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Archive for juin, 2009

Confessions d’un banquier pourri

Mardi, juin 30th, 2009

Cet article est extrait du livre Confessions d’un banquier pourri

(…) Nous proposions d’autres produits au moins aussi dangereux que les subprimes : par exemple, des prêts à taux réduits taillés sur mesure pour les gogos des collectivités locales. L’une de nos cibles de prédilection ? Les municipalités qui cherchaient à débloquer des fonds en urgence pour financer des actions spectaculaires, juste avant des élections. Pour ces clients institutionnels qui ont besoin de sommes importantes sans comprendre grand-chose à notre métier, notre arnaque est toute simple : nos prêts à taux variable sont indexés sur un ratio quelque peu mystérieux entre le dollar et l’euro. Jusque-là, tout va bien. L’euro est au mieux, c’est rassurant. Et puis, l’élément clé, c’est que la collectivité ne commence à rembourser qu’au bout de vingt ans. Allez savoir qui sera aux commandes à ce moment-là ! Ceux qui auront souscrit l’emprunt auront disparu depuis longtemps. Il vaudrait mieux, d’ailleurs ! Parce que les taux d’intérêt de ces prêts à effet  » boule de neige  » sont calculés de manière cumulative. Indexés sur les taux de change, mais aussi sur les matières premières ou toutes sortes d’indicateurs plus ou moins bidons, ils laissent à nos clients l’illusion d’avoir fait une bonne affaire… en nous offrant la certitude de les raser jusqu’à l’os !
Outre les mairies, nous avions facilement convaincu pas mal d’offices HLM et d’hôpitaux publics de recourir à ces prêts magiques. Comment ? Nous disposions d’atouts décisifs. Le nom de La Banque, d’abord, respectable. Vénérable, même. Le professionnalisme de nos équipes, ensuite, aguerries à entourlouper dignement n’importe quel amateur. La prestigieuse identité de nos premiers clients, qui rassuraient les suivants.
Enfin quelques menus avantages accordés aux décideurs de chacun de ces organismes. Que celui qui n’a jamais eu besoin d’un prêt immobilier à titre personnnel lève la main ! Dans La Banque, les  » gestes commerciaux  » – on préférait ce mot-là à celui de corruptíon, définitivement très laid – faisaient partie du métier. Nous avions ainsi décidé d’assouplir les conditions d’accès aux prêts à taux zéro pour certains de nos très bons clients, en particulier ceux qui appuyaient nos propositions auprès de leurs employeurs. C’était notre liberté. Ils en ont bien profité. En interne, nous avions baptisé ces prêts personnels les POTT,  » Prends l’Oseille et Tire-Toi « . Tout un programme.

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Histoire de l’emprunt Giscard sauvé du désastre par la chute du cours de l’or des années 80.

Lundi, juin 29th, 2009

Le reflux du prix de l’or, qui commença à se manifester, très rapidement, après le 21 janvier 1980, ouvrit non seulement la voie au règne de l’étalon dollar au sens pur du terme, mais empêcha aussi, en France, le désastre complet de l’emprunt Giscard. En octobre 1973 le Ministre des Finances de Georges Pompidou avait lancé un emprunt de 6,5 milliards de francs. Cet emprunt, rémunéré à 7 %, était à tout égard semblable à l’emprunt Pinay; de 1952-1958. Comme lui, sa valeur était garantie par le cours de l’or, et dispensée de droits de succession et de donation. Mais, ce qui était possible, au moment où le prix de l’or était stable, à 35 dollars l’once, cessa d’être viable, dans un marché où le métal précieux tendait à s’envoler. L’emprunt Giscard, 1973, a été lancé au moment précis où l’once d’or valait 97 dollars et est arrivé à son terme au moment où elle valait 437 dollars. Ce qui fait que cet emprunt, remboursé en janvier 1988, a coûté 12,3 fois plus que ce qu’il avait permis à l’État d’encaisser, c’est-à-dire de 80 milliards de francs. I1 est tout à fait évident que cet emprunt aurait coûté beaucoup plus, sí l’or n’avait pas été cassé dans son processus de remonétisation, par les Accords de Jamaïque et par la taxation des transactions qui ont commencé au niveau international, à partir de 1979.

Valéry Giscard d’Estaing passait, au moment où il fut élu président, en 1974, pour le plus brillant des grands argentiers du monde occidental. L’histoire de l’emprunt qui porte son nom rend d’autant plus évidente la cécité des responsables politiques de l’époque quant aux grandes secousses de l’ordre monétaire international.

Edouard Husson & Norman Palma, auteurs de « Le capitalisme malade de sa monnaie : Considérations sur l’origine véritable des crises économiques« 

Rien n’a changé.

Dimanche, juin 28th, 2009

Cet article est une citation du livre Confessions d’un banquier pourri

On lit partout que cette crise a du bon. Qu’elle va mettre un terme aux excès, aux rémunérations délirantes, aux primes à l’échec. Qu’on va réinventer le capitalisme. Que les PDG vont (enfin !) devenir responsables. Que les traders (mais oui !) vont se calmer. Et que le temps des folles spéculations est derrière nous.
Mais que s’est-íl passé en vérité durant ces huit derniers mois ?
Les banquiers – enfin les dirigeants de banques – sont-ils désormais responsables sur leurs biens propres, comme ce fut autrefois le cas dans de grandes maisons ? Non.
Les paradis fiscaux sont-ils toujours bien vivants ? Accueillent-ils encore la trésorerie de la plupart des multinationales en activité et le patrimoine des grandes fortunes mondiales ? Même s’ils vont devoir faire quelques concessions, la réponse est : oui.
A-t-on renoncé aux miraculeuses cachettes que représente le maquis du hors-bilan ? Ces cavernes comptables inaccessibles au commun des mortels – épargnants, journalistes ou même analystes financiers – existent-elles toujours ? Oui.
Les banquiers ont-ils eu la décence de rendre l’argent ? D’abandonner leurs bonus extravagants ? leurs parachutes en or massif ? Non, non, encore non.
Et la transparence des comptes, s’est-elle vraiment améliorée ? De nouvelles règles plus contraignantes sur la communication financière ont-elle été adoptées ? En aucun cas.
Qu’ont fait les ministres des Finances et les chefs d’État qui se réunissent de plus en plus souvent – encore récemment à Londres – pour masquer leur impuissance ? Rien. Ou si peu.
Il faut regarder la réalité en face : oui, cette sorte de banquiers dont j’ai été sont pourris. Oui, ils se sont gavés pendant vingt ans, et encore oui, ils pensent que le festin va bientôt reprendre. Personne ne souhaite renoncer à l’autorégulation. D’ailleurs, l’opacité représente pour eux à la fois un réflexe et un mode de vie.
La situation reste d’une extrême gravité, la confiance n’a plus cours sur les marchés. Les règles de la finance doivent maintenant être bousculées. Mais ils ne veulent rien entendre. Donc, la crise va se prolonger. Pas huit mois, comme certains tycoons ont pu d’abord l’imaginer, mais plutôt un an, peut-être deux. Au minimum.
Et puis, un jour, les bourses seront tombées tellement bas que la probabilité de gagner à nouveau de l’argent augmentera. Jusqu’à devenir irrésistible. Les actions remonteront, l’économie se redressera, et on sera sortis d’affaire. La seule question est : quand ?

Des souverains plein les portes

Samedi, juin 27th, 2009

Le fils d’un riche industriel en savon et en huile demeurant à Salonique, en Macédoine, rappelle ainsi ses souvenirs :  » Ma famille a transformé toute sa fortune en souverains avant l’invasion allemande, au cours de l’hiver 1941. Nous avions au moins 3 000 souverains cachés derrière l’encadrement des portes. A chaque coup de vent, ma mère se précipitait pour voir sí l’argent n’était pas tombé. Dès que les Allemands sont arrivés, ils ont occupé l’usine et, sans ce pécule, nous serions morts de faim. Une fois par an, nous démontions les portes pour prendre l’argent qui nous permettait de vivre. Bien que nous ne nous en soyons pas rendu compte sur le moment, la majeure partie de nos parents et de nos amis avaient agi de même. Mais mon grand-père, qui avait fait confiance à la monnaie grecque, se retrouva avec des liasses de billets sans valeur, et perdit toute sa fortune.  »

Timothy Green

Les acheteurs de pièces d’or sont des personnes responsables et pragmatiques.

Vendredi, juin 26th, 2009

Les gens qui ne connaissent rien à l’investissement dans l’or physique s’imaginent que les personnes qui détiennent quelques napoléons, sont des gens bizarres, tous très vieux dans leur tête et dans tous les cas des trouillards. Le recul que nous avons à présent sur nos membres me permet d’affirmer que cette image est fausse et caricaturale.

Les détracteurs pourraient eux même devenir acheteurs d’or, le jour où le JT de 20h les aurait abreuvé de reportages parlant de gens qui font la queue devant les boutiques de la rue Vivienne à Paris. Malheureusement, les principes moutonniers ne sont pas de très bon conseil en matière de placement et il sera alors trop tard pour se positionner sur l’or. Ces gens feront alors le bonheur de nos membres qui sauront leur revendre à bon prix leurs pièces d’or. Les thésaurisateurs ont toujours permis de relancer une économie lorsque tout le reste allait mal.

Les acheteurs de pièces d’or ont actuellement un profil commun : ils sont responsables, libres penseurs, contrariens, et ne croient pas tout ce qui se raconte à la télévision ou bien dans ces magazines financiers soit disant bien renseignés sur les valeurs performantes des 4 prochaines années’ (si si ca existe, je viens tout juste de le voir en gros titre dans un kiosque a journaux). Les acheteurs d’or ne croient pas que la relance soit pour l’année prochaine, même s’ils voudraient avoir tort. En effet, comment croire ces économistes qui annoncent la reprise pour 2010 alors que ces mêmes personnes ne prévoyaient pas la crise actuelle la veille de l’explosion de Lehman Brothers.

Ces acheteurs sont parfois très modernes aussi. Je pense ainsi a Paul, 88ans, qui n’hésite pas à se servir d’internet pour acheter des pièces d’or et à motiver sa femme à en faire de même pour qu’il puisse la parrainer.

Je pense aussi à Eric, jeune militaire de 24 ans dont l’instabilité du monde actuel pourrait projeter à n’importe quel endroit de la planète et qui souhaite pouvoir compter sur une valeur refuge, même à distance, dans le cas ou le monde irait encore plus mal.

Beaucoup sont militants et achètent de l’or car ils ne font plus confiance aux banques qu’ils considèrent comme principales responsables de la crise. Qui pourrait les blâmer d’un jugement un peu hâtif. A ce sujet, vous lirez avec intérêt, mais cependant avec tout le recul nécessaire, le livre Confessions d’un banquier pourri.

Les acheteurs de pièces d’or sont aussi des gens qui savent qu’il faut se diversifier, ne pas mettre tout ses œufs dans le même panier. Ils ne vont pas par exemple placer tout leur patrimoine sous forme de napoléons. Mais ils savent aussi que ces derniers seront la pour couvrir contre l’infortune le reste de ce qu’ils possèdent : actions, obligations, immobilier, etc.

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Jean-François FAURE est l'éditeur du blog LORetLARGENT.info et président fondateur d'AuCOFFRE.com SAS.

L’acheteur de pièces d’or sait aussi agir avec pragmatisme. Pour illustrer cette affirmation je vais prendre mon propre exemple. J’ai ainsi revendu 80% de mes pièces autour du 10 octobre 2008. Au moment où le napoléon fleurtait avec les 170€. Une partie des gains m’ont permis d’acheter le lendemain des actions Alstom que j’ai revendu 20% plus cher trois jours après. Ne pas être fermé à un quelconque mode d’investissement m’a permis ainsi de valoriser au double un placement réalisé un an plus tôt et de pouvoir ainsi prendre 6% de plus dans le capital de la société que j’étais en train de créer.

De manière générale, les acheteurs de pièces d’or veulent pouvoir assurer les arrières de leur famille car ils savent à présent que tout ce qu’on leur vendait comme du solide pouvait n’être que de la poudre aux yeux. Ainsi, tous les magazines spécialisés annonçaient en 2005 qu’il fallait investir dans l’immobilier. Facile à dire lorsqu’il était au plus haut après plusieurs années de hausse continue. Combien aujourd’hui ont perdu lors de revente de leur maison principale ou bien n’ont pas pu louer leur appartement en loi Robien ou Borloo ? Ces particuliers auraient acheté de l’or en même temps que leur maison, ou bien leur appartement, ils auraient aujourd’hui largement compensé leurs pertes.

Mais la glorieuse histoire de l’or est-elle vraiment achevée ?

Lundi, juin 15th, 2009
Un trésor constitué de 6kg d'or trouvé en Allemagne. L'or que l'on pense enterré fini toujours par refaire surface.

Un trésor constitué de 6kg d or trouvé en Allemagne. L or que l on pense bien enterré fini toujours par refaire surface.

Pour répondre à cette question, nous devons revenir au commencement de cette saga.
Tout au long de l’Histoire, l’or a joué deux rôles – décoratif et monétaire – qui se sont renforcés l’un l’autre. L’or conférait la puissance à cause de son indiscutable et indestructible beauté, mais cette puissance était d’autant plus grande que l’or acquérait plus d’importance en tant que monnaie.
Néanmoins les ferments qui allaient conduire à la perte finale par l’or de son statut de monnaie apparaissent très tôt dans cette histoire. L’innovation par inadvertance du papier-monnaie par Hien Tsung, au IXe siècle, était la première étape dans cette voie. Des substituts encore plus efficaces à la monnaie métallique apparurent ensuite au Moyen Age, avec l’usage croissant de la monnaie de crédit comme les lettres de change et le développement en parallèle des activités de banque. Dès le VIIe siècle, l’accélération de la croissance du commerce et de la production avait causé un besoin urgent et croissant pour du numéraire. Avec le temps, l’or se révéla plus un handicap qu’un instrument efficace pour conduire les affaires.

L’étalon-or qui surgit presque par accident au XIXe siècle reconnaissait explicitement ce glissement dans la fonction de l’or, qui passait moins fréquemment de main en main. Dorénavant la plus grande partie de l’or monétaire restait, au contraire, dans les chambres fortes des banques comme la garantie collatérale suprême pour les monnaies de papier et les dépôts bancaires employés dans les transactions commerciales et financières en pleine expansion. L’or était consacré comme l’étalon absolu et la protection inattaquable – la garantie que les politiciens ne déclencheraient pas des émeutes en créant des formes plus abstraites de monnaie et en provoquant une inflation sauvage comme cela avait été sí souvent le cas par le passé. En 1928, George Bernard Shaw, que l’on ne peut soupçonner de conservatisme, résuma parfaitement cette attitude dans son Guide du capitalisme et du socialisme à l’usage de la femme intelligente :  » Vous devez choisir entre mettre votre confiance dans la stabilité naturelle de l’or ou bien dans l’honnêteté et l’intelligence des membres du gouvernement. Et, sauf le respect dû à ces gentlemen, je vous conseille, tant que le système capitaliste fonctionne, de voter pour l’or. »

Même ce rôle central de l’or était condamné d’avance. L’impatience des hommes politiques était loin d’être la seule force qui conduirait finalement à l’enterrer. L’issue était écrite dans la magnitude et la complexité croissante des activités financières en général et du fonctionnement des gouvernements en particulier. Il apparaissait de plus en plus irrationnel de gérer un système financier global avec un métal dont les sources avaient été arbitrairement distribuées par la nature, les principales d’entre elles se trouvant dans des pays aux régimes aussi contestables que la Russie ou l’Afrique du Sud. L’or était devenu un anachronisme.
Mesurée à partir de 1870 jusqu’au moment, en 1971, où Richard Nixon a tranché le dernier lien avec l’or en tant qu’étalon et protection, la longévité de l’étalon-or n’a été qu’une fraction de celle du besant des Byzantins. Christophe Colomb, John Locke, David Ricardo et Montagu Norman auraient été bien étonnés de découvrir que leurs vérités éternelles n’étaient pas aussi éternelles qu’ils le pensaient.

Et pourtant nous ne pouvons pas être certains que cette saga touche à sa fin. En 1875, comme nous l’avons vu, l’économiste anglais distingué Stanley Jevons avait prévenu que  » les hommes sont tenus pour si peu responsables des dégâts qu’ils font à la monnaie que ce n’est pas une bonne chose de laisser sa gestion à leur entière discrétion « . Néanmoins, la gestion discrétionnaire est précisément le système que le monde a choisi à la place des contraintes imposées par l’or. Enfin libérés des entraves dorées, tous les pays du monde fonctionnent désormais avec des systèmes monétaires et des devises convertibles en rien d’autre que les devises d’autres pays, tout ceci effectué sans coût, en pressant simplement sur les touches d’un clavier d’ordinateur. Nous n’avons plus de monnaie pouvant être testée avec une pierre de touche pour déterminer si elle est authentique.

Beaucoup de gens pensent que le dollar est le liant qui maintient tout le système ensemble, comme le fit l’or dans le passé. Aujourd’hui, en d’autres termes, le dollar américain semble jouer le même rôle sur la scène internationale que celui joué par la livre britannique au XIXe siècle. Mais, après la Seconde Guerre mondiale, les réserves d’or de la Grande-Bretagne étaient depuis longtemps épuisées, et l’offre de livres sterling était tellement supérieure à leur demande que leur valeur plongea.
Le dollar n’est pas plus un métal que ne l’était le sterling ; et il n’est pas différent des devises des autres nations. Il se trouve simplement que c’est encore le rivet central du système au début du XXIe siècle. Aucun rivet central n’a jamais duré indéfiniment, pas même l’or.
L’idée est répandue que le dollar a fait la loi non seulement à cause de la formidable puissance économique de l’Amérique mais aussi grâce à l’extraordinaire savoir-faire des financiers qui se sont succédé à la barre de la banque centrale américaine – le système de Réserve fédérale. Un article de Floyd Norris dans le New York Times du 14 mai 1999 était intitulé « Qui a besoin de l’or quand nous avons Greenspan ? « . Ce titre reflétait une opinion largement partagée à notre époque.

Rappelons-nous l’observation de Benjamin Disraeli en 1895 : « Notre étalon-or n’est pas la cause, mais la conséquence de notre prospérité commerciale. « De la même manière, les banquiers centraux de tous les grands pays du monde apparaissaient peut-être compétents dans les années 1980 et 1990 car les conditions économiques de ces années les faisaient apparaître compétents. Il n’y avait pas de conflit international majeur risquant de déclencher l’inflation. Les poussées inflationnistes causées par l’État-providence avaient été étouffées par le démantèlement d’une partie des filets de protection sociale et par l’obsession de comprimer les déficits budgétaires, pas seulement aux États-Unis mais aussi en Europe, dans une bonne partie de l’Amérique latine, et en Asie. L’économie mondiale était férocement concurrentielle, et les entreprises américaines étaient les plus compétitives de toutes. Les réserves pétrolières connues pendant ces années étaient beaucoup plus importantes qu’au début des années 1970. Bref, à la fin du XXe siècle, aucune force irrésistible ne mettait à l’épreuve les réelles compétences des banquiers centraux ni ne secouait le dollar dans sa position dominante.

Rappelons-nous aussi les observations de Marco Polo sur la devise de Kublaï Khan :  » La production de la monnaie [de Kublaï Khan], écrivait-il, est organisée de telle sorte que l’on peut réellement dire qu’il a maîtrisé l’art de l’alchimie… La procédure d’émission est aussi formelle et officielle que s’il s’agissait de pur or ou argent… La monnaie est authentique… Cette monnaie, le Khan en possède de telles quantités qu’il pourrait s’il le voulait acheter tous les trésors du monde.  » Si Marco Polo était encore parmi nous, il ferait sans aucun doute observer la remarquable ressemblance entre le dollar américain et l’émission monétaire de Kublaï Khan. Pourtant, nous ne sommes pas plus assurés de la permanence de l’hégémonie du dollar que de la dominance passée du papier-monnaie de Kublaï Khan, des pennies d’Offa, du besant, du dinar, du ducat, ou de la livre sterling. Durant les périodes de fièvre inflationniste de la fin des années 1970 et du début des années 1980, les gens apeurés et même ceux qui s’y connaissaient se détournèrent des dollars pour aller vers l’or. Dans les périodes inévitables où de telles turbulences réapparaîtront, l’Histoire pourrait bien se répéter elle-même. Les marchés de l’or sont développés et actifs.

Ainsi que Robert Mundell, lauréat du Nobel d’économie 1999, le fit remarquer en recevant son prix à Stockholm, « la chose principale qui fait défaut aujourd’hui est une monnaie universelle, un étalon de valeur, le lien entre le passé et le futur, et le ciment qui relie les différentes communautés humaines éloignées les unes des autres « . Il poursuivit en rappelant à son audience que l’or avait rempli ce rôle depuis l’époque d’Auguste jusqu’en 1914 et que « l’absence de l’or comme élément intrinsèque de notre système monétaire aujourd’hui rend, à cet égard, notre siècle – celui qui vient juste de s’écouler – unique depuis plusieurs milliers d’années « . Mundell exprime sa thèse avec emphase, mais l’absence de monnaie universelle continuera d’être une plaie pour l’économie mondiale tant que le problème ne sera pas résolu.
En mars 1997, bien avant de savoir qu’il serait un jour honoré par l’Académie suédoise, Mundell avait fait la prédiction suivante :  » L’or sera un élément du système monétaire international au XXIe siècle.  » C’était une déclaration audacieuse et sujette à controverse, inquiétante aussi. L’or sera peut-être de nouveau la protection ultime dans une période chaotique. Le retour de l’or à son rôle traditionnel de monnaie universelle est, cependant, peu probable, sauf si le dollar, l’euro et le yen cessaient tous les trois d’être des moyens de paiements acceptés internationalement.

L’histoire de l’or contient un enseignement plus profond, qui n’est pas rattaché aux qualités éphémères de ce que nous choisissons comme monnaie. Dans un sens plus général, l’histoire de l’or n’a pas de fin.
L’aspect le plus frappant de cette longue histoire est que l’or a fait trébucher la plupart des protagonistes du drame. Les uns après les autres, les personnages se sont comportés comme le voyageur de Ruskin qui s’est noyé agrippé à son or, et ils ont découvert trop tard que c’était l’or qui les possédait. Midas, Jason, Crésus, les empereurs byzantins, les survivants de la Grande Peste, Pizarre et son empereur Charles Quint, MacArthur le chimiste, Montagu Normaiì et Benjamin Strong, Charles de Gaulle et les fanatiques de l’or des années 1980 – tous étaient habités par l’obsession de l’or, mais ils étaient à la poursuite d’une illusion. Aucun ne connut le destin qu’il espérait.

Ceux qui pensaient que l’or était une protection contre les incertitudes de la vie ne comprenaient pas que la quête de l’éternité ne peut pas être satisfaite avec de l’or, ou par tout autre substitut : les dollars, les euros, ou ce que vous voudrez. L’or en tant que fin est absurde. La thésaurisation ne crée pas la richesse. L’or et ses substituts n’ont de sens qu’en tant que moyen : pour embellir, pour décorer, pour échanger contre ce dont nous avons besoin et que nous voulons réellement.
Peut-être que les héros les plus sages de notre histoire étaient les simples habitants de Jenné et de Tombouctou qui échangeaient dans le silence l’or contre le précieux sel dont ils avaient besoin pour vivre.

Extrait de l’ouvrage de Peter L. Bernstein « Le pouvoir de l’or : Histoire d’une obsession »

D’autres articles LORetLARGENT.info à propos de l’histoire de l’or :

  • La ruée vers l’or de Californie – Histoire de l’or (4)
  • Une pépite de 7 kilos comme butoir de porte – Histoire de l’or (3)
  • Le vendredi noir du 24 septembre 1869 ou le scandale Fisk & Gould – Histoire
    de l’or (2)
  • Des humains et de l’or – Histoire de l’or (1)
  • Adversaires et défenseurs de l’or aux XIXème et XXème siècles
  • Les pièces de monnaie d’or et d’argent. D’abord un objet avec du sens.

    Lundi, juin 15th, 2009
    Pièces d'or 40F - Bonaparte premier consul

    Pièces d or 40F - Bonaparte Premier Consul

    Nous vous avons parlé de l’intérêt des pièces d’or comme assurance lors de période de crise. Nous avons aussi évoqué l’effet de levier que représente la prime, surclassant ainsi tous les investissements dans l’or physique connus. Bref, nous vous en avons parlé comme un placement, comme votre banquier pourrait vous détailler les avantages d’un tracker Lyxor gold, les belles photos en plus. Il ne manquerait plus que l’on voit un jour sur ce site une analyse graphique de l’évolution de la prime du napoléon. Même si pour l’instant nous gardons pour nous ce genre d’analyse, il est probable que cela arrive prochainement. Mais franchement ce ne serait pas rendre tous les honneurs qui sont dues à ces petits morceaux de métal. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une monnaie ancienne d’or, d’argent, ou bien même d’un vil métal, reste avant tout un objet avec du sens.

    Patrice de la Perrière et Pierre Colombani nous en parlent avec toute la passion des numismates qu’ils furent.

    La monnaie se rattache à l’histoire de la ville, de la province, de l’État par lequel elle a été frappée. Elle est une de ses composantes. Elle en subit directement les fluctuations. Archaïque et grossière à ses débuts, indiquant ainsi le manque d’assurance, elle s’affine, s’équilibre,  » s’anoblit « , ses formes devenant plus élégantes, voire plus fonctionnelles, quand la cité devient plus puissante ; son esthétique s’améliore pour rivaliser avec le monnayage des cités voisines ou des États rivaux. Avec orgueil, elle porte sur ses flans le visage de ses héros, de ses rois, de ses dieux. Elle y célèbre ses victoires, ses armées, parfois ses passions (le quadrige représenté sur les monnaies de Syracuse indiquait le vif intérêt des Syracusains pour les courses de chevaux), ses emblèmes, ses symboles, clairs ou ésotériques.
    Certains empereurs ou tyrans ne sont représentés que sur quelques monnaies et pendant une courte période, montrant ainsi, soit la brièveté d’un règne, soit la haine tenace de leur successeur. Inscriptions et types monétaires ont une fonction de propagande. L’effigie de l’empereur peut être représentée sur les monnaies des décennies après sa mort, et cela dans des villes, des pays très distants.
    Que le poids des monnaies d’or et d’argent s’amenuise indique les difficultés d’un roi, d’une cité, l’inflation n’étant pas, hélas ! un phénomène de notre époque. Quels meilleurs témoignages d’une civilisation peut-on trouver ?

    Mais une monnaie d’or ou d’argent, ce n’est pas qu’une histoire, c’est aussi le plaisir de posséder une œuvre d’art.
    Pour le passionné de formes, d’esthétique, la monnaie présente les mêmes caractéristiques d’unité, d’équilibre des volumes, de stylisation, ou encore de maniérisme, voire d’abstraction, qu’un tableau, une statue, un bijou…
    Les villes, les rois, les tyrans faisaient appel aux meilleurs artistes, aux graveurs les plus célèbres pour illustrer leur monnayage. Que ce soit un Kymon, ou un Evainète, dans le monde grec, un Warin sous la royauté française. Les monnaies issues de notre Moyen Âge témoignent avec orgueil de la magnificence de l’art gothique et de l’extrême richesse de la cour de France. Elles nous retracent les préoccupations esthétiques et la recherche artistique d’une période, ce document exceptionnel s’insérant parfaitement dans le panorama d’un règne, d’une civilisation.

    Pour finir, une monnaie c’est le caractère fascinant de l’objet usuel. Une monnaie n’est pas créée pour le seul plaisir de la décoration, mais pour un usage très concret. Passée de main en main, elle a été caressée, appréciée, désirée, perdue, cachée par ses lointains possesseurs. Ces civilisations dont nous sommes issus et dont nous dépendons constituent notre patrimoine artistique, toute notre histoire. Elles les ont laissées en témoignage.

    Le système honnête d’avant 14

    Lundi, juin 8th, 2009

    Les banques centrales des divers pays détenaient de l’or dans leurs coffres. L’or était utilisé pour soutenir les devises papier. Si un pays dépensait trop en produits externes, sa devise fuyait vers des pays étrangers. Elle revenait en paiement de biens ou de services fournis par le pays d’accueil. En cas de déséquilibre — c’est-à-dire lorsqu’un pays étranger se retrouvait avec plus de la devise d’un autre pays qu’il ne pouvait en dépenser en biens et services de ce pays –, le surplus qui en résultait était présenté à la banque centrale pour être remplacé par de l’or. Les déséquilibres de tous les pays étaient réglés dans la seule chose qu’aucun d’entre eux ne pouvait imprimer ou contrefaire : l’or. Si une nation accumulait un déficit commercial persistant, elle se voyait retirer son or.

    Cela encourageait la banque centrale à faire quelque chose pour le protéger. En général, les taux d’intérêt grimpaient, ce qui avait pour effet de récompenser l’épargne et de décourager le flux de fonds vers l’extérieur.

    Le système était net. Il était honnête.

    Par Bill Bonner – Chronique Agora

    Fonction protectrice de l’or

    Lundi, juin 8th, 2009

    On connait la valeur interne de l’or, on reconnait son caractère de valeur refuge, mais le connaissez-vous comme valeur protectrice ? En effet, on attribue aussi à l’or la faculté de mettre son propriétaire à l’abri de mesures arbitraires des gouvernements. On pense alors aussi bien à se protéger de la dévalorisation intérieure de la monnaie par suite des augmentations de prix (affaiblissement du pouvoir d’achat) qu’à se défendre des conséquences d’une dégradation extérieure de la monnaie, par exemple sous la forme d’une dévaluation. Dans ce contexte on rappelle le plus souvent les expériences vécues en France où les dévaluations successives après la Seconde Guerre Mondiale auraient fait subir à la population des pertes de fortune beaucoup plus importante si elle n’avait pas thésaurisé l’or dans de telles proportions.

    Paroles d’un visionnaire

    Lundi, juin 8th, 2009

    Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques  priveront les gens de  toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession,  jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis”

    Thomas Jefferson (1802)
    troisième président des États-Unis d’Amérique de 1801 à 1809

    Monnaie, or et liberté

    Dimanche, juin 7th, 2009

    L’or a longtemps servi de monnaie, mais plus aujourd’hui. Investir dans l’or ne fait pas de ce métal une monnaie. Qu’est-ce que la monnaie? Une monnaie qui sert aux transactions quotidiennes n’a pas à être métallique. La forme qu’elle prend a moins d’importance que le métal dont elle constitue une réclamation. La monnaie, telle qu’elle se présente aujourd’hui, sans contrepartie métallique, constitue une fraude incommensurable. Celle-ci ne pourra se poursuivre longtemps sans entraîner de graves conséquences. Tâchons d’y voir plus clair (…)

    Lire la suite de cet article de André Dorais.

    Les français vendent leur or

    Mercredi, juin 3rd, 2009

    Parmi les moyens que les Français ont trouvés pour avoir plus d’argent, il y en a un qui est de plus en plus courant, c’est de vendre une partie de ses biens personnels. Certains se débarrassent de leurs vêtements, d’autres de leurs meubles, mais ce qui se vend le mieux en ce moment, c’est l’or. L’or qui, en temps de crise, est une valeur-refuge dont le cours a littéralement explosé. On ne le sait pas toujours, mais en France les familles possèdent beaucoup d’or, qu’il s’agisse de bijoux ou de pièces de monnaie. Mais alors qui est vraiment prêt à racheter vos trésors de famille et quel prix pouvez-vous en tirer ? C’est une enquête de Stéphane Leroux pour M6.

    Les journées de travail de Serge Navarro commencent toujours au même endroit, face au distributeur de billets. Six retraits, 500 € à chaque fois et en petites coupures. Son objectif, comme tous les jours, dépenser au moins 3000 € avant le coucher du soleil. Serge est pressé.

    Ce matin, il a un rendez-vous très important dans le sud de la France. Ça se passe dans un bureau de tabac. Salut rapide à la patronne, Serge est attendu ici comme le loup blanc. Cela fait une heure que ces clientes patientent et toutes ont dans leurs mains quelque chose de très personnel à lui montrer. Ce sont des pièces de collection ou de vieux bijoux et à condition que ce soit bien de l’or, Serge rachète tout, rubis sur l’ongle. Résultat, toutes les clientes repartent avec quelques dizaines voire quelques centaines d’euros.

    Revendre son or de famille pour augmenter son pouvoir d’achat, c’est devenu un réflexe de plus en plus courant. Car avec la crise, le métal jaune n’a jamais eu autant la cote. Longtemps planqué derrière des portes blindées, l’or refait surface en pièces, en bijoux, en lingots et même sur les maillots de bain. De l’Inde à la Chine, en passant par les Émirats arabes, la demande en or explose. On en vend même dans les rues, car c’est devenu la valeur-refuge en ces temps de crise. Avec la faillite des banques, la valeur du métal précieux a doublé et atteint des sommets, plus de 20 000 € le kilo. C’est deux fois plus cher qu’il y a cinq ans, le problème c’est que pour fabriquer tous ces lingots, les fonderies ont besoin de nouveaux arrivages. La production des mines ne suffit plus et désormais les chercheurs d’or ont trouvé un nouveau filon, vos bijoux de famille.

    En France, dans les journaux, des publicités se multiplient, elles vous promettent toutes des paiements cash, de l’argent facile. Alors, de la montre à gousset de pépé à l’alliance de votre ex-femme, que valent réellement vos trésors de famille ? Et qui sont les professionnels qui en tirent profit ?

    Lorsqu’on cherche à se faire un peu d’argent avec ses bijoux de famille, le plus dur ce n’est pas de s’en séparer, mais de savoir à quel prix les vendre. Et à Strasbourg comme ailleurs, c’est dans ce genre de petites boutiques très discrètes, que se trouve la réponse. Nous sommes chez Thierry Kostik, un négociant en métaux précieux. En dix ans d’activité, il n’avait jamais vu autant de monde dans ses murs.

    Six jours sur sept, les clients défilent. La plupart vont vendre des bijoux, boucles d’oreilles dépareillées, bagues, colliers, broches, tout se négocie et parfois, certains arrivent avec beaucoup plus en poche. Des trésors.

    Ce monsieur, par exemple, il a un grand projet familial, mais pas assez d’argent pour le réaliser. En revanche, il a apporté avec lui quelque chose qui pourrait bien le tirer d’affaire. La solution à son problème d’argent tient peut-être dans cette petite boîte en bois. Il y a là quelques bijoux précieux, mais aussi des pièces d’or venues de toute l’Europe et parfois très anciennes.

    « Cette pièce-là est une pièce très intéressante d’Alfred Herzog, c’est une très bonne monnaie. C’est une pièce frappée en peu d’exemplaires de 1893. »
    En plus du précieux Herzog, Monsieur possède plus de 150 pièces et pour couronner le tout, il a même un lingot d’un kilo. Un trésor amassé par sa famille pendant plus d’un siècle et conservé précieusement en cas de coup dur.

    « Elles viennent d’où toutes ces pièces ?

    J’ai du côté de mon père des gens qui étaient la génération de la guerre, mais ici dans la région, c’était assez spécial aussi. Avoir une pièce d’or ou un lingot, c’était la sécurité. »

    Une fois l’expertise passée, il reste à Thierry Kostik à fixer le prix de la marchandise que lui apportent les clients, à commencer par les bijoux. Pour cela, Thierry suit en direct les cours de l’or sur son ordinateur. Comme pour les actions, le métal précieux s’échange sur les plus grandes places boursières du monde. Ce jour-là par exemple, sa cote officielle est de 23,53 € le gramme, mais étrangement ce n’est pas le prix que le marchand propose à ses clients.

    Explication : 23,53 € le gramme, c’est le prix de l’or pur à 100 %, le plus précieux, l’or 24 carats, comme le lingot par exemple. Mais beaucoup l’ignorent, les bijoux sont en fait composés d’un alliage avec seulement 75 % d’or pur. On parle alors d’or 18 carats. Évidemment, le prix au gramme n’est pas la même.

    Comme il n’y a que 75 % d’or, le prix d’un gramme de bijoux passe donc de 23,53 € à 17,60 €. Là-dessus, il faut encore enlever la taxe de l’État, les différents frais de Thierry et bien sûr sa commission. Résultat, le prix qu’il est prêt à payer à ses clients pour leurs bijoux est de 14,10 € le gramme. On est bien loin de la cote officielle. Cela dit, pour ces bracelets, il y en a tout de même pour près de 700 €. Ajoutés à ces pièces rares et son lingot, ce client va décrocher le jackpot. En moins de vingt minutes, Thierry lui fait une proposition a priori difficile à refuser :

    « 49 056,93 nets payés en chèque immédiatement. Maintenant, la décision vous appartient.
    Je ressors ici avec la somme en chèque. »

    Immédiatement, sans discuter.

    C’est très bien. On peut y aller. Je ne m’attendais pas à ce que j’obtienne un chèque de ce montant-là, c’est sûr.

    Voilà votre chèque. »

    49 000 € payés sur-le-champ, c’est beaucoup d’argent, mais pour Thierry, l’affaire vaut le coup. L’or est rare sur Terre et en ce moment, tout le monde en veut. Les tarifs explosent, Thierry peut donc revendre immédiatement tout le métal jaune qu’il achète en faisant au passage un bon bénéfice. Pour s’en rendre compte, il suffit de passer dans la pièce d’à côté.

    Alexia, la femme de Thierry, reçoit un client comme elle en voit de plus en plus depuis le début de la crise. Un client qui n’a plus confiance en sa banque et qui cherche à placer son argent dans une valeur sûre, le lingot d’or. Et voilà ce que devient une partie des bijoux que Thierry rachète, il les revend sous forme de lingots. Et entre les deux, le prix a beaucoup grimpé.

    Souvenez-vous, il rachète les bijoux en or en ce moment autour de 14 € le gramme, ces bijoux sont ensuite envoyés dans une fonderie, mais pour fabriquer un lingot d’un kilo, il faut bien plus qu’un kilo de bijoux. Car dans toutes ces bagues et ces bracelets, il y a des alliages qui partent à la poubelle au moment de la fonte. Il y a aussi une petite déperdition due à l’opération de fusion. Au final, il lui faut près d’un kilo et demi de bijoux pour fabriquer un lingot d’un kilo qu’il va pouvoir revendre sur la base de 23 € le gramme. À ce tarif, la vente d’un lingot d’or lui rapporte 3500 € de bénéfices et pas besoin de pousser le client pour qu’il achète.

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    La transaction est conclue, le client recevra son lingot dans une semaine. Ajouté à la commission de Thierry Kostik, ce kilo d’or lui revient donc à plus de 24 000 €. Un gros chèque, de quoi donner le sourire au patron. Avec toute cette folie autour de l’or, le chiffre d’affaires de Thierry Kostik a bondi de 30 % cette année. Avec sa femme, ils touchent à eux deux plus de 7 000 € nets par mois. Un commerce rentable qui attise de plus en plus d’appétit. Sur ce marché, tout l’enjeu est d’être le premier à vous racheter votre or. Du coup, à côté des boutiques classiques comme celle de Thierry, de nouveaux acheteurs sont apparus et leurs techniques, elles, n’ont plus rien de traditionnel.

    Carpentras dans le sud de la France, 28 000 habitants et certainement beaucoup d’or caché sous les matelas. Et pour mettre la main dessus, il y a déjà du monde sur les rangs, une dizaine de bijouteries qui se mettent toutes à racheter de l’or.

    Il y a même une boutique spécialisée comme celle de Thierry Kostik, une concurrence rude qu’un homme compte bien casser. C’est Serge Navarro, notre chercheur d’or. Il vient d’arriver en ville et tout de suite, il a l’œil.

    « Il y a un petit marché, c’est le vendredi, il faudra le noter. C’est toujours intéressant parce qu’il y a les habitants des petits villages voisins qui viennent sur Carpentras ce jour-là, ça serait intéressant de faire une animation le jour où il y a le marché. Les gens viennent acheter leurs légumes et après ils viennent me vendre leur or ou avant, comme ça ils peuvent acheter plus de légumes. »

    Serge Navarro, c’est un malin. Ancien VRP dans les cosmétiques, il est aujourd’hui un des 40 commerciaux de VPO, une société spécialisée dans le rachat d’or partout en France. Contrairement à Thierry Kostik, Serge, lui, n’a pas de boutique. C’est un acheteur itinérant. Dans chaque ville traversée, sa mission est de trouver un commerce qui voudra bien l’accueillir. Un commerce si possible où il y ait du passage. Pour ça, l’idéal, c’est le bureau de tabac.

    Le problème de Serge est que son métier ne parle à personne. Alors, plutôt que de longs discours, Serge fait tout de suite une démo, à la limite d’en faire trop, jusqu’à se croire déjà comme chez lui. Le résultat, trois fois sur quatre, sa petite technique ne fonctionne pas.

    Pas question d’insister pour Serge Navarro, il n’a que trois jours par mois pour trouver des partenaires dans une dizaine de villes. Alors pour ne pas perdre de temps, il utilise toujours la même méthode et lorsque le poisson commence à mordre, Serge a un argument imparable pour le ferrer : l’argent.

    « Qu’est-ce que je gagne ?

    Je vous explique : je travaille pendant deux jours, vous allez toucher sur le montant des achats directs et indirects, 10 % nets, c’est-à-dire que si je fais 3400 € d’achat chez vous, vous allez toucher 340 €. »

    Gagner de l’argent sans rien faire, l’argument semble plaire à madame. Le contrat est simple, ils doivent juste accueillir Serge deux jours tous les trois mois. Serge n’a pas beaucoup de temps alors il n’hésite pas à leur forcer un peu la main.

    « Pourquoi ça vous intéresse Madame ?

    Là, on fait des choses, on a des gens qui viennent. C’est sympa d’avoir une animation. En plus, à Carpentras, il n’y a pas grand-chose. »

    En vingt minutes, l’affaire est conclue.

    Serge reviendra ici pour acheter de l’or d’ici deux mois. Des contrats comme celui-ci, il en a signé 150 en deux ans, un record dans la boîte.
    Ne pas avoir de boutique propre et pouvoir s’installer n’importe où pour quelques jours seulement, c’est l’un des secrets de son business. Mais pour que ce soit vraiment rentable, il y a une autre condition. Le commercial doit racheter l’or au plus bas prix possible. Alors à chaque fois, il met le paquet.

    Ce matin, l’opération vient de commencer chez un buraliste d’Arles, les clientes font déjà la queue. Toutes ont raclé leurs fonds de tiroir pour y trouver une vieille médaille de communion ou une gourmette et espèrent bien gagner un peu d’argent. Serge va leur racheter leur or à 8,20 € le gramme, c’est le tarif décidé par son patron.

    8,20 € le gramme, c’est tout de même 40 % de moins que le prix proposé par Thierry Kostik ce même jour dans sa boutique à Strasbourg. Malgré ce tarif peu compétitif, Serge a du succès. Son truc, c’est de laisser penser aux clientes qu’elles font toujours une bonne affaire.

    La tactique de Serge fonctionne parfaitement, les clientes ne négocient pratiquement jamais. Car dans 90 % des cas, elles n’ont tout simplement aucune idée du cours de l’or.

    « Ça sera 115 € pour vous.

    Je ne pensais pas en arriver à ce prix-là »

    115 €, en réalité ce n’est pas le meilleur prix. Si cette dame s’était rendue chez le bijoutier du coin ce jour-là, elle aurait récupéré 20 % de plus. Un manque à gagner important pour elle, qui vit avec le RMI.

    « Je ne touche que 395 euros chaque mois. Ça me permettra de souffler un petit peu.

    Pourquoi vous n’avez pas cherché à vendre ce bijou ailleurs ?

    Je ne sais pas, parce que je n’y ai jamais pensé peut-être. »

    Avec un argumentaire et des méthodes publicitaires bien rodés, la société parvient même à fidéliser ses clients. En moyenne, un sur quatre reviendrait régulièrement vendre son or. Des opérations comme celles-ci, Serge en fait une centaine par an. Il est aujourd’hui le meilleur commercial du groupe et son salaire est en conséquence, jusqu’à 5 000 € nets par mois, c’est deux fois le revenu normal d’un VRP.

    Après chaque opération, Serge retrouve une chambre d’hôtel. Il y a encore deux ans, ce représentant de 54 ans était au chômage. Depuis, il a relancé sa carrière avec le rachat d’or. Les bonnes semaines, Serge parvient à récolter jusqu’à quatre kilos de métal précieux. Et pour lui, peu importe que ses bijoux n’aient pas été rachetés au meilleur prix du marché. Au contraire, il est persuadé de rendre un service aux familles.

    Serge ne garde jamais l’or avec lui. Chaque soir, il l’expédie à son employeur et surprise, les bijoux et les pièces rachetés à travers toute la France vont quitter le pays, car celui qui les attend impatiemment se trouve à l’étranger, en Allemagne.

    À deux heures de route de Strasbourg, une zone industrielle avec, au milieu, un bâtiment discret. Dans le business de l’or, la première règle c’est la sécurité.

    Roland Martin est le patron de Serge Navarro. C’est dans ces bureaux qu’arrive tout l’or récolté en France par ses commerciaux.

    « Ce que vous voyez ici, c’est si vous voulez la présentation germanique et la présentation française. » Il y a même les fameuses tantes de rachat d’or version originale et bien sûr en version française. Quatre femmes trient, ici, toute la journée les paquets d’or arrivés de toute Europe.
    « Et ça arrive d’où ?
    C’est une action qui a été faite à Marseille.
    Vous avez racheté pour combien ?
    Sur cette action, il y en a eu pour 5128,11 €. »

    Roland Martin a eu l’idée de s’attaquer au marché français il y a cinq ans. Pour acheter cet or, il a embauché en France une quarantaine de commerciaux, un bataillon deux fois moins important qu’en Allemagne et pourtant, c’est en France que la société réalise aujourd’hui ses meilleurs chiffres.

    « La France est un pays fascinant, c’est peut-être le plus beau pays du monde.

    Et où il y a de l’or sous les matelas.

    Ou dans des sacs de mayonnaise. J’ai vu des fermières arriver chez moi avec des sacs, qui me proposaient des pièces de plusieurs générations. On voyait les âges et c’était pour acheter un tracteur. Donc c’est quelque chose que vous ne trouvez vraiment pas en Allemagne. L’Allemand a toujours eu le deutsche mark, il lui faisait confiance. Le Français faisait confiance à son louis d’or. »

    Et Roland n’est pas difficile sur la marchandise, des couronnes du vieil oncle, au dentier de mémé, il achète tout ce qui brille, à condition que ce soit bien de l’or.

    Si Roland fait tout pour acheter un maximum de bijoux et de pièces, c’est parce qu’il a de très gros clients qui lui rachètent son métal précieux et au prix fort. Ce ne sont pas des particuliers qui voudraient faire un placement, mais des industriels qui ont besoin d’or pour fabriquer par exemple des puces électroniques, des pièces informatiques ou encore des prothèses dentaires. Bref, de gros consommateurs.

    Alors, pour les fournir plus rapidement, Roland a mis en place sa propre fonderie. C’est la zone la plus sécurisée de la société. Derrière cette porte, il y a l’homme qui fait gagner des millions à l’entreprise.
    Quand il est là-dedans, il est le seul qui peut entrer ou ouvrir. Là, vous pouvez essayer de lui mettre un revolver, ça ne va pas l’impressionner, même pas un bazooka.

    Chaque jour, ce grand gaillard au look de forgeron s’isole ici pour fondre des centaines de bijoux. Ils sont jetés dans un four chauffé à 1500 degrés, puis le métal en fusion est versé dans un moule et pas question d’en laisser une goutte. En quelques minutes, tous les bijoux ont été transformés en ce cake grisâtre, de l’or 18 carats. Mais comme il est encore brûlant, le fondeur va brusquement le plonger dans un bain d’eau froide. Une fois refroidi, ce bloc d’or va pouvoir être revendu à des industriels.

    Ce genre d’opération assure une marge confortable à la société de Roland Martin. Comme par exemple avec ce petit lingot de 430 g. Pour le fabriquer, Roland Martin a acheté pour environ 3000 € de bijoux, il devrait à l’arrivée en tirer le double, 6 000 €, soit 3000 € de marge brute. Il doit bien sûr payer toutes ses charges et ses employés. Au final, il en tire quand même une somme rondelette.

    « Combien ça vous rapporte, ça ?

    Je vais gagner là-dessus 800 € en net et puis je paye les impôts. Les impôts d’entreprise en Allemagne sont de 53 % plus élevés qu’en France. On gagne bien notre vie, mais on ne devient pas millionnaire d’un jour à l’autre. »

    Avec la crise financière qui s’annonce durable, le cours de l’or ne devrait pas chuter de sitôt. Pour la première fois cette année, la société de Roland Martin affirme qu’elle devrait réaliser près de 8 % de bénéfices nets.

    Emission CAPITAL sur M6 du 26 avril 2009 – Transcription ABW

    50 pesos Centenario : la pièce d’or mexicaine top model.

    Lundi, juin 1st, 2009
    Avers

    Revers de la pièce mexicaine de 50 Pesos, la Centenario. Représentation de la Victoire Ailée.

    Aujourd’hui méconnue du grand public français (elle était très prisée dans les années 70), la pièce mexicaine a pourtant plus d’une corde à son arc : grande valeur esthétique, tirage important (mais terminé), forte valeur historique et prime très peu élevée voire nulle… Autant de raisons qui font d’elle un bon placement si vous souhaitez investir dans les pièces d’or pour le long terme.

    Commençons par ses caractéristiques. Ce qui frappe tout d’abord, c’est la beauté de la pièce. Ensuite elle est 20% plus grande que l’Eagle d’une once, sa sœur américaine. Cela fait d’elle une pièce de grande taille, une pièce « bullion ». Elle est composée de 37,5 grammes d’or pur sur un total de 41,7 grammes (elle titre à 900 °/oo, soit 90% d’or et 10% cuivre pour assurer la solidité de la pièce).

    Le motif de la Victoire Ailée fait de la 50 Pesos Centenario l’une des plus belles pièces au monde.

    Pour le décrire, une petite leçon d’histoire s’impose : En 1910, le Mexique fête le centenaire du début de la guerre d’indépendance avec l’Espagne. Lors de cette commémoration, on érige une immense colonne d’or et de bronze en plein centre de Mexico, au sommet de laquelle domine « El Angel de la Independancia », l’Ange de l’Indépendance. L’ange représente Athéna Niké (« Athéna qui apporte la victoire »), la déesse ailée grecque bien connue.

    Située sur le revers de la pièce, elle tient dans sa main droite une couronne de laurier, bien connue pour être symbole de victoire, tandis que dans sa main gauche se trouve une chaîne brisée, symbole de liberté, avec en fond deux célèbres volcans mexicains, Popocatépetl et Ixtaccihuatl. Précisons que la date située en bas à droite de la pièce est le millésime de la pièce tandis que 1821 correspond à la date de l’indépendance.

    Sur l’avers, on trouve les armoiries nationales, à savoir un aigle perché sur un cactus dévorant un serpent.

    Quant à la tranche, nous y lisons « INDEPENDENCIA Y LIBERTAD »

    Gravée par l’artiste Emilio del Moral, elle a été tirée dès 1921 par la Casa de Moneda de Mexico pour le centenaire de l’Indépendance (d’où l’appelation de 50 Pesos « Centenario »), la pièce de 50pesos rend donc hommage à l’indépendance du Mexique.

    La pièce en chiffres.

    La pièce pèse environ 41.7 grammes, mesure 37.1mm de diamètre et contient comme dit précédemment 37.5 grammes d’or pur (soit 1,2057 oz) . Elle arbore de plus une jolie couleur cuivrée.
    Plus de 12 millions de pièces ont été frappées entre 1921 et 1972. La plus grande partie est datée de 1947 mais essentiellement en raison d’une refrappe de 3 975 654 pièces entre 1949 et 1972. Seules 309 000 pièces ont réellement été tirées en 1947. Les pièces refrappées et millésimées 1947 sont toujours de très bonne qualité, mais les pièces des millésimes antérieurs sont parfois plus chères car plus rares.

    Il faut noter aussi l’existence d’un type millésimé 1943, tiré à 89 000 exemplaires, d’un diamètre supérieur avec 39 mm mais d’un poids identique. Rare !

    La pièce rencontre encore aujourd’hui un grand succès dans le monde hispanique, en Espagne et en Amérique Latine principalement. L’ascension du Kruggerand au cours de ces dernières années a cependant quelque peu éclipsé l’attrait des autres investisseurs pour la pièce de 50 pesos.

    Tirage de la pièce d'or mexicaine de 50 Pesos

    Tirage de la pièce d'or mexicaine de 50 Pesos

    Un choix de placement sur le long terme

    Même si le différentiel de prime est très faible sur cette pièce, elle constitue aujourd’hui un choix judicieux pour l’investisseur en pièces d’or sur le long terme. En effet, c’est l’une des pièces qui offre la plus faible prime et permet ainsi de se positionner dans l’or quasiment au cours du jour. Il est évident qu’en cas de crise grave, même la prime de cette pièce s’envolerait, plus particulièrement dans les pays hispaniques. Contrairement au Krugerrand, le tirage des 50 Pesos a cessé et la pièce sera nécessairement un jour confrontée à la rareté.
    Pour l’achat, évitez les transactions directes auprès des particuliers car cette pièce a été largement copiée et de nombreux faux, souvent grossiers, circulent.

    Acheter des 50pesos aujourd’hui pour les revendre lorsque la prime aura grimpé peut s’avérer donc très judicieux, il faut juste être très patient et ne pas acheter auprès de n’importe qui.

    Lors de vos achats de pièces d’or, diversifiez-vous et n’oubliez pas la 50 Pesos Centenario, elle a tout pour plaire.

    Le Saviez-Vous ?

    Lorsque les américains ont recouvré le droit de posséder de l’or le 31 décembre 1974, la pièce de 50pesos mexicains est rapidement devenu l’un des porte-drapeaux de l’industrie de l’or physique. Le Krugerrand n’était alors pas encore suffisamment connu.
    Beaucoup d’échanges commerciaux entre le Mexique et les Etats-Unis se réalisaient ainsi en pièces d’or. Ces transactions dorées ont aujourd’hui disparues mais qui sait, peut-être qu’un jour le vert ne sera plus tendance…

    Anaïs Bourdon

    Revers de la pièce d'or de 50 Pesos du Mexique.

    Avers de la pièce d'or du Mexique de 50 Pesos . Le revers représente les armoiries nationales, un aigle perché sur un cactus dévorant un serpent.

    20 Dollars « Double Eagle » Liberty de Longacre

    Lundi, juin 1st, 2009

    La Double Eagle Liberty de Longacre. La première pièce de 20 dollars américaine

    L’histoire de la Ruée vers l’or est bien connue (cliquez pour lire notre dossier à ce propos). Quelques pépites trouvées en 1848 dans un ruisseau de montagne à Coloma (Sutter’s Mill) déclenchèrent une poussée mondiale vers les champs aurifères de Californie. Dans la seule année 1849, plus de cent mille personnes arrivèrent à la recherche de l’or.

    Le flot d’or de Californie bouleversa le marché mondial du métal. Le prix de l’argent par rapport à l’or augmenta à tel point qu’il devint fructueux de refondre les pièces d’argent pour leur seule valeur en lingots. Afin de remplacer ces pièces d’argent, qui disparaissaient rapidement, la frappe de dollars d’or fut autorisée en 1849. On autorisa même l’émission d’une pièce plus importante, celle de vingt dollars d’or et la frappe effective commença en 1850. C’est que la Monnaie recevait d’énormes quantités d’or, et il était plus facile et moins coûteux d’émettre une grosse pièce que de nombreuses petites pour la même valeur. En quatre-vingt-quatre années de production, on fabriqua près de 175 millions de pièces de vingt dollars, avec une valeur faciale totale de 3 milliards et demi de dollars.

    Revers de la pièce de 20 dollars Liberty Twenty Dollars Double Eagle

    Ces deux nouvelles pièces, dessinées par James B. Longacre, dont l’initiale L apparaît à la coupure du buste, portaient les types habituels : la tête de la Liberté et l’aigle. (Longacre fut ainsi le premier graveur dont l’identité fut précisée de cette manière sur une pièce d’or américaine.) Une tête analogue de la Liberté, dessinée par Christian Gobrecht était déjà entrée en usage en 1838, lorsqu’on réintroduisit la pièce de dix dollars; en 1839 elle fut représentée sur celle de cinq dollars et en 1840 sur celle de deux dollars et demi.

    Le vingt dollars Liberty Longacre en chiffres.

    Cette pièce fait 34 mm de diamètre et 33, 4370 grammes. Le titre est de 900 °/oo (pour 1000 g., on aurait 900 g. d’or et 100 g. de cuivre, le métal vil nécessaire à la bonne tenue de la pièce). Lorsque vous souhaitez calculer le poids en or d’une pièce (notamment pour connaitre la prime), il vous faut donc faire 33,44 * 900/1000 = 30,1 grammes d’or pur.

    Autres articles à visiter :
    Les pièces d’or américaines : le 20 dollars Liberty de Saint-Gaudens
    Les pièces d’or américaines : le dix dollars Indien de Saint-Gaudens

    Article de Burton Hobson

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    Réflexions
    " Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "