La Newsletter
Inscription
Désinscription

 
Archive

You are currently browsing the archives for the Monnaie category.

Archive for the ‘Monnaie’ Category

Un jour la fin du dollar et le retour à l’étalon or. Utopie ?

Vendredi, janvier 2nd, 2009

Faut-il permettre aux Etats-Unis le privilège de conserver d’émettre la monnaie internationale et de pouvoir acheter une partie importante des biens du monde, ou plus insidieusement de s’endetter à outrance pour financer son bien-être et ses guerres, avec du simple papier ? Le dollar est-t-il la cause de tous nos malheurs économiques ? Comment est-ce arrivé ? Quelles en sont les conséquences ? LISEZ  LA SUITE DE CET DE LUIGI CHIAVARINI ARTICLE SUR AGORAVOX

La grande confiscation : détention d’or illégale aux Etats-Unis entre 1933 et 1975

Jeudi, janvier 1st, 2009

Connaissiez-vous le “coup d’état” de Roosevelt du 5 avril 1933 ? A cette date, le président américain décrétait la détention d’or illégale pour les citoyens américains, et leur ordonnait de restituer pièces, lingots et certificats d’or aux banques fédérales de réserve avant le 1er mai 1933, au prix de $ 20,67/once. 

1933 est l’année où la Grande dépression a provoqué une sévère pénurie d’or. Le Emergency Banking Relief Act de 1933 avait été voté pour “fournir un soulagement à l’urgence nationale du secteur bancaire et pour d’autres objectifs”…
Tout refus de restituer son or entraînait une amende de 10 000 $ et 10 ans de prison. Ces mesures exceptionnelles visaient à empêcher le grand public de stocker de l’or physique. La solution était simple : rendre illégale la possession d’or directe. Mais comme souvent lorsqu’un gouvernement agit en urgence, cette loi capitale fut la pierre qui déclencha l’avalanche qui menace d’engloutir le dollar aujourd’hui.

En 1934, Roosevelt proclamait la confiscation de l’or des banques (Gold Reserve Act : en échange de certificats or non échangeables en or !)

Cette loi restera en vigueur aux USA jusqu’en 1975, à un moment où le dollar était déconnecté de l’or depuis quelques années.

Tout cela n’empêcha cependant pas les américains de s’acheter et se vendre de l’or “sous le manteau” et notamment de l’or sour forme de paillettes qui avait été oublié par la loi. Sans parler d’un grand nombre d’américains qui avaient tout compris à l’or et le conservaient dans des coffres en Suisse : Les réserves de richesse sont immobiles, mais la valeur que représente ces richesses (la monnaie) circule (cf notre article à propos des pierres de l’Île de Yap)

A lire http://www.the-privateer.com/1933-gold-confiscation.html (en anglais)

Les pièces d’or, de nouveau un cadeau en vogue

Dimanche, décembre 28th, 2008
Natacha et la clé du coffre bancaire où elle garde ses pièces d'or et celle de sa fille

Natacha et la clé du coffre bancaire où elle garde ses pièces d or et celle de sa fille

Pour la première fois depuis les années 70, offrir des pièces d’or pourrait redevenir une idée cadeau en vogue. Nous avons fait une petite enquête sur Facebook et nous avons trouvé Natacha, infirmière de quarante ans et mère d’Anaïs, jeune étudiante de vingt ans. Interview.

LORetLARGENT.info  : Connaissiez-vous l’or et les pièces d’or en particulier avant d’en offrir une à Anaïs ?

Natacha : Jusqu’à il y a encore 6 mois, pour moi, l’or c’était uniquement le métal précieux que l’on utilise principalement en bijouterie. Je savais vaguement que dans le passé il avait eu une plus grande importance mais je n’aurais jamais envisagé en acquérir pour moi, encore moins pour offrir autrement que sous forme d’un bijou. Quant aux pièces d’or, pour moi c’était ce que les grands parents offraient après guerre à leurs petits enfants pour les protéger en cas de coups durs  et assurer l’avenir. Avant cette année,  je n’avais jamais tenu dans mes mains une véritable pièce d’or. Bref, pour moi c’était un truc un peu vieillot qui ne correspondait pas aux canons d’un cadeau que l’on offre en ce début de XXIème siècle. Et puis il y a eu la crise…

LORetLARGENT.info : Justement, parlez-moi de ça. Vous êtes infirmière, vous n’êtes pas concernée par les traders londoniens qui sont virés par e-mail et votre travail ne devrait pas connaitre la crise. Expliquez-moi comment vous avez perçu cette crise et ce qui vous a poussé à acheter de l’or, non plus comme bijou, mais dans une logique de placement, d’assurance anticrises ?

Natacha : La crise, je suis comme tout le monde, je l’ai découvert par les médias. J’ai compris les implications qu’elle pouvait avoir dans l’économie réelle. Mes patients m’en parle, certains sont très inquiets, notamment les plus vieux qui ont connu la guerre. Selon eux, les choses peuvent commencer comme ça, monter sournoisement pendant quelques années et exploser quelques années après. Même si parfois je trouve tout cela un peu alarmiste,  je suis tout de même vigilante et prévoyante, notamment pour mes enfants. Et puis j’ai  vu  par hasard un reportage sur l’or dans le journal  tv. J’ai été surprise par ces gens qui se ruaient chez des numismates pour acheter ou vendre des pièces d’or car les prix commençaient à grimper. Jusqu’à peu, l’immobilier était pour moi la valeur refuge. Elle n’est donc vraisemblablement pas la seule… j’ai donc appris que l’or n’avait  cessé de grimper depuis le 11 septembre 2001.
Je suis passé sur eBay pour voir le prix des pièces d’or. Mais n’y connaissant  rien et n’ayant pas spécialement confiance, j’ai  alors tout bêtement fait appel  à mon banquier qui  m’avoua ne pas y connaitre grand-chose, mais qu’il allait se renseigner. Après plusieurs appels de relance et quelques semaines d’attente, j’avais enfin mes 20 pièces d’or, superbes ! Jusqu’à ce jour, ma référence en  matière  d’or était le “  vieux napoléon ” que ma grand-mère portait  autour du cou !
Pour conserver mes pièces d’or , ne voulant pas les garder à la maison, J’ai  quand même préféré payer 90 euros une année de location pour un petit coffre à la banque , une chance, c’était le dernier  disponible  ! Un service à améliorer !

LORetLARGENT.info : Et pourquoi offrir une pièce d’or comme cadeau de noël à votre fille ?

Natacha : J’ai trouvé ces pièces vraiment très belles et me suis dit que  lui offrir sa première pièce d’or serait un beau cadeau pour elle, original et pourquoi pas ensuite  constituer  un petit capital intéressant. (on avait d’ailleurs trouvé le blog LORetLARGENT.info). Je pense finalement qu’offrir des pièces d’or aujourd’hui est tout aussi pertinent que d’avoir une assurance vie ! Depuis tous  ces scandales financier je me demande quand même où l’argent de ces assurances est-il  réellement investit ?

LORetLARGENT.info : Et comment offre-t’-on alors une pièce d’or pour Noël ?

Natacha : J’ai tout bêtement présenté la pièce dans un petit écrin, joliment emballé et déposée au pied du sapin. Ma fille a adoré ! Mais il fallait que cette pièce  reste en lieu sûr. Si l’or est bien une valeur refuge, il vaut mieux qu’elle reste en sécurité dans un coffre assuré, dans une banque. Elle sait  qu’elle  peut disposer  de sa pièce, à tout moment, en cas de besoin ! Du moment qu’elle rempli totalement le rôle qu’on lui donne, c’est-à-dire prendre de la valeur en période crise et pouvoir la revendre à tout  moment.

Les napoléons seront-ils le must des cadeaux pour les prochaines années ? Pour la rédaction de LORetLARGENT.info c’est une évidence depuis notre rencontre avec Natacha.

De la qualité des pièces d’or dédiées à l’investissement

Mardi, décembre 23rd, 2008
Une balance électronique permet de détecter des pièces usées.

Une balance électronique permet de détecter des pièces usées. Le Napoléon de type Marianne Coq présent sur la photo est parfait côté poids.

En matière d’or d’investissement, les acheteurs ont trop souvent tendance à négliger la qualité des pièces qu’ils achètent jusqu’au moment de la revente et de la mauvaise surprise qui les attends. En effet, lorsque vous allez revendre vos pièces, elles vont redevenir un bref instant des objets numismatiques et seront jugées comme telle.

Se dire, “c’est une pièce en or, un napoléon 20F, donc je pourrais la revendre avec une prime de 20% en cas de crise” est bien vite aller en besogne si vous n’avez pas pris soin de baliser le terrain au préalable, de valider la qualité de ce que vous achetez.

Les professionnels qui achèteront vos pièces seront en effet intraitables sur la qualité de ce que vous leur proposez et utiliserons le moindre argument pour  supprimer la prime et vous acheter les pièces au poids, moins leur commission et une éventuelle décote officieuse sur le fait que vous ayez manipulé les pièces. Bref, à la fin, le compte n’y est plus une fois la taxe forfaitaire de 8% déduite (cf. notre guide fiscal).

Évidemment, lorsqu’une pièce est rare, la qualité requise est moindre pour en tirer un bon prix. Mais se raisonnement est purement numismatique et dans le cas présent nous parlons d’investissement. Donc il est clair que nous n’irons pas acheter une 100 Francs Bazor dans une logique d’or investissement. En effet, ce type de pièce rare est finalement peu sensible aux crises, hausse et baisse de l’or mais plutôt à l’offre et la demande sur des pièces du même type. Si le prix d’une Bazor est très élevé, il ne doublera pas en moins de trois semaines comme ce fut le cas sur un demi-napoléon qui pouvait soutenir une prime si sa qualité était bonne. De plus, les pièces très rares sortent fiscalement de la catégorie or d’investissement et la TVA s’applique (cf. notre dossier sur la TVA appliquée au pièces d’or).

Quel est le degré minimal de conservation des pièces qui puisse prétendre avoir une prime.

Une bonne loupe pour détecter les défauts des pièces d or

Une bonne loupe pour détecter les défauts des pièces d or

Généralement, c’est les niveaux de qualité TTB ou SUP (et SPL pour les refrappes Pinay des Mariannes Coq) qui permettent d’obtenir une prime avec des pièces d’or courantes. Ce sont les pièces sur lesquelles vous devez vous concentrer pour vos achats d’or d’investissement. En dehors de quelques raretés, les B et TB seront achetées et vendues au poids. Quant aux FDC (les pièces d’aspect neuf), nous vous conseillons de ne pas vous y intéresser pour du placement car il s’agit de pièces plus rares avec une prime de fond déjà élevée et un différentiel de prime faible. Ce sont de très belles pièces à réserver aux numismates purs.

A éviter.
Si malgré le tableau ci-après vous n’êtes pas certain de votre aptitude à juger de la qualité des pièces que vous achetez, nous vous conseillons d’éviter les achats auprès de particuliers et, de manière générale, l’achat sur des sites de vente aux enchères de type eBay (où vous ne pouvez juger l’achat que sur de simples photos qui ont la fâcheuse tendance à masquer les défauts). Souvenez-vous que c’est le côté le plus usé qui décide de l’état général de la pièce. Un tiers des pièces vendues sur les sites d’enchères n’ont pas la qualité suffisante. Pire, elles sont parfois vendues par des professionnels sans scrupule qui savent ne pas pouvoir les écouler en direct auprès de leurs clients ou bien auprès de CPR…
Méfiez-vous notamment de certaines pièces parfois trop brillantes et dont les détails sont estompés. C’est le signe de pièces qui ont été nettoyées avec des produits ou des instruments abrasifs, initialement pour masquer quelques défaut, et qui au final ont littéralement enlevé de l’or. Le test de la pesée est généralement sans appel: un napoléon de qualité standard donnera sur une balance numérique entre 6,44 et 6,46 g. S’il fait moins de 6,43 g. passez votre chemin.

Tableau des différents états ou degrés de conservation des pièces

  • Fleur de coin (FDC 65-70). Etat d’une pièce parfaite (sans rayures, ni usures, ni traces de choc), telle qu’elle a dû sortir du coin monétaire. Cet état suppose que la pièce n’ait pas circulé, seule la patine ou l’oxydation doit indiquer l’état d’ancienneté de la pièce. La monnaie FDC est dans son état de frappe avec l’intégralité de son velours. Aucun défaut n’est toléré. État rare, car même les pièces qui n’ont pas circulé mais qui auront été transportées dans des sacs ne pourront prétendre à ce niveau de qualité du fait des chocs liés au transport. Ces pièces sont réservées aux numismates. En raison de leur prime de fond élevée elles ne sont pas à considérées comme un investissement dans une logique de placement dans l’or physique.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA / UK : UNC (Uncirculed)
    - Allemagne : STG (Stempelglanz)
    - Italie : FDC
    - Espagne : SC
  • Splendide (SPL 63-64). Il n’y a pas de trace d’usure car elle n’a pas circulé. Le velours de frappe est cependant absent des parties en relief.
    Dans les autres pays, ce type sera considéré comme FDC ou SUP suivant l’état.
  • Superbe (SUP 55-62). C’est l’état d’une pièce presque parfaite ayant peu circulé, et dont les défauts, peu visibles à l’œil nu, peuvent apparaître plus clairement à la loupe (légères stries, légère usure de certains reliefs comme les cheveux, barbe, moustaches, plumes, …) Le velours de frappe a disparu et il y a de petits chocs liés au transport.
    Equivalences dans d’autres pays :
    - USA / UK : EF ou XF (Extremely Fine)
    - Allemagne : VZ (Vorzüglich)
    - Italie : SPL
    - Espagne : EBC
  • Très Très Beau (TTB 40-54). Etat d’une pièce dont l’usure montre clairement qu’elle a circulé, mais qui garde encore une très belle présentation, des reliefs peu fatigués, un listel éventuellement émoussé mais encore net. Les traces d’usure sont visibles mais l’aspect de la pièce est agréable. Il s’agit donc d’un état de conservation moyen “plus” qui permet encore de prétendre à une prime sur sa pièce.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA / UK : VF (Very Fine)
    - Allemagne : SS (Sehr Schön)
    - Italie : BB (Bellissimo)
    - Espagne : MBC
  • Très Beau (TB 15-39). État d’une pièce ayant beaucoup circulé. Certains détails de la gravure commencent à s’estomper (rubans, cheveux, inscriptions de la tranche, etc.) La surface métallique est terne (ou au contraire trop brillante “pour être honnête”), hachées de petites stries, des accidents peuvent être visibles (chocs sur la tranche, rayures importantes). L’aspect est encore convenable aux yeux d’un numismate mais l’investisseur évitera ce type de pièce qui est généralement rachetée sans prime, dans le cas des pièces d’or courantes.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA / UK : F (Fine)
    - Allemagne : S (Schön)
    - Italie : MB (Molto Bello)
    - Espagne : BC+
  • Beau (B 6-14). Pudiquement qualifié de “Beau”, l’état de ces pièces les cantonne à l’achat/vente au poids. Il s’agit en effet de pièces usées voire très usées, d’un aspect médiocre. On arrive tout juste à distinguer le type. Les légendes sont partiellement effacées, l’effigie n’est plus nette, de nombreux accidents sont visibles. Il s’agit d’une pièce qui a beaucoup circulé et qui finira un jour ou l’autre fondue à moins qu’elle n’appartienne à un type rare.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA / UK : VG (Very Good)
    - Allemagne : SGE (Sehr Gut Erhalten)
    - Italie : B (Bello)
    - Espagne : BC

Les nombres de type 65-70 sont des échelons de qualité intermédiaires dans un même type d’état. Vous rencontrerez parfois ce type d’indications, mais ces considérations concernent plutôt les numismates.

Articles associés :

Livre à lire : Le Franc VIII - les Monnaies par Michel Prieur.

Article écrit par Jean-François FAURE

La prime des pièces d’or expliquée aux novices

Lundi, décembre 22nd, 2008

Le prix d un napoléon est égal au prix de l or contenu + la prime

Il y a encore quelques temps cette fameuse prime était nulle voire négative pour le Napoléon 20F. En pleine crise, courant octobre 2008, elle culminait à 30% (nous avons observé un pic à 65%, mais non significatif selon nous), un record depuis presque trente ans. Mais la prime des pièces d’or, c’est quoi déjà ?

La prime est la différence entre le prix du métal précieux constituant la pièce et le prix négocié de celle-ci.

Ainsi, un napoléon pourrait avoir pour 110 euros d’or mais valoir 120 euros. La différence entre ces deux valeurs exprimée en pourcentage est la prime.

La prime d’une pièce est liée à plusieurs facteurs :

· la fabrication : Plus les pièces sont petites et difficiles à produire et plus leur prime risque d’être élevée (sur ce principe, les Napoléons 10F ont une prime plus élevée que les 20F plus grosses). Parfois des qualités spéciales (Belle épreuve par exemple) ont été produites, justifiant alors une prime plus élevée.

· la spéculation : la prime augmente suivant les principes de l’offre et de la demande. Dans une période où les pièces se vendent plus qu’elles ne s’achètent la prime sera nulle ou légèrement négative (dans ce cas les pièces sont fondues si leur qualité est médiocre). Au moment d’une forte demande ou emballement spéculatif, la prime liée à la spéculation grimpe en flèche. La prime est donc un indicateur très efficace sur l’état de l’offre et de la demande, du potentiel de cette dernière et aussi des actions à mener. Une prime négative, nulle ou faiblement positive doit motiver l’achat alors qu’une prime entre 70 et 80% doit pousser immédiatement à la vente (en France la TVA s’applique sur les ventes d’or pour les pièces dont la prime et supérieure ou égale à 80%).

· la conservation : une pièce de qualité, n’ayant pas de trace de manipulation gardera toute sa prime. De mauvaises conditions de conservation (contact avec les doigts, rayures, usure par le frottement…) entraineront une décote de 4 à 10% pouvant donner une prime négative. Dans ce cas les pièces sont fondues et revendues au prix du métal précieux. Sur ce principe, la prime du demi-napoléon est plus élevée que celle du napoléon car les pièces de 10 francs or étaient bien plus utilisées, donc potentiellement plus usées, que celles de 20 francs; au final il est donc plus difficile de trouver un demi-napoléon en excellent état alors que les napoléon “neufs” sont nombreux (essentiellement des refrappes Pinay Marianne-Coq).

· la collection : certaines pièces sont plus rares du fait de leur frappe en plus petit nombre ou bien de caractéristiques particulières liées à des critères de rareté numismatique. Ainsi un 100 Francs Bazor (pièce de 6,55 g) pourra dépasser les 10000 euros suivant son niveau de rareté et son état. Ce chiffre étant alors totalement déconnecté de la valeur de l’or de la pièce.

· l’emplacement géographiques : les pièces d’or ne sont pas recherchées de la même manière dans tous les pays. Ainsi, en Chine ou bien aux USA, les napoléons sont bien moins connues et l’on préfère y acheter des pièces locales, ou bien des Krugerrand voire des Souverains qui ont un rayonnement international.

Notions associées :

  • La prime de fond : Il s’agit de la prime moyenne que l’on observe en temps normal, en dehors des périodes de crise par exemple. La prime de fond des napoléons 20F et par exemple nulle ou légèrement négative. Celle des demi-napoléon (napoléon 10F) est d’environ 12% alors que celle du napoléon 20F est nulle voire légérement négative.
  • Différentiel de prime : Il s’agit de la différence entre la prime de fond et la prime la plus haute observée. Ce chiffre indique quel est le potentiel que représente la prime comme effet de levier dans le cadre de l’achat de pièces d’or. Le demi-napoléon (napoléon 10F) est la pièce avec le différentiel de prime le plus élevé (80%) alors que le napoléon 20F tourne autour de 30% depuis quelques années.

Echanges entre la rédaction et un lecteur de LORetLARGENT.info à propos de la prime :

Xavier (lecteur du blog): Pourquoi dites-vous qu’un lingot est “banal” ? Sa prime n’est certes pas élevée, voire nulle, mais n’est-ce pas justement le moyen d’acheter de l’or d’investissement à son prix de marché ? Lorsque ce prix montera (très haut, comme je l’espère), l’affaire se révélera intéressante. Une pièce supporte aujourd’hui une prime élevée, donc est intéressante à vendre mais pas forcément à acheter…

LORetLARGENT.info (Jean-François Faure): Si vous avez 20000 euros à placer, n’achetez pas un lingot. Attendez que la prime des Nap passe en dessous de 5% pour vous positionner.
La prime est un véritable effet de levier. Imaginons que vous achetiez dans quelques mois un lingot et pour le même prix l’équivalent en Nap 20F sans prime. Si vous revendez au moment où vous en avez besoin (vous n’avez pas perdu de vue que l’or est une assurance contre les crises, mais pas contre les problèmes de la vie, dans ce derniers cas, préférez d’autres placements), à poids d’or égal, vous aurez minimum 20% en plus avec vos pièces (la prime), sans parler d’une plus grande facilité à les écouler.
Pour résumer, partant du principe que les pièces d’or sont un placement anti-crise, une assurance dont vous récupérez largement la mise (habituellement une assurance est à fonds perdus), il faut dès le départ prendre en compte la notion de prime et surtout celle de différentiel de prime. Il faut acheter les pièces qui ont le plus fort potentiel de hausse entre la prime de fond (la prime moyenne en dehors des crises) et la prime la plus haute rencontrée au moment des crises. Sur un lingot il y a 5% de différentiel de prime, sur un demi-napoléon il y a 76%. Imaginez sur un investissement de 20000 euros ce que ça donne à la revente. Évidemment les pièces doivent êtres d’excellente qualité. (Surtout ne rien acheter par eBay, vous aurez environs 1/3 de pièces bonnes pour la fonderie même si les photos sont flatteuses).
Gardez à l’esprit que la seule chose qui doit motiver votre achat d’or (pièces ou autres) c’est la revente (quand et comment). Généralement il faut faire vite et au meilleur prix. Et le lingot n’a pas le meilleur classement dans ce genre de concours…

Xavier : (…) La prime pourrait-elle baisser si l’or monte et surtout si on assiste comme en ce moment à une explosion de la demande physique partout dans le monde, et en France en particulier ?

LORetLARGENT.info : Vouloir comparer les évolutions de l’once d’or avec celle de la prime sur le Napoléon, c’est comme comparer le moral des banquiers américains et anglais avec celui des ménages français. Mon image est un peu caricaturale, mais elle reflète bien que les critères sous-jacents la hausse de l’once d’or ne sont pas les mêmes que ceux de la prime du napoléon. A ce sujet, comparez l’envol de l’once d’or en mars et le calme plat de la prime à la même époque. En mars, les français n’avaient qu’une vague idée qu’une crise approchait et sont restés vendeurs sur le Napoléon jusqu’en septembre. Sachez qu’au mois de janvier, notre  propre banquier ne savait pas comment faire pour nous vendre des pièces d’or alors qu’il n’avait aucun problème pour à nous proposer du LYXOR GOLD. Bref, on parle du même métal précieux, mais certainement pas du même support d’investissement et la prime est un excellent révélateur de ce décalage entre l’once d’or des places boursières, connecté notamment aux fluctuations du pétrole et du dollar, et la valeur des pièces d’or vendues en France qui sont plus en phase avec le moral des petits investisseurs amateurs de valeurs tangibles, comme les lecteurs de ce blog par exemple.

Xavier : D’accord, je me rends à vos arguments, qui se tiennent. C’est un problème de support d’investissement et on peut considérer en effet que le moral des petits investisseurs n’est pas encore au plus bas, tandis que le cours de l’once reflète déjà la dégradation des anticipations des gros spéculateurs (ou le début de la fin des manipulations sur le COMEX). L’avenir nous le dira.

Quelques articles à lire pour illustrer l’effet de levier que représente la prime :

Livres à lire :
2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter de Léonard Sartoni
Guide d’investissement sur le marché de l’Or de Yannick Colleu

Les vertus d’une bonne monnaie lorsque toutes les autres n’existent plus

Samedi, décembre 20th, 2008
Les oeufs peuvent-ils être une monnaie valable ?

Les oeufs peuvent-ils être une monnaie valable ?

Imaginons 2018. Les monde occidental est passé par des années de déflation puis un retour de flamme sous forme d’inflation massive à l’image de l’année 1923 en Allemagne.

En 2008, Jean vendait encore des yachts de luxe sur la Côte d’Azur. Depuis le crash financier et la crise économique qui s’en suivi, il élève quelques poulets dans une ferme en bordure d’un petit village Auvergnat. Il nous parle ici de sa dernière découverte dans un monde où de nouvelles règles se dessinent tous les jours. Il nous explique ainsi à quoi devrait ressembler une bonne  monnaie.

J’arrive sur la place de mon village, déjà grouillante de monde, et je dépose à mes pieds les produits de ma ferme : des paires de poulets, ficelés par les pattes, et des paniers où des mottes de beurre, enveloppées dans des feuilles, reposent sur un fond d’oeufs frais et lisses. Je ne suis pas sans inquiétude, car les Euros, dont nous avions coutume de nous servir dans le pays, sont refusés par tout le monde depuis que l’Etat les a émis par tombereaux entiers. Les écrans de saisie pour les paiements par cartes bancaires ne sont plus assez larges pour afficher les sommes dues pour les achats de la vie courante. Nous sommes donc un pays sans monnaie. Comment les choses vont-elles se passer ?

” Je me suis installé près du marchand de poteries, car je convoite quelques bols polychromes, alignés sur un tréteau de bois. Un voisin nous rejoint, portant sur son épaule des châles et des foulards, parmi lesquels je compte bien en choisir un ou deux pour ma femme. La conversation s’engage. Nous nous apercevons que chacun de nous désire une partie de ce que les autres possèdent. Voilà qui va bien. Or il se trouve qu’au bout d’un instant de discussion, nous sommes si bien embrouillés dans les échanges beurre-poteries, poulets-châles, châles-poteries, châles-oeufs…, etc., que nous n’y comprenons plus rien. Je propose alors de prendre pour unité un oeuf. Tout s’éclaire : nous tombons d’accord sur l’estimation de mon beurre, de mes poulets, de leurs châles et de leurs bols en termes d’oeufs. Nous discutons encore, mais finalement les échanges se font.

” Mes oeufs n’ont pas été manipulés, mais ils ont servi de dénominateur commun, comme me l’explique un ancien trader de Londres devenu éleveur d’escargots; ils ont rempli une première fonction monétaire : celle de mesure de valeur. Ils sont devenus une monnaie de compte et je commence à les regarder avec quelque respect.

” Voici que passe un ostéopathe de ma connaissance : c’est un habile homme qui d’une chiquenaude a remis en place la semaine dernière mon épaule qui s’était déboîté. ” Je ne suis pas un ingrat, lui dis-je, et tout service mérite récompense. Prenez donc de ma marchandise, à votre convenance. ” Il me remercie, mais il hésite, car il possède déjà en abondance tout ce que je lui offre ; il accepte cependant. ” Donnez-moi vos oeufs quand même, dit-il. Les oeufs, on trouve toujours à les échanger contre autre chose. ” Mes oeufs ont ainsi acquis une qualité nouvelle, ils sont devenus monnaie-marchandise, ils remplissent une deuxième fonction monétaire, celle d’instrument d’échange. C’est bien de l’honneur pour eux.

” Une heure après, comme je quitte le café du Commerce, où j’ai dignement terminé la matinée, je rencontre l’ostéopathe. ” J’ai gardé une douzaine de vos oeufs, me dit-il, je me servirai d’eux pour acheter des pâtes demain ; l’épicier est aujourd’hui complètement démuni. ” Mes oeufs vont remplir une troisième fonction monétaire, celle de réservoir de valeur, d’instrument d’épargne. Ils sont une véritable monnaie.

” Ne convient-il pas, puisqu’il en est ainsi, d’estimer mes oeufs plus que je ne l’ai fait jusqu’ici ? Ce choix flatteur dont ils viennent d’être l’objet ne justifie-t-il pas de ma part une hausse de leur prix ? Ils ont acquis une valeur monétaire qui s’ajoute à leur valeur commerciale, et je m’en réjouis. Mais, deux jours plus tard, un voisin qui vient me voir répond sans le vouloir aux questions que je me suis posées : il m’apprend que l’ostéopathe, tout malin qu’il est, a buté contre une pierre, qu’il est tombé, que son panier s’est renversé et que les oeufs ont fait une omelette, à la grande joie des enfants qui l’observaient au bord de la route. J’en conclus que mon raisonnement est exact dans le cas d’une bonne monnaie, mais que les oeufs sont une mauvaise monnaie, et toute leur gloire s’évanouit à mes yeux… “

Je pense que dès demain je vais ressortir les vieux napoléons en or cachés derrière ma bibliothèque.

Article écrit par Louis Baudin et Jean-François Faure

 

Les pièces de monnaie d’or et d’argent. D’abord un objet avec du sens.

Vendredi, décembre 19th, 2008
Pièces d'or 40F - Bonaparte premier consul

Pièces d or 40F - Bonaparte Premier Consul

Nous vous avons parlé de l’intérêt des pièces d’or comme assurance lors de période de crise. Nous avons aussi évoqué l’effet de levier que représente la prime, surclassant ainsi tous les investissements dans l’or physique connus. Bref, nous vous en avons parlé comme un placement, comme votre banquier pourrait vous détailler les avantages d’un tracker Lyxor gold, les belles photos en plus. Il ne manquerait plus que l’on voit un jour sur ce site une analyse graphique de l’évolution de la prime du napoléon. Même si pour l’instant nous gardons pour nous ce genre d’analyse, il est probable que cela arrive prochainement. Mais franchement ce ne serait pas rendre tous les honneurs qui sont dues à ces petits morceaux de métal. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une monnaie ancienne d’or, d’argent, ou bien même d’un vil métal, reste avant tout un objet avec du sens.

Patrice de la Perrière et Pierre Colombani nous en parlent avec toute la passion des numismates qu’ils furent.

La monnaie se rattache à l’histoire de la ville, de la province, de l’État par lequel elle a été frappée. Elle est une de ses composantes. Elle en subit directement les fluctuations. Archaïque et grossière à ses débuts, indiquant ainsi le manque d’assurance, elle s’affine, s’équilibre, ” s’anoblit “, ses formes devenant plus élégantes, voire plus fonctionnelles, quand la cité devient plus puissante ; son esthétique s’améliore pour rivaliser avec le monnayage des cités voisines ou des États rivaux. Avec orgueil, elle porte sur ses flans le visage de ses héros, de ses rois, de ses dieux. Elle y célèbre ses victoires, ses armées, parfois ses passions (le quadrige représenté sur les monnaies de Syracuse indiquait le vif intérêt des Syracusains pour les courses de chevaux), ses emblèmes, ses symboles, clairs ou ésotériques.
Certains empereurs ou tyrans ne sont représentés que sur quelques monnaies et pendant une courte période, montrant ainsi, soit la brièveté d’un règne, soit la haine tenace de leur successeur. Inscriptions et types monétaires ont une fonction de propagande. L’effigie de l’empereur peut être représentée sur les monnaies des décennies après sa mort, et cela dans des villes, des pays très distants.
Que le poids des monnaies d’or et d’argent s’amenuise indique les difficultés d’un roi, d’une cité, l’inflation n’étant pas, hélas ! un phénomène de notre époque. Quels meilleurs témoignages d’une civilisation peut-on trouver ?

Mais une monnaie d’or ou d’argent, ce n’est pas qu’une histoire, c’est aussi le plaisir de posséder une œuvre d’art.
Pour le passionné de formes, d’esthétique, la monnaie présente les mêmes caractéristiques d’unité, d’équilibre des volumes, de stylisation, ou encore de maniérisme, voire d’abstraction, qu’un tableau, une statue, un bijou…
Les villes, les rois, les tyrans faisaient appel aux meilleurs artistes, aux graveurs les plus célèbres pour illustrer leur monnayage. Que ce soit un Kymon, ou un Evainète, dans le monde grec, un Warin sous la royauté française. Les monnaies issues de notre Moyen Âge témoignent avec orgueil de la magnificence de l’art gothique et de l’extrême richesse de la cour de France. Elles nous retracent les préoccupations esthétiques et la recherche artistique d’une période, ce document exceptionnel s’insérant parfaitement dans le panorama d’un règne, d’une civilisation.

Pour finir, une monnaie c’est le caractère fascinant de l’objet usuel. Une monnaie n’est pas créée pour le seul plaisir de la décoration, mais pour un usage très concret. Passée de main en main, elle a été caressée, appréciée, désirée, perdue, cachée par ses lointains possesseurs. Ces civilisations dont nous sommes issus et dont nous dépendons constituent notre patrimoine artistique, toute notre histoire. Elles les ont laissées en témoignage.

L’acheteur d’or est un contrarien

Vendredi, décembre 19th, 2008
En lingots et surtout sous forme de pièces, achetez de l'or !

En lingots et surtout sous forme de pièces, achetez de l or

La situation est alarmante. Même les pharmaciens et les vendeurs de chaussures se sont mis à la macro-économie. Tout le monde croit comprendre comment fonctionne l’économie mondiale.
” Eh bien, c’est en partie vrai “, avons-nous expliqué. ” En effet, les Chinois vendent leurs produits aux États-Unis, puis leur reprêtent l’argent ainsi gagné. Le problème, c’est qu’aucune loi ne dit que les choses doivent continuer ainsi.
Imaginez un commerçant. Un jour, son meilleur client a du mal à payer ses factures. Le commerçant lui accorde un crédit… espérant qu’un jour, son client remettra ses finances à flot. Mais plus le client s’endette, plus sa situation financière empire. Ce serait parfait si les choses pouvaient fonctionner ainsi, mais c’est rarement le cas. Au contraire, la situation finit toujours par s’envenimer. Le client doit cesser d’acheter, et le commerçant de lui faire crédit. Autrement dit, ça va chauffer !
” Alors, qu’est-ce qu’un investisseur devrait faire pour sécuriser ses investissements ? ” nous demanda notre ami.
” Acheter de l’or “.
” De l’or ? Quelle drôle d’idée ! Voilà des années que je n’ai entendu personne parler d’or. ça semble tellement dépassé. Je ne pensais pas qu’il y avait encore des gens qui achetaient de l’or “.
” Voilà justement pourquoi vous devriez en acheter “.

Extrait du livre de Bill Bonner L’Empire des dettes : A l’aube d’une crise économique épique écrit en 2006 !

Entre patrimoine virtuel et patrimoine palpable

Jeudi, décembre 18th, 2008

Et si l'avenir des placements anti-crise c'était gérer virtuellement de l'or bien réel ?

La crise économique que notre planète traverse, à défaut d’être confortable, a au moins pour mérite d’avoir mis au grand jour un certain nombre de dysfonctionnements, un bon nombre d’entre eux étant survenus - voire survenant encore et toujours - au sein d’organismes à qui pourtant, très majoritairement, les états et gouvernements avaient, depuis des décennies, accordé une très large confiance : les établissements financiers. C’est-à-dire, schématiquement, les banques, les organismes de crédit et les établissements spécialisés dans l’épargne (même publique).

Aujourd’hui la crainte des épargnants - et du commun des mortels - n’est plus tant de savoir si leurs économies sont raisonnablement fructueuses, que de savoir si elles ne sont pas tout simplement volatiles. L’on sait que l’Etat français garantit les dépôts bancaires à concurrence de 70.000 euros par personne, mais jusqu’à quel point ? Et si une faillite massive - que l’affaire Madoff aurait d’ailleurs pu parachever - survenait ? Si les plus grandes banques françaises en arrivaient au stade de la liquidation ? Combien représenteraient, pour l’économie publique, ces garanties tendant ainsi à dédommager des dizaines de millions de personnes ? La France elle-même ne se retrouverait-elle pas, elle aussi, en dépôt de bilan ?

Même parmi les personnes qui n’ont pas 70.000 euros en banque - et elles sont une majorité -, mais aussi, à plus forte raison, parmi celles qui les ont ou qui ont même davantage, il se trouve un nombre croissant d’individus qui n’ont plus du tout confiance en les établissements bancaires, et qui, tous comptes faits, préfèrent finalement vider leurs comptes bancaires et récupérer leurs pactoles pour les protéger ” sous le matelas ” (ou dans le ” bas de laine “, pour citer une autre expression consacrée). C’est bien sûr sans compter les risques d’incendie, d’inondation, de cambriolage ou de toute autre forme de sinistre, mais au final, ces risques, même cumulés, sont-ils réellement plus élevés que celui de voir sa banque s’effondrer, puis l’Etat de se retrouver dans l’incapacité d’assumer les garanties données ?

Un autre signe des temps, il existe une tendance sans cesse croissante, et on la doit à l’avènement d’Internet. Il s’agit des établissements que l’on peut qualifier de ” semi-bancaires “, tels Paypal, Moneybookers ou Google Checkout. Chaque jour, des millions de transactions entre particuliers mais aussi entre professionnels échappent au contrôle des banques (pas de chèque, pas de virement, pas de transaction par carte bancaire), mais aussi des services d’acheminement du courrier (pas de mandat-cash non plus !).

Du 100 % virtuel, voilà qui serait une bonne idée. Après tout, grâce à l’argent-dette, c’est ce que font les banques depuis des décennies : vous prêter de la monnaie qui n’a jamais été frappée (au sens technique du terme), et seulement en dernier recours (retrait au guichet ou au distributeur) la convertir en monnaie palpable. D’ailleurs, même votre salaire est virtuel. Il n’est rien de plus qu’un jeu d’écritures entre deux banques, par banque centrale interposée (ce que l’on nomme chambre de compensation, qui ne pratique jamais de compensation au franc le franc, pour des raisons inhérentes au système monétaire).

La bonne formule, la plus rassurante, sans doute la plus équilibrée aussi, serait de combiner le virtuel, finalement plus sécurisant que le système bancaire, avec des valeurs sûres et palpables (or, argent, etc.).

Article écrit par Jean Lançon

Fausses pièces d’or et faux lingots

Jeudi, décembre 18th, 2008
Lanalyse du différent monétaire permet au moyen dun microscope de détecter les faux napoléons

L'analyse du différent monétaire permet au moyen d'un microscope de détecter les faux napoléons

Dans les années 80 la prime sur les Napoléons était proche des 100%. Si un Napoléon contenait pour 1000 Francs d’or, sa valeur globale était de 2000 avec la prime, motivant des faussaires à fabriquer de faux Napoléons à partir d’or bien réel pour empocher la différence, la prime. C’est ainsi qu’a été frappé la Marianne Coq de 1915. La dernière pièce d’or Marianne officiellement frappée par la France portant le millésime 1914, il était évident qu’il ne pouvait s’agir que d’un faux dans le cas d’une pièce datée de 1915. Aujourd’hui, les fausses Marianne Coq de 1915 sont vendues comme les autres pièces en or, sans prime évidemment.

Nous avons trouvé sur le blog Placements et métaux précieux un article à propos des faux napoléons :

Il existe quatre sortes de faux Napoléons et une énigme.

  1. Les “tocs“: En métal vil, plaquée or. Elles ne valent rien. Elle sont relativement facilement détectable avec une bonne balance.
  2. Les “italiennes” ou “Montecatinis“: Elles furent fabriquées en Italie dans les années 1860. A cette époque, le cours de l’or était nettement inférieur à la valeur du Napoléon. De ce fait, il était très lucratif de faire des faux en or à partir de lingots. Le cours actuel de ce type de pièce est de +/- 80% de celui d’un vrai Napoléon.

LA SUITE DE L’ARTICLE SUR PLACEMENTS METAUX PRECIEUX

Les faussaires ne manquent pas d’imagination et ce sont aussi attaqués aux lingots.

Le détection des faux lingots n’est pas facile quand le travail du faussaire est de bonne qualité.

Il existe deux façons de faire un faux lingot: le lingot “plaqué-or” et le lingot “fourré”. Le premier est relativement facilement détectable, mais le second est difficile à reconnaître.

Un lingot “plaqué-or” ou “toc” est un lingot fabriqué de toute pièce à partir d’un moule. Dans ce moule on coule un métal ou un alliage des métaux vils (généralement du bronze ou du tungstène) et par la suite on recouvre ce métal d’une fine pélicule d’or. En général dans ce cas il est impossible d’avoir un poids qui correspond au volume d’un vrai lingot. Comme on désire préserver d’abord l’apparence de la forme ce sera au détriment du poids. Ce type de lingot est plus léger qu’un vrai. Une bonne balance permettra de reconnaître ce type de fraude. Une griffure avec une pointe métallique confirmera qu’il s’agit bien d’un placage d’or.

LA SUITE DE L’ARTICLE SUR PLACEMENTS METAUX PRECIEUX

Le taux directeur de la FED à 0% (ou presque). What else ?

Jeudi, décembre 18th, 2008

Nous l’attendions et nous y voilà. Le taux directeur de la FED est presque à 0%. Mais en quoi consiste ce taux et qu’elles seront les conséquences ? A quoi devons-nous nous attendre en Europe ?

S’il faut prendre une image, cela revient pour Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale, à monter dans un hélicoptère et à jeter des sacs de billet par la portière, d’inonder le monde avec des liquidités pour faire redémarrer la machine. Il dit aux Américains : “dépensez votre argent parce que, placé, il ne vous rapportera rien. Empruntez parce que cela ne vous coûtera rien”.

Ce taux représente les intérêts que les banque américaines devront payer sur les emprunts à court terme qu’elles vont opérer sur le marché interbancaire afin de financer leurs besoins en liquidités. Descendre le taux à zéro rentre donc clairement dans la logique de relancer l’économie. L’argent est “moins cher” pour les banques et elles répercutent alors sur leurs propres clients cette tendance. Acheter le dernier écran plat, une voiture ou bien  une maison coûte moins cher.

” Super ! Alors on va tous se remettre à consommer demain et le prix de ma maison va repartir à la hausse. “ En fait ce n’est pas aussi simple et l’exemple récent du Japon nous montre que descendre le taux directeur en dessous d’un certain seuil ne relance pas l’économie mais la fait au contraire rentrer dans le système vicieux de la “trappe à liquidités“. En bref, les banques ne prêtent plus à des taux trop bas et préfèrent garder les liquidités acquises à bras prix. En effet, en dessous d’un certain seuil, les banques supposent que les taux ne peuvent que remonter et dans ce cas elles “revendront” plus cher cet argent qu’elles auront gardé. Conscient du problème, la FED a glissé une petite phrase a ce sujet dans son communiqué de presse en indiquant qu’elle “s’attend à ce que la faiblesse de l’économie actuelle l’oblige à laisser son taux à un niveau exceptionnellement bas pendant un certain temps”. Si les banques n’ont aucune visibilité sur une éventuelle remonté prochaine des taux, autant prêter l’argent aux clients et ne pas le garder.

Jean-Claude Trichet, de la Banque Centrale Européenne, partage quant à lui l’analyse du risque de trappe à liquidités et a déjà fait savoir qu’il souhaitait marquer une pause suite aux baisses de taux survenues les semaines précédentes. Il estime qu’il y a des limites. A l’heure actuelle, le taux de la BCE se situe à 2,5%, et étant donné que l’inflation chute rapidement, il est peu probable que l’on ait droit à une autre diminution du taux.

Les accords de Bretton Woods

Samedi, décembre 13th, 2008

La Seconde Guerre mondiale fut l’occasion de repenser les grands problèmes. Un souvenir domine : la Grande Crise. Personne ne veut plus la revoir. Mais comment s’y prendre ?

La guerre s’achevait, mais Paris n’était pas encore libéré lorsque, du 1er au 22 juillet 1944, à Bretton Woods, dans le New Hampshire, 44 Etats, tous opposés à l’Allemagne, à l’Italie et au Japon, participèrent à une conférence sur le futur régime des monnaies. C’est là que furent conçus le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale pour la reconstruction et le développement (BIRD).

La conférence fut dominée par une opposition entre les Anglais, représentés par Keynes, et les Américains qui soutenaient le plan élaboré par Harry Dexter White. Keynes, qui vivait ses dernières années, avait conçu un projet fort ambitieux. Les pays créditeurs s’y voyaient obligés de consentir certains crédits aux débiteurs. Quand le déséquilibre externe devenait trop important, le débiteur acceptait de freiner son rythme de croissance. Le Fonds monétaire eût été, en quelque sorte, une banque d’émission dont la monnaie, le bancor, s’appuyait sur les réserves des pays qui en avaient le plus.

Le plan de Keynes fut mal accueilli par les Américains. Ils avaient, à la faveur de la guerre, drainé l’or du monde entier. Ils étaient et seraient longtemps les grands créditeurs. Ils ne voulaient pas financer automatiquement l’inflation des débiteurs.

Le plan White fut donc préféré et format les bases du système monétaire jusqu’en 1971.

Quels dispositifs le plan White a-t-il institué ?

Chacun adoptait une parité fixe entre sa monnaie et le dollar, et s’interdisait  de dévaluer fortement sans l’accord du Fonds. Chacun s’engageait à maintenir sur le marché de son pays, à 1% près, le taux de change déposé au Fonds monétaire.

Si en Suède, par exemple, le prix du dollar montait trop, cela voulait dire que le cours de la couronne suédoise était trop bas. La Banque de Suède devait donc vendre des dollars et racheter des couronnes. Celles-ci raréfiées sur le marché reviendraient au taux normal mais le pays aurait perdu  une partie de ses réserves de devises. Si au contraire le cours du dollar baissait trop, cela voulait dire que la couronne suédoise était trop chère. La Banque de Suède devait, à ce moment, acheter des dollars en émettant des couronnes, rétablissant ainsi l’équilibre.

Chaque pays était donc obligé d’aligner sa monnaie sur le cours du dollar. Et les Etats-Unis ? Ils devaient, eux, aligner le dollar sur l’or. Ils n’avaient pas d’obligation vis-à-vis des autres monnaies mais ils devaient être vendeur  et acheteurs d’or au prix de 35 dollars l’once pour n’importe qu’elle quantité. Par ce biais, tout porteur d’une des monnaies du Fonds monétaire pouvait, en principe, en obtenir la contre-valeur en or à un cours prévu d’avance. Cela c’était l’idéal théorique…

Mais voilà, aucun contrôle n’avait été prévu sur la quantité de dollars américains émis. Les États-Unis avaient la possibilité de ne pas respecter leurs engagements envers les comptes extérieurs. Jusqu’en 1958, il y a famine de dollars. Puis la situation se retourne. Une inflation de dollars se produit notamment du fait des dépenses considérables de la guerre du Viêt-nam et de la course à l’espace. Les pays qui exportent le plus vers les États-Unis accumulent d’immenses réserves en dollars qui donnent lieu à autant d’émissions dans leur propre monnaie, alimentant une inflation de plus en plus inquiétante. Ces accords devenaient alors un frein au développement des Etats-Unis et risquaient de déstabiliser le monde.

Le 15 août 1971, les Etats-Unis commencent à se libérer du carcan des accords de Bretton-Woods en suspendant la convertibilité du dollar avec l’or. Le système des taux de change fixes s’écroule définitivement en mars 1973 avec l’adoption du régime de changes flottants et, le 8 janvier 1976, les accords de Kingston (Jamaïque) confirment officiellement l’abandon du rôle légal international de l’or. Il n’y aura alors plus de système monétaire international organisé jusqu’à nos jours.

La monnaie fiduciaire

Mercredi, décembre 10th, 2008

Qu’est-ce que la monnaie fiduciaire ? Si l’on ouvre un dictionnaire latin, il est intéressant de noter que le mot fiducia veut dire “confiance”, “assurance” ou “courage”. Le dollar, qui est LA monnaie fiduciaire de notre monde moderne est donc basé sur la confiance qu’on lui porte, une monnaie papier qui, si l’on colle à l’étymologie, donnerait courage et assurance à ceux qui en possèdent. Rien que ça !

En fait, toute monnaie est plus ou moins fiduciaire. Même l’or en son temps fut subordonné au crédit qui lui était attribué. L’usage voulait que si les autorités monétaires conféraient à une monnaie d’or un cours déconnecté du prix du métal incorporé, on l’accusait alors d’être une monnaie fiduciaire. A plus forte raison, la part demandée à la confiance grandit si la teneur en or est réduite, si un métal commun est substitué au métal précieux, si la monnaie est faite d’une matière sans valeur.

A ce jeu, les Etats-Unis et leur dollar n’ont évidemment rien d’innovant et il faut plutôt se tourner vers les chinois pour voir apparaître les premières monnaies fiduciaires “dignes” de ce nom. L’empereur Wou-Ti émet en l’an -140 des pièces faites d’un alliage d’argent et d’étain auxquelles il assigne un cours arbitraire : la pièce ovale vaut 300 jetons de cuivre, la pièce carrée 500 et la pièce ronde 3000. Il imagine même des carrés de daim blanc et de soie, marqués du sceau officiel, et leur donne cours pour 40000 pièces de cuivre. Il faut avouer que ces émissions ne coûtent rien au Trésor public et lui donnent de singulières facilités. Comment ne serait-il pas tenté d’en abuser ?

De fait, la Chine en abuse, à plusieurs reprises, surtout à dater du jour où elle sait fabriquer le papier : une belle invention, promise à un g