La Newsletter
Inscription
Désinscription

 
Catégories
Liens
aucoffre

L’explosion de l’Ayrault… Le Contrarien – Matin du 12 juillet 2012

Le Contrarien Matin du 12 juillet 2012

Le Contrarien Matin du 12 juillet 2012

Vers la ruine des épargnants espagnols et des autres

Je vais vous agresser directement par un morceau de langue de Shakespeare. Je sais, c’est désagréable, mais que voulez-vous, dans les colonnes du Contrarien Matin, nous avons un standing à tenir. Mais rassurez-vous, une vague traduction approximative réalisée avec soins dans la langue de Molière va venir éclaircir ce passage fumeux mais hautement intéressant.

« European authorities are pressing Spain to inflict billions of euros of losses on small investors by wiping out certain types of bank debt before its financial institutions are recapitalised using eurozone rescue funds.

The bailout conditions for Spain’s banks would force any lender taking aid fully to write off their preferred shares and subordinated bonds, according to a draft memorandum of understanding seen by the Financial Times ».

En gros, l’idée de la troïka, c’est qu’avant que les banques espagnoles soient recapitalisées (pour éviter la faillite généralisée du système financier dans sa globalité), il va d’abord falloir que de très nombreux épargnants constatent des pertes lourdes.  En anglais le terme Write Off signifie « effacement ». Tout un programme pour votre épargne, en cette période estivale.

On va donc effacer d’abord les « preferred shares », c’est à dire les actions préférentielles en français qui vont (très mauvais jeux de mots je vous l’accorde) subir un traitement préférentiel, qui va voir tendre vers 0 la valeur des dits titres.

Lorsque je vous dis que les actions de la BNP ou de la Société Générale (je préfère ne même pas parler du Crédit Agricole et de sa filiale grecque) valent entre 0 et 5 euros, je reste beaucoup trop optimiste quand je parle d’une valeur de 5€… 0 sera la valeur des banques espagnoles. Remarquez, c’est assez logique, et nous aurions dû commencer par cela. Lorsqu’une PME est en faillite, ses actionnaires sont ruinés. Cela porte le doux nom « d’aléa moral », et c’est la contrepartie aux gains théoriquement illimités.

Bon, la bonne nouvelle c’est que si vous êtes normalement constitué, vous ne spéculez pas sur l’IBEX (l’équivalent ibérique de notre CAC 40 national), et vous ne détenez pas d’actions de banques espagnoles en direct. Attention à vos FCP, type « placements dans des entreprises européennes de grandes capitalisations », là, vous pourriez avoir quelques lignes indigestes… mais depuis le temps que l’on vous dit de sortir des marchés financiers, si vous ne l’avez toujours pas compris après douze ans de chute (2000 à 2012)…

Ensuite on va effacer les « subordinated bonds », là c’est un peu plus gênant, puisqu’il s’agit de ces fameuses « obligations corporate » dont les gérants nous rabattent les oreilles depuis deux ans en nous disant que c’est là qu’il faut perdre notre argent… pardon, placer votre épargne.

Donc, lorsque l’on vous dit qu’il ne faut pas détenir de produits financiers, que ce soit des actions ou des obligations d’état ou d’entreprises, on ne vous dit pas ça uniquement pour vous embêter, mais bien parce que c’est devenu beaucoup trop risqué par rapport au rendement proposé.

D’ailleurs, toujours « in english dans the texte » : « Spanish banks have EUR67bn of subordinated and hybrid debt outstanding, according to Bank of Spain, much of which was sold to retail investors as savings products.

The difference between Spain and other European countries is that these instruments are held mainly by retail investors, said Daragh Quinn, a banking analyst at Nomura ».

En clair selon l’analyste de Nomura, il y a pour environ 67 milliards d’euros de dettes subordonnées bancaires dont l’écrasante majorité a été revendu aux particuliers sous la forme de produits d’épargne. Est-ce que vous commencez à comprendre où nous allons maintenant ?

Nous allons vers la ruine des épargnants et une crise monétaire. C’est pour cela qu’il ne faut pas détenir de monnaies mais des actifs tangibles. Or, Argent (le métal pas les billets hein!!), terres, forêts, maison à la campagne avec veaux, vaches, cochons et poules… commencez par les poules c’est plus simple.

Alors ne soyez pas naïfs, et informez les gens autours de vous. Il ne reste plus beaucoup de temps. Ce qui se passe en Grèce, ce qui se passe en Espagne et maintenant aussi en Italie préfigure évidemment ce qui se passera en France.

Aucune crise économique majeure n’a trouvée d’autres résolutions que la ruine des épargnants d’un côté et une refonte monétaire de l’autre. C’est une règle historique intangible. Et c’est ce qui va se passer y compris chez nous français. Nous ne sommes pas protégés par une ligne Maginot financière, et le nuage de Tchernobyl ne s’est pas arrêté à la frontière.

En Espagne toujours plus de rigueur

L’accord de Bruxelles sur un assouplissement des objectifs de réduction du déficit espagnol a bien sûr une contrepartie qui sera douloureuse pour le peuple espagnol. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, continue d’annoncer des mesures d’austérité supplémentaire.

Dans le cadre d’un nouveau plan de rigueur, il a annoncé une réforme de l’administration devant rapporter 3,5 milliards d’euros d’économies, une réduction du nombre des entreprises publiques et une diminution « de 30 % du nombre des conseillers locaux, la réduction de certaines primes de fonctionnaires qui ne seront tout simplement pas versées…. lorsque les caisses seront vides. Elles sont vides.

Sans oublier une hausse de la TVA de 3 points (ce n’est pas beaucoup hein), qui passera de 18 % à 21 %.

La TVA réduite sur certains produits augmentera de 8 % à 10 % mais elle sera maintenue à 4 % sur les produits de première nécessité.

Au total, l’objectif visé pour ces nouvelles mesures est de trouver 65 milliards d’euros d’économies et de recettes à fin2014. Apriori, avec une telle stratégie, la croissance en Espagne, l’un des principaux partenaires commerciaux de la France, devrait être au rendez-vous.

Evidemment ces mesures ont été saluées par Bruxelles puisque le porte-parole du commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn a déclaré : « Il s’agit d’un pas important pour s’assurer que l’Espagne atteigne ses objectifs budgétaires cette année ».

Allemagne est MES

Au même moment un article de notre ami Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph à Londres titre son papier du jour avec un « Merkel rompt la loi allemande avec le MES »

Pour lui, la chancelière allemande a clairement violé une interdiction catégorique de la commission du budget (l’amendement 2 de la loi de finances ou Finanzierungsgesetz )

Il se pourrait donc que la cour constitutionnelle allemande invalide l’accord passé par le gouvernement, ou pire encore, souhaite renvoyer ce sujet vers un référendum…

L’affaire du LIBOR

Au même moment, on commence à avoir une idée plus claire de la fraude sur le LIBOR. Le Libor, c’est le marché interbancaire. En clair, le prix auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles.

En 2008, la manipulation a eu lieu pour cacher les fragilités de certaines banques. Pendant la crise financière, certaines banques ont vu leurs conditions d’accès aux liquidités interbancaires se durcir.

C’était le cas pour la Barclays. Mais pour que ça ne se sache pas, elle a fait de fausses déclarations au panel du Libor, affirmant avoir obtenu des taux de refinancement plus faibles que dans la réalité.

Selon un article de Rue89, la « Barclays a agi au lendemain d’un coup de téléphone entre le patron de la banque Bob Diamond, et le numéro deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker. Interrogé par la commission d’enquête parlementaire, lundi, ce dernier a nié vigoureusement avoir conseillé à Barclays de tricher, comme un document interne à Barclays peut le laisser penser. Selon ce document, Tucker aurait déclaré à Diamond qu’il n’était « pas toujours nécessaire » que Barclays affiche des taux « aussi élevés ».

Le Libor sert de référence à de très nombreuses transactions : prêts à la consommation, épargne, swaps, crédits immobiliers… Au total, la valeur des produits indexés sur le Libor se chiffrerait à plus de 350 000 milliards d’euros.

Comme le dit Rama Cont, directeur de recherche au CNRS, dans une interview au Monde : « Certaines banques manipulaient le thermomètre et se débrouillaient pour qu’il n’indique jamais de fièvre ».

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette fraude sur le Libor n’a pas entrainé de couts supplémentaires pour ceux qui avaient un crédit indexé sur ce taux. Au contraire, en l’empêchant de monter comme il aurait dû, la Barclays a permis à des millions d’emprunteurs de payer moins cher. Corolaire, si vous aviez de l’argent à placer, les taux étant minorés, votre épargne vous aura moins rapportée.

Alors oui, il y a fraude dans la mesure où « l’efficience » du marché a été biaisée par des manipulations. Mais enfin, d’abord cela se passe tous les jours, en particulier sur les marchés des matières premières sans que personne n’y trouve quoi que ce soit à redire, et ensuite, il est fort peu probable que la banque centrale d’Angleterre n’ait pas été au courant de ces manipulations. Il se cache certainement autre chose derrière cette histoire qui semble en réalité parfaitement anodine. Cette manipulation allait dans le sens de l’intérêt général. Pourquoi la dénoncer ? Pourquoi les autorités de tutelles n’ont pas couvert cette pseudo-fraude ? Il y a quelque chose que l’on ne nous dit pas.

Après la TVA sociale, la CSG « sociale »

La CSG a été créée en 1990 par Michel Rocard pour élargir le financement de la protection sociale à d’autres revenus que les salaires.

La CSG est un impôt dit à base large. Elle est assise sur l’ensemble des revenus des personnes domiciliées en France : revenus d’activité, de remplacement (indemnités, allocations chômage), du patrimoine, ainsi que des revenus tirés des jeux.

Selon l’Insee, elle a rapporté 88,6 milliards en 2011 (dont 10 milliards viennent du capital), bien plus que l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés. Elle frappe notamment les revenus des jeux à hauteur de 9,5%, les revenus du patrimoine (8,2%), les salaires (7,5%) et les retraites (6,6%).

Son rendement est élevé. 1 point supplémentaire de CSG représente entre 10 et 13 milliards d’euros, soit le double d’une hausse de 1 point de la TVA.

Pour François Fillon, l’ancien Premier Ministre, « la TVA, contrairement à ce que l’on dit, ce n’est pas injuste. On consomme en fonction de ses besoins ». De plus, a-t-il argumenté, « il y a un avantage avec la TVA, vous taxez les produits importés. Avec la CSG, non ».

Avec la CSG, le gouvernement actuel fera clairement le choix de taxer les particuliers. Les gens. Le travail et le patrimoine. Une augmentation de la CSG ne répond en aucun cas à un objectif de réindustrialisation de notre pays et à de la création d’activité et d’emplois.

D’ailleurs, comme en Espagne et comme c’est déjà le cas chez nous, rien n’empêche de moduler le taux de TVA en fonction du produit. Un pot de caviar peut être taxé à 50%, on peut s’en passer, c’est un choix. Le litre de lait, lui, reste un produit de première nécessité.

L’augmentation de la CSG ne sera que de la fiscalité en plus. Comme d’habitude, on préfère les solutions de facilité avec une augmentation d’impôt et les choix idéologiques pas économiques.  Et après ? (…)   LIRE LA SUITE DE L’EDITO DE CHARLES SANNAT 

 

>>> LE CONTRARIEN DU MATIN 12 JUILLET – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

 


pour recevoir tous les jours le Contrarien, ABONNEZ-VOUS !!

Leave a Reply

ENGLISH ESPANOL ITALIANO CHINESE

Recherche
Partager le Blog
Share |

Suivez-nous sur TWITTER :
http://twitter.com/GOLDCOINorg

Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "