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François Hollande invente l’endettement universel


Ambiance fin de règne, le président de la République française essaie de remonter sa cote de popularité moribonde (4% d’opinions favorables…) avant les élections de 2017, en surfant sur la mode de l’universalité des ressources, mais sans passer par la case complexe et controversée du revenu minimum universel. Non, lui il a décidé de remettre au goût du jour un fantasme britannique vieux de deux siècles : le patrimoine universel.

Des origines révolutionnaires

À la fin du XVIIIe siècle, au sortir de la Révolution Française (où il a d’ailleurs failli laisser sa tête), et juste avant de s’attaquer à la construction de la jeune nation américaine, le penseur anglais Thomas Paine imaginait déjà qu’on pourrait donner 15 livres à chaque jeune couple afin de lui permettre de s’acheter une vache et les quelques outils nécessaires à son établissement sur quelques acres de terre. Ainsi, selon lui, les deux jeunes gens partiraient mieux armés dans la vie, en “ne devenant pas des fardeaux pour la société” (ce qu’on traduirait aujourd’hui par des “assistés”), mais plutôt “des citoyens utiles et profitables“. On se doute qu’en France l’idée n’a pas soulevé l’enthousiasme auprès des élites du moment, largement conservatrices et finalement très attachées aux privilèges qu’elles avaient récupérées dans les poches de la noblesse déchue. Néanmoins, l’idée consistait en une meilleure répartition des richesses, basée sur l’anticipation de certaines dépenses qu’il faudrait de toute façon engager pour lutter contre la pauvreté, privilégiant la prévention à la prise en charge ultérieure.

Évidemment, en ce temps-là, il n’y avait de richesses que celles effectivement tangibles, palpables, que l’on pouvait quantifier sur la base d’une contrepartie physique avérée, dont l’or faisait partie. Aujourd’hui, c’est plus compliqué… et en même temps, beaucoup plus simple pour qui n’a pas de scrupules à agiter la carotte de la démagogie. Sauf que la carotte est au bout du bâton de la réalité, et quand il s’abat sur les ânes qui ont cru pouvoir manger gratis, le coup est dur.

Endetter les Français dès leur majorité

François Hollande est donc en train de réfléchir à un pseudo patrimoine universel, distribué par conséquent à tout individu, qu’il soit riche ou pauvre, afin de bien démarrer dans la vie. Quel est le problème, me demanderez-vous ? Tout simplement qu’en guise de “patrimoine”, notre président envisage plutôt d’endetter chaque Français atteignant la majorité en lui octroyant un prêt initial (qu’on suppose donc sans conditions), garanti par l’État et que chacun pourra utiliser comme il l’entend. En gros, l’équivalent à l’échelle institutionnelle d’une carte de crédit.

Et c’est là que le bât blesse. À deux niveaux au moins.

Tout d’abord, même si les banques se frottent déjà les mains à l’idée de gagner brusquement plusieurs centaines de milliers de nouveaux clients chaque année sans risque de défaillance (les prêts étant donc garantis par l’État), elles s’interrogent néanmoins sur la source de financement de cette mesure. Certes, elles ne sont pas les dernières à créer de l’argent à partir de rien du tout, mais sur le plan politique, l’engagement de l’État doit au moins avoir une contrepartie cohérente avec le niveau de risque sur d’éventuels défauts de remboursement. Va-t-on mettre les contribuables une fois de plus à l’amende, sous le prétexte de la solidarité nationale ? Va-t-on au contraire contraindre les banques elles-mêmes à provisionner lesdites défaillances, le temps que l’État actionne son obligation de garantie ? S’agira-t-il de prêts à taux nul (ce qui serait logique dans le contexte) ? Autant d’interrogations sur cette idée qu’on devine être une forme de réponse adressée aux chantres du Revenu Universel qui, à droite comme à gauche, surfent sur la gestion économique calamiteuse de l’actuel quinquennat pour proposer des alternatives déroutantes.

Une énième bévue politique et sociale

Second problème, en se lançant sur ce terrain, François Hollande commet une erreur à la fois politique et sociale, pour ne pas dire humaine. Politiquement, on sent qu’il arrive au bout de ses idées et qu’il “tente des trucs” pour remonter son retard sur tous les autres candidats, déclarés ou non, à la présidentielle de 2017. Non seulement c’est irréfléchi, mais c’est également presque méprisant pour les “sans-dents” qu’il ne voit finalement que comme un troupeau prêt à adhérer à toute mesure suffisamment marquée à gauche, sans même s’interroger sur ses conséquences à moyen ou long terme. Et un endettement pour se lancer dans la vie active, c’est quand même un sacré boulet dès le départ.

De la même façon, François Hollande semble abandonner l’idée d’un État providence sur lequel il a pourtant basé sa carrière politique ainsi que son programme électoral en 2012. Désormais, plutôt que d’envisager d’accompagner socialement les jeunes dans l’acquisition d’un logement, la poursuite de leurs études, ou encore la recherche d’un emploi, il semble aujourd’hui se contenter de leur proposer une somme d’argent (mais un prêt, hein, pas un don, il est très clair sur la question) pour qu’ils se prennent en charge tout seuls comme des grands. Plus ultra-libéral que ça, c’est rare…

Une nouvelle source potentielle d’inégalités

L’ennui, c’est que, si une telle mesure devait voir le jour, alors on aurait une partie des bénéficiaires de ce “patrimoine” universel qui le feraient en effet fructifier, en se faisant sans doute accompagner, mais il y a de grandes chances aussi que la plupart de ceux qui se précipiteront pour réclamer leur dû (François Hollande veut que ce soit un droit offert à tous) le dilapideront rapidement avec l’inconséquence et l’insouciance de la jeunesse. Car il ne faut pas oublier que les premiers à en bénéficier seront bien évidemment les jeunes en difficulté, ceux qui auront par exemple décroché du système scolaire, ou ceux qui n’auront pas forcément d’horizon socio-professionnel particulièrement favorable. Le genre de public que l’idéologie d’un président de gauche va très logiquement vouloir favoriser en priorité. Et c’est louable. Mais comment croire que ces personnes, à qui on donnera brusquement le droit de dépenser une somme d’argent plus ou moins importante, probablement sans encadrement ni contrôle, le feront avec raison ? Au final, et c’est là sans doute la plus grave erreur derrière cette idée, ce pseudo patrimoine universel, bien loin de résorber les inégalités, ne fera que les accentuer en créant une nouvelle sorte de pauvres, surendettés dès leur majorité.

Le vrai patrimoine financier n’est pas universel

Enfin, le patrimoine (sauf historique ou culturel) ne saurait être universel. Il est au contraire essentiellement rattaché à l’individu. Ici, on nous propose ni plus ni moins de faire financer par l’État (donc par la collectivité) un socle commun de richesses susceptibles d’être utilisées sans restriction par certains individus, avec tous les abus et les errements que cela implique. Le monde a déjà connu cela : ça s’appelait le communisme d’État, et ça n’a pas fait que des heureux.

Pour un vrai patrimoine, libre de toute entrave et à l’abri des bouleversements politiques ou économiques, la meilleure solution consiste encore à se constituer peu à peu, pour soi ou pour ses enfants (afin qu’ils puissent par exemple démarrer sereinement dans la vie), un petit capital constitué de valeurs sures, intemporelles et inaltérables. Et force est de constater que, depuis quelques millénaires maintenant, on n’a encore rien inventé de mieux que l’or et l’argent.

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A propos de Anthony Alberti

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Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

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