Vous vous souvenez de ce temps où la situation économique était sous contrôle, quand il n’y avait que deux camps qui s’opposaient. La vie de l’investisseur était assez reposante. Vous ne vous en souvenez pas ? Alors vous devez avoir moins de 50 ans !
Aujourd’hui, gérer un patrimoine, c’est comme traverser un champ de mines à cloche-pied. À tout moment, ça peut exploser ! Voici quelques explications à titre pédagogique pour arriver à gérer son patrimoine en temps de crise permanente.

Guerre et déstabilisation économique planétaire : le combo d’Ormuz
Avec Donald Trump on n’est jamais déçu. On connaissait les conflits régionaux, même la guerre aux portes de l’Europe. En revanche, on n’avait jamais vu la transformation de l’attaque d’un pays par un autre (ou deux autres) en blocus de l’accès à la région productrice de 20 % du pétrole mondial.
Augmentation du prix du pétrole, de l’inflation, des taux d’intérêt
Le premier marqueur visible est l’augmentation des prix du pétrole. Mais surtout, c’est une grande partie de l’usine du monde (l’Asie) qui se retrouve sans énergie. Sans pétrole, pas de production possible. Sans parler de l’agriculture qui pourrait connaître des difficultés d’approvisionnement en engrais. Ces deux éléments vont, sans aucun doute, provoquer une poussée de l’inflation.
L’impact sur son patrimoine
Pour se prémunir contre l’inflation, il existe plusieurs actifs possibles. On pense évidemment à l’or qui, en tant qu’actif tangible, voit son prix augmenter parce que la monnaie se dégrade.
Mais si l’inflation devient importante et durable, il est possible que les banques centrales remontent leurs taux. Alors les obligations d’État deviendront plus attractives. Attention toutefois à la concurrence entre « obligations » si les taux poursuivent leur hausse. Il est possible de devoir attendre la liquidation officielle du titre pour pouvoir récupérer son capital à 100 % : parfois plus d’une dizaine d’années. Des obligations moins rémunératrices que d’autres sont difficiles à vendre.
Un dollar fort jusqu’à quand ?
On a beaucoup entendu que le dollar était de nouveau devenu une « valeur refuge ». Effectivement, sous l’impulsion de l’augmentation du prix du pétrole, le dollar a retrouvé de la vigueur. Mais on ne voit pas pourquoi Donald Trump ne relancera pas sa stratégie de dollar faible quand il aura « terminé » sa guerre. C’est une arme très efficace pour rendre les produits américains attractifs. D’autant que cela pourrait coïncider avec la fin du mandat de Jerome Powell, le responsable de la Réserve Fédérale. Celui-ci s’opposait à une baisse des taux malgré la colère de Trump.
Prévoir le prochain cygne noir et ses investissements (la prochaine crise) ?
Si on pouvait connaître la prochaine crise, on pourrait anticiper. Mais sincèrement, plutôt de chercher le quoi et le comment, partons du principe qu’il y aura une prochaine crise.
La leçon des six dernières années, c’est que nous vivons maintenant dans un système de crise permanente. On a connu une pandémie mondiale avec confinement planétaire. On a redécouvert l’inflation et les taux d’intérêts plus élevés. On a quasiment entendu le bruit des chars à quelques centaines de kilomètre de nos frontières. On a vu les Américains pilonner l’Iran et bloquer le trafic maritime du détroit d’Ormuz.
Répartir ses actifs
Toutes ces crises ont montré qu’il était assez difficile de prévoir les réactions des différents actifs. Depuis 2020, cela n’a jamais été la même chose. À part peut-être pour l’or qui s’en est en général sorti par une hausse. Il est donc plus que jamais recommandé de répartir son patrimoine de manière très diversifiée.
Les méthodes de portefeuilles anti-crises
On ne sait pas où tombera la foudre, et surtout quels dégâts elle va provoquer. Alors des gestionnaires de patrimoine (plutôt américains) ont développé des formules pour essayer de conserver un rendement quelques points au-dessus de l’inflation. Aux États-Unis, l’épargne de long terme est culturelle puisqu’il faut constituer soi-même sa retraite. L’idée n’est pas de rêver faire fortune, comme pourrait le faire un trader. Le principe est de protéger son patrimoine des krachs, de l’inflation, des crises économiques et géopolitiques.
Le portefeuille tout-temps « All Weather » de Ray Dalio
Ce portefeuille correspond essentiellement à des périodes économiques :
- La hausse ou la baisse de l’inflation ;
- La baisse de l’inflation ;
- La croissance économique ;
- Le ralentissement économique.
Pour Ray Dalio, qui gère un énorme fonds d’investissement, cela correspond à quatre saisons économiques. Il fait évoluer ses allocations en or, obligations, cash, actions défensives, actions spéculatives et matières premières. C’est bien la période qui rythme le choix des investissements, pas les « opportunités ».
Le portefeuille permanent d’Harry Brown
Cet analyste financier, libertarien américain, est encore plus strict dans ses choix. Il considère qu’il faut découper son portefeuille en 4 parts égales :
- Des obligations longues ;
- Des actions ;
- Du cash ou des placements obligataires courts ;
- De l’or.
Selon lui, cette méthode permet de traverser les époques et les crises (quelles qu’elles soient) en maintenant une évolution de son patrimoine quelques points au-dessus de l’inflation.
Les limites du tout immobilier
En France, on a l’habitude de considérer que l’épargne de long terme, sûre, c’est la pierre. Autrement dit l’immobilier qui aurait l’intérêt de conserver la valeur et de produire des loyers, donc des revenus. Mais depuis quelques années, la fiscalité (l’IFI) et les différentes lois sur l’encadrement des loyers ou les limitations de location courte durée ont fortement réduit le rendement de l’immobilier locatif. Dans le même temps, les taux d’intérêt et la diminution de l’offre ont augmenté le ticket d’entrée et les prix d’achat. Bref, la rentabilité de l’immobilier d’investissement est à décortiquer avec précision pour ne pas avoir de surprises.






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