Immobilier versus or en 2012

par | 9 Mar 2012 | Patrimoine | 0 commentaires

Temps de lecture : 5 minutes

Le marchĂ© de l’immobilier – valeur refuge phare des Français – mĂ©rite que l’on s’y attarde un peu, car nous sommes peut-ĂȘtre en train d’assister au dĂ©gonflement d’une bulle. Si la France compte plus de millionnaires que ses voisins, c’est grĂące – ou Ă  cause – du prix qu’a atteint l’immobilier en France. Et lorsque les prix de la pierre dĂ©gringoleront, y’aura-t-il autant de millionnaires ? Notre dossier fait le point sur un placement incontournable des Français, en comparaison avec l’or.

Les Français, leur patrimoine et l’immobilier

Selon l’INSEE, une bonne moitiĂ© des Français ont un bien immobilier. Sur ces 58%, 11% dĂ©tiennent de l’immobilier locatif, dont les deux tiers sont entre les mains des 10% les plus fortunĂ©s.

En septembre 2011, une Ă©tude demandĂ©e par le cabinet immobilier Orpi rĂ©vĂ©lait que les Français avaient – Ă  ce moment-lĂ  en tout cas – confiance dans le placement immobilier, plus que dans les produits d’épargne proposĂ©s par les banques. Comme l’a dĂ©montrĂ© le retrait massif de liquiditĂ©s suite Ă  la clĂŽture de bon nombre d’assurances vie Ă  la mĂȘme pĂ©riode.

Toujours selon cette mĂȘme enquĂȘte, l’immobilier arriverait ainsi en tĂȘte des placements les plus sĂ»rs  des Français, Ă  39%. Plus les revenus du foyer sont Ă©levĂ©s et plus cette tendance est confortĂ©e.
– viennent ensuite les livrets et comptes-Ă©pargne  Ă  29%.
– les assurances-vie Ă  19%
– les actions Ă  2%
– et les obligations Ă  2%.

Mais attendez, il ne manque pas quelque chose ? Un actif tangible hautement fiable
 l’or bien sĂ»r ! MĂȘme auprĂšs des instituts de sondage, le sujet est tabou ! Dans le livre rĂ©cemment Ă©crit par Didier Bruneel (ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Banque de France), « Les Secrets de l’or Â», l’or des particuliers en est un des mieux gardĂ©s.

Aujourd’hui, on estimerait la dĂ©tention d’or par les particuliers, rĂ©partis dans des coffres et des bas de laine, entre 2500 Ă  5000 tonnes d’or, soit plus que les rĂ©serves de la Banque de France ! Qu’est-ce qu’on l’on peut en dĂ©duire ? Que les Français ont aussi confiance dans l’or comme valeur refuge, mais ils ne le disent pas, ou les instituts de sondage prennent garde de ne pas les questionner sur le sujet.

En tout cas en 2012, contrairement à l’or, c’est la pierre qui fait grise mine. Non, ce n’est plus la poule aux Ɠufs d’or dans le locatif et vu les prix actuels, l’achat d’un bien d’habitation va revenir plus cher qu’à la revente.

La fin de la hausse des prix ?

L’Espagne connait un effet « subprimes Â», comme aux Etats-Unis en 2008, Ă  cause de la toxicitĂ© des emprunts immobiliers. MĂȘme si le marchĂ© de l’immobilier français est plus sain que celui de son voisin ibĂšre, celui-ci a affichĂ© des profits records en 2011 qui annoncent la fin de petits jeux spĂ©culatifs.

LĂ  oĂč la masse totale des profits de 1999 Ă  2009 Ă©tait de 17%, celle de l’immobilier a augmentĂ© de 60% ! Selon une Ă©tude du DAL, cela reprĂ©senterait « 64,7 milliards d’euros de profits monĂ©taires (
) engendrĂ©s en France en 2010 par la location de logements, de locaux Ă  usage professionnel ou par des activitĂ©s d’intermĂ©diation sur le marchĂ© immobilier Â», soit, selon l’économiste Pierre Concialdi, « 33 milliards de surprofit Â».

Ces chiffres traduisent clairement la spĂ©culation immobiliĂšre des 12 derniĂšres annĂ©es et la bulle qui l’accompagne. Pourtant, selon l’INSEE en mai 2011, la hausse des prix de l’immobilier Ă©tait plus relative Ă  une pĂ©nurie de logements qu’à la spĂ©culation immobiliĂšre.

Sauf que le prix de l’immobilier a atteint un sommet qui ne peut dĂ©sormais que redescendre. Rien Ă  voir avec la volatilitĂ© du cours des actions ou les micros baisses du cours de l’or au sein d’un marchĂ© haussier sain. La hausse continue des prix du logement depuis une bonne dizaine d’annĂ©es ne peut aboutir qu’à une chute irrĂ©mĂ©diable du marchĂ© de l’immobilier, dĂ©jĂ  amorcĂ©e.

Les tendances nĂ©gatives de l’immobilier

Une fiscalitĂ© dĂ©savantageuse, un pouvoir d’achat en berne, une Ă©conomie qui s’essouffle et des taux de crĂ©dit moins favorables ont eu raison de la santĂ© du secteur.

A part un trĂšs lĂ©ger recul des prix l’étĂ© 2009, les prix de l’immobilier sont passĂ©s en moyenne de 1600€ le mÂČ en 2001 Ă  3584€ en 2011 pour des appartements (source Century 21), avec une hausse rĂ©guliĂšre et continue jusqu’à dĂ©cembre 2011.

Pour le moment, la baisse des prix n’est pas encore visible, elle le sera probablement plus dans 6 Ă  9 mois. Le marchĂ© se trouve actuellement dans une pĂ©riode de crispation oĂč aucun des protagonistes de la vente immobiliĂšre n’ose dĂ©gainer le premier : ni le vendeur qui attend l’acheteur au prix fort, ni l’agence immobiliĂšre qui attend l’acheteur solvable, ni le banquier qui rougit des taux qu’il propose.

C’est de ce dernier dont on peut clairement percevoir un signe des temps qui courent : le banquier ne court pas aprĂšs le client pour lui parler de crĂ©dit immobilier.

RĂ©sultat, les Français ne veulent plus acheter. Selon une Ă©tude publiĂ©e par l’IFOP en fĂ©vrier pour Explorimmo, les intentions d’achat immobilier des Français sont en baisse. « 7 français sur 10 jugent le contexte Ă©conomique ambiant peu propice Ă  un Ă©ventuel achat immobilier Â».

Cette tendance attentiste se traduit par une baisse de la demande. Elle se lit clairement dans l’enquĂȘte trimestrielle de conjoncture dans la promotion immobiliĂšre publiĂ©e en janvier 2012 par l’INSEE :

Conjoncture de l'immobilier en 2012 d'aprĂšs l'INSEE

La FNAIM table aussi sur un immobilier Ă  la baisse en 2012. La FĂ©dĂ©ration Nationale de l’Immobilier prĂ©voit 100 000 opĂ©rations de moins qu’en 2011, soit une baisse de 15%.

Tendance de la demande de logements neufs - INSEE

La seule bonne nouvelle pour les acheteurs, les prix de l’immobilier vont donc commencer Ă  baisser en 2012, de 5% selon la FNAIM jusqu’à 15% selon des Ă©conomistes. En tout cas, aucune hausse n’est envisagĂ©e dans l’annĂ©e Ă  venir. On peut mĂȘme Ă©voquer le dĂ©but d’un marchĂ© baissier.

L’immobilier, encore un bon placement ?

  • Une fiscalitĂ© dĂ©savantageuse

Comme nous l’avait dĂ©jĂ  expliquĂ© Charles Sannat, Directeur des Etudes Ă©conomiques d’AuCOFFRE.com fin fĂ©vrier, la fiscalitĂ© de l’immobilier en 2012 ne peut qu’entraĂźner un ralentissement du marchĂ©, surtout en ce qui concerne le locatif Ă  des fins de rendement.

Avec la fin du PTZ+, la taxe sur les plus-values des rĂ©sidences secondaires, et la fin du dispositif Scellier n’encourage pas les potentiels acheteurs Ă  passer Ă  l’acte.

  • Des taux dĂ©favorables

De plus, la hausse des taux de crĂ©dits Ă  moins de 4% sur vingt ans sont en voie d’extinction. Les taux des prĂȘts auraient augmentĂ© d’au moins 0,65 point depuis 2010. Or, « 1 point d’augmentation des taux empĂȘcheraient prĂšs de 20% des acquĂ©reurs potentiels d’effectuer un achat immobilier car ils ne seraient pas solvables Â» nous expliquait Charles Sannat. Pire, le montant des crĂ©dits immobiliers se sont littĂ©ralement effondrĂ©s en janvier, enregistrant une baisse de 26%.

De plus, il s’avĂšre qu’en cas de crise dĂ©flationniste comme on pourrait trĂšs bien s’y attendre en 2012, l’immobilier trĂšs peu liquide par nature, est avant dernier sur l’échelle des biens « vendables Â» dans un tel contexte, lĂ  oĂč l’or, premier bien vendable en cas de crise, est le bien le plus liquide, comme le montre la fameuse pyramide inversĂ©e de John Exter.

Pyramide inversée de John Exter

Pyramide inversée de John Exter

L’immobilier reste donc un bon placement dans le cadre de l’achat d’une rĂ©sidence principale, dans l’optique d’avoir un toit, mais les nouvelles mesures fiscales et l’augmentation des taux d’intĂ©rĂȘt ne vont pas favoriser les primo-accĂ©dants. L’or reste indubitablement la valeur refuge liquide par excellence, sĂ©cable et accessible Ă  tous : nul besoin de s’endetter pour investir dans l’or. AuCOFFRE.com propose mĂȘme des produits d’épargne basĂ©s sur l’or Ă  partir d’un gramme


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Faure, Jean-François
Jean-François Faure. PrĂ©sident d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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