La Newsletter
Inscription
Désinscription

 
Catégories
Liens
aucoffre

Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou … Le Contrarien Matin du 21 Septembre 2012

Le Contrarien Matin du 21 septembre 2012

Mes chères contrariées, mes chers contrariens,

Nous évoquions, dans le dossier d’hier, que la crise actuelle était pire que celle de 1929. Nous pointions également à notre sens les erreurs fondamentales d’analyses et les postulats erronés qui président aux actions des banques centrales partout dans le monde.

Nous apprenons aujourd’hui, que :

La FED ne sait pas ce qu’il faut faire, selon l’un de ses dirigeants

Richard Fisher, président de la FED à Dallas, a déclaré mercredi que « la Banque centrale des États-Unis (FED) n’a absolument aucune idée de ce qu’il convient de faire pour sortir l’économie américaine de l’ornière ».

Il insiste en expliquant que « la vérité, cependant, est que personne au sein du Comité de politique monétaire de la FED (FOMC) ou de la Banque centrale ne sait réellement ce qui entrave l’économie ».

Il conclut en disant : « Personne ne sait ce qui marchera pour remettre l’économie sur la bonne voie. »

Alors que la croissance économique américaine n’arrive pas à repartir, la FED a décidé de se lancer dans de nouveaux rachats de titres de créances immobilières à raison de 40 milliards de dollars par mois et annoncé qu’elle continuerait tant que « la perspective du marché du travail ne s’améliorerait pas nettement ».

M. Fisher (le gouverneur de la FED de Dallas) estime pour sa part que « des milliers de milliards de dollars prodigués abondamment par la Réserve fédérale dorment dans les coffres des banques, des entreprises ou de fonds monétaires et que continuer à inonder le marché de liquidités ne mènera à rien ».

Néanmoins, il croit bon de nous indiquer : « Je prie pour que cela marche. »

Dit comme cela de la part de nos autorités monétaires, c’est sûr que c’est rassurant.

Il a exhorté une nouvelle fois le Congrès américain à agir pour compléter l’action de la FED au lieu « de tout faire pour décourager le création d’emplois » en ne réglant pas la question de la dette publique américaine et en contribuant ainsi à alimenter un climat d’incertitude défavorable à l’investissement.

Son intervention s’est achevée sur une note humoristique également fort rassurante puisqu’il a fait la petite comparaison suivante à propos de la classe politique américaine.

« Je suis tenté de recourir à ce rapprochement éculé comparant notre Congrès dévoyé à un équipage de marins ivres, mais ceux d’entre vous qui sont patriotes pourraient en prendre ombrage et faire valoir qu’une telle comparaison pourrait être perçue comme une insulte aux marins ivres. »

Si nous résumons donc l’avis du gouverneur de la FED de Dallas, l’économie américaine est un bateau aux mains d’un équipage ivre et le capitaine ne sait absolument pas quoi faire pour manœuvrer son bateau.

Ce n’est peut-être pas rassurant, mais c’est exactement ce que je pense.

Proverbe japonais

« Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou. »

Par extension, pour les économistes, le seul outil est la croissance, tout ressemble donc à un besoin de croissance.

C’est ainsi que Dennis Meadows – auteur du rapport du même nom – a résumé très brillamment le problème intellectuel majeur qui se pose à l’ensemble de nos économistes. Ils ont grandi et ont appris le monde économique uniquement à travers le prisme de quelques concepts peu nombreux qui sous-tendent l’ensemble.

Premier pilier de l’économie : la croissance, éternelle et à tout jamais. Imaginer qu’une croissance économique infinie dans un monde fini puisse un jour poser un léger problème est un horizon pour eux indépassable.

Or, nous buttons sur la raréfaction des ressources naturelles.

Comme le disait un ministre saoudien, « l’âge de pierre n’a pas pris fin par manque de pierres. L’âge du pétrole ne prendra pas fin par manque de pétrole »… Mais parce que le pétrole sera trop cher. Il y en aura toujours, ou presque, mais combien coûteront les dernières gouttes ?

Le premier pilier se fracasse donc sur la réalité d’une planète Terre qui est un espace fini.

Deuxième pilier de l’économie : la répartition de la création de richesses par le travail, pour toujours. Imaginer qu’un jour l’homme puisse s’abstraire de la nécessité de travailler est une incongruité inconcevable. Pourtant, en termes philosophiques, lorsqu’Adam et Ève sont virés du Jardin d’Éden, où ces grands fainéants ne travaillaient même pas 35 heures mais pas du tout, c’est parce qu’ils ont péché. Certes. Mais ce qui est passionnant, c’est que la punition, c’est d’être envoyés sur Terre et de devoir travailler.

Sauf que… dotés d’intelligence, Adam et Ève, ainsi que leurs descendants, vont s’échiner pendant quelques millénaires à mettre leur créativité au service de leur travail. Toute l’aventure technique humaine, de l’invention de la roue à celle du palan, a pour objectif de faciliter le travail de l’homme.

Au bout de ce processus arrivent évidemment les robots, capables de nous remplacer dans toutes les tâches ingrates de production.

Dès lors, le pilier du travail comme vecteur de répartition des richesses dans l’économie s’effondre lamentablement.

Troisième pilier de l’économie : la croyance dans un progrès forcément linéaire et perpétuel. Il ne peut pas y avoir de recul, de marche arrière. On oublie que le Moyen Âge suit l’Empire romain dont les connaissances techniques et l’organisation des villes avaient atteint un niveau étonnant. Il faudra attendre 1 000 ans environ et la Renaissance pour mettre fin à cette période ténébreuse.

Ce troisième pilier n’est donc pas plus solide que les deux premiers, quand bien même certains me feront remarquer que tout n’était pas aussi noir au Moyen Âge. Certes, mais cela reste dans l’épaisseur du trait.

L’économie va considérablement évoluer

Dans les cinquante prochaines années, les fondements même des théories économiques actuelles – qui sont toutes héritées ou presque de la révolution industrielle, où le Web 2.0, les Smartphone, les robots n’étaient conceptualisables par personne – vont vaciller et tomber les uns après les autres.

L’économie n’est pas figée. Les cadres d’analyse actuels ne sont plus efficients pour les raisons que nous venons de voir.

Beaucoup travaillent à établir de nouvelles façons d’imaginer le monde d’après.

Car, oui, comme vous l’aurez compris, et comme l’a déjà compris Monsieur Fischer le gouverneur de la FED de Dallas, nous nous dirigeons à grands pas vers le monde d’après. Toutes les périodes de transitions sont douloureuses. C’est ce qui s’appelle la crise. Nous y sommes.

D’ailleurs, ce n’est pas les derniers chiffres de l’économie française qui vont contredire cette affirmation.

La France connaît le plus fort repli du secteur privé depuis avril 2009 en septembre

L’activité dans le secteur privé français (celui qui in fine crée la seule et véritable richesse) a enregistré en septembre son plus fort repli depuis avril 2009, accélérant sa contraction aussi bien dans l’industrie manufacturière que dans les services, selon l’indice PMI publié jeudi 20 septembre.

L’indice composite de l’activité globale en France est tombé à 44,1 points, contre 48 points en août.

Pour mémoire, le seuil des 50 points marque la frontière entre les périodes d’expansion et de récession.

L’indice de l’industrie manufacturière s’effondre à 42,6 points contre 45 en août, soit un plus bas en 41 mois, et celui de l’activité de services chute à 46,1 points après 49,2, soit un plus bas en quatre mois.

Les entreprises interrogées signalent une diminution du volume des carnets de commandes pour le 7e mois consécutif, avec un taux de repli au plus haut depuis plus de trois ans.

Les fabricants français signalent également le plus fort repli des nouvelles commandes à l’export depuis 40 mois.

Conséquence logique, le volume du travail en attente enregistre une baisse marquée, ce qui entraîne de nouvelles réductions d’effectifs.

Cet indicateur avancé de la réalité économique confirme plusieurs éléments importants.

L’économie mondiale ralentit, ce qui impacte négativement nos exportations.

Le chômage va continuer de croître puisqu’il n’y a pas assez de travail.

La France est déjà en récession et cette dernière sera aggravée par les mesures d’austérité fiscales.

Notre pays vient donc de rejoindre le club des pays européens enferrés dans le cercle vicieux de la dépression économique. Mais rassurez-vous, c’est l’Europe entière, y compris l’Allemagne, qui finira par être aspirée par ce trou noir.

Ce n’est une bonne nouvelle pour personne, mais il n’y a aucune façon de sortir de la crise de façon indolore. Le problème, c’est que tout le monde veut le croire et que personne ne s’est préparé au pire.

Il est temps désormais, et rares sont ceux qui se plaignent d’avoir pris trop de précautions.   (…)  LIRE LA SUITE DE L’EDITO DE CHARLES SANNAT

LCM du 21 Septembre 2012

 

>>>LE CONTRARIEN DU MATIN du 21 Septembre 2012 – LISEZ L’INTEGRALITE <<<


pour recevoir tous les jours le Contrarien, ABONNEZ-VOUS !!

Leave a Reply

ENGLISH ESPANOL ITALIANO CHINESE

Recherche
Partager le Blog
Share |

Suivez-nous sur TWITTER :
http://twitter.com/GOLDCOINorg

Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "