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Certaines passions s’avèrent parfois gagnantes : c’est le cas des collectionneurs qui arrivent à revendre une belle pièce plusieurs fois son prix d’achat. Les montres, les voitures, les livres, les timbres ou même certains jouets comme les Lego peuvent ainsi voir leur valeur grimper au fil des années ou au gré des modes. Mais la collection fait-elle un bon placement ? Pas toujours, et il faut comprendre pourquoi.

La valeur d’une collection : équation à plusieurs inconnues

En décembre 2015, le journal britannique The Telegraph se penchait sur le cas des jouets Lego, et notamment les collections Star Wars. Selon un comparatif mené par le journaliste, certaines pièces avaient fait l’objet en quelques années d’une spéculation remarquée. Pour un vaisseau en briques sorti en 2007 et vendu à 550 € pièce, la plus-value était ainsi de 80 % à 800 % selon son état et sur des plateformes spécialisées.

Le succès des jouets Lego Star Wars – des vaisseaux, des bâtiments ou des figurines de plastique – tient à plusieurs choses. D’abord, un effet de mode important fortement marqué depuis 2015. Ensuite, une saisonnalité des sorties : la marque propose chaque année de nouveaux jouets, mettant ainsi fin aux anciens. Enfin, des règles adoptées par la communauté sur l’état des plus belles pièces : pour prendre de la valeur, un jouet Lego doit être conservé dans un état optimum.

Cet exemple des Lego illustre bien certains des paramètres qui contribuent à donner une valeur à une collection : l’offre, la demande et les éléments de plus-value. Le principe est similaire pour nombre de pièces de collection. Plus un objet sera rare, plus il peut avoir potentiellement de la valeur. Mais cette valeur est aussi liée à son état… et surtout au prix que d’autres collectionneurs sont prêts à mettre pour l’acquérir. Ces paramètres sont susceptibles d’évoluer rapidement en fonction des intérêts des collectionneurs.

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Conservation, achat ou vente :
des risques liés aux collections

Conserver une collection dans le meilleur état possible est un véritable enjeu logistique. Il s’agit la garder à l’abri de la poussière, de la lumière, des chocs, de la chaleur, de l’eau… Et cela vaut aussi pour une collection d’assiettes de faïence ou pour des tasses en porcelaine. Ainsi, une tasse en porcelaine à l’image d’une marque de café célèbre, vendue uniquement à Banff (Canada) pour 12 dollars, est désormais estimée à plus de 330 dollars. A ce prix, la chute d’une étagère se chiffre vite en centaines, voire en milliers d’euros de pertes. Les assurances, à condition d’avoir souscrit des garanties spécifiques, ne les couvrent pas toujours.

Les collectionneurs peuvent aussi rencontrer d’autres obstacles. L’absence de cours officiel en est un, à l’achat ou à la revente. Les communautés de collectionneurs ou d’investisseurs disposent de quelques cotes en référence, mais il n’y a pas de cotation officielle comme pour les métaux précieux par exemple. Les risques de contrefaçon sont aussi importants.

Enfin, le risque majeur reste celui d’une dépréciation soudaine. Là où un collectionneur averti saura quand revendre certaines pièces avant qu’elles ne soient dépassées, un amateur n’aura sans doute pas le nez assez fin. Et en cas de crise économique, la plupart des collections seront dévalorisées. Au contraire d’un placement dans des pièces d’or et d’argent, qui pourront toujours assurer le quotidien.

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Jean-François Faure
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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