La Newsletter
Inscription
Désinscription

 
Catégories

Archive for the ‘Humeur’ Category

L’or face à la fatwa de GoldMan Sachs. Et quelques réflexions sur le bitcoin – Par Philippe Béchade

Vendredi, janvier 17th, 2014

Philippe Béchade, Rédacteur en Chef de la Chronique Agora, nous parle de l’or et ses manipulations par les grands acteurs de la finance mondiale. Il y parle aussi de manière hilarante du bitcoin.

Le temps d’une claque

Jeudi, avril 18th, 2013

Le monde de la finance traverse une zone de turbulence. Les lecteurs le savent (et en ont peut-être assez de l’entendre) que je suis allergique aux théories du complot, mais mon allergie n’est pas absolue ou totale. Il y a d’excellentes raisons pour croire que la claque qu’ont subi l’or et l’argent est un événement planifié, orchestré. Par qui ? Jusqu’à maintenant, dans le domaine opaque des ventes d’or papier, nous n’en savons rien, sauf qu’il s’agissait d’un ‘dépôt’ de 500 tonnes qui a tout fait dérapé. C’est même fort possible que ce soit un farceur anonyme qui l’ait fait sur le site de Jim Sinclair, que l’acheteur et le vendeur étaient virtuellement la même entité. Ce ne serait qu’un simple jeu d’écritures comptables à valeur nulle.

En tout cas, ce dépôt de 500 tonnes n’avait pour objectif que de faire baisser le prix. Toute vente stratégique rationnelle d’autant d’or serait fractionnée en plus petites quantités afin de ne pas altérer les chiffres d’affaires de manière drastique, comme ce fut le cas avec cette vente. Mais, au fait, qui dispose de 25 milliards de dollars d’avoirs en or papier si ce n’est un important gouvernement, une grande banque centrale ou encore une des fidèles banques de la FED (Trop Importante pour Echouer) comme Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley? Ou qui pourrait se permettre d’absorber la différence entre le milliard de dollars et la perte sur la valeur des ventes en plein déclin ? En d’autres termes, les suspects habituels.

Je déteste l’expression ‘Que les Puissances règnent’ avec ses odeurs de paranoia recyclée et l’extrémisme lumpen mais des signes de collusion abondaient la semaine dernière. Tout d’abord, mercredi, Goldman Sachs qui publiait un avis sur l’or à court terme au moment où le prix flirtait avec la barre des 1600 dollars l’once. Puis, jeudi, le New York Times affichait en grand titre sur sa première page : ‘L’OR, LONGTEMPS CONSIDERE COMME UN INVESTISSEMENT SUR, PERD TOUT SON ECLAT’. L’histoire reflète une cotation qui semble avoir été manipulée sur le marché. Le très réputé Geroges Soros déclarait : ‘L’or a été détruit en tant que valeur refuge, il a su prouver qu’il n’était plus sûr’, dans une entrevue concédée à The South China Morning Post of Hong Kong.’ Déçus, les gens vont réduire leurs avoirs en or’.

Selon Soros : L’or = merde. Tout ceci justifie la débacle de vendredi. Vous remarquerez au passage que le dollar se porte très bien depuis que les prix de l’or et de l’argent ont chuté. – il faut plus de dollars pour acheter davantage de métaux précieux. Il faut ainsi soigner le dollar ! Dans l’intérêt de qui ? Peut-être, la Féd occupée à dissoudre la valeur des dollars au travers de ce qu’ils appellent ‘l’assouplissement quantitatif’ (impression en masse ou la fameuse création de crédit), puis la répression financière (l’imbroglio sur le taux d’intérêt) et aussi un gouvernement américain croulant tant sous les obligations des créances que Jack Lew, secrétaire du Trésor, doit partager son bureau avec d’autres gros bonnets.

Pour pimenter le sujet, le jour de la chute de l’or, des rumeurs circulaient au sujet d’une vente massive de réserves d’or par le gouvernement de Chypre afin de payer sa dette aux US. Ceci n’eut pas lieu mais la rumeur a eu son impact à savoir que l’Union Européenne aurait bientôt à faire appel aux nations du PIIGS.

Jeudi, d’autres sujets vinrent sur le tableau. La dernière nouveauté du monde de l’investissement appelé Bitcoin qui au début valait 60 dollars par mois avait atteint 260 dollars mais est revenu au seuil des 60 dollars. Cela a attiré beaucoup l’attention tout comme un bouclier protégeant des troubles monétaires internationaux – et dans un cas hyphothétique, considérée comme une éventuelle rivale aux devises des banques centrales.
La Bitcoin est une monnaie virtuelle inventée par Satoshi Nakamoto qui demeure une personne bien mystérieuse.
La vertu mise en avant de cette bitcoin est tout d’abord qu’elle ne peut pas être confisquée par les gouvernements.. Mais, tout programmeur informatique sait très bien que n’importe quel site internet peut être hacké. Cette monnaie virtuelle serait censée être meilleure valeur refuge que tout autre investissement refuge comme les obligations d’Etat ou les métaux précieux.

Est-ce que le monde a réellement besoin d’une autre forme abstraite d’argent autre que les monnaies fiat ? Je ne le pense pas. Le monde a davantage besoin d’instruments tangibles comme valeur refuge, un moyen d’échange et un indice de prix. La Bitcoin n’est rien d’autre qu’un bouquet d’algorithmes. Les maths aident dans la gestion de l’argent mais les maths représentent-elles l’argent à elles-seules ? Que se passe-t-il si vous n’avez pas accès à votre porte-monnaie Bitcoin ? Encore une autre tendance techno-narcissique impactant la culture contemporaine ?

Dans le Forbes Magazine, on pouvait lire : ‘la civilisation ne régresserait-elle pas à l’époque où il n’y avait pas d’électricité’. Observez-bien. Il y a des endroits aux Etats-Unis, en particulier, où les cables électriques sont vieux et sont en état de décrépitude. Il n’y a pas d’argent pour les remplacer. La société pourrait régresser avec aucune prestation de services et de fournitures d’énergie. Ceci rendrait la Bitcoin inutile et toutes les pertes en avantage pour Mr ou Mme Nakamoto que cela engendrait.

La semaine à venir devrait procurer des sensations fortes au niveau des affaires financières à travers le monde. Le Japon continuera dans son grand désespoir, poussé par la banque centrale. En supprimant le prix de l’or, les organismes les plus puissants aux US donneront à la Chine, la Russie et d’autres rivaux l’opportunité d’acheter de l’or bon marché en balançant des obligations d’état américaines, affaiblissant de ce fait la valeur de change internationale du dollar. La Chine et la Russie ont toutes les deux accumulé progressivement de l’or, dans l’objectif éventuel de l’adosser à des devises qui seraient stables au niveau du commerce international.

Une semaine importante pour le dollar, le yen japonais, l’euro et la livre britannique qui sont le coeur de dites ‘économies développées’ du monde. Quelle farce !

Par James Howard Kunstler
15 Avril, 2013 7:46 AM

Robin F., l’arnaque aux pièces d’or et la morale de l’histoire

Vendredi, août 10th, 2012

Robin F. est un acheteur d’or qui est très vite passé du statut de néophyte à expert suite à l’arnaque aux fausses pièces d’or dont il a été victime. Nous avions consacré un article sur sa mésaventure en juin dernier, et depuis qu’il a publié une histoire intitulée « Epargner de 1912 à 2012 : avec des billets ou des pièces d’or ? », nous consacrons une interview à ce contrarien qui s’ignore.

Rappel des faits
Le 20 juin dernier, nous écrivions un article sur la mésaventure, fort bien contée, de Robin F., victime d’une arnaque aux pièces d’or, mettant en doute l’authenticité du récit qui n’en restait pas moins riche en enseignements.
Quelques jours plus tard, il emprunte cette fabuleuse histoire à Bé Habba, sur forum-gold.fr, la remanie par souci d’exactitude et la publie sur Agoravox.fr.
Cette histoire illustre parfaitement la dévaluation monétaire à travers l’exemple du Franc et montre à quel point l’or joue parfaitement son rôle de conservateur de valeur de travail, de pouvoir d’achat, de réserve de valeur. Intrigué, nous sommes allés à la rencontre de ce néophyte si éclairé pour connaître un peu plus son histoire, les leçons qu’il en a tiré, son point de vue sur l’or.

LORetLARGENT.info : Je dois vous avouer avoir remis en cause l’authenticité de votre témoignage, à cause du caractère extrêmement détaillé de votre récit, des pièces fourrées au tungstène (c’est quand même peu commun pour des pièces !), de la multiplicité des supports sur lesquels il a été publié… Cela ressemblait presque à une publicité déguisée…
Robin F. : Je vous garantis que ma mésaventure est authentique.
Les données contenues dans mon article viennent de 3 sources : 1. mon propre vécu, 2. tous les aspects techniques viennent de l’expert que j’ai rencontré, et 3. les infos connexes sur les arnaques proviennent de la police.
Je ne l’ai publié personnellement que sur 4 sites Internet, et toutes les reprises ou les articles connexes engendrés par le mien ne sont pas de mon fait. Et puis, comment faire une pub sans nommer personne ? Or, quand on étudie attentivement et objectivement le contenu de mon témoignage, on voit que ça n’est évidemment pas le cas.
Par contre, j’ai noté que certains ont utilisé des techniques relevant de la malhonnêteté intellectuelle, voire de la manipulation, pour me dénigrer et me décrédibiliser : par exemple occulter certaines phrases (comme celle où je disais clairement que certaines infos venaient de l’expert), employer des citations tronquées pour en détourner le sens, prêter des propos non tenus, faire des déductions fantaisistes ou des interprétations à contre sens, etc. Y’en a même un qui a mené une véritable croisade contre moi en postant des messages sur quasiment tous les sites où mon article a été publié ou repris ! Mais quand on cherche un peu qui il est, on comprend vite la mystification. De fait, certains se sont bien servis de mon article pour faire leur propre pub…

LORetLARGENT.info : D’ordinaire, un consommateur confronté à une arnaque réagit plutôt avec colère et en langage SMS… Votre réaction n’est pas très habituelle sur le net !
Robin F. : Effectivement, certains commentaires que j’ai pu lire ici et là sont fort désobligeants. C’est bien triste de voir que certains en sont encore là. M’enfin, ainsi est notre monde…
Pour ma part, j’ai tenu à produire un article de bonne allure. Il était important que le message principal passe bien : « attention, il existe des fausses pièces d’or en circulation, comme à toutes les époques d’ailleurs ; donc prudence si vous achetez, surtout sur le marché parallèle ». Et il a porté ses fruits, puisque suite à mon article, d’autres personnes se sont manifestées. Or, s’il y a plein d’autres cas, l’affaire est sérieuse ; ça risque de devenir un gros truc !

