Vendre de l’or : quelles taxes sur les lingots, pièces, jetons et bijoux en 2026 ?

par | 27 Mar 2026 | Or | 0 commentaires

Temps de lecture : 4 minutes

La fiscalité de l’or peut paraître complexe. En réalité, le régime fiscal pour la vente d’or dépend de plusieurs facteurs déterminants : la nature du bien (lingot, pièce, jeton, bijou), la possibilité pour le vendeur d’établir sa traçabilité (notamment la date d’achat ou de détention) et le mode de cession.

Entre taxe forfaitaire et régime des plus-values, seuils d’exonération et obligations déclaratives, les règles sont précises mais parfois contre-intuitives. Voici un état des lieux complet pour comprendre la fiscalité de l’or en 2026.

Quelle est la fiscalité pour la vente d’or en France ?

La fiscalité de l’or repose principalement sur deux régimes distincts :

  • La taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP) ;
  • Le régime des plus-values des biens meubles.

Il faudra donc commencer par savoir dans quelle « case » mettre l’or vendu puisque la fiscalité appliquée ne sera pas la même pour un lingot, une pièce de collection, un jeton ou un bijou.

Quelle fiscalité par régime ?

Par défaut, c’est la taxe forfaitaire qui s’applique, sauf si le vendeur remplit les conditions pour opter pour le régime des plus-values.

La taxe forfaitaire sur l’or : 11,5 % du prix de vente

La taxe forfaitaire constitue le régime le plus courant pour les particuliers.

Taux de la taxe sur l’or

En 2026, la taxe sur les métaux précieux s’élève à :

11 % de taxe principale, + 0,5 % de CRDS, soit 11,5 % du prix de vente total.

Cette taxe s’applique :

  • Aux lingots d’or,
  • Aux pièces d’or d’investissement,
  • À l’or détenu sous forme de métal.

Un impôt indépendant de la plus-value

La taxe est calculée sur le prix de vente, et non sur le gain réalisé, sur la plus-value éventuelle.

Donc vous êtes imposé même en cas de perte en revanche aucune traçabilité de l’achat n’est nécessaire. C’est intéressant quand vous recevez un lingot de vos grands-parents par exemple.  Comme vous n’êtes pas obligés de connaître ou de prouver une date d’acquisition, aucun abattement pour la durée de détention ne s’applique. Ce régime privilégie la simplicité, mais peut s’avérer pénalisant pour les investisseurs de long terme.

Fiscalité des bijoux et objets en or : un régime plus favorable

Tous les objets en or ne sont donc pas soumis au même traitement fiscal. Une franchise fiscale existe dans certains cas très précis.

Un seuil d’exonération à 5 000 €

Les bijoux, les objets de collection ou d’antiquité bénéficient d’une exonération si leur prix de vente est inférieur à 5 000 euros. Ce seuil s’apprécie en principe objet par objet, sauf si les biens forment un ensemble cohérent.

Une taxe réduite au-delà du seuil

Au-delà de 5 000 €, la fiscalité applicable est la suivante :

6 % de taxe, + 0,5 % de CRDS, soit 6,5 % du prix de vente.

Ce régime est donc significativement plus favorable que celui des métaux précieux. Il y a une franchise jusqu’à 5 000 euros et ensuite, la taxe est limitée.

Les jetons en or : un cas particulier

Les jetons en or individualisés peuvent aussi bénéficier du seuil de 5 000 €.

L’administration fiscale a admis que ces jetons ne constituaient pas un ensemble mais des unités distinctes.

Conséquence : le seuil de 5 000 € s’applique à chaque jeton même en cas de ventes multiples à un même acheteur, chaque unité est appréciée séparément.

Ce point souligne l’importance de la qualification juridique des actifs dans la fiscalité de l’or.

Le régime des plus-values sur l’or : une alternative dans certaines situations

Il est possible d’opter pour le régime des plus-values sur les biens meubles, sous conditions.

C’est un système proche de celui des taxes sur les plus-values immobilières (sans les surtaxes de l’immobilier).

Dans ce cas, l’impôt est calculé sur la plus-value réelle : plus-value = prix de vente – prix d’acquisition.

Le taux global est de 19 % d’impôt, + 18,6% de prélèvements sociaux, soit 37,6 % au total.

Un abattement pour durée de détention

Ce régime prévoit un abattement de 5 % par an à partir de la 3e année et donc à une exonération totale après 22 ans.

Une condition essentielle : la traçabilité de l’or

Là, en revanche, il faut avoir une traçabilité exemplaire !  Le vendeur doit être en mesure de prouver la date d’achat, le prix d’acquisition, l’identification précise du bien vendu.

Or fongible vs or individualisé

Pourquoi la traçabilité est primordiale parce que selon la capacité à prouver l’origine de l’or, l’administration fiscale le classera dans une catégorie différente à laquelle elle appliquera une autre fiscalité.

  • Or fongible (non traçable) c’est-à-dire des lingots anonymes, de l’or détenu en masse : régime des plus-values généralement impossible.
  • Or individualisé soit des pièces numérotées, des actifs conservés via un intermédiaire avec justificatifs disponibles : l’option est possible.

Qui paie la taxe sur l’or ?

Avec un vendeur professionnel

La gestion de la fiscalité dépend du mode de vente. Dans la majorité des cas, si vous passez par un professionnel, une boutique ou une plateforme comme AuCOFFRE.com, c’est l’intermédiaire qui va tout faire pour vous. Il va calculer la taxe en vous proposant la meilleure option s’il y en a plusieurs, il va la prélever et la reverser à l’administration. C’est finalement un peu comme quand un commerçant prélève la TVA et la reverse ensuite.

Entre particuliers

Si vous vendez en direct sur une plateforme d’échange entre particuliers (à vos risques et périls), c’est à vous de faire les démarches auprès de l’administration. Attention, ce n’est pas une déclaration « annuelle » comme pour celle des revenus. Elle doit intervenir à chaque vente.

Il faut remplir le formulaire CERFA n°2091-SD (taxe forfaitaire), ou le CERFA n°2092 (plus-values),

Puis déclarer la cession dans un délai d’un mois et bien sûr : payer !

Les sources de cet article sur la fiscalité de la vente d’or

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Rosoor, Benjamin
Je suis entrepreneur sur le web depuis 1999. Diplômé de l'école de journalisme de Bordeaux, j'ai tout d'abord été journaliste-reporter radio pendant 10 ans. J'anime plusieurs médias sociaux et blogs sur les entreprises, la tech, la finance, le marketing digital.

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