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La ruée vers l’or dans les Rocheuses et en Alaska


Abe Lee, alors âgé de quarante ans n’attend pas qu’on le lui dise deux fois. En 1859, il quitte sa ferme de l’Arkansas après avoir entendu une rumeur circulant parmi des mineurs travaillant le long de la rivière et selon laquelle il y aurait de l’or dans le Colorado. Au printemps 1860, Lee trouve enfin ce qu’il cherche dans le ravin d’une montagne. « C’était plein d’or et il y avait plein de couleurs qui roulaient dans sa batée et il a fait le rapprochement à ce moment-là : j’ai toute la Californie dans cette batée. C’est le nom qui a fini par coller au ravin, le ravin californien ».

C’est reparti comme en 49. La première année, le ravin californien produit plus de 2 millions de dollars en or. « Cette première ruée était exclusivement une ruée vers les sables aurifères. Il suffisait de trouver le métal selon une méthode qu’on qualifierait aujourd’hui de méthode géochimique. Ça consistait à détecter de petites quantités d’or par l’action de la gravité en remuant doucement la batée ».

La découverte faite à Leadville rameute des chercheurs d’or du monde entier. « Énormément de gens s’étaient déplacés depuis les pays de l’Est. Au printemps 1860, 10000 personnes sont arrivées pour tenter de s’installer directement dans le ravin californien. Il donc fallu répartir rapidement les 8km du ravin en petites concessions individuelles la plupart ne dépassant pas 30 m de long ».

« Il y avait des Slovènes qui occupaient l’ouest de la ville, les hispaniques étaient à Stringtown, les Suédois sur Chicken Hill et les Irlandais dans la sixième rue ».

Leadville ou ville du plomb est une petite agglomération d’à peine 2 km2, perchée à quelques 3300 m dans les montagnes rocheuses du Colorado. A la suite de la découverte d’Abe Lee, les milliers de mineurs qui affluent vers ce camp reculé s’aperçoivent bientôt que les parages sont également riches en autres types de gisements. Au cours des trente années qui suivent, on creuse plus d’un millier de puits de mines d’où sont extraits de l’or, de l’argent, du zinc ainsi que le métal qui donnera en 1878 son nom à la ville, le plomb.

« C’était une communauté rudimentaire et désordonnée. Je me souviens avoir lu un article publié en 1893 qui disait que Leadville était la communauté minière la plus célèbre que le monde ait jamais connue ».

« Leadville était réputée pour ses salles de jeux et ses maisons closes ».

« La proportion était de 10 à 20 bars ou maisons de passes pour une école ou une église ».

L’un de ces mineurs partis à la poursuite de leurs rêves dans les rues de Leadville n’est autre que Thomas Walsh, un immigrant irlandais, arrivé en 1879 pour chercher de l’or. Pendant quinze ans, Walsh pioche et tient le reste du temps un bar à Leadville. Il a auparavant travaillé dans l’une des nombreuses raffineries de métaux qui font vivre l’industrie minière de la région.

En 1895, l’ironie du sort veut que Thomas Walsh tombe littéralement sur une mine d’or. « C’était une chance tout à fait exceptionnelle qui ne doit vous arriver qu’une fois dans la vie parce que l’endroit au-dessus duquel il s’est établi, cette masse riche en minerais aurifères avait été fouillée quinze auparavant par des mineurs persuadés qu’ils allaient y trouver du minerai d’argent. Des gens qui avaient commis l’erreur de ne pas essayer, comme on dit pour les minerais, celui se trouvant à portée de leurs pioches. Lorsque lui-même a prélevé des échantillons qu’il a essayés, ce minerai s’est avéré être très concentré en or ».

En 1879, on découvre de l’argent à Leadville. Des centaines de mines poussent comme des champignons pratiquement du jour au lendemain. Cependant, les années 1880 voient l’argent se dévaluer progressivement au fur et à mesure que les pays du monde entier passent à un nouveau standard, l’étalon or. La mort annoncée de ce métal autrefois précieux se termine en faillite totale. Beaucoup des concessions sur l’argent sont automatiquement abandonnées. Aussi dans les mois qui suivent Walsh rachète discrètement 50 concessions alors désertées qui s’éparpillent sur les hauteurs entourant Leadville. Il effectue des travaux de consolidation et s’inspire d’une petite montagne rocheuse surnommée le Jais pour baptiser son domaine la mine aux oiseaux. L’endroit va devenir la plus grande mine d’or du monde et faire de Walsh un multimillionnaire.

Il fait cependant figure d’exception. Si quelques-uns font fortune à Leadville, la plupart ne trouvent rien ou alors très peu d’or. « La vie dans ces communautés minières était très, très difficile. Tout le monde s’imaginait que la pelletée suivante il allait toucher le filon mère mais malheureusement ça n’arrivait que très rarement ».

Le chariot Conestoga
Le chariot Conestoga

« La plupart rentraient chez eux à bord de chariots Conestoga, typique de l’époque. Très souvent ils peignaient une petite maxime en guise de blason sur la toile du chariot : tape dans le mille ou rien. Et quand ils revenaient chez eux à l’est ils disaient souvent qu’ils avaient été plumés par Dieu ».

Alors que le XIXe siècle touche à sa fin, les chances de faire fortune dans l’or s’amenuisent. La toute dernière occasion pour les chercheurs se présente en Alaska. Lorsqu’on découvre de l’or dans la rivière Klondike en 1896, des milliers d’entre eux déboulent. Le billet du voyage en paquebot qui jusque-là coûtait 50 dollars passe à 1000 dollars. Mais le bateau n’effectue qu’une partie du périple. Les chercheurs doivent encore parcourir un long chemin semé d’embûches sur une des terres les plus hostiles qui soit.

La police montée canadienne s’affaire d’ailleurs à empêcher de se lancer dans l’aventure quiconque n’emporte pas avec lui au moins une année de réserve de nourriture. Un major de la police montée écrit : « on a du mal à imaginer une telle scène de ravage et de désolation, des milliers de chevaux étendus, morts jonchaient le chemin, parfois par grappes entières sous des apiques, ils gisaient à côté de leurs harnais, de leurs selles, de leurs fardeaux tombés avec eux du haut des rochers ».

Mais les chercheurs poursuivent leur parcours sans se laisser abattre. Puisque tant d’or avait été découvert dans tant d’endroits différents, ils restent convaincus qu’il faudra peu de temps avant qu’on ne mette à jour le prochain filon mère.

« Les gens avaient l’habitude de se demander où allait avoir lieu la prochaine ruée. La Californie est arrivée assez vite à saturation, mais il y avait eu tant d’autres histoires dans les années 1850 et 1860. On annonçait tout à coup de l’or à Seattle ou ailleurs, absolument partout et les gens se précipitaient, alors que bien souvent il n’y avait rien dans ces endroits-là ».

Ce sont de solides gaillards qui ont fait les grandes ruées vers l’or de XIXe siècle, des individus solitaires aux rêves immenses. Par paillettes, grains et quelques fois par pépites entières, ils ont lavé à la batée l’or qui a transformé l’histoire. A chaque annonce de la découverte d’or, de la Californie à l’Australie en passant par l’Alaska, le monde entier s’est précipité pour filtrer les rivières, mais les cours d’eau ne sont pas la seule cachette de l’or. On s’aperçoit bientôt que le métal jaune se dissimule également dans les collines environnantes. Malheureusement, il faut bien plus qu’une simple pelle et une batée pour l’atteindre.

A propos de Jean-François FAURE

Jean-François FAURE
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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