A quoi ressemble le travail dans une mine d’or?

par | 9 Déc 2011 | Crise, Or | 0 commentaires

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Profondeurs d’une mine

“Descendre dans une mine d’or c’est comme entreprendre un voyage a Hades. Il nous faut laisser les vĂȘtements Ă  l’extĂ©rieur, en surface, sous-vĂȘtements inclus et, vĂȘtus d’une combinaison, il faut rentrer dans une cabine en acier qui nous propulse en l’espace de deux minutes Ă  une distance d’un mile Ă  l’intĂ©rieur d’une roche. Tout en-bĂ s fourmille un monde bruyant, chaud et humide, animĂ© par les lumiĂšres lancinantes des casques des mineurs. Une promenade de dix minutes le long d’une galerie creusĂ©e dans la roche dont la tempĂ©rature naturelle dĂ©passe les 37 degrĂ©s Centigrades suffit pour que chaque visiteur se sente plongĂ© dans une atmosphĂšre chaude-humide.
Ensuite, surgit le bruit des foreuses d’air comprimĂ© qui mordent dans la roche solide, dominant ainsi le bourdonnement permanent des compresseurs de climatisation et le vacarme des wagons glissant sur leurs rails d’acier.
Sur un cĂŽtĂ© du tunnel, une Ă©troite ouverture initie une descente d’un angle de presque 25 degrĂ©s, menant aux entrailles de la terre. Elle est haute d’à peine quarante pouces et est dĂ©licatement soutenue de piliers en caoutchouc. Dans le lexique minier, ceci s’appelle “bancada” – une poche.
Il semblerait que la roche y fasse pression sur les quatre cĂŽtĂ©s, que du toit se dĂ©tachent de minuscules tĂąches formant des flaques d’eau tiĂšde dans lesquelles les mineurs se retrouvent agenouillĂ©s, en plein devoir.
La large tĂȘte de la foreuse, dissimulĂ©e sous un subtil jet d’eau pour libĂ©rer la poussiĂšre, vibre en perforant la roche d’un point marquĂ© de peinture rouge. Longeant un cĂŽtĂ© de la poche, une ligne continue de peinture rouge signale un filon d’or de quatre pouces, qui aux yeux du prophane, a un aspect absolument diffĂ©rent de celui des roches situĂ©es au niveau supĂ©rieur ou infĂ©rieur de celle-ci.

C’est dans un amas de petits cailloux blancs, Ă©troitement mĂ©langĂ©s, que reluit une minuscule particule d’or, se reflĂ©tant dans le faisceau lumineux de la lampe des mineurs. Extraire ce minuscule filon d’or situĂ© Ă  deux miles de profondeur ou plus, sous terre, gĂ©nĂšre un procĂ©dĂ© couteux, laissant peu d’espoir.

Du fait que l’or se trouve dissĂ©minĂ© entre les cailloux et conglomĂ©rats, il faudra non seulement monter et exploiter les fins grains du filon porteur d’or une fois celui-ci Ă  la surface sinon qu’en plus il faudra remonter et briser une grande partie de la roche situĂ©e sur les deux cĂŽtĂ©s du filon, puisqu’à chaque fois qu’il faut faire exploser la poche avec des charges de dynamite placĂ©es dans les trous faits par la foreuse, la roche se confond au conglomĂ©rat. ‘Ainsi l’explique Timothy Green dans son livre El Mundo de Oro, el trabajo realizado en una mina – Le Monde de l’Or, le travail effectuĂ© dans une mine.

Il est digne d’admirer le travail d’un mineur car il est soumis Ă  des conditions extrĂȘmes et risque sa vie Ă  tout moment. S’enterrer Ă  de telles profondeurs, oĂč la lumiĂšre du soleil est totalement inexistente, la lumiĂšre artificielle devient un complĂ©ment indispensable. Un travail complĂštement physique et Ă©prouvant : forer, meuler, extraire, exposĂ© au risque de contracter d’éventuelles maladies comme la silicose (causĂ©e par l’inhalation permanente de produits chimiques causant des effets irrĂ©versibles aux poumons et des difficultĂ©s respiratoires) et de glissements de terrain, devant assurer le renfort des tunnels creusĂ©s.

Pour trouver le filon d’or, il est nĂ©cessaire de travailler souvent soit courbĂ©s ou agenouillĂ©s sur de longs parcours.
Devant tant de paramĂštres, l’ñge de dĂ©part Ă  la retraite est plus avancĂ© et la journĂ©e laborale maximale est d’ordinaire de 35 heures hebdomadaires – sachant que dans beaucoup d’autres pays, les conditions de travail peuvent ĂȘtre moins favorables. Il serait bon de valoriser le travail des mineurs pour extraire l’or – celui que nous achetons ou vendons de nos jours.

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CAMUS, MarylĂšne

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