Investissement en or : comment éviter les arnaques ?

par | 10 Avr 2026 | Or | 0 commentaires

Temps de lecture : 3 minutes

La forte hausse du prix de l’or a malheureusement augmenté le risque d’arnaque et de fraude autour de cet actif. Les récents déboires de plusieurs dizaines de clients d’une boutique de vente et achat d’or à Perpignan (Sud de la France) en est une nouvelle illustration. Il y a pourtant quelques principes simples à retenir avant de placer toutes ses économies dans un investissement qui semble très prometteur. Et ça marche pour toutes les typologies d’investissement.

Arnaque sur les pièces d’or : les indices qui ne trompent pas

Il est toujours facile d’écrire, alors que le pot aux roses a été découvert, qu’il y avait quand même plusieurs indices d’un risque d’arnaque. Même si effectivement, l’escroc présumé (il n’a pas encore été jugé) avait pignon sur rue, dans une boutique bien installée. Ce qui est bien évidemment le gage d’une certaine légitimité. Mais les offres et les promesses de rentabilité du gérant étaient autant de signaux d’alerte.

comment éviter les arnaques avant d'investir en or ?

Des pièces d’or à des prix particulièrement élevés

L’enquête est en cours, le dirigeant n’a pas encore été jugé, mais il semblerait qu’il y ait eu deux sortes de propositions :

  • Des pièces d’or réelles vendues dix fois le prix du marché. Certains témoignages évoquent 100 000 euros pour une pièce dont le prix est plutôt 10 000 euros.
  • Des fausses pièces avec un alliage composé de moins d’or qu’annoncé.

Comparer les cotations des pièces d’or

Pour la première proposition, on ne peut que rappeler que des cotations sont accessibles en direct sur de nombreuses plateformes. Et un trop grand écart de prix (il faut accepter d’ajouter une marge du vendeur) est un « red flag ». D’accord pour 5 à 10 % de surcote, mais 900 % ce n’est pas acceptable.

D’ailleurs, dans la plupart des cas – à part vraiment des pièces de collection qui n’ont que très peu de chance de se retrouver dans une boutique d’or de Perpignan (66) – les pièces d’or coûtent leur poids en or plus une prime qui dépasse rarement 50 %. Si on prend l’exemple du Napoléon, la pièce d’or emblématique en France, au 10 avril 2026, la prime est d’environ 5 %.

L’exception qui confirme la règle : la 100 francs Bazor

Une exception existe, c’est la 100 francs Bazor : une pièce assez rare parce qu’elle n’a jamais été en circulation. Les quelques exemplaires en vente sur les plateformes s’échangent entre 3 000 et 6 000 euros. C’est bien plus que le coût de l’or de la pièce (5,89 gr) qui, au 10 avril 2026, serait de 765 euros. Mais on est toujours très loin des 100 000 euros voire même des 10 000 euros.

Fausses pièces :  les détecter, un art compliqué

Pour les fausses pièces, il faut s’assurer que le vendeur est un professionnel. On sait qu’il existe des faux comme les lingots fourrés au tungstène ou des pièces qui ne contiennent peu ou pas d’or : des alliages, des plaquages or.

Différentes techniques de détection existent depuis que l’or sert de monnaie d’échange : la pierre de touche, les acides, etc.

Une promesse de rentabilité alléchante : danger absolu !

L’autre élément qui aurait dû vraiment alerter les 60 victimes déclarées de Perpignan, c’est l’annonce d’une rentabilité « de 20 % » de ces investissements en or.

Une rentabilité « extraordinaire » : c’est non !

Ce genre de promesse est strictement interdite. Ce qui est autorisé, c’est l’annonce de rendements garantis comme peuvent le faire les assurances vie. On remarquera qu’il n’y a pas beaucoup de prise de risque dans ces cas-là, puisqu’il s’agit en général d’une rémunération proche de celle des livrets réglementés. Il faut surtout quand même vérifier quelle est la société qui propose cette offre. Elle doit être bien déclarée aux autorités assurantielles, bancaires et de marché.

On ajoutera à cela que tout investissement ou placement comporte un risque de perte en capital.

Et enfin, on le rappellera, les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.

Dans le cas de Perpignan, c’était visiblement une opération de cavalerie, c’est-à-dire que la rémunération promise était financée par les investisseurs suivants. Un système illégal et qui se termine toujours mal pour les épargnants.

Confondre rentabilité et évolution du cours de l’or

Les victimes de l’arnaque ont confondu la progression du cours de l’or et une éventuelle rentabilité. Il est vrai qu’en 2025 et début 2026, les compteurs se sont affolés autour du cours de l’or. Une hausse du cours à deux chiffres, particulièrement inhabituelle. Évidemment, les malfaisants ont joué sur ces informations.

L’or ne produit pas de rendement : pas de loyer, pas de dividendes, pas de coupons, pas d’intérêt. Le seul moyen de faire des gains avec l’or, c’est d’obtenir des plus-values entre le prix d’achat et de vente. Comme dans l’immobilier pour une résidence principale. Donc, pourquoi pas obtenir 20 % de plus-value, mais cela ne peut pas être un rendement régulier et surtout pas garanti.

On rappelle qu’en cas de chute du cours, de vente au mauvais moment, on peut aussi faire une moins-value avec de l’or.

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Rosoor, Benjamin
Je suis entrepreneur sur le web depuis 1999. Diplômé de l'école de journalisme de Bordeaux, j'ai tout d'abord été journaliste-reporter radio pendant 10 ans. J'anime plusieurs médias sociaux et blogs sur les entreprises, la tech, la finance, le marketing digital.

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