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Va-t-on continuer à subventionner l’économie chinoise avec nos impôts ?


Dans leur lutte permanente pour l’augmentation du pouvoir d’achat des Français, les gouvernements de droite comme de gauche d’ailleurs qui se sont succédés depuis plusieurs décennies ont poussé le keynésianisme jusqu’à ses limites, au point aujourd’hui qu’on ne se pose même plus la question de son efficacité sur l’économie française. Pire encore, on peut sans trop de difficultés constater à quel point ces politiques ont profité (et profitent encore) aux économies étrangères, et en particulier à l’économie des gros pays exportateurs, la Chine en tête.

Politique de l’offre contre politique de la demande

Traditionnellement, la politique de la demande est une particularité des gouvernances dites “socio-démocrates” (plus ou moins la gauche française), en ce sens qu’elle vise à dynamiser la croissance en augmentant les ressources des ménages, ce qui est censé entraîner une demande de consommation plus importante. Cette théorie s’oppose à une autre vision plus libérale cette fois (et donc plutôt marquée à droite de l’échiquier politique), qui pense que le salut de la croissance se trouve au contraire dans l’offre et qu’il faut donc favoriser la production de biens et services sur le territoire, améliorant non seulement la consommation en interne mais aussi le commerce extérieur. Or, la réalité montre que les politiques économiques menées en France ces 35 dernières années ont quelque peu brouillé les cartes, et, à droite comme à gauche, depuis l’élection de François Mitterrand en 1981, tout le monde cherche plus ou moins à flatter le consommateur qui sommeille en chaque électeur, sans toujours se soucier des conséquences sur l’économie en général.

Ainsi aujourd’hui, quelle que soit leur étiquette politique affichée, tous les candidats à la présidentielle, sans exception, ont inscrit l’augmentation du pouvoir d’achat des Français au premier rang des mesures phares de leur futur (éventuel !) quinquennat. Un peu comme si, à l’instar des libertés individuelles et de l’égalité des citoyens devant la loi (un vœu pieux, soit dit en passant), le keynésianisme constituait une sorte de tronc commun à toute politique crédible au XXIe siècle.

Permettre de consommer plus… à l’étranger !

Mais de quoi parle-t-on au juste ? Tout simplement de permettre aux citoyens d’acheter plus, de consommer davantage, de dépenser avec largesse, pour des biens et services dont il a de moins en moins besoin mais de plus en plus envie.

Sauf que nous sommes justement au XXIe siècle, et que l’économie a énormément changé depuis les années 1980. Et le principal changement c’est que le commerce est aujourd’hui mondialisé, grâce à l’ouverture des frontières en Europe tout d’abord, ensuite à la mise en place de traités commerciaux internationaux à l’échelle de la planète tout entière, et surtout par l’effet démultiplicateur d’Internet et des nouvelles technologies de communication, d’information et d’échanges. Mieux informés, mieux armés aussi face aux techniques commerciales des entreprises qui ont eu un peu de retard à l’allumage au tournant des années 2000, les consommateurs savent désormais se jouer des distances et acheter au meilleur prix, à défaut d’acheter de la meilleure qualité, même si celle-ci devient elle aussi plus facilement accessible.

Inévitablement, ceux qui vont tirer leur épingle du jeu dans cette formidable braderie planétaire, ce sont les pays qui produisent à bas coût. Et la délocalisation massive des unités de production occidentales vers les pays d’Asie, notamment, a permis sans le savoir à cette région du monde de rattraper son retard industriel à vitesse grand V. Jouets, vêtements, électroménager, informatique, mobilier et même médicaments, l’écrasante majorité de ces produits arbore désormais sans fausse pudeur trois lettres qui disent tout du monde dans lequel nous sommes entrés sans la savoir : R.P.C., pour République populaire de Chine. Car c’est un fait, la Chine vend au reste du monde.

Une politique économique qui se trompe de cible

Par conséquent, en augmentant le pouvoir d’achat des Français, on cherche avant tout à favoriser les ménages les plus modestes, et c’est louable. Mais qu’espère-t-on au juste ? Que les Français qui gagnent en moyenne 2000 euros par mois et dont 15% se trouvent encore sous le seuil de pauvreté vont subitement aller acheter de la sellerie Hermès fabriquée amoureusement à la main par un artisan niché sous les toits du 24 Faubourg Saint-Honoré ? Qu’ils vont renouveler leur ménagère inox 48 pièces de chez Carrefour pour acheter l’équivalent chez Chamblis à 2200 euros (ce qui met la petite cuillère à café à environ 28 euros quand même) ? Car des entreprises qui produisent en France, il n’y en a plus beaucoup, sauf dans le luxe et l’industrie lourde (nucléaire par exemple).

En janvier dernier, la France a connu son pire mois en termes de balance commerciale, avec un déficit du commerce extérieur de près de 8 milliards d’euros. En clair, cela signifie que nous avons importé pour 8 milliards de plus que ce que nous avons exporté. Et encore, nous exportons surtout des produits destinés au entreprises, alors que nous importons massivement de quoi remplir les placards, les dressings et les salons des particuliers.

Une certaine forme de malhonnêteté intellectuelle

Au final, sans doute les Français vont-il effectivement dépenser leurs quelques euros supplémentaires accordés généreusement par l’État dans l’achat de nouveaux produits, et non dans l’épargne (car le risque existe également, et cela pourrait faire l’objet d’un autre article). Mais gardons bien à l’esprit deux choses essentielles :

  • tout d’abord, l’augmentation du pouvoir d’achat s’obtient par le jeu des redistributions sociales sur fond de pression fiscale vécue comme de moins en moins légitime par ceux qui la subissent (une minorité de Français formant la classe dite moyenne, les plus riches ayant paradoxalement davantage de possibilités d’échapper à l’impôt);
  • ensuite, concernant les nouveaux produits achetés (hors alimentaire, même si la production agricole et l’élevage perdent du terrain par manque d’harmonisation européenne), il s’agira très probablement à plus de 90% de produits en provenance de l’étranger.

Dans ces conditions, il est intellectuellement malhonnête de vouloir faire croire aux électeurs qu’on cherche parallèlement à redynamiser l’appareil productif français et à favoriser l’activité des PME : c’est juste impossible en menant une politique de la demande comme nous le faisons. Il faudrait au contraire mettre en place une véritable politique de l’offre, laquelle rendrait enfin possible la création (ou la ré-activation) d’entreprises de production françaises.

L’importance des PME productrices françaises

Avec un encadrement législatif adéquat (car l’État a un rôle important de régulateur à jouer), une politique fiscale et sociale permettant aux entreprises de redevenir réellement compétitives, et aussi une véritable prise de conscience de l’importance des PME dans le tissu économique du pays (que ce soit en termes d’emplois, de croissance, d’innovation…), on devrait retrouver une situation plus saine sans avoir besoin d’augmenter continuellement les impôts, lesquels alimentent le puits sans fond de la production internationale qui se frotte les mains devant tant de fatalisme et de passivité de notre part.

Attention, contrairement à ce que prônent certains leaders politiques d’un autre âge, il n’est pas question de fermer les frontières aux productions étrangères. Bien au contraire, il nous appartient de trouver notre place au sein de ce nouveau marché dans lequel nous ne sommes pour l’instant que de simples spectateurs. Des spectateurs payants, qui plus est.

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A propos de Anthony Alberti

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Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

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