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Cela renforce leur valeur dans l’imagination des hommes; mais cela, pendant longtemps, contredit leurs possibilités économiques, en limitant leur circulation.

Or cela n’intéresse pas seulement les temps anciens. En pleins temps modernes, l’Orient, l’Extrême-Orient fourniront des produits contre l’or ou l’argent, et thésauriseront ceux-ci en objets de luxe, ou dans des cachettes.

Dès l’Antiquité ou le Moyen Age, ce genre de phénomènes a eu pour contrepartie de brusques remises en mouvement des métaux ainsi concentrés. Ainsi en Égypte, à la fin du premier millénaire, à la suite d’une première vague de pillages dans les trésors et les tombes; il y aura une seconde vague, et même des fouilles systématiques, après la conquête de l’Égypte par les Arabes. Et il faut songer que le tombeau de Toutânkhamon, quand on l’ouvrit en 1922, contenait deux fois plus d’or que la banque royale d’Égypte n’en possédait à la même date. Dans l’Antiquité, une simple trouvaille de ce genre pouvait bouleverser le marché de l’or.

Plus souvent, la dispersion des trésors fut l’effet des guerres : on a comparé la conquête de la Perse par Alexandre à celle de l’Amérique par les Espagnols, quant aux effets des trésors ainsi mis en mouvement.
Plus tard, la conquête par Rome des royaumes hellénistiques occasionna une nouvelle redistribution, cette fois en faveur de l’Occident européen.
L’or étant rare (rappelons-nous toujours les 8 m3 de 1500) et tendant à se thésauriser, il arrive que des événements non économiques (ce qui ne veut pas dire fortuits) ont autant d’importance dans son histoire que les faits de production (mines, placers…) proprement dits.

Pierre VILAR

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