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84% des auto-entrepreneurs ne gagnent pas assez pour vivre


Depuis quelques mois, on lit un peu partout que la baisse du travail salarié pourrait être compensé par l’entrepreneuriat. Et même les politiques, de droite comme de gauche, y voient de plus en plus ouvertement une solution au chômage. Mais la réalité est un peu moins rose que ce qu’on veut bien nous faire croire.

Chaque année, le ministère de l’Économie  et des Finances met à la disposition du public des statistiques nationales sur les déclarations de revenus des Français, qu’ils soient salariés, retraités, chômeurs ou entrepreneurs redevables de l’impôt sur le revenu. Ces chiffres permettent, entre autres, de découvrir ce que gagnent vraiment les auto-entrepreneurs.

40% des auto-entrepreneurs ne dégagent aucun revenu

En 2015, le réseau des Urssaf comptabilisait 1 075 000 auto-entrepreneurs inscrits, reflet du succès non démenti de ce nouveau régime créé en 2009. Toutefois, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) vient modérer ces chiffres apparemment excellents en rappelant que seuls 600 000 de ces auto-entrepreneurs déclarent réellement un chiffre d’affaires positif, ce qui signifie que plus de 400 000 d’entre eux ne gagnent rien du tout. Certes, on pourrait aussi en déduire que quelques non-déclarants sont simplement des fraudeurs qui préfèrent se faire payer en liquide sans rien laisser apparaître dans leur comptabilité. Dans ce cas, pourquoi s’embêter à s’immatriculer ? Quitte à faire “du black” autant rester discret… Sérieusement, bien qu’on ne puisse pas exclure la possibilité que quelques très rares individus agissent ainsi, il est plus raisonnable de supposer que si plus de 40% des auto-entrepreneurs ne déclarent pas de revenus… c’est qu’ils ne gagnent rien !

Une option fiscale pas toujours pertinente

Restent tout de même 600 000 personnes qui dégagent un revenu directement de leur activité de micro-entrepreneur, ce qui reste somme toute un excellent résultat. Mais tout dépend du revenu, justement. Les statistiques fiscales nous apprennent que 425 060 autoentrepreneurs ont opté pour le prélèvement libératoire, une option qui leur permet de payer entre 1 et 2,2% d’impôt immédiat sur toutes les sommes encaissées sans attendre leur déclaration annuelle, ce qui peut être une bonne idée pour ceux qui, par exemple, ont d’autres revenus (un salaire, une pension de retraite, etc.) et qui ne veulent pas que les leur activité indépendante les fasse basculer dans une tranche d’imposition plus importante.

En revanche, pour ceux qui en ont fait leur source principale de revenus, on s’aperçoit bien souvent qu’ils n’auraient pas été imposables s’ils avaient simplement déclaré leurs (maigres !) revenus d’activité comme tous les autres contribuables. Un effet pervers du prélèvement à la source qui fait réfléchir au projet éventuel de généraliser le principe à tous les revenus d’activité…

Des revenus très insuffisants

La somme totale déclarée pour tous ces auto-entrepreneurs s’élève très exactement à 3 747 986 028 €, que l’on peut également détailler comme suit :

  • Ventes de marchandises et assimilées – 1 017 515 025 € (concerne 108 652 personnes)
  • Prestations de services et locations meublées – 1 342 686 560 € (concerne 155 990 personnes)
  • Revenus non commerciaux – 1 384 784 443 € (concerne 158 418 personnes)

On le voit, la répartition est plutôt homogène, même s’il ne faut pas oublier que les ventes de marchandises sont des activités commerciales qui impliquent souvent plus d’achats et de dépenses ; tandis que les prestations de services et autres activités non commerciales sont, la plupart du temps, majoritairement “intellectuelles”. Quoi qu’il en soit, on arrive à une moyenne de revenus annuelle de… 9 000 €. Sachant que ces sommes sont en outre ponctionnées, suivant les activités, à hauteur de 22 ou 23% au titre des prélèvements sociaux obligatoires, le total est beaucoup proche des 7 000 euros par an de revenu net. Certes, cela reste une moyenne, mais les Urssaf estiment que la moitié des auto-entrepreneurs gagnent moins de 600 euros par mois, ce qui tombe plutôt bien puisque c’est quasiment le revenu mensuel moyen obtenu avec les chiffres du ministère de l’Économie.

Une minorité d’auto-entrepreneurs peuvent vivre de leur activité

Quant aux 175 000 autoentrepreneurs restants, on apprend qu’ils ont déclaré plus de 4,2 milliards d’euros de revenus (c’est à dire 500 millions de plus que les 425 000 précédemment cités), ce qui porte leur revenu mensuel moyen à 2 000 euros brut environ.

Ainsi, on parvient assez aisément à la conclusion selon laquelle, si 40% des auto-entrepreneurs ne gagnent rien, 45% parviennent toutefois à dégager un revenu équivalent à 600 € par mois, tandis que les derniers 15% émargent, pour la plupart, à peine un peu au-dessus de 1500 € net par mois.

Par conséquent, dire que ce statut permet de pallier les défaillance d’un marché de l’emploi en berne, c’est absurde. Certains auto-entrepreneurs arrivent effectivement à atteindre les plafonds annuels de 82 200 euros pour les entreprises commerciales et de 32 900 euros pour les prestataires de services, mais ils restent très rares. Pour 84% des auto-entrepreneurs, leur activité ne peut leur rapporter, au mieux, qu’un revenu d’appoint, et il est donc particulièrement abusif, pour ne pas dire malhonnête voire dangereux, de faire croire à tous ceux qui n’arrivent plus à trouver du travail que leur salut sera dans la micro-entreprise. Car micro ou pas, une entreprise doit avant tout s’appuyer sur des fondements incontournables : un vrai projet, un vrai marché, de vraies compétences d’entrepreneur.

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A propos de Anthony Alberti

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Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

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