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Archive for décembre, 2008

Les pièces d’or, de nouveau un cadeau en vogue

Dimanche, décembre 28th, 2008
Natacha et la clé du coffre bancaire où elle garde ses pièces d'or et celle de sa fille

Natacha et la clé du coffre bancaire où elle garde ses pièces d or et celle de sa fille

Pour la première fois depuis les années 70, offrir des pièces d’or pourrait redevenir une idée cadeau en vogue. Nous avons fait une petite enquête sur Facebook et nous avons trouvé Natacha, infirmière de quarante ans et mère d’Anaïs, jeune étudiante de vingt ans. Interview.

LORetLARGENT.info  : Connaissiez-vous l’or et les pièces d’or en particulier avant d’en offrir une à Anaïs ?

Natacha : Jusqu’à il y a encore 6 mois, pour moi, l’or c’était uniquement le métal précieux que l’on utilise principalement en bijouterie. Je savais vaguement que dans le passé il avait eu une plus grande importance mais je n’aurais jamais envisagé en acquérir pour moi, encore moins pour offrir autrement que sous forme d’un bijou. Quant aux pièces d’or, pour moi c’était ce que les grands parents offraient après guerre à leurs petits enfants pour les protéger en cas de coups durs  et assurer l’avenir. Avant cette année,  je n’avais jamais tenu dans mes mains une véritable pièce d’or. Bref, pour moi c’était un truc un peu vieillot qui ne correspondait pas aux canons d’un cadeau que l’on offre en ce début de XXIème siècle. Et puis il y a eu la crise…

LORetLARGENT.info : Justement, parlez-moi de ça. Vous êtes infirmière, vous n’êtes pas concernée par les traders londoniens qui sont virés par e-mail et votre travail ne devrait pas connaitre la crise. Expliquez-moi comment vous avez perçu cette crise et ce qui vous a poussé à acheter de l’or, non plus comme bijou, mais dans une logique de placement, d’assurance anticrises ?

Natacha : La crise, je suis comme tout le monde, je l’ai découvert par les médias. J’ai compris les implications qu’elle pouvait avoir dans l’économie réelle. Mes patients m’en parle, certains sont très inquiets, notamment les plus vieux qui ont connu la guerre. Selon eux, les choses peuvent commencer comme ça, monter sournoisement pendant quelques années et exploser quelques années après. Même si parfois je trouve tout cela un peu alarmiste,  je suis tout de même vigilante et prévoyante, notamment pour mes enfants. Et puis j’ai  vu  par hasard un reportage sur l’or dans le journal  tv. J’ai été surprise par ces gens qui se ruaient chez des numismates pour acheter ou vendre des pièces d’or car les prix commençaient à grimper. Jusqu’à peu, l’immobilier était pour moi la valeur refuge. Elle n’est donc vraisemblablement pas la seule… j’ai donc appris que l’or n’avait  cessé de grimper depuis le 11 septembre 2001.
Je suis passé sur eBay pour voir le prix des pièces d’or. Mais n’y connaissant  rien et n’ayant pas spécialement confiance, j’ai  alors tout bêtement fait appel  à mon banquier qui  m’avoua ne pas y connaitre grand-chose, mais qu’il allait se renseigner. Après plusieurs appels de relance et quelques semaines d’attente, j’avais enfin mes 20 pièces d’or, superbes ! Jusqu’à ce jour, ma référence en  matière  d’or était le «   vieux napoléon  » que ma grand-mère portait  autour du cou !
Pour conserver mes pièces d’or , ne voulant pas les garder à la maison, J’ai  quand même préféré payer 90 euros une année de location pour un petit coffre à la banque , une chance, c’était le dernier  disponible  ! Un service à améliorer !

LORetLARGENT.info : Et pourquoi offrir une pièce d’or comme cadeau de noël à votre fille ?

Natacha : J’ai trouvé ces pièces vraiment très belles et me suis dit que  lui offrir sa première pièce d’or serait un beau cadeau pour elle, original et pourquoi pas ensuite  constituer  un petit capital intéressant. (on avait d’ailleurs trouvé le blog LORetLARGENT.info). Je pense finalement qu’offrir des pièces d’or aujourd’hui est tout aussi pertinent que d’avoir une assurance vie ! Depuis tous  ces scandales financier je me demande quand même où l’argent de ces assurances est-il  réellement investit ?

LORetLARGENT.info : Et comment offre-t’-on alors une pièce d’or pour Noël ?

Natacha : J’ai tout bêtement présenté la pièce dans un petit écrin, joliment emballé et déposée au pied du sapin. Ma fille a adoré ! Mais il fallait que cette pièce  reste en lieu sûr. Si l’or est bien une valeur refuge, il vaut mieux qu’elle reste en sécurité dans un coffre assuré, dans une banque. Elle sait  qu’elle  peut disposer  de sa pièce, à tout moment, en cas de besoin ! Du moment qu’elle rempli totalement le rôle qu’on lui donne, c’est-à-dire prendre de la valeur en période crise et pouvoir la revendre à tout  moment.

Les napoléons seront-ils le must des cadeaux pour les prochaines années ? Pour la rédaction de LORetLARGENT.info c’est une évidence depuis notre rencontre avec Natacha.

De la qualité des pièces d’or dédiées à l’investissement

Mardi, décembre 23rd, 2008
Une balance électronique permet de détecter des pièces usées.

Une balance électronique permet de détecter des pièces usées. Le Napoléon de type Marianne Coq présent sur la photo est parfait côté poids.

En matière d’or d’investissement, les acheteurs ont trop souvent tendance à négliger la qualité des pièces qu’ils achètent jusqu’au moment de la revente et de la mauvaise surprise qui les attends. En effet, lorsque vous allez revendre vos pièces, elles vont redevenir un bref instant des objets numismatiques et seront jugées comme telle.

Se dire, « c’est une pièce en or, un napoléon 20F, donc je pourrais la revendre avec une prime de 20% en cas de crise » est bien vite aller en besogne si vous n’avez pas pris soin de baliser le terrain au préalable, de valider la qualité de ce que vous achetez.

Les professionnels qui achèteront vos pièces seront en effet intraitables sur la qualité de ce que vous leur proposez et utiliserons le moindre argument pour  supprimer la prime et vous acheter les pièces au poids, moins leur commission et une éventuelle décote officieuse sur le fait que vous ayez manipulé les pièces. Bref, à la fin, le compte n’y est plus une fois la taxe forfaitaire de 8% déduite (cf. notre guide fiscal).

Évidemment, lorsqu’une pièce est rare, la qualité requise est moindre pour en tirer un bon prix. Mais se raisonnement est purement numismatique et dans le cas présent nous parlons d’investissement. Donc il est clair que nous n’irons pas acheter une 100 Francs Bazor dans une logique d’or investissement. En effet, ce type de pièce rare est finalement peu sensible aux crises, hausse et baisse de l’or mais plutôt à l’offre et la demande sur des pièces du même type. Si le prix d’une Bazor est très élevé, il ne doublera pas en moins de trois semaines comme ce fut le cas sur un demi-napoléon qui pouvait soutenir une prime si sa qualité était bonne. De plus, les pièces très rares sortent fiscalement de la catégorie or d’investissement et la TVA s’applique (cf. notre dossier sur la TVA appliquée au pièces d’or).

Quel est le degré minimal de conservation des pièces qui puisse prétendre avoir une prime.

 

Une bonne loupe pour détecter les défauts des pièces d or

Une bonne loupe pour détecter les défauts des pièces d or

Généralement, c’est les niveaux de qualité TTB ou SUP (et SPL pour les refrappes Pinay des Mariannes Coq) qui permettent d’obtenir une prime avec des pièces d’or courantes. Ce sont les pièces sur lesquelles vous devez vous concentrer pour vos achats d’or d’investissement. En dehors de quelques raretés, les B et TB seront achetées et vendues au poids. Quant aux FDC (les pièces d’aspect neuf), nous vous conseillons de ne pas vous y intéresser pour du placement car il s’agit de pièces plus rares avec une prime de fond déjà élevée et un différentiel de prime faible. Ce sont de très belles pièces à réserver aux numismates purs.

A éviter.
Si malgré le tableau ci-après vous n’êtes pas certain de votre aptitude à juger de la qualité des pièces que vous achetez, nous vous conseillons d’éviter les achats auprès de particuliers et, de manière générale, l’achat sur des sites de vente aux enchères de type eBay (où vous ne pouvez juger l’achat que sur de simples photos qui ont la fâcheuse tendance à masquer les défauts). Souvenez-vous que c’est le côté le plus usé qui décide de l’état général de la pièce. Un tiers des pièces vendues sur les sites d’enchères n’ont pas la qualité suffisante. Pire, elles sont parfois vendues par des professionnels sans scrupule qui savent ne pas pouvoir les écouler en direct auprès de leurs clients ou bien auprès de CPR…
Méfiez-vous notamment de certaines pièces parfois trop brillantes et dont les détails sont estompés. C’est le signe de pièces qui ont été nettoyées avec des produits ou des instruments abrasifs, initialement pour masquer quelques défaut, et qui au final ont littéralement enlevé de l’or. Le test de la pesée est généralement sans appel: un napoléon de qualité standard donnera sur une balance numérique entre 6,44 et 6,46 g. S’il fait moins de 6,43 g. passez votre chemin.

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Tableau des différents états ou degrés de conservation des pièces

  • Fleur de coin (FDC 65-70). Etat d’une pièce parfaite (sans rayures, ni usures, ni traces de choc), telle qu’elle a dû sortir du coin monétaire. Cet état suppose que la pièce n’ait pas circulé, seule la patine ou l’oxydation doit indiquer l’état d’ancienneté de la pièce. La monnaie FDC est dans son état de frappe avec l’intégralité de son velours. Aucun défaut n’est toléré. État rare, car même les pièces qui n’ont pas circulé mais qui auront été transportées dans des sacs ne pourront prétendre à ce niveau de qualité du fait des chocs liés au transport. Ces pièces sont réservées aux numismates. En raison de leur prime de fond élevée elles ne sont pas à considérées comme un investissement dans une logique de placement dans l’or physique.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA : MS 65
    - UK : UNC (Uncirculated)
    - Allemagne : STG (Stempelglanz)
    - Italie : FDC (Fior di Conio)
    - Espagne : FDC (Flor de Cuño)
  • Splendide (SPL 63-64). Il n’y a pas de trace d’usure car elle n’a pas circulé. Le velours de frappe est cependant absent des parties en relief.
    Dans les autres pays, ce type sera considéré comme FDC ou SUP suivant l’état.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA : MS 63
    - UK : MS (Mint State)
    - Allemagne : Fast Stempelglanz
    - Italie : -
    - Espagne : SC
  • Superbe (SUP 55-62). C’est l’état d’une pièce presque parfaite ayant peu circulé, et dont les défauts, peu visibles à l’œil nu, peuvent apparaître plus clairement à la loupe (légères stries, légère usure de certains reliefs comme les cheveux, barbe, moustaches, plumes, …) Le velours de frappe a disparu et il y a de petits chocs liés au transport.
    Equivalences dans d’autres pays :
    - USA : AU 65
    - UK : EX (Extremely Fine)
    - Allemagne : VZ (Vorzüglich)
    - Italie : SPL (Splendido)
    - Espagne : EBC (Extraordinariamente bien conservada)
  • Très Très Beau (TTB 40-54). Etat d’une pièce dont l’usure montre clairement qu’elle a circulé, mais qui garde encore une très belle présentation, des reliefs peu fatigués, un listel éventuellement émoussé mais encore net. Les traces d’usure sont visibles mais l’aspect de la pièce est agréable. Il s’agit donc d’un état de conservation moyen « plus » qui permet encore de prétendre à une prime sur sa pièce.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA : XF 40
    - UK : VF (Very Fine)
    - Allemagne : SS (Sehr Schön)
    - Italie : BB (Bellissimo)
    - Espagne : MBC (Muy bien conservada)
  • Très Beau (TB 15-39). État d’une pièce ayant beaucoup circulé. Certains détails de la gravure commencent à s’estomper (rubans, cheveux, inscriptions de la tranche, etc.) La surface métallique est terne (ou au contraire trop brillante « pour être honnête »), hachées de petites stries, des accidents peuvent être visibles (chocs sur la tranche, rayures importantes). L’aspect est encore convenable aux yeux d’un numismate mais l’investisseur évitera ce type de pièce qui est généralement rachetée sans prime, dans le cas des pièces d’or courantes.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA : F 15
    - UK : F (Fine)
    - Allemagne : S (Schön)
    - Italie : MB (Molto Bello)
    - Espagne : BC+
  • Beau (B 6-14). Pudiquement qualifié de « Beau », l’état de ces pièces les cantonne à l’achat/vente au poids. Il s’agit en effet de pièces usées voire très usées, d’un aspect médiocre. On arrive tout juste à distinguer le type. Les légendes sont partiellement effacées, l’effigie n’est plus nette, de nombreux accidents sont visibles. Il s’agit d’une pièce qui a beaucoup circulé et qui finira un jour ou l’autre fondue à moins qu’elle n’appartienne à un type rare.
    Équivalences dans d’autres pays :
    - USA : G 6
    - UK : VG (Very Good)
    - Allemagne : SGE (Sehr Gut Erhalten)
    - Italie : B (Bello)
    - Espagne : BC (Bien conservada)

Les nombres de type 65-70 sont des grades de qualité intermédiaires dans un même type d’état. Vous rencontrerez parfois ce type d’indications, mais ces considérations concernent plutôt les numismates.

[MISE A JOUR du 19/07/2013]
Outre la qualité des pièces vendues sur leur plateforme, des sociétés comme AuCOFFRE.com ne présentent que des pièces d’investissement fiables et sûres :
- vendues sous scellés et numérotées
- avec la preuve de la date et du prix d’achat le jour de la revente
- des pièces garanties de qualité boursable, c’est-à-dire bénéficiant d’une prime, avec une valeur supérieure à son poids en or (avec lesquelles il est donc possible de réaliser des plus-values).
- des pièces liquides et classiques, facilement revendables comme les universelles krugerrand, les 20 francs suisse, les françaises napoléons… Des pièces faciles à trouver et à échanger, ce qui n’est pas forcément le cas de pièces comme la 20 francs or Tunisie par exemple, pour laquelle il y a peu d’offre et de demande et qui circule donc peu.
- Des pièces reconnues, ayant cours légal, à la fiscalité avantageuse (pas de taxe à la revente sur les plus-values au bout de 12 ans de détention).
- Enfin des pièces échangeables en temps réel, avec transaction instantanée à l’achat et à la revente.

Articles associés :

Livre à lire : Le Franc VIII – les Monnaies par Michel Prieur.

Article écrit par Jean-François FAURE

La prime des pièces d’or expliquée aux novices

Lundi, décembre 22nd, 2008

Le prix d un napoléon est égal au prix de l or contenu + la prime

Il y a encore quelques temps cette fameuse prime était nulle voire négative pour le Napoléon 20F. En pleine crise, courant octobre 2008, elle culminait à 30% (nous avons observé un pic à 65%, mais non significatif selon nous), un record depuis presque trente ans. Mais la prime des pièces d’or, c’est quoi déjà ?

La prime est la différence entre le prix du métal précieux constituant la pièce et le prix négocié de celle-ci.

Ainsi, un napoléon pourrait avoir pour 110 euros d’or mais valoir 120 euros. La différence entre ces deux valeurs exprimée en pourcentage est la prime.

La prime d’une pièce est liée à plusieurs facteurs :

· la fabrication : Plus les pièces sont petites et difficiles à produire et plus leur prime risque d’être élevée (sur ce principe, les Napoléons 10F ont une prime plus élevée que les 20F plus grosses). Parfois des qualités spéciales (Belle épreuve par exemple) ont été produites, justifiant alors une prime plus élevée.


· la spéculation : la prime augmente suivant les principes de l’offre et de la demande. Dans une période où les pièces se vendent plus qu’elles ne s’achètent la prime sera nulle ou légèrement négative (dans ce cas les pièces sont fondues si leur qualité est médiocre). Au moment d’une forte demande ou emballement spéculatif, la prime liée à la spéculation grimpe en flèche. La prime est donc un indicateur très efficace sur l’état de l’offre et de la demande, du potentiel de cette dernière et aussi des actions à mener. Une prime négative, nulle ou faiblement positive doit motiver l’achat alors qu’une prime entre 70 et 80% doit pousser immédiatement à la vente (en France la TVA s’applique sur les ventes d’or pour les pièces dont la prime et supérieure ou égale à 80%).

· la conservation : une pièce de qualité, n’ayant pas de trace de manipulation gardera toute sa prime. De mauvaises conditions de conservation (contact avec les doigts, rayures, usure par le frottement…) entraineront une décote de 4 à 10% pouvant donner une prime négative. Dans ce cas les pièces sont fondues et revendues au prix du métal précieux. Sur ce principe, la prime du demi-napoléon est plus élevée que celle du napoléon car les pièces de 10 francs or étaient bien plus utilisées, donc potentiellement plus usées, que celles de 20 francs; au final il est donc plus difficile de trouver un demi-napoléon en excellent état alors que les napoléon « neufs » sont nombreux (essentiellement des refrappes Pinay Marianne-Coq).

· la collection : certaines pièces sont plus rares du fait de leur frappe en plus petit nombre ou bien de caractéristiques particulières liées à des critères de rareté numismatique. Ainsi un 100 Francs Bazor (pièce de 6,55 g) pourra dépasser les 10000 euros suivant son niveau de rareté et son état. Ce chiffre étant alors totalement déconnecté de la valeur de l’or de la pièce.

· l’emplacement géographique : les pièces d’or ne sont pas recherchées de la même manière dans tous les pays. Ainsi, en Chine ou bien aux USA, les napoléons sont bien moins connues et l’on préfère y acheter des pièces locales, ou bien des Krugerrand voire des Souverains qui ont un rayonnement international.

[MAJ 22/11/2013]
Un exemple récent relatif à l’emplacement géographique de l’achat d’une pièce d’or est celui de vente de pièces Marianne Coq 20 francs vendues avec une prime exorbitante à Montréal. Avec la baisse du cours de l’or importante en 2013, même si la demande en pièce n’a pas faiblit en France, le prix des Marianne Coq avoisine les 200€ avec une prime d’environ 15% (la valeur spot d’une Marianne Coq s’approche plus de 170€ à l’heure actuelle). Nous l’avons retrouvée à 250€ sur un site d’enchères canadien (kijiji.ca).
Pourquoi une telle différence de prix ? Les prix sont libres sur les sites d’enchère d’une part, libre à chacun de vérifier sur plusieurs sources le prix en vigueur des pièces. Mais qu’est-ce qui peut justifier une telle différence de prix entre une Marianne Coq vendue à Montréal et une autre vendue à Paris ? La rareté.
Les pièces napoléoniennes brillent par leur prestige dans le Canada francophone où ce genre de pièce est très recherché. Si la pièce est très demandée dans le pays est qu’elle est rare, cela peut en partie justifier la prime plus importante que dans son pays « natal ». La prime dépend donc aussi du pays d’acquisition.

Notions associées :

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  • La prime de fond : Il s’agit de la prime moyenne que l’on observe en temps normal, en dehors des périodes de crise par exemple. La prime de fond des napoléons 20F et par exemple nulle ou légèrement négative. Celle des demi-napoléon (napoléon 10F) est d’environ 12% alors que celle du napoléon 20F est nulle voire légérement négative.
  • Différentiel de prime : Il s’agit de la différence entre la prime de fond et la prime la plus haute observée. Ce chiffre indique quel est le potentiel que représente la prime comme effet de levier dans le cadre de l’achat de pièces d’or. Le demi-napoléon (napoléon 10F) est la pièce avec le différentiel de prime le plus élevé (80%) alors que le napoléon 20F tourne autour de 30% depuis quelques années.

** Testez notre fichier EXCEL de calcul de la prime d’une pièce d’or **

Echanges entre la rédaction et un lecteur de LORetLARGENT.info à propos de la prime :

Xavier (lecteur du blog): Pourquoi dites-vous qu’un lingot est “banal” ? Sa prime n’est certes pas élevée, voire nulle, mais n’est-ce pas justement le moyen d’acheter de l’or d’investissement à son prix de marché ? Lorsque ce prix montera (très haut, comme je l’espère), l’affaire se révélera intéressante. Une pièce supporte aujourd’hui une prime élevée, donc est intéressante à vendre mais pas forcément à acheter…

LORetLARGENT.info (Jean-François Faure): Si vous avez 20000 euros à placer, n’achetez pas un lingot. Attendez que la prime des Nap passe en dessous de 5% pour vous positionner.
La prime est un véritable effet de levier. Imaginons que vous achetiez dans quelques mois un lingot et pour le même prix l’équivalent en Nap 20F sans prime. Si vous revendez au moment où vous en avez besoin (vous n’avez pas perdu de vue que l’or est une assurance contre les crises, mais pas contre les problèmes de la vie, dans ce derniers cas, préférez d’autres placements), à poids d’or égal, vous aurez minimum 20% en plus avec vos pièces (la prime), sans parler d’une plus grande facilité à les écouler.
Pour résumer, partant du principe que les pièces d’or sont un placement anti-crise, une assurance dont vous récupérez largement la mise (habituellement une assurance est à fonds perdus), il faut dès le départ prendre en compte la notion de prime et surtout celle de différentiel de prime. Il faut acheter les pièces qui ont le plus fort potentiel de hausse entre la prime de fond (la prime moyenne en dehors des crises) et la prime la plus haute rencontrée au moment des crises. Sur un lingot il y a 5% de différentiel de prime, sur un demi-napoléon il y a 76%. Imaginez sur un investissement de 20000 euros ce que ça donne à la revente. Évidemment les pièces doivent êtres d’excellente qualité. (Surtout ne rien acheter par eBay, vous aurez environs 1/3 de pièces bonnes pour la fonderie même si les photos sont flatteuses).
Gardez à l’esprit que la seule chose qui doit motiver votre achat d’or (pièces ou autres) c’est la revente (quand et comment). Généralement il faut faire vite et au meilleur prix. Et le lingot n’a pas le meilleur classement dans ce genre de concours…

Xavier : (…) La prime pourrait-elle baisser si l’or monte et surtout si on assiste comme en ce moment à une explosion de la demande physique partout dans le monde, et en France en particulier ?

LORetLARGENT.info : Vouloir comparer les évolutions de l’once d’or avec celle de la prime sur le Napoléon, c’est comme comparer le moral des banquiers américains et anglais avec celui des ménages français. Mon image est un peu caricaturale, mais elle reflète bien que les critères sous-jacents la hausse de l’once d’or ne sont pas les mêmes que ceux de la prime du napoléon. A ce sujet, comparez l’envol de l’once d’or en mars et le calme plat de la prime à la même époque. En mars, les français n’avaient qu’une vague idée qu’une crise approchait et sont restés vendeurs sur le Napoléon jusqu’en septembre. Sachez qu’au mois de janvier, notre  propre banquier ne savait pas comment faire pour nous vendre des pièces d’or alors qu’il n’avait aucun problème pour à nous proposer du LYXOR GOLD. Bref, on parle du même métal précieux, mais certainement pas du même support d’investissement et la prime est un excellent révélateur de ce décalage entre l’once d’or des places boursières, connecté notamment aux fluctuations du pétrole et du dollar, et la valeur des pièces d’or vendues en France qui sont plus en phase avec le moral des petits investisseurs amateurs de valeurs tangibles, comme les lecteurs de ce blog par exemple.

Xavier : D’accord, je me rends à vos arguments, qui se tiennent. C’est un problème de support d’investissement et on peut considérer en effet que le moral des petits investisseurs n’est pas encore au plus bas, tandis que le cours de l’once reflète déjà la dégradation des anticipations des gros spéculateurs (ou le début de la fin des manipulations sur le COMEX). L’avenir nous le dira.

Une adresse pour acheter des Napoléons et d’autres pièces d’or : AuCOFFRE.com

Quelques articles à lire pour illustrer l’effet de levier que représente la prime :

Livres à lire :
2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter de Léonard Sartoni
Guide d’investissement sur le marché de l’Or de Yannick Colleu

La place de l’or en ce début de millénaire

Samedi, décembre 20th, 2008
De l or sur une salade servie dans un grand restaurant

De l or sur une salade servie dans un grand restaurant

Au cours des siècles, l’or a agité les passions pour le pouvoir et la gloire, pour la beauté, pour la sécurité, et même pour l’immortalité. L’or a été un symbole de l’avidité, un instrument de la vanité, et une contrainte puissante en tant qu’étalon monétaire. Aucune autre matière n’a jamais inspiré autant de vénération pendant une aussi longue période.

Dieu choisit l’or pour le tabernacle où les êtres humains devaient venir lui rendre un culte. Jason vit dans la Toison d’or la clé pour établir sa dynastie. Pour les pharaons égyptiens, l’or servait à confirmer leur magnificence, même dans l’au-delà. Crésus frappa ses statères en or et soudoya la Pythie de Delphes avec de l’or pour être rassuré sur son propre pouvoir. Crassus pensa que l’or pourrait acheter la gloire militaire et il finit avec de l’or fondu versé dans sa gorge. Les Byzantins s’attachèrent à l’or comme instrument de pouvoir et pour maintenir leurs nombreux ennemis à distance. Les Arabes l’utilisèrent, en parallèle avec leur talent militaire, pour ridiculiser le monde avec leur savoir-faire commercial. Les survivants de la Grande Peste se paraient d’or pour célébrer le fait d’être encore en vie.
Colomb pensait que l’or permettait d’accéder au paradis. Les Espagnols dépouillèrent de son or le Nouveau Monde dans une vaine tentative pour dominer l’Ancien. Les Asiatiques absorbaient l’or pour se protéger de l’inconnu. Isaac Newton, un savant qui passa des années à pratiquer l’alchimie, pensait qu’il avait compris la guinée en or, et il sous-estima grossièrement son importance. Les Anglais, et à leur suite les Européens et les Américains, construisirent des systèmes financiers complexes reposant sur l’or, espérant qu’il protégerait leur richesse contre l’irresponsabilité des gouvernements et l’impatience des pauvres. Les Forty-Niners ravagèrent la ferme de Johann Sutter en cherchant à vivre comme des rois. John Stewart MacArthur pensait que le processus de cyanuration lui apporterait la richesse mais il fut contré par encore plus avide que lui. Charles de Gaulle voyait en l’or une arme pour mettre ses rivaux à genoux afin que le monde puisse jouir de l’ordre que lui apporterait la France. Les gnomes de Zurich et les spéculateurs, pendant la fièvre du début des années 1980, se réfugiaient dans l’or comme derrière un bouclier invisible contre l’irrationalité de l’État.

Mais tout cela est de l’histoire. A l’aube du nouveau millénaire, l’or n’est plus au centre de l’univers. Les derniers vestiges des entraves dorées furent jetés par Richard Nixon en 1971. Quand ce Humpty Dumpty tomba de son mur, personne ne voulut vraiment le remettre à sa place. Dépossédé de ses pouvoirs sur le monde de la monnaie, l’or était émasculé. Maintenant l’avidité et le désir de pouvoir prennent d’autres voies. Nous avons renvoyé l’or à son rôle traditionnel en joaillerie et en décoration, même si de petites quantités naviguent dans l’espace ou accélèrent la circulation des bits informatiques. Dans une application encore plus innovante, de l’or 22 carats est saupoudré sur les salades de sashimi, le gigot d’agneau et autres plats de luxe.

Extrait de l’ouvrage de Peter Bernstein  »Le pouvoir de l’or : Histoire d’une obsession« 

L’acheteur d’or est un contrarien

Vendredi, décembre 19th, 2008
En lingots et surtout sous forme de pièces, achetez de l'or !

En lingots et surtout sous forme de pièces, achetez de l or

La situation est alarmante. Même les pharmaciens et les vendeurs de chaussures se sont mis à la macro-économie. Tout le monde croit comprendre comment fonctionne l’économie mondiale.
 » Eh bien, c’est en partie vrai « , avons-nous expliqué.  » En effet, les Chinois vendent leurs produits aux États-Unis, puis leur reprêtent l’argent ainsi gagné. Le problème, c’est qu’aucune loi ne dit que les choses doivent continuer ainsi.
Imaginez un commerçant. Un jour, son meilleur client a du mal à payer ses factures. Le commerçant lui accorde un crédit… espérant qu’un jour, son client remettra ses finances à flot. Mais plus le client s’endette, plus sa situation financière empire. Ce serait parfait si les choses pouvaient fonctionner ainsi, mais c’est rarement le cas. Au contraire, la situation finit toujours par s’envenimer. Le client doit cesser d’acheter, et le commerçant de lui faire crédit. Autrement dit, ça va chauffer !
 » Alors, qu’est-ce qu’un investisseur devrait faire pour sécuriser ses investissements ?  » nous demanda notre ami.
 » Acheter de l’or « .
 » De l’or ? Quelle drôle d’idée ! Voilà des années que je n’ai entendu personne parler d’or. ça semble tellement dépassé. Je ne pensais pas qu’il y avait encore des gens qui achetaient de l’or « .
 » Voilà justement pourquoi vous devriez en acheter « .

Extrait du livre de Bill Bonner L’Empire des dettes : A l’aube d’une crise économique épique écrit en 2006 !

Keynes et la crise des années 30. L’économiste qui n’aimait pas l’or

Jeudi, décembre 18th, 2008

John Meynard Keynes

Suite à la crise des années 30, un économiste anglais va établir un diagnostic et proposer un nouvel ensemble d’idées économiquement que les milieux intellectuels et politiques vont retenir : c’est John Meynard, premier baron Keynes.

Né à Cambridges d’un économiste et philosophe connu, c’est tour à tour un professeur, un banquier, un spéculateur heureux, un haut fonctionnaire, un diplomate. Il a trente-six ans lorsqu’en 1919, il démissionne de son poste de conseiller du Trésor britannique pour attaquer, dans son livre Les conséquences économiques de la paix, le traité de Versailles, puis la politique déflationniste anglaise, conséquence de la volonté de restaurer la livre à son ancienne parité.

Son Traité de la monnaie (1930) et sa Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie
(1936) sont de grandes oeuvres qui ont bouleversé la pensée économique mondiale.

C’est surtout au cours de la grande crise des années 30 que sa doctrine a mûri.

Il montre que le sous-emploi peut résulter, non comme le disaient les classiques, d’une insuffisante élasticité des salaires à la baisse, mais d’une épargne excessive qui ne s’investit pas, de taux d’intérêt trop élevés.

S’opposant aux classiques qui voyaient dans l’activité de l’entreprise privée la source de toute prospérité, donc réservait peu de rôle économique à l’Etat, Keynes apprit aux économistes à penser à l’échelle nationale par quantité globales, ouvrant la voie aux études de comptabilité nationale. Il incita les Etats à mener une politique active en vue du plein emploi, quitte à user le cas échéant du protectionnisme, du déficit budgétaire, de grands travaux, de larges investissements publics, d’une redistribution des revenus et dépensent davantage, d’une politique de crédit généreuse conduisant à la baisse des taux d’intérêts.

Pour lui, le culte de l’or était un reste de la barbarie. Ses recherches ouvraient la voie à l’économie mathématique. Elles justifiaient une intervention multiforme des pouvoirs publics. Elles donnaient des facilités financières tentantes et dangereuses aux hommes politiques pour lesquels l’équilibre des budgets n’était plus un dogme.

Ces théories nouvelles cadraient bien avec le scandale de la crise, avec ce qu’on avait dû faire pour en sortir. L’opinion tenait les hommes politiques pour responsables. On ne peut être responsable si l’on n’a pas le moyen d’agir.

La crise laissait en héritage tout un arsenal de mesures protectionnistes. Elles  limitaient à la fois le commerce et les paiements. Les monnaies se repliaient sur elles-mêmes. L’étalon or était loin.

Cette attitude défensive, donc agressive, des différents pays conduit à un renouveau de la course aux armements, en Allemagne et au Japon d’abord, puis à l’échelle mondiale. Une monnaie inadaptée est un facteur de guerre.

Enfin, le temps où l’on estimait que les Etats ne peuvent mieux faire que de laisser les entreprises privées agir à leur guise et de ne s’en mêler que le moins possible est révolu. Les gouvernements ont été tenus pour responsables du marasme économique. Ils ont été amenés à intervenir de plus en plus énergiquement, à étendre leurs pouvoirs. La doctrine de Keynes les incite à agir. Mais le système mondial des échanges est disloqué.

Extrait de L’or et les monnaies : histoire d’une crise (Editions Gallimard / NRF)  par Jean Lecerf

Fausses pièces d’or et faux lingots

Jeudi, décembre 18th, 2008
Lanalyse du différent monétaire permet au moyen dun microscope de détecter les faux napoléons

L'analyse du différent monétaire permet au moyen d'un microscope de détecter les faux napoléons

Dans les années 80 la prime sur les Napoléons était proche des 100%. Si un Napoléon contenait pour 1000 Francs d’or, sa valeur globale était de 2000 avec la prime, motivant des faussaires à fabriquer de faux Napoléons à partir d’or bien réel pour empocher la différence, la prime. C’est ainsi qu’a été frappé la Marianne Coq de 1915. La dernière pièce d’or Marianne officiellement frappée par la France portant le millésime 1914, il était évident qu’il ne pouvait s’agir que d’un faux dans le cas d’une pièce datée de 1915. Aujourd’hui, les fausses Marianne Coq de 1915 sont vendues comme les autres pièces en or, sans prime évidemment.

Nous avons trouvé sur le blog Placements et métaux précieux un article à propos des faux napoléons :

Il existe quatre sortes de faux Napoléons et une énigme.

  1. Les « tocs« : En métal vil, plaquée or. Elles ne valent rien. Elle sont relativement facilement détectable avec une bonne balance.
  2. Les « italiennes » ou « Montecatinis« : Elles furent fabriquées en Italie dans les années 1860. A cette époque, le cours de l’or était nettement inférieur à la valeur du Napoléon. De ce fait, il était très lucratif de faire des faux en or à partir de lingots. Le cours actuel de ce type de pièce est de +/- 80% de celui d’un vrai Napoléon.

LA SUITE DE L’ARTICLE SUR PLACEMENTS METAUX PRECIEUX

Les faussaires ne manquent pas d’imagination et ce sont aussi attaqués aux lingots.

Le détection des faux lingots n’est pas facile quand le travail du faussaire est de bonne qualité.

Il existe deux façons de faire un faux lingot: le lingot « plaqué-or » et le lingot « fourré ». Le premier est relativement facilement détectable, mais le second est difficile à reconnaître.

Un lingot « plaqué-or » ou « toc » est un lingot fabriqué de toute pièce à partir d’un moule. Dans ce moule on coule un métal ou un alliage des métaux vils (généralement du bronze ou du tungstène) et par la suite on recouvre ce métal d’une fine pélicule d’or. En général dans ce cas il est impossible d’avoir un poids qui correspond au volume d’un vrai lingot. Comme on désire préserver d’abord l’apparence de la forme ce sera au détriment du poids. Ce type de lingot est plus léger qu’un vrai. Une bonne balance permettra de reconnaître ce type de fraude. Une griffure avec une pointe métallique confirmera qu’il s’agit bien d’un placage d’or.

LA SUITE DE L’ARTICLE SUR PLACEMENTS METAUX PRECIEUX

Le taux directeur de la FED à 0% (ou presque). What else ?

Jeudi, décembre 18th, 2008

Nous l’attendions et nous y voilà. Le taux directeur de la FED est presque à 0%. Mais en quoi consiste ce taux et qu’elles seront les conséquences ? A quoi devons-nous nous attendre en Europe ?

S’il faut prendre une image, cela revient pour Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale, à monter dans un hélicoptère et à jeter des sacs de billet par la portière, d’inonder le monde avec des liquidités pour faire redémarrer la machine. Il dit aux Américains : « dépensez votre argent parce que, placé, il ne vous rapportera rien. Empruntez parce que cela ne vous coûtera rien ».

Ce taux représente les intérêts que les banque américaines devront payer sur les emprunts à court terme qu’elles vont opérer sur le marché interbancaire afin de financer leurs besoins en liquidités. Descendre le taux à zéro rentre donc clairement dans la logique de relancer l’économie. L’argent est « moins cher » pour les banques et elles répercutent alors sur leurs propres clients cette tendance. Acheter le dernier écran plat, une voiture ou bien  une maison coûte moins cher.

 » Super ! Alors on va tous se remettre à consommer demain et le prix de ma maison va repartir à la hausse. «  En fait ce n’est pas aussi simple et l’exemple récent du Japon nous montre que descendre le taux directeur en dessous d’un certain seuil ne relance pas l’économie mais la fait au contraire rentrer dans le système vicieux de la « trappe à liquidités« . En bref, les banques ne prêtent plus à des taux trop bas et préfèrent garder les liquidités acquises à bras prix. En effet, en dessous d’un certain seuil, les banques supposent que les taux ne peuvent que remonter et dans ce cas elles « revendront » plus cher cet argent qu’elles auront gardé. Conscient du problème, la FED a glissé une petite phrase a ce sujet dans son communiqué de presse en indiquant qu’elle « s’attend à ce que la faiblesse de l’économie actuelle l’oblige à laisser son taux à un niveau exceptionnellement bas pendant un certain temps ». Si les banques n’ont aucune visibilité sur une éventuelle remonté prochaine des taux, autant prêter l’argent aux clients et ne pas le garder.

Jean-Claude Trichet, de la Banque Centrale Européenne, partage quant à lui l’analyse du risque de trappe à liquidités et a déjà fait savoir qu’il souhaitait marquer une pause suite aux baisses de taux survenues les semaines précédentes. Il estime qu’il y a des limites. A l’heure actuelle, le taux de la BCE se situe à 2,5%, et étant donné que l’inflation chute rapidement, il est peu probable que l’on ait droit à une autre diminution du taux.

Islande : retour sur la faillite d’un pays développé

Mercredi, décembre 17th, 2008

Début octobre 2008, la République l’Islande, Etat insulaire de l’océan Atlantique Nord qui ne compte que 316 000 habitants, a été contrainte de prendre le contrôle de son système bancaire en procédant à la nationalisation des trois principales banques. Outre la crise financière mondiale qui frappe le pays de plein fouet, l’Islande paie aussi les frais de son développement vertigineux des dix dernières années. Dans le classement 2007/2008 de l’Indicateur du développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Islande occupe en effet la première place.

Les raisons de la crise
Cette formidable croissance a été obtenue au prix d’un fort endettement des entreprises, notamment des banques – les comptes de l’État affichant, eux, un excédent. Pour compenser l’écart entre la faiblesse de la production locale et le haut niveau de vie des habitants, les banques islandaises ont massivement emprunté en Suède et au Royaume-Uni. Cet endettement a contribué à un énorme essor des banques locales : lorsque la crise a éclaté, les activités financières représentaient huit fois le produit intérieur brut (PIB) du pays. Mais au fil du temps, la dette a représenté un double problème pour l’Islande. Pour continuer à emprunter, les établissements bancaires ont dû augmenter leurs taux d’intérêts, alourdissant ainsi la charge de la dette. Puis, compte tenu de l’insuffisance de l’épargne nationale, ces dettes
ont été contractées en devises fortes (euro et livre ster-ling). Quand, en pleine crise de liquidité, les banques étrangères ont cherché à récupérer leurs mises auprès des banques islandaises, ces dernières leur ont proposé de les rembourser dans la monnaie locale, ce que les banques étrangères ont refusé, contribuant ainsi à l’effondrement de la couronne islandaise.

Vers une sortie de crise
Après la nationalisation des banques, ?’État islandais doit désormais honorer les dettes bancaires, libellées en devi-ses. C’est la raison pour laquelle il s’est tourné vers le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne (UE). L’institution financière internationale, a accordé un prêt de 2,1 milliards de dollars, tandis que les pays nordiques (Danemark, Finlande, Norvège et Suède) ont, de leur côté, décidé conjointement d’accorder à leur partenaire au sein du Conseil nordique une aide additionnelle de 2,5 milliards de dollars. D’autres pays, dont la Pologne et la Russie devraient également octroyer une aide à l’Islande qui estime avoir besoin d’une aide totale de 5 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros). Le gouvernement islandais a évalué que le coût de la crise bancaire pourrait atteindre 85 % de son PIB, soit 1 100 milliards de couronnes (7,2 milliards d’euros).

Extrait du n°2960 de Problèmes Economiques

Le plan de sauvetage des banques françaises

Mercredi, décembre 17th, 2008

D’un montant potentiel de 360 milliards d’euros, le plan de sauvetage français s’appuie sur deux piliers :
- Une enveloppe de 40 milliards d’euros destinée à d’éventuelles recapitalisations,
- La création d’une société de refinancement de droit privé, dont l’État est actionnaire à 34 % et les banques à 66 %. Présidée par Michel Camdessus, cette société refínancera les établissements de crédit en leur prêtant du cash en échange d’actifs de  » bonne qualité « . L’État se porte garant à hauteur de 320 milliards d’euros. Contrairement au plan britannique, qui garantit à hauteur de 320 milliards d’euros les prêts entre les banques, le plan français ne vise pas à refaire démarrer le marché interbancaire, mais à inciter les banques à prêter à nouveau aux ménages et aux entreprises.
Selon Patrick Artus, cette solution risque d’entériner la disparition du marché interbancaire, en habituant les banquiers à ne pas se prêter les uns les autres.

Extrait du n°2960 de Problèmes Economiques

Crime et Châtiment ou Madoff rattrapé par sa propre conscience

Mercredi, décembre 17th, 2008

Le nom « Donald Crowhurst » vous rappelle-t-il quelque chose ? Il participa à la Golden Globe Race en 1969, une régate autour du monde en solitaire. Alors qu’il se trouvait en position de vainqueur potentiel, il cessa soudain de donner de ses nouvelles. Lorsqu’on repéra son trimaran, il avait disparu. On retrouva son journal de bord qui permit de comprendre qu’au lieu de chercher à faire le tour du globe, il était resté de longs mois embusqué dans l’Atlantique Sud, communiquant jour après jour des positions fictives, attendant que les autres navigateurs y refassent apparition à l’issue de leur circumnavigation. Il se serait semble-t-il satisfait de finir en dernière position. Le hasard n’en voulut pas ainsi : la dureté de la course fit qu’il se retrouva finalement seul en position de l’emporter. Il se mit alors à errer au milieu de l’Atlantique, son journal révélant une raison de plus en plus chancelante, consignant en particulier une théorie relative à la condition humaine qui lui aurait épargné l’abominable dilemme qui était le sien : vainqueur par tricherie ou tricheur démasqué. Son système échoua cependant à le convaincre lui-même puisqu’il s’ôta la vie.

Ce qui me fait penser à Crowhurst, c’est bien entendu l’affaire Bernard Madoff. Comme vous avez pu le voir hier, je me le suis d’abord représenté en Machiavel : un homme convaincu que la « cavalerie » est le meilleur business plan qui soit au monde et développant froidement une stratégie fondée sur ce principe. Or, les informations diffusées aujourd’hui quant aux justificatifs détaillés qu’il procurait à ses clients me font maintenant penser à tout autre chose : à une tragédie à la Crowhurst. Parce que ces relevés, mentionnant parfois des dizaines d’opérations au cours d’un seul mois, présentent de manière précise la stratégie complexe qu’il affirmait mettre en œuvre pour le bénéfice de ses clients : l’utilisation de « collars », un montage particulier d’options, associée à un portefeuille dynamique d’actions, qui permet en effet d’engranger des gains réguliers dans une bourse portée par une hausse constante et paisible. Seulement voilà : pas à l’échelle qui était devenue la sienne, pas à l’échelle des milliards de dollars qu’il brassait en réalité.

La supercherie résulte du fait que si la stratégie qu’il prétendait utiliser a dû fonctionner selon ses vœux pour ses premiers clients, elle a dû atteindre rapidement sa limite en volume dans le cadre que le marché autorisait : plus et le prix des actions se serait retrouvé balloté de manière incontrôlable en raison de ses transactions. Alors, plutôt que de refuser de nouveaux clients, il a dû se mettre à feindre, jusqu’à basculer dans une simple « cavalerie » : prétendant continuer de la même manière qu’avant mais se contentant en réalité de payer les plus anciens participants avec les apports en fonds de ses plus récentes recrues.

Si mon hypothèse est exacte, son histoire est celle d’un homme qui s’imagine d’abord un géant parce que son plan complexe, digne d’un génie (celui que les relevés communiqués à ses clients persista de présenter) semble réussir mais qui, quand il découvre que ce plan est limité par la taille, ne s’y résigne pas par orgueil, par hybris. Il s’autorise sans doute d’abord quelques libertés avec ses principes – tactiques « de complément » que Michael Ocrant qui le questionne avec perspicacité en 2001 [1] semble avoir très bien devinées – pour maintenir la fiction, puis succombe : il se met alors à tricher et se retrouve non plus un géant à ses propres yeux mais un nain. Enfin bien des années plus tard, pareil à Raskolnikov dans Crime et Châtiment, il n’en peut plus : il révèle sa turpitude.

Car ne l’oublions pas, Madoff n’a pas été démasqué : il a avoué à ses fils, et ce sont eux qui l’ont livré à la police. Comme dans le cas de Crowhurst : ce n’est pas la justice des hommes qui l’a rattrapé mais sa propre conscience. Le drame humain n’est pas celui de ceux qui ont cru en Madoff : c’est celui de la manière outrancière dont il a cru en lui-même.

––––––––––––––––
[1] Michael Ocrant, Madoff tops charts ; skeptics ask how, MAR/Hedge (RIP), No. 89 May 2001

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Les grands crus millésimés, l’autre placement tangible.

Lundi, décembre 15th, 2008

Les domaines qui ne sont pas exceptionnels ou les petits millésimes subissent actuellement des baisses; en revanche il n’y a pas de fléchissement sur les vins d’exception», assure Michel Tamisier, Responsable d’Elite Advisers, société de gestion qui a lancé fin 2007 le fonds luxembourgeois Nobles Crus, fonds de 13 millions d’euros d’encours affichant une performance de plus de 20% cette année.

Les professionnels conseillent tous de privilégier les valeurs sûres. « Outre le top 20 des bordeaux, l’amateur doit focaliser son attention sur les plus grands noms de Bourgogne, tels le domaine Georges Roumier, celui de la Romanée-Conti ou encore quelques appellations produites par Ramonet ou le domaine des Comtes Lafon, poursuit Angélique de Lencquesaing. Pour la Vallée du Rhône, visez les côte-rôtie de Guigal (La Landonne, La Mouline ou la Turque) ou de Jamet. »

Pour sa part, Michel Tamisier recommande la romanée-conti 1999, « actuellement sous-cotée comparée à d’autres millésimes », Château d’Yquem 1967, « qui devrait atteindre les prix des immenses 1921 ou 1945 », et les Carruades de Lafite 2007, le second vin de château Lafite Rothschild, « un vin de plus en plus recherché, notamment en Asie, car il véhicule une image de haute qualité, couplée à un prix abordable ».

LIRE L’ARTICLE SUR LETEMPS.CH

et L’ARTICLE SUR LEFIGARO.FR

Conséquences politiques de la crise de 1929 en France

Dimanche, décembre 14th, 2008
Marianne2 a interviewé Michel Winock, l’historien, sur les conséquences politiques de la crise de 29 en France dans les années 30.

Comment la crise de 1929 a préparé le terrain du nazisme

Dimanche, décembre 14th, 2008
L’historien Serge Berstein raconte sur Marianne comment la crise de 29 entraîna la montée du nazisme dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

Les accords de Bretton Woods

Samedi, décembre 13th, 2008

La Seconde Guerre mondiale fut l’occasion de repenser les grands problèmes. Un souvenir domine : la Grande Crise. Personne ne veut plus la revoir. Mais comment s’y prendre ?

La guerre s’achevait, mais Paris n’était pas encore libéré lorsque, du 1er au 22 juillet 1944, à Bretton Woods, dans le New Hampshire, 44 Etats, tous opposés à l’Allemagne, à l’Italie et au Japon, participèrent à une conférence sur le futur régime des monnaies. C’est là que furent conçus le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale pour la reconstruction et le développement (BIRD).

La conférence fut dominée par une opposition entre les Anglais, représentés par Keynes, et les Américains qui soutenaient le plan élaboré par Harry Dexter White. Keynes, qui vivait ses dernières années, avait conçu un projet fort ambitieux. Les pays créditeurs s’y voyaient obligés de consentir certains crédits aux débiteurs. Quand le déséquilibre externe devenait trop important, le débiteur acceptait de freiner son rythme de croissance. Le Fonds monétaire eût été, en quelque sorte, une banque d’émission dont la monnaie, le bancor, s’appuyait sur les réserves des pays qui en avaient le plus.

Le plan de Keynes fut mal accueilli par les Américains. Ils avaient, à la faveur de la guerre, drainé l’or du monde entier. Ils étaient et seraient longtemps les grands créditeurs. Ils ne voulaient pas financer automatiquement l’inflation des débiteurs.

Le plan White fut donc préféré et format les bases du système monétaire jusqu’en 1971.

Quels dispositifs le plan White a-t-il institué ?

Chacun adoptait une parité fixe entre sa monnaie et le dollar, et s’interdisait  de dévaluer fortement sans l’accord du Fonds. Chacun s’engageait à maintenir sur le marché de son pays, à 1% près, le taux de change déposé au Fonds monétaire.

Si en Suède, par exemple, le prix du dollar montait trop, cela voulait dire que le cours de la couronne suédoise était trop bas. La Banque de Suède devait donc vendre des dollars et racheter des couronnes. Celles-ci raréfiées sur le marché reviendraient au taux normal mais le pays aurait perdu  une partie de ses réserves de devises. Si au contraire le cours du dollar baissait trop, cela voulait dire que la couronne suédoise était trop chère. La Banque de Suède devait, à ce moment, acheter des dollars en émettant des couronnes, rétablissant ainsi l’équilibre.

Chaque pays était donc obligé d’aligner sa monnaie sur le cours du dollar. Et les Etats-Unis ? Ils devaient, eux, aligner le dollar sur l’or. Ils n’avaient pas d’obligation vis-à-vis des autres monnaies mais ils devaient être vendeur  et acheteurs d’or au prix de 35 dollars l’once pour n’importe qu’elle quantité. Par ce biais, tout porteur d’une des monnaies du Fonds monétaire pouvait, en principe, en obtenir la contre-valeur en or à un cours prévu d’avance. Cela c’était l’idéal théorique…

Mais voilà, aucun contrôle n’avait été prévu sur la quantité de dollars américains émis. Les États-Unis avaient la possibilité de ne pas respecter leurs engagements envers les comptes extérieurs. Jusqu’en 1958, il y a famine de dollars. Puis la situation se retourne. Une inflation de dollars se produit notamment du fait des dépenses considérables de la guerre du Viêt-nam et de la course à l’espace. Les pays qui exportent le plus vers les États-Unis accumulent d’immenses réserves en dollars qui donnent lieu à autant d’émissions dans leur propre monnaie, alimentant une inflation de plus en plus inquiétante. Ces accords devenaient alors un frein au développement des Etats-Unis et risquaient de déstabiliser le monde.

Le 15 août 1971, les Etats-Unis commencent à se libérer du carcan des accords de Bretton-Woods en suspendant la convertibilité du dollar avec l’or. Le système des taux de change fixes s’écroule définitivement en mars 1973 avec l’adoption du régime de changes flottants et, le 8 janvier 1976, les accords de Kingston (Jamaïque) confirment officiellement l’abandon du rôle légal international de l’or. Il n’y aura alors plus de système monétaire international organisé jusqu’à nos jours.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "