Quels sont les endroits les plus sûrs pour garder son or ? Hong-Kong, Singapour, Dubai, le Canada ou la Suisse ?

par | 2 Avr 2013 | Asie, Banques, Finances | 0 commentaires

Temps de lecture : 5 minutes

Beaucoup de personnes qui investissent dans l’or et/ou l’argent font garder leurs mĂ©taux prĂ©cieux dans certains endroits alors qu’ils mĂ©connaissent ou mĂ©prennent le fonctionnement des systĂšmes et/ou autoritĂ©s monĂ©taires. Ils peuvent risquer se voir confisquer leurs mĂ©taux prĂ©cieux par les gourvernements. Cela s’est dĂ©jĂ  vu dans le passĂ© et peut arriver de nouveau.

Qu’en est-il rĂ©ellement ?

Les actions à entreprendre pour déclarer son or :

A ce jour, aux Etats-Unis ainsi que dans beaucoup de pays dĂ©veloppĂ©s, il n’est pas nĂ©cessaire de dĂ©clarer l’or dĂ©tenu par les citoyens.

Les rĂšglementations peuvent changer Ă  tout moment. Donc, ce qui est applicable en ce moment peut ne plus l’ĂȘtre dans un trĂšs proche avenir. Il ne faudrait qu’un pas pour que les autoritĂ©s changent les lois et s’enquiĂšrent de l’or dĂ©tenu par des particuliers ou exiger des sociĂ©tĂ©s du secteur de l’or de fournir toutes les informations des personnes ayant achetĂ© de l’or. Si la situation actuelle venait Ă  empirer, les gouvernements n’hĂ©siteront pas Ă  savoir qui possĂšde quoi. Ainsi, les dĂ©tenteurs d’or doivent ĂȘtre avisĂ©s et agir afin de prĂ©server leurs propres intĂ©rĂȘts.

Comment les autorités peuvent prendre votre or ?

Les gouvernements ne peuvent pas imposer leurs lois dans d’autres pays. Il y a eu des exemples dans le passĂ© qui ont valu des peines d’emprisonnement Ă  ceux qui ont essayĂ© de faire appliquer leurs propres lois sur des territoires Ă©trangers.

La dĂ©marche est toujours la mĂȘme : Les autoritĂ©s se dirigent tout d’abord vers ceux qui dĂ©tiennent des actifs et exigent d’eux toutes les informations relatives des actifs dĂ©tenus.

Les autoritĂ©s se retournent vers les banques ou les institutions, y compris les entitĂ©s Ă©trangĂšres disposant de succursales dans leurs juridictions et demandent des informations concernant leurs citoyens. Nous avons pu le constater tout derniĂšrement quand l’IRS (administration fiscale amĂ©ricaine) a mis la pression aux succursales des banques suisses localisĂ©es aux Etats-Unis pour leur adresser des informations sur leurs citoyens.

Bien que ces banques Ă©trangĂšres aient leurs siĂšges dans d’autres pays, elles n’en demeurent pas moins vulnĂ©rables de par le fait que la plupart de leurs activitĂ©s ont lieu aux Etats-Unis. Il n’y a aucun doute que ces mĂȘmes tactiques seront Ă  nouveau utilisĂ©es Ă  l’avenir.

Ainsi, si la banque, le nĂ©gociant ou la compagnie de stockage ont des succursales aux Etats-Unis, ils seront poursuivis s’ils ne fournissent pas les informations demandĂ©es ou ne cĂšdent pas les actifs ciblĂ©s. Ils mettront en avant les intĂ©rĂȘts de leurs affaires avant la sĂ©curitĂ© de leurs clients.

Action directe

Qu’en est-il de la confiscation directe des actifs ?

Si vous dĂ©tenez vous-mĂȘme les actifs, les autoritĂ©s vous les demanderont directement et pourront mĂȘme envoyer quelqu’un en votre domicile pour en prendre possession.  Si les actifs sont dĂ©tenus par une institution, ils demanderont Ă  cette derniĂšre les actifs concernĂ©s, la plupart du temps sans vous consulter par ordre du tribunal ou tout autre ordre.

Par exemple, si vous dĂ©tenez des parts d’ETF sur l’or , vous ne serez pas contactĂ©. Les autoritĂ©s sont autorisĂ©es Ă  confisquer l’or dĂ©tenu par quiconque. De ce fait, les autoritĂ©s informeraient les institutions comme l’HSBC comme quoi elles se doivent de cĂ©der l’or qu’elles dĂ©tiennent au nom des clients. Vous seriez le dernier avisĂ©, dans ce cas, par la banque.

Il en serait de mĂȘme pour les nĂ©gociants du secteur de l’or qui auraient Ă  remettre aux autoritĂ©s de la jurisdiction l’or dĂ©tenu ainsi que les noms des clients qui auraient achetĂ© de l’or dans le passĂ©.

Que se passe-t-il avec l’or dĂ©tenu en votre nom en dehors de cette juridiction ? Serait-ce hors portĂ©e des autoritĂ©s ? Les autoritĂ©s s’attendraient Ă  ce que vous rameniez l’or chez vous et les suites seraient Ă©tudiĂ©es Ă  savoir : si la propriĂ©tĂ© est cessible, il vous serait alors demandĂ© de leur cĂ©der la propriĂ©tĂ©. L’or n’est plus le vĂŽtre.

