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Archive for the ‘Inflation’ Category

Etats-Unis : vers un retour à la monnaie-or ?

Mercredi, mai 2nd, 2012
Vera Valor

La dépréciation inéluctable des monnaies et en particulier celle du dollar, avec un maintien artificiel des taux bas, risque d’être l’une des principales préoccupations des économistes (et pas seulement) pour cette année 2012. Une crise de confiance qui déclenche peu à peu une véritable remonétisation de l’or.

Peu à peu les consciences se réveillent et le fonctionnement des infatigables planches à billets que les Etats actionnent à tour de bras ne dupe plus grand monde.

En agissant de la sorte les Etats déprécient la monnaie qu’ils éditent : car où est l’idée de confiance, notion essentielle à la monnaie fiduciaire, si les Etats créent de la monnaie à leur bon gré ? Alan Greenspan, l’ancien Président de la Réserve fédérale américaine l’avouait et l’exprimait le plus simplement du monde en août 2011 : « Les Etats-Unis peuvent rembourser n’importe quelle dette parce qu’ils peuvent toujours imprimer de la monnaie pour le faire »… Sauf que ce qui est rare est cher… Or, où est la valeur d’un vulgaire bout de papier imprimé et imprimable à l’infini ?

Le dollar, un roi (bientôt) déchu ?

Le dollar est de plus en plus contesté et les Etats, les BRICS en tête, ne lui accordent plus ou peu confiance. Et comme nul n’est prophète en son pays, c’est au sein même des Etats-Unis, où l’étalon or avait été aboli, que l’or redevient monnaie d’échange.

En Mars 2011 l’Etat de L’Utah avait adopté un projet de loi qui reconnaissait l’or et l’argent comme monnaie de change.

L’idée a fait des émules et comme le rapporte un article dans lemonde.fr, nombreux sont les Etats qui suivent la trace de l’Utah.

La Caroline du Sud y va aussi de son projet de loi pour instaurer or et argent comme monnaies légales au sein de l’Etat. Au sein du Tennessee, de la Géorgie, du Colorado, de l’Iowa et du Minnesota des hommes politiques se démènent également pour rétablir la monnaie-or. La remonétisation de l’or est en marche !

La figure la plus emblématique de cette « révolte » est sûrement le représentant républicain du Texas, Ron Paul, véritable partisan du libertarianisme. La vision de cet élu est on ne peut plus claire : il souhaite abolir la Réserve fédérale et son pouvoir à créer de la monnaie. Comme le rappelle l’article de lemonde.fr, le slogan politique de Ron Paul (visible sur son site) est tout aussi explicite : « Peace, Gold, Liberty », un beau programme !

Dessine-moi l’éco : la monnaie n’a pas bonne mine

Mercredi, mai 2nd, 2012

Le 26 avril Lemonde.fr a publié un nouvel épisode de sa série d’animation pédagogique « Dessine-moi l’éco ».

Le concept de cette petite série est simple : « 2.30mn pour comprendre l’actualité économique ». Les épisodes diffusés tous les 4ème jeudi du mois sur le site dessinemoileco.com et sur le site partenaire Lemonde.fr abordent l’ensemble des notions économiques de la vie quotidienne telles que : la dette de l’Etat, les marchés financiers, etc.

Le dernier épisode en date concerne la création monétaire. En quelques coups de crayons bien avisés la vidéo nous explique le principe de fonctionnement de la planche à billet et son implication sur l’économie nationale. On comprend alors très simplement que la création abusive de la monnaie a un impact négatif sur l’économie en provoquant l’inflation. On nous y explique également que les banques prêtent de la monnaie qu’elles n’ont pas, qui n’existe pas :

« Au fur et à mesure le banquier s’est mis à émettre plus de lettres de change que d’or disponible dans ses coffres »

« Lorsqu’un banquier accorde un prêt : il créé de la monnaie qu’il n’a pas »

En deux petites minutes on conçoit donc pleinement que la création monétaire créée de la dette et qu’une économie saine repose en fait sur une valeur tangible et non fiduciaire : l’or.

Vidéo Dessine-moi l’éco : La création monétaire, un juste équilibre

« L’or est la meilleure monnaie »

Lundi, avril 23rd, 2012

En dépit d’une phase de consolidation de l’or – somme toute légitime dans un marché haussier – et d’un fort repli du cours de l’or sur lui-même, Matthew Bishop, rédacteur en chef du magazine « The Economist » et auteur de l’ebook « In Gold We Trust? The Future of Money in an Age of Uncertainty », soutient que l’or est le seul rempart efficace contre l’inflation et la dévaluation des monnaies. Le fait que le rédacteur en chef d’un grand magazine économique loue les vertus de l’or est assez rare pour le souligner !

Lundi 23 avril, la hausse du dollar a mécaniquement affaibli le cours de l’once d’or. Le Figaro emploie tout de suite les grands mots et parle de « death cross », la limite d’une configuration extrêmement baissière. Mais l’once d’or n’en est pas à son premier coup d’essai. Même la grève des bijoutiers en Inde ne pourra rien contre la hausse du cours de l’or sur le long terme.

Car en toile de fond, le contexte est toujours le même et quelles que soient les multiples raisons qui justifient un repli passager de l’or, tant que les facteurs de la crise ne sont pas réglés, l’or est condamné à la hausse. D’ailleurs, au cours de l’interview qu’il a accordée au Wall Street Journal, Matthew Bishop explique clairement que l’or reviendrait à une bien modeste valeur si les gouvernements étaient en mesure d’évaluer correctement leurs monnaies, mais que dans le cas contraire, celui-ci pourrait atteindre jusqu’à 6000$.

Il explique également pourquoi l’or a toutes les qualités requises pour jouer son rôle de monnaie de change. Celui-ci prône le retour du métal précieux comme monnaie, mais sous une autre forme que celle appliquée au cours de la 1e moitié du XXe siècle. Pour lui, le changement est déjà amorcé car beaucoup de gens ont perdu la foi dans la monnaie de leur pays.

La mécanique est simple : à chaque fois qu’un pays est très endetté, il produit beaucoup de monnaie, celle-ci est donc dévaluée et l’or physique est le seul actif tangible à pouvoir lutter contre l’émission en masse de monnaie papier.

Ebook “In Gold We Trust: The Future of Money in an Age of Uncertainty” en vente sur amazon.com

Vidéo Youtube In Gold We Trust: The Future of Money in an Age of Uncertainty

Les tendances du cours de l’or

Jeudi, avril 19th, 2012

En début d’année, le prix de l’or a peu à peu montré une légère inflexion – flirtant avec la barre des 1600 dollars l’once après avoir joué les montagnes russes depuis Septembre 2011 – la tendance semblerait être durablement à la hausse.

Les spécialistes du marché de l’or affirme que le métal dit adieu aux 1500 dollars l’once et ne retombera jamais en-dessous de ce prix-là  – selon une déclaration de John Embry, expert en investissement de Sport Asset Management lors d’une entrevue concédée à King World News.  

 “Quand l’or était à 1000 dollars l’once, j’affirmais qu’il ne pourrait pas se commercialiser en dessous des 1000 dollars et ce fut ainsi. Je pense encore de la sorte en ce moment, sauf si nous faisons face à une chute brutale dans le monde financier, je serais surpris si l’or se commercialisait en dessous des 1500 dollars l’once une autre fois.

Il y a une grande vague d’optimisme en ces premiers mois de l’année et cela se reflète sur les marchés. Tout se négocie à la hausse pratiquement. La situation dans les prochains mois sera mouvementée et l’endroit le plus sûr où demeurer est proche des métaux précieux. L’or et l’argent sont en constant mouvement aujourd’hui, et très certainement, les métaux précieux qui se sont vendus à la fin de 2011 n’ont pas eu de problèmes à se vendre.

J’ai eu une conversation intéressante avec un de mes amis voilà quelques temps qui me consulte toujours sur des sujets de l’or, et ce dernier m’a confié qu’il avait l’impression que l’or allait faiblir durant les prochains mois. Il me demandait s’il devait vendre la moitié de son or pour racheter à nouveau dans le courant du troisième trimestre.  Je lui répondis qu’il ne fallait pas, malgré tout ce qu’il pouvait entendre ou lire. Bien au contraire, je lui confiais ma pensée à savoir que l’or subirait certainement une hausse de 400 à 500 dollars l’once d’ici les 6 prochains mois. Ceci est bien entendu mon point de vue, celui d’un homme qui manie l’or depuis des années.

Pour tout ceux qui ont été déçus des prix de l’or durant le dernier semestre de 2011, il est temps de reprendre confiance et ne pas considérer cet investissement comme une mode passagère à court terme, sinon voir à long terme, indépendemment des crises mondiales que nous pouvons connaitre et traverser.  Dans les années à venir, il y aura toujours de bonnes opportunités pour acheter et pour vendre de l’or. L’or demeure l’or – il ne disparaitra jamais. »

Sommet européen : un énième pacte qui ne convainc pas

Vendredi, décembre 9th, 2011

Les 17 pays de la zone euro se réunissaient hier pour un énième sommet européen. Ils se sont entendus sur un nouveau « pacte budgétaire », qui permettrait de mieux contrôler les budgets des états de la zone euro. Contrairement à Angela Merkel et Christine Lagarde, présidente du FMI, la plupart des économistes sont très pessimistes quant à la capacité des états à rembourser leurs dettes et davantage encore quant à l’avenir de l’euro.

Un « pacte budgétaire » pour les pays de la zone euro

10 heures de tractations ont été nécessaires pour aboutir à ce nouveau pacte.  Voici ce qu’il en est ressorti :
-    Un contrôle plus strict des budgets nationaux, avec des sanctions en cas de dépassement des 3% de PIB de déficit public et en cas d’augmentation trop importante des dettes publiques.
-    La gestion du Fonds de secours de la zone euro (FESF) par la Banque Centrale Européenne (BCE). Le FESF devait passer de 250 milliards d’euros à 1 000 milliards d’euros, mais cet objectif a été revu à la baisse.
-    La création d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), géré également par la BCE, avec une capacité de prêts de 500 milliards d’euros.
-    Le renflouement du Fond Monétaire International à hauteur de 200 milliards d’euros, sous dix jours.
Si ces fonds permettraient d’assurer une sécurité suffisante aux pays de la zone euro en difficultés et endettés, encore faut-il les approvisionner !

114,7 milliards d’euros

C’est le montant des fonds propres nécessaire aux banques européennes pour faire face à la crise des dettes souveraines européennes. Un montant majoré de 8,7 milliards par rapport aux estimations d’octobre 2011.

Mais comment mettre sur la table une telle somme, alors que la croissance des pays est au plus bas et que les plans de rigueur ne parviennent pas à désendetter ? Tout porte à croire que les mêmes erreurs vont être répétées : en l’absence de croissance et avec un taux de chômage record, la seule solution qu’a l’Europe pour sortir ces milliards de sa poche est de créer de la monnaie. Et donc de la dette.

On connait la suite : cette création monétaire, basée sur aucune richesse tangible, va provoquer une hyperinflation, qui ne fera qu’aggraver la situation des pays en crise.

Les plans de rigueur ?

On constate avec l’expérience de la Grèce et quelques mois de recul que les plans de rigueur ne parviennent pas à faire redécoller l’économie des pays qui les mettent en place. Ces plans de rigueur ne permettent pas à ces pays de rembourser la dette. Pire, ils tuent la croissance et aggravent la dette.

Au lendemain des premières négociations du sommet et malgré les congratulations échangées ce matin, l’éclatement de la zone euro guette et la monnaie fiduciaire, l’euro, pourrait voir son espérance de vie diminuer brutalement. Si cette sortie de l’euro représente une chance pour sortir de ce marasme, il faudra trouver de nouvelles bases pour reconstruire l’économie des pays en crise. Des bases plus solides comprenant des valeurs d’échanges plus sûres, au premier rang desquelles se trouve l’or.

Le pari de l’inévitable monétisation.

Mardi, septembre 27th, 2011

Nous sommes le Mardi 27 septembre. Il est 10h18 très précisément. Les marchés montent fortement. Pas loin de 3% pour le CAC 40 et presque 2% pour l’once d’or dont France Inter parlait ce matin en disant que la baisse avait été sacrément forte mais indiquait que les défenseurs de l’or ne pensaient pas ce mouvement durable dans la mesure ou aucune des raisons qui avaient fait la hausse n’avaient disparue (on d’ailleurs sans doute touché le point bas de cette correction)

Alors essayons d’y voir un peu plus clair.

Si les marchés montent ce matin (peu importe qu’ils rebaissent ou pas dans la journée d’ailleurs) c’est pour une fois pour d’excellentes raisons.
Si la rumeur d’une création d’une nouvelle banque européenne émanation du FESF (Fonds Economique de Stabilité Financière) chargée de racheter les obligations des états européens en difficultés était confirmée rapidement alors cela serait de nature à changer les choses.

En effet cette nouvelle banque permettrait enfin à l’Europe de se lancer à son tour dans la seule solution crédible à court terme…. la monétisation. Faire tourner la planche à billets aussi longtemps que nécessaire pour éviter la thrombose et l’arrêt cardiaque du système auquel nous courrons tout droit si rien n’est fait.

Je ne suis pas fondamentalement partisan de l’utilisation de la planche à billet. Néanmoins cette solution est inévitable car elle est la seule disponible. Pour toutes les autres c’est trop tard. Il faillait y penser et le faire avant.

Les plans de rigueur ne fonctionnent pas. Baisse de l’activité économique, baisse de la consommation des ménages (dans des économies qui dépendent trop de la consommation), baisse des rentrées fiscales, et in fine aggravation des déficits qu’ils son censés combattre. Bref les plans de rigueur c’est à l’arrivée, une insolvabilité des états créée par la déflation.

Les plans de relance? Ils ne fonctionnent que le temps de leur durée. Si on stoppe les injections de monnaie et de pouvoir d’achat via des primes à la casse, des aides sociales, des grands travaux, l’aide à la recherche, l’aide à la pierre (peu importe) on arrête net la reprise. Je ne parle pas de croissance mais de reprise. Pourquoi? Parce que lorsque l’on dépense 4$ en nouvelles dettes pour créer 1$ de nouvelle richesse on ne se situe pas fondamentalement dans l’idée de la croissance.

Bon quelle autre solution alors? La « rilance » un hybride génétiquement modifié de relance et de croissance inventé par notre ancienne Ministre de l’économie Christine Lagarde actuelle Directrice Générale du FMI à beaucoup fait gloser voire franchement rigoler. Imaginer une voiture qui réussirait à avancer tout en reculant n’est pas une solution d’avenir. Exit la « rilance » donc.

Que nous reste t-il alors? Le défaut c’est à dire la faillite. Une petite faillite (défaut partiel) une grande faillite (défaut partiel plus grand avec participation du privé), une énorme faillite c’est à dire totale avec le risque systémique qui se matérialiserait aussitôt? Là aussi, les autorités politiques et économiques tentent à tout prix d’éviter ce scénario. Il serait susceptible d’entrainer l’explosion de l’euro et une crise économique destructrice pour l’Europe.

Alors que pouvons nous faire? Et bien monétiser pardi! Comme tout le monde. Oui mais les allemands ne veulent pas. Certes. Mais ils n’auront pas le choix. Leur économie dépend à 80% des échanges intracommunautaires. Une crise européenne est une crise pour l’Allemagne. Une crise de l’Euro est une crise de la monnaie allemande. C’est l’héritage essentiel de Mitterrand qui a su arrimer l’Allemagne à la France avec le traité de Maastricht. Cet accord arraché aux allemands contre la réunification des années 90 leur a ôté l’essentiel de leur souveraineté. Comme nous d’ailleurs. Sauf que nous avions plus à y gagner qu’eux. Nous voyons aujourd’hui l’utilité et les bienfaits d’une telle stratégie française. Les allemands eux ne décolèrent pas. Dépendants, ils seront obligés de boire le calice de la monétisation jusqu’à la lie et jusqu’à ce qu »hyperinflation s’ensuive.

Avec une telle création monétaire, fini les problèmes des banques. Les cours peuvent s’apprécier et les marchés repartir de l’avant. Pareil pour l’once d’or, qui va s’envoler vers de nouveaux niveaux stratosphériques après une purge « technique » finalement nécessaire (en tout cas graphiquement pour nos amis « chartistes »).

Reste le pari partagé par les autorités monétaires européennes et américaines. Par la FED et par la BCE. Il existe une possibilité pour que l’utilisation massive de la planche à billets n’entraine pas une hyperinflation incontrôlable. Laquelle? Monétiser les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie dans l’économie réelle. C’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été « consommé » par l’économie réelle. Les dépenses sont déjà effectuées. Par définition une telle action n’est pas forcément inflationniste et n’est pas de nature à augmenter la vitesse de circulation de la monnaie (qui est l’une des principales composantes de l’inflation).
A cela il convient d’ajouter que la mise en place concomitante de plans de rigueur progressifs ont un aspect clairement déflationniste que l’on a détaillé un peu plus haut. A cela on peut additionner la mondialisation et les progrès technologiques qui renforcent les tendances déflationnistes.
Pour résumer, beaucoup d’inflation par la monétisation, moins de la déflation par les plans de rigueur, moins de la déflation par les progrès technologiques moins de la déflation par la mondialisation moins pas ou peu de hausse de salaire moins un niveau de chômage élevé est égal à une inflation relativement maitrisée.

Voilà le pari des autorités. Réussir de la monétisation à outrance sans hyper inflation. Cela ne s’est jamais vu dans l’histoire. Mais les conditions macro économiques qui prévalent actuellement (mondialisation, progrès techniques etc) sont inédites également.

Cela peut-il fonctionner? Oui. Cela peut marcher. Cela va t-il régler les problèmes? NON.
Pourquoi? Parce que le défi que doit relever l’économie mondiale n’est pas uniquement un défi sur le paiement de la dette actuelle.
Il faudra payer les dettes futures (les retraites, les protections sociales etc…), relever le défi environnemental, celui du partage des ressources, le défi alimentaire (nourrir 8 milliards d’être humains n’est pas une mince affaire).

Cela ne règlera pas les problèmes, mais cela peut donner au monde et au système le temps de s’adapter à une nouvelle réalité et à un nouveau paradigme. Lequel?
Notre vision économique était basée sur une consommation de masse avec une croissance économique perpétuelle. Or par définition, il ne peut dans un monde fini avoir de croissance infinie. C’est à cette réalité que nous sommes confrontés. Pour nous adapter à un nouveau modèle cohérent nous avons besoin de temps. Nous avons besoin d’acheter du temps pour laisser à tous le temps de s’adapter. Réussir à acheter du temps c’est maintenir le système en vie. Ce n’est déjà pas une mince réussite.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

C’est l’été, les cours de l’or s’offrent un petit plongeon !

Lundi, juin 27th, 2011

Non vous n’avez pas rêvé, il ne s’agissait pas d’un bug. Ce weekend, le cours de l’or a dégringolé, face au dollar en position de force… temporaire. N’en déplaise aux détracteurs de l’or, ce genre de baisse est tout à fait normal dans un marché haussier. C’est le moment d’en profiter pour placer votre argent judicieusement !

Bien qu’il n’y ait plus de cotation officielle de l’or en France depuis 2004 (ce sont les cours de la London Bullion Market Association qui servent de référence), les cours observent des courbes parfois surprenantes. Ca a été le cas avec une baisse d’environ 1,76% de l’once d’or vendredi dernier.

Une baisse tout à fait explicable. Le cours de l’or est révisé à la baisse par un effet mécanique et non par une dévaluation à proprement parler. Le dollar a en effet vu sa position renforcée face au recul de l’euro, actuellement embourbé dans une tragédie dont les Grecs ont le secret. Il en va ainsi : dès que le dollar vacille, la tendance du marché est de s’engouffrer vers des valeurs refuge mais dès que le billet vert reprend du poil de la bête, on en oublie les amis qui jadis vous ont tendu la main.

Pas de fin de l’âge d’or de l’or

Ces baisses, tout à fait normales dans un marché haussier, sont passagères. D’après l’économiste Merrill Lynch, la baisse du marché de l’or – ou parlons plutôt d’un retour à la normale – n’est pas prévue avant 5 ans.

Même si l’or atteint des niveaux historiques, on ne parle pas encore bulle de l’or. L’or est plutôt dans un marché haussier dont la dernière phase n’est pas encore atteinte.
La première concerne le public averti de contrarien qui flaire le bon filon et achète l’or quand il est au plus bas, pas du tout à la mode, comme en 1970 et en 2000. La deuxième phase concerne les acteurs financiers comme les banques centrales ; quand celles-ci se mettent à remplir leurs coffres, il faut tendre l’oreille et les imiter. Quand enfin le grand public s’y met, que la presse en parle à tout bout de champ, c’est le signe que le marché atteint ses limites.

Profiter des baisses passagères des cours pour acheter
Il semble que nous soyons au début de cette dernière phase et qu’il est donc encore temps de profiter des prix de l’or qui, même s’ils sont élevés, n’ont pas encore atteint leur valeur maximale. Il faut donc profiter des baisses passagères de l’or pour remplir son escarcelle et faire de bons placements : plus pour sécuriser vos économies que pour réaliser des plus-values dans l’optique de le revendre plus tard. Dans la dernière phase du marché des années 70, le cours de l’or avait progressé de… 1870$ ! Même si le contexte économique mondial n’est pas le même, on est encore loin du compte car cela conduirait l’once à 5000$.

La baisse constatée en fin de semaine dernière est donc plus tributaire de la bataille que se livrent les monnaies qu’une baisse irrévocable annonçant la fin de l’âge d’or de l’or. Cet été aussi nous devrons nous attendre à d’habituelles baisses du cours, car c’est une période creuse pour l’or. L’intérêt pour le métal jaune reste souvent à sécher sur la serviette de bain.

Enfin, quand l’or «dévisse », on dit que l’or corrige ; rien de plus normal dans un marché haussier qui dure déjà depuis 10 ans. En pleine crise des subprimes, il y avait eu une ruée sur le dollar au détriment de l’or qui avait enregistré une baisse de 20% mais ce n’est pas ce genre de baisse dont il faut s’inquiéter. On sera en droit d’être en alerte quand l’or aura atteint le seuil des 2000€.

Argent vs Or : l’or gagne, comme toujours

Mardi, mai 10th, 2011

La semaine dernière, un vent de panique a soufflé sur les marchés : on parle de la fin des cycles de super-hausse des matières premières ! Et alors que certains s’imaginaient déjà une bulle sur l’or, c’est sur l’argent que la bulle a gonflé, puis éclaté : Le Monde évoque la baisse brutale du métal gris, « avec une chute de 12 % du cours en l’espace de quelques minutes. Le prix de l’argent, qui avait doublé en l’espace de six mois, a perdu plus de 30 % sur l’ensemble de la semaine, tombant non loin de 33 dollars l’once vendredi 6 mai, six jours après avoir tutoyé un sommet historique, à 50 dollars ». Tandis que sur performancebourse, on parle même du « marasme le plus choquant qu’ai subi l’argent. Il s’agit de la plus forte chute depuis les années 1980 ! ». Et chez L’Express le 3 mai, on peut lire que « l’argent a lourdement corrigé : de 48,70 dollars jeudi midi, un record de 30 ans, voilà l’once d’argent retombée à 43,61 dollars ce midi, soit – 10,4% dans l’intervalle ! Le métal blanc, aux usages à dominante industrielle, est traditionnellement beaucoup plus volatil que l’or ». Et l’or dans tout çà ? Il conserve sa superbe, comme toujours !

L’argent n’a jamais concurrencé l’or

Depuis longtemps, les deux métaux précieux sont liés par un rapport de 10 à 15,5. Chez les pharaons déjà, on parlait d’un rapport entre l’or et l’argent, rapport de 13,3. En 440 avant J-C, ce rapport était de 13, et en Gaule ou à Rome, on a retrouvé des écrits parlant d’un rapport de 12 puis de 14,40.

En 1876, Henri Cernushi écrivait dans « La monnaie bimétallique » que « l’or et l’argent sont deux monnaies naturelles et éternelles. Personne ne peut en produire artificiellement ni par décret, et c’est en quoi gît leur meilleure garantie ». A cette époque, une grande partie des systèmes fiduciaires fixaient la parité entre l’or et l’argent à 15,5.
En 1840, en Europe, la situation est tendue car il est ressenti un peu partout que le rapport de 15,5 a tendance à surévaluer l’argent : en effet, le métal gris abonde, notamment lié à une forte production aux Etats-Unis.

Dans La Chronique Agora, Simone Wapler explique pourquoi ce ratio a sombré : « Le ratio or/argent s’est écroulé parce que l’or comme l’argent se sont démonétisés. L’argent plus encore que l’or. Les banques centrales ont encore un peu d’or dans leurs coffres, mais pas d’argent. L’or trouve toujours un vaste débouché dans la joaillerie, mais les usages autres que monétaire de l’argent diminuent (photo argentique, argenterie). Pour beaucoup l’argent serait l’or du pauvre. Quand on ne peut pas acheter d’or, on achète de l’argent. Cet argument est difficilement défendable : l’or d’investissement se fractionne au gramme ».

Quand les chiffres parlent !

Simone Wapler toujours dans la Chronique Agora déclare que « quand l’or monte, l’argent monte mais moins. Quand l’or baisse, l’argent baisse, mais plus ». Plus encore, l’or gagne le double de l’argent lors d’une hausse. L’argent perd le double de l’or lors d’une baisse. Avant la bulle sur l’argent cette règle se vérifiait, signifiant bien qu’il se passait quelque chose. La rude correction actuelle rappelle qu’il y avait bien une euphorie infondée sur l’argent. Et aujourd’hui le cours devrait être autour des 25 euros. Au-delà c’est la surchauffe.

Si vous n’êtes pas encore convaincu, voici un bref aperçu de l’évolution des cours de l’argent et de l’or, ces derniers jours, et ces 5 dernières années.

or

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En bref, quand l’or enregistre une légère baisse, l’argent sombre dans les méandres, et quand l’argent commence à prendre son envol, l’or tutoie les sommets !

L’or reste une valeur refuge

Toujours sur Le Monde, on lit que malgré le repli des cours, « l’or devrait rester protégé par son statut de valeur refuge face aux menaces inflationnistes, et un déclin prolongé des cours du pétrole paraît peu probable. La demande mondiale est solide, et l’offre reste sous la menace des tensions dans le monde arabe, le brut léger de Libye faisant encore cruellement défaut. »

Sur Moneyweek, on nous explique que « Les replis sont nécessaires et obligataires dans un grand marché haussier. Et nous sommes plus que jamais convaincus que l’or a une belle progression devant lui. Le temps que le nouvel équilibre mondial se forme, que les anciens pays riches prennent conscience qu’ils sont les nouveaux pauvres et qu’ils vivent bien au-dessus de leurs moyens… bref, il y en a encore pour quelques temps ».

Les arguments en faveur de l’or

Certes, l’or a enregistre une petite baisse (bien vite oubliée) ma semaine dernière, mais si vous avez besoin d’arguments supplémentaires pour être convaincus de son rôle de valeur tangible, ce n’est pas ce qui manque :
- l’or se « remonnaitise » : ce n’est clairement pas le cas de l’argent ;
- l’argent a perdu son caractère de valeur refuge contrairement à l’or ;
- l’argent est un métal rare industriel, très volatile comme le sont les autres matières premières. Prenons par exemple le palladium : le marché du palladium reste confidentiel et les prix extrêmement volatils. La production de palladium est concentrée au sein de la Russie et en Afrique du Sud. Cette concentration de la production confère au marché une certaine instabilité quant au prix et à la fiabilité de l’offre. Et des incertitudes quant à son approvisionnement ont même fait grimper le cours du palladium en octobre 2010, atteignant son plus haut niveau depuis juin à 605,13 dollars l’once. Demande en croissance régulière, exploitation minière limitée, main mise de l’Etat russe sur les réserves et faim des investisseurs : autant de caractéristiques qui font que le marché du palladium se retrouve en déficit.
- l’argent n’est pas un produit de protection anticrise. Il est plutôt comparable au platine qui avait dévissé en 2008 car l’industrie automobile était au plus bas (le platine est notamment utilisé dans les pots catalytiques) ;
- l’argent est de plus en plus rare, difficilement revalorisable. L’argent est une ressource non renouvelable, et les experts s’accordent à dire que d’ici 2021, l’épuisement de l’argent sera définitif (sources : http://minerals.usgs.gov/). D’autres sources parlent de 2023, 2028 ou 2037. Quoiqu’il en soit, l’argent est un métal qui ne peut être synthétisé et pour lequel il n’existe aucun substitut. Et même si la date exacte d’épuisement du métal reste encore en suspens, en 2010, avec une production de 19 300 tonnes, et une demande à 25200 tonnes, les réserves sont clairement en train de s’amenuiser ;
-l’argent prend de la place en stockage et les épargnants préfèrent l’or qui en valeur et en volume est bien meilleur ;
-du fait de sa rareté, les industriels tentent de remplacer dès que possible l’argent. Dans cet article, il est question des avantages de l’argent notamment dans la fabrication de Puces RFID pour la gestion des stocks et les cartes d’identité. Imaginons qu’un jour, les industriels trouvent un autre métal pour les puces et tout autre usage, quelle latitude restera t-il à l’argent ? Cet article se fonde sur une analyse totalement fausse du marché de l’argent. Tous les industriels qui l’utilisent le disent, s’il peuvent un jour se passer de l’argent, ils le feront car il coûte cher. L’usage de l’or dans l’industrie reste quant à lui minoritaire en comparaison de son utilisation pour le placement et les bijoux. Et c’est exactement ce que l’on demande à l’or, qu’il redevienne une monnaie privée, quelle qu’en soit la forme. Laissons l’argent à ceux qui veulent se brûler les doigts avec du métal en fusion…

Pourquoi le système économique mondial est en train de sombrer

Jeudi, avril 7th, 2011

Les multiples mouvements de révoltes en Afrique du Nord – Egypte, Tunisie, Yémen puis Lybie –, le séisme puis le tsunami au Japon, la situation critique en Côte d’Ivoire… Une actualité internationale plutôt morose et alarmante, d’un point de vue politique mais surtout économique. LORetLARGENT.info fait l’état des lieux… pas vraiment beau à voir.

Le Japon, à l’origine d’un séisme économique international. A peine trois jours après les terribles catastrophes naturelles qui ont frappé le Japon, nous faisions un point de leurs répercussions à l’échelle internationale. Aujourd’hui, les tendances se confirment… et cela fait froid dans le dos. Industrie automobile – avec Peugeot qui essuie de nombreux retards –, mais aussi industrie électronique, et d’autres secteurs, le séisme se fait sentir à travers le monde entier et fragilise encore un peu plus un marché bien mal en point.

La France dans la tourmente

Outre les conséquences du gel et du ralentissement de certaines usines au Japon, la situation internationale n’est guère réjouissante. Celle de la France, on vous le disait il y a peu sur LORetLARGENT.info, ne fait pas plus envie.

L’énergie prend une part de plus en plus importante dans le budget des Français. Gaz, électricité, les prix devraient encore grimper : « + 2,9 % au 1er juillet prochain » pour l’électricité (ce qui fera environ une hausse de 6 % du kW/h en 1 an comme le signalait l’Express), peut-être un nouvel ajustement pour le gaz avant l’été…

Et c’est sans compter la hausse du prix du pétrole, un or noir qui devient de plus en plus cher. Suite notamment à la situation conflictuelle en Lybie, un des principaux producteurs de pétrole au monde, le baril a dépassé les 120 dollars il y a deux jours, laissant planer la peur de réitérer le triste record de 147 $ le baril en juillet 2008… Pour couronner le tout, un rapport de la HSBC confirme une pénurie de pétrole d’ici 2050, comme le titrait ce mardi Le Figaro. Le budget des ménages n’a donc pas fini d’être en berne…

La zone euro sur une poudrière…

Le Portugal continue de sombrer dans les abîmes de l’endettement… Mardi l’agence de notation Moody’s a dévalué la note du Portugal d’un point, la classant désormais en Baa1… Un élément qui confirme la descente aux enfers du pays ibérique déjà dévalué par Fitch Ratings et Standard & Poor’s et dont la dette a été évaluée à 2 milliards d’euros par Financial Time. L’aide de l’Europe semble de plus en plus une alternative à laquelle le Portugal ne pourra pas couper. (edit du 07/04, 10h45 : le Portugal a déposé ce matin une demande officielle d’aide à l’UE)

Une bulle immobilière qui peut éclater du jour au lendemain

Les Etats-Unis semblent un peu l’abri d’une possible hyperinflation… Du moins en apparence. Même s’ils essaient de faire bonne figure, les faits sont là : l’immobilier est en chute libre, comme le signalait Simone Wapler le mois dernier. Et avec elle, la chute du dollar maintenu en vie par les multiples tours de passe-passe de la Fed, qui semble dernièrement avoir du mal à dessiner un plan pour la politique monétaire des Etats-Unis.

La fin du dollar comme unique monnaie de réserve ? Sur LORetLARGENT.info, nous avons déjà soulevé la question et relevé les incohérences que suscite le maintien du dollar comme monnaie de référence… Un point qu’a abordé Jean-Pierre Raffarin sur Europe 1. Et comme solution évoquée par l’ancien Premier ministre : « un panier de monnaies » pour permettre à un « multilatéralisme des monnaies » de s’instaurer…

La Chine en sursit ?

Même le géant asiatique semble tirer la langue face aux aléas du marché international… L’inflation commence à être sur toutes les lèvres et la juguler apparaît être mission impossible… Même pour le premier ministre chinois Wen Jiabao, qui comparait alors l’inflation à un tigre qu’il est difficile de remettre en cage une fois qu’il en était sorti, comme le rapporte les Echos hier matin. Cela n’est pas bien rassurant !

L’or tire toujours son épingle du jeu

Le Japon malmené, les États-Unis aux abois et même la Chine en danger : il souffle un vent d’apocalypse sur le climat économique ! Symptôme que le marché international est déstabilisé par la situation géopolitique plutôt tendue : l’or a encore battu un record historique ce mardi 5 avril ! L’once d’or a franchit les 1 450 dollars ! Véritable valeur refuge en temps de crise, il risque d’atteindre encore des sommets tant que l’inflation continue de menacer le marché international…

Et si le Portugal ne faisait plus partie de la zone euro ?

Jeudi, mars 24th, 2011

Hier mercredi 23 mars 2011, le Premier Ministre portugais José Socrates a donné sa démission (démission de José Socrates sur BFMTV). Ses raisons ? Pour la quatrième fois, son programme d’austérité destiné à réduire la dette portugaise a été rejeté par l’opposition. Ce programme avait notamment pour ambition de réduire le déficit public à 2% du PIB d’ici 2013. En attendant, des élections anticipées vont être mises en place d’ici le mois de juin. Comme l’Irlande et la Grèce, le pays serait au bord du gouffre et prêt à tout moment à demander une aide européenne. LORetLARGENT.info fait le point pour vous sur la situation désastreuse de nos voisins ibériques, qui risquent de bientôt sortir de la zone euro…

Un gouvernement faible face au refus du plan d’austérité

« Aujourd’hui, tous les partis de l’opposition ont rejeté les mesures proposées par le gouvernement pour éviter que le Portugal doive recourir à un programme d’aide extérieure. L’opposition a retiré au gouvernement toutes les conditions pour gouverner. J’ai par conséquent présenté ma démission au président de la République. Cette crise politique aura des conséquences gravissimes sur la confiance dont le Portugal a besoin auprès des institutions et des marchés financiers ». Les déclarations de José Socrates mercredi 23 mars dernier ont eu des répercussions directes dès le lendemain : la situation financière du pays s’est immédiatement aggravée, une nouvelle hausse du coût du crédit a été notamment enregistrée. Les taux d’intérêt sur les bons du Trésor ont enregistré un chiffre record depuis l’instauration de l’euro à 7,71%.

Cette démission survient alors que ce jeudi à Bruxelles, les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne se réunissent afin de se monter rassurants concernant la santé économique et financière de la zone euro.

Dans ce contexte, il va certainement falloir s’attendre dans les semaines qui viennent à ce que le Portugal se tourne vers les instances européennes pour une demande d’aide financière. Cette demande aurait pour conséquence directe de faire repartir l’Union européenne dans un cercle vicieux d’accords de prêts. Alors que cette même Union européenne est déjà bien fatiguée…

Portugal – Argentine, même destinée ?

Que se passera-t-il si le Portugal sort de l’euro ? Sans vouloir tomber dans l’alarmisme à outrance, il est facile de faire le lien entre la situation actuelle portugaise et la crise économique qui a touché l’Argentine au début des années 2000, qui fait encore aujourd’hui du tort au pays.

Que s’est-il passé en Argentine ? Le pays, à la fin des années 90, applique à la lettre les programmes d’ajustement structurel et met en place une politique sévère basée sur la création d’une caisse d’émission. A la même période, le FMI promet au nouveau gouvernement en place un prêt de 10 milliards de dollars afin de renflouer ses caisses et refinancer sa dette, à condition d’instaurer un programme d’austérité. C’est en 2000 qu’un premier programme est lancé : hausse des impôts et taxes, réduction des dépenses fédérales en faveur des provinces, démantèlement du système public de sécurité sociale, libéralisation des secteurs des télécommunications font partie des mesures prises à l’époque. S’en suivent deux autres plans tout aussi sévères.

Le 5 décembre 2001, le FMI refuse d’allouer au pays une aide de 1,3 milliards de dollars, sous prétexte qu’il n’aurait pas respecté le dernier programme de réforme économique. Et pour continuer à rembourser sa dette, que fait le pays ? Il pioche dans ses réserves de fonds de pension…ce qui a eu comme conséquence directe une série de manifestations et d’émeutes qui ont provoqué la déclaration d’état de siège et la démission de Domingo Cavallo puis celle du Président Fernando De La Rua.

Le Président suivant, Eduardo Duhalde impose entre autres la dévaluation de 29 % du peso et supprime la parité avec le dollar.
Quelles ont été les répercussions directes de cette crise sur le pays ? Chute du PIB, augmentation du chômage et de la pauvreté, hausse des prix, endettement extérieur hallucinant…En 2001, l’inflation s’élevait à 30 %. 1 an plus tard, 18 millions de personnes n’avaient aucune protection sociale et le prix des médicaments a grimpé de 200 %.

Le rapport avec le Portugal ? L’argentine à cette époque a complètement déconnecté sa monnaie du dollar : si le Portugal sort de la zone euro, ne risque t’il pas la même destinée ?…Ceci est valable pour tous les pays européens, car aujourd’hui, c’est le Portugal qui est sous le feu de la rampe, mais demain ?

Protégez-vous qu’il disait !

Sans être moralisateur, si les argentins avaient pu à cette époque transformer leur monnaie en or, ils auraient pu largement limiter les effets de l’inflation dans leur vie quotidienne. S’il est bien un actif qui ne perd pas de valeur, c’est l’or : même si les cours ont toujours fluctué au fil des ans, ils restent exponentiels depuis une dizaine d’année et le métal jaune, aujourd’hui en 2011, occupe toujours sa place de valeur tangible.

Et si la France faisait faillite ?…

Vendredi, mars 18th, 2011

Le 16 mars 2011 s’est tenu le Conseil des Ministres : à l’ordre du jour notamment, un projet de loi au sujet de la dette publique. La France va-t-elle être capable dans les mois qui viennent d’honorer cette dette ? Et si l’Histoire se répétait ? La France peut-elle faire faillite ? Que faire dans ce cas-là ? Beaucoup de questions auxquelles LORetLARGENT.info va tenter d’apporter des éléments d’informations.

La faillite de l’Etat : ce que nous apprend l’Histoire

Par définition, la faillite est une « situation de cessation de paiement des créances pouvant mener à la liquidation des biens ». Dans les cours d’économie, la faillite de l’Etat n’est, par définition, pas recevable : contrairement à une entreprise, lorsqu’un état est en situation de cessation de paiements, ses créanciers ne peuvent pas saisir des actifs.

Pourtant, l’Histoire nous apprend que les états sont loin d’être à l’abri d’une faillite. Pendant la période du Directoire, le ministre des finances de l’époque, Dominique-Vincent Ramel, a dû récupérer une économie noyée sous les dettes de l’administration royale et de la Révolution. La solution ? Le ministre imposa une loi qui effaça les deux tiers de la dette publique de l’Etat : ces deux tiers furent remboursés en bons admis pour le paiement des taxes et impôts. Résultat, le Directoire a permis d’alléger le budget de l’Etat du paiement des intérêts sur ces deux tiers. C’est que l’on appelle dans les livres d’histoire la « banqueroute des deux tiers ».

Plus près de nous, d’autres cas nous montrent la fragilité d’un état. L’agence de notation Standard & Poors a enregistré, dans les années 70, environ 90 pays qui n’auraient pas remboursé leur dette. Le Pérou notamment a connu cinq défauts de dette entre 1976 et 1997, un record ! En Argentine, en 2001-2002, l’Etat était incapable d’honorer sa dette : il a alors demandé à ses prêteurs d’échelonner la dette et de la restructurer. En clair, l’Argentine n’a pas remboursé une partie des créances. Cet état d’urgence à l’époque pèse encore aujourd’hui sur l’économie du pays.

D’autres exemples sont à noter : Dubaï en 2009, le Mexique et la Russie en 1982 et 1998, plus récemment, la Grèce a sérieusement tremblé… Bref, qu’on se le dise : aucun état ne paye jamais ses dettes.

La France peut-elle faire faillite ?

Depuis 1980, la dette publique est passée de 20 % du PIB à 82 %. Est-on à l’abri d’une progression continue ?… Pour visualiser l’évolution de la dette, consultez le tableau ci-dessous (Sources : INSEE).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes…vous pensez qu’en 2011 l’Etat a redressé la barre ? Au début de l’année, la dette publique française – qui réunit la dette de l’Etat, de la Sécurité Sociale et des collectivités territoriales –, a atteint le chiffre record de 1 606 milliards d’euros, un peu plus de 82 % du PIB français. Ce chiffre est déjà aujourd’hui obsolète, puisque la France s’endette de 600 millions d’euros par jour…

Quels sont concrètement les risques d’une dette publique excessive ? Disparition de l’investissement privé, hausse des taux d’intérêts, hausse des prix, inflation, et même défaut de paiement de l’Etat…

Comment l’administration française peut-elle continuer de vivre à crédit ? Ce n’est pas grâce à l’épargne des Français. Aujourd’hui, la dette publique est détenue à 70 % par des investisseurs étrangers : banques allemandes, fonds du Moyen-Orient, banques centrales asiatiques… jusqu’à quand ces investisseurs continueront de prêter de l’argent à l’Etat français ? A priori, tant que les agences de notation ne baisseront pas la note de la France (actuellement AAA), les investisseurs resteront persuadés que le pays sera capable de les rembourser. Mais si comme pour la Grèce ou l’Irlande, la France se voyait perdre des points ?… Bref, tout laisse à croire que la vigilance est de mise ces derniers temps.

Que faire en cas de faillite ?

En cas de faillite, on revient généralement à la source, aux valeurs sûres, aux actifs tangibles. Peut-être certains seraient tentés de vider leur compte en banque, pour posséder matériellement leur capital.
Dans le cas extrême où la France serait en situation de banqueroute, achetez de l’or, notamment des pièces d’or ! Et oubliez les lingots, même si cela vous tente : mieux vaut investir dans des napoléons par exemple, plus facile à monnayer en cas de crise.

En attendant, si vous assuriez vos arrières ?…

Les dangers de l’inflation

Mercredi, février 9th, 2011

Tout le monde connaît le bon et le mauvais cholestérol. Il en va de même avec l’inflation. Au risque de choquer il y a bien la bonne et la mauvaise inflation.

Essayons de définir ce qui n’existe pas officiellement, à savoir la bonne inflation, ce qui est interdit par les temps qui courent, dans la mesure où la pensée unique économique nous explique que l’inflation c’est forcément mauvais.

Souvenons nous d’un temps pas si lointain.
C’était un temps que beaucoup ont vécu, c’était un temps de plein emploi ou presque, c’était un temps de reconstruction, c’était un temps d’insouciance, où demain serait meilleur qu’aujourd’hui et où nous entrions dans la modernité, le progrès et la consommation de masse.
C’était un temps où nous avions besoin de bras où, ceux qui avaient juste un BAC ou moins en poche trouvaient du travail; c’était un temps où vous progressiez dans l’échelle sociale, c’était un temps où « l’ascenseur social » fonctionnait à plein régime, bref c’était un temps, avec le recul, que beaucoup idéalisent et regrettent; c’était le temps des trente glorieuses et c’était un temps d’inflation.

La croissance économique, les barrières mises aux frontières comme les contrôles des changes, le besoin de tout type de travailleurs voire même la pénurie de personnels qualifiés faisaient peser une pression à la hausse sur les salaires qui montaient et se réajustaient fortement en suivant voire en dépassant le taux d’inflation.

Il s’agissait donc d’une « bonne inflation » celle qui réduit le poids potentiel des dettes.
Par quel mécanisme ? Imaginez une dette représentant une mensualité de 100 FrF (ce n’est pas une erreur à l’époque l’euro n’existait pas encore) sur un salaire de 1000 Francs. 7 Ans après le salaire est devenu 2000 Francs mais le remboursement de crédit, qui était à taux fixe, lui, est resté à 100 FrF. Le poids de la dette a été divisé par deux. Il en était de même pour la dette des états.
Il s’agit donc d’une inflation qui permet de diminuer les dettes, d’acquérir sa résidence principale avec une relative facilité; c’est une inflation qui pénalise les rentiers et les financiers (l’inflation rogne toujours l’épargne) au profit de l’entrepreneur et du producteur. Bref une inflation pas si mauvaise pour l’économie réelle.
Sauf que ces temps sont révolus.

Aujourd’hui nos sociétés fabriquent de la mauvaise inflation. Celle qui appauvri. Pourquoi ?
Et bien imaginez une dette qui représente cette fois 1000€ (c’est le montant de la mensualité moyenne d’un crédit immobilier) sur un salaire de 3000€. 7 ans après le salaire ayant été revalorisé de 0.6%/l’an il est de 3109,63302€ (très précisément) or le litre d’essence a augmenté (à cause des taxes et de l’inflation), les produits alimentaires ont augmenté (à cause de l’inflation et de la spéculation sur les matières premières alimentaires), les impôts ne baissent pas (sans doute à cause de l’inflation) et le poids de votre crédit immobilier est resté quasiment le même….
Bienvenue dans le monde actuel où vous expérimentez la mauvaise inflation.
Pourquoi est-elle devenue mauvaise cette inflation ?

Parce que dans les temps modernes où nous vivons, il existe de très fortes pressions à la baisse sur les salaires en raison :
- du progrès technique, informatique, robotique qui fait que l’on réalise les mêmes tâches avec beaucoup moins de personnels. Ce phénomène appelé « démassification » a commencé dans les années 70 avec une accélération exponentielle dans les dernières années.
- de la mondialisation, qui occasionne un nombre de plus en plus important de délocalisations entraînant la désindustrialisation rapide de l’Occident au profit des pays émergeants comme la Chine, qui ne commence à exister, sur la scène internationale, qu’à partir de 2003.

Ces pertes d’emplois massives générées par ces deux phénomènes ont crée un chômage de masse structurel qui est en augmentation constante depuis maintenant 30 ans et que rien ne semble pouvoir enrayer.

Mais alors comment dans un tel contexte déflationniste envisager le retour de l’inflation?

La crise de 2008 n’est que la conséquence de la démassification et de la mondialisation. L’épisode dit des subprimes matérialise le fait que pour poursuivre notre croissance, à défaut d’augmentation de salaire, nous avons tous collectivement augmenté nos revenus avec de la dette, dette des ménages, des collectivités, des états et des entreprises.
Dès lors, pour éviter la récession, les banques centrales se sont lancées dans des politiques de création monétaire au-delà de toute raison économique aggravées (car venant se cumuler) par les stimulations monétaires ayant déjà eu lieu suite à l’explosion de la bulle internet puis au choc provoqué par les attentats du 11 septembre 2001. Pour essayer de combattre une crise d’endettement généralisée des états, on a tenté de soigner le mal par le mal, en rajoutant encore de la dette à la dette (les plans de relance) sans s’attaquer aux causes profondes.

Les volumes de liquidités désormais existants font craindre l’apparition d’une inflation forte dont les prémices commencent à être visibles par l’augmentation des prix de certains actifs (actions des pays émergeants, or, pétrole, matières premières agricoles…) sur lesquels des flots de milliards de dollars se déversent chaque jour.
Si une inflation forte sans qu’elle puisse être accompagnée d’augmentation de salaire devait venir se greffer sur la reprise économique naissante cela aurait un impact dévastateur sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens et donc paradoxalement sur la reprise qu’elle viendrait très vite étouffer.
C’est pour cela sans doute que le Président de la Banque Centrale Jean-Claude Trichet a déclaré début janvier 2011 qu’il n’hésiterait pas à remonter les taux d’intérêts en cas de résurgence avérée de l’inflation, mais en espérant sans doute à ne pas avoir à le faire car si les taux devaient augmenter de façon importante, la faible croissance économique serait brisée nette et l’endettement excessif des états deviendrait vite insupportable… Bref il est des situations inextricables.

D’accord, mais justement, l’inflation était censée être bien pratique pour ne pas vraiment rembourser ses dettes ou en tout cas rendre les échéances de remboursement moins douloureuses avec le temps ?

Nous venons de voir que ce mécanisme de l’inflation qui érode les dettes était valable dans un monde fermé ce qui n’est plus le cas. Une inflation sans augmentation de salaire, non seulement ne rend pas les dettes plus « faciles » à payer, mais en plus diminue systématiquement le pouvoir d’achat des ménages, rendant la dette en réalité de plus en plus lourde à payer….

A ce premier mécanisme vient se greffer un autre élément dont on parle peu et qui est très important. C’est celui de la « maturité de la dette ». Pour faire simple, c’est la date à laquelle on doit rembourser le principal d’un emprunt. Contrairement aux particuliers lorsque les Etats empruntent de l’argent ils
« n’amortissent » pas le prêt comme c’est le cas par exemple pour un crédit immobilier ou tous les mois les ménages remboursent une part d’intérêt et un part de capital pour arriver à zéro à l’échéance.
L’endettement des états fonctionne comme un crédit « in fine ». Tous les ans on ne paye que les intérêts dus puis à l’échéance (c’est-à-dire lorsque la dette arrive à maturité) on rembourse l’intégralité du principal c’est-à-dire la somme initialement empruntée.
Or pour rembourser un principal encore faut-il avoir de la trésorerie, ce qui n’est pas le cas de nos états en déficits chroniques. Les états font donc « rouler » leurs dettes, en remboursant la dette N°1 par l’argent obtenu d’un emprunt N° 2 (ce qui n’est pas sans faire penser à un certain système Madoff).

Ce qui est donc important c’est de savoir à quelle échéance, c’est-à-dire à quelle maturité les états doivent rembourser les dettes. Et là le tableau ci-dessous est édifiant. Les USA pour ne citer qu’eux doivent rembourser leur dette dans les 4 ans qui viennent… une durée bien trop faible pour qu’une inflation mesurée et maîtrisée puisse venir l’éroder.

C’est pour ces raisons, que la crise actuelle ne peut en aucun cas accoucher d’une inflation « positive », et c’est pour cela que sa réapparition quasi inéluctable est porteuse de grands dangers et de grands risques de déstabilisation sociale pour les années à venir que seule une régulation forte et coordonnée pourra venir tempérer.

Charles SANNAT
Chargé d’Affaires BNP PARIBAS

Les opinions exprimées dans cet article ne refletent pas l’avis de BNP PARIBAS et ne constituent pas une incitation à investir.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "