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L’ American Eagle ou Aigle américain des États-Unis.

Samedi, novembre 21st, 2009
L'Eagle est la pièces d'or américaine la plus vendue dans le monde aujourd'hui.

L'Eagle est la pièces d'or américaine la plus vendue dans le monde aujourd'hui. Avers du millésime 1995.

A ne pas confondre avec les anciennes Liberty, l’Eagle moderne est elle aussi une très belle pièce américaine.

Elle fait sa première sortie en 1986, frappée par le « United States Mint » à West Point, New-York.

Elle devient très rapidement une monnaie « bullion » d’investissement majeure, connue et reconnue dans le monde entier. L’Eagle est la concurrente du Krugerrand Sud-Africain qu’elle supplantera dans le coeur des investisseurs jusqu’à la fin de l’Apartheid.

Il s’en vendra presque 1,3 millions à sa sortie.

Cette monnaie de 22 carats est frappée en plusieurs modules et valeurs faciales différentes; 5$, 10$, 25$ et donc 50$. Toutes titrées à 916,67°/oo d’or, ce sont des pièces résistant très bien à l’usure.

L’avers est inspirée du design de la 20$ or frappée celle-ci entre 1907 et 1933, représentant la « Liberty » du célèbre sculpteur américain Augustus Saint-Gaudens.

Sur le revers, sculptée par Miley Busiek, un nid d’aigles, symbole de la famille traditionnelle américaine et de l’unité nationale.

L’Eagle se caractérise par:
capturer

C’est une très belle pièce de diversification, dont le prix et la prime peuvent grimper en fonction de l’offre et de la demande. Elle a tendance à suivre le cours du Krugerrand mais il est possible de la voir plus chère à l’achat en période de forte demande. Il est normal que les pièces d’un module plus petit se retrouvent avec des primes et des différentiels de prime plus élevés que ce que l’on observe sur la pièce d’une once.

Revers de l'Eagle 50 dollars US

Revers de l'Eagle 50 Dollars US.

Elle a de très bonnes qualités pour l’investissement, que vous soyez novice ou expérimenté car cette pièce est reconnue dans le monde entier, et circule sur les meilleurs marchés d’investissement.

En juillet 2009 se sont vendues aux US 86 000 pièces d’un once contre 47 000 en juillet 2008, démontrant en ces périodes difficiles l’intérêt de l’investissement à l’or et de cette pièce proprement dite.

Cette pièce est une véritable alternative au Kruggerand du fait de sa reconnaissance universelle.

Natacha FAURE

Le Souverain. La pièce d’or préférée de la Reine d’Angleterre.

Mardi, octobre 13th, 2009
Pièce d'or de type Souverain Elizabeth II - Avers

Pièce d'or de type Souverain Elizabeth II - Avers créé par Mary Gillick (1881-1965)

Le Souverain anglais est une pièce d’or très intéressante pour l’investissement dans le métal précieux. Même si elle a un peu perdue de sa superbe, cette pièce était la plus connue au monde avant l’arrivée du « roi dollar » dans les années 30.

L’histoire du Souverain de 1489 à nos jours.

Créée en 1489 à la demande du Roi Henry VII, la version moderne telle qu’on la connait aujourd’hui apparait en 1817. La mythique figure de St George pourfendant le dragon y est représentée au revers. Encore recherché dans le monde entier, le Souverain d’aujourd’hui contient 0.235421 once d’or.

Le premier Souverain fut frappé en 1496 pour le roi alors en place, Henry VII.

Il représentait Henry VII sur l’avers et une rose –symbole des Tudor- ainsi que l’écusson royal sur le revers. Aucune valeur n’était gravée sur la pièce. Les Souverains ont continué d’être frappés par les différents monarques succédant à Henry VII jusqu’à la fin du règne d’Elizabeth Ier en 1603.

 

L’origine du nom viendrait du fait que le souverain régnant figurait obligatoirement sur l’avers de la pièce. Il est également avancé que le roi Henry VII, voulant démontrer la souveraineté de l’Angleterre dans le monde d’alors, aurait nommé cette pièce ainsi pour prouver la puissance et la splendeur de son royaume, notamment face à l’Espagne et au Portugal.

En 1817, les Souverains ont de nouveau cours légal dans le pays. Cela fait partie d’une réforme monétaire majeure conduite par le Directeur de l’hôtel de la Monnaie Royale ou Royal Mint (équivalent de la Monnaie de Paris en France) d’alors, William Wellesley Pole.

Un jeune graveur italien du nom de Benedetto Pistrucci (1783-1855) fut nommé pour créer le dessin de revers du nouveau Souverain, le fameux St George terrassant le dragon. Bien qu’il se soit vu infligé quelques modifications au cours des années, le dessin est essentiellement le même aujourd’hui. On peut y voir une volonté de témoigner de la grandeur de St George.

D’autres types de revers ont été utilisés, notamment durant les règnes de William IV, Victoria, George IV et Elizabeth II. D’autre part, l’écusson royal a pu changer de format entre le premier souverain de 1489 et aujourd’hui. Par contre, le principe de la représentation du souverain régnant sur l’avers de la pièce a toujours été et est toujours respecté.

Les Souverains or furent retirés de la circulation au début de la Grande Guerre en 1914 bien que la production fut assurée par la Monnaie Royale (Royal Mint) jusqu’en 1917. En effet, c’est en 1914 que l’Angleterre abandonne l’or comme unité monétaire. Elle continue néanmoins de fabriquer des monnaies à l’effigie de l’empire mais en quantités restreintes.

Revers du souverain classique. Oeuvre de Benedetto Pistrucci (1783-1855)

Revers du souverain classique. Oeuvre de Benedetto Pistrucci (1783-1855)

Les Souverains qui ne furent pas fabriqués par la Monnaie Royale à Londres portent une marque indiquant l’endroit où ils ont été frappés (on peut citer Melbourne, Sydney, Perth, Bombay, Ottawa et Pretoria par exemple). Cette production extérieure à la Grande Bretagne est définitivement arrêtée en 1932.

Petite parenthèse anecdotique : en 1933, les Etats-Unis d’Amérique retirent les Souverains de la circulation. A cette occasion, des millions de Souverains ont été refondus en lingots d’or.
Si les USA possédaient tant de Souverains, c’est qu’ils commerçaient beaucoup avec l’Angleterre au XIXème siècle, les masses monétaires échangées étant alors importantes entre les 2 pays.

En 1957 , la Monnaie Royale décide de reprendre la frappe de Souverains pour d’une part satisfaire la demande mondiale et d’autre part, pour stopper la contrefaçon venant d’Italie et de Syrie qui va bon train depuis l’arrêt de la production en 1917. Ces nouvelles pièces ne sont pour autant pas remises en libre circulation. La production ralentit ensuite fortement et ne représente que des modèles d’essais, destinés au marché des collectionneurs et numismates. Les Souverains or destinés à l’investissement sont produits à nouveau dès 2000.

En plus du Souverain, la Monnaie Royale frappa aussi des monnaies de 10 shillings (demi Souverains), des monnaies de deux livres (double Souverains) et de cinq livres (quintuple Souverains). Seuls les Souverains et les demi-Souverains ont été frappés communément pour la circulation monétaire. Ces derniers sont ceux qui ont le plus circulé dans l’Angleterre victorienne.

Jusque dans les années 30/40, le souverain fut la pièce d’or la plus demandée et la plus réputée au monde. Pour preuve, cette histoire racontée par Timothy Green dans son livre à propos de l’or : « Le fils d’un riche industriel en savon et en huile demeurant à Salonique, en Macédoine, rappelle ainsi ses souvenirs : ” Ma famille a transformé toute sa fortune en souverains avant l’invasion allemande, au cours de l’hiver 1941. Nous avions au moins 3 000 souverains cachés derrière l’encadrement des portes. A chaque coup de vent, ma mère se précipitait pour voir sí l’argent n’était pas tombé. Dès que les Allemands sont arrivés, ils ont occupé l’usine et, sans ce pécule, nous serions morts de faim. Une fois par an, nous démontions les portes pour prendre l’argent qui nous permettait de vivre. Bien que nous ne nous en soyons pas rendu compte sur le moment, la majeure partie de nos parents et de nos amis avaient agi de même. Mais mon grand-père, qui avait fait confiance à la monnaie grecque, se retrouva avec des liasses de billets sans valeur, et perdit toute sa fortune. »

Dessins figurant sur les Souverains et dates:

souverains

Spécificités techniques du Souverain moderne (d’après 1817)

souverains1817

Le titre des souverains est de 916,67 °/oo. cela veut dire que pour 1000 grammes de souverain, il y a 916,67 grammes d’or pur, le reste étant un alliage à base de cuivre pour renforcer la pièce. L’or pur est mou, et donc fragile dans le cas d’une monnaie qui était prévue initialement pour circuler de mains en mains.

Comment repérer une pièce contrefaite ?

Comme nous l’avons dit précédemment, de nombreuses contrefaçons du souverain ont été fabriquées notamment en Italie et en Syrie. Pour éviter de vous faire avoir, mieux vaux s’adresser à un professionnel.

Etant réalistes, nous avons tout de même établi une liste des choses à vérifier lorsque vous vous trouvez face à un Souverain :

- Le toucher de la pièce : les faux ont en général un toucher très velouté et des contours plus tranchants que les vrais.

- Le son de la pièce : prenez une pièce dont vous êtes certain qu’elle ne soit pas fausse, placez là en équilibre au bout de l’index et frappez en légèrement le bord avec une autre pièce ou bien le bout d’un stylo bille. Ecoutez le son. Reproduisez le geste avec la pièce pour laquelle vous avez des doutes. Si le son est différent, il est fort probable que la pièce soit fausse.

- Vérifiez les dates de production à l’aide du tableau présenté ci-dessus : souvent les faux sont produits au cours d’années où les vrais ne le sont pas !

- Vérifiez les marques de fabrication (différents monétaires), s’il n’y a pas de marque, vérifiez que la Monnaie Royale de Londres produisait des Souverains l’année en question.

- Poids, taille et épaisseur à vérifier avec le tableau ci-dessus.

Bien que la liste ci-dessus soit réalisée pour le Souverain anglais, vous pouvez l’appliquer en l’adaptant un peu à bien d’autres pièces !

Investir ou ne pas investir dans le Souverain : telle est la question, en France.

Anglais et Français n’aborderont pas l’achat de cette pièce pour les même raisons. Au-delà de l’aspect patriotique, les anglais sont fiscalement poussés à posséder des souverains car la loi permet que les plus-values réalisées sur la revente de ces pièces ne soient pas taxée. C’est une véritable aubaine fiscale qui rend tout de suite les autres pièces (Krugerrand, Eagles, Napoléons) largement moins intéressantes même si elles rentrent elles aussi dans le cadre de l’or d’investissement (sans, TVA, comme en France).

En France, cette pièce est taxée à la revente de la même manière que les autres pièces d’or . Aussi, pour l’épargnant « mangeur de grenouilles », cette pièce est à voir comme une diversification lorsqu’on possède déjà suffisamment de Napoléons, Krugerrands et autres Eagles, et que l’on souhaite jouer sur les effets de la prime.

D’abord, son âge vénérable fait du Souverain or anglais une des pièces les plus recherchées tant par les numismates que par les investisseurs. Si son prix fluctue avec le cours de l’or comme toutes les pièces rentrant dans la catégorie de l’or d’investissement, ce n’est pas l’unique variable entrant en ligne de compte. En effet, la pièce pourra bénéficier d’une prime assez élevée en cas de crise. Nous ne répéterons jamais assez l’importance de la notion de prime dans l’achat de pièces d’or et aussi la notion de différentiel de prime. Prenons un exemple très récent : En 2009, les pièces de souverain or de collection se revendaient en Angleterre à environ £299 pour un contenu en or de 0,23 once. Une once d’or se vendait à un prix d’environ £ 600, soit £150 pour 0,23 once selon une règle de trois toute simple. Cela revient à dire qu’en 2009, le Souverain valait deux fois sa valeur réelle en or. Convaincus ? Evidemment, il faut savoir détecter les moments où la prime instantanée se rapproche le plus possible de la prime de fond (qui est de 0 en France et un peu plus élevée au Royaume -Uni) afin d’acheter au meilleur moment et ainsi avoir la possibilité de démultiplier sa valeur en cas d’explosion de prime lors d’une crise.

Acheter la pièce avec la prime la plus basse n’est pas nécessairement le meilleur calcul. Ce qu’il faut, c’est acheter la pièce avec le meilleur différentiel de prime. Qu’en est-il dans le cas du souverain ? Sur ce plan, le souverain s’en tire pas trop mal en France avec un différentiel d’environ 20% (c’est ce que l’on a observé au coeur de la crise, le 10 octobre 2008, au moment où le napoléon s’envolait). Ce qui en fait un placement légèrement moins intéressant que le napoléon 20F, mais finalement un très bon choix alternatif à notre pièce nationale. Par contre, avec 29% de différentiel, le demi-souverain possède un potentiel de hausse côté prime sensiblement plus élevé. Ceux qui en possèdent lorsque le monde s’écroule réaliseront de meilleures affaires que ceux qui n’auraient que de la Marianne en coffre. Comme nous l’avions déjà dit, n’achetez pas qu’un seul type de pièce, diversifiez ! (Lisez l’article à ce propos)

De même que ce n’est pas en Suisse qu’il faut acheter les Vrénélis pour y faire de bonnes affaires, ce n’est pas non plus en Angleterre que vous trouverez à bon prix les souverains. La France est plutôt bien placée côté tarif justement car la prime y est faible; les français préfèrent acheter des napoléons 20F et aujourd’hui des krugerrands. La prime traduisant notamment la pression de la demande sur l’offre, il est normal qu’une pièce nationale coûte souvent moins cher dans les autres pays.

Au-delà de l’offre et la demande, la prime dépend aussi de la qualité et de l’état de la pièce.

Bien qu’il n’y ait pas de classification officielle, nous allons essayer de faire un parallèle entre la classification d’usage au Royaume Uni avec celle en place en France :
-Uncirculated (UNC) => Fleur de Coin (FDC)
-Extra Fine (EF) => Superbe (SUP)
-Very Fine (VF) => Très Très Beau (TTB)
-Fine (F)=> Très Beau (TB)

Vous consulterez avec intérêt notre article sur dédié à la qualité des pièce et vous y verrez que la classification américaine est encore différente et qu’il faut donc faire attention aux confusions.

Même si les Souverains anciens furent produits en quantité beaucoup plus importante que les Souverains modernes, il est beaucoup plus difficile de trouver des pièces de grande qualité datant des XVIIème ou XVIIIème siècles. Les pièces d’avant 1817 ne nous intéresseront pas dans une logique d’investissement car elles sortent de la catégorie de l’or d’investissement et sont alors concernées par la TVA

Les Souverains de haute qualité datant des règnes de George III, George IV ou William IV sont extrêmement rares. Des pièces qualifiées SUP ou EF se trouvent encore mais sont assez rares, leur prime étant importante. Les pièces FDC ou UNC sont extrêmement rares pour ces périodes et leur prime atteint des sommets. En 2004 par exemple, un Souverain George IV daté 1825 s’est vendu à £14 950 !

Les premiers Souverains de la période victorienne sont très recherchés et là encore la prime d’une pièce de qualité SUP ou EF sera très élevée. L’extrême rareté des pièces FDC ou UNC de cette période justifie une prime extrêmement haute. Bien que les Souverains récents de la période victorienne soient moins rares que les plus anciens, il est tout de même peu commun d’en trouver de très haute qualité, la prime restera donc élevée.

En revanche, les Souverains datant des règnes d’Edouard VII et George IV sont relativement faciles à trouver en qualité SUP ou EF, la prime est de fait moins élevée que dans les cas précédents. Les pièces FDC ou UNC sont fortement primées par contre, comme dans le cas des Souverains de la période victorienne.

Notons qu’aucun Souverain n’a été produit au cours du règne d’Edouard VIII, mais quelques pièces officielles ont été frappées. Si une de ces pièces venait à être vendue, la prime atteindrait là encore des sommets du fait de l’extrême rareté de ces pièces.

Au cours du règne de George VI, seuls des pièces de collection ont été frappées pour célébrer son couronnement. Cet ancêtre du coffret collector d’aujourd’hui (nous n’avons décidemment rien inventé !) se trouve encore avec des pièces de qualité FDC. Inutile de vous dire que la prime est élevée, je suis sûre que vous vous en doutiez.

Lors de sa réintroduction au début du règne d’Elizabeth II, le Souverain fut produit en quantité beaucoup moins importante qu’auparavant, ce qui est somme toute logique étant donné qu’il n’est pas destiné à la libre circulation.

Bien qu’en quantité réduite, ces pièces se trouvent globalement mieux conservées que les plus anciennes, du fait qu’elles aient été moins échangées, etc.… Vous les trouverez ainsi assez facilement en qualité FDC ou UNC. La prime sera bien sûr moins importante que pour les pièces FDC des périodes précédentes mais elles restent sans aucun doute un investissement de qualité et valable sur le long terme. De plus, de part leur notoriété mondiale, elles continueront d’être recherchées et ce de plus en plus au fil des années. La prime augmentera donc nécessairement.

Pour faciliter vos recherches, nous avons dressé une liste des Souverains qu’il vaut vraiment la peine de chercher (et trouver) pour qui veut investir dans les pièces d’or. Les Souverains 1817, qui sont les premiers Souverains modernes, les pièces de qualité FDC ou UNC des règnes de George II, George IV et William IV (si vous trouvez des pièces de qualité SUP ou EF, n’hésitez pas non plus). Le Souverain Victoria de 1838, le Souverain 1841, qui est le Souverain Victoria le plus rare. Souverain 1917 frappé à Londres, car c’est la dernière année de production du Souverain par la Royal Mint. Et pour finir, le Souverain Elizabeth II daté de 1989 pour la commémoration du 500ème anniversaire de la fameuse pièce !

Pour conclure sur tout cela, vous l’aurez certainement deviné, le Souverain est une excellente pièce d’investissement. D’une part, à courte échéance et surtout si votre pièce est de grande qualité, la prime sera plutôt élevée (dépendant de la date de frappe). De plus, il est probable que tant que l’Angleterre conservera sa devise, les Souverains continueront d’être frappés par la Monnaie Royale pour le plus grand bonheur des collectionneurs, investisseurs et autres enthousiastes. Et si un jour l’Angleterre décidait de se convertir à l’Euro, vous serez bien chanceux d’avoir dans votre « porte-monnaie » quelques unes des pièces anglaises devenues de véritables icônes…

Mise à jour du 03/10/2013

Et maintenant, un peu de numismatique !
Le Souverain, pièce préférée des Anglais a ses raretés, ses pièces fautées, ses particularités qui font prendre à la pièce une valeur inestimable.

C’est par exemple le cas des souverains Edouard VII, particulièrement prisés en Inde (l’un des deux plus gros marchés de l’or et ancienne colonie britannique). C’est un effet l’un des rares souverains dont le profil de monarques est tourné vers la droite, ce qui est supposé porter bonheur, et c’est un monarque masculin qui plus (les femmes ont hélas la fâcheuse réputation de porter malheur).

C’est une pièce qui prend facilement 10% de valeur en plus des autres souverains, en raison du marché indien.

Les souverains plus rares et bien plus anciens sont datant de l’époque d’Henry VII, le « fondateur » des sovereigns en 1489.

Les Anglais vouent un véritable culte à ces pièces d’or. Les souverains d’or du roi Henry VII sont des raretés légendaires et sont d’une grande importance historique. 4 de ces inestimables souverains appartenant à la collection de pièces en or de la Loi britannique ont été vendues lors d’enchères à Chicago le 13 août 2013 pour des sommes faramineuses.

Rien qu’un seul de ces quatre souverains Henry VII a vendu pour 499 375 $ ! Le souverains d’or de type Trois a été vendu pour 58750 $, celui de type Quatre a rapporté 223 250 $ et celui de type Cinq 49 938 $. Un joli pactole pour les quatre, ce qui atteste encore une fois de la prépondérance des pièces britanniques dans le monde entier, avec les valeurs historiques et culturelles qu’elles véhiculent avec elles.

Vous lirez avec intérêt cet article : Le Souverain britannique : la pièce d’or qui ouvre toutes les portes.

[MAJ du 16/01/2014]

La Royal Mint en rupture de souverains pour 2014. Le 08 janvier dernier, le site d’informations économiques et de finances Bloomberg a fait savoir que la Monnaie Royale Britannique était déjà en rupture de stock de souverains, la monnaie historique de la Grande-Bretagne, pour l’année 2014.
Les bas prix de l’or ont en effet engendré une demande exceptionnelle des souverains d’or ayant conduit à une rupture pour les six premiers mois de l’année.
La Royal Mint a déclaré qu’elle attendait de nouveaux stocks de pièces à la fin du mois de janvier. En revanche, les stocks de Britannia, en or et en argent, sont disponibles, mais le souverain, qui véhicule l’histoire du Royaume-Uni depuis 1000 ans semble avoir plus de succès que sa petite soeur (avec un titre pourtant plus élevé en métaux précieux) !

L’once d’or a enregistré la plus forte baisse depuis 1981 à 1,182.27 $ l’once, le 31 décembre dernier. C’est la première baisse annuelle de l’once d’or depuis 2000, après 12 années haussières.

De son côté, l’US Mint a vendu 56 000 onces d’American Eagle pièces d’or en décembre, la plupart depuis juin, contribuant ainsi à un gain de 14% des ventes sur son site internet. La Perth Mint (Australie) a vendu 41% d’or en plus en 2013 et les importations de la Turquie ont grimpé de 64% le mois dernier, atteignant son plus haut niveau depuis juillet.

Article par Kathy Winn, Anaïs Bourdon et Jean-François Faure

Le supercycle sur le marché immobilier et comparaison avec l’or

Vendredi, août 21st, 2009

Le supercycle sur le marché immobilier est plus court que les supercycles sur les actions et l’or, et, malgré ce que l’on pourrait croire, il n’est pas corrélé aux deux actifs précédents. A noter que le marché du logement en France a subi de nombreuses distorsions entre 1914 et 1948, du fait des contrôles fréquents des prix des loyers par l’Etat, rendant délicate toute étude sur cette période. Le creux séculaire de 1951 correspond ainsi avec le début d’un marché haussier de rattrapage, très puissant, jusqu’en 1967.

Le supercycle sur le marché immobilier est évidemment dépendant de la zone géographique considérée, mais on peut observer, dès le milieu des années 60, une synchronisation entre les zones Etats-Unis-Europe, du fait de la synchronisation de leurs économies. La forte correction actuelle sur le marché américain n’est pas de bon augure pour le marché français. A plus forte raison si l’on considère que lors du dernier sommet de supercycle, au début des années 90, le marché français affichait déjà un retard de deux ans sur le marché américain (voir graphique plus loin), comme c’est le cas actuellement.

Le supercycle est mis en évidence avec le ratio Propriété/revenu des ménages, qui est le résultat de la division du prix moyen d’un logement par le revenu annuel moyen disponible des ménages. Idéalement, les prix du logement devraient suivre l’évolution du pouvoir d’achat des ménages, ou plus précisément le revenu disponible de ceux-ci, une fois déduits les impôts et autres frais incompressibles. Une hausse des prix plus forte que celle du revenu disponible sur une longue période (comme c’est le cas depuis 2000) trahit une situation de bulle immobilière, alimentée par une hausse de l’endettement des ménages pour combler le gap entre la stagnation du pouvoir d’achat et la hausse des prix du logement. Ci-dessous, une visualisation de ce supercycle pour la France.

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Le ratio est complètement sorti du tunnel qui avait cours de 1965 à 2003, signe d’une spéculation intense, suite à la politique d’argent facile des banques centrales pour relancer la croissance en 2003. Aujourd’hui, le marché défie toujours la pesanteur grâce à des taux d’intérêts très bas, mais son renversement est déjà effectué, et la prochaine remontée des taux d’intérêts accélérera la tendance. En effet, le prochain cycle d’inflation et la remontée des taux sont quasiment garantis, suite aux mesures exceptionnelles prises par les banques centrales et les gouvernements en 2008-2009. Nous pouvons raisonnablement nous attendre à un prochain creux sur le marché de l’immobilier vers 2013-2015.

Comparaison immobilier/or et objectifs de prix pour l’or

Même si l’immobilier et l’or sont deux actifs qui évoluent de façon indépendante, on peut former le ratio Propriété/or, qui mesure le prix d’une maison en termes d’or, afin de déceler un éventuel supercycle :

maisonus

Nous voyons que le supercycle que l’on obtient évolue en tandem avec celui de l’or, car le supercycle de l’or est beaucoup plus puissant que le supercycle de l’immobilier. Cela dit, ce graphique est très intéressant car il nous montre que la maison familiale américaine est généralement bon marché en termes d’or lorsqu’elle coûte moins de 100 onces d’or (environ 3kg).

Nous pouvons répéter l’exercice avec une maison familiale en Angleterre, et nous obtenons un cycle synchrone, mais d’amplitudes différentes. Vendre l’immobilier anglais pour acheter de l’or en 2005 aurait été digne de figurer comme transaction de la décennie, au même titre que celle de William Bonner en 2000, lorsqu’il recommandait de vendre les actions pour acheter de l’or.

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Ici aussi, on peut dire que la maison familiale anglaise est bon marché lorsqu’elle coûte moins de 100 onces d’or.

Je n’ai pas de graphique aussi complet pour le marché français, mais on peut s’attendre à un supercycle synchrone avec les deux précédents, du moins depuis les années 50. Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est la valeur du creux de 1980 pour le marché français, qui pourrait nous donner une idée de la valeur que nous pourrions atteindre lors du prochain creux de 2013-2015 sur l’immobilier.

Le graphique suivant montre justement qu’en 1980, le prix d’un logement standard (moyenne des prix pour un logement) en France coûtait pratiquement le même prix qu’un logement standard en Angleterre. Nous pourrions donc arriver au même prix plancher en termes d’or pour la maison familiale en France, soit 100 onces d’or (ou environ 3kg d’or), vers la fin de la phase descendante du supercycle.

prixlogement

Nous sommes en présence d’une équation à trois inconnues : le prix de l’or, le prix de la maison en euros et le prix de la maison en onces d’or. En connaissant deux variables, on peut déterminer la troisième, par exemple le prix moyen de la maison familiale. En supposant qu’une maison nous coûte 100 onces d’or et que le prix de l’or reste au niveau actuel, nous avons :

comparaisons

Au prix actuel de 660€ l’once d’or, notre maison familiale en France devrait atteindre un prix de (660 €/once) X (100 onces) = 66’000€, en 2013-2015, pour valoir 100 onces d’or, ce qui semble irréaliste ! En revanche, si on pense que le prix de la maison familiale ne peut pas baisser à moins de 200’000€ en 2013-2015, on devrait arriver à un prix de l’or de 2000€ l’once, en gardant toujours les 100 onces d’or comme objectif de prix, soit un potentiel de hausse de trois fois.

La période 2013-2015 sera tout à fait singulière, car elle pourrait voir converger le sommet du supercycle sur l’or et le creux du supercycle sur l’immobilier, ce qui n’est encore jamais arrivé depuis que l’or a été « exclu » du système monétaire en 1971 ! En 1980, le marché de l’immobilier établissait un sommet de cycle, conjointement au marché de l’or. Et pourtant, c’est à cette période de prix élevés pour l’immobilier que l’on pouvait acheter une maison familiale pour seulement 100 onces d’or ! Si cette fois le marché de l’immobilier se trouve en creux de cycle au moment où le marché de l’or se trouve en sommet de cycle, le prix en termes d’or pour une maison pourrait toucher un creux historique beaucoup plus bas que 100 onces.

En se basant sur l’historique de ces supercycles, le prix de l’or en termes d’euros aurait un potentiel d’appréciation de trois fois à l’horizon 2013-2015, en valeur corrigée de l’inflation, et le prix d’une maison familiale pourrait coûter à un certain moment moins de 3kg d’or.

maisonvacantes

Quant au marché immobilier américain, l’offre beaucoup plus grande de logements vacants risque de causer également un creux historique en termes d’or ces prochaines années (voir le graphique précédent).

Il ne serait pas étonnant de voir une maison familiale se vendre pour moins de 2kg d’or (64 onces) au plus fort de la baisse pour le marché immobilier (ou de la hausse pour l’or). Sachant que le prix moyen d’une maison familiale aux USA est actuellement de $170’000 (elle valait $250’000 au plus haut en 2005), il faudrait que le prix de l’or atteigne $2’643 pour que la maison américaine coûte 2kg d’or, tout en conservant son prix de $170’000. Etant donné que le prix du logement aux USA, en termes de revenu disponible pour les ménages, est revenu dans son tunnel de long terme, ce prix est de l’ordre du possible.

prixmaisonus

Si l’on considère que l’inflation des prix risque de repartir aux USA dans les années à venir, nous pourrions voir les prix de tous les biens repartir à la hausse, y compris ceux de l’immobilier, et cela pourrait porter le prix de l’or bien plus haut en termes de dollars. Toutefois, ce raisonnement porte à penser que l’appréciation du prix de l’or en termes de dollars constants (valeur corrigée de l’inflation) ne dépasserait vraisemblablement pas trois fois (à moins d’un effondrement historique du ratio Propriété/or aux USA). Toute appréciation supplémentaire se ferait en termes de monnaie dépréciée et non en terme de pouvoir d’achat.

Cette étude comparative nous porte aussi à penser que l’appréciation du prix de l’or en termes d’euro, peut être aussi forte que l’appréciation du prix de l’or en termes de dollar, en valeurs corrigées de l’inflation.

La seconde partie de la phase descendante du cycle de Kondratieff risque de se montrer beaucoup plus difficile à vivre que la première, car, comme nous venons de le voir, le supercycle sur le marché immobilier était en phase ascendante, de 2000 à 2007, et avait atténué l’impact de la crise boursière 2001-2002. Malheureusement, le marché de l’immobilier vient de rejoindre les marchés boursiers dans leur phase descendante, et cette traversée du désert, main dans la main, risque de durer jusqu’en 2015. Tant que le peuple peut garder l’illusion de s’enrichir quelque part (au moins sur l’immobilier jusqu’en 2007), son moral en tant que consommateur reste au beau fixe, mais lorsqu’il réalise qu’il devient de plus en plus pauvre, à tout point de vue, et que son emploi est menacé, il coupe ses dépenses, et participe à l’accélération de la crise.

Evidemment, ces raisonnements s’appuient sur un historique qui ne se répétera pas forcément de façon identique, ainsi que sur la perception cyclique que j’ai des comportements humains sur les marchés financiers. Cela laisse une certaine marge d’erreur. Mais je reste confiant dans l’hypothèse qu’une fois qu’une tendance de long terme est amorcée, elle finit toujours par aller jusqu’à un point extrême, que ce soit une valeur très bon marché pour l’immobilier, très bon marché pour les actions et très chère pour l’or. Cela est déjà arrivé plusieurs fois dans le passé, et cela n’a aucune raison de ne pas se reproduire, étant donné la nature immuable de la psychologie humaine. Ayons la modestie de reconnaître que nous ne sommes ni pires ni meilleurs que les générations précédentes, et basons-nous sur l’observation que les cycles se répètent, immuablement.

La théorie des supercycles sous-entend, pour que son modèle prévisionnel fonctionne, que plusieurs variables évoluent dans des limites acceptables. Il faut en particulier que la psychologie des individus ne change pas (les individus pourraient devenir plus sages et raisonnables à l’avenir) et que la structure de la société (démocratie, capitalisme) soit préservée. Ce sont deux points qui ont peu de chance de changer, surtout le premier, mais il faut prendre garde à certaines autres variables qui pourraient rompre le cycle dans un sens ou dans l’autre.

Je pense au problème du pic pétrolier, au problème de l’accroissement démographique, et au problème du dérèglement climatique. Malheureusement, ces trois inconnues penchent dans le même sens : elles pourraient prolonger considérablement la présente phase descendante du cycle de Kondratieff.

Le cycle de Kondratieff débute à l’ère du capitalisme, mais si on prend encore plus de recul sur l’histoire humaine, l’ère du capitalisme n’est peut-être qu’un cycle à l’intérieur d’un plus grand. L’explosion démographique, et les pressions énormes sur les ressources et l’environnement qui vont en découler, vont mettre à rude épreuve le modèle capitaliste de notre société de consommation.

Sans pétrole bon marché, nous risquons de nous diriger vers une décroissance économique durant plusieurs générations. Les énergies renouvelables sont beaucoup plus coûteuses à produire que le pétrole, dépendent du pétrole pour être produites, et ne pourraient jamais le remplacer entièrement ! Il faudrait que l’homme puisse découvrir une nouvelle source d’énergie bon marché, comme la fusion thermonucléaire (l’énergie du soleil), mais les physiciens ne pensent pas pouvoir la domestiquer avant 50 ans au moins…

population

Sommes-nous des générations « produites » avec du pétrole bon marché ? Devons-nous notre nombre à cette énergie du soleil, mise en conserve sous l’écorce terrestre pendant des millions d’années, et gaspillée en quelques décennies? Lorsque l’on compare le graphique du haut avec le graphique du bas, on peut se légitimement se demander si le graphique du bas ne va pas ressembler à celui du haut…

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L’or est le seul survivant à toutes les crises qu’ont traversé les sociétés humaines depuis des milliers d’années. Et les crises qui arrivent sur nous durant cette phase descendante du cycle pourraient surprendre, par leur brutalité, bien des personnes qui se sont mises dans la tête que notre société moderne n’a plus rien à faire avec l’histoire, sinon nous apporter davantage de luxe, de confort, et de richesses (vestiges psychologiques de la phase ascendante du cycle 1982-2000). Il n’est pas trop tard pour acheter un peu d’or, à titre d’assurance financière, car la purge du système est loin d’être terminée !

Mises en garde habituelles

Faites vos propres recherches. Je ne peux pas être tenu pour responsable de vos décisions d’investissement. Discutez avec votre conseiller en placement avant toute décision d’investissement.

LIRE LA PREMIERE PARTIE DE CET ARTICLE : Les supercycles

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

La fête continue pour les banquiers

Vendredi, juillet 24th, 2009

Ils s’étaient engagés à mettre un frein à leur avidité. Mais, à peine sauvés de la faillite à coups de milliards de fonds publics, les banquiers ont repris leurs bonnes vieilles habitudes : accumuler des profits à tout prix.
Souvenez-vous, c’était à Londres début avril. Les maîtres du monde, réunis au G20, promettaient, croix de bois, croix de fer, de mettre fin aux scandales de la finance mondialisée, aux excès de l’argent fou, aux dérives du « toujours plus » (de fric). Enfin, on allait encadrer les rémunérations des banquiers, coupables de pousser «à une prise de risques excessifs». Enfin, on allait contrôler les bonus déments des traders. Enfin, on allait mettre un terme à l’avidité et à la cupidité de ces financiers gavés de primes extravagantes, de stock-options indécentes et de parachutes dorés sur tranche. Pure illusion ! A peine sauvés de la faillite à coups de milliards de fonds publics, banquiers et traders ne pensent qu’à une chose : s’en remettre plein les poches, tout de suite, maintenant, sans même attendre une hypothétique sortie de crise. Surtout, que tout recommence comme avant, que la fête continue !

Depuis quelques semaines, les exemples se multiplient des deux côtés de l’Atlantique. Dernier en date : la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, qui a pourtant échappé au pire grâce aux 10 milliards de dollars déboursés par le contribuable. Ses dirigeants de l’époque avaient d’ailleurs profité de l’aubaine puisque, selon le Financial Times, ils auraient vendu en pleine tourmente quelque 700 millions de dollars d’actions qu’ils détenaient. Quelques mois plus tard, Goldman Sachs a recouvré la santé. Comment ? Essentiellement en prêtant très cher à ses clients de l’argent qu’elle emprunte à très bas coût auprès de la
Réserve fédérale, c’est-à-dire l’Etat. La banque a même annoncé vouloir s’acquitter au plus tôt de ses dettes envers le gouvernement. Bonne nouvelle, se dit-on. Erreur. Cet empressement à rembourser n’abuse que les naïfs. Il s’agit, pour le patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, de s’affranchir des contraintes liées à cette aide publique, à commencer par le plafonnement des rémunérations.

Extrait d’un article écrit par EMMANUEL LÉVY, HERVÉ NATHAN ET MARC PERELMAN pour le magazine MARIANNE du 18 au 24 juillet 2009

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La consolidation de l’or analysée par Léonard Sartoni

Jeudi, juillet 9th, 2009

Je ne suis pas du tout surpris par la faiblesse de l’or ces derniers jours. Comme anticipé dans mon dernier suivi, nous devrions toucher un dernier creux cet été avant d’entamer la prochaine hausse, qui devrait nous porter bien au-delà de $1000. Fondamentalement, rien n’a changé, bien au contraire, mais le cours de l’or a consolidé pour plusieurs raisons :

1. La consolidation sur l’or nécessitait un peu plus de temps pour réparer les dégâts techniques de l’automne passé. Plus longue sera la base établie à ces niveaux, et plus haut ira le prochain mouvement de hausse.

2. Tant que l’or n’est pas engagé dans une impulsion de hausse majeure, il est susceptible de revenir à ses moyennes mobiles de long terme, comme la moyenne mobile exponentielle à 200 jours ou la moyenne mobile à 325 jours. Ces deux moyennes sont aujourd’hui à $897 et $881, respectivement. L’or pourrait même baisser jusque vers $845-$850 (environ 580 euros), sans que cela soit considéré comme « anormal » d’un point de vue consolidation et volatilité pour ce métal. Mais mes fenêtres d’achat sont situées à $900 et 650 euros, parce que j’estime que ces niveaux offrent de très bons points d’entrée pour le moyen et long terme.

3. L’été est habituellement une mauvaise saison pour l’or. Il faut souvent attendre la fin du mois d’août pour voir les acheteurs revenir dans ce marché. Traditionnellement, ce sont les Indiens qui reviennent en septembre et qui font grimper les prix avec leurs achats en prévisions de la saison des fêtes et des mariages. J’ai l’impression que les investisseurs ont fini par intégrer cela dans leurs modèles de trading, et ont tendance à éviter d’entrer dans le marché de l’or en été, ce qui cause une réduction des volumes.

4. Pratiquement tous les analystes du marché de l’or avaient remarqué la figure potentielle de tête-épaules inversée, figure de retournement haussière, avec comme cible $1’300. Pratiquement tous attendaient fébrilement la cassure des $1000 pour voir les $1’300 être servis sur un plateau pour le dessert. Malheureusement, les choses ne sont jamais aussi simples. Le marché de l’or est beaucoup plus irrationnel et imprévisible, et nous pouvons être certains que lorsque tout le monde s’attend à une cassure à la hausse, le prix nous fait un majestueux pied de nez, en dessinant une dernière pointe baissière! J’ai l’impression qu’une correction sur l’or attend toujours deux choses pour se terminer : qu’elle ait causé suffisamment de pertes aux derniers venus qui ont acheté sur le dernier sommet (c’est chose faite en 2008 avec un creux à $680) ET qu’elle ait duré suffisamment longtemps pour renverser le sentiment chez les habituels suiveurs du marché de l’or. En principe, une correction ne prend fin qu’avec un sentiment déprimé, et une nouvelle hausse ne débute que dans le scepticisme général. Je pense qu’un pic de baisse jusqu’à $900-$880 sera nécessaire pour éliminer le trop plein d’optimisme de ces derniers mois, mais il est aussi possible que nous descendions plus bas, même si ce n’est pas le scénario que je privilégie. En termes d’euros, je vois le risque maximal à 625 euros environ.

5. Je pense que nous nous trouvons dans l’oeil du cyclone de la crise. Les marchés boursiers ne savent plus trop dans quelle direction aller, et tout le monde attend les prochaines statistiques pour savoir si le pire est derrière ou devant nous. Le marché de l’or est dans cette même hésitation. Il y a les fondamentaux de long terme qui vont sans aucun doute pousser le prix de l’or à la hausse ces prochaines années (inflation de la masse monétaire, achats massifs d’or de certaines banques centrales, aggravation de la dette de certains Etats, dégradation de la confiance des investisseurs dans le dollar et dans toutes les autres devises, prolongation de la crise, dégoût total sur les marchés boursiers, qui sont encore loin d’avoir touché un point bas en termes de valorisations, …). Mais sur le court terme, nous pourrions tout à fait voir un rebond sur le dollar et une reprise des craintes concernant la déflation, ce qui pèserait un peu sur le cours de l’or, qui n’a pas encore le statut de valeur refuge supérieure au cash. Lorsque vous voyez avec quel empressement les gens sont capables de vendre leurs vieux bijoux en or contre du cash (phénomène en hausse depuis la crise), vous comprenez que nous sommes encore loin de la fin du marché haussier sur l’or! En revanche, lorsque le cash deviendra suspect et qu’on s’empressera de l’échanger contre de l’or, de l’argent ou n’importe quoi d’autre de tangible, nous serons arrivés vers la fin de ce marché haussier. Mais ce ne sera pas avant de nombreuses années, car en se basant sur l’histoire des grands cycles économiques, et sur de nombreux ratios, le cycle haussier de l’or est loin d’être parvenu à son terme!

6. Les commerciaux étaient massivement vendeurs nets sur le marché des contrats à termes sur l’or (COMEX). L’or peut grimper malgré cela, mais en principe, c’est un signal de mise en garde, car les commerciaux gagnent souvent leurs paris. Inversement, lorsqu’ils sentent que le prix a touché un plancher en béton armé (au-delà duquel les acheteurs sont trop nombreux et les mettent en danger), ils débouclent leurs positions et cela envoie un signal d’achat sur un de mes indicateurs. La dernière fois qu’un signal d’achat a été produit par cet indicateur, c’était le 7 novembre 2008, dix jours ouvrables après que l’or ait touché son creux à $680. Il est fort possible que nous recevions un dernier signal d’achat avec cet indicateur avant de briser définitivement les $1000. Si un tel signal nous parvient, alors il faudra se montrer agressivement acheteur d’or physique, car de tels signaux d’achat sont rares (entre 1 et 2 signaux d’achat par année). Je vous en tiendrai informé.

7. L’or recyclé était en forte hausse en début d’année, et il paraîtrait (à vérifier) que pour cause de crise du secteur, même les fabricants de montre de luxe déstockent en envoyant à la fonderie leurs dernières créations en or : http://www.migrosmagazine.ch/index.cfm?id=24940

Ce type de recyclage représente bien entendu une composante très faible de l’offre totale d’or dans le monde ! Quoiqu’il en soit, le marché mondial de la joaillerie est en berne pour cause de crise. La demande de bijoux a fortement chuté, et n’aide pas à soutenir le prix de l’or si la demande d’investissement connaît un creux passager, comme c’est le cas depuis le début du mois de juin.

Pour le plus long terme, je m’attends à ce que la demande d’investissement pour l’or finisse par dépasser la demande en or de joaillerie. Pensez par exemple que la Chine devrait encore acheter au moins 4’000t d’or pour faire passer ses réserves d’or à 10% de ses réserves de change. Pensez aussi que l’or ne représente encore qu’une infime part dans l’allocation de la fortune mondiale :

goldassets

Voilà pour les raisons de la faiblesse passagère de l’or. La bonne nouvelle est que nous nous approchons d’une fenêtre d’achat pour l’or en termes d’euros (650 euros), de dollars ($900), et que nous sommes déjà dedans en termes de francs suisses (1000 francs l’once). Voici le graphique en hebdomadaire que je postais le 22 juin sur le forum de crise-mondiale.fr

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Discussion sur les interventions possible du cartel de l’or (vous pouvez rajouter ou non cette rubrique si vous pensez que c’est assez clair pour les lecteurs

Certains pensent que le niveau des $1000 est défendu bec et ongles par le cartel de l’or, formé de certaines grandes banques comme JP Morgan et HSBC, les mêmes que l’on retrouve sous l’appellation de commerciaux et qui prennent autant de positions vendeuses sur le COMEX, et les mêmes qui sont dépositaires des avoirs en or physique des ETFs américains sur l’or et l’argent, GLD et SLV. Ce cartel serait l’idée de la Fed et du Trésor américain pour déprimer le marché de l’or et défendre la monnaie papier contre sa rivale, la monnaie or, en concurrence directe depuis 1971. Lorsque des mauvaises nouvelles arrivent pour le dollar et les marchés financiers, vous pouvez être certains d’assister à un coup de matraquage préventif sur le marché de l’or. Les vagues de ventes actuelles sur le marché de l’or pourraient être le fait de cette manipulation des prix par ces banques. Je n’étais pas très chaud pour défendre cette thèse il y a quelques années, mais les preuves ont fini par s’imposer à moi en observant minutieusement le marché et les mouvements de ces grandes banques (lire mon suivi n°19).

Toutefois, je pense qu’il n’y a plus grand chose à craindre de ce cartel. Sa dernière intervention sur le marché de l’or en octobre 2008 a été suivie de ce que l’on appelle une backwardation sur le COMEX, qui est un phénomène extrêmement rare pour l’or. Cette backwardation était le signe d’un assèchement du marché physique de l’or, résultat très probable de l’intervention du cartel. En clair, la situation de l’offre d’or physique ne correspondait plus à la fixation des prix sur le COMEX, car on craignait des difficultés d’approvisionnement en or physique à quelques mois ! Le cours de l’or est très vite revenu aux niveaux d’avant l’intervention dans les mois qui ont suivi.

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Je pense que les grandes banques qui jouent dans cette arène ont retenu la leçon, et éviteront de pousser le prix aussi bas cette fois, car elles se mettent en danger de mort en vendant à découvert une matière première qu’elles ne possèdent pas ! Elles jouent avec un effet de levier en vendant des quantités d’or papier, dont elles ne se montrent solvables que sur une fraction de la valeur !

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

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Les américains vendent leur or

Lundi, avril 27th, 2009
Les bijoux des américains partent à la fonderie

Les bijoux des américains partent à la fonderie

Alors que l’once d’or flirte avec les mille dollars, les Américains à la recherche d’un pécule en ces temps de disette ont trouvé une solution : vendre leur or.

Nous sommes dans le quartier des bijoutiers au centre-ville de Los Angeles. Dans cette fonderie, l’or est fondu et transformé en lingots. Rick Hessman est un bijoutier de Palm Springs en banlieue est de la métropole californienne. Il vient toutes les deux semaines à la fonderie pour faire fondre son or alors qu’avant il ne venait qu’une seule fois par an.
« Oui, je suis très content, car ce sont des revenus constants. C’est bon pour gens qui le vendent et c’est aussi bon pour les bijoutiers, comme moi, qui en tirent des bénéfices. »

Les temps difficiles incitent d’autant plus les gens à inspecter leurs fonds de tiroirs à la recherche de bagues, bracelets, montres, pièces et même dents en or qu’ils peuvent revendre à un bon prix. Même rachetés à 65% de la valeur du marché, les clients se succèdent pour revendre leurs vieux bijoux.

Si l’or cher avantage les consommateurs, il reflète aussi le mauvais état de l’économie. Rick Hessman : « Si le prix de l’or est élevé, ça veut dire que l’économie est en mauvais état, les gens n’ont pas confiance en l’économie traditionnelle et se reportent sur l’or, une valeur sûre. »

L’or est descendu sous la barre des mille dollars l’once en mars, mais les analystes estiment que le métal jaune, comme le pétrole, est voué à devenir de plus en plus cher. Une nouvelle ruée vers l’or des temps modernes.

Reportage de Cécile Grégoriadès

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L’inflation ou la mort

Mardi, avril 7th, 2009

Tous les gouvernements sont actuellement engagés dans des programmes de « quantitative easing » (politique monétaire non conventionnelle) ou si vous préférez d’impression monétaire pour lutter contre les forces déflationnistes. Le but ultime étant de dévaluer le pouvoir d’achat de leur monnaie, donc de réduire le poids de la dette, de soutenir le prix des actions et de l’immobilier par l’inflation, tout en décourageant l’épargne.

La dette totale des USA dépasse $60’000 milliards, soit quatre fois tout ce que le pays produit en une année ! Lorsque vous ne pouvez plus vous montrer solvable, il vous reste trois options :

1) augmenter les impôts,
2) l’inflation,
3) la faillite.

Augmenter les taxes étant impossible vu la situation délicate dans laquelle se trouvent le peuple américain et les entreprises du pays, la seule solution qui s’impose pour les USA (et le reste du monde) est l’inflation. Les politiciens l’apprécient car elle permet d’emprunter une somme d’argent qui achète une miche de pain et de rembourser cette même somme lorsqu’elle suffit tout juste à payer une tranche de pain !

La Fed montre une réelle application dans sa politique inflationniste, en ayant déjà doublé son bilan l’année dernière à $2’000 milliards, et nul doute que son bilan risque d’exploser dans les années à venir ! Après le krach de 1929, la Fed avait attendu jusqu’en 1933 pour adopter une politique de « quantitative easing », mais cette fois la réaction a été immédiate ! Plus le bilan de la Fed gonfle, plus grande est la quantité de dollars qui sont injectés dans les banques, puis dans l’économie. Pour l’instant, une grande partie de ces dollars sont encore retenus au niveau des banques, mais lorsqu’ils finiront par être déversés dans l’économie, les prix des biens et des services vont à nouveau prendre l’ascenseur : ce sera la partie visible de l’inflation pour le consommateur. Je dis la partie visible, car l’inflation est avant tout un phénomène monétaire.

Comme la masse monétaire n’a jamais cessé de croître, même durant la crise de l’automne dernier, nous pouvions bien nous douter que le chant des sirènes déflationniste n’était qu’une illusion ! Il existe en fait une réaction décalée dans le temps entre la croissance de la masse monétaire (l’inflation au sens strict du terme) et son effet sur les prix (l’inflation pour le public). Ce retard est de 1 à 3 ans, et correspond au temps qu’il faut pour que le nouvel argent diffuse dans toute l’économie. Je me base sur la croissance de la masse monétaire américaine TMS (True Money Supply), car les autres agrégats monétaires peuvent porter à discussion.

Croissance annuelle de TMS en %

Croissance annuelle de TMS en %

Nous voyons par exemple que la forte croissance de TMS en 2001-2004 nous a conduit à une forte hausse des prix des matières premières sur la période 2003-2007. Ensuite le ralentissement dans la croissance de TMS en 2005-2006 aurait pu nous mettre en garde contre un ralentissement dans l’effet visible de l’inflation autour de 2008-2009. Je ne dispose des données de TMS que jusqu’au mois d’octobre 2008, mais nous voyons que depuis l’automne 2008, la croissance de TMS a à nouveau accéléré. Nul doute que les renflouages, nationalisations, plans de relance et monétisations vont contribuer à porter la croissance de TMS à un niveau élevé dans les mois et années à venir.

Tous les pays qui ont contractés d’énormes dettes ces dernières décennies vont s’engager sur la même voie que les USA. Ils n’ont plus d’autre choix, s’ils veulent survivre, que de dévaluer leur monnaie. Même la Suisse s’est lancée dernièrement dans la dévaluation de son franc ! On risque donc d’assister à une dévaluation monétaire compétitive au niveau mondial, et la valeur de la seule devise qui ne pourra pas être dévaluée, l’or, va automatiquement grimper en termes de pouvoir d’achat dans toutes les monnaies. Les autres matières premières vont également voir leur prix grimper, comme résultat de la perte du pouvoir d’achat des monnaies.

Article écrit par Léonard Sartoni (extrait de son Suivi n°19 – en format PDF sur LORetLARGENT.info)

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

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La marche vers la dé mondialisation commence

Jeudi, mars 26th, 2009

Les choses semblent maintenant entendues : la grenouille ne peut se faire aussi grosse que le bœuf et l’Etat américain demande à la FED de monétiser la dette. L’annonce en est faite depuis le 18 mars dernier avec les quelque 300 milliards de dollars de bons du trésor émis contre création monétaire.Et probablement ne s’agit’ il que d’un acompte.

La suite est bien connue : recul du dollar sur les marchés des changes, hausse des cours des matières premières, inflation, etc. Le coût d’une telle décision est élevé, mais sans doute moins que celui de gérer honnêtement un deleveraging économiquement sanglant et laissant intacte une épargne chinoise désormais menaçante. L’avenir de la crise des années 2010 se jouera sur le registre géopolitique : l’empire américain ne peut se faire grignoter par l’émergence d’un concurrent asiate et il est probable que la Chine en acceptera temporairement le principe. LIRE LA SUITE SUR LE JOURNAL 2020-2080

Retour sur les enchaînements de la crise

Mardi, mars 24th, 2009

Vous étiez en vacances sur Mars depuis un an et vous ne comprenez pas pourquoi le monde se porte visiblement plus mal aujourd’hui. Petit retour sur les enchaînement de la crise. Proposé par une note de conjoncture de l’INSEE.

La crise financière s’est auto-entretenue et propagée dans un contexte de défiance généralisée.

Bien qu’elle ait paru initialement ne concerner que le marché des subprimes aux États-Unis, la crise s’est progressivement propagée à l’ensemble des marchés financiers et à l’économie « réelle » à travers un certain nombre de mécanismes.

Les défaillances des emprunteurs américains ont créé une baisse auto-entretenue des prix de l’immobilier. En effet, lorsque la dette d’un ménage américain est supérieure à la valeur de son bien immobilier, il a la possibilité d’annuler le remboursement de sa dette et de se faire saisir sa résidence, qui est alors mise en vente par le créancier. Ce mécanisme, en augmentant la quantité de biens immobiliers mis en vente, a entraîné à la baisse les prix de l’immobilier et accru le nombre de ménages arrêtant de rembourser leur dette, entretenant ainsi une spirale baissière. Les défauts sur les crédits immobiliers et les procédures de saisie se sont ainsi multipliés aux États-Unis.

La crise financière s’est progressivement répandue à l’ensemble des marchés financiers, en commençant par les États-Unis. Les primes de risque, c’est-à-dire le supplément de rémunération demandé par les prêteurs pour couvrir le risque de défaut, ont augmenté sur les produits issus de la titrisation, reflétant la révision à la hausse des probabilités de défaut et une moindre appétence pour le risque. Le manque de transparence, lié à la multiplication des intermédiaires entre le prêteur et l’emprunteur, a rapidement provoqué une crise de confiance : ne pouvant discriminer avec certitude entre les bons et les mauvais actifs, les agents économiques se sont détournés de classes entières d’actifs. Notamment, les titres adossés aux prêts immobiliers dont l’évaluation était jugée trop incertaine n’ont plus trouvé d’acheteur.

La comptabilisation des actifs à la valeur de marché (à l’exception de ceux explicitement acquis pour être conservés jusqu’à échéance) a contraint les banques à enregistrer immédiatement la chute de leur valeur. À partir de l’été 2007, les banques ont donc dû passer chaque trimestre dans leurs comptes des dépréciations d’actifs. Or les banques sont tenues de respecter des ratios dits « prudentiels » (ou
ratios de solvabilité), définis par une part minimale de capitaux propres relativement à leurs actifs auxquels on donne un poids d’autant plus fort que le risque associé est élevé, conformément aux critères dits « de Bâle ». En outre, le recours des banques à des sociétés intermédiaires leur avait permis de contourner cette réglementation en excluant certains actifs de leur bilan. Mais comme la perte de
valeur des actifs menaçait la survie de ces intermédiaires, les banques ont été contraintes de les réintégrer dans leur propre bilan, le détériorant d’autant. Afin de rétablir les ratios prudentiels, les banques ont vendu une part de leurs actifs,
tout en procédant à des augmentations de capital, accroissant ainsi l’offre de titres et entretenant la chute des marchés.
L’existence de ces intermédiaires étant source d’opacité et d’incertitude, un climat de défiance s’est alors installé entre les banques qui se sont notamment mises à refuser de s’échanger des liquidités entre elles. En témoignent notamment les écarts importants et persistants entre les taux directeurs et les taux d’intérêt interbancaires.

Le caractère mondial de la crise est un de ses traits les plus distinctifs, la majorité des pays étant affectés. Les crédits subprimes existent principalement aux États-Unis (et, sous des formes plus ou moins atténuées, dans quelques autres pays comme le Royaume-Uni) et les prêts ont été surtout le fait d’établissements américains. Cette crise s’est toutefois rapidement propagée à la fois du fait de l’interdépendance des institutions financières, de la titrisation qui permettait aux investisseurs d’accéder aux marchés immobiliers étrangers, et de la réévaluation
du prix du risque. La baisse du prix des actifs risqués aux États-Unis a affecté les banques européennes qui détenaient de tels actifs, diminuant leur demande et alimentant la chute des bourses européennes. À la suite des États-Unis, les marchés interbancaires en Europe ont donc été touchés par la crise de confiance.

D’autres actifs ont à l’inverse connu un regain de faveur, lié à la plus grande prudence des investisseurs. Cette prudence a notamment entraîné un report vers les marchés obligataires publics, les investisseurs préférant investir dans les obligations publiques, réputées plus sûres (phénomène dénommé « fuite vers la qualité »).

Les banques ont eu des difficultés à assurer l’équilibre de leur bilan, notamment au travers des opérations de refinancement qu’elles effectuent entre elles ou avec la banque centrale. Les banques centrales ont alors dû intervenir de façon massive et répétée dès l’été 2007. Elles ont réagi en augmentant les quantités de liquidités prêtées aux banques et en baissant les taux d’intérêt directeurs, les deux
actions étant parfois conduites simultanément.

Après une période de relative stabilisation courant 2008, les tensions sur les marchés financiers se sont à nouveau aggravées en septembre 2008 avec notamment la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers. Ses créanciers se sont retrouvés en difficulté. Les fonds d’investissement détenant, directement ou indirectement, des titres de Lehman Brothers, se sont retrouvés en manque de liquidités
et ont dû vendre des actifs, notamment des actions, pour rembourser leurs clients, alimentant ainsi les chutes des cours. En outre, Lehman Brothers étant connue comme contrepartie pour de nombreux contrats de gré à gré, le risque qu’un dénouement non ordonné de ces contrats mette à leur tour en danger les institutions financières concernées a paralysé les marchés interbancaires. La faillite de cette banque de premier plan a également conduit les investisseurs à revoir à la hausse les probabilités de défaut des autres banques, comme l’a révélé la hausse des écarts de taux entre les prêts interbancaires et les prêts accordés aux États.

Le regain d’aversion au risque a alors entraîné de nouvelles tensions sur les marchés actions et interbancaires mondiaux. Si les plans rapidement mis en oeuvre aux États-Unis et en Europe et l’action des banques centrales ont permis de diminuer significativement les tensions sur les marchés interbancaires dans les semaines suivantes, les marchés actions sont toutefois restés très instables depuis. Aux États-Unis, l’indice composite des prix d’actions Standard & Poor’s de décembre 2008 a ainsi accusé sa troisième plus forte chute depuis 1872, après les épisodes de 1932 et de 1938. Source : INSEE

L’or nazi – Histoire de l’or (6)

Dimanche, mars 22nd, 2009
Un lingot issu de l or volé aux pays envahis par les nazis

Un lingot issu de l or volé aux pays envahis par les nazis

A leur apogée en 1939, les Etats-Unis détiennent la moitié de tout l’or jamais exploité dans l’histoire, soit pratiquement 22000 tonnes. Alors que le monde s’extirpe difficilement de la grande dépression, une nouvelle crise s’avance à grands pas. Celle-ci menace la civilisation toute entière. Adolf Hitler prend le pouvoir alors que l’Allemagne est encore chancelante de sa défaite dans la première Guerre mondiale. Ses réserves d’or sont vides et sa monnaie sans valeur. Ayant promis de rendre au pays sa gloire initiale, Hitler entreprend de reconstruire l’empire germanique. Pour ce faire, il lui faut de l’or. Il est essentiel de comprendre que les réserves d’or de l’Allemagne en 1939 ne sont pas énormes, environ 200 millions de dollars et qu’elles ont été déjà largement engagées notamment dans la construction de la machine de guerre allemande. Par ailleurs, le pays ne peut plus acheter de produits manufacturés à l’étranger ni de matières premières de base avec son Reichsmark trop faible. Sa seule alternative reste l’or.

Aussi, au fur et à mesure qu’elle marche sur l’Europe, l’armée allemande pille au passage les réserves d’or des nations. En 1938, la Tchécoslovaquie avec ses 30 millions de dollars en or, en 1939 la Pologne avec 85 millions de dollars en or. En réalité, ça a commencé en 1938 avec l’Anschluss en Autriche. Ils ont d’abord pris l’or des Autrichiens, puis en 1939, ils se sont emparés des réserves tchèques en finissant d’occuper la Tchécoslovaquie, et au début de la guerre, chaque fois qu’ils se rendaient maîtres d’un pays, ils en pillaient l’or.

La plupart du butin d’Hitler est stockée dans les chambres fortes de la Reichsbank, à Berlin. Mais le vent commence à tourner pour ce Reich qui doit durer mille ans. Les bombardements intensifs menés jour et nuit par les forces alliées détruisent systématiquement la machine de guerre d’Hitler en la frappant au cœur, c’est-à-dire en anéantissant les infrastructures industrielles elles-mêmes bâties sur de l’or volé.

Le 3 février 1945 plus de 900 bombardiers alliés lâchent près de 2300 tonnes de bombes sur Berlin. La ville est réduite à l’état de cendres et de ruines, la Reichsbank est pratiquement détruite. En février 1945, ce qui restait des réserves d’or à la Reichsbank a probablement été chargé à bord de camions par des prisonniers, sans doute français, et acheminé jusqu’à Merkers au sud de l’Allemagne.

Ce printemps 1945, la troisième armée du général Patton s’avance sur l’Allemagne comme un mastodonte. Le 4 avril, elle entre dans la ville de Merkers. Des rumeurs y circulent sur une cargaison secrète parvenue récemment de Berlin et qui aurait été dissimulée tout près de là, dans une mine de potassium. Par curiosité, plusieurs GI décident de descendre mener l’enquête. A leur sortie du monte-charge, huit cents mètres plus bas, ils tombent nez à nez sur une énorme porte en acier. On envoie un message à Patton, que faut-il faire ? La réponse de Patton : « faites sauter la porte ». Le génie s’apprêtait à souffler la porte, quelqu’un a réalisé qu’un demi-bâton de dynamite suffisait pour faire sauter le mur juste à coté d’elle sans avoir à s’en faire pour la chambre-forte.

Dans la salle repose plus de 7000 sacs soigneusement empilés. Ce que les Américains trouvent à l’intérieur est tellement incroyable que trois hommes parmi les plus puissants du monde veulent le voir de leurs propres yeux. George Patton, son supérieur Bradley ainsi qu’Eisenhower, Commandant suprême des forces alliées en Europe. Le gratin s’est déplacé pour une scène hors du commun. Plus de 8000 barres d’or sous forme de lingots, 2000 sacs de pièces d’or: des reichsmarks, des souverains anglais, des napoléons, des pièces américaines de 20 dollars or et des centaines de sacs de pièces d’or provenant d’autres pays. En s’avançant vers le fond de la mine, Patton découvre la cache d’un sinistre butin.

Tout l’arrière de la chambre était constitué de biens qui avaient été volés aux victimes des camps de concentration. Il y avait là un empilement de valises remplies d’argenterie, d’alliances, de dents en or. Chaque sac, caisse ou malle avait été inventorié avec soin et estampillé d’une étiquette marquée Melmer. Melmer était l’officier SS allemand qui effectuait les allers et retours avec les camps de concentration pour ramasser tout ce qu’il pouvait comme dents en or, alliances, montres en or afin de les acheminer vers Berlin. Au cours de la guerre, il avait fait comme ça au moins 77 livraisons contenant le fruit de son pillage.

L’actif apporté au compte de Melmer se chiffre alors à plus d’un million de dollars américains. Aujourd’hui cette somme dépasserait le milliard, mais cette découverte n’est encore que la partie visible de l’iceberg. À la fin de la guerre, les Allemands avaient pillé pour environ 580 millions de dollars en or à travers les pays occupés. Là-dessus, on estime à une valeur de 450 millions de dollars l’or transféré pendant la guerre vers la Suisse ainsi que vers d’autres pays.

En 1946, on confie cet or à une commission internationale chargée de chiffrer les dommages aux victimes de l’Holocauste. L’excédent est remis à une commission alliée qui le redistribue aux nations volées. L’Europe est dévastée et se relève péniblement du second conflit mondial. Les Etats-Unis apparaissent alors comme le pays le plus riche de l’Histoire. Pour pouvoir reconstruire leur économie, les nations déchirées par la guerre sont contraintes d’acheter des dollars. Leur mode de paiement reste l’or. En conséquence, les réserves d’or des Etats-Unis montent en flèche.

La plus grosse part est ainsi stockée cinq niveaux sous Manhattan dans les chambres-fortes de la réserve fédérale. A l’époque, il y avait dans les sous-sols de Manhattan probablement près d’un quart ou du tiers de tout l’or extrait au fond des mines. (lire notre article : L’or de la réserve fédérale à New-York )

S’appuyant sur une telle quantité d’or, le dollar devient la devise la plus forte du monde. Les pays règlent leurs dettes en dollars et les gouvernements peuvent échanger leurs dollars pour de l’or. A l’instar du besant et du ducat, le dollar est l’espèce sonnante et trébuchante.

 [Mise à jour du 02/08/2013]

La prestigieuse Banque d’Angleterre a-t-elle contribué à écouler les stocks d’or volés par les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale ? Quel a été son rôle, pour le moins trouble à cette période ?
La Banque d’Angleterre a reconnu avoir transféré l’or de la Banque centrale tchèque (réquisitionné par les nazis après l’invasion de Prague le 15 mars 1939) qui se trouvait dans les coffres forts allemands.
Il ne s’agit pas d’une supposition, ni d’enfoncer gratuitement le prestigieux établissement bancaire de la perfide Albion, mais, preuve à l’appui de véritables aveux, dont les documents les relatant ont été diffusés sur le site de la Banque centrale du Royaume-Uni.
Grâce à la complicité de la Banque centrale britannique, les Allemands ont ainsi pu transférer cet or spolié vers les banques nationales de la Belgique et des Pays-Bas. Such a shame !

Une question reste en suspens après cette publication, qu’est-il advenu de l’or stocké dans les banques complices belge et néerlandaise ?
Une importante partie de l’or volé par les nazis a été revendue sur les marchés, probablement transformé, donc impossible à récupérer par les pays spoliés.

Source : Bankofengland

Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme

Mercredi, mars 18th, 2009

La date d’aujourd’hui, le 18 mars 2009, sera retenue par l’histoire, tout comme celle du 29 mai 1453 le fut pour la chute de Constantinople ou celle du 9 novembre 1989 pour la chute du mur de Berlin, comme celle qui signa la fin du capitalisme.

Aujourd’hui en effet, la Federal Reserve Bank, la banque centrale américaine, a annoncé son intention de racheter des Bons du Trésor (dette à long terme des États–Unis) en quantités considérables (pour un volant de 300 milliards de dollars), son budget atteignant désormais le chiffre impressionnant de 1,15 mille milliards de dollars. Pareil au serpent ouroboros dévorant sa propre queue, les États–Unis avaleront donc désormais leur propre dette, un processus désigné par l’euphémisme sympathique de « quantitative easing ». Pareille à celui qui tenterait de voler en se soulevant par les pieds, la nation américaine met fin au mythe qui voudrait que l’argent représente de la richesse : dorénavant la devise américaine représentera uniquement le prix du papier et de l’encre nécessaire pour imprimer de nouveaux billets. Elle se coupe aussi, incidemment, de la communauté internationale, mais baste !

Le dollar cessa de valoir de l’or quand, en 1971, le président Nixon mit fin à la parité du dollar avec ce métal. En 2009, le président Obama, en permettant à la Fed d’imprimer autant de dollars qu’elle le jugera bon, a mis fin à la parité du dollar avec quoi que ce soit, faisant de l’arrogance de la nation américaine la seule mesure restante de la valeur de sa devise. « Your Mamma still loves you ! » : le gosse, tout faraud, présente son premier spectacle et sa mère qui n’a pas voulu que son amour-propre courre le moindre risque a acheté tous les tickets !

Si la Chine attendait un signal pour se débarrasser de ses dollars, le voici ! Un article très intéressant dans l’Asia Times d’aujourd’hui, signé par Joseph Stroupe, explique comment la Chine, tentant de se délester en douce de ses dollars, les transfère discrètement à des fonds qui achètent des ressources minières et pétrolières. Stroupe, faisant reposer ses analyses sur des chiffres rassemblés par Rachel Ziemba, une collaboratrice de Nouriel Roubini, calcule que la Chine pourrait atteindre son objectif de réduction massive de son exposition au cours du dollar en un an environ. Nul doute que l’on ne dormira pas beaucoup cette nuit à Pékin et à Shanghai, tout occupé que l’on sera à acheter fébrilement des mines et des puits pétroliers aux quatre coins du monde !

Ah oui, j’oubliais : la bourse de New York, considérant qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle, a clôturé en hausse.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

L’Euro est-il menacé par la crise ?

Lundi, mars 16th, 2009
L'euro survivra-t'il à la crise ?

L Euro survivra-t'il à la crise ?

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les Américains ont installé leur réserve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraînement de l’arme blindée. Il est évident que leur or ne pouvait pas être mieux défendu que par ces tanks. Mais voilà, depuis plusieurs décennies déjà, les réserves des banques centrales sont constituées de devises et non plus d’or. Le dollar américain est la principale monnaie de réserve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar était réputé as good as gold, c’est-à-dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar à un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des années 60, le président Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en août 1971 Richard Nixon ne décrète leur inconvertibilité définitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette décision, mais certains voyaient déjà se dessiner une autre solution à la crise du système monétaire générée par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : « Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système. »
C’était Giscard d’Estaing il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Et pourquoi des gens comme lemonde.fr titraient-ils « Paris s’inquiète de la fragilité de la zone euro » tout en expliquant que le débat sur la pérennité de l’euro a été lancé par la dégradation de notes de solvabilité de plusieurs Etats européens, notamment par celle de la Grèce.
Margarites Chinas (membre de la commission du budget au Parlement européen) : « Je pense que la zone euro n’est pas menacée, je pense qu’il y a un centre eurosceptique qui veut menacer la zone euro, qui veut la troubler, ce sont des dealers de marchés financiers qui fonctionnement avec les notes de l’Etats au-delà de l’euro ou sterling, etc. Et tous ces messieurs et dames ont l’intérêt d’attaquer la zone euro puisque nous sommes dans un moment difficile de crise, les marchés financiers cherchent toujours à s’attaquer à l’euro mais je pense que c’est une attaque à Francfort et à Bruxelles pas à Athènes ou à Rome. La crise frappe la Grèce comme beaucoup d’autres pays mais toute question de se placer en dehors de la zone euro pour revenir à l’époque d’une flexibilité monétaire qui conduit à une inflation exorbitante, c’est hors de question pour la Grèce. Même si l’Allemagne pense que la différence de spreads lui permet de vendre plus facilement ses bons d’Etat à court terme, je pense que même pour l’Allemagne, à moyen terme, toute menace sur la zone euro va contre les intérêts allemands, d’où la nécessité de faire ce que monsieur Young et beaucoup d’autres proposent, d’émettre des obligations collectives qui vont permettre à la zone euro de déployer ses défenses collectives. »
Récapitulons. Les Grecs sont moins solvables que les Allemands qui refusent les euro-obligations collectives. Décidément, si la monnaie unique veut survivre, la fédéralisation de l’Europe est inévitable.
Donc si on résume: l’abandon de l’étalon or a poussé l’Europe à bâtir un nouveau système monétaire. Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que là encore on a affaire à des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des réserves en devises ? Ce sont les pays excédentaires en balance de paiement, les opérations courantes, donc ce sont les pays pétroliers, c’est la Chine, l’Allemagne, etc. Ces gens-là ont placé leurs économies et ont le choix entre des instruments libellés en dollar et des instruments libellés en euro et éventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur paraît optimal en fonction de leurs anticipations, l’euro a monté parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro étaient supérieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar donc les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse là où le dollar monte. C’est entièrement ce genre d’arbitrage qui fait aujourd’hui le cours des monnaies.
Donc la question est : quel est l’avenir de l’Europe dans la crise par rapport aux Etats-Unis ? L’Europe n’est pas globalement beaucoup plus mal placée que les Etats-Unis pour faire face à cette crise, donc il y aura des fluctuations, mais il n’y aura pas de marginalisation de l’euro. (Transcription de l’émission Station-Météo de France Culture)

Les nouveaux pauvres aux Etats-Unis

Mardi, mars 10th, 2009
Cité de tentes à Sacramento abritant les nouveaux pauvres : chômeurs, maisons vendues aux enchères, etc

"Cité" de tentes à Sacramento abritant les nouveaux pauvres : chômeurs, maisons vendues aux enchères, etc

Les cours de l’or sont-il manipulés ?

Samedi, février 28th, 2009

Les banques pourraient bien être manipulées par les hautes sphères du pouvoir américain. « En effet, si le prix de l’or s’envole, cela se produit au détriment de la monnaie fiduciaire que les Etats sont en train de produire à grande échelle ».

L’idée des pouvoirs publics est simple : pour éviter la Dépression qui nous guette il faut massivement injecter de l’argent dans le système à tous les niveaux, sans quoi il s’effondre. Il n’y a pas d’alternative.

Voilà pourquoi, et au risque de me répéter une énième fois, les planches à billets tournent à plein régime en ces périodes agitées. L’endettement des Etats explose et les émissions d’emprunts d’Etat se succèdent à un train d’enfer. Par conséquence, les masses monétaires s’envolent.
Et comme j’ai eu l’occasion de vous l’expliquer à maintes reprises, tout nouveau billet imprimé entraîne automatiquement la dépréciation de tous les billets précédemment émis.

En clair et sans décodeur : nous sommes en train de détruire la valeur de nos monnaies fiduciaires (papier) à vitesse grand V. A commencer par le dollar qui a une belle longueur d’avance…
Implosion du dollar et explosion de l’or sont intimement liées…

Et que font les gens sensés pour se protéger de la dépréciation de la monnaie papier ? Ils achètent de l’or, qui lui, quoi qu’il arrive, ne se dépréciera pas. Ce qui pousse son cours vers le haut, tant en euros qu’en dollars.

Retenez ceci : la hausse de l’or correspond en partie à la perte de confiance des investisseurs dans la monnaie papier. En endiguant la hausse de l’or, le gouvernement américain limiterait la perte de confiance des investisseurs dans le dollar. Implosion du dollar et explosion de l’or sont intimement liées… (Lu dans l’Edito Matières Premières & Devises)

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "