune qu’il achète en faisant au passage un bon bénéfice. Pour s’en rendre compte, il suffit de passer dans la pièce d’à côté.

Alexia, la femme de Thierry, reçoit un client comme elle en voit de plus en plus depuis le début de la crise. Un client qui n’a plus confiance en sa banque et qui cherche à placer son argent dans une valeur sûre, le lingot d’or. Et voilà ce que devient une partie des bijoux que Thierry rachète, il les revend sous forme de lingots. Et entre les deux, le prix a beaucoup grimpé.

Souvenez-vous, il rachète les bijoux en or en ce moment autour de 14 € le gramme, ces bijoux sont ensuite envoyés dans une fonderie, mais pour fabriquer un lingot d’un kilo, il faut bien plus qu’un kilo de bijoux. Car dans toutes ces bagues et ces bracelets, il y a des alliages qui partent à la poubelle au moment de la fonte. Il y a aussi une petite déperdition due à l’opération de fusion. Au final, il lui faut près d’un kilo et demi de bijoux pour fabriquer un lingot d’un kilo qu’il va pouvoir revendre sur la base de 23 € le gramme. À ce tarif, la vente d’un lingot d’or lui rapporte 3500 € de bénéfices et pas besoin de pousser le client pour qu’il achète.

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La transaction est conclue, le client recevra son lingot dans une semaine. Ajouté à la commission de Thierry Kostik, ce kilo d’or lui revient donc à plus de 24 000 €. Un gros chèque, de quoi donner le sourire au patron. Avec toute cette folie autour de l’or, le chiffre d’affaires de Thierry Kostik a bondi de 30 % cette année. Avec sa femme, ils touchent à eux deux plus de 7 000 € nets par mois. Un commerce rentable qui attise de plus en plus d’appétit. Sur ce marché, tout l’enjeu est d’être le premier à vous racheter votre or. Du coup, à côté des boutiques classiques comme celle de Thierry, de nouveaux acheteurs sont apparus et leurs techniques, elles, n’ont plus rien de traditionnel.

Carpentras dans le sud de la France, 28 000 habitants et certainement beaucoup d’or caché sous les matelas. Et pour mettre la main dessus, il y a déjà du monde sur les rangs, une dizaine de bijouteries qui se mettent toutes à racheter de l’or.

Il y a même une boutique spécialisée comme celle de Thierry Kostik, une concurrence rude qu’un homme compte bien casser. C’est Serge Navarro, notre chercheur d’or. Il vient d’arriver en ville et tout de suite, il a l’œil.

« Il y a un petit marché, c’est le vendredi, il faudra le noter. C’est toujours intéressant parce qu’il y a les habitants des petits villages voisins qui viennent sur Carpentras ce jour-là, ça serait intéressant de faire une animation le jour où il y a le marché. Les gens viennent acheter leurs légumes et après ils viennent me vendre leur or ou avant, comme ça ils peuvent acheter plus de légumes. »

Serge Navarro, c’est un malin. Ancien VRP dans les cosmétiques, il est aujourd’hui un des 40 commerciaux de VPO, une société spécialisée dans le rachat d’or partout en France. Contrairement à Thierry Kostik, Serge, lui, n’a pas de boutique. C’est un acheteur itinérant. Dans chaque ville traversée, sa mission est de trouver un commerce qui voudra bien l’accueillir. Un commerce si possible où il y ait du passage. Pour ça, l’idéal, c’est le bureau de tabac.

Le problème de Serge est que son métier ne parle à personne. Alors, plutôt que de longs discours, Serge fait tout de suite une démo, à la limite d’en faire trop, jusqu’à se croire déjà comme chez lui. Le résultat, trois fois sur quatre, sa petite technique ne fonctionne pas.

Pas question d’insister pour Serge Navarro, il n’a que trois jours par mois pour trouver des partenaires dans une dizaine de villes. Alors pour ne pas perdre de temps, il utilise toujours la même méthode et lorsque le poisson commence à mordre, Serge a un argument imparable pour le ferrer : l’argent.

« Qu’est-ce que je gagne ?

Je vous explique : je travaille pendant deux jours, vous allez toucher sur le montant des achats directs et indirects, 10 % nets, c’est-à-dire que si je fais 3400 € d’achat chez vous, vous allez toucher 340 €. »

Gagner de l’argent sans rien faire, l’argument semble plaire à madame. Le contrat est simple, ils doivent juste accueillir Serge deux jours tous les trois mois. Serge n’a pas beaucoup de temps alors il n’hésite pas à leur forcer un peu la main.

« Pourquoi ça vous intéresse Madame ?

Là, on fait des choses, on a des gens qui viennent. C’est sympa d’avoir une animation. En plus, à Carpentras, il n’y a pas grand-chose. »

En vingt minutes, l’affaire est conclue.

Serge reviendra ici pour acheter de l’or d’ici deux mois. Des contrats comme celui-ci, il en a signé 150 en deux ans, un record dans la boîte.
Ne pas avoir de boutique propre et pouvoir s’installer n’importe où pour quelques jours seulement, c’est l’un des secrets de son business. Mais pour que ce soit vraiment rentable, il y a une autre condition. Le commercial doit racheter l’or au plus bas prix possible. Alors à chaque fois, il met le paquet.

Ce matin, l’opération vient de commencer chez un buraliste d’Arles, les clientes font déjà la queue. Toutes ont raclé leurs fonds de tiroir pour y trouver une vieille médaille de communion ou une gourmette et espèrent bien gagner un peu d’argent. Serge va leur racheter leur or à 8,20 € le gramme, c’est le tarif décidé par son patron.

8,20 € le gramme, c’est tout de même 40 % de moins que le prix proposé par Thierry Kostik ce même jour dans sa boutique à Strasbourg. Malgré ce tarif peu compétitif, Serge a du succès. Son truc, c’est de laisser penser aux clientes qu’elles font toujours une bonne affaire.

La tactique de Serge fonctionne parfaitement, les clientes ne négocient pratiquement jamais. Car dans 90 % des cas, elles n’ont tout simplement aucune idée du cours de l’or.

« Ça sera 115 € pour vous.

Je ne pensais pas en arriver à ce prix-là »

115 €, en réalité ce n’est pas le meilleur prix. Si cette dame s’était rendue chez le bijoutier du coin ce jour-là, elle aurait récupéré 20 % de plus. Un manque à gagner important pour elle, qui vit avec le RMI.

« Je ne touche que 395 euros chaque mois. Ça me permettra de souffler un petit peu.

Pourquoi vous n’avez pas cherché à vendre ce bijou ailleurs ?

Je ne sais pas, parce que je n’y ai jamais pensé peut-être. »

Avec un argumentaire et des méthodes publicitaires bien rodés, la société parvient même à fidéliser ses clients. En moyenne, un sur quatre reviendrait régulièrement vendre son or. Des opérations comme celles-ci, Serge en fait une centaine par an. Il est aujourd’hui le meilleur commercial du groupe et son salaire est en conséquence, jusqu’à 5 000 € nets par mois, c’est deux fois le revenu normal d’un VRP.

Après chaque opération, Serge retrouve une chambre d’hôtel. Il y a encore deux ans, ce représentant de 54 ans était au chômage. Depuis, il a relancé sa carrière avec le rachat d’or. Les bonnes semaines, Serge parvient à récolter jusqu’à quatre kilos de métal précieux. Et pour lui, peu importe que ses bijoux n’aient pas été rachetés au meilleur prix du marché. Au contraire, il est persuadé de rendre un service aux familles.

Serge ne garde jamais l’or avec lui. Chaque soir, il l’expédie à son employeur et surprise, les bijoux et les pièces rachetés à travers toute la France vont quitter le pays, car celui qui les attend impatiemment se trouve à l’étranger, en Allemagne.

À deux heures de route de Strasbourg, une zone industrielle avec, au milieu, un bâtiment discret. Dans le business de l’or, la première règle c’est la sécurité.

Roland Martin est le patron de Serge Navarro. C’est dans ces bureaux qu’arrive tout l’or récolté en France par ses commerciaux.

« Ce que vous voyez ici, c’est si vous voulez la présentation germanique et la présentation française. » Il y a même les fameuses tantes de rachat d’or version originale et bien sûr en version française. Quatre femmes trient, ici, toute la journée les paquets d’or arrivés de toute Europe.
« Et ça arrive d’où ?
C’est une action qui a été faite à Marseille.
Vous avez racheté pour combien ?
Sur cette action, il y en a eu pour 5128,11 €. »

Roland Martin a eu l’idée de s’attaquer au marché français il y a cinq ans. Pour acheter cet or, il a embauché en France une quarantaine de commerciaux, un bataillon deux fois moins important qu’en Allemagne et pourtant, c’est en France que la société réalise aujourd’hui ses meilleurs chiffres.

« La France est un pays fascinant, c’est peut-être le plus beau pays du monde.

Et où il y a de l’or sous les matelas.

Ou dans des sacs de mayonnaise. J’ai vu des fermières arriver chez moi avec des sacs, qui me proposaient des pièces de plusieurs générations. On voyait les âges et c’était pour acheter un tracteur. Donc c’est quelque chose que vous ne trouvez vraiment pas en Allemagne. L’Allemand a toujours eu le deutsche mark, il lui faisait confiance. Le Français faisait confiance à son louis d’or. »

Et Roland n’est pas difficile sur la marchandise, des couronnes du vieil oncle, au dentier de mémé, il achète tout ce qui brille, à condition que ce soit bien de l’or.

Si Roland fait tout pour acheter un maximum de bijoux et de pièces, c’est parce qu’il a de très gros clients qui lui rachètent son métal précieux et au prix fort. Ce ne sont pas des particuliers qui voudraient faire un placement, mais des industriels qui ont besoin d’or pour fabriquer par exemple des puces électroniques, des pièces informatiques ou encore des prothèses dentaires. Bref, de gros consommateurs.

Alors, pour les fournir plus rapidement, Roland a mis en place sa propre fonderie. C’est la zone la plus sécurisée de la société. Derrière cette porte, il y a l’homme qui fait gagner des millions à l’entreprise.
Quand il est là-dedans, il est le seul qui peut entrer ou ouvrir. Là, vous pouvez essayer de lui mettre un revolver, ça ne va pas l’impressionner, même pas un bazooka.

Chaque jour, ce grand gaillard au look de forgeron s’isole ici pour fondre des centaines de bijoux. Ils sont jetés dans un four chauffé à 1500 degrés, puis le métal en fusion est versé dans un moule et pas question d’en laisser une goutte. En quelques minutes, tous les bijoux ont été transformés en ce cake grisâtre, de l’or 18 carats. Mais comme il est encore brûlant, le fondeur va brusquement le plonger dans un bain d’eau froide. Une fois refroidi, ce bloc d’or va pouvoir être revendu à des industriels.

Ce genre d’opération assure une marge confortable à la société de Roland Martin. Comme par exemple avec ce petit lingot de 430 g. Pour le fabriquer, Roland Martin a acheté pour environ 3000 € de bijoux, il devrait à l’arrivée en tirer le double, 6 000 €, soit 3000 € de marge brute. Il doit bien sûr payer toutes ses charges et ses employés. Au final, il en tire quand même une somme rondelette.

« Combien ça vous rapporte, ça ?

Je vais gagner là-dessus 800 € en net et puis je paye les impôts. Les impôts d’entreprise en Allemagne sont de 53 % plus élevés qu’en France. On gagne bien notre vie, mais on ne devient pas millionnaire d’un jour à l’autre. »

Avec la crise financière qui s’annonce durable, le cours de l’or ne devrait pas chuter de sitôt. Pour la première fois cette année, la société de Roland Martin affirme qu’elle devrait réaliser près de 8 % de bénéfices nets.

Emission CAPITAL sur M6 du 26 avril 2009 – Transcription ABW

Les Français continuent de consommer

Mardi, mai 19th, 2009

Guy Lagache : En ce moment, qu’on soit directement touchés par la crise ou inquiets pour les temps à venir, on cherche tous des solutions pour doper son pouvoir d’achat. Y en a-t-il vraiment ? Quels sont les moyens pour dépenser moins et s’agissant des prix, sont-ils en train de devenir plus abordables qu’avant ? Alexandre Leo, bonsoir, vous êtes économiste, vous observez les grandes tendances en matière de consommation. Justement, dans le contexte actuel, est-ce que les Français continuent à consommer ou ont plutôt tendance à se serrer la ceinture ?

Alexandre Leo : La bonne nouvelle est que les Français continuent de consommer. En ce début d’année 2009, la consommation est supérieure à ce qu’elle était l’année dernière. Ça peut paraître fou.

Guy Lagache : Alors qu’il y a crise ?

Alexandre Leo : Alors qu’il y a la crise, alors que tout le monde dit qu’il faut arrêter de consommer, qu’il faut mettre de l’argent de côté, qu’il n’y a plus de crédits, les statistiques et les chiffres bruts montrent que la consommation ne s’est pas effondrée. Au contraire, elle continue de progresser par rapport à l’année dernière.

Guy Lagache : Comment l’expliquez-vous ? Parce que selon une étude récente 68 % des Français pensent que leur pouvoir d’achat a baissé.

Alexandre Leo : 68 % des Français pensent que leur pouvoir d’achat a baissé, je peux les comprendre, mais les statistiques montrent que le pouvoir d’achat de l’ensemble des Français a continué de progresser en fin d’année dernière et le pouvoir d’achat va sans doute continuer de progresser au premier trimestre. Il faut comprendre qu’à l’été 2008, on a eu un pic d’inflation qui était lié à la hausse des cours des matières premières.

Guy Lagache : Prix du pétrole ?

Alexandre Leo : Prix du pétrole, le prix à la pompe, on payait 1,10 € pour le litre d’essence, c’est passé à plus de 1,50 €.

Guy Lagache : 150 $ le prix du baril.

Alexandre Leo : Exactement. Ça a été divisé par trois depuis juillet dernier, c’est exceptionnel et ça a donné du pouvoir d’achat aux ménages sans pour autant qu’on le ressente parce qu’effectivement, sur la fiche de paie, on n’a pas vu d’évolution fulgurante. Il faut le comprendre, le pouvoir d’achat peut augmenter avec une évolution zéro des salaires. Il suffit que les prix diminuent, c’est ce qui s’est passé et ce qui explique pourquoi il y a une sorte de divorce entre la réalité du pouvoir d’achat et les sentiments qu’en ont les Français.

Guy Lagache : C’est-à-dire que, finalement, le pouvoir d’achat continue d’augmenter parce que les prix ont baissé. Est-ce qu’il y a d’autres raisons, par exemple des raisons liées à l’emploi ? On parle beaucoup de licenciements et de chômage, mais est-ce que par exemple en France, comparé à d’autres pays, on n’est pas finalement un pays où les emplois sont davantage sécurisés ?

Alexandre Leo : Vous avez raison de parler de la hausse du chômage. Effectivement, le chômage est en train d’augmenter très vite, mais en même temps, en France, il y a une sorte de coussin de sécurité, d’airbag de l’emploi qui est le poids de l’État, l’État qui emploie beaucoup de fonctionnaires ou d’assimilés fonctionnaires, autant de personnes qui ne verront pas leur pouvoir d’achat baisser en 2009.

Guy Lagache : Et ça, ce n’est pas anecdotique, ce nombre d’emplois liés directement ou indirectement à l’État ?

Alexandre Leo : Directement ou indirectement, vous avez près de 7 millions de personnes dont les revenus dépendent de l’État, c’est colossal. Après, vous avez une autre catégorie, c’est les retraités. En France, on a un système de retraite par répartition, c’est-à-dire que c’est les actifs qui payent les personnes qui sont à la retraite. Et ces personnes-là ont également leurs revenus sécurisés pendant la crise. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire tout simplement qu’il y a tout un volet de la population française qui est abrité de la crise.

Guy Lagache : Donc ces gens-là n’ont pas peur de consommer ?

Alexandre Leo : Ces gens-là n’ont pas peur de consommer et ça explique qu’il n’y ait pas d’effondrement de la consommation en France.

Guy Lagache : Donc la consommation augmente et en même temps, il y a quand même un paradoxe, c’est qu’on voit qu’il y a des secteurs sinistrés : textile, je ne parle même pas de l’automobile. Comment vous expliquez ça ? La consommation d’un côté augmente, mais de l’autre il y a les produits qu’on ne consomme pas.

Alexandre Leo : La consommation augmente, mais les Français vous diront également, on fait des arbitrages, c’est le concept aujourd’hui de ce qu’on appelle du « radin malin ». Les gens veulent continuer à consommer, mais ne veulent pas trop dépenser non plus, ils ne veulent pas faire n’importe quoi, et on est toujours à la chasse aux bonnes affaires. Donc ça peut être des achats groupés, des achats en ligne et on a vu d’ailleurs que les soldes de janvier avaient très bien démarré. D’ailleurs, les achats de textile avaient explosé en janvier.

Guy Lagache : Simplement, ce sont des discounts.

Alexandre Leo : Voilà. Pour ce qui est de l’automobile, on voit bien que la prime à la casse et le bonus écologique permettent tout de même de doper les ventes, mais les ventes de certains produits spécifiques. Des petites voitures écologiques, citadines, qui consomment peu, qui bénéficient du bonus écologique et de la prime à la casse continuent à se vendre. Là encore, c’est un changement de la nature du marché auquel on est en train d’assister.

Guy Lagache : Dernier point, pour le profane, il y a quelque chose d’incompréhensible : si la consommation marche bien, comment se fait-il qu’il y a la crise ?

Alexandre Leo : Si la consommation marche bien, ce n’est pas tout. Vous savez, ce qui fait la croissance, c’est également les résultats des entreprises. Mais les entreprises n’investissent plus trop et surtout pâtissent d’une demande qui leur est adressée depuis l’international, qui est extrêmement faible. Donc la crise, elle est là, elle est réelle. Je suis économiste, donc je suis forcément un peu cynique, le chômage va augmenter, ça va pénaliser le pouvoir d’achat de certains Français, mais il y a d’autres Français dont les revenus seront assurés, qui verront leur pouvoir d’achat augmenter tout simplement parce que les prix auront baissé par rapport à l’année dernière.

Transcription par ABWtrad.com de l’émission Capital/M6

La production industrielle en France

Mercredi, mars 11th, 2009
Production industrielle en France

Production industrielle en France

Au mois de janvier 2009, la production de l’industrie manufacturière (y compris IAA) diminue de 4,1 % par rapport à décembre, après une baisse de 2,1 % en décembre (contre -2,3 % selon les chiffres publiés le mois dernier). La production de l’ensemble de l’industrie diminue par rapport à décembre (-3,1 %). Les industries agricoles et alimentaires ont une production en baisse en janvier (-2,5 %).
L’activité de cokéfaction et de raffinage est en baisse (-15,0 %). La production d’équipements électriques et électroniques et autres machines diminue (-6,7 %). La baisse concerne toutes les branches : -6,2 % pour les équipements électriques ; -7,4 % pour les autres machines ; -6,4 % pour la production de produits informatiques et électroniques. La production de matériels de transport diminue (-5,7 %) : la baisse touche la production d’autres matériels de transport (constructions navale, aéronautique et ferroviaire) (-11,8 %) tandis que la production dans l’industrie automobile augmente (+1,8 %). La production d’autres produits manufacturés diminue (-2,6 %) : les baisses les plus fortes concernent la métallurgie et autres produits métalliques (-5,2 %) et les industries du textile, habillement, cuir (-3,1 %). La production des industries extractives, énergie, eau augmente (2,5 %) tandis que l’activité se maintient dans la construction (+0,5 %). (INSEE)

Le nombre de chômeurs pourrait augmenter en 2009, de 375 000 à 454 000

Mercredi, mars 11th, 2009

Après une hausse de 217 000 en 2008 des inscrits en catégorie 1, servant de baromètre officiel (à 2,114 millions fin décembre), le nombre de chômeurs pourrait augmenter cette année de 375 000 à 454 000, selon les scénarios examinés par le patronat et les syndicats lors d’une réunion du bureau de l’Unedic, mercredi 11 mars. Ces scénarios sont fondés sur des hypothèses de recul du PIB de 1,5 % et de 1,8 % respectivement.

Le gouvernement tablerait actuellement sur la première hypothèse alors que la Commission européenne pencherait en faveur de la seconde. Le 11 février, l’assurance chômage avait déjà publié une prévision assombrie, mais pas aussi noire, en tablant sur 282 000 demandeurs d’emploi supplémentaires dans l’hypothèse d’un recul du PIB limité à 1 % en 2009. LIRE LA SUITE SUR LEMONDE.FR

Indicateur résumé de l’opinion des ménages français depuis 1995

Mardi, mars 3rd, 2009

source INSEE

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "