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Revue du web du 29 août : valse des ministres et crises qui durent…

29 août 2014

L’actualité cette semaine en France a été fortement marquée par le remaniement gouvernemental. Cette valse des ministres peut-elle éclairer le quotidien des Français ? Cela fait en tout cas partie des actualités fortes qui pourraient impacter les Français au retour des vacances… entre autres nouvelles, comme la baisse du Livret A en août de 1,25% à 1%. L’Etat souhaite que les Français dépensent, mais voilà qui n’est guère rassurant sur fond de crise !

Celle qui se déroule en Ukraine et qui touche l’ensemble des puissances européennes continue d’ailleurs à jouer sur le cours de l’or. Revue du web des dernières actualités autour du métal précieux et du rôle de valeur refuge qu’il continue à jouer…

Cours de l’or : les impacts russes et américains

Le cours du métal jaune reste balloté au gré des tensions géopolitiques. Et notamment en Ukraine, où les menaces russes concernent toute l’Europe puisque le président ukrainien a convoqué les Etats de l’Union européenne pour une réunion d’urgence. L’impact se mesure au niveau mondial donc, et marque le cours de l’or, valeur refuge par excellence.

L’autre impact est américain, et tendrait à tirer le cours de l’or vers le bas, réduisant ainsi l’effet de la crise ukrainienne. « De bons chiffres économiques soutiennent toujours l’économie américaine et, par voie de conséquence, les indices d’actions et le billet vert, qui est aussi la principale devise du négoce de l’or », relève ABCBourse.com le 28 août.

Mais faut-il vraiment croire les indices américains ? Les déclarations de Janet Yellen, la présidente de la « Fed » – la Banque centrale américaine – peuvent avoir des effets immédiats sur les cours de l’or.

Ukraine : quand la monnaie ne vaut plus rien…

« Sentiment de panique » en Ukraine, selon LesEchos.fr, dans un article du 26 août. La monnaie du pays continue de chuter, et se retrouve à des niveaux les plus bas jamais enregistrés. Entre crise économique et bruits de bottes du côté russe, le pays est en proie à une grave crise monétaire.

Cette crise frappe directement les habitants, comme nous l’évoquions déjà sur Loretlargent.info en avril. Avec un sentiment de déjà-vu puisque l’impact sur le quotidien a déjà pu être malheureusement mesuré par les Chrypriotes durant la crise économique très dure qui les a frappés l’année dernière, ou même par les Argentins dans les années 90 ou en 2000 ! La solution pour les habitants dans ce cas ? Se tourner vers une valeur refuge, comme l’or ou l’argent, plus sécable. A condition d’avoir pris les devants, en amont de la crise !

Et pendant ce temps en France et ailleurs en Europe, un nouveau billet de 10 euros va être émis. Il sera distribué le 23 août dans les 18 pays de la zone euro. Avec deux objectifs : mieux lutter contre les contrefaçons d’abord, mais également, selon LeTelegramme.fr dans un article du 25 août, « prolonger sa durée de vie » avec un enduit spécial et donc permettre aux banques de faire des économies. Cela ne changera pas la valeur intrinsèque de la monnaie papier : en cas de crise, elle ne vaudra plus rien, tout comme la monnaie ukrainienne…

Luxembourg : bienvenue à la monnaie chinoise

Est-ce parce qu’elle est notoirement assise sur un tas d’or que la monnaie chinoise est bienvenue au Luxembourg ? D’après Lessentiel.lu, « au Grand-Duché les paiements en yuan, aussi appelée renminbi, ont augmenté de 42% en un an ». Le site d’informations luxembourgeois se base sur une étude réalisée par la société financière Swift, qui met en valeur la place prise par la monnaie chinoise dans le pays, mais aussi ailleurs en Europe.

« La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Luxembourg se situent dans le top 10 des pays utilisant la monnaie chinoise », relève l’article. Avec un rappel : « la Chine veut faire du yuan une monnaie internationale, en accord avec son rang de deuxième puissance économique mondiale ». Et aussi en accord avec le poids de la Chine sur le marché de l’or.

Tour du monde de l’or et de l’argent

En Afrique, un nouveau drame pour les mineurs : l’effondrement d’une mine d’or a entraîné la mort de vingt-cinq personnes. Dans un article du 23 août, LeParisien.fr cite une source proche de l’ex-coalition rebelle, qui exploite la mine illégalement : « les consignes ne sont pas respectées sur le site ». Insécurité, exploitation illégale et mauvaises conditions de travail sont donc le quotidien des mineurs. Et si l’accident est encore une fois déplorable, il montre surtout la nécessité d’une Charte de l’extraction propre, qui met en avant à la fois l’environnement et l’homme.

L’arrivée de nouvelles pièces d’argent dessinées par Sempé est évoquée sur LeFigaro.fr, dans un article du 28 août. L’artiste ajoute de nouveaux dessins aux collections de pièces en argent proposées par la Monnaie de Paris. Mais qu’on se n’y trompe pas : comme nombre de pièces issues du même type de collection, il s’agit de pièces qui peuvent perdre leur valeur très vite. Le titre de la pièce de 10 euros par exemple n’est que de 33%. Rien à voir donc en termes de valeur avec une pièce comme la Semeuse 5 Francs argent : avec un titre de 835 ‰, elle est beaucoup plus conseillée !

Tour du monde : les pièces d’or et d’argent de l’Union latine

27 août 2014

L’Europe du nord… mais pas uniquement. Après un zoom sur les pièces d’or et d’argent d’Angleterre et du Danemark, d’Autriche et d’Allemagne, Loretlargent.info se penche sur les pièces d’or et d’argent d’investissement dans les autres pays d’Europe. Avec une spécificité : les pièces liées à l’ancienne Union latine, l’une des manifestations de la très riche histoire géopolitique européenne. Aujourd’hui encore, elle se lit jusque dans les pièces d’investissement. Tour d’horizon en France, en Italie et en Suisse.

L’Union latine, une monnaie européenne avant l’heure ?

Avant l’heure ce n’est pas l’heure… mais avant l’Europe, il y a eu l’Union latine ! C’est le nom de la convention monétaire qui a réuni la France, la Belgique, la Suisse et l’Italie dès 1865, et même la Grèce en 1868. Cette convention a pris fin en 1927, minée par la Première guerre mondiale.

Objectif de cette union : mettre en place une organisation monétaire commune autour de l’or et de l’argent. Autour d’une uniformisation monétaire, chaque État signataire était donc tenu de battre sa monnaie en suivant les normes définies par une convention commune. C’est-à-dire un titre, une masse et un diamètre équivalent selon les valeurs des pièces, qu’elles soient en or ou en argent ! Si bien qu’à valeur égale, une pièce d’or ou d’argent avait cours légal dans un autre état de l’Union latine.

Aujourd’hui encore, les traces de cette Union latine sont donc visibles jusque dans les pièces d’or et d’argent d’investissement : le 20 Francs Napoléon et le Marengo italien par exemple, sont finalement cousins, tout comme le 5 Francs Napoléon argent et son homologue belge.

Italie, un pays amoureux de son or… et de son histoire !

20 Lires Marengo

Au-delà des Alpes, les Italiens ont bien compris la valeur refuge de l’or. Si bien que même – et surtout – en période d’austérité, l’achat d’or se porte bien en Italie… et le choix d’un lieu sûr aussi. Au troisième trimestre 2011 par exemple, la Suisse aurait ainsi vu une augmentation des dépôts de lingots venus d’Italie de 30 à 40 %…

Il faut aller chercher dans l’histoire antique de l’Italie, une histoire riche, pour trouver les premières pièces référence. L’aureus d’or, ou denier d’or, vaut 25 deniers d’argent. Sous Jules César, il donne une unité monétaire et fixe la base du système monétaire de l’empire romain. Et quel empire !

Aujourd’hui encore, le pays est très attaché à son or. Si bien que si le gouvernement est dans le peloton de tête en termes de réserve d’or, les citoyens italiens gardent également l’œil sur le métal précieux. Il fait partie des références dès lors qu’il s’agit d’investissement. Les pièces les plus recherchées ? La lire italienne, ou Marengo, c’est-à-dire l’équivalent du 20 francs Napoléon français. On peut même dire que le 20 Francs Napoléon a deux sœurs italiennes : la pièce 20 lires Victor Emmanuel et la pièce 20 lires Umberto Premier.

La lire italienne a été émise à partir de 1861, et a intégré l’Union monétaire latine dès 1865. On appelle indifféremment Marengo les pièces 20 Lire Napoléon, Vittorio Emanuele II et III, Umberto I, Carlo Alberto… Avec un titre de 900.000 ‰, elle existe dans plusieurs valeurs (5 lires, 10 lires, 20 lires, 50 lires, 80 lires et 100 lires). Sur son avers, on retrouve les différents monarques qui ont régné sur l’Italie de 1863 à 1940. Et même si on est loin de l’aureus de Jules César, la pièce d’or italienne peut se révéler très sûre : c’est même une pièce d’investissement idéale pour les placements à moyen et à long terme.

France : le Napoléon, étalon or ?

Napoléon 20 Francs Marianne Coq

Si on parle de la Lire comme du Napoléon italien, c’est bien que le Napoléon est incontournable ! Le rôle du Napoléon d’or, lors de sa première frappe, a été de remplacer le Louis d’or. Mais il n’est pas possible de parler d’un seul Napoléon en France : la pièce a traversé les décennies. Selon leur type, elles ont pu être particulièrement recherchées : certaines le sont encore aujourd’hui et méritent vraiment l’attention, comme les Napoléon Cérès, des Napoléon III Tête Nue ou bien Tête Laurée, des Génie IIIème République et des Marianne Coq.

Avec un titre de 900.000 ‰ et des valeurs de 5, 10, 20, 40 et 50 francs, elle ne peut que rappeler les pièces des autres Etats de l’Union latine, qui ont aligné leurs pièces Union latine sur le Napoléon. Tout aussi robuste que ses cousins de l’époque, le Napoléon est une pièce frappée pour circuler et s’échanger. Et aujourd’hui, c’est une pièce qui présente d’excellentes qualités d’investissement, à l’image de la Napoléon 20 Francs tête laurée.

Suisse, tradition d’or, d’orfèvres… et de coffres

En Suisse, c’est la 20 Francs Vreneli – ou tête d’Helvetia – qui fut finalement le fer de lance de la monnaie confédérale suisse. La pièce de 20 Francs en or reprend les mêmes caractéristiques que ses cousines de l’Union latine : c’est l’équivalent du Napoléon français. Son titre de 900.000 ‰ et son poids de 6, 452g (pour 5,88g d’or pur) en font une pièce qui s’échange facilement et dont la valeur ne se dément pas.

Mais ce qui fait la valeur de cette pièce, c’est aussi sa tradition suisse : elle est issue d’un pays où le tradition d’orfèvrerie est forte, et où le respect du secret bancaire s’accompagne d’un statut de coffre-fort du monde. Enfin, les investisseurs apprécieront certainement sa fiscalité avantageuse : elle est exonérée de taxes à l’instar de la Vera Valor. Un aspect qui ajoute à ses atouts de valeur refuge.

Revue du web du 22 août : le paiement en espèces limité en France, la Russie tournée vers l’or

22 août 2014

C’est probablement l’une des infos à ne pas manquer pour la rentrée. A partir du 1er septembre, le paiement en espèces aux guichets des trésoreries sera plafonné à 300 euros. « Payer son loyer, ses impôts ou autres en « cash » sera désormais quasiment impossible », relève Economiematin.fr, dans un article du 18 août.

La raison de ce plafonnement ? « Limiter le blanchiment d’argent » selon Bercy. Et éviter les sommes trop importantes, et donc tentantes, dans les caisses. Mais il faut voir aussi plus loin : avec la mise en application du plafonnement inscrite dans la loi de finances de 2013, le ministère de l’Economie laisse une plus grande place aux établissements bancaires.

Et comment faire, alors, en cas d’effondrement du système bancaire ? Lors de la crise économique qui avait frappé Chypre, nombreux étaient les Chypriotes qui tentaient de retirer le maximum de devises. Le jour où la même crise frappera la France, il faudra s’assurer de disposer de valeurs sécables et sûres pour assurer le quotidien !

La Russie augmente en masse ses réserves d’or

Dans les six derniers mois, la Russie a largement augmenté ses réserves d’or, au point de prendre la sixième place dans le classement des pays qui possèdent le plus d’or. C’est ce qui est annoncé par le site Russia Beyond the Headlines, qui se base sur les derniers chiffres relevés par le World Gold Council. La Russie posséderait 1094 tonnes d’or.

La raison de cet engouement pour le metal précieux ? « Les analystes y voient un signe que la Russie réduit sa dépendance par rapport au dollar et à l’euro », estime le site d’information. Et en cela, le pays suit l’exemple de la Chine, qui assied sa monnaie sur un tas d’or afin de lui donner plus de puissance. Et c’est aussi le signe que même à la taille d’un pays, l’or peut représenter une valeur refuge sûre…

Bitcoin : sa forte volatilité encore prouvée mais…

Les bitcoins pourraient bien faire leur arrivée sur la plateforme de location entre particuliers Airbnb ou encore le service de véhicule de transport avec chauffeur Uber, d’après Le Monde. Dans un article du 15 août, le site d’information relève l’intérêt de Braintree, une filiale d’eBay consacrée au paiement, envers le bitcoin. Si la filiale d’eBay pousse les choses plus loin, cela pourrait signifier l’arrivée de la monnaie virtuelle sur plusieurs plateformes d’importance. Dont eBay et Paypal, qui n’acceptent pas encore les bitcoins.

« Son principal défaut reste sa très forte volatilité, qui en fait une monnaie potentiellement spéculative, ainsi que l’absence de mécanisme de régulation extérieur », souligne quand même le site d’information. Des aspects déjà relevés sur Loretlargent.info !

Et cette extrême volatilité est d’ailleurs prouvée par la « chute vertigineuse et ultrarapide » du cours du bitcoin, relevée par LeFigaro.fr dans un article du 19 août.  Un « flash crash » au cours duquel la monnaie virtuelle a connu une chute de son cours, qui s’est effondré de 35 % en quelques secondes. Le cours est remonté au-dessus des 440 dollars (contre 470 avant le flash crash), mais « cela a suffi pour que 200 autres monnaies virtuelles s’effondrent dans le sillage de la reine des monnaies virtuelles », détaille Le Figaro. Avec une précision : « le bitcoin a été la cible des spéculateurs. » Tout un symbole !

Extraction aurifère : le Mali mauvais élève

Dans un reportage en photos et en vidéo mis en ligne le 17 août, le journaliste David Baché montre sur RFI.fr le quotidien des mineurs en quête d’or, dans les mines artisanales du Mali. Le pays est le troisième producteur d’or d’Afrique. Mais souvent au détriment de ses populations, qui extraient l’or dans des tunnels non sécurisés, alors que les enfants sont également mis à contribution. « Plusieurs centaines de milliers de Maliens fouillent la terre pour tenter d’améliorer leur quotidien dans des conditions extrêmement pénibles », relève le reportage. Qui note aussi l’insécurité, la délinquance et la très forte déscolarisation.

Avoir de l’or ou de l’argent ? D’accord, mais comment faire ?

21 août 2014

Il y a quelques jours sur Loretlargent.info, le gestionnaire du patrimoine Hubert Boeltz évoquait les raisons pour lesquelles il est important de se tourner vers des actifs réels – comme l’or et l’argent – pour assurer son patrimoine. Le spécialiste se penche également sur une question pratique : comment faire pour acquérir de l’or ou de l’argent ?

Vers un effondrement du système financier mondial

Bien que les grands médias nous martèlent que « la sortie de crise est pour demain », je persiste à écrire que c’est plutôt l’effondrement du système financier mondial en place actuellement, qui est devant nous.

Cette logique financière née en 1946 avec les accords de Bretton Woods, n’est plus adaptée au monde d’aujourd’hui et est donc condamné à être remplacée. C’est le processus de destruction créatrice, si bien décrit par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter.

Certains parmi vous me disent : « Vous préconisez depuis le début de la crise, d’acquérir de l’or pour faire face à l’effondrement du système financier actuel et rien ne se passe…. Mieux, les bourses montent et la bulle de l’or est en train d’exploser ! ».

Les grands médias titrent « Une année 2013 de déroute – le métal jaune a perdu 28% de sa valeur ».

Une fois encore, soyons factuel.

Comparons l’évolution de l’indice de la bourse de Paris et le cours du lingot d’or en Euro, entre avril 2007 (début de la crise) et avril 2014 :
Le 17 avril 2007, le CAC 40 est à 5 858 points, sept ans après, le 30 avril 2014, il est à 4 487 points, soit – 23,40%

Cours du CAC40 de 2007 à 2014. © Boursorama.

Source : Boursorama

Ce même 17 avril 2007, le lingot d’or (1 Kg) est à 15 757 €, le 30 avril 2014, il est à 29 800 €, soit + 89,12% !!!

Evolution du cours de l'or sur les 11 dernières années. ©AuCoffre.com

Source : AuCoffre.com

Cela étant, je dis une fois encore, que l’or ne doit pas être envisagé comme un placement qui rapporte et sur lequel on peut spéculer.

L’or pour limiter les dégâts de la chute du système financier

A mon sens, l’or est une « assurance de dommages » qui permettra, le moment venu, de limiter les importants dégâts financiers qui seront immanquablement occasionnés par la chute du système actuel.

J’aime rappeler que ma pratique de conseil patrimonial, consiste à me projeter de manière réaliste dans l’avenir.
J’envisage donc, avec une approche plutôt sécuritaire, les scénarios macroéconomiques probables, afin de préserver nos patrimoines des désordres économiques extérieurs grandissants.

Force est de constater que cette approche, bien illustrée par la vieille expression française « il vaut mieux tenir que courir » est partagée par un grand nombre d’entre vous.

Pour ceux qui partagent mon approche sur la nécessité d’avoir de l’or et/ou de l’argent dans nos patrimoines, je vais maintenant développer des points qui me paraissent essentiels. Tout cela, bien évidemment, dans le plus strict respect du droit actuel.
Il faut toujours avoir en tête que les problèmes surviennent lors de la revente, plus rarement au moment de l’achat. J’y reviendrais, à propos des pièces.

Quelle localisation pour l’achat ?

Pour nous, Français, il y a lieu de distinguer un achat d’or en France ou à l’extérieur de l’Union Européenne, autrement dit, en Suisse par exemple.
Tordons le cou aux fantasmes : sur le plan fiscal, il n’y a pratiquement pas de différence, sauf à enfreindre la réglementation, ce que je ne saurais conseiller ou cautionner.

Sous quelle forme détenir de l’or, et comment ?

Quand je vous préconise de détenir de l’or, c’est comme je l’ai déjà longuement expliqué, sous la forme physique et aucunement sous la forme « d’or papier » (les ETF, si chers aux « conseillers » de beaucoup de banques).

Pour ce qui est du stockage, il n’existe pas de solution totalement sure. C’est à vous qu’il appartient de fixer votre curseur, sur l’échelle du couple « avantages/inconvénients ».

Dans quelles conditions détenir de l’or ?

  • Le coffre dans une banque, en France.

Ce choix m’apparaît comme la plus mauvaise solution du fait qu’une banque est « cambriolable », même si la tendance à ce type de délinquance est en nette diminution.
Plus important, le risque de « la banque fermée pour cause de crise ». Cela s’est passé à Chypre où les banques ont été fermées une quinzaine de jours durant.
Autre risque que celui d’une nouvelle règlementation « confiscatoire » (cela c’est déjà produit), qui s’imposerait aux banques.

  • Le coffre chez soi

Sauf s’il est encastré dans un mur ou un plancher, un coffre est généralement assez simple à trouver par des cambrioleurs « professionnels ». Et même si un coffre est assez bien sécurisé (tout dépend du modèle choisi) on n’est pas à l’abri qu’un cambrioleur déterminé envisage de revenir quand la maison sera occupée pour essayer de se faire ouvrir le coffre (homejacking).
Les meilleures parades seront alors la discrétion (ne révéler la présence d’un coffre personnel qu’à un minimum de personnes de confiance), le choix du modèle de coffre, sa dissimulation (encastrement et recouvrement par un « élément naturel » du décor).
N’oubliez pas que, selon l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) un cambriolage dure en moyenne moins de 5 minutes et les voleurs choisissent de dérober les objets de valeurs de petites tailles qu’ils peuvent transporter et revendre facilement.

  • Le coffre hors banque, en France

Cette solution me semble cumuler les risques. De non discrétion d’abord, du fait du nombre de personnes concernées. Quoi qu’affirment les sociétés spécialisées, le « secret professionnel » qui s’impose à elles, relève hélas, plus de la méthode Coué du déposant, que de la réalité.
De confiscation également, par une nouvelle réglementation restrictive qui s’imposerait, comme pour une banque, à l’intermédiaire stockant l’or.
Et enfin de mouvement social chez le dépositaire du coffre, qui ainsi « prendrait en otage » les biens des clients de son patron, comme moyen de pression. Et ce risque me semble loin d’être théorique, vu l’aggravation du climat social.

  • Le coffre hors banque, hors France et/ou hors Union Européenne

Ce mode de détention complique à n’en pas douter, la mise en œuvre d’éventuelle réglementation confiscatoire, d’autant plus, si l’on est hors Union Européenne. Reste le risque lié à l’intermédiaire qui détient le coffre, comme évoqué plus haut.

De l’or oui, mais sous quelle forme ?

L’or physique se présente usuellement sous plusieurs formes :

Barre : une barre d’or est un bloc de métal d’environ 12,44Kg et de 28cm de longueur, d’or (environ 400 onces) pur à au-moins 99.5%. Les barres sont surtout utilisées par les bullions Banks et les banques centrales.

Lingot : le lingot est plus petit car d’un poids d’environ 1 Kg. Sa pureté est obligatoirement supérieure à 995 millièmes (ou 24 carats).
Il doit être assorti d’un certificat stipulant qu’il a été vérifié par un essayeur agréé.
Il est plus facilement stockable et échangeable par les particuliers. A noter, depuis quelques années,
l’apparition de fractions de lingots (500g, 250g, 100g, 50g) appelé « lingotins ».
Le lingot est beaucoup plus facile à contrefaire que des pièces et rapporte plus à son contrefacteur. Il n’est, hélas pas si rare de trouver sur le marché un lingot d’or « fourré » au tungstène.
En effet, ce métal a la même densité que l’or, d’où son « indétectabilité » par une simple pesée du lingot. Une couche d’or aussi fine que possible, enrobe un cœur en tungstène, au coût très inférieur et le tour est joué.

Pièces : on peut distinguer deux grandes catégories.
- Les monnaies ayant cours légal,
- Les monnaies commémoratives, de collection (ou numismatique)

Médailles et jetons : une médaille ou un jeton est un disque métallique, autre que les flans destinés à la frappe des pièces de monnaie. Il a l’aspect des pièces et/ou en possède les propriétés techniques, mais il n’est pas émis en vertu de dispositions législatives nationales. Il ne constitue donc pas un moyen de paiement.

Mieux comprendre la notion de prime…

Alors que le lingot a la valeur de son poids en or, la valeur d’une pièce est composée :
- De son poids d’or,
- D’une prime, qui est fonction de sa notoriété (Napoléon, Krugerrand, aigle…), de sa rareté et de son état (fleur de coin, splendide, très très beau, médiocre..)

Vous avez, dès lors compris que la valeur de votre pièce dépend de l’appréciation qu’en fait votre interlocuteur lors de la revente.
Comme très souvent, en ce qui concerne le patrimoine, il faut se projeter, anticiper. Une pièce ne sera « bien vendue » que si elle a été « bien achetée ».

Et mieux comprendre la fiscalité !

Pour l’or comme pour les autres domaines, la fiscalité française excelle dans la complexité et la confusion. Cela étant, imaginiez-vous que l’or est un des rares actifs patrimoniaux qui permet, actuellement, d’échapper totalement à l’impôt à l’achat et à la revente ?
Je vais développer ci-après le cas le plus fréquent d’achat : détention et revente d’or en France par un résident fiscal français.

Lors de l’achat :
Les métaux précieux sont soumis à la TVA au taux normal (20% depuis le 1er janvier 2014),
La directive européenne n° 98/80/CE du 12 octobre 1998, exonère de TVA l’or d’investissement,
La liste de ces pièces est publiée annuellement au J.O. de l’UE
Les biens meubles (médailles, jetons) sont, en principe, assujettis à la TVA, sauf à répondre à certains critères de pureté les rattachant à l’or d’investissement défini par l’UE (cf. ci-dessus),
Les pièces de collection (émises avant le 1er janvier 1800) ainsi que celle qui relèvent de l’or d’investissement, mais dont la prime est supérieure à 80% sont soumises à la TVA sur la plus-value.

Pendant sa détention :
Les lingots, pièces, médailles et jetons entrent dans l’actif taxable à l’ISF. L’article 885I du CGI exonère de la base taxable à l’ISF les pièces de collection, médailles et jetons de plus de 100 ans d’âge.

Cession à titre onéreux :
La loi de finance pour 2014 a durci la fiscalité des métaux précieux. L’administration fiscale, dans une instruction (BOI-RPPM-PVBMC-20-20140401) en date du 1er avril 2014, en a longuement précisé l’application.

- La taxe forfaitaire

  • Sur la vente de bijoux ou objets d’arts, de collection ou d’antiquité :

Depuis le 1er janvier 2014, la taxe forfaitaire appliquée lors de la revente, est fixée à 6,5% (6% de taxe et 0,5% de prélèvements sociaux),
Pour mémoire, en 2013, cette fiscalité était de 5% (4,5% de taxe et 0,5% de prélèvements sociaux).

  • Sur la vente des métaux précieux :

Depuis le 1er janvier 2014, les transactions sont taxées à hauteur de 10,5% (10% de taxe et 0,5% de prélèvements sociaux),
Pour mémoire, en 2013, cette fiscalité était de 8% (7,5% de taxe et 0,5% de prélèvements sociaux). Lors des travaux parlementaires, il a été envisagé une taxation à hauteur de 12%.qui n’a finalement pas été retenue.

- Le droit commun des plus-values

  • Depuis le 1er janvier 2006, le vendeur peut choisir entre la taxe forfaitaire et le régime des plus-values. Seules les personnes en mesure d’établir de manière probante la date et le prix d’acquisition de leur or, peuvent opter pour la taxe sur les plus-values (CGI Art. 150 VL),
  • Ce régime permet de bénéficier d’un abattement pour durée de détention. Depuis le 1er janvier 2014, la durée de détention nécessaire à l’exonération totale des prélèvements sur les plus-values a été relevée de 12 à 22 ans. Les abattements au-delà de la 2ème année de détention étant réduits à 5% par an au lieu de 10% antérieurement.
  • Le montant de la taxe est de 19% auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux de 15,5% (soit un total de 34,5%)

- Les monnaies de collection, médailles et jetons

Elles font l’objet d’une fiscalité particulière. En effet en application de l’article 150VJ du CGI, les cessions qui n’excèdent pas 5 000€ sont exonérées de la taxe sur la plus-value. La vente d’une série de monnaie ou de jetons pourra être totalement exonérée d’impôt si les différents constituants sont vendus à des personnes différentes (BOI-RPPM-PVBMC-20-10-20140401).

Cession à titre gratuit :

Il s’agit là des présents d’usage, des dons manuels, des donations et successions. L’or ne dispose pas de particularité, par rapport au droit commun en ces matières.

Comme vous le voyez, pour optimiser l’actif or de votre patrimoine, une certaine stratégie fiscale est nécessaire.
De même, hormis le prix d’acquisition, le choix du lingot, des pièces ou des jetons, sera guidé par l’utilisation future de ces actifs. Par exemple le moment venu, pourrais-je facilement acheter mon pain si je n’ai acquis que des lingots ?

Ce document, non exhaustif sur la question, vous permettra, je l’espère, de « franchir le pas » de la détention d’or pour votre plus grand profit.
Il démontre, une fois encore, qu’en matière patrimoniale, une implication personnelle, si faible soit-elle, est nécessaire. Il ne s’agit de rien de moins que de votre argent.

L’Inde sur le marché de l’or : entre culture et restrictions

20 août 2014

En 2013, la demande en or physique (investissement ou bijoux) a atteint des records. Parmi les plus gourmands, la Chine bien évidemment. Mais l’Inde voisine essaie aussi prend de la place sur le marché de l’achat d’or. En 2013, la demande en pièces et lingots a augmenté de 16 %, et la demande en bijoux de 11 %. Un élan sans doute restreint par le gouvernement, qui a imposé des taxes en 2013.
Quel est l’état des lieux actuel du marché de l’or en Inde ? Entre culture, demande et restrictions, comment évolue le métal précieux sur le marché indien ?

L’or en Inde : un long passé doré

L’or existe sous toutes ses formes et depuis des siècles en Inde. Dans une société à la culture très affirmée, c’est même un véritable pilier culturel. Le métal précieux fait partie intégrante de la vie sociale et religieuse. Bracelets, chaînes et colliers s’échangent en cadeaux. Pour s’attirer les bonnes grâces de Lakshmi, on offre des pièces d’or frappées à l’effigie de la femme de Vishnu, la déesse de la fortune  et de la prospérité.

En Inde, l'or prend une place particulière lors des mariages par exemple. © Fotolia.

En Inde, l'or prend une place particulière lors des mariages par exemple. © Fotolia.

L’or régit aussi les alliances entre les familles. Pour chaque mariage, il est d’usage de doter la mariée d’or. Plus les bijoux sont nombreux, meilleur est le statut social de la famille.

Même avec une très forte influence culturelle, le métal précieux reste une assurance pour les Indiens. Selon Timothy S. Green, auteur du livre Le Monde de l’or, « si vous vivez dans un petit village loin de la ville, vous ignorez tout des banques, de la bourse mais vous obtenez une bonne récolte et vous gagnez un peu d’argent. Qu’est-ce que vous faites ? Eh bien, vous allez chez l’orfèvre du coin parce qu’il n’y a pas de banques et vous achetez quelques bijoux. C’est un signe clair que les affaires et la famille vont bien et c’est aussi une assurance. Et si la prochaine récolte est mauvaise ou que vos enfants tombent malades et que vous avez besoin d’un peu d’argent, vous retournez vendre votre bijou chez l’orfèvre », raconte-t-il.

Un or surveillé par le gouvernement

En 2012, le gouvernement indien a quadruplé la taxe d’importation sur l’or. De sévères restrictions qui avaient pour objectif  de stopper la chute de la roupie. Car avec une épargne peu intéressante et une monnaie papier dévaluée, les Indiens se tournent forcément vers l’or – celui du pays d’abord, et celui importé ensuite pour répondre à la forte demande.

Après la mise en application des restrictions, l’importation s’est forcément réduite. « La demande d’or doit être modérée », annonçait au début de l’année 2013 le ministre des finances P. Chidambaram. « Nous pourrions n’avoir aucun choix mais de rendre l’importation d’or un peu plus chère. Le problème est à l’étude par le gouvernement. » Conséquence d’une importation maîtrisée, le pays s’est aussi replongé dans ses souvenirs de contrebande d’or. C’était déjà le cas en Inde pendant plusieurs décennies, entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années quatre-vingts.

Et un or convoité par le gouvernement !

Le gouvernement indien pourrait-il faire main basse sur l’or de ses concitoyens ? En 1991 déjà, le gouvernement indien avait mis en gage les réserves d’or du pays, en contrepartie de prêts étrangers. Cette action avait pour objectif de soutenir les relations du pays à l’international.

L’utilisation de l’or privé, c’est-à-dire l’or détenu par les Indiens, pourrait être une option. En échange d’un certificat de dépôt, les détenteurs d’or pourraient le confier – et même le prêter – à une compagnie non bancaire et, par leur intermédiaire, à des bijoutiers afin qu’il soit remis en circulation. Mais comment s’assurer, pour les petits détenteurs, de la sécurité d’un tel système ?

La preuve du manque de confiance des Indiens envers le système, c’est d’ailleurs le peu de succès des différents programmes mis en place en Inde : le régime de Dépôts d’or, mis en place avec la State Bank of India, a d’ailleurs été retiré en 2009.

Et pourtant, le même système est à nouveau tenté par le gouvernement indien. Quel est donc l’avenir de l’or en Inde pour les prochaines années ?

L’Inde, un acteur toujours majeur du marché de l’or

Longtemps dans le peloton de tête des importateurs d’or majeurs, l’Inde a été devancée par la Chine. D’abord parce que, et ce n’est pas nouveau, le voisin chinois a des vues très affirmées sur le métal précieux. Mais aussi en raison de l’augmentation des taxes sur l’importation d’or.

Pourtant,  quand le World Gold Council se penche sur les intentions des Indiens, l’enquête (juin 2012) révèle que la grande majorité, à plus de 60 %, a pour projet d’investir dans des bijoux en or dans les 12 mois à venir. La différence entre les bijoux en or et l’or d’investissement n’existe d’ailleurs pas ! La même enquête montre qu’ils sont aussi nombreux à considérer les bijoux en or comme un investissement plutôt qu’un accessoire à la mode. Pour une majorité, l’or même sous forme de bijoux est toujours associé à une certaine idée de sécurité financière.

« Plus des deux tiers de la demande en or de joaillerie provient de la population des campagnes, où les affinités pour le métal précieux sous cette forme sont dues à des considérations pratiques », estime le rapport du World Gold Council. Cela expliquerait en partie que l’appétit du pays pour le métal précieux reste fort et que la demande en or en Inde reste forte, « malgré une dévaluation de la roupie de 400 % au cours de la dernière décennie ».

Il faut ajouter à cela un intérêt toujours marqué du gouvernement pour l’or. Même si le gouvernement ne pousse pas ses citoyens à acheter de l’or, la Reserve Bank of India se doit de détenir une partie de ses actifs en or. Et avec près de 600 tonnes d’or, le pays figure parmi les acteurs majeurs de l’or chez les pays émergents. Comme on peut y ajouter près de 18 000 tonnes d’or détenues par ses citoyens, l’Inde continuera certainement, dans les prochaines années, à jouer un rôle important sur le marché de l’or.

Hubert Boeltz : « La fenêtre d’entrée de l’or va bientôt se refermer »

20 août 2014

Se tourner vers des actifs réels, comme l’or ou l’argent : c’est le conseil d’Hubert Boeltz. Depuis 2007, le gestionnaire de patrimoine préconise de se tourner vers l’or, l’argent, ou encore l’immobilier et les terres agricoles, pour abriter et sécuriser les patrimoines. 2007, c’était alors le début « de la révélation de la crise », selon le spécialiste : 7 ans plus tard, le conseil reste de mise !

Depuis 2007, les classes dirigeantes des pays ont retardé l’échéance, notamment en faisant tourner la planche à billets. Le monde politique, toujours dans son rôle, « entrevoit une sortie de crise », estimant que « la situation va s’améliorer et tout va redevenir comme avant ».
Mais l’analyse d’Hubert Boeltz est tout différente. Pour le spécialiste, la croissance des « Trente Glorieuses » est définitivement terminée. Il faudra, de gré ou de force, s’habituer à une faible croissance.

Dans ce contexte, qu’en est-il de l’or ?

Après avoir parlé de bulle, les banquiers parlent de la chute du cours de l’or en 2013. Mais en avançant cet argument, ils raisonnent autour de l’or comme placement générateur de revenus. Mais ce n’est pas son rôle !

Ils citent également le prix de l’once d’or en dollars.  C’est bien la preuve qu’ils tentent de paraître spécialiste, quitte à oublier la réalité. Parce que si on souhaite acheter de l’or, on peut acheter soit des pièces d’or, soit des lingots. Dans les deux cas, on s’intéresse au cours en euros de la ou les pièces, ou du prix du kilo d’or en euros !

Quelle est l’évolution du cours du lingot d’or, c’est-à-dire un kilo d’or, exprimé en euros ?
- Sur un an,  du 16 mars 2013 au 26 mars 2014 : – 16,22%
- Du 1er janvier 2014 au 26 mars 2014 : + 2,58%
- Du 15 août 2007 (au moment de la crise des subprimes) au 26 mars 2014 : + 87,12%

Evolution du cours de l'or sur les cinq dernières années. Source AuCoffre.com

Evolution du cours de l'or sur les cinq dernières années. Source AuCoffre.com

Et ceux qui ont déjà suivi les conseils d’Hubert Boeltz, c’est-à-dire acheter des lingots d’or en 2007 pour se garantir d’un effondrement du système, se moquent du fait que le cours de l’or ait perdu 16 % en 2013, ou qu’il ait atteint son cours le plus haut, le 18 août 2012 (43 510 euros ).
En effet, détenir de l’or (physique bien sûr), n’est pas un placement ni un instrument de spéculation, mais bien une assurance dommage, au même titre qu’une assurance de maison ou celle d’une voiture.

Cette assurance est là pour faire face, dans les meilleures conditions possibles, au prochain effondrement du système monétaire, en place depuis 1944.

Selon Hubert Boeltz, depuis les plus hauts cours d’août – octobre 2012, nous sommes entrés « dans une fenêtre d’achat » d’or physique. Certains éléments tendraient néanmoins à montrer que cette fenêtre pourrait se refermer.

Etats-Unis : cette puissance qui ne veut pas que du bien

Sur le plan mondial, les médias sont, comme d’habitude, particulièrement silencieux sur les négociations en cours et les véritables enjeux relatifs au partenariat transatlantique de commerce et d’investissement entre l’Europe et les Etats-Unis (appelé TTIP ou TAFTA).

De quoi s’agit-il ? Rien de moins que de créer « la plus importante zone de libre-échange de l’Histoire, couvrant plus de 46 % du PIB mondial ».  Mais il s’agit en réalité d’une « guerre feutrée » pour se disputer le leadership en matière de normes réglementaires.  C’est donc bel et bien une négociation, voire une confrontation entre la vision ultra libérale des USA et celle plus protectrice du continent européen.

A terme, cela signifierait donc la possibilité de voir arriver dans nos assiettes OGM et bœuf aux hormones, de voir fleurir les puits d’extraction de gaz de schiste ou de voir disparaître notre « exception culturelle ». Et à terme, tous ces échanges transatlantiques se feront en dollars. C’est-à-dire une monnaie de moins en moins crédible financièrement, même sur le territoire américain.

L’enjeu est donc vital pour les Etats-Unis. Et cela permet de comprendre pourquoi il est si important pour les Etats-Unis de lutter contre toutes les tentatives de développement de zones de libre-échange… qui ne seraient pas en dollars.

La Chine, d’ailleurs, est en plein processus de « désaméricanisation ». Elle développe une zone d’échange en yuan avec le Japon, pourtant l’ennemi héréditaire. Pourquoi ? Parce qu’elle est toujours la première détentrice de T bond (obligations US à 10 ans) et de ce fait « intouchable ». La Chine est toujours et à marche forcée, la première acheteuse d’or au monde.

Quel scénario pour l’Europe ?

Voici le scénario qui peut être imaginé :
- Un pays politiquement instable, financièrement dépendant de son grand voisin, éventuellement intéressé par un rapprochement commercial avec l’Europe,
- Une Europe, sans réel pouvoir politique savamment infiltrée depuis longtemps,
- Une négociation difficile en cours, sur les échanges entre les Etats-Unis et l’Europe,
- Un mouvement populaire d’émancipation qui ne peut qu’être sympathique pour la communauté internationale et plus particulièrement pour l’Europe, qui n’est pourtant pas en capacité d’accueillir de nouveaux états.

Voilà qui permet, du même coup, plusieurs effets : affaiblir l’Europe politiquement et financièrement, maintenir l’hégémonie du dollar, créer des tensions politiques au sein de l’Europe et ranimer sous une autre forme la lutte contre « l’impérialisme soviétique », en détournant l’opinion des vrais problèmes financiers du monde d’aujourd’hui.

L’histoire nous a déjà montré qu’une « bonne guerre » règle beaucoup de problèmes politiques et financiers réputés insolubles.

L’Europe a besoin d’argent, de beaucoup d’argent pour fonctionner correctement. La contribution des pays membres est assise sur leur PIB.
C’est donc le moment de réactiver un vieux projet. Celui de prendre en compte l’économie souterraine dans le calcul du PIB.
C’est d’ailleurs sur ce terme « économie souterraine » que le projet avait été abandonné en 1995. L’Europe élargie fait que certaines activités (négoce du cannabis, prostitution…) sont licites dans certains pays et illicites dans d’autres.

Voilà donc les parlementaires européens sur le point d’intégrer le chiffre d’affaire fantôme de la drogue et de la prostitution dans le PIB servant d’assiette au montant de la contribution au budget de l’Union Européenne.

Cela ne va pas être sans conséquences pour des pays comme l’Italie, la Grèce ou les pays de l’ex URSS, déjà mal en point sur le plan économique.

Et quel scénario pour la France ?

Quelques faits semblent devoir être retenus pour leurs conséquences en terme de perte de confiance et susceptibles de générer un mécontentement de masse, dont les prolongements sociaux seront explosifs.

Force est de constater que « le pari présidentiel sur la baisse du chômage » n’a pas pu être tenu. Les chiffres parus le 26 mars, sont pires qu’escomptés, avec une progression de + 0,9% en février, contre + 0,3% en janvier, soit + 4,7% sur un an.

Second fait : l’affaire Kerviel, le trader qui avait spéculé pour son compte et fait perdre en 2008 « que » 5 petits milliards d’euros à son employeur, la Société Générale sans que celle-ci ne se rende compte de rien !

Jérôme Kerviel a été condamné par la cour d’appel de paris le 24 octobre 2012, à cinq ans de prison dont deux avec sursis et à payer à la Société Générale, la modique somme de 4,9 milliards d’euro.

La cour de cassation, dans un arrêt du 19 mars 2014, confirme la décision de la cour d’appel de Paris, sur le motif d’abus de confiance et manipulations informatiques et surtout, casse le jugement au civil.

Il va donc y avoir une nouvelle instruction. C’est là que les ennuis vont commencer pour notre méga banque universelle systémique, car des expertises indépendantes vont être diligentées (aussi curieux qu’il puisse paraître, jusqu’à ce jour, la justice s’est fié aux seuls dires de la banque). Egalement, nous ne sommes plus à l’époque où il fallait « sauver la Société Générale ». L’opinion publique n’est plus dans des dispositions favorables aux banques.

Et la cerise sur le gâteau pour la banque : l’arrêt de la cour de cassation a un autre effet, bien plus dévastateur celui-là. La remise en cause d’un crédit d’impôt de 1,7 milliard d’euros, accordé dans des circonstances déjà très controversées à l’époque, par la ministre des finances du moment Christine Lagarde, sur l’insistance de son directeur du trésor Xavier Muscat.

Troisième fait : la capacité de la France à respecter ses engagements, notamment budgétaires, vis-à-vis de l’Europe. Là encore, traitement minimum par les grands médias, alors que l’importance du sujet mérite développement.

La France sous surveillance renforcée

Le 5 mars dernier, la commission européenne place la France sous surveillance renforcée. Ce nouveau type de contrôle pourrait ouvrir la porte à une mise sous tutelle de l’économie française… Rien que ça ! Et pas de couverture médiatique à la hauteur de l’évènement !

Selon la grille de contrôle mise en place par l’Union Européenne, la mise sous surveillance renforcée touche les Etats membres « en proie à une grave difficulté en matière de stabilité financière, ou qui risquent d’en rencontrer ».

L’Europe a mis en place ce système de surveillance en mai 2013 afin de compléter le système de stabilité financière établi entre 2010 et 2011. L’objectif est de faciliter la gestion de crise en prévoyant les situations difficiles pour les Etats membres de la zone euro.

En l’occurrence, dans ce rapport, la Commission européenne reproche à la France de subir un « déséquilibre macroéconomique » qui demande une « action politique décisive ». Elle souligne que la détérioration de la balance commerciale et le manque de compétitivité du pays combinés à un fort endettement public demande une attention politique continue.

La confiance de nos prêteurs (les pays et entités financières qui achètent nos emprunts d’état), sur le fait que la France soit capable de les rembourser est un élément essentiel, notamment pour la fixation du taux de l’emprunt.
Manifestement, le compte n’y est pas !

Pourquoi l’or est une valeur refuge ?

Selon un rapport de la Banque des règlements internationaux (la banque des banques centrales), l’encours de la dette mondiale a été multiplié par 2,5 en douze ans, pour atteindre les 100 000 milliards de dollars, alors que le PIB mondial n’est que de 70 000 milliards de dollars !
Ces dettes ne seront pas remboursées : c’est impossible !

Une fois les élections municipales et européennes passées, il ne serait pas étonnant que nos chers médias hexagonaux nous abreuvent « de bruits de bottes du côté de l’Ukraine » et des risques de guerre dans cette zone sensible.

L’accumulation de tous ces éléments incite à penser qu’ils vont avoir rapidement des conséquences graves, et notamment sociales et financières sur le fonctionnement de l’actuelle « l’économie virtuelle mondiale ».

Cela ne manquera pas d’avoir pour effet une remontée des cours de l’or « valeur refuge part excellence » ces prochaines semaines.

Et Hubert Boeltz de conclure : « si vous croyez, comme moi, à la valeur « assurance dommage » de l’or physique, dépêchez-vous d’en acquérir ou de renforcer votre position. Les prix vont monter ! J’insiste à nouveau sur la nécessité d’intégrer la réalité de l’effondrement économique qui est en cours sous nos yeux, mais que les pouvoirs en places (politiques, économiques, médiatiques…) arrivent encore à masquer. »

L’or et l’argent métal sont donc des monnaies.

19 août 2014

Que doit être une monnaie ? Voici la réponse de Frédéric Passy (Prix Nobel de la Paix en 1901)

Il faut que ce soit un objet qui, par lui même et à part toute intervention de la puissance publique, par sa nature propre, et par elle seule, c’est à dire par l’utilité réelle dont il est pour les hommes, par le sérieux et par la généralité des besoins auxquels il répond, soit accepté spontanément de tous comme ayant une valeur intrinsèque et indestructible.
Il faut que ce soit une marchandise qui vaille comme monnaie sans doute, mais qui vaille d’abord comme marchandise, indépendamment de sa fonction monétaire. Il faut qu’avant d’être façonnée en pièces destinées à circuler, cette matière circule déjà en raison de cette valeur propre et reconnue. Et il faut que, le lendemain du jour où elle aura été transformée en disques monétaires, elle puisse, sans rien perdre de plus que le prix de la façon qui aura servi à la transformer de nouveau, être remise dans le commerce sous sa forme primitive, à l’état de matière brute, de pure marchandise, conservant encore, dans cet état, ses mérites et ses qualités essentielles d’équivalent. Eh bien ! les métaux, les métaux précieux, chacun doit le comprendre sans plus d’explication, répondent excellemment à cette condition. Et c’est ce que l’illustre Turgot exprimait en ces deux lignes d’une netteté achevée : Toute marchandise est monnaie et toute monnaie est d’abord marchandise.

Ce texte est extrait du livre de Frédéric Passy « Le papier monnaie est de la fausse monnaie » édité en ebook par l’Institut Coppet.

Cours de l’once d’or physique cette semaine : 1117 euros

19 août 2014

Semaine 34 de 2014 : 1117 euros pour une once (source AuCOFFRE.com)

Revue du web du 14 août : la fin du fixing de l’argent, la hausse du cours de l’or

14 août 2014

Cette semaine, l’actualité de l’or et de l’argent est forcément marquée par la fin du fixing de l’argent. Une actualité qui est d’ailleurs décryptée sur Loretlargent.info, pour mieux comprendre ce qui change pour les cours du métal précieux… ou ce qui, au contraire, ne change pas ! Et d’ailleurs, comment se portent les cours de l’or cette semaine ?

Fixing de l’argent : c’est le « London Silver Price » qui prend le relais

C’est aujourd’hui, 14 août 2014, que le fixing de l’argent évolue. Jusqu’alors établi par un comité de banques, il va désormais être géré par un système électronique. La fin de la mainmise bancaire avait été annoncée en mai. Ce qui change à partir d’aujourd’hui ? La cotation officielle assurée jusque-là par le London Silver Market Fixing Limited, comité composé de la Deutsche Bank, de HSBC et de Scotiabank, est désormais assurée par un système électronique implémenté par Thomson Reuters, en partenariat avec le CME (Chicago Mercantile Exchange). La publication quotidienne des volumes est notamment annoncée.

« Le changement dans la continuité », réagit donc Charles Sannat dans un édito publié sur Loretlargent.info. « Un cours par jour et pas une cotation en temps réelle comme c’est le cas pour le marché boursier avec l’accès pour tous au carnet d’ordres ce qui permet de voir qui vend quoi à quel moment et pour quel montant (c’est cela la transparence, tout le reste c’est de l’enfumage). »

La prochaine étape en tout cas, cela pourrait bien être la mise en place d’un tel système pour le fixing de l’or. C’est également l’avis de Boursier.com, dans un article du 11 août. « En cas de succès, il pourrait être rapidement adopté pour le marché de l’or, dont la modernisation se fait attendre malgré les scandales de manipulations de cours. »

Et les cours de l’or alors ?

Et qu’en est-il des cours de l’or cette semaine ? L’once d’or « enfin portée par les risques géopolitiques », titre LeFigaro.fr le 8 août. Face aux crises géopolitiques en Ukraine, à Gaza et en Irak, les investisseurs se replient vers les valeurs refuges, et en l’occurrence vers l’or.

« L’aggravation des conflits et tensions qui règnent actuellement en Ukraine, à Gaza et en Irak a en effet boosté le cours de l’or et des autres métaux précieux durant la semaine qui vient de s’écouler », souligne également Leblogfinance.com le 10 août. Qui estime également que les craintes des investisseurs sur un possible retour de l’inflation aux Etats-Unis jouent également sur le cours du métal précieux.

Monnaie virtuelle, risques réels

Le bitcoin continue à faire parler, et pas forcément en bien. Dans un article du 11 août, Ici Radio-Canada revient sur le vol de plus de 80 000 dollars américains en monnaie virtuelle. Selon le site d’information, le pirate aurait accédé aux transmissions de réseaux étrangers par le biais d’un fournisseur internet canadien. « Le pirate avait ciblé des firmes hôtes de serveurs générant des monnaies virtuelles telles que le Bitcoin, dont Amazon aux États-Unis et OVH en France, et redirigé certaines activités », relève le site canadien.

Bankeo.info revient de son côté sur le rapport remis au ministre des Finances Michel Sapin par la cellule Tracfin de la Banque de France, portant sur les monnaies virtuelles. Objectif du rapport : « mesurer les éventuels risques d’utilisation illicites ou de fraude que pourraient engendrer les monnaies virtuelles ».
Selon le ministre, les monnaies virtuelles montrent un intérêt pratique, notamment parce qu’elles « offrent une alternative aux consommateurs ». A condition pour cela que des règles soient établies pour prévenir la fraude.

Des aspects qui avaient déjà été évoqués sur Loretlargent.info, dans le dossier « Bitcoin : monnaie virtuelle, mais risques réels ».
De la liberté certes et une autre alternative, mais il ne faudrait pas oublier que les monnaies virtuelles n’ont rien d’une valeur refuge : dévaluation et perte de valeur sont d’autres risques à courir, en plus de celui du manque de sécurité.

Des dollars américains en Normandie

C’est un article du 10 août publié sur Paris-Normandie.fr qui évoque le dernier trésor découvert chez un particulier… Mais sans qu’il n’en sache rien ! Trois ouvriers ont sans doute pensé réaliser une bonne affaire en s’appropriant l’or trouvé dans une maison en travaux. Une partie des pièces et des lingots ont été revendus chez un numismate… ce qui a éveillé les soupçons du ministère de l’Economie, qui a ouvert une enquête. Résultat : une convocation pour « vol en réunion » pour les trois ouvriers, et une surprise pour le propriétaire de la maison. La valeur des 16 lingots d’or et des 600 pièces d’or américaines est estimée à quelques 900 000 euros.

Et d’ailleurs, que dit la loi quand on découvre un trésor ?

Adieu Fixing et bonjour « London Silver Price »

14 août 2014

Charles Sannat

Me voilà obligé de sortir de ma torpeur estivale qui n’est en rien liée à la chaleur étouffante d’un été brulant, puisque ma foi, pour un mois de novembre le temps reste plutôt doux… Non, l’idée c’est de venir vous parler un peu de l’actualité. Je ne m’appesantirais pas sur la croissance française qui est en aussi grande forme que notre météo. Je ne vous parlerai pas non plus de la rentrée « qui sera difficile » comme nous l’a annoncé courageusement notre premier ministre, ni même de l’anniversaire de Mamamouchi 1er qui commence à se gratter sérieusement la tête pour son avenir… (S’il avait lu le Contrarien Matin il serait au courant que rien ne va bien).

Concernant la situation internationale tout part à vau-l’eau, que ce soit l’épidémie d’Ebola (Ebola étant le nom d’une rivière africaine), la guerre dans la bande de Gaza, l’Irak ou encore l’Ukraine.

Aujourd’hui je vous parlerai donc du nouveau fixing de l’argent métal à Londres… En fait il n’y a plus de fixing du tout ce qui constitue une bonne nouvelle compte tenu de l’opacité de ce type de méthodologie. A compter du jeudi 14 aout 2014 le prix de l’argent métal sera déterminé par un tout nouveau système électronique implémenté par Thomson Reuters en partenariat avec le CME qui est le Chicago Mercantile Exchange).  En clair ce sont les Américains qui vont s’occuper de la fixation du prix de l’argent physique. En disant cela, je ne sous-entends rien, vous me connaissez… mais je vous le dis quand même, comme ça en passant, et parce que je suis d’humeur badine vu que je suis en vacances. Sous la pluie certes, avec beaucoup de vent évidemment, mais bon… la tente est bien fixée au sol et j’ai bien sardiné le tout (le plus compliqué c’est de trouver une liaison internet, remerciez ma femme qui veut me couper du monde pendant l’été).

Désormais donc les prix seront fixés par cette plateforme électronique (dont les paramètres restent secrets, et que même que la recette serait conservée dans un coffre, dont la clef aurait été jetée au fond d’un puit) et le prix quotidien change de nom. Le fixing devient le « London Silver Price » et le cours de l’argent métal restera déterminé une fois par jour… Je vous entends déjà me dire que cela s’appelle un … fixing ! Et beeennnnn vous avez raison !! Mais il y a une grande différence, un immense prôôgrèèès, les « volumes seront publiés tous les jours ». Ouf, me voilà rassuré d’un coup.

Le changement dans la continuité

Comme je vous l’avais expliqué il y a quelques semaines, il y avait peu de chance que les anglo-saxons laissent le champ libre de la cotation des métaux précieux à nos grands amis les Russes ou les Chinois, donc une solution serait inévitablement trouvée. Autre élément que j’avais soumis à votre sagacité soit cela marquerait une rupture historique vers la « libre » cotation des métaux et du coup l’envolée des cours… soit il ne se passerait pas grand-chose.

Maintenant que les choses sont arrêtées, il semble évident que c’est le pas grand-chose qui l’emporte puisque la logique reste la même… un cours par jour et pas une cotation en temps réelle comme c’est le cas pour le marché boursier avec l’accès pour tous au carnet d’ordres ce qui permet de voir qui vend quoi à quel moment et pour quel montant (c’est cela la transparence, tout le reste c’est de l’enfumage).

Disons simplement qu’à compter du 14 c’est le logiciel qui sera accusé de tricher sur les cours et plus quelques banques…

En conclusion, cela devrait tout de même permettre aux cours de l’argent d’évoluer vers un peu moins de manipulations mais rien n’est moins sûr, l’idée de base étant que les banques se protègent de telles accusations tout en empêchant tout de même les cours d’exploser à la hausse. Ce nouveau système devrait fonctionner à merveille enfin… pour les banques.  Mais restons optimistes car si l’argent métal profite de ce nouveau système alors il est fort probable que le métal jaune en profite aussi pour raison simple l’or et l’argent sont intimement corrélés.

Le métal jaune suivra inévitablement…

Le métal jaune suivra deux choses en l’espèce, à savoir aussi bien l’éventuelle hausse de l’argent métal que l’adoption de ce nouveau système pour les cotations de l’or puisque le marché de l’or est soumis aux mêmes accusations que le marché de l’argent.

A propos de corrélation entre les deux cours, retenez tout de même que depuis 1968 l’or et l’argent ont toujours évolué dans le même sens sauf pendant moins de 25% des jours de cotation ce qui ne veut pas dire que le lendemain ils ne se réajustaient pas !! La corrélation est donc presque parfaite et ce n’est pas le ratio historique or et argent qui prouvera le contraire !!

Alors que penser de tout cela ?

Avant tout que ce nouveau système vient remplacer l’ancien pour protéger les banques qui souhaitent se désengager de ce nid de frelons qu’est devenu la cotation des métaux précieux, que néanmoins la gestion du système reste dans les mains du monde anglo-saxon de la finance au sens large. Que cela avec le temps devrait tout de même permettre un peu plus de transparence et un peu moins de manipulation mais qu’il s’agit aussi et surtout d’un changement dans la continuité dont les conséquences seront progressives ce qui est toujours recherché par les différents acteurs qui savent s’adapter s’ils disposent de temps ce qui n’est pas le cas dans les changements brutaux.

Ce système sera vraisemblablement étendu à l’or et ce sera là aussi une bonne chose, mais n’attendez pas de résultats fulgurants dans les prochains jours en raison de ces modifications.

Ce qui fera exploser les cours, c’est la situation catastrophique de l’ensemble du système économique mondial, de la fausse croissance américaine en passant par la dépression européenne, sans oublier l’insolvabilité généralisée qui nous guette tous. C’est dans les fondamentaux qu’il faut attendre les vraies raisons de la hausse de nos métaux précieux et croyez-moi elle n’est qu’une question de temps car tous les paramètres sont au rouge vif.

Je vous laisse, il faut que j’aille refixer la tente et écoper un peu la valise remplie d’eau, tenter d’allumer le réchaud (avec une bonbonne de gaz russe) malgré un vent à décorner les bœufs, avant que ma femme ne se rende compte que je me suis connecté à Internet !!

Bonnes vacances à ceux qui sont encore, bon courage à toutes et tous, et n’oubliez pas de vous préparer car lorsque votre Premier Ministre vous annonce que la rentrée sera difficile, il y a de fortes chances qu’elle soit très… difficile !
Ici le camping sous les flots, à vous les studios…

Charles SANNAT

Tour du monde : les pièces d’or et d’argent des pays du nord

13 août 2014

Loretlargent.info continue son tour du monde des pièces d’or et d’argent à travers le monde. Après un passage en Amérique du sud et un autre en Amérique du nord, c’est une partie de l’Europe du nord qui partage son histoire à travers celle de ses pièces en métal précieux. L’Angleterre, le Danemark, l’Autriche et l’Allemagne au menu !

En Angleterre, des pièces d’or qui sauvent la couronne

L’un des pays d’Europe du Nord où les pièces d’or et d’argent gardent une place importante, c’est d’abord l’Angleterre… et son précieux souverain. Précieux à deux titres : d’abord par que le souverain en or est sans conteste l’une des pièces qui a marqué le plus les derniers siècles en Europe et dans le monde. Mais aussi parce que l’amour des Anglais pour leurs pièces est aussi directement lié à celui qu’ils montrent pour la famille royale… et pour toutes les pièces de commémoration des grands événements royaux.

Souverain Elizabeth II

En Angleterre, l’or monétaire commence à prendre beaucoup d’ampleur à partir du XIVe siècle, alors que le pays est en pleine expansion commerciale. Le souverain (sovereign) arrive au début du XVIe siècle, et accompagne véritablement le règne commercial des Anglais dans le monde.

La preuve en est d’ailleurs dans la reconnaissance du souverain à travers le monde. Pendant les deux guerres mondiales, les aviateurs et les soldats anglais en recevaient avant certaines missions dangereuses, histoire de s’assurer le retour. Une pièce d’or qui ouvre donc toutes les portes….

Le souverain d’or a été retiré de la circulation en 1914, en même temps que l’Angleterre abandonne l’or comme unité monétaire. La Royal Mint continue de frapper ses souverains… mais en quantité très restreinte !

La Mint anglaise est en revanche nettement moins avare quand il s’agit de frapper des monnaies commémoratives. Ça a été le cas à l’occasion du mariage de Kate Middleton, pour la naissance de leur fils ou encore pour le jubilée de diamant de la Reine Elisabeth II. Mais attention cependant… on s’écarte beaucoup des monnaies d’investissement : il s’agit plutôt de médailles, et le prix est nettement supérieur à celui de l’or seul !
Pour l’investissement, on préférera sans doute le souverain d’or, ou encore la récente Britannia, pièce frappée depuis 1987. Cette pièce bullion a un cours sensiblement similaire à celui du nugget australien ou de la Maple Leaf canadienne. Et elle possède aussi l’avantage de ne pas être taxée à la revente, notamment grâce à sa valeur faciale exprimée en livres !

Autriche : Vienne et sa Philharmonique bullion

Si l’histoire de la monnaie autrichienne est largement marquée par ses évolutions politiques, c’est aussi le pays d’origine de l’une des pièces d’investissement les plus recherchées aujourd’hui : la Philharmonique de Vienne.

Avant la pièce bullion, la monnaie autrichienne a également fait office de référence en Europe pendant des années. Et notamment avec ses ducats d’or, frappés dès le début du XIXe siècle. Ceux qui circulent le plus encore aujourd’hui sont les ducats frappés de 1848 à 1915, sous le règle de Franz Josef 1er, jusqu’à ce que l’Autriche devienne une république en 1918.

La monnaie officielle de l’Empire austro-hongrois est d’ailleurs fleuron des monnaies européennes, avec un titre de 986,00 ‰, deux formats (un ducat et quatre ducats). Aujourd’hui encore, cela reste une belle pièce d’investissement : les ducats d’or sont finement frappés et très recherchés.
La couronne autrichienne a aussi marqué l’Empire austro—hongrois, avec trois valeurs différentes (10, 20 et 100 couronnes) et un titre en or de 900,00‰. Rares, elles font souvent l’objet d’une prime élevée.

Philharmonique de Vienne

Mais c’est avec la Philharmonique de Vienne que l’Autriche propose une véritable référence quand il s’agit de pièce d’investissement. La Philharmonique a d’ailleurs été la pièce bullion la plus vendue en 1992, 1995 et 1996.

Frappée pour la première fois en 1989, elle passe du shilling à l’euro en 2002. C’est d’ailleurs la seule pièce d’or d’une once en zone euro. Elle existe en quatre versions : 1 once, ½ once, ¼ once et 1/10 once.
Le Grand Opéra de Vienne sur son avers, et des instruments de musique sur son revers lui donnent son nom. Cela en fait une pièce aussi belle que recherchée pour ses qualités d’investissement. Il est d’ailleurs particulièrement recommandé de la garder en coffre, pour éviter tout choc ou rayure. La Philharmonique de Vienne se décline également en argent, et reste une pièce d’investissement recommandée.

Danemark : le pays pour une couronne

Le ducat, puis le Frédéric d’or, puis le Christian d’or : il ne s’agit pas de trophées danois, mais du nom des différentes pièces d’or qui ont circulé au Danemark lorsque le pays s’est remis sur pied, après les guerres napoléoniennes.

A partir de 19872, le pays rejoint l’Union monétaire scandinave, et commence à frapper ses couronnes d’or. Les pièces sont de 10 ou de 20 couronnes : avec un poids de 4,48 grs pour la première et 8, 96 grs pour la deuxième, elles sont plus lourdes que les Napoléon 10 et 20 Francs de l’époque. Un côté robuste de la pièce qui reflète celui du pays : aujourd’hui encore, c’est une pièce qui bénéficie d’une prime accessible. Mais attention, cela n’en fait pas une pièce particulièrement recommandée pour l’investissement : il vaut mieux pour cela se tourner vers des pièces comme la Philharmonique de Vienne.

L’Allemagne reste marquée… par le mark

En Allemagne, c’est le mark qui a laissé sa trace à travers les années. Mais avec une histoire qui reste très jeune, puisque la pièce a été créée en 1873. Le Reichsmark naît d’ailleurs au cœur de la politique allemande : après la proclamation du Kaiser comme empereur du second empire allemand, le Reichsmark est instauré dans les 54 royaumes, les grands duchés et duchés, les principautés et les villes libres. Autant dire qu’elle sert à marquer l’unité du royaume !

Lorsqu’ils sont frappés par la Prusse, les Reichsmark portent d’ailleurs le buste de Guillaume II. Mais pas uniquement puisque chaque état allemand indépendant peut frapper ses marks : certaines pièces portent une lettre représentant la ville de leur émission. Berlin, Francfort… C’est ce qui explique la grande variété des pièces, qu’elles soient de 10 ou  de 20 marks.

En 1914, le début de la première guerre mondiale sonne la fin du mark d’or, dans ses versions 10 ou 20 marks. Comme pour le Danemark, les pièces allemandes peuvent être recherchées pour leur aspect collection, mais beaucoup moins pour leurs qualités d’investissement.

Dans un prochain rendez-vous, zoom sur les pièces d’or et d’argent de l’Union latine, organisation monétaire commune qui a réuni dès 1865 la France, la Belgique, la Suisse, l’Italie et ensuite la Grèce en 1868.

Fixing de l’argent : le métal précieux passe au London Silver Price !

13 août 2014

La décision était annoncée depuis quelques mois déjà. A partir de demain, 14 août 2014, le fixing de l’argent sera déterminé par un nouveau système électronique, le London Silver Price. Il était jusqu’alors assuré par le London Silver Market Fixing Limited, un comité composé de la Deutsche Bank, de HSBC et de Scotiabank. Quelles sont les implications de ce nouveau fixing ?

La solution électronique pour établir les cours du métal précieux

En mai dernier, l’arrêt du fixing de l’argent par le London Silver Market Fixing était annoncé par une dépêche AFP, et relayé sur plusieurs sites d’informations. Surprise pourtant, aucune autre solution ne semblait être proposée. Un comble sur fond de forts « soupçons d’opérations de manipulation des cours sur les métaux précieux » !

Mais après un appel d’offres du LBMA (London Bullion Market Association), c’est la solution électronique qui va prendre le relais. Le « London Silver Price » a été choisi par l’association professionnelle du secteur des métaux précieux. Dès demain, une plateforme électronique, déjà testée au début du mois d’août, va prendre le relais et établir le fixing de l’argent.

Le fixing de l’argent va-t-il être bouleversé ?

Dans un article du 11 août, Boursier.com revient justement sur le mode de fonctionnement de cette nouvelle plateforme électronique. Et évoque une « publication quotidienne des volumes » : la plateforme « recueillera électroniquement les ordres d’achat et de vente centralisés par un grand nombre d’acteurs du marché, dont la plupart des établissements financiers agissant déjà sur le marché spot ».

L’heure semble donc à la transparence pour le London Silver Price. Et tant mieux, étant donné les enjeux pour le cours du métal précieux ! Dans le Contrarien du 19 mai, Charles Sannat rappelait les risques d’un marché du métal sans fixation du cours. Notamment après l’arrêt de la cotation de l’or à la Bourse de Paris après le milieu des années 90 : « un marché opaque », « une défiance des gens », « une marginalisation évidente »… Autant d’écueils qui devraient être épargnés à l’argent, placement d’avenir. Reste à savoir si le même système pourra être adapté au fixing de l’or.

Revue du web du 08 août : l’aversion du risque se confirme, au profit de l’or

8 août 2014
Crisis? What Crisis? - Album Supertramp, 1975

Crisis? What Crisis? - Album Supertramp, 1975

Cette semaine, l’or est pris en étau entre une multitude de facteurs qui ont maintenu son cours en équilibre. Mais en cette fin de semaine, l’aversion du risque devient plus forte et le cours de l’or remonte déjà. Étonnant qu’il ne l’ait pas fait plus tôt… On analyse à travers tout un faisceau d’événements l’insensibilité apparente à l’or, qui revient sur le devant de la scène par la force des choses…

Les facteurs de hausse du cours de l’or nombreux

On le sait ! Ce sont presque toujours des raisons dramatiques qui poussent les investisseurs, les épargnants et les banques centrales à se réfugier dans l’or. Et cette semaine, la coupe est pleine :
« Les inquiétudes concernant la croissance mondiale restent fondamentalement les mêmes, qu’il s’agisse des conséquences du conflit entre Israël et le Hamas, des tensions croissantes en Ukraine, du retour de l’Italie en récession ou du recul net des commandes industrielles en Allemagne » en juin, relaie le site lesaffaires.com le 06 août.
L’embargo russe sur les produits alimentaires d’origine européenne et américaine est un sacré coup dur pour l’économie mondiale, une menace réelle.
« Les investisseurs sont en particulier nerveux face à la concentration de troupes russes à la frontière avec l’Ukraine, éventuel prélude à une invasion, et aux sanctions économiques adoptées par Moscou en riposte aux mesures décidées par les pays occidentaux à l’encontre du Kremlin », commente les affaires.com.

Les tensions géopolitiques de part et d’autre du monde sont au centre de l’attention des marchés boursiers, nerveux comme une jeune mariée.

L’or dans les starting-blocks

L’or, qui jusque-là paraissait « peu sensible » aux tensions géopolitiques, s’est maintenu dans une espèce d’indécision toute la semaine.
Le 06 août, boursorama.com titrait « Malgré la montée des risques en Ukraine, le cours du métal jaune peine à retrouver des couleurs ».
La « nette amélioration de la conjoncture outre-Atlantique », la forte demande en dollars, semblaient prendre le dessus sur l’aversion du risque.
« Le chandelier d’hier confirme qu’un combat intense fait rage entre les vendeurs et les acheteurs. L’augmentation de la demande de dollar U.S. place une forte pression sur le cours de l’or, mais la faiblesse récente des bourses principales et les tensions géopolitiques limitent la chute. », indiquait le même jour le site dailyforex.com.

La géopolitique et les banques centrales donneront le « la » sur le marché

Mais l’aversion du risque est devenue plus forte en fin de semaine, profitant à l’or. « Les tensions dans la bande de Gaza et, plus encore, celles entre la Russie et l’Occident ont fait s’envoler l’aversion au risque et, par effet boule de neige, s’envoler les cours de l’or. Le métal précieux se négociait à 1.306,50 dollars l’once lors du second fixing à Londres, mercredi après-midi, en hausse de 18 dollars par rapport au pointage matinal. La menace est prise très au sérieux », peut-on lire sur lesechos.fr, dans cet excellent article du 07 août. To be continued…

«Subprime»: Bank of America prête à payer une amende record de 16 à 17 milliards de dollars

Une goutte d’or dans un océan de ruines… Si la somme paraît faramineuse pour le commun des mortels, l’amende record que devrait payer BoA n’est rien par rapport aux pertes économiques pharaoniques provoquées les subprimes. C’est néanmoins « l’amende la plus élevée jamais infligée à une banque aux Etats-Unis », apprend-on dans l’édition du 07 août de 20minutes.

Soupçons de manipulation des cours : après l’or et l’argent, le platine !

L’info émane de leblogfinance.com, le 02 août dernier. « La London Platinum and Palladium Fixing Company (LPPFC) vient d’annoncer cette semaine que le processus de fixation des prix de référence pour le platine et le palladium à Londres allait être quelque peu réformé », relaie Elisabeth Studer.
Le 06 août dernier avait lieu la clôture des candidatures pour l’appel d’offre d’un nouvel administrateur indépendant en charge de la gestion du fixing du platine et du palladium.
Ca sent la trouille au pays du fixing des métaux précieux !

Le cours de l’or depuis 13 ans : on n’en a pas fini avec l’or

7 août 2014

Nous vous proposons dans ce dossier une analyse des facteurs qui ont contribué au magnifique rallye de l’or depuis 11 ans et à sa stagnation depuis 2013. Que nous réserve l’or ? Est-il encore temps d’en acheter ? Comment faut-il l’acheter ? Nos réponses, point par point.

Un rallye magnifique de 11 ans

Depuis 2001, l’or est passé de 261€ l’once au plus bas à 1911$ en septembre 2011 au plus fort.
Qu’est-ce qui a contribué à ce rallye ininterrompu pendant plus de 10 ans ?
Tout événement dramatique contribue à la hausse de la valeur de l’or, que l’on s’arrache en période de crise, l’aversion du risque aussi. Valeur refuge par excellence, l’or est l’actif que tout investisseur, tout épargnant, toute banque centrale recherche quand l’économie et la finance vacillent. Il suffit d’un ou deux détonateurs dans un contexte explosif pour déclencher une ruée vers l’or.
En 11 ans, les facteurs de hausse du cours de l’or ont été nombreux : 2 krachs (bulle de l’internet en 2001, krach boursier en 2008), crise des subprimes, faillites bancaires (avec celle de Lehman Brothers), crainte de l’inflation, crise de la dette souveraine…

Vous pouvez voir sur le graphique AuCOFFRE.com ci-dessous la tendance parfaitement haussière du cours de l’or sur plus de 11 ans.

Marché haussier de l'or sur 11 ans

Marché haussier de l'or sur 11 ans - graphique AuCOFFRE.com

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L’analyse de l’expert, par Tradosaure

Evolution du cours de l’or depuis 2001

Evolution du cours de l'or depuis 2001

Evolution du cours de l'or depuis 2001 - graphique Tradosaure

Quel constat?
Le début des années 2000 portait les germes de l’effondrement économique américain. L’éclatement de la bulle technologique, le traumatisme de la destruction des tours, la concurrence internationale exacerbée … invitaient les pouvoirs publics US à faire preuve d’ingéniosité pour éviter le pire. La solution toute trouvée fut celle de la stimulation de l’immobilier par le biais d’une création monétaire ahurissante qui permit de réduire les taux d’intérêt à des niveaux très attractifs. La croissance économique et l’emploi repartirent de l’avant, mais avec leur corollaire inflationniste (perte de valeur du dollar). La hausse de 630% de l’or (multiplication par 7) a donc plusieurs origines:
– Baisse du dollar, monnaie dans laquelle est libellé l’or
– Demande d’or très soutenue de la part des pays dont les classes moyennes se développent
– Offre insuffisante à mesure que les stocks s’épuisent…

En savoir plus sur le blog de Tradosaure-trading

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Que s’est-il passé en 2013 ?

Le graphique de l’or sur AuCOFFRE.com est éloquent. On peut voir que l’or a amorcé une baisse en octobre 2012 et qu’il se maintient depuis autour de plus ou moins 1300$. Bref, il stagne alors que les fondamentaux macro-économiques qui ont contribué à son rallye ont empiré.

Cours de l'or depuis 5 ans - graphique AuCOFFRE.com

Cours de l'or depuis 5 ans - graphique AuCOFFRE.com

L’endettement des pays de l’OCDE est passé de 75% à 105% de leur PIB, le déficit de ces mêmes pays a quant à lui bondi de 3,5% à 5,5% de leur PIB. Le risque de faillite des banques a fortement augmenté, la croissance des pays de l’OCDE est quasi nulle, celle des BRICS – ces nouvelles économies émergentes que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie – a considérablement ralenti et le taux de chômage atteint des seuils critiques partout dans le monde. Pourquoi le cours de l’or stagne-t-il alors ?

Le risque ne fait plus peur, les mauvaises nouvelles économiques sont devenues diffuses, elles se sont noyées dans la masse, il y a une lassitude due à un phénomène de répétition des événements.
Certains événements (géopolitiques) sont « lointains », le dollar ne s’est pas effondré, les Etats-Unis n’ont pas fait défaut sur leur dette, la zone euro n’a pas explosé, les marchés boursiers se portent plutôt (artificiellement) bien… Bref, un effet « Pierre et le loup » a sans doute contribué à la fin temporaire de ce rallye, ou du moins à son ralentissement.
Il faut sans doute y voir, plus qu’un regain d’optimisme de l’économie, une lassitude.

Mais la cause la plus probable qui fait que l’or est coté bien en-dessous de sa valeur réelle n’est sans doute pas sans rapport avec les forts soupçons de manipulation de son cours, établi de façon très arrangeante depuis plus de 100 ans par une poignée de banques. Car il y a de nombreux acteurs qui n’ont pas intérêt à voir le cours de l’or augmenter.
Si le cours de l’or n’était pas manipulé, et que sa valeur était proportionnelle aux stocks réels vendus par des contrats à terme, et proportionnelle aux flux de monnaie papier créée, elle pourrait atteindre jusqu’à 15 000$ l’once. Nous vous invitons à lire l’excellente chronique de la quotidienne Agora publiée le 15 juillet sur la valeur réelle de l’or. Si selon les estimations du GATA (Gold Anti-Trust Action Committee) le rapport entre la quantité d’or physique et d’or papier est bien de 100, et que le prix du fixing (…) de l’or devait prendre en compte un prix « physiquement livrable », les cours devraient littéralement exploser et atteindre des prix stratosphériques, explique Cécile Chevré.

Le rallye est-il pour autant fini ? Sous sa forme haussière et continue probablement pour le moment.
Mais ça ne devrait pas durer.
Il est question de « rajeunir » le cours des métaux précieux ; cette réforme à venir devrait apporter plus de transparence au fixing du métal jaune et l’orienter vers une valeur plus réaliste.

Non, l’or n’est pas mort

Les craintes ont disparu, mais les risques sont toujours présents, la terre danse sur un volcan. Il en faut peu pour mettre le feu à la poudrière géopolitique.
Vous croyez que les produits toxiques très complexes tels les CDS ont disparu ? Non, ils reviennent sous une autre forme, on peut s’attendre tôt ou tard à voir la marmite exploser.
De plus, la production de l’or qui se raréfie et les méthodes d’extraction de plus en plus coûteuses.

Sans parler de la gourmandise en or de la Chine qui, malgré un ralentissement de ses achats cette année, ne désemplit pas ses réserves, bien au contraire. D’une part par culture, mais aussi dans le but de rendre son yuan plus fort et plus compétitif pour en faire une monnaie de change internationale. « N’oublions pas aussi la perception de plus en plus négative de l’US $ dans l’économie internationale, et qui est principalement dans la ligne de mire des BRICS (…) très actifs pour mettre fin au leadership américain. », rappelle Jean-Charles Boutelier – Investisseur actif chez AuCOFFRE.com.

Jacques Attali qui a analysé des cycles de crise tous les 7 ans, prédisait dans un entretien du 26 mai dernier, une prochaine crise pour 2015. Selon lui, il resterait environ 1 an et demi avant d’encaisser la prochaine réplique de la crise sismique qui a débuté en 2008…
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L’analyse de l’expert, par Tradosaure

Depuis 2011
• La baisse depuis septembre 2011 est impressionnante. L’or a vu sa valeur s’éroder de près de 38% entre son pic et juin 2013. Il est urgent de poser un regard critique sur l’ampleur de cette baisse. Un regard historique.
• Les graphes suivants tendent à relativiser la baisse de l’or entre 1974 et 1978. Sur cette période en effet, la décrue fut de 44% et elle faisait suite à une hausse préalable de 533%. L’épilogue à cette période de baisse fut une nouvelle accélération de 670% !

Cours de l'or de 1968 à 2000 - graphique Tradosaure

Cours de l'or de 1968 à 2000 - graphique Tradosaure

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L’or est-il rentable ?

L’or ne devrait pas être perçu comme un actif pouvant dégager de la rentabilité. S’il le fait, tant mieux pour les investisseurs, il vaut mieux ça que le contraire. Ceux (les contrariens) qui avaient acheté de l’or dans les années 2000 alors qu’il ne valait que 260$ ont eu le nez creux, car ils ont pu dégager de beaux bénéfices en en revendant une partie, surtout en septembre 2011. Pour certains, les plus-values réalisées leur ont permis d’éponger les pertes de leurs investissements boursiers en pleine crise.
Mais l’or est avant tout une valeur refuge. Il ne faut pas oublier son rôle premier qui est la protection et la sécurisation du patrimoine. L’or doit être avant tout envisagé comme une assurance incendie.
Le jour où votre maison brûle, vous êtes plutôt content d’avoir souscrit cette assurance.
La différence, c’est que contrairement à une assurance, vous pouvez transmettre, revendre et récupérer votre écot avec l’or, qui aura toujours de la valeur.

Quel que soit son cours, l’or vaudra toujours mieux que des économies placées dans un livret A au rendement proche de zéro, susceptible d’être taxé et soumis, comme tous les produits bancaires, au risque de faillite bancaire, spectre qui revient avec l’épisode de la Banco Santo Espirito portugaise.

Comment acheter de l’or ?

- Uniquement sous forme physique. Sachez que le ratio or papier/or physique à 92 pour 1. Méfiez-vous de l’or papier pour lequel la contrepartie physique n’est pas certaine.
- Peu mais régulièrement pour lisser les mouvements du cours de l’or à la hausse comme à la baisse.
- Profitez de l’or à prix bradé, ce n’est pas quand son cours atteindra de nouveaux sommets et que l’or sera à nouveau encensé par la presse grand public qu’il faudra en acheter ! L’or est encore abordable, à prix intéressant, il serait dommage de ne pas profiter de cette porte d’entrée.

Ceux qui possèdent déjà de l’or pourront l’échanger contre du cash (très rapidement via la plateforme AuCOFFRE.com) ou amortir d’éventuelles pertes boursières.

Enfin, n’oubliez pas que le cours de l’or est actuellement le même qu’en août 2013 et septembre 2010 et qu’il n’était que de 260$ environ le 1er janvier 2001.
Le jeu de l’or n’est donc pas fini et c’est un investissement qui ne sera jamais perdu.

 

 

Lectures d’été sur l’or

30 juillet 2014
L'or un placement qui (r)assure, Jean-François Faure

L'or un placement qui (r)assure, Jean-François Faure

Nous vous proposons des lectures studieuses pour cet été. Quel quoi soit votre niveau, si vous vous intéressez à l’or, voici une petite sélection de livres pour débutants et néophytes.

A. Placement, épargne
- « L’or, un placement qui (r)assure », Jean-François Faure, L’alambic, collection « Mots d’experts », 2011.
Le plus pédagogique ! « L’or, un placement qui (r)assure » est sans doute l’ouvrage le plus pédagogique et le plus abordable. Jean-François Faure, Président fondateur d’AuCOFFRE.com y prodigue de précieux conseils en termes de placements et y développe un argumentaire qui saura convaincre les « sceptiques de l’or »

- « Investir sur le marché de l’or », Nicolas Perrin, Franel, 2013.
Le plus actuel. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’or sans jamais oser le demander est dans le livre de Nicolas Perrin. L’ouvrage couvre tous les aspects de l’or, de la nature du métal précieux à l’entrée sur le marché, au risque de bulle, à la fiscalité… A lire dans la continuité du livre de Jean-François Faure ! L’éclairage qu’il apporte dans cette interview accordée à loretlargent.info en 2013 est très intéressant, les arguments, toujours d’actualité.

- « Comment l’Etat va faire main basse sur votre argent », Simone Wapler, Ixelles éditions, 2013
Le plus survivaliste. Simone Wapler, une référence sur le marché de l’or, est une révolutionnaire dans l’âme. Résolument anti-banque, un brin pessimiste, d’aucuns diront alarmiste, la Directrice des publications Agora, spécialisée dans l’analyse et le conseil financier donne aussi des conseils pour s’en sortir, des solutions de débancarisation à portée de tous et des conseils de survivalisme.
L’ouvrage, très pédagogique, se présente comme des fiches pratiques pouvant être lues les unes indépendamment des autres. Son leitmotiv : « L’Etat a déclaré la guerre à votre épargne. Ne restez pas les bras croisés ! ». Et elle a raison Simone, en plus elle s’appuie sur des chiffres et des données très étayés. Vous ne pourrez pas tenir en place sur votre serviette de plage en lisant son ouvrage.

- « Guide d’investissement sur le marché de l’or », Yannick Colleu, Broché, 2008.
Chez nous, c’est une bible ! Nous avons tous commencé avec ce premier ouvrage de Yannick, spécialiste es fiscalité des métaux précieux, à quoi nous demandons toujours conseil sur des questions très pointues. Comme son nom l’indique, cet ouvrage est un guide. Il explique avec beaucoup de pédagogie les grands principes de base : acteurs du marché, différentes formes de l’or pour investir, offre et demande, mécanismes du cours de l’or lors de périodes d’inflation et de déflation… Son approche macro-économique permet de situer l’or dans la conjoncture économique actuelle. Un livre indispensable, à lire plutôt après les 3 premiers ci-dessus, car il demande un petit niveau d’expertise plus élevé. Les passionnés aimeront ! A lire avec d’autant plus d’intérêt que depuis la date de sa publication en 2008, l’ouvrage n’a pas pris une ride et le contexte économique est toujours aussi délétère.

B. Cours de l’or
- « 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter », Léonard Sartoni, Broché, 2007.
Comme le guide de Yannick, l’ouvrage de Léonard Sartoni est aussi une référence. Beaucoup technique cependant, il aborde le système monétaire mondial, l’économie US, le fonctionnement du cours de l’or, les grands cycles économiques, la « psychologie » du marché haussier de l’or… Encore plus visionnaire, il a été rédigé en 2007 et avait prévu le grand cycle haussier de l’or, l’effondrement progressif des économies dominantes occidentales, l’éveil de l’économie asiatique… La deuxième partie du livre est consacrée aux différents produits : mines, ETFs, pièces et lingots… Le livre de Léonard Sartoni est un ouvrage de référence, toujours d’actualité.

C. Fiscalité
- « Fiscalité des métaux précieux », Yannick Colleu, L’alambic, collection « Mots d’experts », 2011.
Si comme nous vous vous passionnez pour les questions d’intérêt fiscal, alors vous adorerez ce second opus de Yannick Colleu sur la fiscalité des métaux précieux. Bien que celle-ci évolue en permanence, l’ouvrage contient des vérités inaltérables sur les produits exonérés de taxes, des références à des textes de loi, les différences en pièces, médailles et jetons, comment s’effectue l’achat et la revente d’or au sein et hors de l’Union Européenne, et plein de des cas pratiques…
Yannick Colleu fait un excellent exposé pédagogique, à découvrir dans la vidéo en bas de cet article.

D. Un peu de numismatique
- « Médailles et jetons de la Banque de France », Didier Bruneel, Broché, 2013.
Un bel ouvrage, un livre d’art qui rend hommage aux médaillistes les plus célèbres de la Banque de France. L’auteur avait déjà rédigé en 2012 un premier ouvrage magnifique intitulé « Les Secrets de l’or ». Pour les collectionneurs esthètes.

- « Le Franc VII, Les monnaies », Michel Prieur et Laurent Schmidt, Les Chevau-Légers, 2007.
C’est un ouvrage de référence en termes de numismatique, co-rédigé par feu notre ami Michel Prieur, que nous sollicitions aussi beaucoup sur des questions relatives aux monnaies anciennes.
Tous le jargon est clairement expliqué, chaque pièce détaillée par valeur faciale et millésime, de 1 centime en bronze à la 100 Francs Bazor : une mine de renseignements précieux pour qui s’intéresse de près ou de loin aux monnaies Franc.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "