La Finance de l’ombre : prochain risque systĂ©mique …

par | 9 Mai 2016 | Banques, Finances | 0 commentaires

Temps de lecture : 3 minutes

Dans ces temps providentiels oĂč le monde prend de plus en plus conscience des effets de la finance « dĂ©structurĂ©e » dans son porte-monnaie (mouvement « Occupy Wall Street », New York , « Nuit debout » Paris, « Mouvement des indignĂ©s », Espagne), il est intĂ©ressant de faire un point sur le problĂšme du Shadow Banking ou de la finance dite « de l’ombre » qui menace la viabilitĂ© du systĂšme financier actuel.

En effet, suivant les derniers chiffres de Novembre 2015, la finance « dĂ©structurĂ©e » reprĂ©sente plus de 80 000 milliards de dollars (taille de l’économie mondiale) contre 50 000 milliards estimĂ©s estimĂ©es en 2008 (source bilan.ch).

Qu’est ce que la finance de l’ombre ?

C’est le compartiment des +/-values latentes non comptabilisĂ©es dans le bilan des banques, Ă  cause de leur caractĂšre alĂ©atoire et leur consĂ©quence dans la valorisation de l’actif des banques.

Autrement dit, c’est la finance liĂ©e Ă  la spĂ©culation (hedge fund, paradis fiscaux 
 qui sont rĂ©pertoriĂ©es dans les places « off shore »), et aux banques d’affaires, et valorisĂ©s en montant notionnel Ă  640’000 milliards de dollars!! selon le site www.bis.org (la banque des rĂšglements internationaux).

Pourquoi est-elle dangereuse ?

1 Parce que la taille de la finance de l’ombre incontrĂŽlĂ©e n’a toujours pas Ă©tĂ© rĂ©glementĂ©e, contrairement Ă  ce qu’en attendaient certains experts en Economie, et qui en avaient averti l’opinion publique (Nouriel Rubini, 2008), alors que la vis rĂ©glementaire a Ă©tĂ© durcie dans le secteur du crĂ©dit bancaire aprĂšs le Krach de 2008 .

En effet, une crise d’illiquiditĂ© survenant sur un marchĂ© spĂ©culatif (dĂ©rivĂ©s sur obligataire immobilier, sur devises, ou sur matiĂšres premiĂšres ou autre) peut dĂ©stabiliser la planĂšte financiĂšre, qui Ă  son tour dĂ©stabilisera la planĂšte de l’Ă©conomie rĂ©elle. On pourrait alors vivre un « bis repetita » amplifiĂ© des crises prĂ©cĂ©dentes.

La finance de l’ombre reste solvable uniquement parce que les taux sont actuellement Ă  zĂ©ro. Si la Fed veut enrayer le risque systĂ©mique, elle doit relever les taux, mais si elle le fait, la montagne spĂ©culative explosera, emportant avec elle des pans de l’économie rĂ©elle. La moindre hausse de taux d’intĂ©rĂȘt, et c’est le krach !!! (Myret Zaki, Bilan.ch)

Tous les contribuables de cette planĂšte (8 milliards) ne pourraient enrayer ce risque.

Dans cette situation, plus aucun canot de sauvetage type « Etat » ne pourrait venir Ă  la rescousse, vu l’état des finances actuels : « Les caisses sont belles et bien vides », l’Union EuropĂ©enne (hors Allemagne) menaçant de s’écrouler sous le poids de sa dette.

2 Parce que les contribuables ne font pas appel Ă  la finance de l’ombre quand eux mĂȘme sont menacĂ©s de « dĂ©couvert » ou de « faillite » => la question de la confiance a Ă©tĂ© bel et bien mis Ă  mal depuis 2008.

En effet, le volume de la finance spéculative a augmenté sa croissance de + 5.000 milliards de dollars,
depuis l’éclatement de la Crise, en 2008, au lieu d’ĂȘtre sanctionnĂ© pour ses comportements excessifs (« The Greed », Stiglitz).

En effet, la monnaie injectĂ©e n’a pas servi Ă  dĂ©geler le circuit du crĂ©dit vers l’économie rĂ©elle, mais a rĂ©alimentĂ© la spĂ©culation, activitĂ© considĂ©rĂ©e comme plus rentable par les acteurs de marchĂ© que le financement de l’économie rĂ©elle.

3 Elle est d’autant plus dangereuse que la sĂ©lection nĂ©gative des comportements par les autoritĂ©s qui sont censĂ©s faire la sĂ©lection ne le fait pas, et envoie un mauvais signal Ă  ses citoyens. En effet, l’Etat au lieu de punir les excĂšs de la finance n’a fait que les renforcer, en mobilisant des fonds publics.

C’est sa crĂ©dibilitĂ© auprĂšs du contribuable, qui est en cause, dĂ©montrant des collusions d’intĂ©rĂȘts entre les gouvernements politiques et les acteurs de la finance (rĂ©union du G20), les contribuables sont avides Ă  plus de transparence dans les affaires.

Malheureusement, les places financiĂšres de Washington et de Londres s’interposent en faisant jouer leurs lobbyies contre toute tentative de sanction proposĂ©e par les gouvernements de l’Union EuropĂ©enne.

 

Que peut-on faire ? Que doit-on faire ? Que nous reste t-il Ă  faire ?

« Reseter » le systĂšme financier Ă  zĂ©ro, menaçant de s’effondrer, Ă  l’occasion de la prochaine bulle existante dans le shadow banking system, sinon nous finirons, sous peu, tous Ă  poil et d’ici lĂ  thĂ©sauriser en or, ou autres actifs tangibles avant les mauvais jours.

 

Estelle Blanc

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Blanc, Estelle
Estelle Blanc (pseudo) est économiste d'une grande banque française. Elle énonce sur Loretlargent.info ce qui lui est interdit d'évoquer au sein de sa banque.

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