En conclusion, si vous dĂ©tenez directement votre or ou vous avez la possibilitĂ© de l’avoir chez vous, les autoritĂ©s vous forceront Ă  le cĂ©der. Dans le cas contraire, vous encourrez soit une peine de prison ou de lourdes amendes ou les deux, comme ce fut le cas lors de la confiscation de l’or en 1933. En 1974, il Ă©tait redonnĂ© aux citoyens le ‘privilĂšge’ de possĂ©der de l’or (Ă  nouveau) – mais il fallait lire entre les lignes ce que voulait dire le mot ‘privilĂšge’, quelque chose qui peut ĂȘtre retirĂ© Ă  tout moment.

Quels sont les endroits sûrs?

Le Canada ?

On pourrait penser que le Canada est un pays sĂ»r pour garder son or et hors de portĂ©e des autoritĂ©s monĂ©taires amĂ©ricaines. En 1974, avant que ne fut rĂ©tabli ce fameux ‘privilĂšge’, n’oublions pas de rappeler que le Canada avait coopĂ©rĂ© avec les autoritĂ©s amĂ©ricaines pour rassembler autant d’informations sur les citoyens amĂ©ricains qui possĂ©daient de l’or au Canada.

Le Canada est trĂšs liĂ© aux Etats-Unis et ce que l’un fait, l’autre exĂ©cute dans la plupart des domaines. On se rend vite compte que l’économie canadienne dĂ©pend beaucoup des Etats-Unis. Ainsi, le Canada ne semble pas ĂȘtre le meilleur endroit oĂč garder son or.

Dubai

Des systĂšmes de stockage et des coffres ultra modernes. Les faibles coĂ»ts de stockage sont motivants mais il ne faut pas s’y tromper.

Ces nations sur la cÎte ouest du golfe persique dépendent beaucoup des Etats-Unis pour des questions de sécurité et trÚs souvent pour les structures actuelles. Dubai cÚdera trÚs facilement sous la pression américaine.

Certains pensent  que le fait d’utiliser un autre pays de culture complĂštement Ă©trangĂšre offrira davantage de protection. Pour des pays dĂ©veloppĂ©s, il peut peut-ĂȘtre en ĂȘtre ainsi mais cette petite nation pourrait ĂȘtre tentĂ©e de vouloir garder l’or pour elle seule sur son territoire si besoin Ă©tait. Les petites nations sont trĂšs vulnĂ©rables face au besoin.

Singapour

Singapour s’est Ă©normĂ©ment agrandi depuis 1970 et devrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un endroit idĂ©al pour garder son or. Apparemment, ce n’est pas si important pour l’économie ou le gouvernement. Il n’existe pas d’accord particulier pour les compagnies de stockage. L’üle est petite et n’offre pas d’avantages par rapport Ă  d’autres sites Ă©trangers pour y dĂ©tenir des actifs.

Hong Kong

Riche en histoire en terme de professionalisme, d’indĂ©pendance et d’intĂ©gritĂ© mais demeure vulnĂ©rable au changement suite aux rĂ©cents Ă©vĂ©nements. Hong-Kong serait plus vulnĂ©rable que Singapour face aux pressions extĂ©rieures. Hong-Kong sous l’emprise de la Chine … cela pourrait affecter l’intĂ©gritĂ© des actifs dĂ©tenus et dĂ©plaire aux Chinois. Les investisseurs d’or devraient prendre en considĂ©ration ce critĂšre et devraient essayer de penser au long-terme et aux consĂ©quences.

La Suisse

Par excellence, la meilleure nation oĂč dĂ©tenir ses actifs – tout simplement parce que protĂ©ger les actifs Ă©trangers est non seulement une partie intĂ©grante de leur Ă©conomie sinon parce que la Suisse a une histoire riche de 300 ans en ce domaine. La Suisse a joui d’une neutralitĂ© absolue durant les pĂ©riodes de guerre dont les deux mondiales. La Suisse lutte pour garder cette neutralitĂ© – dispose d’une armĂ©e permanente, de rĂ©servistes estimĂ©s Ă  plus d’un million d’hommes en tout temps. La Suisse a ses ponts et tunnels prĂȘts Ă  miner pour s’isoler du monde en cas de tentative d’invasion. La Suisse demeurerait impĂ©nĂ©trable.

L’industrie bancaire prime en Suisse. le problĂšme est que le chiffre d’affaire des banques en incluant les succursales Ă©trangĂšres est 5 fois supĂ©rieur au PIB de la Suisse. La vulnĂ©rabilitĂ© demeure dans les entreprises suisses qui ont des succursales en dehors de la Suisse.

MĂȘme les sociĂ©tĂ©s de stockage, de sĂ©curitĂ© et de logistique avec des grandes succursales hors de Suisse sont vulnĂ©rables Ă  attaquer. C’est la raison pour laquelle ViaMat a refusĂ© de traiter avec des clients assujettis  Ă  la fiscalitĂ© amĂ©ricaine. La sociĂ©tĂ© Brinks risque de suivre le mĂȘme pas.

Mais les entreprises dont les activitĂ©s sont en Suise perdent leur vulnĂ©rabilitĂ© Ă  de telles pressions. La Suisse est considĂ©rĂ© comme l’endroit le plus sĂ»r oĂč dĂ©tenir des actifs Ă©trangers.

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CAMUS, MarylĂšne

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