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Archive for septembre, 2008

Sarkozy s’engage sur la garantie des dépôts dans les banques. Mais avec quel argent ?

Mardi, septembre 30th, 2008

Le président Sarkozy l’a promis, aucun déposant français ne perdra  » un seul euro parce qu’un établissement financier se révélerait dans l’incapacité de faire face à ses engagements « . En effet, le Fonds de garantie des dépôts (FGD) indemniserait, en cas de faillite d’une banque, ses déposants à hauteur de 70.000 euros.  Mais combien y a-t-il d’argent dans ce Fonds de garantie ? Comment fonctionne-il ?

Le fonds agit de manière préventive, sur proposition de la Commission bancaire comme ce fut le cas en 1999 avec le Crédit Martiniquais, ou de façon curative en indemnisant les déposants.  » Mais il ne pourrait rembourser des millions de clients en cas de défaillance d’une grande banque, explique un spécialiste. Dans ce cas, les autorités interviendraient de façon préventive en injectant des capitaux ou en l’adossant à un autre établissement.  » C’est tout le sens de la déclaration de Nicolas Sarkozy, qui s’est engagé  » quoi qu’il arrive  » à ce que  » l’Etat garantisse la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français « . Fin août, les placements des résidents français s’élevaient à 1646 milliards d’euros (dépôts à terme, dépôts à vue, comptes sur livrets, etc.), plus que la dette de la France ou bien l’équivalent de 80000 tonnes d’or (la Banque de France possède moins de 3000 tonnes d’or).

Mais voilà, à ce jour, le Fonds de garantie est quant à lui doté de seulement 1,8 milliards d’euro, trois fois que ce que l’affaire Kerviel aura coûté à la Société Générale.

Existe-il alors un Super Fond de garantie pour les Etats en faillite ?

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« Le secteur bancaire européen est stable. Fortis ne fera pas faillite. » Ah bon ?

Lundi, septembre 29th, 2008

Nous lisions le 20 septembre (il y a 9 jours) dans la presse Belge les déclarations d’Herman Verwilst, CEO de la banque belge Fortis : « Fortis ne tombera pas en faillite. Si vous ne me croyez pas, croyez ceux qui contrôlent. Tant les autorités belges que néerlandaises confirment que le secteur est stable. Ne croyez pas que les faillites aux USA vont conduire à la même chose en Europe ». Le CEO de Fortis a souligné que les banques touchées aux Etats-Unis étaient des banques d’investissements. « Elles ont une profession totalement différente de la nôtre. Elles travaillent sur le marché des capitaux tandis que nous, nous récoltons des fonds et accordons des prêts », a-t-il expliqué.

Aujourd’hui, si les contribuable belges, néerlandais et luxembourgeois n’avaient pas mis la main à la poche, Fortis serait bel et bien en faillite comme Lehman Brothers. La BNP, qui attendait une telle aubaine (!), était disposée à racheter la banque pour environ 1€ par action si les Etats du Benelux n’avaient pas pris les choses en main.

Bref, si demain vous entendez un responsable du Crédit Agricole ou de la BNP vous annoncer haut et fort que sa banque ne risque pas la faillite, car elle n’est pas exposée de la même manière que ses homologues américaines, méfiez-vous …

A lire : Et si ma banque faisait faillite

Plus de 6000 euros d’indemnité chômage pour les traders expatriés !

Lundi, septembre 29th, 2008

Certaines professions ne connaissent pas la crise et ses conséquences ne sont pas les mêmes pour tous. L’UNEDIC a ainsi reconnu qu’une poignée de traders français récemment licenciés et expatriés percevaient des indemnités de chômage supérieures à 6000 euros : un duel entre la loi et l’éthique ? (…) CLIQUEZ pour LIRE LA SUITE

La relocalisation des industries.

