Le marchĂ© de lâimmobilier â valeur refuge phare des Français â mĂ©rite que lâon sây attarde un peu, car nous sommes peut-ĂȘtre en train dâassister au dĂ©gonflement dâune bulle. Si la France compte plus de millionnaires que ses voisins, câest grĂące â ou Ă cause â du prix quâa atteint lâimmobilier en France. Et lorsque les prix de la pierre dĂ©gringoleront, yâaura-t-il autant de millionnaires ? Notre dossier fait le point sur un placement incontournable des Français, en comparaison avec l’or.
Les Français, leur patrimoine et lâimmobilier

Selon lâINSEE, une bonne moitiĂ© des Français ont un bien immobilier. Sur ces 58%, 11% dĂ©tiennent de lâimmobilier locatif, dont les deux tiers sont entre les mains des 10% les plus fortunĂ©s.
En septembre 2011, une Ă©tude demandĂ©e par le cabinet immobilier Orpi rĂ©vĂ©lait que les Français avaient â Ă ce moment-lĂ en tout cas â confiance dans le placement immobilier, plus que dans les produits dâĂ©pargne proposĂ©s par les banques. Comme lâa dĂ©montrĂ© le retrait massif de liquiditĂ©s suite Ă la clĂŽture de bon nombre dâassurances vie Ă la mĂȘme pĂ©riode.
Toujours selon cette mĂȘme enquĂȘte, lâimmobilier arriverait ainsi en tĂȘte des placements les plus sĂ»rs des Français, Ă 39%. Plus les revenus du foyer sont Ă©levĂ©s et plus cette tendance est confortĂ©e.
– viennent ensuite les livrets et comptes-Ă©pargne Ă 29%.
– les assurances-vie Ă 19%
– les actions Ă 2%
– et les obligations Ă 2%.
Mais attendez, il ne manque pas quelque chose ? Un actif tangible hautement fiable⊠lâor bien sĂ»r ! MĂȘme auprĂšs des instituts de sondage, le sujet est tabou ! Dans le livre rĂ©cemment Ă©crit par Didier Bruneel (ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Banque de France), « Les Secrets de lâor », lâor des particuliers en est un des mieux gardĂ©s.
Aujourdâhui, on estimerait la dĂ©tention dâor par les particuliers, rĂ©partis dans des coffres et des bas de laine, entre 2500 Ă 5000 tonnes dâor, soit plus que les rĂ©serves de la Banque de France ! Quâest-ce quâon lâon peut en dĂ©duire ? Que les Français ont aussi confiance dans lâor comme valeur refuge, mais ils ne le disent pas, ou les instituts de sondage prennent garde de ne pas les questionner sur le sujet.
En tout cas en 2012, contrairement Ă lâor, câest la pierre qui fait grise mine. Non, ce nâest plus la poule aux Ćufs dâor dans le locatif et vu les prix actuels, lâachat dâun bien dâhabitation va revenir plus cher quâĂ la revente.
La fin de la hausse des prix ?
LâEspagne connait un effet « subprimes », comme aux Etats-Unis en 2008, Ă cause de la toxicitĂ© des emprunts immobiliers. MĂȘme si le marchĂ© de lâimmobilier français est plus sain que celui de son voisin ibĂšre, celui-ci a affichĂ© des profits records en 2011 qui annoncent la fin de petits jeux spĂ©culatifs.
LĂ oĂč la masse totale des profits de 1999 Ă 2009 Ă©tait de 17%, celle de lâimmobilier a augmentĂ© de 60% ! Selon une Ă©tude du DAL, cela reprĂ©senterait « 64,7 milliards d’euros de profits monĂ©taires (âŠ) engendrĂ©s en France en 2010 par la location de logements, de locaux Ă usage professionnel ou par des activitĂ©s d’intermĂ©diation sur le marchĂ© immobilier », soit, selon lâĂ©conomiste Pierre Concialdi, « 33 milliards de surprofit ».
Ces chiffres traduisent clairement la spĂ©culation immobiliĂšre des 12 derniĂšres annĂ©es et la bulle qui lâaccompagne. Pourtant, selon lâINSEE en mai 2011, la hausse des prix de lâimmobilier Ă©tait plus relative Ă une pĂ©nurie de logements quâĂ la spĂ©culation immobiliĂšre.
Sauf que le prix de lâimmobilier a atteint un sommet qui ne peut dĂ©sormais que redescendre. Rien Ă voir avec la volatilitĂ© du cours des actions ou les micros baisses du cours de lâor au sein dâun marchĂ© haussier sain. La hausse continue des prix du logement depuis une bonne dizaine dâannĂ©es ne peut aboutir quâĂ une chute irrĂ©mĂ©diable du marchĂ© de lâimmobilier, dĂ©jĂ amorcĂ©e.
