VIX, WUI, GPR… quels indices mesurent l’incertitude ?

par | 20 Mar 2026 | Economie | 0 commentaires

Temps de lecture : 3 minutes

Alors que les crises se succèdent, l’incertitude est devenue un élément incontournable dont les investisseurs tiennent compte.  Mais comment anticiper ce qui est incertain, et mesurer ce qui ne repose pas sur des données chiffrées ? C’est là qu’interviennent les indices d’incertitude.

Indices d’incertitude : des éléments intéressants pour les investisseurs

Mieux comprendre le contexte et les dynamiques des marchés

Ces indices cherchent à mieux dessiner les contours d’un environnement qui, par nature, n’est pas quantifiable : le niveau de doute autour d’une situation économique, politique ou géopolitique. C’est incertain certes, mais de combien est-ce incertain ?

C’était le cas en février 2026, lorsque les investisseurs attendaient de savoir si les États-Unis allaient engager le conflit au Moyen-Orient. Dans quelles circonstances, avec quels alliés, sur quelles cibles et à quelle date ? Cette situation d’attente, où les probabilités sont trop nombreuses, crée de fortes incertitudes.

Or, dans un contexte très incertain, les investisseurs ont plutôt tendance à adopter un comportement prudent et à privilégier des valeurs refuge. Les marchés attendent et se protègent. Les indices servent donc à mieux comprendre le contexte dans lequel évoluent les marchés et à refléter des dynamiques comportementales.

Comment sont établis les indices d’incertitude ?

Des indices macroéconomiques classiques, qui mesurent l’inflation ou la croissance par exemple, reposent sur des chiffres et des données. Ce n’est pas le cas des indices d’incertitude, qui ne disposent pas toujours de données mais plutôt d’environnements.

Il existe plusieurs méthodologies selon les indices d’incertitude. Certaines méthodes exploitent les rapports économiques ou les articles de presse. D’autres mesurent l’intensité d’événements qui pourraient affecter l’économie mondiale.

Quels sont les principaux indices d’incertitude ?

Même s’il existe des indices « référence », comme le VIX, les investisseurs croisent généralement plusieurs indices complémentaires. En voici plusieurs.

L’indice VIX, l’« indice de la peur » qui mesure la volatilité des marchés

Le VIX (Volatility Index) est l’un des indicateurs les plus suivis. Son surnom – l’« indice de la peur » – résume bien ce qu’il doit mesurer : la nervosité des investisseurs à court terme. Il est en effet calculé à partir du prix des options sur l’indice boursier américain S&P 500. Il exprime, en pourcentage, la volatilité anticipée pour les 30 prochains jours. Lorsqu’il se situe en-dessous de 20, les marchés sont calmes. Au-dessus de 30, il indique un début de tension. En 2008 (crise des subprimes), il a atteint 79. Au début de la pandémie de Covid-19, il est remonté à 66 (mars 2020). Début mars 2026, il était à 29.

Le World Uncertainty Index : une mesure de la tension du monde

Le World Uncertainty Index (WUI) est, très littéralement, l’indice d’incertitude dans le monde. Il a été développé par les économistes du Fonds monétaire international (2019), pour permettre de comparer l’incertitude internationale selon les pays. Sa méthode ne repose pas sur des données, mais sur l’analyse de la fréquence à laquelle le mot « uncertainty » apparaît dans des rapports économiques. Plus il est présent… plus l’incertitude est importante. Une idée simple, mais qui est assez révélatrice des périodes de tension. Les pics du WUI coïncident généralement avec les grandes crises mondiales.

Le Geopolitical Risk Index, un autre indicateur de tensions mondiales

Comme le WUI, le Geopolitical Risk Index repose sur l’analyse de termes spécifiques : ceux qui mentionnent les risques géopolitiques dans la presse internationale. Il est plutôt utilisé pour quantifier l’intensité d’évènements qui peuvent affecter l’économie mondiale. Pour les investisseurs, il représente un moyen d’anticiper des impacts sur des marchés liés à l’énergie ou aux matières premières.

Le GRI a été mis au point en 2022 par des économistes de la Réserve fédérale américaine.

L’EPU : l’incertitude des politiques économiques

L’Economic Policy Uncertainty (EPU) est aussi un indicateur récent : il est développé depuis 2016 par trois économistes (Scott Baker, Nicholas Bloom et Steven Davis). Il mesure l’incertitude appliquée aux politiques économiques de plusieurs manières : des articles de presse (Le Monde et Le Figaro en France), des dispositions fiscales et des prévisions économiques. Tous les pays ne sont pas concernés : la France fait partie des 30 nations où l’indice est mesuré.

Le CPU : l’incertitude climatique

Le Climate Policy Uncertainty s’inscrit dans la même logique que l’EPU : il applique une méthode similaire, mais uniquement en ce qui concerne les enjeux environnementaux. Plus les articles qui parlent d’environnement sont nombreux, plus l’indice est élevé. Il permet aux investisseurs d’identifier des périodes clés pour les actifs exposés au climat ou à l’énergie.

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Tiberghien, Perrine

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