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Pourquoi thésaurise-t-on ?


Pourquoi thésaurise-t-on ? Par défiance envers les moyens de paiement fiduciaires. Par crainte d’une guerre, d’une révolution, d’une dévaluation, d’un impôt. Pour n’avoir pas à payer de droits de succession. Pour rester fidèle à certains réflexes ancestraux, qui font que l’or refuge et l’or réserve prolongent l’or fétiche.

La thésaurisation de l’or présente des avantages et des inconvénients. Dans la balance des avantages, il faut mettre sa discrétion : l’or n’est pas repérable. A la différence des billets et des chèques, qui sont numérotés, les pièces ne comportent aucune indication de série; et si les lingots sont numérotés, il est simple de gratter la marque ou de refondre le métal. Dans le même plateau de la balance, il faut ajouter la longévité de l’or : ni l’air, ni l’eau, ni la terre ne l’entament; les fourmis, disent les Indiens, ne le mangent pas. Les siècles ne l’altèrent pas. L’or est une valeur qui dure.

Dans le plateau des inconvénients, il faut retenir la stérilité du métal. Il ne porte pas de fruits : à la différence d’une valeur mobilière, d’un fonds de commerce, d’une entreprise industrielle, d’une terre, d’un immeuble locatif, à la ressemblance d’un diamant, d’une pierre précieuse, d’un tableau, d’un tapis, d’un objet de collection, il ne donne pas de revenus. Le capital qu’il représente peut même fléchir, s’il a été acheté cher. Mais le thésauriseur considère souvent que l’or équivaut à une prime d’assurance, et l’assuré ne saurait se plaindre de n’être pas victime d’un sinistre. Comme l’assurance, l’or ne paie qu’en cas de malheur.

Pourtant, les épargnants thésaurisent l’or plus souvent d’instinct qu’après de beaux raisonnements, et l’or à leurs yeux a des vertus surtout sentimentales. Même si on leur démontre qu’ils ont tort, ils persévèrent.
Leur cas diffère d’ailleurs selon leur position géographique, leur position sociale, leur métier, leur âge. Il est plus ou moins logique de conserver de l’or selon le pays dans lequel on vit, selon la fortune dont on dispose, selon la profession qu’on a embrassée, selon le nombre prévisible des années de survie. Un amateur de charabia hexagonal dirait que “les motivations de la thésaurisation sont subjectives”.

A côté de ces thésauriseurs sans complexe et sans calculs, il en est d’autres, moins nombreux, qui voient en l’or un placement et une chance de plus-value. Ceux-là attendent une revalorisation du prix officiel. Ils spéculent sur une décision qui les enrichirait.

Il va de soi que le thésauriseur, de l’une ou l’autre sorte, n’agit qu’en fonction de ce qu’il croit être son intérêt personnel, sans se soucier de l’intérêt général. Du point de vue de l’État, il se soustrait à l’impôt. Du point de vue de la nation, il stérilise une épargne qui, autrement employée, pourrait être féconde. Du point de vue supérieur de l’économie et de la morale il se comporte en inutile et en égoïste. Mais la sévérité de ces critiques n’entame pas la sérénité du détenteur d’or. Il juge légitime de se défendre contre un État qui le spolie et d’une collectivité qui le menace. Il ajoute qu’on sera bien content de le retrouver, lui et son or, le jour où ils rentreront dans le circuit.

René Sédillot – “Histoire de l’or” – Ed. Fayard