Pourquoi l’épargne des Français atteint-elle des niveaux record ?

par | 27 Fév 2026 | Finances personnelles, Or | 0 commentaires

Temps de lecture : 4 minutes

En dehors de la très exceptionnelle période du Covid, les Français n’ont jamais autant épargné depuis les années 1970. Fin 2025, le taux d’épargne atteignait 18,7 %, ce qui place la France au 2e rang européen. Le taux d’épargne progresse depuis plusieurs années, après avoir stagné pendant près de 20 ans. Quelles raisons expliquent cette tendance aux économies plutôt qu’aux dépenses ? Où les ménages placent-ils leur épargne ? Explications.

Disclaimer : cet article a une vocation pédagogique et ne remplace pas les conseils d’un professionnel qualifié.

Les ménages français, champions d’Europe de l’épargne

Les Français sont des épargnants zélés. À l’échelle de la zone euro, ils figurent même à la deuxième place des ménages les plus économes. Avec un taux d’épargne qui grimpe depuis plusieurs années, c’est tout un patrimoine financier qui bat des records.

Le taux d’épargne des ménages français augmente d’année en année

Pendant près de trois décennies (1991-2019), le taux d’épargne conserve un niveau stable entre 13,5 et 16 %. Puis il augmente fortement en 2020 : c’est la crise sanitaire et le confinement va de pair avec une « épargne forcée », comme le relève la Banque de France. Si bien que le taux d’épargne atteint 20,4 % en 2020 (avec un pic à 26,1 % au premier trimestre) et 19,1 % en 2021.

Après un léger recul en 2022 (16,9 %), il retrouve des niveaux au-dessus de 18 %. À la fin de l’année 2025, le taux d’épargne a atteint 18,7 % en France : à peine moins que l’Allemagne (19,6 %), mais devant l’Italie (14,1 %) ou l’Espagne (12 %). En comparaison, le taux d’épargne de la zone euro est de 15,1 %.

Bon à savoir : ce taux correspond au pourcentage du revenu brut consacré à l’épargne. Il inclut l’ensemble du patrimoine, dont les biens immobiliers. Les économistes font aussi parfois référence au taux d’épargne financière, qui ne comprend que les liquidités ou les produits financiers.

Un patrimoine financier des ménages : un « bas de laine » record 

Qui dit hausse de l’épargne, dit augmentation du patrimoine. À la fin de l’année 2025, le patrimoine financier des Français atteint 6 477,6 milliards d’euros. Et ce montant ne représente que 40 % du patrimoine total des Français : le reste est principalement investi dans l’immobilier, relève le ministère de l’Économie et des finances.

Pourquoi les Français épargnent-ils autant ?

En France, se constituer une épargne fait partie des habitudes. D’autres phénomènes expliquent aussi la progression du taux d’épargne.

Une préférence bien ancrée pour la sécurité financière

Mettre de l’argent de côté pour faire face à d’éventuelles crises, c’est un réflexe inculqué par les anciennes générations. Les pratiques diffèrent selon les familles : des Napoléon 20 francs en or cachés dans la maison ou transmis aux enfants, l’ouverture d’un livret A en guise de cadeau de naissance… Se constituer une épargne est donc très habituel, comme c’est le cas ailleurs en Europe (Allemagne ou Suisse notamment). Ça l’est beaucoup moins dans d’autres pays, comme aux États-Unis, où la culture du crédit prédomine. Ainsi, outre-Atlantique, le taux d’épargne brut atteignait à peine 4,8 % fin 2025.

Une épargne de précaution face aux incertitudes géopolitiques

Comme l’épargne est perçue comme un outil de protection contre des risques difficiles à anticiper, il est logique que le climat d’incertitude ait un impact. C’est ce qui explique que le taux d’épargne n’ait pas retrouvé ses niveaux d’avant Covid. Les tensions commerciales, les crises géopolitiques (guerre en Ukraine et menaces diverses) ainsi que les craintes d’inflation font peser des inquiétudes sur les ménages. Ces derniers réagissent en augmentant leur épargne de précaution.

Une manière d’anticiper des dépenses futures en cas de perte de pouvoir d’achat

Autre crainte : celle de voir le coût de la vie augmenter encore. Si bien que l’épargne est utilisée comme un matelas supplémentaire pour absorber de futures hausses de prix. En mettant davantage de côté lorsqu’ils le peuvent, les ménages prévoient ainsi de pouvoir au moins conserver le même niveau de vie, si les dépenses contraintes augmentent (logement, énergie, santé…). L’épargne devient ainsi un instrument de stabilisation financière.

Des facteurs démographiques plus favorables à l’épargne

Enfin, il faut tenir compte du vieillissement de la population. Avec l’allongement de la durée de vie, les seniors continuent à épargner pour assurer une période de retraite plus longue et potentiellement plus coûteuse (aide à domicile, frais de santé…). Les Français perçoivent aussi plus tardivement des héritages, à un âge où ils sont souvent déjà propriétaires.

Comment les ménages français placent-ils leurs économies ?

Le livret A est souvent cité comme un placement historique, mais la baisse de son taux de rémunération (1,5 % depuis le 1er février 2026) n’arrange pas les épargnants, ce qui a entraîné une forte décollecte. Alors, où les Français placent-ils leur épargne, et en fonction de quels critères ?

Pour les épargnants français, ce qui compte c’est la sécurité et la liquidité

Le ministère de l’Économie et des finances le souligne : les ménages français privilégient avant tout la sécurité et la liquidité pour choisir les supports sur lesquels ils placent leurs économies. C’est-à-dire des solutions qui protègent leur épargne. Par exemple avec un capital garanti par l’État ou un faible risque de volatilité. Mais aussi des options qui assurent aussi une bonne disponibilité de l’argent en cas de difficulté.

Une épargne partagée entre trois grands postes

Le bas de laine des ménages est réparti assez équitablement sur trois types de supports différents.

  • 2 127 milliards d’euros sur des dépôts bancaires, c’est-à-dire le compte courant bien sûr, des comptes à terme mais également des livrets réglementés, comme le livret A, le livret d’épargne populaire (LEP) ou le livret de développement durable et solidaire (LDDS).
  • 2 245 milliards d’euros sur des produits d’assurance, et notamment les très classiques assurances-vie. Il s’agit le plus souvent de placements de moyen ou long terme, et les rendements diffèrent selon le type de contrat.
  • 2 167 milliards d’euros en actions cotées ou non cotées.

Des stratégies qui vont encore évoluer

Ces répartitions ne sont pas gravées dans le marbre. Depuis le début de l’année 2026 par exemple, les livrets réglementés sont de plus en plus boudés. Le livret A et le LDDS ont enregistré une forte décollecte au début de l’année 2026 (1,87 milliard pour le livret A, et 400 millions d’euros pour le LDDS). L’assurance-vie (avec un compte en euros) présente un faible risque de perte en capital et les rendements s’améliorent. Mais il faut aussi tenir compte de la fiscalité et bien s’assurer d’une facilité à récupérer des fonds rapidement. Des solutions alternatives, comme l’or physique d’investissement, permettent aussi de concilier liquidité et sécurisation du patrimoine.

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Tiberghien, Perrine

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