Les tendances nĂ©gatives de lâimmobilier
Une fiscalitĂ© dĂ©savantageuse, un pouvoir dâachat en berne, une Ă©conomie qui sâessouffle et des taux de crĂ©dit moins favorables ont eu raison de la santĂ© du secteur.
A part un trĂšs lĂ©ger recul des prix lâĂ©tĂ© 2009, les prix de lâimmobilier sont passĂ©s en moyenne de 1600⏠le mÂČ en 2001 Ă 3584⏠en 2011 pour des appartements (source Century 21), avec une hausse rĂ©guliĂšre et continue jusquâĂ dĂ©cembre 2011.
Pour le moment, la baisse des prix nâest pas encore visible, elle le sera probablement plus dans 6 Ă 9 mois. Le marchĂ© se trouve actuellement dans une pĂ©riode de crispation oĂč aucun des protagonistes de la vente immobiliĂšre nâose dĂ©gainer le premier : ni le vendeur qui attend lâacheteur au prix fort, ni lâagence immobiliĂšre qui attend lâacheteur solvable, ni le banquier qui rougit des taux quâil propose.
Câest de ce dernier dont on peut clairement percevoir un signe des temps qui courent : le banquier ne court pas aprĂšs le client pour lui parler de crĂ©dit immobilier.
RĂ©sultat, les Français ne veulent plus acheter. Selon une Ă©tude publiĂ©e par lâIFOP en fĂ©vrier pour Explorimmo, les intentions dâachat immobilier des Français sont en baisse. « 7 français sur 10 jugent le contexte Ă©conomique ambiant peu propice Ă un Ă©ventuel achat immobilier ».
Cette tendance attentiste se traduit par une baisse de la demande. Elle se lit clairement dans lâenquĂȘte trimestrielle de conjoncture dans la promotion immobiliĂšre publiĂ©e en janvier 2012 par lâINSEE :
La FNAIM table aussi sur un immobilier Ă la baisse en 2012. La FĂ©dĂ©ration Nationale de lâImmobilier prĂ©voit 100 000 opĂ©rations de moins quâen 2011, soit une baisse de 15%.
La seule bonne nouvelle pour les acheteurs, les prix de lâimmobilier vont donc commencer Ă baisser en 2012, de 5% selon la FNAIM jusquâĂ 15% selon des Ă©conomistes. En tout cas, aucune hausse nâest envisagĂ©e dans lâannĂ©e Ă venir. On peut mĂȘme Ă©voquer le dĂ©but dâun marchĂ© baissier.
Lâimmobilier, encore un bon placement ?
- Une fiscalité désavantageuse
Comme nous lâavait dĂ©jĂ expliquĂ© Charles Sannat, Directeur des Etudes Ă©conomiques dâAuCOFFRE.com fin fĂ©vrier, la fiscalitĂ© de lâimmobilier en 2012 ne peut quâentraĂźner un ralentissement du marchĂ©, surtout en ce qui concerne le locatif Ă des fins de rendement.
Avec la fin du PTZ+, la taxe sur les plus-values des rĂ©sidences secondaires, et la fin du dispositif Scellier nâencourage pas les potentiels acheteurs Ă passer Ă lâacte.
- Des taux défavorables
De plus, la hausse des taux de crĂ©dits Ă moins de 4% sur vingt ans sont en voie dâextinction. Les taux des prĂȘts auraient augmentĂ© d’au moins 0,65 point depuis 2010. Or, « 1 point dâaugmentation des taux empĂȘcheraient prĂšs de 20% des acquĂ©reurs potentiels dâeffectuer un achat immobilier car ils ne seraient pas solvables » nous expliquait Charles Sannat. Pire, le montant des crĂ©dits immobiliers se sont littĂ©ralement effondrĂ©s en janvier, enregistrant une baisse de 26%.
De plus, il sâavĂšre quâen cas de crise dĂ©flationniste comme on pourrait trĂšs bien sây attendre en 2012, lâimmobilier trĂšs peu liquide par nature, est avant dernier sur lâĂ©chelle des biens « vendables » dans un tel contexte, lĂ oĂč lâor, premier bien vendable en cas de crise, est le bien le plus liquide, comme le montre la fameuse pyramide inversĂ©e de John Exter.
Lâimmobilier reste donc un bon placement dans le cadre de lâachat dâune rĂ©sidence principale, dans lâoptique dâavoir un toit, mais les nouvelles mesures fiscales et lâaugmentation des taux dâintĂ©rĂȘt ne vont pas favoriser les primo-accĂ©dants. Lâor reste indubitablement la valeur refuge liquide par excellence, sĂ©cable et accessible Ă tous : nul besoin de sâendetter pour investir dans lâor. AuCOFFRE.com propose mĂȘme des produits dâĂ©pargne basĂ©s sur lâor Ă partir dâun grammeâŠ






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