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L’Europe finance un nouveau projet géothermique… inutile pour l’UE


Réputée pour ses importantes ressources énergétiques renouvelables liées à sa géologie unique au monde, l’Islande vient de se voir octroyer un prêt de 125 millions d’euros pour financer la création et la mise en service d’une nouvelle centrale géothermique… dont l’Union Européenne ne pourra jamais bénéficier.

En 2011 déjà, la Banque européenne d’investissement avait financé à hauteur de 70 millions d’euros la construction de la centrale hydroélectrique de Budarhals sur le cours des rivières Tungnaa et Kaldakvisl, dans les régions montagneuses du Sud de l’Islande. Aujourd’hui, le nouveau projet de Landsvirkjun, le fournisseur national d’électricité islandais, concerne la conception, la construction et l’exploitation d’une nouvelle centrale géothermique d’une capacité estimée de 90 MW (soit 10% de l’énergie produite par une centrale nucléaire française) dans le Nord-Est du pays. Neuf puits d’une capacité géothermique totale estimée à plus 50 MW ont d’ailleurs déjà été forés et testés.

Des financements hors Union Européenne ?

On peut légitimement s’étonner de voire la Banque européenne d’investissement financer des projets extérieurs à L’Union Européenne, sachant que son premier mandat est de “contribuer à la réalisation des politiques économiques et sociales de l’Union en faisant appel aux marchés des capitaux“, c’est à dire d’utiliser certains fonds alloués par la Banque centrale européenne afin de favoriser le développement économique des 28 États membres. Mais depuis 1994, elle peut également accorder des prêts pour appuyer des projets dans les secteurs de l’énergie, de l’environnement, de la recherche, du développement et de l’innovation dans les pays de l’AELE (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse). Par ce nouveau prêt de 125 millions d’euros accordé à l’Islande, la BEI veut donc souligner son attachement aux énergies durables, même hors UE, et elle souhaite que, grâce à son soutien, l’exemple islandais puisse faire des émules partout à travers le monde. Notamment en Europe.

Un exemple islandais difficile à importer en UE

Sauf que l’Islande est quand même un pays particulièrement unique en matière de ressources énergétiques. Petite île volcanique située juste au-dessus d’une faille océanique très active, directement à l’aplomb d’une remontée du manteau magmatique terrestre, elle est en permanence agitée par des secousses tectoniques plus ou moins importantes, et son sous-sol est l’un des plus chaud de la planète. Du reste, compte tenu de sa localisation géographique, les précipitations sont très importantes en Islande, et les eaux de ruissellement s’infiltrent jusqu’à des profondeurs de 1 à 3 km, où elles sont réchauffées au contact des roches, provoquant leur remontée sous forme de sources chaudes qui ont fait la renommée du pays. Très tôt, l’Islande a su tirer parti de cette richesse énergétique naturelle, et il y a longtemps que les Islandais se chauffent ou produisent de l’électricité grâce à la géothermie.

Certes, leur expérience et leur qualité de précurseurs sur ces questions sont précieuses pour faire avancer la cause des énergies renouvelables dans l’Union Européenne, et on comprend que la BEI souhaite soutenir l’accroissement du parc de centrales du pays. Néanmoins, il est peu probable que son modèle puisse être importé ailleurs, même si le sous-sol des pays d’Europe peut lui aussi générer une énergie géothermique… mais beaucoup plus faible et donc moins rentable.

Une nouvelle zone d’implantation pour les entreprises de l’économie numérique ?

De la même façon, l’énorme potentiel énergétique de l’Islande ne peut être exploité en dehors de ses frontières, car à plusieurs centaines de kilomètres des terres les plus proches, il lui est impossible d’exporter son électricité. Difficile là encore d’évaluer les retombées potentielles pour l’Union Européenne. Toutefois, de plus en plus d’entreprises grosses consommatrices d’énergie s’installent sur son territoire (comme par exemple des fermes de serveurs pour Google et d’autres acteurs majeurs de l’économie numérique) et, aujourd’hui, elles représentent d’ailleurs près de 81% de la consommation électrique du pays. On peut donc imaginer qu’à brève échéance, de plus en plus d’entreprises européennes, notamment des data-centers, soient incitées à s’installer en Islande pour des raisons d’économie d’énergie.

Quoi qu’il en soit, notons qu’il existe d’autres pays qui ont su exploiter les énergies renouvelables dont ils pouvaient bénéficier, pour le plus grand avantage de leur population, voire de leur économie. Ainsi, au Chili, une trentaine de fermes solaires très performantes ont ouvert ces dernières années sous l’impulsion gouvernementale, et la production est désormais tellement importante que depuis le début de l’année l’électricité est devenue provisoirement gratuite dans certaines régions du pays. Là encore, se pourrait-il que ce soit une piste à suivre pour certains pays du Sud de l’Europe…?

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A propos de Anthony Alberti

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Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

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