Lundi, septembre 29th, 2008

La production de biens de haute (« ou basse ») technologie se sont déplacés depuis quelques décennies vers les pays d’Asie tels que la Chine ou la Malaisie. Les raisons sont connues de tout le monde : salaires inférieurs, coûts du transport très faible. Mais voilà, les bouleversements récents sur le prix du pétrole et la valeur du dollar changent totalement la donne. Ainsi en  2000, avec un baril de pétrole à 20 dollars, le cout du fret représentait 3  % de la valeur des importations, il atteint désormais 11  %. Ce qui signifie que les coûts de transport d’un container ont triplé depuis 2000.
Ce même prix du pétrole impacte le prix payé par les industriels asiatiques pour les matières premières qu’ils utilisent lors du processus de production. Expédier une tonne de fer du Brésil en Chine coûte désormais 100 dollars, plus que le coût du minerai en lui-même ! Enfin, l’inflation salariale dans les pays asiatiques, conjuguée à la baisse du dollar, change également la donne pour les Etats-Unis, réduisant en particulier l’avantage en termes salariaux de la Chine sur le Mexique.
Ces résultats n’impliquent pas que l’ensemble des activités délocalisées au cours des dernières décennies des pays riches vers l’Asie vont accomplir le chemin en sens inverse dans les prochaines années. D’abord, parce que les avantages en termes de coût salariaux de la Chine sur les Etats-Unis varient d’un produit à un autre. Ensuite, parce que le coût salarial lui-même ne pèse pas de la même manière dans le coût de production total selon la nature du produit. Enfin, parce que le coût du transport des produits fabriqués en Asie varie lui-même en fonction de leur poids.
Néanmoins le pétrole cher et l’élévation des salaires dans les pays asiatiques apparaissent comme des tendances durables. Les  multinationales du Nord, en particulier américaines, pourraient avoir intérêt dans un avenir proche à relocaliser certaines de leurs chaînes de production, quand leurs débouchés commerciaux restent importants dans leur pays d’origine.

Le puits aérien, pour produire de l’eau là où il n’y en pas

Dimanche, septembre 28th, 2008

Le concept de puits aérien n’est pas vraiment nouveau puisqu’il était déjà connu trois siècle avant JC et fut réexploré par un scientifique français dans les années 20.

Aujourd’hui, la société Eole Tech réinvente le procédé en utilisant une éolienne pour produire l’énergie nécessaire pour capter l’humidité ambiante. Ce système entièrement autonome permet une production d’eau et d’électricité grâce à l’énergie éolienne. Entièrement automatique l’appareil permet une production d’eau naturelle, issue de l’humidité de l’air, sa qualité est comparable à celle de l’eau de pluie. Il est ainsi possible de produire de l’eau et de l’électricité dans les régions les plus isolées, sans puits ni forage. Cette technologie n’a par conséquent aucun impact sur le niveau des nappes phréatiques, qui sont à ce jour grandement menacées par la surexploitation. Un dispositif de régulation et de stockage de l’énergie électrique permet une production d’eau pour les périodes sans vent.

L’argent dette. Ou comment se fabrique l’argent aujourd’hui.

Dimanche, septembre 28th, 2008

Tout argent ‘naît que dès lorsqu’il est emprunté’. L’argent n’existe pas jusqu’à ce que quelqu’un l’emprunte. C’est de ‘l’argent basé sur une dette’, par conséquent ce n’est pas vraiment de l’argent puisque le véritable argent est basé sur une substance – l’or, l’argent, etc. Si l’« argent » naît que dès lors qu’il est emprunté, alors cela signifie qu’il n’existe pas. Ainsi, où est l’« intérêt » ? Il n’existe pas. Comment peut-il être payé ? Il ne peut pas être payé parce qu’il ne fait pas partie de ce qui est créé. Il n’existe simplement pas. La monnaie que nous employons est basée sur notre futur travail que les gouvernements (politiciens) ont promis aux banquiers. De futures générations sont déjà contraintes à payer une dette qui n’existe pas. Pour comprendre L’Argent Dette, nous vous proposons de visionner un documentaire animé, dynamique et divertissant, de l’artiste et vidéographe Paul Grignon qui explique les effets magiques mais pervers du SYSTEME ACTUEL D’ARGENT-DETTE avec une bande son française et des termes compréhensibles par tous !


L’Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

Le président Sarkozy parle de récession. Mais c’est quoi une récession ?