LORetLARGENT.info : Revenons à l’arnaque dont vous avez été victime, sur l’aspect judiciaire, où en êtes-vous de votre litige ?
Robin F. : En fait, ce revendeur-là m’avait été recommandé par un auteur très actif d’un blog d’informations sur l’économique mondiale. Mais depuis, j’ai appris plusieurs choses.
Il semblerait que le stratagème soit bien rodé et dure depuis plusieurs mois : le blog est utilisé pour la recherche des clients (on laisse son tél au blogueur et le revendeur nous rappelle), où un discours alarmiste et anxiogène entretien la demande.
Le revendeur habite une grande ville de province sud-ouest (ce qui explique son accent), il vient environ tous les 15 jours sur Paris pour faire les ventes (parfois 1 fois par semaine selon la demande), et il est hébergé chez le blogueur. Enfin, le blogueur et le revendeur seraient parents ! Ceci expliquant cela…

LORetLARGENT.info : Selon vous, la police a-t-elle une chance de retrouver les malfaiteurs ? Aviez-vous conservé leurs coordonnées ?
Robin F. : Oui, ils ont été identifiés : nul doute qu’ils finiront en prison. La vente s’est faite dans un lieu public (un pub près de la Bourse).

LORetLARGENT.info : Avez-vous une chance d’être indemnisé un jour ?
Robin F. : J’espère, oui. Selon l’avocat, il y a de bonnes chances, mais tout dépendra des suites de l’affaire. Mes pièces ont été saisies comme pièces à conviction. Elles ont été analysées par spectrométrie à fluorescence pour déterminer la composition exacte en métaux. Elles sont faites d’un mélange d’or (un peu moins de 80 %), cuivre, tungstène et quelques résidus. La provenance reste incertaine, probablement la Chine.

LORetLARGENT.info : Vous avez une amie qui travaille dans une banque, pourquoi ne pas lui avoir demandé conseil avant votre achat ?
Robin F. : Parce que je ne savais pas qu’elle s’y connaissait un peu en or, mais surtout car je tenais à ce que ça reste secret, même auprès de mes poches. Je n’en avais parlé à personne.

LORetLARGENT.info : Et pourquoi ne pas avoir acheté directement vos pièces d’or auprès d’une banque ou chez un numismate ?
Robin F. : Parce que je souhaitais l’anonymat total. C’est ça l’intérêt principal du marché parallèle. Car si on achète dans une officine ou une banque, on ne peut pas payer en espèces (donc le paiement est tracé) et surtout on est enregistré dans un fichier centralisé des possesseurs d’or. Et si une confiscation a lieu un jour, comme c’est déjà arrivé dans d’autres pays par le passé (par exemple les USA sous Roosevelt lors de la grande crise de 29), alors les ennuis commencent…

LORetLARGENT.info : Dans votre témoignage, vous redoutez la vente à distance, mais savez-vous qu’il existe des sites réputés, ayant pignon sur rue et qui ne vendent que des pièces certifiées ? (joubert-change.fr, aucoffre.fr)
Robin F. : Parce que d’une part c’est plus cher, et d’autre part car je me méfie désormais de tous les vendeurs (depuis mon affaire, j’ai vu des lots dûment scellés et certifiés par des officines, mais qui contenaient des « longues queues » : vous savez, ces fameuses pièces dont le cas n’a jamais été réglé officiellement, et qui sont couramment considérées comme des vraies (des « refrappes »), mais qui sont refusées par la Banque de France, la Bourse ou la Monnaie…).
D’ailleurs depuis que j’ai publié mon article, on m’a pas mal écrit, et parfois pour me raconter divers déboires avec des officines. Donc ce n’est pas la panacée non plus. Il faut vraiment en trouver une bonne. Et enfin parce que la vente à distance impose de laisser ses coordonnées et de payer par virement ou CB, et donc l’anonymat est aussi impossible…

LORetLARGENT.info : Est-ce que votre malencontreuse expérience a changé votre point de vue sur l’or ?
Robin F. : A quel sujet ? Comme valeur refuge : non, pas du tout.

LORetLARGENT.info : Seriez-vous prêt (si vous disposiez encore de votre patrimoine) à acheter de l’or ?
Robin F. : Oui, mais toujours avec l’anonymat comme règle impérative : chez une officine si le prix est correct et que je peux payer anonymement, ou sinon sur le marché parallèle.

LORetLARGENT.info : Pourquoi ?
Robin F. : Parce que je considère que c’est un placement très sûr et intemporel.

LORetLARGENT.info : Ne trouvez-vous pas risqué d’acheter de l’or en ce moment ?
Robin F. : Non, car c’est un investissement qui doit être prévu pour le long terme. Il ne faut pas le considérer pour « faire du fric » en spéculant à court terme, mais uniquement pour préserver un patrimoine (qui reste disponible et accessible).
De plus, plein d’analyses très sérieuses montrent que les cours des métaux précieux sont totalement manipulés (comme presque tous les cours d’ailleurs). Donc peu importe le cours du moment : l’important est de placer ses sous de façon judicieuse. Car en cas de crise majeure ou d’effondrement financier, tout sera remis à plat dans les valeurs monétaires. Et là, l’or reprendra sa juste place, et à un cours très très largement réévalué.

LORetLARGENT.info : Quelles leçons en avez-vous tiré ?
Robin F. : Rester humble en toutes circonstances. Lors de l’achat, , prendre tout son temps, ne jamais se presser, ne jamais baisser sa garde, quelle que soit la relation établie avec le vendeur (même s’il parait sympathique). Il faut instaurer une procédure d’achat pointilleuse (basée sur une formation très solide) et ne jamais y déroger. (J’ai beaucoup appris depuis sur les techniques de détection des faux et la reconnaissance des pièces et je n’ai plus peur de me faire avoir).
Ou si on peut, ne pas hésiter à se faire accompagner par un connaisseur. Car contrairement à ce que certains disent, il y a réellement une recrudescence de fausses pièces sur le marché parallèle depuis quelque temps.

LORetLARGENT.info : A propos de l’histoire que vous avez reprise de Bé Habba sur forum-gold.fr, c’est une anecdote très contrarienne que vous citez, on imagine que vous êtes un « pro or » invétéré ?
Robin F. : Non, pas « invétéré », mais j’aime bien l’adage « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ».

LORetLARGENT.info : Quelles conclusions cette anecdote vous amène-t-elle à faire, quelles leçons en tirer ?
Robin F. : L’or a toujours été une valeur sure et le restera, car par nature la monnaie est l’or et l’argent, c’est intemporel depuis des siècles. Revenir à ce standard bimétallique permettrait d’éviter les dérives de la finance qu’on a vues depuis quelques décennies.
Au sujet du second article, la version originale de Bé Habba était axée sur la dépréciation et la perte de pouvoir d’achat de la monnaie fiduciaire. Moi, j’en ai changé le thème pour en faire une histoire sur la valeur intemporelle des métaux précieux, et sur une bonne façon de préserver son patrimoine. Et si les cours des métaux précieux n’étaient pas aussi manipulés qu’ils le sont depuis 3 ou 4 décennies (les cours devraient être bien plus hauts qu’ils ne sont), la démonstration eut été encore plus flagrante.

LORetLARGENT.info : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui a un peu d’argent de côté actuellement ?
Robin F. : Tout dépend des projets de chacun ! Donner à ses enfants, faire des voyages, investir dans l’immobilier, acheter des œuvres d’art, faire du mécénat… ou acheter de l’or et de l’argent à 999.9 (plutôt des petits conditionnements : pièces de 1 once ou lingotin de 5 à 50 g) : par exemple 2/3 or et 1/3 argent en valeur monétaire. Mais de toute façon, il faut placer au moins 1/3 de son patrimoine dans ces métaux précieux (ou plus si on a les moyens), et évidemment ne pas le laisser à la banque, mais le garder par soi-même. Et pas sous la pile de draps, mais bien à l’abri !

Taux ! taux ! Vous saurez tout sur les taux – Le Contrarien – Matin du 5 juillet 2012

Mercredi, juillet 4th, 2012

Le Contrarien - Matin du 5 juillet 2012

Je discutais ce matin avec l’un de nos membres qui s’inquiétait de l’évolution des taux d’intérêt. Il a une importante entreprise qui comme beaucoup de PME françaises est, hélas, en situation de trésorerie négative. En clair il doit emprunter tous les jours à sa banque pour financer son activité.
C’est peu connu du grand public, mais les banques ne prêtent jamais à taux fixe pour financer la trésorerie des entreprises. Les prêts octroyés le sont toujours sous forme de taux variables. Ce Monsieur fort sympathique me faisait part de sa crainte de voir les taux augmenter. C’est possible mais cela devrait rester dans des niveaux acceptables et convenables. Pourquoi?

Essayons d’abord de bien comprendre.
Les taux d’intérêts c’est le prix auquel on achète l’argent. Dans un monde économique normal trois éléments vont venir influer sur le prix de l’argent c’est à dire in fine les taux d’intérêt que l’on devra tous payer pour un crédit.

1/ La quantité d’épargne disponible.
En théorie les crédits des uns sont l’épargne des autres. En théorie seulement car ces dernières années les banques ont fait à peu près n’importe quoi avec la bénédiction des autorités de régulation.
Lorsqu’il y a beaucoup d’épargne disponible, il y a beaucoup d’argent à prêter. Donc cela pèse à la baisse sur les taux d’intérêt. L’inverse est évidemment vrai aussi. Lorsqu’il y a moins d’argent à prêter les taux doivent monter.

2/ La demande de crédit
Là aussi la science économique est simple. Si tout le monde veut acheter de l’argent, l’argent devient rare et donc l’argent devient cher. Donc lorsque les besoins en terme de financements sont importants les taux montent.
Ce fut par exemple le cas au début des années 90 avec la réunification allemande qui nécessitait des milliards de l’époque. Les taux sont montés vers 10, 11% à cette période et sans inflation!! Un bonheur pour les épargnants.

3/ Le niveau de risque estimé
On le voit tous les jours avec les taux d’intérêts auxquels les pays européens en difficultés doivent emprunter.
Plus la situation de ces pays est compliquée plus le risque est élevé pour le préteur. Du coup les taux montent vertigineusement et très rapidement. Le taux d’intérêt est donc aussi l’expression d’un risque.

La situation actuelle:
Nous sommes dans une situation ou les revenus des ménages fondent, leur capacité d’épargne également, l’activité économique est faible puisque nous sommes en récession. Une récession c’est chaque année de la destruction de richesses. Il y a donc moins d’argent disponible pour faire des prêts. Selon notre règle numéro 1 les taux devaient monter hors ils baissent.

La demande de crédit est particulièrement forte puisque les pays sont tous, je dis bien tous, en situation de surendettement. La demande de financement notamment des dettes souveraines est exponentielle. Selon notre règle numéro 2 les taux devaient monter hors ils baissent.

Enfin lorsque tout le monde est en surendettement et que les revenus des états baissent en raison de la récession et de la chute des rentrées fiscales, le niveau du risque s’accroit en même temps que les risques de défauts ou de non remboursement. Dans ces conditions selon notre règle numéro 3 les taux devaient monter, hors ils baissent.
Vous l’aurez donc compris. Sur les 3 facteurs essentiels qui font le « prix de l’argent » les 3 facteurs théoriques nous indiquent que les taux devraient monter, hors ils baissent ou se maintiennent à des niveaux historiquement bas.
Pourquoi cette anomalie ?

Pour une raison très simple. Nous ne sommes plus dans un monde normal ou les théories économiques standards fonctionnent encore.
Nous sommes dans un monde de triche, de dissimulation et de fraude généralisées.
L’affaire de la Barclays dont l’ancien patron qui a démissionné hier était interrogé aujourd’hui par une commission d’enquête officielle concernant la fraude sur le Libor qui est justement le marché du taux interbancaire deLondres.
On lui reproche ni plus ni moins que d’avoir manipulé les cours à son profit évidemment, ce qui est une accusation particulièrement grave.

Notre  » mis en cause  » se défend en expliquant quand même preuve écrite à l’appui que la Banque centrale d’Angleterre était parfaitement au courant…
Ce petit fait divers financier qui se déroule sous nos yeux nous montrent en réalité ce qui se passe. Les Banques Centrales partout à travers le monde dans ce que l’on appelle des « actions concertées » empêchent les taux d’intérêts de monter en agissant directement sur notre point numéro 1 à savoir « la quantité d’épargne disponible ».
La BCE par exemple et c’est encore pire pour la FED qui inonde les marchés de liquidités qu’elles crées de toute pièce.
C’est cet afflux de monnaie disponible qui permet de maintenir les taux d’intérêt au plus bas.

Nous sommes dans une crise d’endettement ou l’ensemble des acteurs de l’économie partout à travers le monde sont désormais totalement insolvables. Ni plus, ni moins.
Les entreprises sont surendettées.
Les ménages sont surendettés
Les état sont surendettés
Par conséquent le système bancaire est dans une situation inextricable.
Si les banques centrales cessent leur interventions comme les programmes Twist, LTRO ou quantitative easing, l’économie mondiale s’effondre en quelques jours seulement. L’exemple du Japon nous montre que dans ce pays les taux évoluent entre 0 et 0.5% par an depuis 30 ans maintenant. C’est ce que l’on appelle le « piège des taux bas » dans lequel nous sommes tous tombés.

Ce qu’il faut bien retenir, c’est que si les taux augmentent, c’est l’insolvabilité directe pour l’ensemble du système économique. Si nous maintenons les taux bas, nous favorisons l’inflation et très rapidement l’érosion de la valeur de nos monnaies. A l’arrivée c’est l’insolvabilité par l’inflation et la non progression des salaires.
Il n’y a aucune bonne solution. Dans tous les cas la messe est dite e le système est mort. Simplement le chemin de l’inflation sera la mort la moins douloureuse.
Tout le monde l’a compris, mais personne ne vous le dira, car cette vérité est indicible et c’est compréhensible.
Les taux d’intérêts remonteront, mais dans une nouvelle monnaie qui naitra après cette ultime grande étape de là crise que nous traversons depuis 5 ans… et qui est la crise monétaire qui vient.

La tempête va gronder . Rentrez vite les voile (…) LIRE LA SUITE

 

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 5 JUILLET – LISEZ L’INTEGRALITE <<<


pour recevoir tous les jours le Contrarien, ABONNEZ-VOUS !!

 

Les médias français en parlent-ils ? – Le Contrarien – Matin du 4 juillet 2012

Mardi, juillet 3rd, 2012

Le Contrarien - Matin du 4 juillet 2012

Avant hier le Président allemand suspendait la ratification du MES en attendant l’avis de la cour constitutionnelle de Karlsruhe. Avis qui pourrait être directement négatif avec un rejet pur et simple, ou encore à demi positif en disant que compte tenu de l’engagement nécessaire du peuple allemand ce dernier doit être constitué par voie de Référendum.

Il est important dans toute cette histoire de comprendre la position d’Angela Merkel. Il s’agit de dissoudre au maximum les responsabilités des refus allemands sur l’ensemble de la classe dirigeante d’outre Rhin. Non Angela n’est pas Madame Nein, elle est investie d’un mandat et doit « subir » des contre-pouvoirs puissants.
Madame Merkel se doit de s’afficher comme ayant pieds et poings liés. En réalité il s’agit d’une stratégie allemande délibérée. Nos médias continuent de faire semblant de pas l’avoir compris et relaient des dépêches AFP dithyrambiques sur les succès de notre nouveau Président. A voir !

D’ailleurs les médias français en parlent-ils?
Non, absolument pas !
Que tout ça est comique.
Hier, les Pays-Bas et la Finlande nous disaient qu’ils voteraient contre le MES et le FESF…ambiance ! Le front uni de la famille européenne au grand complet célébrant un succès historique à l’ultime sommet de la dernière chance se fissure donc encore un peu plus.
Ces deux pays ne veulent pas que le MES serve directement à acheter des obligations d’état sur le marché secondaire.
D’ailleurs les médias français en parlent-ils
Non, absolument pas !

Que tout ça est comique.
Aujourd’hui ce sont ces horribles eurodéputés qui ont décidé d’entacher les résultats historiques de ce sublime sommet européen de la dernière chance, qui rappelons-le est un succès ! Nos grands mamamouchis s’étaient mis d’accord (enfin) sur la mise en place d’un mécanisme de brevet européen dont les structures seraient réparties entre Paris, Londres et Berlin. Las, le parlement de Bruxelles et/ou Strasbourg de l’entend pas de la même oreille.
J’entends encore notre Président (le pauvre) expliquer si gentiment et si « normalement » aux journalistes lors de sa conférence de presse l’avancée pour l’Europe que représentait cet accord sur les brevets.
D’ailleurs cela m’inspire un commentaire. En Europe on adore les machins localisés sur plusieurs sites afin que chaque pays membres puisse disposer d’un morceau dudit machin dont l’efficacité se trouve à minima écartelée entre plusieurs sites.

Pratique !
D’ailleurs les médias français en parlent-ils?
Non, absolument pas !
Que tout ça est comique.

Heureusement qu’il nous reste l’union bancaire. Ça c’est du solide, du dur, du costaud !
J’ai un autre avis là-dessus avec ami Bob le diamant. En fait il s’appelle Bob Diamond, c’est l’ex pédégé de la Barclays une petite banque régionale de rien du tout qui a déjà payé 453 millions de dollars aux autorités britanniques et américaines pour qu’elles abandonnent les poursuites judiciaires à leur encontre pour avoir tout simplement cherché à manipuler les cours du taux Libor. Rien que ça et rien de moins !
Ensuite il ne faut pas confondre Bob Diamond (Barclays) avec l’autre star nominée aux oscars du banquier le plus crétin de l’année, Jamie Dimon qui lui est le pédégé de la JP Morgan, une autre petite banque régionale qui vient de perdre au moins 9 milliards de dollars en faisant du trading pour son compte propre. D’ailleurs son patron, a appris ce qui se passait dans sa banque en lisant le Wall Street journal.
Enfin, pour enfoncer le clou, souvenez-vous de l’affaire il y a très longtemps, au millénaire dernier, du Crédit Lyonnais qui à l’époque n’avait pas encore eu besoin de changer de nom en LCL pour se refaire une virginité « marketing ». Scandale là aussi. Puis il y a eu aussi, la faillite de Lehmann Brother’s, celle de la Barings dans laquelle sa très Gracieuse Majesté avait ses petites économies, l’histoire du « hedge fund Amaranth », ou encore l’histoire Kerviel de la Société Générale, etc., etc…

Franchement croyez-vous qu’une autorité européenne de contrôle, aveugle et ne voulant pas voir sera plus efficace qu’une autorité nationale de régulation tout aussi aveugle !
Ne soyons pas naïfs.
Les banques comme les états n’ont aucune envie pour les premières, et volonté pour les seconds de mettre fin à la mascarade des autorités de tutelle.
Et puis que je sache, une autorité de contrôle n’a jamais renfloué ou recapitalisé une banque en faillite ce qui nous ramène au MES. Et hop la boucle est bouclée et le serpent se mord la queue.
D’ailleurs les médias français en parlent-ils?
Non, absolument pas !
Que tout ça est comique.
Justement revenons encore sur le MES qui est censé remplacer le FESF. Encore une fois les pays doivent emprunter les sommes qui seront versées par chacun d’eux dans le MES sommes qui seront à leur tour re-prêtées aux banques ou aux états en difficulté.
Le MES n’a en aucun cas la possibilité de battre monnaie puisqu’il n’est pas une banque centrale, d’où l’idée à laquelle pour le moment les allemands sont complètement opposés d’accorder au MES une licence bancaire pour qu’il puisse se refinancer de façon illimitée auprès de la BCE.
Vous trouverez ci-dessous en milliards d’euros la part précise que chaque pays doit verser dans le MES.
Nous obtenons donc un capital autorisé fixé à 700 milliards d’euros. Voilà pour les « recettes ». Maintenant côté dépenses, nous avons la Grèce, les banques espagnoles avec une première mise pour voir à 100 milliards d’euros, plus éventuellement le rachat de dettes souveraines pour « détendre » le marché obligataire.
Cela va aller très, très vite en dépenses.

Et ensuite on fait quoi?
D’ailleurs les médias français en parlent-ils?
Non, absolument pas !
Mais que tout ça est comique…
Ou consternant! A vous de juger ! (…) LIRE LA SUITE

 

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 4 JUILLET – LISEZ L’INTEGRALITE <<<


pour recevoir tous les jours le Contrarien, ABONNEZ-VOUS !!

La fortune des Mougeons – Le Contrarien – Matin du 3 juillet 2012

Lundi, juillet 2nd, 2012

Le Contrarien - Matin du 3 juillet 2012

Le Mougeon, est un animal hybride, croisement entre un mouton destiné à être tondu et un pigeon animal connu pour sa passivité, sa crédulité et son sens du sacrifice particulièrement développé.

Cet été sera pour nous tous contribuables le grand moment ou nous deviendrons tous plus ou moins, contraints et forcés les mougeons de la grande « taxapocalypse ».

D’accord, les finances publiques ne vont pas bien et il faut faire des efforts, « tous ensemble, tous ensemble, tous ensemble ouais, ouais… »

Mais j’ai un problème, un gros problème, en fait je suis furieux, je vais vous expliquer pourquoi, mais avant un petit préalable.

Je fais partie de ces gens pragmatiques, de droit comme de gauche qui sont pour l’impôt qui permet d’assurer un état viable, des services publics dignes et bien sur les tâches régaliennes de rigueur.

Encore un fois, ce qui était prévisible se produit. Qu’est-ce qui était prévisible? Les augmentations d’impôts !
La cours des comptes vient à peine de rendre son rapport que la liste des impôts qui vont augmenter ne cesse de s’allonger.

Des réductions de dépenses bien sûr, il en est question. On va par exemple baisser la dotation en post-it à la sous-préfecture de Sarlat … (très belle ville Sarlat).

Un deuxième grand principe de nos gouvernants et l’égalité de tous devant l’impôt tout en sachant que certains sont plus égaux que d’autres, exemple qui concernent les classes moyennes et les « gens d’en bas », c’est à dire nous, les mougeons.

Les objets d’art… l’art c’est beau, l’art c’est bien, l’art c’est super, sauf que l’art est tout sauf populaire. Je comprends que la Joconde soit derrière une vitre blindée enfermée dans un bâtiment appelé Musée dont il faut payer l’entrée !

Ce n’est pas très… populaire comme accessibilité.
L’opéra Bastille brille lui aussi par son côté populaire ! Toutes les semaines d’ailleurs c’est un regroupement de milliers de gens populaires c’est bien connu. Mais c’est beau l’Opéra. Passons que ça coûte une fortune chaque année au contribuable, pardon, au mougeon, mais les riches aussi ont droit à des divertissements. D’ailleurs retenez bien, l’art c’est beau, l’art c’est bien, l’art c’est super. Il faut être pour l’art.

Mais tout ça n’est qu’un ors d’œuvre face au reste. Le reste c’est quoi?

C’est simple :
L’art est la niche fiscale par excellence. Nous autres mougeons pouvons tous acheter un « Picasso », un « Monnet »ou encore un « Toffolli » pour plusieurs millions d’euros, ou parfois même dizaine, et rarement centaines de millions d’euros. Mais répétez avec moi, l’art c’est beau, l’art c’est bien, l’art c’est super.

Lorsque vous faites partie des classes populaires propriétaire d’un Picasso à 45 millions d’euros, cela ne rentre même pas dans l’assiette taxable de l’ISF. C’est NORMAL, car l’art c’est beau, l’art c’est bien, l’art c’est super.
Il faut aimer l’art.

Moi je pense qu’il faudrait taxer l’art sur la base de la valeur déclarée à la compagnie d’assurance, mais bon… j’ai un esprit chagrin trop orienté « anti riches » primaire sans doute.

Un autre truc, qui concerne les classes populaires c’est la défiscalisation en « Girardin industriel ». Alors ça c’est absolument merveilleux comme truc pour le peuple de mougeons. Bon c’est vrai, il faut gagner quelque centaine de milliers d’euros net par an, mais c’est le cas de tout le monde bien sûr.

Si vous achetez trois voitures qui seront immatriculées et louées dans les Dom Tom, en gros vous ne payez pas d’impôts. C’est génial !

Par contre nous autres les petits mougeons, sans grade et sans fortune lorsque nous achetons notre résidence principale avec un crédit sur 25 ans (je sais de quoi je parle) nous payons des droits d’enregistrements, des frais d’hypothèques, des droits de mutation, des émoluments de notaires, une taxe foncière qui augmente tous les ans, une taxe d’habitation qui augmente tous les ans, de la TVA sur nos charges de copropriété qui augmentent tous les ans (là aussi je sais de quoi je parle et je pense que vous aussi sans doute).

Mais je suis négatif… pour nous les mougeons, le gouvernement « juste » de la gauche du Président « normal », pense à nous et nous refile trois clopinettes sous la forme d’une « prime » rentrée et … et … et puis c’est tout.
Mais ce n’est pas ça qui m’énerve, ce qui m’énerve le plus c’est qu’ils veulent faire payer ceux qui osent dire qu’ils n’ont pas la télé. Si vous n’avez pas la télé vous avez au moins un ordinateur. Donc si vous possédez un abonnement Internet, c’est que vous avez un PC. Donc il va falloir payer la redevance télé… parce que l’art c’est beau, l’art c’est bien, l’art c’est super… et la télé c’est la culture par extension.

La télé ?! Des programmes et de l’information qui servent à fabriquer le consentement du mougeon moyen. Vous pouvez imaginer ce que je pense de la télé, puisque je n’en ai pas.
Hélas, j’ai commis le crime d’avoir un ordinateur.
On doit être au moins 5% dans ce pays à oser vivre sans télé, ce qui fait de nous d’horribles criminels qui tentent de se soustraire à la redevance audiovisuelle.

L’une de nos dernières libertés et d’acheter ce que l’on veut ou pas et ce faisant, de soutenir ou pas par son achat, une entreprise, un service ou tout autre chose.
Je n’aime pas les fouteux millionnaires qui du volant de leur Ferrari immatriculée en Andorre et fiscalisés en Angleterre n’ont que mépris pour les mougeons qui les regardent. Donc je ne veux pas de télé pour les voir. Je ne veux pas acheter de billet pour aller au stade.

Je n’aime pas les présentateurs télé au sourire colgate et aux salaires de pédégés du CAC avec parachute dorés qui nous servent des émissions de plus en plus débiles et de plus en plus « trash », pour mieux vendre du « temps disponible de cerveau à coca » comme a si « joliment » résumé son métier le PDG de TF1.

Etre un mougeon, je n’ai pas le choix, comme vous, je suis volontaire d’office comme on dit à l’armée. Mais je voulais conserver mon temps de cerveau disponible pour moi, ma femme et mes enfants.
Désormais je devrai payer quand même parce que l’art c’est beau, l’art c’est bien, l’art c’est super.

Alors je ne paierai pas cette taxe. J’en fais une affaire de principe (à 125€ par an tout de même). A la rentrée je résilie mon abonnement Internet, je n’utiliserai que l’abonnement « illimité » de mon mobile qui peut faire modem et toc!!

Au fait, nous avons achetés avec ma femme un beau tableau de Klimt. C’est beau Klimt, parce que l’art c’est beau, l’art c’est bien, l’art c’est super. Je suis heureux, car notre poster à 5 euros ne rentrera pas dans notre assiette ISF (…) LIRE LA SUITE

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 3 JUILLET – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

Tous les problèmes sont réglés ? Mon oeil !!! – Le Contrarien – Matin du 2 juillet 2012

Lundi, juillet 2nd, 2012

Le Contrarien - Matin du 7 juillet 2012

Quelle victoire! Quelle réussite pour cet « ultime » sommet européen de la dernière chance qui ne sera sans doute pas le dernier…

Les bourses s’enflamment, et le CAC 40 s’adjuge ni plus ni moins que 4,75% de hausse. Phénoménal vous-dis-je. D’ailleurs il est à noter que les bourses et particulièrement en France, connaissent toujours de fortes hausses sous des gouvernements socialistes.
Là vraiment, c’est formidable. Nos grands mamamouchis européens ont décidé d’un seul homme et
d’une seule femme (Angela) que le MES, le mécanisme européen de stabilité (ou de sauvetage au choix) pourrait servir à recapitaliser directement les banques. Résultat immédiat. BNP + 9,71%, Société Générale + 9,98 et Crédit Agricole + 8,71%. C’est normal. Voilà de l’argent gratuit et la certitude que les banques espagnoles ne vont pas mourir tout de suite grâce à une nouvelle injection.

Voilà, c’est à peu près tout pour les bonnes nouvelles. L’Europe dans un élan de créativité sans pareil saluée en cœur par des marchés complètement « crétinifiés » vient de décider d’utiliser l’argent qu’elle n’a pas dans sa poche droite (puisque le MES est abondé par des états au mieux surendettés), pour le mettre dans sa poche gauche qui est percée (les banques espagnoles).
Et pour trouver une telle solution, ils s’y sont mis à plusieurs, il y en avait des beaux diplômes autours de la table des négociations.

Alors on se congratule, se félicite et s’ovationne. On est fauché mais content… content de quoi? Je n’ai pas encore compris. Une vague idée d’union bancaire qui ne changera rien, le futur régulateur sera aussi mauvais que les précédents et comme on est en Europe on va créer un organe central des régulateurs qui s’appuiera sur les régulateurs nationaux.
Un peu comme la BCE dont le conseil des gouverneurs regroupe les patron de chaque banque centrale nationale…

Je suis négatif me direz-vous, c’est vrai qu’il y a un énorme plan de relance de 0,5% du PIB européen qui semble parfaitement à la hauteur des enjeux.

Au fait l’Europe fédérale, on vous en a parlé vendredi? Il y a eu le « grand saut »? Et bien… non !!

C’est vrai qu’il y a quand même ce fameux MES, qui devrait me combler !
Vous avez raison, mais une fois que l’on aura tout dépensé et cela ira très vite au vu des besoins de chacun, et que ferons nous lorsque tous les chèques seront distribués ?
Les gouvernements se sont-ils mis d’accord pour augmenter la puissance d’intervention de ce fonds? Pas du tout.
Lorsque le MES aura renfloué pour 6 mois les banques espagnoles, que se passera-t-il?
Quelles modalités et quelles contreparties ?
A définir, plus tard, on verra sans doute dans très très peu de temps. Lorsque le MES aura dépensé toutes ses ressources pour détendre les taux sur le marché des obligations souveraines, dans 6 mois au mieux, encore une fois que se passera t-il?
C’est assez simple en fait, il faudra convoquer un nouveau sommet de l’ultime dernière chance qui résoudra tout, promis, juré !
A nouveau une nouvelle combine qui nous sera vendu par des médias visionnaires qui sauront nous
endormir. Je vais bien tout va bien, y a pas de problème, répétez après moi!

Au même moment Chypre, pays membre de la zone euro depuis 2008, a pris dimanche pour six mois la présidence de l’Union européenne.
Et Chypre aura la lourde tâche de tenter d’empêcher la zone euro de sombrer dans un chaos financier, alors que l’île vient elle-même de demander un plan d’aide à Bruxelles et au FMI pour ses banques. Chypre est en train de sombrer.
Des responsables de la Commission européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE) sont attendus cette semaine sur l’île méditerranéenne pour évaluer la situation du système bancaire et des finances publiques chypriotes.

Ils peuvent aller évaluer, compter, estimer, jauger, ce qui est sûr c’est que le compte n’y sera pas !
Il faut dire que Chypre, cette petite ile à beaucoup, beaucoup prêter aux grecs.
D’un côté, présider l’Europe et de l’autre , quémander son aide !
On n’est plus à cela près !
Tout va bien on vous dit. Circulez, le marché est heureux.

A propos des grecs, maintenant que leur premier ministre n’est plus malade, et qu’ils ont un nouveau ministre de l’économie (l’autre était malade), ils veulent renégocier les plans d’austérité imposés. Quelle drôle d’idée! Franchement, tout va tellement bien en Grèce… et puis, comme on dit, ils l’ont cherché…
Pendant ce temps, le pétrole explose environ 7% en une séance… une paille. Pourquoi? Le marché dans sa grande clairvoyance anticipe le retour de la croissance, à moins que ce ne soit de l’inflation grâce à l’utilisation de la planche à billets…
Ce qui est tout de même curieux c’est que, si tout va bien le pétrole montera jusqu’à ce que ce aille mal et que le prix de l’énergie viendra casser toute velléité de reprise durable. Il ne peut pas y avoir de retour à une croissance pérenne. La preuve en image lors de vendredi avec cette hausse hallucinante de l’or noir.
Obligatoirement, l’or jaune monte … et oui : utilisation de la planche à billets égal inflation égal hausse de l’or. Tout monte ou tout baisse en même temps dans des proportions déconnectées des réalités économiques. Cela montre l’incapacité de valoriser les actifs par les temps actuels. Ce n’est pas bon et révélateur d’un problème de fond.
L’issue est connue ou imaginable. Deux grandes solutions se dessinent :

Dans un cas du retour de la croissance miraculeuse reposant sur le recours à la création monétaire.
Inflation, c’est très bon pour l’or. C’est le chemin clairement choisi par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon.
L’autre possibilité c’est l’insolvabilité généralisée des états en raison d’une récession impossible à combattre.
Tout s’effondre, c’est également très bon pour l’or. C’est pour le momen,t la voie empruntée par l’Europe ou l’Allemagne qui ne veulent pas d’inflation.

Donc pour résumer et bien comprendre la situation, reportez au dessin humoristique en « Une » de notre journal.
Un dessin vaut 10 000 mots… Il nous reste au mieux 6 mois et à mon avis beaucoup moins avant que l’on se rende compte du « burning rate » du MES, c’est à dire la vitesse à laquelle le MES sera contraint de dépenser ses fonds…
Avec un peu de chance Barack Obama pourra être réélu en novembre dans un calme économique relatif.
Ensuite se sera «  chacun pour soi et Dieu pour tous » (…) LIRE LA SUITE

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 2 JUILLET – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

 

Après l’effondrement de 2018 – Le Contrarien – Matin du 29 juin 2012

Jeudi, juin 28th, 2012

Le Contrarien - Matin du 29 juin 2012

Je discutais hier avec un membre de notre communauté des détenteurs d’or. Celui-ci m’a posé une question très simple et très complexe. A quoi pourrait ressembler le monde de demain?
Vaste sujet passionnant.

La prospective est le plus sur moyen d’écrire des âneries qui ne se réaliseront sans doute jamais. Alors je préfère raconter une petite histoire. Il faut le prendre comme étant de la science fiction, tout en sachant que souvent certaines choses deviennent réalité.

Avant notre conte, quelques tendances lourdes que nous voyons poindre. Par exemple en Grèce, selon une étude du ministère de l’agriculture de 2012, 66% des grecs souhaitent retourner vivre à la campagne. Les magasins en ville restent pleins, mais avec 400€ par mois, on vit beaucoup mieux à la campagne avec des maisons très peu chères, un potager, quelques poules qui permettent d’améliorer l’ordinaire sans grever un budget bien trop restreint.

Un article du mois de juin 2012 et d’ailleurs bien d’autres réflexions en cours, convergent pour montrer que la voiture et la mobilité telle qu’elle est conçue jusqu’à maintenant est un héritage dépassé du début du siècle dernier. Au moment où les technologie permettent le télétravail, que les flux logistiques sont d’une telle efficacité qu’une commande sur amazone peut être livrée au fin fonds de la Creuse en 48 heures, que la notion même de déplacement devient obsolète notamment par exemple en ce qui concerne les trajets absurdes domicile-travail.

Enfin, l’exode rural est un héritage de la révolution industrielle. Les campagnes se sont dépeuplées au profit des villes où les usines avaient besoin de bras et de mains d’œuvre pour assurer une production de masse.
Nous n’avons presque plus d’usines, et là où nous en avons encore, nous avons besoin de moins en moins d’ouvriers. Il n’y a donc plus d’intérêt (en tout cas de moins en moins) à payer très cher le fait d’habiter en ville qui n’est plus un rempart contre le chômage.
Le temps va donc venir où nous passerons de l’exode rural à l’exode urbain.

Alors comment pourrait être le monde d’après ? Ce pourrait être l’histoire de Charle Ingles et de la petite maison dans la prairie avec Internet haut débit. Un mélange d’ancien et de moderne, une vie à mi chemin entre décroissance subie ou volontaire et progrès techniques.

Janvier 2023 : le froid était mordant dans le petit village de la Creuse où Jean Caisse avait trouvé refuge après avoir tout perdu lors du grand effondrement de 2018. Cinq ans déjà et la vie avait changé.
Excédée par des dépenses de plus en plus importantes et l’incapacité des états du sud de l’Europe à réduire leur déficit, l’Allemagne était sortie de l’euro le 1er mars 2018. Cela avait été une catastrophe. Libérée de la rigueur germanique, les états de l’Europe du Sud, qui avaient déménagé la Banque Centrale européenne à Athènes, avaient imprimé tellement de monnaie que celle-ci avait en peu de temps perdue toute valeur. Plus personne n’en voulait. Seules les pièces d’or et d’argent permettaient des échanges économiques réduits à leur plus simple expression.

Ce grand effondrement s’était accompagné de problèmes sociaux majeurs, tout particulièrement en France, lorsque l’état providence n’avait plus été capable de fournir des minima et autres aides qui avaient permis d’acheter la paix sociale pendant des années. Les banlieues s’étaient révoltées, faisant passer les émeutes de 2005 pour un joyeux moment de récréation. Il y avait eu des morts, beaucoup. L’armée avait été envoyée pour ramener l’ordre. Le problème avec l’armée, c’est qu’ils sont efficaces, terriblement efficace. Si les émeutes avaient pris fin assez vite, ce ne fut pas le cas d’une délinquance omni présente dans les grandes villes. D’ailleurs, on n’ y trouvait plus aucun travail. Le taux de chômage atteignait 50% et 80% chez les jeunes.
Les gens ne pouvaient plus payer leur loyers, ni même leur charges de copropriété. Les ascenseurs n’étaient plus entretenus depuis bien longtemps. La vie en ville était très vite devenue épouvantable.

Je me souviens encore de ces articles que l’on lisait en souriant presque sur les grecs qui rêvaient de retourner à la campagne. Nous ne savions pas que nous ferions pareil quelques années plus tard.
Les petits villages s’étaient vite remplis. D’abord les citadins les plus aisés qui disposaient de maisons de campagne ou de résidences secondaires étaient partis les premiers. Pour eux c’était facile.

En 2012, j’avais senti que quelque chose ne tournait pas rond dans ce système, et du coup j’avais transformé les économies dont je disposais sur mon livret A en or. J’avais épargné je m’en souviens encore car je me sentais presque riche, 100 000 euros sur divers comptes bancaires que je conservais pour acheter un appartement à Paris. Lors du grand effondrement (c’est comme ça que les gens parlent de ce moment maintenant), j’ai tout perdu. Les comptes ont d’abord été bloqués pour éviter les « bankrun », puis l’argent placé avait été laminé par l’inflation. Avec 100 000 euros en 2023, on achetait tout juste une miche de pain d’un kilo. Mes savants calculs me montraient que le nouveau billet de 100 000 € que venait de sortir la BCUES (Banque Centrale de l’Union Européenne du Sud) équivalait au billet de 5€ que nous avions dans nos poches en 2012.
La vie dans les campagnes s’était finalement assez vite organisée. Presque plus personne n’utilisait de voiture. L’essence était trop chère, trop rare désormais et tout le monde préférait la garder pour se chauffer un peu l’hiver… quand il y en avait. Les brocantes qui amusaient tant les bobos à l’époque étaient devenues permanentes. Tous les matins, sur les places de tous les villages, se tenaient des marchés où les gens échangeaient le peu qu’ils avaient. Localement, on arrivait encore à peu près à se nourrir, mais dans les villes c’était une catastrophe et le marché noir florissait en raison des tickets de rationnement.

Je ne m’en étais pas sorti trop mal, car en 2012 mes 15 000 euros placés en or m’avaient permis d’acheter une vingtaine de napoléons. J’en avais utilisé la moitié pour acheter une vieille bicoque dans la creuse avec 8000m² de jardin !!! Bon, la maison était en très mauvais état, mais le toit me tenait au sec et la vieille cheminée permettait d’avoir à peu près chaud…. dans une pièce.
Le reste de mes pièces d’or, je les ai utilisées pour acheter du matériel de jardinage, des graines pour mon potager, une serre pour mes plants, et de quoi construire un grand poulailler. Au début je n’avais que 20 poules. Maintenant, j’avais agrandi mon installation. Mes 2000 poulets me permettaient de très bien vivre par rapport à beaucoup d’autres. D’abord je n’avais pas faim, et ensuite, j’étais en train, dans ce nouveau monde, de devenir riche. Tous avaient besoin de mes poulets ou de mes œufs. D’ailleurs les paysans qui avaient vite compris la nouvelle situation étaient devenus les nouveaux riches. Les cadres, les banquiers, les traders, les avocats, ne servaient plus à grand chose dans cette société. C’étaient des nouveaux pauvres. En général ils vivaient très mal cette déchéance, eux qui étaient habitué au confort et aux belles voitures…

Heureusement une histoire comme celle là restera toujours à l’état de fiction. Cela n’arrivera jamais puisque aujourd’hui se tient un sommet européen qui, je n’en doute pas, sera, selon le communiqué final, un grand, très grand succès sur le chemin de l’Europe fédérale qui nous sauvera….

Si jamais cela ne fonctionne pas, et bien il se pourrait que le monde d’après ressemble à la petite maison dans la prairie (…) LIRE LA SUITE

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 29 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

Imaginons l’Europe de demain – Le Contrarien – Matin du 28 juin 2012

Mercredi, juin 27th, 2012

Le Contrarien - Matin du 28 juin 2012

En attendant que la cordée de chefs d’états européens atteigne le sommet enneigé et brumeux du fédéralisme, personne ne veut croire que l’impensable se produise. Il n’est pas imaginable que cette cordée connaisse un accident. Non, le grimpeur grec ne risque rien. Sous assistance respiratoire en raison de la raréfaction de l’oxygène en haute altitude, il ne peut plus bouger. Il est littéralement tracté par les autres. Le reste de l’équipe, qui se compose d’un alpiniste espagnol, italien et portugais qui ont du mal avec les grands froids, alors que l’irlandais, lui, n’a jamais vu une montagne de sa vie. Une colline, oui, mais pas une montagne. Heureusement le « germain » est là. Bon c’est vrai qu’il a une cordée de 16 pimpins à tirer tout seul… mais tout devrait bien se passer, non, il ne coupera pas la corde,… pas encore.

Au delà de cette petite histoire de montagne, il faut aussi penser à l’impensable, c’est-à-dire à l’obligation de reconnaitre des divergences irréparables entre l’Europe fourmi et l’Europe cigale, entre la vision mercantiliste et monétariste allemande et la vision pro-inflationniste d’une Europe latine qui rejette la rigueur.

Alors qu’il est de bon ton de demander à l’Allemagne d’arrondir les angles, d’adoucir ses positions et de ne pas « fantasmer l’inflation » comme l’a dit hier doctement l’un de nos ministres, il faut rappeler que les approches sociales entre nos deux pays semblent inconciliables.

La compétitivité allemande, c’est la réussite économique coté face. Mais côté pile, c’est par exemple l’absence de salaire minimum (SMIC) dans de nombreux secteurs, avec pléthore de job à 1 € de l’heure. 1 € !!!

Imaginez une Europe fédérale à « l’allemande » où le Président socialiste François Hollande qui donne des coups de pouce au SMIC, devrait vendre à sa population la disparition du salaire minimum garanti. Cela serait considéré comme une régression sociale impensable.

Imaginez une Europe fédérale à l’allemande où les syndicats français devraient avaler la couleuvre des lois sociales dites Hartz IV qui ont impliqué 10 années de restrictions salariales majeures. Impensable.

Imaginez en France un dialogue social constructif à l’allemande entre les grandes entreprises et des syndicats puissants et responsables dans le cadre de la « cogestion ». Impensable avec l’historique des relations patronat syndicats dans un pays comme la France.

Imaginez chez nous un tissu de PME à l’allemande alors que nos partenaires d’outre Rhin ont développé cette stratégie depuis 1946 et qu’en réalité cette conception de l’économie date de l’époque de Bismarck. Illusoire en quelques années puisque c’est un processus long qui nécessiterait l’implication d’un état régalien et capitaine d’industrie, que cela nécessiterait un changement radical du mode de fonctionnement de nos grands groupes (à commencer par la grande distribution) qui préfèrent pressurer les fournisseurs jusqu’à la faillite plutôt que de ne pas obtenir les rabais ou promotions souhaitées.
D’ailleurs la grande distribution, pour contourner la législation française sur les délais de règlement fournisseurs, a délocalisé dans des pays plus accommodants certaines des centrales d’achat. Inutile d’aller bien loin. Il suffit de rester en Europe.
Encore une fois l’illusion de l’harmonisation fiscale, juridique, sociale ou autre.

Imaginez que les pays actuellement rétifs à la politique de l’effort (peu importe les convictions de chacun à ce sujet), culturellement habitués aux facilités d’une monnaie faible, aux dévaluations régulières, vont se transformer d’un coup de baguette magique en pays vertueux selon les saintes règles du monétarisme germanique est impensable.

Imaginer la France, l’Italie ou la Grèce, avec leur passé quasi marxiste et des extrême-gauches puissantes et intégrées dans la vie politiques nationale, dépasser leur incapacité chronique à avoir des relations avec le monde de l’entreprise autrement que par la conception admise par tous d’un rapport de force binaire et manichéen entre les gentils ouvriers (en voie de disparition) et les méchants patrons (en voie de disparition aussi) alors que chômage et faillite d’entreprise évoluent de concert.

Alors l’impensable va t-il se produire avec juste un accord à minima concernant une vague Union bancaire aux modalités inconnues et qui ne règlera rien puisque le manque d’union bancaire n’est en rien la cause de la crise actuelle ?
N’aurons- nous qu’un vague plan de relance au budget anémique et sans intérêt ?
Certainement car les nations européennes sont trop hétérogènes dans leur intérêts stratégiques pour que ceux-ci convergent rapidement.

Si le « changement c’est maintenant », la crise aussi c’est maintenant, et nous n’avons plus le temps d’attendre (…) LIRE LA SUITE

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 28 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

 

L’avenir de l’Espagne – Le Contrarien – Matin du 27 juin 2012

Mardi, juin 26th, 2012

Le Contrarien - Matin du 27 juin

Nous sommes à deux jours d’un nouveau sommet européen de l’ultime dernière chance, car vraiment, cette fois, on vous le dit, « ce n’est pas un sommet banal ».

Deux jours pour essayer d’aplanir les divergences, de réaliser l’Europe fédérale où le « mort-vivant » allemand viendrait sauver tous les autres moribonds européens… bref, du sérieux cette fois.

On s’oriente vers un abandon de souveraineté supplémentaire qui devrait permettre de mieux contrôler nos dépenses au niveau européen et faire accepter aux allemands enfin l’idée de la mutualisation des dettes.

Les déclarations du ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, sont incroyables: « Il faut que la France et l’Allemagne s’entendent. (…) Il faut que l’Allemagne cesse de fantasmer sur l’inflation (…) et puis il faut que la France comprenne que c’est aussi peut-être l’intérêt de notre pays, de la France, de procéder à ce partage de souveraineté », a-t-il expliqué.

Evidemment voyons, nous n’avons plus le choix qu’entre une mort violente, rapide et douloureuse (la rigueur), ou une lente agonie sous morphine grâce à l’inflation que nos amis allemands ne doivent pas, je cite, « fantasmer »…

Des propos qui seront certainement appréciés à leur juste valeur par Berlin. Pour ceux qui ont la mémoire courte, l’inflation en Allemagne, lors de la République de Weimar dans les années 20, va ni plus ni moins mener à l’avènement du nazisme en raison de l’appauvrissement généralisé que cette inflation va causer.
Pour les allemands, les errements monétaires sont la cause du drame allemand, de l’occupation à la responsabilité de la Shoa, sans oublier un pays coupé en deux.
Il faut comprendre que la France ne veut ni ne peut la rigueur germanique.

Nous voulons l’utilisation de la planche à billets. Nous voulons monétiser, comme tout le monde, comme les Américains, les Anglais, les Suisses (et oui) ou les japonais. Seule et contre tous, l’Allemagne, tel un petit village gaulois, résiste à l’envahisseur inflationniste.

Si l’Allemagne cède, alors nous connaitrons une fin douce et progressive. Si l’Allemagne s’obstine, alors viendra le temps où il ne sera plus possible de nier les divergences profondes de vues entre européens. Ce sera le temps du divorce.

Les résultats de ce sommet seront probablement présentés comme une grande réussite historique, comme une avancée majeure de l’Europe et de l’intégration pour le bonheur ultime des peuples que dans une grande sagesse démocratique les gouvernements ne consulteront pas (on ne sait jamais).

On peut imaginer un contrôle accru des budgets nationaux par Bruxelles et la mise en place d’une union bancaire, saupoudré de tout petit project bonds dans un pacte pour la croissance de 120 milliards d’euros. Et hop, on peut renvoyer ainsi l’Europe à sa prochaine crise. Mais combien de temps tiendrons-nous à ce rythme ? En tentant désespéramment de cacher les cadavres sous le tapis ?

A propos de cadavres, je souhaitais vous parler longuement de la situation en Espagne. Difficile d’y voir clair mais pourtant il y a quelques indices et quelques chiffres qui ne trompent pas sur la réalité de l’économie espagnole.(…) LIRE LA SUITE

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 27 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

Combattre la récession – Le Contrarien – Matin du 22 juin 2012

Vendredi, juin 22nd, 2012

Le Contrarien - Matin du 22 juin 2012

Peut-on combattre une récession d’ampleur historique?

Je me pose vraiment la question, sans avoir de certitudes quant aux réponses.
Les choses n’étant ni tout à fait écrites, ni bien encore posées.

Souvenez-vous la belle époque, celle ou Monsieur Alan Greenspan était gouverneur de la FED. Il a été remplacé en février 2006 par Ben Bernanke l’actuel patron de la Réserve Fédérale.

La politique d’Alan Greenspan s’est globalement résumée à baisser les taux d’intérêt très fortement d’abord en 2000 à la suite de l’explosion de la bulle Internet puis en 2001 après les attentats du 11 septembre afin de stimuler l’économie américaine.
Au même moment, la mondialisation battait son plein, la Chine étant admise à l’OMC en 2003. Les
délocalisations étaient exponentielles mais les destructions d’emplois n’étaient pas encore visible en terme macroéconomique. La révolution Internet en réalité démarrait tout juste.
Pour mémoire, le haut débit avec l’ADSL commence à se populariser et encore uniquement à Paris, à partir de 2005. C’était il y a 7 ans !
Sept années pendant lesquelles des gains de productivité majeurs vont être faits grâce aux technologies de l’information.

Pendant ce temps, la politique des taux bas menée pendant plus de six ans, va donner naissance à une bulle immobilière mondiale et aux âneries du type: « est-on dans une bulle immobilière? » Il est toujours de bon ton de poser la question pour faire sérieux, ce qui amène la réponse suivante: « non bien sûr que non !!
Mais le propre des bulles est de prendre conscience de leur existence quand elles explosent!!

Ce qui devait arriver arriva, la bulle explosa et boum patatras… pour l’économie mondiale, c’était une belle bulle mais chut, il ne faut surtout pas le dire, l’épargnant et le particulier étant fait pour être tondu et surtout pas enrichi !

Bref, nous voilà donc confronté à une triple bulle d’endettement. Un endettement des ménages essentiellement.
Lié à des crédits immobiliers sur 20 à 50 ans (le 50 ans étant réservé aux espagnols), un endettement des entreprises et bien sur l’endettement des états et des collectivités locales, le tout dans un cadre de récession mondiale.
Ne parlons pas du système bancaire international qui lui est totalement exsangue.

Souvenons-nous encore, dès 2006 Ben Bernanke est surnommé « Ben L’hélicoptère » en raison de ses travaux personnels sur la grande dépression des années 30, qui repose sur un constat et une idée simple.

Le constat est, que dans les années 30 les autorités économiques ont beaucoup tardé à mettre en place des politiques de stimulation de l’activité et n’ont pas protégé le système bancaire qui de faillite en faillite entraina la ruine des entreprises et des épargnants empêchant ainsi toute reprise économique.
L’idée qui découle de ce constat est donc d’inonder les agents économiques de liquidités, de soutenir les banques pour éviter une aggravation de la crise et de redonner du pouvoir d’achat aux ménages même si pour cela il faut larguer par hélicoptères des billets au-dessus d’une foule en délire.

Cela fait cinq ans que les Etats-Unis mènent cette politique monétaire ultra accommodante. Cinq ans
d’allègement fiscaux pour les ménages, cinq ans de primes à la casse pour les véhicules, 5 ans de quantitative-easing, ou de Twist.
Pour un résultat proche du néant absolu!

Cette politique n’est pas totalement inefficace dans la mesure où elle a permis jusqu’à présent
d’éviter un effondrement total de l’économie, mais cela n’a pas permis une relance réelle de celle-ci qui a au contraire besoin chaque jour de plus en plus d’argent gratuit. Hier, jeudi les marchés américains ont lourdement chutés entrainant dans leur sillage aussi bien l’or que le pétrole.

Logique. Pas assez d’argent gratuit donné par la FED. Les marchés sont comme des drogués, en manque de leur liquidité et de leur injection de monnaie qui devrait être quasi mensuelle.

Alors peut-on réellement combattre une récession? A ce stade de notre expérience collective je serais tenté de répondre que non.
En tout cas pas en imprimant de plus en plus de la fausse monnaie qui tourne en rond.

Imprimer de la monnaie c’est bien, mais cela ne résout pas les problèmes liés à la récession que nous vivons depuis cinq ans.

Les causes, je vous l’ai déjà dit, sont multiples. Tant que nous ne donnons pas de réponse économique et politique à chacune de ces causes, nous sommes condamnés à la récession et les politiques monétaires auront un impact de moins en moins fort jusqu’à entrainer une éventuelle hyper inflation en cas d’overdose de liquidités.

Nous ne faisons que gagner du temps. A chaque programme de la banque centrale, la rémission est à chaque fois plus courte.

La crise de 1929 avait conduit les politiques à repenser le monde, en partie en tout cas.
Ce fut le cas aussi après la deuxième guerre mondiale, ou de nouveaux équilibres avaient pu être trouvés.

La crise actuelle, est bien plus profonde puisque les fondements même du système sont touchés.
Ce qui n’était pas le cas en 1929, ou globalement c’était une crise d’endettement, nécessitant un cycle de désendettement long.
Douloureux certes, mais avec un monde qui pouvait encore attendre de la croissance et de l’expansion.

Mon intime conviction, qui ne doit pas être prise comme une preuve bien entendu, est que nous nous trompons de diagnostic. Monsieur Ben Bernanke et les autres pensent affronter une récession et utilisent des « médicaments » pour combattre une récession.
Je pense que nous faisons face à la nécessité de la décroissance, le système butant en réalité sur les limites physiques de notre planète.

On peut sans doute combattre une récession mais certainement pas la décroissance, que l’on peut tout au mieux accompagner.

Je crois que la solution à la crise passe par une remise à plat de notre système.
Ce qui n’est pas prêt d’arriver, croyez moi !
Lorsque l’on voit le peu d’intérêt porté par les politiques au sommet de la terre de Rio.

Le développement durable c’est une forme politiquement correcte de décroissance. Nos chômeurs et nos précaires sont des décroissants malgré eux. La baisse de la consommation c’est de la décroissance subie, ce n’est pas de la récession.

Winston Churchill disait, « mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne à la gorge ».

Nous ne cherchons pas à changer, nous ne voulons surtout pas changer, nous voudrions que tout redevienne comme avant, et nous nous comportons comme si tout allait perdurer.
Ce n’est pas le cas. Nous essayons de combattre une récession qui n’existe pas, mais nous voulons croire que c’est de cela qu’il s’agit.

Nous sommes désormais dans un cycle de décroissance, pour la première fois dans l’histoire économique de l’humanité. Tant que nous ne l’admettrons pas, nous n’en finirons pas de mourir. (…) Lire la suite

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 22 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

 

L’avenir de l’assurance vie – Le Contrarien – Matin du 21 juin 2012

Mercredi, juin 20th, 2012

Le Contrarien - Matin du 21 juin 2012 - L'Assurance vie

Aujourd’hui je souhaitais vous parler du placement qui reste encore le placement favori des français, l’assurance vie. Ceux qui me lisent depuis quelques temps ou qui m’ont rencontré lors d’une conférence savent à quel point je suis particulièrement négatif sur ce placement.

Plusieurs informations parues ces derniers jours sont inquiétantes pour la pérennité de ce placement.

Carmignac Gestion, on y reviendra plus longuement dans ce numéro, a décidé de liquider l’ensemble de ses lignes obligataires européennes (dettes d’états).

Un article de gestion de Fortune qui retranscrit les propos de Monsieur Hugues Aubry, Directeur Général de Neuflize Vie. A priori rassurant…. Mais une lecture attentive est au contraire particulièrement inquiétante.

Puis, le Trésor italien, n’envisage ni plus ni moins qu’un moratoire c’est à dire un défaut organisé sur la dette de l’Italie.

Enfin notre Premier Ministre indique aujourd’hui dans un grand quotidien allemand qu’effectivement « les euro-obligations ne pourront voir le jour qu’après la mise en place d’une Europe plus intégrée.
Mais cela prendrait plusieurs années ».
Fin du psychodrame.
La France rentre dans le rang. Le Président de la République François Hollande ayant compris le message délivré au G20 par la Chancelière allemande. Particulièrement fâchée à notre
égard puisqu’aucun entretien bilatéral n’a eu lieu, ni même un point de presse commun ce qui est une « grande première » et en dit très long sur l’entente du « couple franco-allemand ».

Revenons donc sur ce que nous dit Hugues Aubry, Directeur Général de Neuflize Vie:

« Ces cas de figure sont systématiquement envisagés dans le cadre de simulations et scénarios. L’allocation du fonds en euros est globalement stable dans le temps.; elle est ajustée à la marge en fonction des évènements.
Aujourd’hui la stratégie de notre portefeuille est d’avoir une durabilité plus courte. C’est dans ce cadre que les liquidités sont proches de 5%. Cela veut dire que notre fonds en euros a une sensibilité moindre et une capacité à réagir rapidement en cas de hausse des taux. »

Voici ce que m’inspire ces propos et l’analyse que j’en retire. Tout d’abord quels sont les risques auxquels font face les fonds en euros?
Le risque de taux. Les taux sont historiquement bas. Si les taux remontent toutes les obligations à faibles taux actuellement dans les contrats d’assurance verront leur valeur baisser, et ne trouveront pas forcément preneur sur le marché, ce qui poserait dès lors des problèmes de liquidités.
Le risque de défaut souverain, c’est à dire le risque de faillite d’état. C’est le cas avec la Grèce, dont le défaut a pu être absorbé par les assureurs en diminuant simplement le rendement du fonds euro. Ce ne serait évidemment pas le cas si l’Italie était touchée ou même l’Espagne. Dans ce cas des pertes finiraient par être constatées et les fonds propres des assureurs n’y suffirait pas.

Donc Hugues Aubry, nous dit qu’ils font des simulations auxquelles j’accorde autant de crédibilité qu’au tests bancaires qui ne prenaient pas en compte le défaut d’un état. Si tout va bien notre banque est solide. S’il fait beau, votre contrat d’assurance vie survivra.
Puis Hugues Aubry nous indique que les allocations du fonds en euros ne bougent quasiment pas… c’est bien le problème justement de ce type de placement, on est alors PRISONNIER des obligations d’états européennes.
Il nous indique même sa marge de manœuvre pensant en faire un argument.
Attention, je me fâche, là j’ai 5% de liquidités. Super! je suis ravi d’apprendre que mes pertes porteront que sur 95% de mon placement….

Les épargnants connaissent peu le fonctionnent des contrats d’assurance vie. Personne ou presque ne prend le temps de lire son contrat. Alors aujourd’hui vous allez gagner un peu de temps car je l’ai fait pour vous.

Je cite les petits caractères des contrats:

« En cas de forte variation des marchés financiers, la compagnie d’assurance peut, dans l’intérêt général des Assurés, limiter temporairement et sans préavis les possibilités de sortie du Fonds en Euros ».

Vous avez bien lu. Ce type de dispositions contractuelles se trouve dans la totalité des contrats d’assurance vie qui sont toujours à lire très attentivement…

Je vous conseille FORTEMENT de procéder de la façon suivante:
1/ Je cherche mon contrat d’assurance vie et je lis attentivement les petits caractères.

2/ Je termine ma lecture et je passe une nuit blanche en me disant mais qu’est ce que je dois faire…

3/ Après deux comprimé de lexomil mon angoisse est toujours paroxystique sur l’avenir de mon patrimoine.
A ce stade je vous rassure vous êtes parfaitement normal, vous n’avez pas envie d’être ruiné, ce qui sommes toutes est relativement sain.

4/ Au lever du jour vous foncez racheter l’ensemble de votre contrat en fonds euros.

Pour ceux d’entres vous qui auraient encore de ce type de placement il ne reste plus beaucoup de temps pour vous mettre à l’abri.

Mais à l’abri où me direz-vous? A partir de maintenant pour ceux qui ne l’auraient pas encore bien compris, nous avançons en terre inconnue. Il y a l’or bien sur, l’argent aussi (le métal) en diversification, un peu d’immobilier mais pas trop car il baisse, n’est pas délocalisable et va subir la « TaxApocalypse« , les terres agricoles et les forêt…
Bref des actifs tangibles. Désormais un Livret A bientôt porté à 30 000€ vaudra mieux qu’un contrat d’assurance vie bardé d’obligations douteuses.
Restez cash sur des comptes sur livret. Couvrez ce cash par de l’or (de 30 à 40% de vos avoirs financiers).
Vendez votre immobilier locatif. Pour les plus gros patrimoines ouvrez un compte en Allemagne et un compte en Suisse ou au Royaume-Uni hors zone euro.
Et surtout, surtout, ne croyez pas que tout finira par s’arranger et que le monde redeviendra comme avant.
N’imaginez pas qu’un monde ou les investisseurs sont prêts à prêter à l’Allemagne à un taux négatif est un monde normal. (…) Lire la suite

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 21 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

La Grèce est virtuellement en faillite – Le Contrarien – Matin du 18 juin 2012

Lundi, juin 18th, 2012

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 18 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

 

Les banques sont dans le rouge – Le Contrarien – Matin du 12 juin 2012

Mardi, juin 12th, 2012

Le Contrarien - Matin du 12 juin 2012

Selon Ken Rogoff, ancien chef économiste du FMI, « les systèmes tiennent beaucoup plus longtemps qu’on ne le pense, mais finissent par s’effondrer beaucoup bien plus vite qu’on ne l’imagine ».

Voici résumée en une phrase la crainte sourde qui habite chaque personne à peu près lucide sur cette planète. L’euro risque-t-il réellement d’exploser ? Quelles en seraient les conséquences ? Est-ce la fin d’un système ou juste d’une monnaie?

Beaucoup de choses sont écrites depuis le début de cette crise en 2007 voici 5 ans.

Pour beaucoup, le souhait viscéral de voir ce système perdurer, survivre, parce que l’on ne connait que lui, que l’on a tous grandi avec lui et que l’inconnu fait peur. Le remplacer ? Vous n’y pensez pas, par quoi ? Le communisme et son bilan « globalement positif » comme disait l’ancien secrétaire général du PCF Georges Marchais ? Bien sûr que non, il faut sauver le soldat capitalisme financier.

Pour d’autres, ce système doit mourir car il en va de la survie même de l’espèce humaine et de notre planète. Trop de pollution, trop de gâchis, trop d’injustices, trop d’appâts du gain, trop de corruption, trop de mensonges, bref, achevez-le ce système, que l’on s’en débarrasse une bonne fois pour toutes et que l’on passe à autre chose.

Il existe enfin une troisième catégorie de gens. Des centristes !! Ces hommes et ces femmes pensent qu’une croissance infinie dans un monde fini n’est pas intellectuellement possible. C’est pragmatique.

Ces gens pensent que face à un amas de dettes monstrueux et sans croissance forte, ces dernières ne pourront jamais être remboursées. Fin connaisseur de l’Histoire avec un grand H, ils savent que les états sont les plus mauvais payeurs du monde ancien comme nouveau, puisqu’ils ne remboursent jamais. JAMAIS. Soit ils répudient leur dette (la Grèce n’en est pas à son coup d’essai), soit ils remboursent en monnaie de singe grâce au miracle de l’inflation. C’est pragmatique.

Ces gens pensent également qu’une crise de la dette se termine toujours, de tout temps et sous toutes les latitudes, par une crise monétaire. C’est un fait.

Ils constatent également qu’en ce qui concerne la monnaie unique européenne, cette dernière est bancale. Trop d’intérêts divergents, des économies hétérogènes (rien à voir entre la Grèce, l’Espagne, l’Allemagne et la France), une gouvernance incomplète (car elle n’est pas inexistante). C’est un constat.

Ils considèrent donc logiquement que la croissance infinie dans un monde fini n’étant pas possible, la croissance ne pourra pas venir comme par miracle dans un contexte économique mondialisé et sans protectionnisme… « payer » les dettes, que la phase suivante sera celle de la crise monétaire qui va balayer les monnaies fiduciaires quelles qu’elles soient, du Dollar au Yen, avec une mention spéciale pour l’euro qui à de fortes chances de ne pas résister aux contraintes opposées que cette crise monétaire d’ampleur historique lui fera subir.

Alors que faire? Gagner du temps pour donner raison à notre première catégorie, celle des défenseurs à juste titre soit dit en passant du système. Ils n’y voient aucun mal et ne sont pas forcément animés d’intentions négatives. Laisser les banques faire faillite, c’est ruiner le monde. Ce n’est pas faux. Mais hélas ce n’est qu’un tout petit bout d’un problème immense.

Je ne résiste pas au plaisir pervers de vous en faire une petite liste non exhaustive et peu importe l’ordre :
Crise économique,
Crise démographique,
Crise environnementale,
Crise de l’eau,
Crise énergétique,
Crise alimentaire,
Crise monétaire,
Crise de la dette,
Crise de la croissance,
Crise de l’emploi,
Crise de la mondialisation.

Bref… une crise de modèle. Nous sommes encore dans une phase de déni de cette crise de modèle. Trop veulent croire que tout redeviendra vite normal. Que nous allons pouvoir recommencer comme avant. Sans rien changer.

Alors nous versons 100 milliards d’euros à nos amis ibères, fort sympathiques au demeurant, et puis l’Espagne quel beau pays. Mais 100 milliards d’euros, franchement, pour une crise immobilière, cela en fait des « Châteaux en Espagne »!!!

Pendant 4 heures, les taux se détendent (le 10 ans espagnol) puis se retendent… 100 milliards d’euros dont 20 milliards à la charge de l’état français déjà mal en point, pour 4 petites heures de répit.
Les bourses repartent. Un peu. En fait à peine quelques heures seulement. Euphorie du matin à l’ouverture (youpi tralala, une bonne injection d’argent gratuit, je me sens mieux dit Monsieur le Marché), et désespoir du soir à la clôture. Ce matin les marchés étaient une prairie verdoyante d’espérances et d’illusions. Ce soir, ils sont rouge vif. Est-ce celui du taureau ou du toréador espagnol blessé à mort?

Déjà le manque, déjà les incertitudes qui tenaillent chacun. Et si ce n’était pas assez ? Et si on ne nous avait pas tout dit ?

Et puis des souvenirs enfouis qui remontent à la surface, ceux d’une époque révolue, celle des « stress tests ».
Vous vous souvenez de ce grand moment de rigolade et d’humour collectif ? C’était en 2011, c’était il y a un an, une éternité.

On nous disait doctement que nos banques étaient solides. Qu’elles ne risquaient rien. Qu’elles remplissaient les « exigences’ règlementaires de Bâle 1, 2 ou 3… soleil…or, maintenant, c’est « peau d’bâle ». Rien, nada, comme disent nos copains espagnols, les caisses sont vides… Evidemment, aucune banque ne peut passer des stress tests sérieux et dignes de ce nom. Elles sont toutes en faillite virtuelle. Mais la vérité est indicible sinon elle précipiterait la fin du système.

Tandis que l’Espagne n’a pas encore touché terre et que l’Italie déjà vacille, une conclusion s’impose.

A chaque fois que nous gagnons du temps, cela coûte de plus en plus cher à tous, pour un temps de plus en plus court.

Il y a donc une accélération du processus qui nous rapproche de ce moment fatidique ou l’on pourra dire : « les systèmes tiennent beaucoup plus longtemps qu’on ne le pense, mais finissent par s’effondrer beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine ».

Ce n’est pas un souhait. C’est un bien triste fait (…)

>>>LE CONTRARIEN DU MATIN 19 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

SOMMAIRE DU NUMERO 19 :

Bercy dément vouloir différer le retour du déficit à 3% prévu en 2013
Selon une étude Barclays 10% du patrimoine des grandes fortunes en objets précieux
Italie : la poursuite de la récession se confirme au 1er trimestre 2012
Franc Suisse: le Conseil fédéral se déclare prêt à faire face aux différents scénarios…et se prépare!!
Coopération économique plus forte entre les pays membres de l’OCS
Analyse & décryptage
Définition du jour: Stress test
Cotation des pièces d’or

SOS Espagne – Le Contrarien – Matin du 11 juin 2012

Dimanche, juin 10th, 2012

Le Contrarien - Matin du Lundi 11 juin

Evidemment, le weekend est toujours propice à des annonces « hors marchés » (c’est-à-dire quand les marchés sont fermés pour que tout le monde puisse s’habituer à une information dans le cadre plus décontracté des repas dominicaux).
C’est donc l’Espagne qui sera au centre des attentions dès lundi, puisqu’elle bénéficie de l’aide de l’Europe. Mais on y reviendra un peu plus loin.
Non, franchement la nouvelle la plus pathétique de ce week-end maussade (encore un de plus, pluie, fraicheur, vent, etc…), c’est celle qui provient de la FFB. La FFB c’est la Fédération Française des « Banksters », pardon des banques. Lapsus révélateur sur mes convictions profondes.
Sachez Mesdames et Messieurs, la porte-parole de la Fédération Française des Banques que « Les banques françaises ont envoyé une lettre à l’Elysée disant « être à la disposition du Président français pour faire le point sur la situation du secteur en France et en zone euro ».
Peut-être que cela vous aura échappé, mais nos grands banquiers sont inquiets, stressés même. Savez-vous pourquoi? Parce que nous avons un nouveau Président depuis quelques semaines, et que ce dernier n’a toujours pas reçu… les banquiers qui avaient été habitués à beaucoup plus d’égards lors du quinquennat précédent, puisque c’étaient eux qui tenaient le stylo du Président Sarkozy ou de la Ministre de l’économie Christine Lagarde.
Là, rien… aucune influence possible, pas de lobbying, pas de pression envisageable, infaisable de faire peur au nouveau Président pour obtenir de l’argent gratuit du contribuable, et impensable de poursuivre le chantage à l’emploi…. puisque Monsieur Hollande ne souhaite même pas les recevoir!!
Mais, Mesdames et Messieurs, soyez bien conscients d’une chose : les banquiers ont de l’honneur, et ils ne sont pas dans la supplique, puisque la porte-parole a rajouté: « Ce n’est pas une demande de rendez-vous. Les banquiers ont juste indiqué dans leur lettre se tenir à la disposition de François Hollande pour donner leur point de vue sur la situation en France et en zone euro ».
Voilà, les banquiers nous ont inventé un nouveau concept. Rappeler à quelqu’un qu’on se tient à sa disposition pour le rencontrer, ce n’est évidemment pas une demande de rendez-vous!!
Justement, à propos de nouveaux concepts, revenons à l’Espagne, car c’est un week-end « créatif » auquel nous assistons.
Selon le Chef du gouvernement espagnol (qui est totalement dépassé par les énormes bêtises de l’ensemble de la profession bancaire de son pays, qui elle aussi se tient à la disposition du contribuable espagnol et européen pour toucher encore une fois de l’argent gratuit), l’Espagne ne bénéficie pas d’un plan de sauvetage mais d’une ligne de crédit de 100 milliards d’euros.
Faisons appel à notre mémoire quelques instants. Il y a une dizaine de jours, Bankia (une banque dont le Président se tient à la disposition de son gouvernement pour une petite injection d’argent gratuit), a fait état de pertes de 3 milliards d’euros. Bigre, 3 milliards d’euros!!! Ce n’est pas bien. Puis de fil en aiguille, on est passé à 1 5, puis 20, peut être trente petits milliards de rien du tout.
On fait les comptes plus précisément (ne jamais annoncer les pertes tout de suite, il faut habituer les esprits progressivement), et 10 jours après l’Europe, qui ne fait plus de plans de sauvetage, met à disposition des banques espagnoles (dont les patrons se tiennent à la disposition… mais j’ai dû déjà vous le dire) une ligne de crédit de 100 milliards d’euros.
J’ai donc demandé à ma femme, de m’apporter immédiatement ma boule de cristal. Et là, les choses me sont apparues clairement. La boule (de cristal) s’est mise à parler. Et elle m’a dit : » La Grèce nous a déjà couté 350 milliards d’euros, alors si tu crois que l’Espagne ce sera que 100 milliards, tu te mets le doigt dans l’oeil jusqu’à « Lagarde Christine ». La plaisanterie coutera au moins 500 milliards ».
Et oui braves gens. Si vous avez aimé le film « Sauvetage de la Grèce » en 5 saisons et 110 épisodes, vous allez adorer « Drame bancaire en
Espagne ». Rassurez-vous là encore, ce sera une série en plusieurs saisons avec pleins d’épisodes.
Ma femme, qui a le don pour poser des questions triviales, m’a demandé : « mais, ces 100 milliards au fait, ils viennent d’où ? ». Et bien justement, c’est l’une des partie du problème, c’est qu’en fait, encore une fois, c’est l’histoire de pays surendettés qui s’endettent encore plus pour essayer de sauver de la faillite des pays dans une situation irrémédiablement compromise… à cause des
errements des banques. Alors franchement, Monsieur le Président, ne recevez pas ces voleurs. Ils n’ont rien à dire au représentant du peuple français. Ils n’ont d’ailleurs plus rien à apporter à notre pays (…)

 >>>LE CONTRARIEN DU MATIN 18 JUIN – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

SOMMAIRE du numéro 18 :

l’Edito p. 2
SOS espagnol p. 3
OIT p. 4
L’Italie souffre p. 5
Français et la bourse p. 6
Définition du jour p. 7
Définition suite p. 8
Cotations p. 9

ENGLISH ESPANOL ITALIANO CHINESE

Recherche
Partager le Blog
Share |

Suivez-nous sur TWITTER :
http://twitter.com/GOLDCOINorg

Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "