Dans ces temps providentiels oĂč le monde prend de plus en plus conscience des effets de la finance « dĂ©structurĂ©e » dans son porte-monnaie (mouvement « Occupy Wall Street », New York , « Nuit debout » Paris, « Mouvement des indignĂ©s », Espagne), il est intĂ©ressant de faire un point sur le problĂšme du Shadow Banking ou de la finance dite « de lâombre » qui menace la viabilitĂ© du systĂšme financier actuel.
En effet, suivant les derniers chiffres de Novembre 2015, la finance « dĂ©structurĂ©e » reprĂ©sente plus de 80 000 milliards de dollars (taille de lâĂ©conomie mondiale) contre 50 000 milliards estimĂ©s estimĂ©es en 2008 (source bilan.ch).

Quâest ce que la finance de lâombre ?
Câest le compartiment des +/-values latentes non comptabilisĂ©es dans le bilan des banques, Ă cause de leur caractĂšre alĂ©atoire et leur consĂ©quence dans la valorisation de lâactif des banques.
Autrement dit, câest la finance liĂ©e Ă la spĂ©culation (hedge fund, paradis fiscaux ⊠qui sont rĂ©pertoriĂ©es dans les places « off shore »), et aux banques dâaffaires, et valorisĂ©s en montant notionnel Ă 640’000 milliards de dollars!! selon le site www.bis.org (la banque des rĂšglements internationaux).
Pourquoi est-elle dangereuse ?
1 Parce que la taille de la finance de lâombre incontrĂŽlĂ©e nâa toujours pas Ă©tĂ© rĂ©glementĂ©e, contrairement Ă ce quâen attendaient certains experts en Economie, et qui en avaient averti lâopinion publique (Nouriel Rubini, 2008), alors que la vis rĂ©glementaire a Ă©tĂ© durcie dans le secteur du crĂ©dit bancaire aprĂšs le Krach de 2008 .
En effet, une crise d’illiquiditĂ© survenant sur un marchĂ© spĂ©culatif (dĂ©rivĂ©s sur obligataire immobilier, sur devises, ou sur matiĂšres premiĂšres ou autre) peut dĂ©stabiliser la planĂšte financiĂšre, qui Ă son tour dĂ©stabilisera la planĂšte de l’Ă©conomie rĂ©elle. On pourrait alors vivre un « bis repetita » amplifiĂ© des crises prĂ©cĂ©dentes.
La finance de lâombre reste solvable uniquement parce que les taux sont actuellement Ă zĂ©ro. Si la Fed veut enrayer le risque systĂ©mique, elle doit relever les taux, mais si elle le fait, la montagne spĂ©culative explosera, emportant avec elle des pans de lâĂ©conomie rĂ©elle. La moindre hausse de taux dâintĂ©rĂȘt, et câest le krach !!! (Myret Zaki, Bilan.ch)
Tous les contribuables de cette planĂšte (8 milliards) ne pourraient enrayer ce risque.
Dans cette situation, plus aucun canot de sauvetage type « Etat » ne pourrait venir Ă la rescousse, vu lâĂ©tat des finances actuels : « Les caisses sont belles et bien vides », lâUnion EuropĂ©enne (hors Allemagne) menaçant de sâĂ©crouler sous le poids de sa dette.
2 Parce que les contribuables ne font pas appel Ă la finance de lâombre quand eux mĂȘme sont menacĂ©s de « dĂ©couvert » ou de « faillite » => la question de la confiance a Ă©tĂ© bel et bien mis Ă mal depuis 2008.
En effet, le volume de la finance spéculative a augmenté sa croissance de + 5.000 milliards de dollars,
depuis lâĂ©clatement de la Crise, en 2008, au lieu dâĂȘtre sanctionnĂ© pour ses comportements excessifs (« The Greed », Stiglitz).
En effet, la monnaie injectĂ©e nâa pas servi Ă dĂ©geler le circuit du crĂ©dit vers lâĂ©conomie rĂ©elle, mais a rĂ©alimentĂ© la spĂ©culation, activitĂ© considĂ©rĂ©e comme plus rentable par les acteurs de marchĂ© que le financement de lâĂ©conomie rĂ©elle.
3 Elle est dâautant plus dangereuse que la sĂ©lection nĂ©gative des comportements par les autoritĂ©s qui sont censĂ©s faire la sĂ©lection ne le fait pas, et envoie un mauvais signal Ă ses citoyens. En effet, lâEtat au lieu de punir les excĂšs de la finance nâa fait que les renforcer, en mobilisant des fonds publics.
C’est sa crĂ©dibilitĂ© auprĂšs du contribuable, qui est en cause, dĂ©montrant des collusions dâintĂ©rĂȘts entre les gouvernements politiques et les acteurs de la finance (rĂ©union du G20), les contribuables sont avides Ă plus de transparence dans les affaires.
Malheureusement, les places financiĂšres de Washington et de Londres sâinterposent en faisant jouer leurs lobbyies contre toute tentative de sanction proposĂ©e par les gouvernements de lâUnion EuropĂ©enne.
Que peut-on faire ? Que doit-on faire ? Que nous reste t-il Ă faire ?
« Reseter » le systĂšme financier Ă zĂ©ro, menaçant de sâeffondrer, Ă l’occasion de la prochaine bulle existante dans le shadow banking system, sinon nous finirons, sous peu, tous Ă poil et d’ici lĂ thĂ©sauriser en or, ou autres actifs tangibles avant les mauvais jours.
Estelle Blanc






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