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Archive for the ‘Réflexions’ Category

La Suisse sur le point d’introduire le franc-or ?

Vendredi, mai 4th, 2012
Vera Valor

Mercredi on vous parlait de l’idée naissante d’un retour à la monnaie-or aux Etats-Unis, conséquence d’un rejet croissant vis-à-vis de la monnaie fiduciaire. Et bien, il n’est en fait pas utile d’aller si loin pour percevoir le malaise économique :

Aujourd’hui ce sont nos voisins Suisses qui envisagent l’introduction d’une nouvelle monnaie : le franc-or !

Cette proposition qui sera examinée et débattue le 22 mai par la Commission de l’économie et des redevances (CER) est une initiative de Thomas Jacob, Président de l’association franc-or. L’idée est d’introduire le franc-or comme devise additionnelle au franc suisse actuel. La nouvelle monnaie serait constituée de différentes pièces ayant chacune une teneur en or fixe et précise. Selon Thomas Jacob l’apparition de cette nouvelle devise est on ne peut plus justifiée : « Le franc-or permet aux citoyens d’être plus sûrs en périodes instables. De plus, la teneur en or de chaque pièce garantit la sécurité de sa valeur ».

Liberté, sécurité et prospérité

Le franc-or apporterait alors plus de sécurité car il peut être considéré comme une valeur refuge, plus de prospérité avec le développement du marché de l’or à l’échelle mondiale, et plus de liberté car les citoyens seraient libres de choisir une monnaie entièrement garantie par l’or.

Un beau projet donc en lequel Thomas Jacob croit dur comme… or, et qui est soutenu par des politiciens du Parti des Libéraux-Radicaux (PLR) et de l’Union Démocratique du Centre.

Et en cas de rejet de la Commission ? Le Président de l’association franc-or ne compte pas en rester là et souhaite alors lancer une initiative populaire et demander l’avis du peuple Suisse.

Une initiative à suivre de très près dans les prochains jours donc !

Source : 20min.ch – Initiative populaire pour le franc-or ? 3 mai 2012

La création d’une monnaie du futur récompensée en or !

Mardi, avril 10th, 2012

Une relique barbare, l’or ? Pour les vieux économistes qui se réclament de Keynes sûrement, mais pas pour la plupart des Français pour qui l’or est une valeur loin d’être dépassée (78%), un investissement d’avenir dont la valeur ne cesse d’augmenter (2 tiers), et pour qui l’or pourrait même être une meilleure monnaie que le dollar et l’euro (1 Français sur 2)*. L’or est une valeur qui a encore de beaux jours devant lui, la seule qui ait servi de monnaie d’échange au fil des siècles et qui survivra à toutes les monnaies.  Est-ce pour cette raison que la Monnaie Royale Canadienne tient à récompenser la création d’une monnaie électronique par de l’or physique ?

Bitcoins, portefeuilles virtuels, paiements par téléphone mobile… L’ère est à la dématérialisation des espèces sonnantes et trébuchantes. On ne peut pas renier leur côté pratique. Les avantages d’une monnaie du futur semblent ne pas avoir échappé à la Royal Mint canadienne qui souhaite sûrement dépoussiérer son image au passage en ouvrant un concours aux développeurs de logiciels qui devront plancher sur un format de devise électronique.

Pour la Monnaie Royale Canadienne, la création d’une monnaie virtuelle se situe dans l’évolution logique de la monnaie. Les thèmes à développer sont bien sûr sécurité et facilité des transactions, ce qui nous amène au cœur même de la problématique des monnaies virtuelles : le piratage. La monnaie Bitcoin en avait déjà fait les frais en juin 2011.

Une récompense en monnaie pérenne
Tout le paradoxe du concours est que les récompenses sont attribuées en or sonnant et trébuchant : 1 lingot de 10 onces (pour une valeur de 17000$) sera décerné en  premier prix et les créateurs des meilleures applications de B2C et de micro-paiement se verront dotés de 3 pièces d’or chacun (pour un montant d’environ 5100$). Même pas en dollars… Récompenser un concours très orienté « currency of the future » avec de l’or est une façon de rendre hommage à la monnaie la plus ancienne qui soit. C’est aussi une façon de rappeler que l’or est aussi une monnaie d’avenir et certainement plus pérenne que les devises électroniques à venir !

Lien du concours

*Enquête Ifop réalisée par Aucoffre.com sur les Français et l’or

Les grands mouvements de l’or

Vendredi, avril 6th, 2012

Marc Gentilhomme est un client d’aAuCOFFRE.com que nous avons rencontré lors la rencontre annuelle des membres le 3 décembre dernier. C’est au cours de nos échanges qu’il nous a parlé des vagues d’Elliott sur le ton de la confidence.

Dans son livre « Jouez gagnant face à la crise » paru en 2003 qu’il a co-écrit avec Jean-Marie Grégoire, il y livre sa méthode, basée sur les prévisions financières réalisées par Robert Prechter, grâce à la Théorie des vagues d’Elliott.

La méthode de Prechter qu’il a mis 40 jours à comprendre, nécessite beaucoup de travail en amont, une formation longue et un lexique particulier. Cette méthode qu’il a vulgarisée s’accompagne de prévisions et de recommandations. Une profonde mutation financière, économique et sociale nous attend. Bien que détachées les unes des autres et de structure différente, les crises de 2000, 2008 et la crise actuelle que nous traversons ne sont que les prémisses d’un changement en profondeur qui ne pourra s’effectuer sans que nous ayons hélas touchés le fond. Cette mutation s’accompagnera d’une chute du CAC 40, d’une remise en question de l’establishment, d’une nette dégradation sociale et de la remise en question totale de l’économie occidentale. Avec de telles prévisions, impossible de ne pas parler d’or. L’or que l’on voit revenir petit à petit dans le circuit des échanges monétaires, l’or dans lequel de plus en plus de Français investissent… Mais où en est-on en ce moment ? Est-ce encore le bon moment d’investir dans l’or ? Marc Gentilhomme répond à nos questions.

LORetLARGENT.info : Comment vous est venue l’idée d’écrire Jouez gagnant face à la crise ?

Marc Gentilhomme – J’ai co-écrit ce livre avec quelqu’un qui boursicotait, comme moi (NDLR : Jean-Marie Grégoire). Je l’ai rencontré en 2002, à l’époque où les marchés chutaient, il rédigeait une lettre d’analyse indépendante assez pertinente.

LORetLARGENT.info : Qui est Robert Prechter ?

Marc Gentilhomme – Prechter est l’écrivain et analyste financier qui a récupéré, exhumé et appliqué la méthode d’Elliott avec plus ou moins de succès. « At the crest of the tidle wave » est un livre de vulgarisation passionnant qui traite avant tout de la psychologie collective.

LORetLARGENT.info : Pouvez-vous nous en dire plus sur les vagues d’Elliott ?

Marc Gentilhomme – La théorie des vagues d’Elliott repose sur des phases de psychologie collective identifiables et répétitives. Chaque super cycle est composé de 5 vagues et dure à peu près le temps d’une vie humaine.

Dans chaque phase, il y a des comportements, des attitudes, un langage qui permettent d’identifier les différentes phases. L’humain a toujours le même comportement, car le cerveau marche toujours de la même façon. Les paniques spéculatives ne remontent pas aux années 2000. La plus marquante mais pas la première remonte à 1619 avec la crise des tulipes.

LORetLARGENT.info : En quoi consistent généralement les mouvements de psychologie collective ?

Marc Gentilhomme – Individuellement, les gens se retrouvent dans des comportements collectifs, des comportements bien sûr codifiés dont ils n’ont même pas conscience.

LORetLARGENT.info : Quel est le pourcentage de personnes à adopter ce comportement collectif ?

Marc Gentilhomme – A peu près 80% de l’humanité suit le troupeau, 10% sont rétifs, 10% sont indécis.

LORetLARGENT.info : Peut-on arriver à prédire avec les vagues d’Elliott ?

Marc Gentilhomme – A peu près tout. Quand on détermine que l’on est par exemple dans la vague 5, c’est le moment où tout le monde veut d’un actif. Prenons l’exemple de l’or par exemple. Quand tout le monde en voudra, que le collectif ne jurera que par ça, alors il sera déjà trop tard. Pour ceux qui auront eu le bon réflexe d’en acquérir avant, ça sera le bon moment d’en revendre… ou de le garder pour s’en servir de monnaie d’échange. Par contre, si on arrive à prévoir le type de vague dans laquelle on entre, il est plus difficile d’en prédire l’amplitude. Combien de temps la vague 5 peut-elle durer ? Sur le niveau et la durée des vagues, Elliott est muet sur le sujet.

LORetLARGENT.info : Dans quelle vague sommes-nous actuellement ?

Marc Gentilhomme – On distingue les mouvements ascendants des vagues par des chiffres et les mouvements descendants par des lettres. Ainsi on est dans la vague C, ce qui signifie que nous sommes dans la phase descendante de la vague 3. La vague de baisse actuelle peut durer jusqu’à 2017/2020.

LORetLARGENT.info : Comment définissez-vous une vague de type 3 ?

Marc Gentilhomme – Les vagues 3 sont des vagues de correspondance entre les phénomènes économiques et financiers.

LORetLARGENT.info : Quand saurons-nous que nous repartirons en vague 4, soit en vague de croissance ?

Marc Gentilhomme – Quand on observera un retour des gens à la terre, comme c’est déjà le cas en Grèce. Chacun voudra cultiver son lopin de terre, plus personne ne voudra exercer un métier très prisé en ce moment (NDLR : trader ?).

LORetLARGENT.info : Nous sommes encore loin de la phase « maniaque » de la vague 5, on peut donc encore acheter de l’or ?

Marc Gentilhomme – Tout à fait.

LORetLARGENT.info : Qu’est-ce qui fait repartir une vague à la croissance ?

Marc Gentilhomme – On repart généralement sur de nouvelles bases, cela peut être de nature financière, énergétique, médicale, scientifique… Pour qu’il y ait une vague, il faut une mode, un truc nouveau, il faut que tout le monde en veuille et que l’argent coule à flot.

LORetLARGENT.info : Que pouvez-vous prédire par rapport à l’or ?

Marc Gentilhomme – Que l’or papier est risqué, car sa valeur totale est plus importante que la base or. Donc c’est vers l’or physique qu’il faut se réfugier. L’or connaîtra une nouvelle forme d’endormissement comme dans les années 80, mais ce n’est pas demain la veille. Et il faudra alors en profiter pour en acheter !

LORetLARGENT.info : Que pouvez-vous annoncer d’autre ?

Marc Gentilhomme – L’immobilier va baisser mais ça n’est pas une surprise, sauf que nous l’avions prévu depuis un moment.

Malgré tout, il peut y avoir des surprises au niveau des prix, tout peut monter et on peut se retrouver en situation d’hyperinflation.

La remise en question des accords de Shengen était un cycle complètement annoncé, l’euro voué à l’échec, le terrorisme… Les grandes croyances ne sont pas encore effondrées sur l’Etat, mais l’interventionnisme pourrait connaître un sacré revers.

 

Le retour au standard or, du professeur Antal Fekete

Vendredi, mars 23rd, 2012
Retour au standard or, d'Antal Fekete

Retour au standard or, d'Antal Fekete

Un des passionnants livres de chevet de cet hiver fut incontestablement « Le Retour au standard or » du Professeur en économie Antal Fekete. Théoricien de l’or depuis quarante ans, il y explique que l’abrogation du standard or est à l’origine de la grave crise financière que nous traversons actuellement. Visionnaire, il avait prédit de longue date le déclin de l’économie actuelle et la chute dans laquelle nous a entraîné la monnaie papier. Pour lui, l’économie mondiale est prête à exploser.
Pessimiste ? Catastrophiste ? Illuminé ? Eclairé ? Loretlargent.info vous propose une grille de lecture du « Retour au standard or ».

L’idée maîtresse du livre réside notamment sur le fait que la crise financière actuelle est causée par la fin du standard or décidé par Nixon en 1971. La fin de la monnaie reposant sur un actif tangible marque le début de l’argent fictif à volonté (la monnaie papier) et par-là même, la création de la dette infinie. « Le monde a pu expérimenter depuis 40 ans ce que c’est de fonctionner sans disposer du standard or. Le résultat est purement catastrophique » (p. 69).

L’expérience d’Antal Fekete, professeur à la Memorial University de Terre-Neuve, de 1958 à 1993, ayant entre autre travaillé à Washington sur le problème de la réforme monétaire et fiscale des Etats-Unis, lui confère une vision d’ensemble que peu d’économistes, déformés par des cours de finance obsolètes ont.

C’est cette vision à la fois historique et mondiale de l’économie qui donne du poids à ses propos. Il dénonce pêle-mêle l’avènement de la monnaie papier, les manipulations gouvernementales des Etats-Unis pour réussir à imposer le dollar comme unique monnaie de change international, la disparition des lettres de crédit payables à échéance courte en or (ex fonds de roulement des salaires), la base-or, le contango sur l’or, la backwardisation de l’or…

Seul reproche que l’on pourrait objecter au livre, c’est le manque de développement des solutions proposées pour un retour au standard or. Celles-ci semblent parfois lapidaires et manquer parfois de fond par rapport au reste du livre, bien étayé. Sa vision du retour au standard ressemble à une forme de protectionnisme liberticide, à l’inverse de ce que le professeur prône pourtant… L’idée que les fonds privés en or deviennent publics pour être réintroduits sur le circuit nous paraît dangereuse.  C’est peut-être sur la façon de réintroduire l’or sur le marché que nous restons sur notre faim.

Détails de la fiche de lecture
Auteur : Antal Fekete
Titre : le Retour au standard or
Editeur : Le Jardin des Livres, 2011
Description : 1 vol. (230 p.) ; 22 cm

Présentation de l’éditeur :
« Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l’a montré leur misérable performance de 2007. Pire encore, ils sont même totalement incapables d’admettre leurs propres erreurs. Ils sont une malédiction jetée sur le corps politique et des verrues sur le corps académique. Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent à la minute où je vous parle ».

Le professeur Antal Fekete est un théoricien de l’or depuis quarante ans et forme les spécialistes du métal jaune des banques centrales. Dans ce livre, il explique les raisons pour lesquelles le système financier mondial se dirige vers l’explosion, comme un train lancé à toute vitesse et auquel on a enlevé les freins, alors que la presse tente de vous faire croire par tous les moyens que tout va bien.

Pour le Pr Fekete, le système reposant sur la monnaie-papier (euro, dollar) est arrivé à son terme, exactement comme les billets de banque de John Law ont disparu en fumée sous Louis XV. Et il explique aussi pourquoi Nicolas Sarkozy avait vendu l’or de la France de toute urgence alors que le cours était au plus bas.

Avec ce livre, vous allez également découvrir que l’économie est quelque chose de très simple, mais que les pseudo-économistes l’ont volontairement rendue compliquée, afin de cacher les mécanismes de la monumentale escroquerie du dollar. Un livre exceptionnel en format de grand lingot d’or qui vous donne aussi les clés pour sauver votre épargne.

Se procurer le livre

Vente d’or attention aux arnaques…

Mardi, février 14th, 2012

La question que l’on nous pose souvent à nous les « vendeurs » d’or est pourquoi acheter de l’or physique, si couteux, si compliqué à gérer en termes logistiques, à protéger et à stocker alors que l’on peut tout simplement acheter de l’or dématérialisé aussi facilement que n’importe quelle action avec un code ISIN et le tout sur un compte titres. C’est fabuleux, simple et pas cher, et mon placement profitera de la hausse éventuelle du métal jaune.

A chaque fois notre réponse est invariable. Nous ne vendons pas la même chose. Dans un cas vous achetez de l’or physique au prix de l’or physique et avec les contraintes de l’or physique. Vous achetez une assurance tous risques pour votre patrimoine. Vous n’avez pas de risque de contrepartie. Votre or est dans nos coffres, chez vous, dans votre jardin, enterré dans votre cave ou 10 pas à droite du grand chêne lorsque le soleil se couche…. Peu importe ce qu’il se passe, vous le détenez physiquement.

Dans l’autre cas, celui d’un placement en or « papier », nous affirmons depuis des années que c’est risqué à plusieurs titres. D’abord il s’agit d’une promesse. Nous n’aimons pas les promesses. Ensuite il n’y a pas forcément d’or physique derrière votre placement, mais des contrats futurs ou dérivés pour « couvrir » vos placements. En clair, il s’agit de promesses de promesses. Deux niveaux de promesses successif, cela devient dangereux.

Enfin vous avez un risque de contrepartie en cas de défaillance de l’émetteur, car cet or ne vous est en aucun cas alloué ou attribué et en plus bien souvent il n’existe pas.

Bref vous achetez du vent. Lorsque j’explique cela à nos membres, prospects, en conférence ou en diner en ville, invariablement je sens le scepticisme dans le regard de mon interlocuteur.

« Oui je comprends, d’un autre côté tu es vendeur d’or physique, alors tu ne vas pas me dire le contraire, vu que tu prêches pour ta paroisse ».

Certes. Mais savez vous que c’est beaucoup plus difficile de vendre de l’or physique que de l’or « papier ». Alors pourquoi a-t-on choisi le moyen le plus simple pour ne pas faire fortune?

Parce que pour nous l’honnêteté et la probité sont des valeurs de base. Nous avons choisi ce métier parce que lorsque nous vendons de l’or physique au prix de l’or physique il ne peut pas y avoir d’arnaque. Il ne peut pas y avoir de fausse promesse.

Alors peut être que beaucoup continueront à penser que l’or papier c’est mieux, plus pratique, plus flexible. Je les laisse méditer sur cet avertissement officiel des autorités de tutelle américaines (la CFTC) qui, enfin, met en garde l’ensemble des investisseurs sur ce que nous crions haut et fort depuis plusieurs années. En gros?

Il n’y a pas assez d’or pour tout le papier vendu. Donc beaucoup vont finir par pleurer. Mais vous voilà au courant.

Et pour une fois ce n’est pas nous qui le disons. Au fait au moment ou je termine d’écrire ces quelques lignes, une nouvelle agence de notation indique mettre sous surveillance négative la note de la France. Notre équilibre et le système financier sont également une vaste promesse et là aussi nous ne sommes plus les seuls à le penser.

Alors quand on vous dit qu’il vaut mieux acheter de l’or physique….

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques Aucoffre.com
www.AuCOFFRE.com

L’année du Dragon propice à l’or

Mercredi, janvier 25th, 2012
Dragon d'or

L'année du Dragon sera bonne pour l'or

Alors si même les astrologues le disent, c’est que l’année 2012 sera résolument l’année de l’or ! En revanche, même si le Dragon est le symbole de la Chine, le pays lui, risque de ne pas s’en tirer aussi bien, surtout en fin d’année…

L’année du Dragon, une année prospère
Dans la tradition chinoise, les signes astrologiques sont également 12 mais ils régissent une année et non un mois. Cette année est celle du Dragon, avec l’élément eau. Cette combinaison est profitable à bien des égards. Si le Dragon pâtit d’une effrayante réputation en Occident, en Chine il est plutôt de très bon augure.

Symbolisant la puissance, mais aussi la chance et la fortune, l’année du Dragon d’Eau devrait être bonne au niveau économique. Comment cela peut-il se traduire concrètement, vu le contexte actuel ? On ne peut pas non plus faire miroiter un retour de croissance impromptu. Les riches vont peut-être continuer de s’enrichir et les produits rares et chers comme l’or vont continuer de prendre de la valeur.

Moins bonnes perspectives pour la Chine
La Chine elle pourrait ne pas s’en tirer à si bon compte. Lucide, le conseiller du gouvernement chinois aux affaires commerciales Mei Xinyu a déclaré lors d’un briefing à Pékin « Il est tout à fait possible que 2012-2013 ouvre le troisième volet d’une crise économique mondiale après la crise des subprimes en 2008 et la crise de la dette dans la zone euro en 2010-2011″. L’Union Européenne étant le principal client de la Chine, ses exportations risquent de dégringoler fin 2012, comme l’annonçait le Directeur des Etudes économiques d’AuCOFFRE.com, Charles Sannat.

Pour la Chine, l’année du Dragon peut être la proie d’évènements aussi foudroyants que désastreux, comme en 1976 avec le tremblement de terre et la mort de Mao Zedong. On ne leur souhaite bien sûr pas, mais le pays émergent, dont le principal partenaire économique était la zone euro ne sera pas le sauveur espéré de l’économie mondiale.

Le cours de l’or couve sous les cendres du Dragon
En attendant, la Chine, gros consommateur d’or avec l’Inde, ferme ses marchés pour cause de nouvel an ! Cela peut-il avoir une incidence sur le cours de l’or ? Pas vraiment, car on ne note aucun mouvement particulier cette semaine, après 3 semaines de hausse. Signe de calme avant la tempête ?

Perspectives 2012 par Yannick Colleu

Mercredi, décembre 21st, 2011

Nous avions publié le 7 décembre dernier une fiche de lecture sur le Guide d’investissement sur le marché de l’or, un ouvrage de référence pour qui veut débuter dans le marché de l’or. Si son auteur avait été visionnaire en 2008, il nous paraissait indispensable de le questionner par rapport aux questions d’actualité. Il nous parle de l’évolution de la crise, de l’euro, d’inflation et des perspectives de l’or en 2012.

LORetLARGENT.info : Compte tenu du contexte actuel, avec l’aggravation des problèmes économiques de la zone euro, la menace réelle de récession, qu’auriez-vous aimé rajouter   à votre livre ? Y’a-t-il des choses qui ont changé ou au contraire, votre livre donne-t-il raison à ce qui se passe aujourd’hui ?
Yannick Colleu – J’ai écrit ce livre à l’automne 2007 et les chiffres qui y sont donnés sont en général ceux de fin 2007. À cette date l’endettement américain était de 9200 milliards de dollars. Aujourd’hui il est de 15000 milliards soit une progression de plus de 60% en moins de quatre ans alors que les taux d’intérêt sont parmi les bas jamais connus. Idem pour la France, la dette publique a bondi de plus de 40% à près de 1700 milliards d’euros. Dans le même temps le prix de l’once d’or est passé de 580€ à 1300€.

J’ai lu quelque part des propos fustigeant les «  économistes  » de cette période – les mêmes qui se permettent aujourd’hui de venir nous donner des leçons de morale ou des avis sur la suite- qui résument bien mon ressentiment pour la classe politique et financière en constatant où nous en sommes  : «  la crise les regardait droit dans les yeux et ils ne la voyaient pas venir  ». Pour ma part j’écrivais à cette même époque : «  La crise du crédit qui a débuté à l’été 2007, petite fille de l’inconscience des banques centrales à la fin des années 90, et fille d’une industrie financière totalement débridée, n’en est qu’à ses débuts.  ».

En résumé, hormis quelques mises à jour de la partie fiscale, pour tenir compte de l’évolution des taux des prélèvements sociaux, mon livre est parfaitement d’actualité. Les différentes approches pour se constituer un patrimoine de sécurité restent d’actualité également. Il faudrait y ajouter l’apparition en 2010 d’un acteur important sur le marché français, Aucoffre.com, qui au delà des désormais traditionnels services d’achat-vente de pièces ou lingots via internet propose un service original de constitution d’épargne progressive (NDLR : le Livret de Sauvegarde du Patrimoine). C’est une première à ma connaissance en Europe. (nota  : l’auteur n’a aucun lien commercial avec Aucoffre.com).

LORetLARGENT.info : Pensez-vous qu’une disparition de la monnaie Euro soit possible ? Ou que le système monétaire européen change, et sous quelle forme ?
Yannick Colleu – Les monnaies naissent et meurent. Ce ne sont pas des concepts immortels. Notre Franc de 1999, a disparu. Il était lui-même le fantôme du Franc Poincarré, qui était lui-même celui du Franc Germinal. L’homonymie entre les différents Francs avait permis de sauver la face et de faire croire à une sorte d’immortalité. Idem pour le Mark.

Concernant l’Euro, je ne suis pas prophète. Néanmoins mon sentiment est que l’acharnement, voire l’autisme, affiché par les dirigeants européens, ne remettant en cause à aucun moment le chemin qu’ils ont pris pour cette construction européenne – je parle de la légitimité du chemin et non de l’objectif de construction européenne- devrait se traduire par un maintien de l’Euro mais probablement sur un périmètre différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Pour faire bref je vois deux possibilités :

–             soit les pays les plus en difficultés sortent de l’Euro par un processus brutal équivalent à celui mis en oeuvre par l’Argentine  pour le détachement de sa monnaie du dollar américain,

–             soit les pays les moins en péril sortent de l’Euro en créant une monnaie à parité avec l’Euro pour ensuite la laisser librement évoluer. Les pays restant dans la zone Euro acquerraient dès lors la possibilité de dévaluation et donc de restaurer progressivement leur balance commerciale.

LORetLARGENT.info : Pensez-vous que l’Europe, la France, connaissent la déflation à plus ou moins long terme ? Quelles conséquences cela aurait sur l’économie ?
Yannick Colleu – Depuis 2008 le débat entre déflation et inflation fait rage dans la blogosphère. Le problème est que les contradicteurs de tout bord prennent le plus souvent comme référence une époque qui n’a rien à voir sur le plan monétaire avec la nôtre. De nos jours la monnaie est un concept entièrement virtuel. Les banques commerciales ont des problèmes de solvabilité ?

La banque centrale leur imprime autant de liquidités qu’elles en veulent. Les gouvernements ont des difficultés de fin de mois et hésitent à couper dans les subventions électoralistes diverses qu’ils distribuent à tour de bras ? Il leur suffit d’émettre des obligations que la banque centrale transformera en papier monnaie. La banque centrale n’a pas le droit d’acheter directement ces obligations ? Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de demander à un intermédiaire financier, qui prendra une commission au passage, de faire l’entremetteur ! La banque centrale n’a pas le droit de se charger en obligations d’État  de sa zone monétaire ? La solution est simple : il suffit de demander au Fonds Monétaire International de faire l’entremetteur entre la banque centrale et les pays en question. Les récentes révélations sur les pratiques de la Réserve Fédérale en 2008 et dévoilées récemment par le Congrès me laissent penser que tout ceci n’est en fait que le haut de l’iceberg.

Dans ces conditions comment peut-on penser un seul instant entrer dans un processus déflationniste ? Déflation des actifs financiers, oui, mais déflation au sens monétaire, aucune chance !

La conséquence : chercher à traiter les problèmes de dettes et de solvabilité par toujours plus d’endettement va maintenir l’économie dans une situation de faible croissance et préparera les bases du développement d’une période de forte inflation des prix selon le processus que j’ai évoqué à la question précédente.

LORetLARGENT.info : Quelles sont vos perspectives sur l’évolution de l’or en 2012 ?
Yannick Colleu – Compte tenu des éléments que je vous ai donnés plus haut, les perspectives sur l’or sont bien évidemment favorables. Lorsque le pouvoir d’achat de la monnaie est en danger, les épargnants se tournent assez naturellement vers ce placement. Pour le moment seuls les plus avertis le font. Malgré l’intérêt relatif qu’accorde la presse financière aux métaux précieux depuis 2009,  la presse généraliste regarde ça comme une curiosité passagère. Signe des temps, on voit aujourd’hui beaucoup plus de publicité pour des offres de rachat de votre or que pour vous vendre des pièces ou des lingots à des fins d’épargne ou de protection de votre capital. Si le business du rachat de bijoux marche aussi bien c’est bien parce que le grand public n’a pas encore compris, entre monnaie-papier et métaux précieux, où était son intérêt. Le jour où il le découvrira, nous entrerons dans un phénomène de bulle. C’est à ce moment précis que les «  économistes  » qui paradent sur les chaines de télé vous conseilleront l’achat de métaux de précieux.

Je suis admiratif à chaque fois que je lis des auteurs donnant des objectifs de prix de l’or à long terme. Pour ma part je ne vois pas comment les déterminer. Le prix de l’or à long terme sera le thermomètre de la folie de nos dirigeants. Plus ils s’entêteront dans leurs errements monétaires plus l’or montera. Eux seuls ont la possibilité d’arrêter cette hausse.

À plus court terme il est possible de tracer quelques repères. La consolidation des prix qui est intervenue début septembre a été salutaire pour pérenniser la hausse même si je la trouve insuffisamment profonde. Plus la consolidation durera à ce niveau plus la hausse qui s’en suivra sera puissante et longue. Pour la suite, un dépassement du dernier sommet des prix, 1350€ l’once, donnera le signal de la continuation du mouvement avec un premier objectif situé autour de 1500-1550€ l’once (ou 50.000€ le kg).

Merci à Yannick Colleu de nous avoir accordé cette interview.

Répartition du patrimoine des Français en 2010/2011

Mercredi, décembre 14th, 2011

Cette fin d’année est le moment propice pour faire un état des lieux du patrimoine des Français en 2010 et 2011. Nous abordions déjà dans une note précédente les inégalités que l’on pouvait observer au niveau de la répartition du patrimoine en France. La question mérite que l’on s’y arrête davantage. En ces temps de crise et d’instabilité économique, il est pertinent de regarder de plus près quels sont les placements qui ont eu la faveur des Français : immobilier, assurance vie, or, qui a rencontré le plus de succès ? Pourquoi ?
L’enquête Patrimoine 2010 publiée par l’INSEE en novembre dernier fait ainsi ressurgir de fortes inégalités selon la moyenne d’âge et la catégorie socioprofessionnelle des ménages français. Ici nous ne nous intéresserons pas spécifiquement au profil des ménages mais plutôt à ce qui constitue ce patrimoine.

L’immobilier grand favori des Français

L’étude de l’INSEE révèle très nettement que l’immobilier a toujours la côte auprès des Français et constitue leur placement privilégié. L’immobilier représente ainsi 62% du patrimoine brut des ménages. Il apparait donc clair que l’achat d’un bien immobilier et notamment d’une résidence principale semble représenter une étape très importante dans la constitution du patrimoine. Il s’agit presque là d’une forme de concrétisation, une certaine finalité pour grands nombres de ménages.
La pierre ressort donc grande gagnante de cette étude néanmoins elle n’est pas nécessairement le placement à privilégier. En effet, se constituer un actif immobilier n’est pas à la portée de toutes les bourses et ne représente pas toujours l’investissement le plus sûr et pertinent.

La pierre reste friable…

L’immobilier reste, à l’échelle locale, un bien spéculatif qui peut très vite connaitre de fortes dévalorisations. On peut d’une part penser à la menace que représentent les grandes crises immobilières sur le plan national. Mais il ne faut pas oublierque la valeur d’un bien immobilier reste également très dépendantedes plans d’aménagement du territoire qui, eux, sont beaucoup plus localisés, bien moins prévisibles et donc beaucoup plus pervers.
Les cas de dévalorisation immobilière liés à des aménagements du territoire sont monnaie courante et ces risques sont, à tort, sous-estimés.On peut ici citer les exemples célèbres que sont la construction d’une voie rapide ou encore d’une ligne à grande vitesse à proximités de biens immobiliers…
Autre élément qui appelle à la réflexion avant la constitution de tout patrimoine fondé sur l’immobilier : Il ne s’agit pas d’un actif liquide et il reste donc peu sécable comme nous vous le rappelions dans notre article précédent. A la différence de l’or qui possède ces caractéristiques, à savoir actif liquide et sécable, l’immobilier reste un placement qui peut s’avérer risqué (ou du moins, plus risqué que l’or) qui n’offre donc pas toutes les garanties à la constitution d’un patrimoine.

L’assurance vie, un placement plus que bancal

L’INSEE avait également publié en juillet 2011 une étude qui se focalisait sur l’assurance vie et dont les conclusions la présentaient comme « une composante majeure du patrimoine des ménages ».
Cette enquête révélait ainsi que 62% des ménages français détenaient une assurance vie début 2010, soit autant que de propriétaires de biens immobiliers. Les conclusions de cette étude laissaient penser que l’assurance vie représentait donc aux yeux des ménages français un placement sécurisé pour leur épargne et idéal pour la constitution de leur patrimoine. Donc l’assurance vie toujours au beau fixe ?Et bien non !
En effet, depuis ces observations de l’INSEE début 2010, la situation a évolué et la tendance s’est nettement inversée. Le mois de septembre 2011 a été un fiasco total pour les assurances vie : la crise a provoqué un important retrait de l’argent que les Français avaient cru bon de placer sur les assurances viede telle sorte qu’il y a eu plus de retraits que de dépôts. Résultat ? Une décollecte de 1.8 milliards d’euro enregistrée, ni plus ni moins.
Il ne s’agit pas là de ce que l’on pourrait qualifier d’ un « incident » isolé, la chose s’était déjà produite en 2008. Ce mois de septembre agit donc comme une piqûre de rappel pour les Français et est tout à fait révélateur de l’instabilité que constituent de tels placements. Il paraît évident que l’assurance vie est trop liée à la situation économique et qu’elle n’offre aucune sécurité.

Immobilier, assurance vie… et l’or dans tout ça ?

L’INSEE nous a donc livré consécutivement deux enquêtes sur le patrimoine des Français en mettant en avant la place importante occupée par l’immobilier et les assurances vie. Mais la constitution d’un patrimoine ne se résume pas à ces deux seuls placements : on peut notamment s’interroger sur l’absence de l’or dans les débats. En effet, le métal jaune n’apparait nullement au sein de ces enquêtes. Il est certain que le pourcentage de Français ayant fait le choix judicieux de sécuriser leur placement dans l’or doit être bien inférieur aux parts occupées par l’immobilier et l’assurance vie mais l’étude aurait méritée de s’y arrêter.
Non seulement l’or n’apparait pas dans ces enquêtes mais il est aussi extrêmement difficile d’obtenir des données chiffrées sur la « possession » ou répartition d’or en France. Concrètement, aucune mention de l’or n’est faite au sein des études sur le patrimoine des Français, à croire qu’ils n’en possèdent tout simplement pas !

L’enquête de l’or et l’argent

Curieux de creuser la question, nous avons interrogé l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) qui nous a bel et bien confirmé qu’il n’y avait aucune étude sur le sujet, ce qui s’avère bien dommage…
La Banque de France elle-même n’a pas été en mesure de livrer d’information, ni même estimation, sur la répartition de l’or en France. La Banque de France nous a indiqué « ne plus avoir de responsabilité en tant qu’autorité administrative ou de tutelle concernant le marché de l’or ».
L’or est ainsi totalement absent du palmarès sur le patrimoine des ménages en France et ce, pour des raisons obscures. On peut se douter que la possession d’or par les particuliers n’est pas chose évidente à comptabiliser.Néanmoins, des estimations plus ou moins précises mériteraient d’exister au sein des grandes institutions économiques. En attendant, le sujet semble presque tabou…

L’or, le BON perdant ?

Il est dommage que ces instituts statistiques et autres hautes administrations économiques n’accordent que si peu de visibilité et de transparence d’information sur la question de l’or. En effet, s’il est un placement qui reste sûr et offre les meilleures garanties en temps de crise, c’est celui de l’or !
A la différence des assurances vie l’or ne s’effondre pas et ne connait pas de crise de confiance en période de récession, au contraire même : il se consolide !
L’or a également l’avantage sur l’immobilier d’être sécable et reste à l’abri des risques de fortes dévalorisations. Enfin l’or offre tout simplement la meilleure gestion du patrimoine qui soit : il n’est nullement besoin d’investir une forte somme d’argent pour effectuer un placement dans l’or (comme c’est le cas pour l’immobilier), il n’y a doc nul besoin d’emprunt et il ne constitue pas un risque financier.
L’or apparaît donc dans ces enquêtes comme « perdant » d’un point de vue statistique, néanmoins il demeurera pourtant toujours le BON placement. Dans tous les cas, la rédaction de loretlargent continue de creuser la question.

Le cours de bourse de la BNP n’est pas son seul problème

Vendredi, novembre 4th, 2011

BNP Paribas prend des mesures radicales pour s’adapter au contexte économique et réglementaire.

Interrogé hier, son Directeur Général Baudoin Prot a annoncé une décote de 60% sur les titres grecs détenus (mais disait avant que la Grèce n’était pas un problème).

Plus surprenant, la BNP a mis en œuvre un programme de cession massive des obligations d’états détenues en particulier sur des pays comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal, générant au passage une perte de 362 millions d’euros. Cela pose deux questions.

La première qui rachète ces obligations que la BNP ne veut plus? La deuxième question est pourquoi la BNP en particulier mais les banques en général continuent à inciter leurs clients à investir de façon importante dans les contrats d’assurance vie fonds euros pourtant composés très majoritairement d’obligations d’état de plus en plus risquées.

La banque diminue son exposition aux dettes souveraines mais pas les particuliers.

Enfin, il a été confirmé la poursuite de la stratégie de réduction de la taille du bilan (en clair la BNP diminue volontairement son volume d’activité et d’engagements), ainsi qu’un plan social massif dans la BFI (banque de financements et d’investissements), certainement le premier d’une longue série qui va toucher l’industrie bancaire française et mondiale dans les prochains mois.

L’ensemble de ces mesures a généré une baisse de 71% du bénéfice net trimestriel. Mais comme le disait le même Baudoin Prot il y a quelques semaines: « le seul problème de BNP Paribas c’est son cours de bourse ».

Enfin, sachez le quand même, l’essentiel est préservé puisque que le Directeur Général a affirmé que « rien ne va dans le sens d’une suppression de la rémunération des actionnaires ».

Ha! me voilà bigrement rassuré. Pas vous?

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Grèce: référendum ou coup d’état?

Mercredi, novembre 2nd, 2011

Si l’annonce du référendum a semble t’il surpris tout le monde, aussi bien les marchés que les chefs de gouvernements européens, il se pourrait que cette précipitation du Premier Ministre Papandréou soit liée à d’autres raisons.

Il n’est pas anodin, loin s’en faut, que cette annonce sur la tenue d’un référendum soit concomitante au limogeage de l’ensemble de l’état major militaire.

La situation en Grèce est bien plus grave que ce qui transparait dans nos grands médias qui effectuent une couverture a minima des évènements sociaux en cours dans ce pays. La Grèce est en réalité un pays simplement bloqué. Paralysé. Plus aucun levier de commande ne répond.

Les administrations ne travaillent plus. Les fonctionnaires occupent les locaux sans lever les impôts. Partout ce n’est que résistance passive et désobéissance civile quand ce n’est pas des affrontements plus virils entre la population et les forces de l’ordre. Les grecs rejettent les plans européens. Ce pays n’est plus aujourd’hui gouvernable.

L’armée y tient cependant toujours une place très particulière. Seul le temps nous permettra d’y voir plus clair dans les raisons de ces deux annonces simultanées.

Cela dit, un lien direct peu être établi entre ces deux informations. Ce qui est plus délicat c’est l’interprétation des évènements en cours.

S’agit-il d’une action politique classique où les gouvernements tentent de nommer des militaires réputés proches de leur camps? Est-ce un « accord » tacite entre le Premier Ministre Grec d’un coté et l’armée de l’autre? Ou doit-on envisager une réponse préventive d’un pouvoir politique au bord de l’effondrement face à des bruits de bottes de plus en plus insistant?

Les messages très durs lancés par l’ensemble de la classe politique dirigeante européenne (Sarkozy et Merkel en premier) s’adressent t-il au Premier Ministre grec ou à une éventuelle junte militaire qui pourrait être tentée par le non respect « des accords européens qui ne sont pas négociables ».

Autant de questions auxquelles il n’est pas possible aujourd’hui d’apporter une réponse claire mais qu’il conviendrait déjà de se poser.

Dans tous les cas ce qui se passe en Grèce doit être surveillé avec une attention toute particulière. Un coup d’Etat militaire dans un pays de la zone euro reste un scénario rarement évoqué. Dans les situations extrêmes, les solutions sont rarement modérées. L’histoire politique récente de la Grèce démontre que de telles tentations peuvent revenir. Hélas plus vite que l’on croit. Les implications économiques et politiques pour la zone euro sont immenses. Les « marchés » ne s’y sont pas trompés.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Taxe « sodas : le gouvernement multiplie les « rustines » fiscales

Jeudi, octobre 27th, 2011

Tout cycliste sait parfaitement qu’il est inutile de multiplier les rustines quand le pneu éclate. Pourtant, c’est ce que fait le gouvernement face à l’explosion des déficits et de la dette – qui dépasse désormais les 86% du PIB – en espérant que cela permettra de préserver le AAA de la France, du moins jusqu’aux prochaines élections.

Le budget 2012 en est truffé. C’est ainsi que vendredi dernier, après de multiples revirements, une taxe « sodas » a été votée, inaugurant une nouvelle génération de taxation nutritionnelle en France, au nom par ailleurs de la lutte contre l’obésité. Les pouvoirs publics prétendent avoir fait d’une pierre deux coups, sur le plan fiscal et celui de la santé publique.

Or, il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau. La nouvelle taxe est aussi inefficace pour réduire les problèmes d’obésité que pour ralentir le dérapage des finances publiques.

En effet, taxer les sodas, ne permet pas de réduire le poids de la population. En dépit de décennies de taxation, les États-Unis – où une telle taxe existe depuis au moins 1920 et où plus de deux tiers des États américains la pratiquent – sont pourtant le pays au monde où les personnes obèses sont proportionnellement les plus nombreuses. Selon les études, la taxe « sodas » débouche sur des résultats négligeables en matière de réduction du poids des consommateurs. Ces derniers – notamment les jeunes – se mettent à consommer des boissons non taxées mais plus caloriques, à l’image des jus de fruits ou le lait !

D’autre part, la taxe est une « goutte dans l’océan » des déficits. Ses recettes anticipées (même après le doublement de la taxe, soit 250 millions d’euros) ne représenteraient ainsi qu’environ 0,2% de l’ensemble des déficits publics et 0,015% de la dette cette année. Sans parler qu’une bonne partie part en fumée déjà pour des aides aux agriculteurs nouvellement créées…

Ce n’est pas ainsi que le gouvernement sauvera le AAA de la France. Cependant, si nous ne voulons pas que notre cassoulet ou foie gras se retrouvent également taxés un jour, il faut s’opposer à ce nouveau type de taxation nutritionnelle. C’est bien l’Etat qu’il faut « mettre au régime » ! Depuis plusieurs décennies, son tour de taille n’a cessé de gonfler.

Par Valentin Petkantchin
Chercheur à l’Institut économique Molinari et auteur d’une étude sur l’inefficacité de la taxe sodas.

Les dangers de l’assurance vie – la conférence en audio

Mercredi, octobre 19th, 2011

L’assurance vie c’est quoi ?

  • Le placement préféré des français
  • Environ 1 500 milliards d’euros épargnés par les français à travers ce placement
  • Une fiscalité qui reste encore et restera avantageuse
  • Un outil de transmission défiscalisé dans une certaine mesure
  • Le meilleur placement en « bon père » de famille de ces 30 dernières années.
  • …..Et si l’assurance vie était DANGEREUSE…..

CLIQUEZ sur le BOUTON pour ECOUTER la CONFERENCE donnée par CHARLES SANNAT - 48 mn

>>> Vous pouvez aussi lire en format Acrobat la présentation de Charles SANNAT <<<
(c) Direction des Etudes Economiques d’AuCOFFRE.com

Présentée le 15 novembre à 11h lors du Forum de l’Investissement – Porte Maillot – Paris

L’impossible sauvetage des banques

Lundi, octobre 10th, 2011

Il y a plus d’un an, dans un article intitulé « faudra t’il encore sauver les banques » j’attirais l’attention de tous sur l’aspect inévitable d’un nouveau plan de soutien au secteur financier et bancaire.

Force est de constater qu’après la première intervention des états fin 2008 début 2009, aucune des raisons ayant conduit à cette crise n’avaient été traitées.

En 2011, il arrive ce qui devait arriver. Les banques sont fragiles et manquent cruellement de fonds propres puisqu’elles se sont évertuées sous l’amicale compréhension de nos gouvernants à distribuer en dividendes et bonus ce qu’elles auraient pu conserver sous forme de réserves pour se renforcer. Souvenez-vous des grands titres de la presse financière de l’année dernière! « Record historique de bénéfices pour les Banques », « les bonus à nouveau au plus haut ».

Une fois encore, nous assistons à une nationalisation des pertes mais à la privatisation des gains.

Il faut tout de même noter un changement d’envergure par rapport au climat de 2008. Il y a 3 ans nous ne parlions pas ou peu de faillite d’état. Cela restait une hypothèse de travail à peine crédible. Celui qui l’évoquait était très vite taxé de « déclinologue ». Bref, la réalité actuelle est que les états ne sont tout simplement plus en capacité d’agir et de sauver à nouveau le système bancaire.

La preuve est venu ce week-end de Belgique puisque nos voisins belges sont désormais menacés par Moody’s de dégradation de leur note en raison de leur soutien à DEXIA.

Il est important de rappeler que Dexia est une « petite » banque ». La taille de son bilan est d’environ 500 milliards d’euros. En France rien que BNP Paribas a un bilan d’une taille supérieure à 2 000 milliards d’euros! Nos banques sont désormais trop grosses pour être sauvées par les états sans entrainer ceux-ci dans leur chute.

L’accord de principe Franco-allemand d’hier sur la nécessaire recapitalisation des banques achoppe encore sur la meilleure des solutions pour y parvenir ; Merkel et Sarkozy ayant renvoyé les aspects concrets au prochain sommet du G20 dans un mois (en novembre).

Pourquoi une telle absence de solution? Pour une raison finalement assez simple.

Soit les états prennent en charge la recapitalisation de chacune de leur banques respectives. Cela aura pour conséquence quasi mécanique la dégradation, par les agences de notation, de la note des pays concernés. La France ne veut pas de cette solution qui entrainerait une augmentation importante du coût de notre dette puisqu’une dégradation de la note conduit à une augmentation du taux d’intérêt. Donc la dette devient plus chère.

La France souhaiterait faire intervenir le FESF (fonds européen de stabilité financière). Le FESF emprunterait dans ce cas directement les sommes nécessaires à la BCE (banque centrale européenne) qui imprimerait le nombre de billets correspondants. De cette solution les allemands ne veulent pas, car faire fonctionner la « planche à billets » est à terme hyper inflationniste. Nos amis d’outre Rhin restent traumatisés par la période d’hyperinflation des années 20 qui avait amenée à l’avènement du nazisme.

Ils n’accepteront cette solution qu’en dernier recours, d’ici un mois par exemple.

Encore une fois, nous n’avons plus le choix des solutions. Il ne reste plus que la monétisation, c’est-à-dire le recours massif à la planche à billet. Cela fera baisser l’euro, et va renchérir le coût de nos importations dans les prochains mois à commencer par le prix du litre d’essence. Mais c’est à ce prix que le système économique et financier pourra continuer à tourner, jusqu’à l’apparition hélas parfaitement prévisible de nouvelles pertes du système bancaire qu’il faudra à nouveau combler. Les banques ne peuvent pas avouer l’étendue de leurs erreurs. Elles feront tout pour sauvegarder leurs intérêts. Elles cacheront la réalité, encore une fois. Il faudra à nouveau les sauver pour la troisième fois. Sans doute en 2014, lorsque les pertes causées par la future explosion de la bulle immobilière en Europe ne pourront plus être masquée.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Le pari de l’inévitable monétisation.

Mardi, septembre 27th, 2011

Nous sommes le Mardi 27 septembre. Il est 10h18 très précisément. Les marchés montent fortement. Pas loin de 3% pour le CAC 40 et presque 2% pour l’once d’or dont France Inter parlait ce matin en disant que la baisse avait été sacrément forte mais indiquait que les défenseurs de l’or ne pensaient pas ce mouvement durable dans la mesure ou aucune des raisons qui avaient fait la hausse n’avaient disparue (on d’ailleurs sans doute touché le point bas de cette correction)

Alors essayons d’y voir un peu plus clair.

Si les marchés montent ce matin (peu importe qu’ils rebaissent ou pas dans la journée d’ailleurs) c’est pour une fois pour d’excellentes raisons.
Si la rumeur d’une création d’une nouvelle banque européenne émanation du FESF (Fonds Economique de Stabilité Financière) chargée de racheter les obligations des états européens en difficultés était confirmée rapidement alors cela serait de nature à changer les choses.

En effet cette nouvelle banque permettrait enfin à l’Europe de se lancer à son tour dans la seule solution crédible à court terme…. la monétisation. Faire tourner la planche à billets aussi longtemps que nécessaire pour éviter la thrombose et l’arrêt cardiaque du système auquel nous courrons tout droit si rien n’est fait.

Je ne suis pas fondamentalement partisan de l’utilisation de la planche à billet. Néanmoins cette solution est inévitable car elle est la seule disponible. Pour toutes les autres c’est trop tard. Il faillait y penser et le faire avant.

Les plans de rigueur ne fonctionnent pas. Baisse de l’activité économique, baisse de la consommation des ménages (dans des économies qui dépendent trop de la consommation), baisse des rentrées fiscales, et in fine aggravation des déficits qu’ils son censés combattre. Bref les plans de rigueur c’est à l’arrivée, une insolvabilité des états créée par la déflation.

Les plans de relance? Ils ne fonctionnent que le temps de leur durée. Si on stoppe les injections de monnaie et de pouvoir d’achat via des primes à la casse, des aides sociales, des grands travaux, l’aide à la recherche, l’aide à la pierre (peu importe) on arrête net la reprise. Je ne parle pas de croissance mais de reprise. Pourquoi? Parce que lorsque l’on dépense 4$ en nouvelles dettes pour créer 1$ de nouvelle richesse on ne se situe pas fondamentalement dans l’idée de la croissance.

Bon quelle autre solution alors? La « rilance » un hybride génétiquement modifié de relance et de croissance inventé par notre ancienne Ministre de l’économie Christine Lagarde actuelle Directrice Générale du FMI à beaucoup fait gloser voire franchement rigoler. Imaginer une voiture qui réussirait à avancer tout en reculant n’est pas une solution d’avenir. Exit la « rilance » donc.

Que nous reste t-il alors? Le défaut c’est à dire la faillite. Une petite faillite (défaut partiel) une grande faillite (défaut partiel plus grand avec participation du privé), une énorme faillite c’est à dire totale avec le risque systémique qui se matérialiserait aussitôt? Là aussi, les autorités politiques et économiques tentent à tout prix d’éviter ce scénario. Il serait susceptible d’entrainer l’explosion de l’euro et une crise économique destructrice pour l’Europe.

Alors que pouvons nous faire? Et bien monétiser pardi! Comme tout le monde. Oui mais les allemands ne veulent pas. Certes. Mais ils n’auront pas le choix. Leur économie dépend à 80% des échanges intracommunautaires. Une crise européenne est une crise pour l’Allemagne. Une crise de l’Euro est une crise de la monnaie allemande. C’est l’héritage essentiel de Mitterrand qui a su arrimer l’Allemagne à la France avec le traité de Maastricht. Cet accord arraché aux allemands contre la réunification des années 90 leur a ôté l’essentiel de leur souveraineté. Comme nous d’ailleurs. Sauf que nous avions plus à y gagner qu’eux. Nous voyons aujourd’hui l’utilité et les bienfaits d’une telle stratégie française. Les allemands eux ne décolèrent pas. Dépendants, ils seront obligés de boire le calice de la monétisation jusqu’à la lie et jusqu’à ce qu »hyperinflation s’ensuive.

Avec une telle création monétaire, fini les problèmes des banques. Les cours peuvent s’apprécier et les marchés repartir de l’avant. Pareil pour l’once d’or, qui va s’envoler vers de nouveaux niveaux stratosphériques après une purge « technique » finalement nécessaire (en tout cas graphiquement pour nos amis « chartistes »).

Reste le pari partagé par les autorités monétaires européennes et américaines. Par la FED et par la BCE. Il existe une possibilité pour que l’utilisation massive de la planche à billets n’entraine pas une hyperinflation incontrôlable. Laquelle? Monétiser les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie dans l’économie réelle. C’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été « consommé » par l’économie réelle. Les dépenses sont déjà effectuées. Par définition une telle action n’est pas forcément inflationniste et n’est pas de nature à augmenter la vitesse de circulation de la monnaie (qui est l’une des principales composantes de l’inflation).
A cela il convient d’ajouter que la mise en place concomitante de plans de rigueur progressifs ont un aspect clairement déflationniste que l’on a détaillé un peu plus haut. A cela on peut additionner la mondialisation et les progrès technologiques qui renforcent les tendances déflationnistes.
Pour résumer, beaucoup d’inflation par la monétisation, moins de la déflation par les plans de rigueur, moins de la déflation par les progrès technologiques moins de la déflation par la mondialisation moins pas ou peu de hausse de salaire moins un niveau de chômage élevé est égal à une inflation relativement maitrisée.

Voilà le pari des autorités. Réussir de la monétisation à outrance sans hyper inflation. Cela ne s’est jamais vu dans l’histoire. Mais les conditions macro économiques qui prévalent actuellement (mondialisation, progrès techniques etc) sont inédites également.

Cela peut-il fonctionner? Oui. Cela peut marcher. Cela va t-il régler les problèmes? NON.
Pourquoi? Parce que le défi que doit relever l’économie mondiale n’est pas uniquement un défi sur le paiement de la dette actuelle.
Il faudra payer les dettes futures (les retraites, les protections sociales etc…), relever le défi environnemental, celui du partage des ressources, le défi alimentaire (nourrir 8 milliards d’être humains n’est pas une mince affaire).

Cela ne règlera pas les problèmes, mais cela peut donner au monde et au système le temps de s’adapter à une nouvelle réalité et à un nouveau paradigme. Lequel?
Notre vision économique était basée sur une consommation de masse avec une croissance économique perpétuelle. Or par définition, il ne peut dans un monde fini avoir de croissance infinie. C’est à cette réalité que nous sommes confrontés. Pour nous adapter à un nouveau modèle cohérent nous avons besoin de temps. Nous avons besoin d’acheter du temps pour laisser à tous le temps de s’adapter. Réussir à acheter du temps c’est maintenir le système en vie. Ce n’est déjà pas une mince réussite.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Correction de l’or et de l’argent métal. Nos experts traquent le coupable.

Dimanche, septembre 25th, 2011

Le vendredi 23 septembre l’once d’or cotée a perdu 5,80% en une seule journée. La bulle explose, c’est la fin de l’or, après tous ces excès il était temps!! En réalité les choses encore une fois sont beaucoup plus simples.

Le COMEX a décidé pour une deuxième fois en moins de 2 mois d’augmenter les « Margin Call » c’est-à-dire les appels de marge. En gros à chaque fois que quelqu’un négocie de l’or via des contrats à terme ou des contrats futurs, il doit verser un minimum pour garantir la solvabilité de sa position. Lorsque les règles changent les spéculateurs doivent apporter dans de très brefs délais (moins de 24H) la somme manquante. Ceux qui ne le peuvent ou ne le souhaitent pas (problèmes de procédure, de montant d’engagements ou de fonds propres) sont tout simplement obligés de couper leur position dans l’urgence. Ce phénomène a pour conséquence mécanique une forte chute des cours puisque les ordres de vente affluent.

La dernière fois que cela s’était produit, il y a quelques semaines, les cours de l’or coté en Dollars n’ont quasiment pas baissé en euros puisque cela a été concomitant à une chute importante de l’euro en raison de la crise de la dette européenne. La baisse de l’or, compensée par la baisse spectaculaire de l’euro a permis au prix de l’or en euro de rester à peu près stable.

L’euro ayant atteint un cours d’équilibre « relatif » ces derniers jours, les augmentations d’appel de marge ont fait subir de plein fouet à l’or en euro la baisse de vendredi.

Néanmoins il convient de rappeler que cette correction, encore plus technique que technique puisqu’elle correspond à un changement des règles du jeux en cours de partie, est paradoxalement une excellente nouvelle pour ceux qui sont positionnés en long terme sur cet actif.

Il est essentiel de remarquer que l’or malgré une hausse fulgurante cet été, période traditionnellement de faiblesse, n’a corrigé que contraint et forcé par deux changements de règles du jeux. L’or ne baisse plus tout seul. Il faut l’aider par des contraintes règlementaires. Cela prouve la force de la tendance haussière.

Ensuite aucune dette d’état n’est en « l’état » remboursable, les inquiétudes demeurent et se renforcent chaque jour. Le retour à la croissance est illusoire, tout autant que l’efficacité de plans de rigueur qui n’ont pour effet que de créer de nouvelles récessions qui entrainent une telle baisse des rentrées fiscales que le remède est bien pire que le mal qu’il est censé combattre.

La demande d’or physique est toujours soutenue et on va voir les primes sans doute augmenter fortement car l’appétence des investisseurs avisés ne semble pas faiblir. Beaucoup étaient dans l’attente d’un tel repli pour rentrer sur le l’or. Le grand public lui, ne s’intéresse toujours pas à ce placement et reste plutôt vendeur du peu d’or détenu, encouragé par de très nombreuses publicités leur proposant de transformer leur or…. en argent !

Après la chute massive des indices européens de ces dernières semaines (les Etats-unis n’ont que peu perdu) et les erreurs de trading des banques désormais traditionnelles lors de chaque Krach (UBS 2 milliards d’€), certaines d’entre elles ont besoin de cash. Le marché interbancaire est sinistré et c’est la BCE qui assure à nouveau son rôle de préteur en dernier ressort.
Les banques US et asiatiques ne prêtent plus aux banques européennes depuis 10 jours, leur coupant net leur source de refinancement en dollars. Quelques banques n’ont pas eu d’autres choix que de « vendre » leurs réserves d’or (dont peut-être le vôtre au passage si votre or est dématérialisé sur un compte titres) accentuant la baisse « technique » en cours.

Il ne faut pas non plus oublier que la crise des dettes souveraines est déflationniste.
C’est ce que l’on vit. Lorsque tout baisse tout baisse. Les pertes sur actions sont en partie compensées par les gains sur d’autres marchés comme celui des matières premières. Ces prises massives de bénéfices entrainent à leur tour ces marchés dans la baisse.
Cet aspect est déflationniste à très court terme. À moyen terme une baisse de tous les actifs par la déflation conduit à la faillite totale ce qui est bon pour l’or. Pour lutter contre la déflation et le risque systémique la seule réponse crédible est rapide reste la monétisation des dettes (planche à billets) et cela aussi est bon pour l’or.
Cela n’empêche pas que les moments de correction sont toujours pénibles pour celui qui est rentré sur un point haut sur une valeur.

La Direction des Etudes Economiques d’Aucoffre.com maintient donc son objectif de 1800 points sur le CAC40 et d’une once d’or à 2500$ en première étape. Aucun des facteurs qui sous-tendent la hausse de l’or n’a disparu. Cette correction purement technique dans un marché long terme haussier devra être mise à profit pour rentrer sur l’or et protéger son patrimoine exposé aux dettes souveraines (comme les fonds euros des contrats d’assurance vie). Pour ceux qui sont déjà détenteurs, cette pause est un excellent moment pour renforcer ses positions et continuer à réallouer son patrimoine.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCoffre.com

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Sans regarder les cours je peux à la lecture des messages que je reçois savoir si le prix de l’or monte ou baisse. Lorsqu’il monte la question qui revient régulièrement est : « Est-ce encore le moment d’acheter ? ». A contrario lorsqu’il baisse la chanson devient « Est-ce le moment de vendre ? ».

Aujourd’hui je vais répondre à la deuxième question. La réponse est simple, et elle ne s’adresse qu’à ceux qui ont un horizon d’investissement et non à ceux qui jouent les allers-retours sur des horizons de temps très courts. La réponse est la suivante, d’ailleurs c’est une question : « Selon vous, les conditions macroéconomiques et monétaires qui sont à l’origine- tout le monde le reconnait- de la hausse des métaux précieux et de l’or en particulier, ces conditions ont-elles évolué favorablement ? Ou en d’autres termes les choses s’arrangent-elles ? ». Si à cette réponse vous répondez OUI, alors précipitez-vous pour vendre votre investissement or.

Alors si rien n’a changé, pourquoi cette baisse ? Et était-elle prévisible ?

Tous les marchés financiers sans exception sont le reflet des décisions d’acheteurs et de vendeurs dont la psychologie varie selon leur ressenti vis-à-vis des gains ou des pertes latentes qu’ils ont réalisées et de leur perception de la conjoncture. Les évènements qui surviennent ne sont que des déclencheurs intervenant sur un terrain déjà préparé. Ces acteurs des marchés ont des objectifs différents les uns des autres du fait des horizons d’intervention différents sur lesquels ils se positionnent. Cette situation créée des cycles différents sur les prix à l’instar d’une respiration. Lorsque les investisseurs ayant le même horizon ressentent, sans concertation, un besoin de concrétiser un profit ou de couper une perte ils créent ensemble une situation psychologiquement favorable à cette cette respiration des prix qui se traduira, par exemple, par une consolidation des prix après une longue hausse très profitable. L’omniprésence et l’excès d’information dans laquelle nous baignons font souvent oublier l’importance, en particulier pour les mouvement de court terme, du facteur psychologique dans le comportement des marchés financiers.

La semaine dernière a été marquée par d’importants mouvements baissiers sur les marchés actions en particuliers en Europe. L’utilisation des produits dérivés et des positions avec levier amplifie considérablement ces mouvements jusqu’à faire fondre totalement les portefeuilles de certains investisseurs (ou plutôt joueurs) imprudents. Les appels de marge poussent dès lors à vendre les lignes profitables pour couvrir les pertes des autres lignes, voire conduisent à la liquidation totale des portefeuilles par les courtiers. Ces liquidations, y compris sur les lignes profitables, entrainent des baisses de prix et, à la manière d’une boule de neige grossissant au fur et à mesure qu’elle dévale la colline, ces nouvelles liquidations pèsent un peu plus sur les prix.

Concernant l’or, était-il possible de l’anticiper ?

Ceux qui consultent mon blog régulièrement connaissent cet indicateur que j’utilise pour apprécier l’opportunité ou non de renforcer une position sur les métaux précieux. Il est mis à jour chaque semaine. Cet outil très simple (voir ci-dessous) mesure la distance entre les prix et la tendance de long terme du mouvement.
Fig1.

Dès lors que cette distance s’accroit exagérément la probabilité d’une correction qui ramènera les prix autour de leur tendance de long terme augmente considérablement. Il était donc aisé pour quelqu’un cherchant un point d’entrée de constater que le 9 août le prix de l’or étant entré en zone de surachat (zone rouge) il devenait urgent d’attendre que le soufflé retombe. Le bon point d’entrée se présentera lorsque le prix aura rejoint sa tendance ce qui se concrétisera par un indicateur en zone de survente (zone bleue).

Si cette correction vous inquiète, sachez néanmoins qu’elle est salutaire et vient à point nommé. En effet, les prix avaient pris une allure verticale inquiétante ces derniers temps qui ne garantissaient pas une hausse pérenne. Si maintenant les prix consolident pendant quelques mois ce sera l’assurance d’une belle et longue hausse. D’ailleurs pour le moment la baisse est insignifiante. Sur la base des prix de la LBMA (London Bullion Market Association : premier marché mondial pour les métaux précieux) les prix ont baissé d’environ 7% depuis leur plus haut du 5 septembre. À titre de comparaison la baisse de 2006 s’était traduite par un recul de 21% et celle de 2008 par une perte de valeur de 15% (tous les prix dont je parle sont en euros bien entendu).

Au delà du facteur purement psychologique et de la baisse de prix du fait du processus de liquidation de positions dont j’ai parlé en tout début je dois vous avouer une autre cause probable pouvant expliquer cette baisse. L’introduction du dollar comme monnaie de réserve à égalité avec l’or après la Ière Guerre Mondiale puis comme seule étalon monétaire après 1971, s’est traduite par une défiance progressive vis-à-vis du dollar américain. C’est le célèbre paradoxe de Triffin que l’économiste belge Robert Triffin mettait en évidence au début des années 60 : le statut de monnaie de réserve conduit « naturellement » le pays émetteur à alimenter la planète en devises et ce faisant mine progressivement la confiance que les autres pays placent dans cette monnaie au fur et à mesure que la masse monétaire de cette monnaie de réserve augmente. Jusqu’au jour où …
Dès lors l’ennemi du dollar prend la forme d’une monnaie saine et reconnue par tous. Dans un environnement macroéconomique où les taux, le rendement des actions et de l’immobilier sont historiquement faibles, les alternatives deviennent difficiles à trouver. Hormis l’euro aucune monnaie- le franc suisse venant de déclarer forfait- n’a la capacité à rivaliser avec le dollar … sauf peut être l’or qui attire de plus en plus de fonds, de particuliers et de banques centrales (acheteuses nettes en 2011).
Dans ces conditions est-il très extravagant d’imaginer que ces baisses de la semaine dernière aient pu être amplifiées volontairement par de savants montages. En faisant peur au plus grand nombre ne cherche-t-on pas à reculer l’échéance du grand jugement pour le dollar ?

Lorsque je fais le bilan ci-dessous des augmentations de marge qui ont été décrétées par le CME (marché à terme de New York) ces dernière semaines j’ai un peu de mal à croire que tout ceci ne fait pas partie d’un plan de maitrise du prix de l’or (entre le 11 et 24 août: augmentation de 50% de la marge requise sur le contrat à terme 100 onces d’or- contrat GC du Comex).

D’ailleurs la fête continue puisque lundi (demain) prend effet la décision émise vendredi après la clôture du marché à terme de New York d’augmenter la marge à nouveau de 21%.

Pour noyer quelqu’un la technique est simple : appuyez-lui sur la tête dès qu’il s’approche du bord de la piscine !

Yannick COLLEU
Tous les dimanches soirs (pseudo : Roque)
http://www.pro-at.com
Blog privé : http://cafebourse.tradesblog.eu/

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L’attaque contre le « silver » est de toute beauté. Le graphe journalier n’est plus d’une grande utilité et il vaut mieux se tourner vers l’hebdomadaire pour savoir où l’on va.

Sur le graphe hebdomadaire, on a validé la figure en « tasse avec anse inversée » et l’objectif de la figure nous renvoie précisément vers l’oblique de long terme NOIRE. Ce scénario funeste ne sera invalidé que si l’on repasse au dessus de la ligne de cou GRISE.

Idem pour le canal MARRON: nous sommes partis pour aller percuter le bas de ce canal, à moins que nous parvenions à nous extraire de ce canal par le haut, ce qui invaliderait la dynamique.

Le seul point positif sur cette unité de temps. On voit que des achats ont eu lieu sur les 61.8% de retracement de fibonacci. Il semblerait que des acheteurs se soient fait séduire par les soldes… Il reste à espérer que cela soit précurseur d’un rebond technique qui invaliderait « la tasse avec anse inversée » et le canal MARRON.

Pour de plus amples détails, je vous encourage à écouter la vidéo d’accompagnement du graphe.

(cliquez sur l'image pour voir la VIDEO - SILVER)

Tradosaure
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LES BONUS : ANALYSE TECHNIQUE DU GOLD par Trado
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(Cliquez sur l'image pour voir la VIDEO - GOLD)

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "