L’avenir de l’Espagne – Le Contrarien – Matin du 27 juin 2012
Nous sommes à deux jours d’un nouveau sommet européen de l’ultime dernière chance, car vraiment, cette fois, on vous le dit, « ce n’est pas un sommet banal ».
Deux jours pour essayer d’aplanir les divergences, de réaliser l’Europe fédérale où le « mort-vivant » allemand viendrait sauver tous les autres moribonds européens… bref, du sérieux cette fois.
On s’oriente vers un abandon de souveraineté supplémentaire qui devrait permettre de mieux contrôler nos dépenses au niveau européen et faire accepter aux allemands enfin l’idée de la mutualisation des dettes.
Les déclarations du ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, sont incroyables: « Il faut que la France et l’Allemagne s’entendent. (…) Il faut que l’Allemagne cesse de fantasmer sur l’inflation (…) et puis il faut que la France comprenne que c’est aussi peut-être l’intérêt de notre pays, de la France, de procéder à ce partage de souveraineté », a-t-il expliqué.
Evidemment voyons, nous n’avons plus le choix qu’entre une mort violente, rapide et douloureuse (la rigueur), ou une lente agonie sous morphine grâce à l’inflation que nos amis allemands ne doivent pas, je cite, « fantasmer »…
Des propos qui seront certainement appréciés à leur juste valeur par Berlin. Pour ceux qui ont la mémoire courte, l’inflation en Allemagne, lors de la République de Weimar dans les années 20, va ni plus ni moins mener à l’avènement du nazisme en raison de l’appauvrissement généralisé que cette inflation va causer.
Pour les allemands, les errements monétaires sont la cause du drame allemand, de l’occupation à la responsabilité de la Shoa, sans oublier un pays coupé en deux.
Il faut comprendre que la France ne veut ni ne peut la rigueur germanique.
Nous voulons l’utilisation de la planche à billets. Nous voulons monétiser, comme tout le monde, comme les Américains, les Anglais, les Suisses (et oui) ou les japonais. Seule et contre tous, l’Allemagne, tel un petit village gaulois, résiste à l’envahisseur inflationniste.
Si l’Allemagne cède, alors nous connaitrons une fin douce et progressive. Si l’Allemagne s’obstine, alors viendra le temps où il ne sera plus possible de nier les divergences profondes de vues entre européens. Ce sera le temps du divorce.
Les résultats de ce sommet seront probablement présentés comme une grande réussite historique, comme une avancée majeure de l’Europe et de l’intégration pour le bonheur ultime des peuples que dans une grande sagesse démocratique les gouvernements ne consulteront pas (on ne sait jamais).
On peut imaginer un contrôle accru des budgets nationaux par Bruxelles et la mise en place d’une union bancaire, saupoudré de tout petit project bonds dans un pacte pour la croissance de 120 milliards d’euros. Et hop, on peut renvoyer ainsi l’Europe à sa prochaine crise. Mais combien de temps tiendrons-nous à ce rythme ? En tentant désespéramment de cacher les cadavres sous le tapis ?
A propos de cadavres, je souhaitais vous parler longuement de la situation en Espagne. Difficile d’y voir clair mais pourtant il y a quelques indices et quelques chiffres qui ne trompent pas sur la réalité de l’économie espagnole.(…) LIRE LA SUITE
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