Vendredi, septembre 26th, 2008

Résumer la récession à la règle des deux trimestres consécutifs de chute du PIB est une vision pratique mais très limitée car les chiffres du PIB peuvent être trompeurs, ils sont sujets à d’importantes corrections.

Selon le magazine The Economist il serait plus logique de définir une récession comme une période au cours de laquelle la croissance est nettement inférieure à son potentiel. Cependant les taux de croissance po­tentielle sont extrêmement difficiles à mesurer et les révisions des chiffres du PIB posent toujours un problème. L’une des solutions serait de faire bien plus attention au chômage, dont les chiffres, quoique imparfaits, ne sont généralement pas sujets à révision. Une hausse du chômage indique de manière fiable que la croissance est passée au-dessous de son potentiel. Mieux, elle correspond à la définition de la récession utilisée par le citoyen lambda.

Quand votre voisin vient à perdre son emploi, c’est un ralentissement économique ; quand vous perdez le vôtre, c’est une récession. Mais, quand un économiste se retrouve au chômage, cela devient une dépression.

Analyse de la panique boursière et financière de la semaine dernière

Jeudi, septembre 25th, 2008

La semaine dernière un ouragan soufflait sur la finance mondiale et plus spécifiquement sur Wall Street. Christian Chavagneux, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques apporte son analyse en vidéo.

Le FBI sur les traces des responsables de la crise

Jeudi, septembre 25th, 2008

Le président Sarkozy réclamait que les responsables de la crise financière soient punis. Le FBI ne l’avait pas attendu et annonce qu’il lance une enquête. Freddie, Fanny, AIG sont sur la sellette ainsi que vingt quatre autres établissements bancaires et des organismes de crédit.

Pendant des mois ces sociétés donnaient l’impression de ne pas savoir ce qu’il se passait alors que les actions de certain de leurs dirigeants prouveraient le contraire. En clair, le FBI enquête pour savoir s’il y a eu délit d’initié. A quand d’anciens patrons de banque menottés feront-ils la une des journaux, à l’instar de Kenneth Lay l’ex patron d’Enron, quelques années en arrière.

La SEC (« gendarme » de Wall Street) traque de son côté aussi les fraudes et les manipulations de marché. Ainsi, qui est à l’origine du vent de panique qui fit perdre en quelques heures 99% de la valeur de l’action United Airlines, alors que l’information à l’origine de cette chute datait de 2001 ?

Nous ne sommes pas en période révolutionnaire, mais des têtes vont tomber.

Comment revendre des billets de train non remboursables et non échangeables

Jeudi, septembre 25th, 2008

Histoire de respirer au milieu du marasme boursier, voici un bon plan pour revendre vos billets de train non remboursables et non échangeables sans devoir vous transformer en vendeur à la sauvette devant une gare.

Très motivé pour aller sur le salon E-Commerce à Paris, j’avais mes beaux billets TGV « tarif canon »Â  en poche depuis des semaines. Mais voilà, problème de dernière minute, je reste coincé à Bordeaux et mes billets ne sont ni échangeables ni remboursables :-(

Si seulement il existait un site qui me permette de remettre en vente mes billets. Pas un truc prise de tête genre EBay, un truc simple. Si ça n’existe pas, c’est mon prochain projet.

Heureusement pour ma famille, mon prochain business ne sera pas un site de revente de billets car il en existe déjà un très bien : www.trocdesprems.com

Les bonnes affaires y sont nombreuses et le fonctionnement super simple. Mais attention aux risques que vous prenez, notamment avec les billets nominatifs.

Mais est-il légal de revendre un billet de train ? OUI si vous ne le revendez pas plus cher que le prix affiché dessus et qu’il n’est ni nominatif ni incessible (billet imprimé et billet Eurostar).

Cerise sur le gâteau du site, le système d’alerte qui vous permet de traquer les billets que vous recherchez.

Enquête mensuelle de l’INSEE à propos de la conjoncture dans l’industrie

Mercredi, septembre 24th, 2008

Selon les chefs d’entreprise interrogés par l’INSEE en septembre, la conjoncture industrielle s’est de nouveau dégradée : l’indicateur synthétique du climat des affaires se situe désormais huit points en dessous de sa moyenne de longue période.

Les entrepreneurs de l’industrie manufacturière estiment que leur activité passée a fortement ralenti. Les stocks de produits finis restent proches de leur niveau moyen de longue période. Les carnets de commandes globaux se dégarnissent et sont désormais jugés un peu inférieurs à la normale. Les carnets de commandes étrangers s’allègent sensiblement et sont considérés comme peu étoffés. Au vu des perspectives personnelles de production, l’activité continuerait à ralentir au cours des prochains mois. Les perspectives générales, qui représentent l’opinion des industriels sur l’activité de l’industrie dans son ensemble, se dégradent vivement.

Les chefs d’entreprise prévoient un léger ralentissement des prix au cours des prochains mois.

Un croiseur nucléaire russe dans les Caraïbes

Mercredi, septembre 24th, 2008

La semaine dernière, deux bombardiers stratégiques russes TU-160 ont été stationnés au Venezuela dans l’optique de manÅ“uvres militaires. Aujourd’hui les russes confirment leur volonté de faire monter la pression dans la région et envoient leur croiseur nucléaire Pierre le Grand dans la mer des Caraïbes. Objectif: participer en novembre à des manÅ“uvres militaires conjointes avec la marine vénézuélienne du président Hugo Chavez.

L’envoi de ce bâtiment armé de 20 missiles de croisière et accompagné par trois autres navires n’est pas anodin. La Russie compte par cette action répliquer contre la volonté des américains de faire rentrer l’Ukraine et la Géorgie dans l’OTAN et aussi d’installer un bouclier antimissile en Pologne et en République Tchèque.

Washington considère ces manÅ“uvres comme une diplomatie de canonnière (cf. article Wikipédia sur la « Crise d’Agadir  » de 1911)

Ces intimidations navales de la Russie et des Etats-Unis ont un arrière goût de Guerre froide. Dans le même registre, on reparle du spectre de la crise des missiles de 1962 entre Moscou et Washington qui aurait pu dégénérer en guerre nucléaire. Pour se rafraichir la mémoire, vous lirez avec intérêt l’article Wikipédia sur la « Crise des missiles de Cuba« .

« Docteur Catastrophe » pense que la crise va encore durer pour les Etats-Unis

Mercredi, septembre 24th, 2008

Ancien conseiller au Trésor sous l’administration Clinton, Nouriel Roubini, surnommé « Dr Doom » par le New York Times, avait été le premier économiste à prévoir dans le détail, et dès novembre 2007, le krach actuel. Aujourd’hui, il pense que les actions de l’état américain ne sont certainement pas l’annonce que la crise soit réglée.

Regrouper les actifs pourris dans une structure de cantonnement ne sert à rien si on ne réduit pas la dette des particuliers. Car s’ils nepeuvent pas payer,nous aurons un tsunami de défaillances et les banques vont couler. Et si elles coulent, c’est l’économie avec.

La récession va durer dix-huit mois et, malgré ce plan, elle sera la pire que l’on ait connue depuis quarante ans. Le PIB américain va reculer de 3% sur un rythme annualisé pendant les six prochains trimestres. On ne verra pas de reprise technique avant le second semestre 2009.

Le versant économique de la crise financière sera une sévère récession aux Etats-Unis, affirme-t-il. La contagion financière, l’euro fort, la chute des importations américaines, l’éclatement de la bulle immobilière en Europe, les prix élevés du pétrole et le comportement belliciste de la Banque centrale européenne conduiront à une récession dans la zone euro, au Royaume-Uni et dans les économies les plus développées.

Le blog de Nouriel Roubini ( www.rgemonitor.com ) est aujourd’hui l’un des plus consultés dans les milieux économiques et financiers.

La crise financière, et maintenant ?

Mardi, septembre 23rd, 2008

Alors que les marchés financiers sont encore chancelants après les événements des dernières semaines concernant le système bancaire américain, les experts se demandent ce qui va maintenant se passer. Il est bien difficile de faire des prévisions, bien difficile d’y voir clair. Tomaso Padoa-Chioppa est un ancien ministre italien des finances qui dirige désormais un groupe de réflexion baptisé  » Notre Europe « . Laurent Cohen-Tanugi est lui un avocat d’affaires français qui a publié un rapport intitulé l’Europe dans la mondialisation. Dans Agora sur Euronews TV, tous les deux parlent de ce que l’Union européenne doit faire pour sortir de la pire crise financière survenue depuis des décennies.

Tomaso Padoa-Chioppa
C’est la première fois depuis la deuxième Guerre mondiale – je crois – qu’une crise financière majeure qui a ses racines aux Etats-Unis dans un marché immobilier américain et dans les institutions financières américaines. Reste, comme le système financier est global, comme la confiance qui est le facteur fondamental pour la stabilité est devenue un phénomène également global, cette crise est déjà une crise qui intéresse la finance internationale et donc l’Europe.

Laurent Cohen-Tanugi
Tout à fait, la crise est déjà en Europe. Alors, l’exposition des banques européenne semble être moindre qu’aux Etats-Unis mais on voit bien même les marchés émergents sont touchés, les bourses… la Russie a été obligée de fermer ses marchés boursiers pendant deux ou trois jours, la bourse chinoise a énormément chuté, donc personne n’est épargné.

Tomaso Padoa-Chioppa
Oui. Il y a un élément qui est – je crois – aussi spécifiquement américain, c’est que les ménages sont fortement endettés. Ils ont normalement emprunté pour acheter leurs maisons et ils ont tendance à dépenser les fruits d’une augmentation de la valeur de leurs maisons. Donc si tout cela change de direction, le niveau de la consommation et des achats pour les ménages américains va baisser et l’économie va en souffrir.

Laurent Cohen-Tanugi
C’est tout un système en fait qu’on appelle la finance de marché, qui s’est mis en place depuis une vingtaine d’années et qui aujourd’hui explose et que les risques qui ont été pris de manière totalement démesurée et puis des normes bancaires… on est sortis, en fait, du système de régulation bancaire traditionnel pour aller vers des systèmes de marché que plus personne ne contrôle ou ne comprend et c’est ça qui est dangereux. Pour revenir à l’Europe, ce qu’on peut dire c’est que l’Europe dans cette crise se comporte plutôt bien puisque… D’abord, c’est une chance formidable d’avoir l’euro. Deuxièmement, la Banque Centrale européenne a véritablement assuré son rôle en injectant de la liquidité depuis un an en quantités très importantes, en se coordonnant avec les autorités américaines et puis l’Europe apparaît comme une zone de stabilité aujourd’hui. C’est quelque chose de très important.

Tomaso Padoa-Chioppa
Tout à fait. Elle a ainsi démenti toutes les prévisions et les jugements négatifs qu’on avait entendus tout au début de l’euro quand on disait qu’en cas de crise financière la construction qu’on venait de mettre en place n’aurait pas fonctionné. C’est exactement le contraire qu’on a vu. Reste – à mon avis – qu’il y a une grosse lacune, c’est que la monnaie est une seule monnaie, la politique monétaire est une seule politique monétaire, les injections de liquidité se décident vite et d’une manière courageuse à Francfort, mais la supervision financière est restée cloisonnée entre pays. Elle n’est pas homogène malgré les directives communes et il n’y a pas de partage d’informations suffisant. Donc, si vraiment un établissement majeur en Europe devait se trouver en difficulté, ces défauts viendraient en lumière d’une manière très forte.

Laurent Cohen-Tanugi
C’est vrai qu’on se demande des fois si une crise d’une telle ampleur s’était produite en Europe aujourd’hui, avec le degré d’intégration, à part la BCE on ne voit pas au niveau… qu’est-ce qui remplacerait le Trésor américain aujourd’hui en Europe. C’est là où on voit quand même le déficit d’intégration et de coordination qu’on a aujourd’hui dans l’Europe financière.

Tomaso Padoa-Chioppa
Non seulement qui remplacerait le Trésor américain, mais aussi quel serait le point d’où on voit l’ensemble des systèmes financiers européens parce que du point de vue monétaire, on le voit de la BCE. Du point de vue financier, il n’y a aucun endroit où les données sont collectées et partagées. Donc je crois qu’il y a une raison pour être prudent dans l’optimisme.

Laurent Cohen-Tanugi
Pour l’avenir, comment après la décision qui vient d’être prise par le Congres américain…

Tomaso Padoa-Chioppa
Mais je pense que la clé en ce moment est la confiance. Tant que les gens sont dans la panique, elle ne bouge pas. Toute crise, par définition, est quelque chose qui se passe rapidement. Personnellement, je pense qu’il y a plus que cette crise aiguë, il y a dans le background le fait que l’économie américaine ne peut pas continuer à avoir une croissance élevée qui est fondée sur la dette extérieure et que les prix des matières premières resteront élevés et vont augmenter encore plus parce que la pression est déterminée par le fait qu’un tiers de l’humanité est en train d’élever ses niveaux de vie et nous présente un scénario – me semble-t-il – dans lequel il y aura plus d’inflation et moins de croissance de toute manière.

Laurent Cohen-Tanugi
Il y a peut-être une opportunité pour l’Europe, si on arrive à sortir de cette crise pour, prendre sa place… avec une économie américaine qui a donc les difficultés que vous dites, les pays émergents qui sont quand même, eux aussi, affectés par la crise…ou qui ont également un certain nombre de fragilités, donc l’Europe doit véritablement avoir une stratégie pour la mondialisation, une stratégie positive, que la stratégie de Lisbonne qui est une stratégie d’adaptation à la mondialisation est certes nécessaire et doit être renforcée, améliorée mais il lui faut également, à l’Union européenne, une stratégie économique extérieure pour pouvoir influencer la mondialisation et pour pouvoir jouer… l’Europe est après tout la première puissance économique et commerciale du monde, elle ne joue pas encore aujourd’hui le rôle qu’elle devrait jouer dans la régulation de l’économie mondiale.

Tomaso Padoa-Chioppa
Je suis d’accord et je crois qu’une des leçons à en tirer est qu’il faut plus d’Europe et pas moins d’Europe devant ces événements.

Laurent Cohen-Tanugi
Absolument.

La FNAIM découvre que le marché de l’immobilier se porte mal.

Mardi, septembre 23rd, 2008

Connaissez-vous le point commun entre une agence de notation et la FNAIM ? C’est leur capacité de changer radicalement d’avis sur un sujet en moins de 24h.

René Pallincourt, le président de la FNAIM (Fédération Nationale des Agents Immobiliers) vient enfin de découvrir la gravité de la crise immobilière et accepte de reconnaître que « oui, le marché de l’immobilier ne va pas si bien ». Cette brutalité du ralentissement de l’activité, déclare-t-il, « observée tant sur le marché du neuf que sur celui de l’ancien, a de quoi surprendre les observateurs les plus avertis, y compris ceux qui accusent aujourd’hui les agents immobiliers de vouloir à tout prix soutenir un discours optimiste, au motif de la préservation de leurs intérêts ». Le patron de la Fnaim propose, sans scrupule, d’appeler à l’aide… les pouvoirs publics pour « contribuer au développement d’un système bancaire national sain, caractérisé par des critères prudentiels protecteurs des emprunteurs » et… les banques, pour « desserrer les conditions d’octroi des prêts relais et plus largement, des crédits ».

Était-il suffisamment naïf pour penser que les prix de l’immobilier allaient grimper jusqu’au ciel pendant 30 ans ? Le marché de l’immobilier est cyclique, avec des mouvements de hausse des prix et de baisse. Aujourd’hui pour acheter un appartement, il faut environ 5 ans de salaires bruts, contre 2 à 3 ans en 2000. On a connu la chute des prix de l’immobilier dans les années 90. Pendant sept ans, entre 1990 et 1997, les prix de l’immobilier ont baissé. Aujourd’hui, certains particuliers ont complètement oublié que ce genre de dévaluation pouvait arriver, visiblement le président de la FNAIM aussi.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "