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Posts Tagged ‘1929’

L’aveuglement qui rassure.

Vendredi, janvier 30th, 2009
Vera Valor

L’intuition humaine dépasse rarement le cap de l’anecdote. C’est la leçon que l’on peut tirer des commentaires des journalistes au lendemain du grand krach de 1929. Rares sont ceux à avoir perçu à sa vraie dimension l’intensité dramatique de l’événement: on rapporte les propos lénifiants de tel banquier, on évoque certes la panique, le « lessivage », mais le mot krach n’apparait pratiquement jamais dans les commentaires. Conformisme ? Mot d’ordre tacite ? L’économie, il est vrai, ne déteste rien tant que l’emphase et la projection gratuite. Toujours est-il qu’il y eut un « avant » et un « après » 1929. Le monde sortit changé de cette crise majeure du siècle. Laquelle entraîna la grande dépression des années 30, puis la guerre, tout simplement. Là encore les doctes prévisionnistes de l’époque ne surent pas anticiper.

Journal de Genève – 23 février 1998

Les crises de 2008 et 1929 . Où doivent s’arrêter les parallèles ?

Mercredi, janvier 28th, 2009

Nous avons trouvé ce graphique sur la blogosphère . A notre tour d’y apporter nos commentaires.

2008 vs 1929 - Parallèles et divergences de ces crises

2008 vs 1929 - Parallèles et divergences de ces crises

Je viens juste de sortir d’une lecture passionnante à propos de la crise de 29 (un livre de référence de 1961, donc neutre par rapport à ce qu’il nous arrive : La crise économique de 1929 : Anatomie d’une catastrophe financière par John Kenneth Galbraith).

Et, en effet, les parallèles sont vraiment très nombreux et parfois troublants (on remplace Télétype par Internet, quelques noms, et nous pourrions faire des copier/coller de pages entières de ce livre sur le blog sans que nos lecteurs  sachent si l’on parle de notre crise ou bien de celle de 1929) : Spéculation immobilière en Floride en préambule, crédit facilité, ambiance spéculative, mentalité « je gagne un maximum  avec le minimum d’efforts », plusieurs avertissement avant le grand krach, etc.

Comme le nôtre, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le krach ne s’est pas résumé à un seul jour (le jeudi noir du 24 octobre) mais a été long, même s’il fut (à l’instar de notre propre crise) marqué par des journées plus « Ã©prouvantes » que d’autres.

Pourquoi aussi ne pas comparer le président républicain de l’époque, Herbert Hoover, à Georges W. Bush ?

Ils ont même eu leurs « Madoff ». Nous n’avons aucun recul sur notre propre crise et nous en avons donc pas terminé de découvrir des escrocs. Il est probable que la crise de 2008 reste dans les mémoires pour le nombre d’hommes d’apparente bonne fois qui auront roulé dans la farine leurs clients ou associés. Comme le disait naguère Warren Buffett : « C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus. » Dans notre cas,  nous ne sommes pas encore arrivés au point bas de la marée …

L’envolée du nombre de suicides de 29 reste par contre une légende urbaine car, stats à l’appui, il y eu même moins de suicidés en octobre que durant l’été de l’année 29. Les média de l’époque avaient tendance à mettre sur le dos de la crise n’importe quel suicide et on a ainsi médiatisé les 2 ou 3 personnes qui sont passées par la fenêtre. La crise de 2008 a connu quelques fin tragiques mais limités elles aussi au monde de la finance. A ce propos, savez-vous combien de personnes furent réellement directement touchées par la krach de 29 (je ne parle pas de la crise qui suivi) ? Environ 1 million. Ce chiffre est par contre largement dépassé aujourd’hui si on ne compte que les actionnaires lésés et les salariés du monde de la finance licenciés qui sont touchés à l’échelle de la planète.

Alors serons-nous meilleurs dans la gestion de la crise ? Sera-elle plus courte ?

Dans le graphique certains éléments sont présentés comme des critères pouvant justifier d’une sortie de crise rapide, ce n’est pas certain si on creuse dans le détail :

« Falling rates » ? La chute des taux. Clairement non et vous lirez à ce propos notre article Le taux directeur de la FED à 0% (ou presque). What else ?

« Obama » ? Certes il n’est visiblement pas dans la lignée d’Hoover et de ses réunions de crise stériles. Mais sera-il à l’image de Roosevelt ? Son Å“uvre restera-t-elle gravée dans les mémoires comme le fut le New-Deal de son illustre prédécesseur ? Obama aura-t-il les mêmes moyens et les mêmes ambitions ? Aujourd’hui Obama est un espoir mais il ne pourra jamais nous offrir plus que ce qu’il a. Malheureusement, après 8 ans de présidence Bush, il lui reste bien peu en dehors des planches à billets.

« JM Keynes ?  » Et bien je vous l’annonce, John Maynard Keynes est mort depuis 1946 et si nous avons retenu les grandes lignes de son action de relance, nous n’avons pas souvenir de ses mises en garde. Malheureusement il n’est plus là pour en parler. Vous lirez à ce propos notre article Keynes et la crise des années 30. A la différence des années 30, nous seront obligés de nous endetter encore plus fortement pour relancer l’économie et la machine inflationniste sera très rapidement à l’Å“uvre.

« Floating rates vs Gold Standard » ? Change flottant d’aujourd’hui contre l’étalon or de l’époque ? L’abandon de l’étalon or donne évidemment plus de souplesse pour relancer une économie par une action sur la monnaie. Mais justement, le change flottant est capable de nous amener dans les pires dérives et préparer une future prochaine crise encore plus violente.

« No protectionnism » ? Rien n’est encore joué sur le sujet, nous n’avons aucun recul sur notre propre crise. Qui parlait de protectionnisme en janvier 1930 ? Premier indice d’un retour rapide au protectionnisme le « plan Obama » lui-même qui obéit à la « préférence nationale ». Les parlementaires démocrates qui l’ont élaboré exigent que tous les projets d’infrastructure que le plan prévoit de financer (pour un montant de 85 milliards de dollars) aient exclusivement recours à de l’acier américain. Et que tous les uniformes envisagés pour équiper des fonctionnaires soient, eux aussi, « made in USA ». Ce n’est donc peut-être qu’un début…

A propos du livre La crise économique de 1929 : Anatomie d’une catastrophe financière de John Kenneth Galbraith : Euphorie, spéculation immobilière (Floride) puis boursière, réductions d’impôts, crédits facilités, innovations hasardeuses dans la finance d’entreprise sont les causes de la crise économique de 1929. La lecture de cet essai classique de J. K. Galbraith (1908-2006) sur la « grande dépression » s’impose plus que jamais si l’on veut comprendre les grands krachs boursiers du XXe siècle et les scandales financiers de ce début de XXIe siècle.

Le scénario de la Grande Crise Mondiale du 21ème siècle

Samedi, janvier 24th, 2009

Selon certains prévisionnistes habiles, comme Gerald Celente ou selon le bulletin GEAB n°30 , nous serions à l’aube d’une Grande Crise Mondiale sur fond de dépression économique. Le genre de crise qui n’arrive qu’une fois par siècle, la dernière remontant aux années 30. Gerald Celente envisage même une révolution aux USA, suite à une importante dégradation du niveau de vie des Américains. L’article suivant nous donne également quelques avis éclairés sur la question :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=48587

Si le scénario d’une Grande Crise Mondiale a des chances réelles de se concrétiser, nous aurons probablement un décalage temporel assez important entre la crise boursière et le plus fort de la crise économique. En effet, le pire de la Grande Dépression s’était produit en 1936-37, et l’économie avait souffert jusqu’en 1946, tandis que les marchés boursiers avaient déjà touché le fond en 1932, soit moins de 3 ans après le krach de 1929. Si l’histoire se répète, les marchés boursiers pourraient toucher le fond avant 2012, mais la crise pourrait durer jusqu’en 2025. Les courbes démographiques parlent même pour une crise encore plus longue.

L’équipe du GEAB anticipe pourtant une dégradation rapide de la situation dès le printemps 2009, lorsque les gens prendront conscience que la crise actuelle sera pire que celle des années 30, et qu’elle pourrait durer des années. Quelques unes de leurs prévisions funestes sur :

http://www.leap2020.eu/

Ce que feront les marchés boursiers dépendra de l’issue inflation/déflation, donc de la volonté de la Fed pour détruire la valeur du dollar, mais les valorisations des actions sont loin d’avoir touché le point bas de leur cycle baissier, débuté en 2000. En valeur réelle, le prix des actions va continuer à baisser dans les années à venir, avec quelques rebonds périodiques plus ou moins convaincants pour entretenir l’espoir.

En 1933, Roosevelt avait dévalué de 41% la valeur du dollar relativement à l’or, afin de réduire le poids de la dette. Mais nous avions un système monétaire basé sur l’or, tandis qu’aujourd’hui, les dollars ne reposent sur plus rien de tangible. L’issue pourrait être radicalement différente. Les 18% d’inflation annuelle en Islande et la perte de 45% de la valeur de la monnaie locale sur une année peuvent nous donner un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre.

Il est clair qu’une politique monétaire inflationniste ne résoudra en rien les problèmes économiques qui ont été justement créés par la politique monétaire trop accommodante sous Greenspan et ensuite sous Bernanke, mais laisser l’économie corriger toutes les années durant lesquelles les mauvaises dettes et les mauvais investissements se sont accumulés nous conduirait sans aucun doute à la pire catastrophe financière, économique, monétaire et sociale de tous les temps. Le point de non retour a déjà été dépassé depuis très longtemps ! Avec la montagne de dettes et de produits dérivés accumulés dans le système, une spirale déflationniste serait le pire scénario possible. Les charges sociales ingérables pour les Etats, conjuguées à des revenus en chute libre, rendraient les dettes impossibles à servir. En fin de compte, beaucoup d’Etats se retrouveraient en cessation de paiement !

Article écrit par Léonard Sartoni (extrait de son Suivi n°18 – en format PDF sur LORetLARGENT.info)

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Sommes-nous plus malins que les gens de 29 ?

Dimanche, janvier 11th, 2009

A l’instar de Bill Bonner, nous aimerions pouvoir faire parler les morts. Ces gens auraient une foule de choses à nous apprendre, notamment nous parler de leurs erreurs et des mauvaises solutions qu’ils avaient trouvées à l’époque. Mais ça reste difficile alors on va se rabattre sur les historiens.

Interview d’André Straus Directeur de recherche au CNRS, responsable du master Histoire économique, UFR d’économie de l’université Paris I. Lu dans Moneyweek :  

Quel est le regard de l’historien sur la crise actuelle ?
André Straus : Aujourd’hui, nous avons l’impression que la contagion de la crise financière à l’économie réelle est lente. Aux Etats-Unis, il a fallu attendre 1932 pour voir l’économie tomber au plus bas. En Europe, le krach est passé quasi inaperçu en 1929. Nous avons donc le temps de voir le pire arriver. Cependant, les faillites se multiplient et le chômage augmente. Les actifs des ménages sont atteints. Il n’y a qu’à voir les baisses dans l’immobilier ou l’automobile. Comme dans les années 1930, nous sommes dans la dépression et nous nous adaptons.

Y a-t-il des leçons à tirer de 1929 pour s’en sortir en 2009 ?
Malheureusement, tous les mécanismes décrits en 1929 sont à l’oeuvre.

Keynes et la crise des années 30. L’économiste qui n’aimait pas l’or

Jeudi, décembre 18th, 2008

John Meynard Keynes

Suite à la crise des années 30, un économiste anglais va établir un diagnostic et proposer un nouvel ensemble d’idées économiquement que les milieux intellectuels et politiques vont retenir : c’est John Meynard, premier baron Keynes.

Né à Cambridges d’un économiste et philosophe connu, c’est tour à tour un professeur, un banquier, un spéculateur heureux, un haut fonctionnaire, un diplomate. Il a trente-six ans lorsqu’en 1919, il démissionne de son poste de conseiller du Trésor britannique pour attaquer, dans son livre Les conséquences économiques de la paix, le traité de Versailles, puis la politique déflationniste anglaise, conséquence de la volonté de restaurer la livre à son ancienne parité.

Son Traité de la monnaie (1930) et sa Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie
(1936) sont de grandes oeuvres qui ont bouleversé la pensée économique mondiale.

C’est surtout au cours de la grande crise des années 30 que sa doctrine a mûri.

Il montre que le sous-emploi peut résulter, non comme le disaient les classiques, d’une insuffisante élasticité des salaires à la baisse, mais d’une épargne excessive qui ne s’investit pas, de taux d’intérêt trop élevés.

S’opposant aux classiques qui voyaient dans l’activité de l’entreprise privée la source de toute prospérité, donc réservait peu de rôle économique à l’Etat, Keynes apprit aux économistes à penser à l’échelle nationale par quantité globales, ouvrant la voie aux études de comptabilité nationale. Il incita les Etats à mener une politique active en vue du plein emploi, quitte à user le cas échéant du protectionnisme, du déficit budgétaire, de grands travaux, de larges investissements publics, d’une redistribution des revenus et dépensent davantage, d’une politique de crédit généreuse conduisant à la baisse des taux d’intérêts.

Pour lui, le culte de l’or était un reste de la barbarie. Ses recherches ouvraient la voie à l’économie mathématique. Elles justifiaient une intervention multiforme des pouvoirs publics. Elles donnaient des facilités financières tentantes et dangereuses aux hommes politiques pour lesquels l’équilibre des budgets n’était plus un dogme.

Ces théories nouvelles cadraient bien avec le scandale de la crise, avec ce qu’on avait dû faire pour en sortir. L’opinion tenait les hommes politiques pour responsables. On ne peut être responsable si l’on n’a pas le moyen d’agir.

La crise laissait en héritage tout un arsenal de mesures protectionnistes. Elles  limitaient à la fois le commerce et les paiements. Les monnaies se repliaient sur elles-mêmes. L’étalon or était loin.

Cette attitude défensive, donc agressive, des différents pays conduit à un renouveau de la course aux armements, en Allemagne et au Japon d’abord, puis à l’échelle mondiale. Une monnaie inadaptée est un facteur de guerre.

Enfin, le temps où l’on estimait que les Etats ne peuvent mieux faire que de laisser les entreprises privées agir à leur guise et de ne s’en mêler que le moins possible est révolu. Les gouvernements ont été tenus pour responsables du marasme économique. Ils ont été amenés à intervenir de plus en plus énergiquement, à étendre leurs pouvoirs. La doctrine de Keynes les incite à agir. Mais le système mondial des échanges est disloqué.

Extrait de L’or et les monnaies : histoire d’une crise (Editions Gallimard / NRF)  par Jean Lecerf

Conséquences politiques de la crise de 1929 en France

Dimanche, décembre 14th, 2008
Marianne2 a interviewé Michel Winock, l’historien, sur les conséquences politiques de la crise de 29 en France dans les années 30.

Comment la crise de 1929 a préparé le terrain du nazisme

Dimanche, décembre 14th, 2008
L’historien Serge Berstein raconte sur Marianne comment la crise de 29 entraîna la montée du nazisme dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "