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Posts Tagged ‘Bourse’

Le coeur de la crise financière

Vendredi, juin 22nd, 2012

De tous les temps, nous avons tiré des leçons des révolutions.

De nos jours, c’est avec ‘l’État-providence’ qu’une véritable révolution est en train de se livrer. Cela peut paraître un peu exagéré, pas tant que cela surtout en ces termes : des semblants de filets de sécurité, des solutions à court terme pour remédier aux problèmes modestes tel que le chômage saisonnier et le logement pour les plus démunis, ou, à plus grande échelle, comme un rempart indispensable contre les catastrophes économiques, telle que la Grande Dépression.

Pourtant, l’État-providence dispose de tant de ressources et les applique sans les contraintes de la problématique du marché, jouissant de la flexibilité administrative de la fonction publique, ce qui en soi défie toute logique et discernement dans les habitudes économiques et politiques. A cela, il ne faut pas omettre le fait que beaucoup de personnes considèrent le Gouvernement tant comme un arbitre indispensable pour définir leur manière de vivre sinon et surtout comme leur prestataire de services : il s’agit là d’une révolution encore plus grande.

Par exemple, beaucoup de personnes vivent dans des logements sociaux et ne survivent que grâce aux allocations dont les prestations d’aides au logement. En fait et en conséquence, le système de prestations ne fait que priver les gens de s’assumer, en quelque sorte. C’est à dire que ceux qui dépendent uniquement des aides de l’Etat ne peuvent se prendre en main et chercher d’eux mêmes une manière de s’en sortir – cela n’en vaut pas la peine, il est plus facile de vivre des allocations que d’aller travailler. Il est question là d’un renversement majeur contraire aux vertus mises en avant telles que l’industrie, l’économie, l’indépendance et une bonne estime de soi-même.

Cela signifie que l’Etat-providence devient le pilote de ce que nous pouvons appeler le ‘re-développement’ dans les démocraties occidentales. Ceci peut être perçu sous deux formes : la destruction des faits économiques et la culture de la dépendance envers le gouvernement. Ces deux concepts sont nés du désir inconsidéré de venir en aide, d’assister les plus démunis de notre société. La crise des ‘subprimes’, par exemple, émane du ‘New Deal’ du FDR et de la création des économies et de prêts bancaires garantis par le gouvernement. La croissance massive de ces institutions en elle-même est devenue un véritable problème aggravé par la gestion de l’administration de Clinton qui forçait les prêteurs à prêter aux Afro-Américains les plus pauvres, sous peine d’être condamnés à une amende pour ‘racisme’ s’ils ne le faisaient pas, en ignorant la réalité de la situation économique dont les intérêts ne servaient personne mais créant délibérément des dettes dans les ménages, lesquels manifestement ne pouvaient se permettre de rembourser.

Les banques et les marchés eurent l’ingénieuse idée de regrouper les ‘dettes-toxiques’ dans des titres qui pouvaient être ainsi échangés. Mais bientôt, à court terme, suite à l’intervention du gouvernement, ceci s’est avéré être une erreur monumentale. Les économies occidentales ont pu être préservées encore quelques années, les banques jonglant avec les situations – mais les politiques gouvernementales, peu réactives, étaient dans l’attente d’un événement.

Ce dernier arriva : la faillite massive de l’Etat-providence, l’endroit le plus touché étant la zone euro, laissant une entaille indélébile d’un Etat-providence dépourvu de tout moyen.

Comme l’indique James Batholomew dans son libre “The Welfare State We’re In”, c’est uniquement dans l’Etat-providence que les pauvres sont imposés. Dans la ville ultra-capitaliste de Hong-Kong, les pauvres ne paient pas d’impôts parce que le seuil d’imposition sur les revenus est élevé, ce qui signifie que tout le monde dispose d’une chance de s’en sortir.

Devrions-nous interpréter les faillites tel qu’un signe d’économie saine émanant de  projets économiques mal-conçus et non viables ?

C’est le cœur de crise de la zone euro : à quoi devons-nous nous en tenir ?

La passion pour l’or, le plus sûr des métaux précieux

Mardi, juin 19th, 2012

Le métal précieux, valeur refuge par excellence en périodes d’incertitude économique, conserve son pouvoir d’attraction, même si sa cotation varie.”.

Mail & Guardian (extraits) de Johannesbourg.

Le métal précieux est l’une des toutes premières formes de monnaie. Il a été la base sur laquelle reposait le commerce international jusqu’à ce que le président nord-américain Richard Nixon abolit l’étalon-or en 1971 [entraînant ainsi l’abandon de la convertibilité du dollar en or].

Ce système présentait de graves inconvénients : il fallait échanger du papier contre des lingots chaque fois que les investisseurs ou épargnants étaient inquiets de l’ampleur du déficit ou de la dette du pays ou encore la facilité de sortir la planche à billets.

Dans la mesure où l’appétit pour le métal jaune reflète les échecs économiques et politiques, il n’est pas étonnant de constater que certaines personnes aimeraient revenir à l’étalon-or. Selon les négociants du marché de l’or, il s’agit d’une tendance qui se généralise (des fonds spéculatifs aux fonds souverains, en passant par les particuliers, les bijoutiers et les banques centrales) pour le métal jaune, tant dans sa forme physique qu’en produits négociés sur le marché.

Une garantie pour les investisseurs

Tandis que les Américains et les Européens cherchent à résoudre la crise de la dette en émettant une monnaie qui ne vaut rien, les investisseurs et les banques centrales (en particulier celles des pays émergents tels que la Chine, la Russie et la Corée du Sud) trouvent refuge dans des valeurs tangibles comme l’or physique afin que leurs réserves ne demeurent pas à la merci du dollar et de l’euro. L’or a gagné près de 27% en 2011 même après un pic à 1,921.15 $ l’once atteint le 6 Septembre, son prix a de nouveau baissé à environ $ 1600 [à la mi-Décembre, ce qui équivaut à 1.226 euros].

En 2010, la demande mondiale de l’or  atteint les 4330 tonnes. Les bijoutiers en ont acheté 50% et les investisseurs 38% contre seulement 4% dix ans auparavant, selon le World Gold Council.

“Le dollar n’est rien d’autre qu’un instrument de mesure dénué de sens”. Selon Walter de Wet, analyste chez Standard Bank : “De plus en plus souvent, les banques centrales comblent leurs réserves en or. Même si les pays de la zone euro et les Etats-Unis parviennent à trouver des solutions pour gérer la crise de la dette, ils seront tout de même confrontés au problème de la récession. Ils auront à imprimer davantage de billets, faisant ainsi grimper le prix de l’or”.

Même si le métal jaune ne génère aucun dividende ou intérêt à la différence des obligations ou des actions, ce dernier garantit des gains en capital et réconfortent les banques centrales ainsi que les investisseurs avertis lorsque les marchés s’effondrent. 

“Une once d’or est une once d’or. Un barril de pétrole est un barril de pétrole. Mais qu’est-ce qu’un dollar? Le dollar n’est rien d’autre qu’un instrument de mesure dénué de sens, puisque le président de la Réserve Fédérale des Etats-Unis, Ben Bernanke, peut créer tous types de monnaie en milliers de dollars”, explique Jay Taylor, rédacteur en chef de Gold, Energy & Tech Stocks, lors d’une entrevue publiée sur le site The Gold Report.

Extrait du Courrier Internacional 1103-110

Analyse de la consolidation actuelle de l’once d’or.

Dimanche, janvier 24th, 2010

La consolidation actuelle a montré des signes de faiblesses en termes de dollars, mais pas en termes d’euros. Selon mes indicateurs techniques, si le niveau des $1091 ne tient pas, nous aurions un feu rouge qui s’allumerait. En théorie, nous pourrions redescendre jusqu’à la zone des $1000-$1030. En termes d’euros, ce serait la rupture des 750 euros qui pourrait nous ramener jusqu’à la zone des 700-720 euros.

Si les $1091 tiennent, ou si nous n’avons qu’une fausse cassure passagère, alors l’impulsion de hausse débutée l’automne dernier continuera probablement jusqu’en avril-mail 2010, et nous pouvons encore viser un objectif entre $1’400 et $1’500 (qui correspondrait environ à 1000 euros l’once, selon le taux de change). Si la consolidation se prolonge vers le bas, alors cela voudra dire que le dernier sommet à $1226 (815 euros) correspondait à la fin de l’impulsion de hausse intermédiaire débutée en septembre, et qu’une période de consolidation prolongée se mettrait en place avant le départ d’une nouvelle impulsion de hausse. Le risque de baisse maximal serait de 10%-12% depuis le niveau actuel, et correspondrait à des ventes paniques en direction de la zone support 680-700 euros, qui correspond aussi au support mobile de très long terme pour ce marché haussier (support mobile ou moyenne mobile = terme technique pour désigner le lissage avec une courbe de la tendance haussière du prix, qui oeuvre comme une moyenne du prix, en éliminant les pics à la hausse et à la baisse).

Comme toujours, la meilleure stratégie pour un investisseur axé sur le long terme consiste à acheter la panique et à vendre l’excès d’optimisme. Je ferais quand même deux remarques importantes à ce propos. Le dernier sommet à $1226 ne correspondait pas à un optimisme extrême, en tout cas rien à voir avec celui qui prévalait lors des précédents sommets de mai 2006 et de mars 2008. Ajoutons encore que l’écart du prix avec sa moyenne mobile de long terme est resté relativement modeste par rapport aux écarts qui existaient en mai 2006 et en mars 2008 : ceci montre que nous avions encore un certain potentiel de hausse pour terminer l’impulsion. Et comme cet écart est justement beaucoup plus réduit que lors des précédentes impulsions de hausse, notre risque de baisse est beaucoup plus faible depuis les niveaux actuels! C’est ce qui me fait dire que sortir de ce marché pour éviter une baisse possible de 10%, tout en prenant le risque de rater une hausse de 30% quelques semaines ou mois plus tard, est une stratégie que je ne défends pas du tout.

C’est cette moyenne mobile de très long terme (la MM325jours) qui m’a toujours permis de signaler les plus belles opportunités d’achat de ce marché haussier. Seul l’épisode du krach de 2008 est parvenu, pour la première fois depuis 7 ans, à défoncer ce support mobile, mais qu’on ne rêve pas : cette fois, un nouveau krach sur les marchés n’entraînerait pas le cours de l’or comme il l’a fait en 2008. Pourquoi? Parce que lorsque les gens vendaient tous leurs actifs sans discernement en 2008, ils ne se doutaient pas que nous étions au bord d’un effondrement du système financier, et que la fermeture des banques, qui se seraient produite, les aurait rendus otages d’une possible refonte monétaire, en dévaluant massivement la monnaie papier, le cash sur lequel tout le monde se précipitait. La gravité de la situation échappait à la plupart! Si une nouvelle crise devait se produire, je suis persuadé que l’or ne sera pas vendu de la même façon, car les institutionnels et les banques centrales, aguerris par la crise de 2008, sont à présent au courant des risques terribles qui pèsent sur le système. Evidemment que, si un nouveau krach devait se produire, les traders obnubilés par le court terme, les spéculateurs en proie à des appels de marge et autres mains faibles se mettraient à vendre toutes leurs positions sur l’or, ce qui pourrait causer un creux passager, au début de la panique, mais ensuite vous auriez beaucoup de professionnels et de banques centrales qui profiteraient de l’occasion pour acheter MASSIVEMENT de l’or physique.

Nous avons connu une crise financière en 2008, mais la prochaine sera d’ordre monétaire, car la santé financière des Etats sera en cause, avec de possibles cessations de paiement pour plusieurs Etats. Et dans une crise monétaire, inutile de vous dire ce qu’il y a de plus sûr à détenir : l’or physique. Nous pourrions assister à une sortie massive de certaines obligations d’Etat pour chercher refuge dans n’importe quoi de tangible qui puisse retenir sa valeur. Dans cette course-là, le marché de l’or est le bénéficiaire numéro 1.

La faiblesse du cours de l’or que vous avez ressentie dernièrement est due au resserrement des conditions de crédit en Chine. La Chine dirige les marchés aujourd’hui. Souvent, après un tel changement dans sa politique monétaire, les marchés mondiaux subissent une forte correction dans les deux à trois mois à venir. Les traders anticipent cela en ce moment même et ont vendu leurs positions sur les matières premières et les marchés émergents, ce qui explique la faiblesse du cours de l’or. Si nous n’avons qu’une correction de 20% à 30% sur les marchés boursiers, alors ce ne sera pas encore le début de la prochaine crise, ce ne sera qu’une correction dans un marché soutenu principalement par l’inflation. En effet, tout l’argent qui a été créé pour soutenir l’économie en 2008 va finir par se retrouver dans le circuit économique, et c’est pour cette raison que les bourses ont continué de progresser, malgré les mauvais indicateurs économiques.

L’inflation va inévitablement refaire son apparition, tôt ou tard. La prochaine crise également, mais elle pourrait intervenir plus tard que ce que les pessimistes pensent, car les plans de relance et les injections monétaires soutiennent encore les marchés. Actuellement, nous nous trouvons dans l’oeil du cyclone. Pour les mois à venir, il faut s’attendre à voir le prix de certains produits agricoles reprendre l’ascenseur, pour des raisons fondamentales, ce qui va encore aggraver la situation de bien des personnes, déjà fortement touchées par la crise. Des manifestations violentes sont à prévoir. Certaines personnes, après avoir tout perdu, n’ont tout simplement plus rien à perdre, comme dirait Gerald Celente.

En résumé, mon avis est que nous avons deux options pour le marché de l’or : ou bien l’or reprend l’impulsion de hausse commencée en septembre et marque un sommet intermédiaire en avril-mai à $1’400-$1’500, ou bien l’or continue à corriger en zig-zag jusqu’au mois de juin avec un plancher moyen à 700 euros, puis passe l’été plat, pour attaquer l’automne avec un objectif au-delà de $1’500, avec les premiers effets visibles du retour de l’inflation, ou les premiers effets des risques souverains qui pèseront sur certains Etats à ce moment-là. Une chose est sûre, on ne va pas s’ennuyer en 2010 sur les marchés financiers!

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

Acheter des pièces d’or est un acte militant.

Mercredi, janvier 6th, 2010

Pourquoi acheter ou vendre des pièces d’or au 21ème siècle ? Cette question je me la suis posée de nombreuses fois à titre personnel et aussi en tant que président d’AuCOFFRE.com.

A titre personnel, avant de m’intéresser à l’or, j’ai d’abord été lecteur de gens tels que Bill Bonner ou bien Paul Krugmann. J’avais alors l’intime conviction, dès la fin 2007, que tôt ou tard nous allions payer les dérives des systèmes financiers et monétaires. Comment était-il possible que des organismes de crédit puissent continuer de prêter à des gens qui ne seraient même pas capable de rembourser les seuls intérêts d’emprunt du bien qu’ils allaient acheter ? Comment le pays le plus endetté du monde, les USA, pouvait-il continuer de vivre au crédit du reste des nations ? Comment ce même pays peut-il en toute impunité jouer de la planche à billets pour financer son économie sans en payer le véritable prix un jour ou l’autre ? La crise actuelle a déjà apporté son lot de réponses mais le pire reste à venir car aucun problème n’est réglé. Cela arrange trop de monde que l’on puisse poursuivre les affaires « as usual » là où une refonte profonde serait nécessaire. Le G20 proclamait haut et fort avoir apporté des solutions. En fait, tout ça n’était selon moi que de la poudre aux yeux pour journalistes ou bien Hedge founds en attente d’un signe de reprise. Un Madoff n’était finalement qu’un produit dérivé de ce système perverti et les paradis fiscaux avaient bon dos. Le gros du problème reste à régler : que faire d’un dollar qui n’a de valeur que la confiance que l’on a dans la richesse des américains, et d’un système financier déconnecté de la réalité . « Pourquoi voulez-vous que ma Banque investisse dans les entreprises lorsqu’elle dégage tant de profits avec les produits dérivés » disait en substance Daniel Bouton, l’ex-président de la Société Générale. Toute la crise que nous vivons et que nous allons vivre se résume finalement à la phrase de ce banquier.

De nombreux défenseurs de ce système prônent que c’est grâce à lui que les entreprises se développent, que l’économie avance pour le bien être de tous. Ils nous feraient presque croire que ce sont eux qui ont apporté l’eau courante et la lumière dans les foyers, ou plus récemment le téléphone puis l’internet. Ce n’est que le discours de personnes qui veulent légitimer l’existence de l’argent casino des marchés financiers. Savez-vous que seules 8% des sociétés qui ont levé plus de 75000 $ finissent dans le top des sociétés les plus profitables aux USA ? (Etude Inc). Nombreuses sont les sociétés pour lesquelles une existence en bourse relève plus des relations publiques voulues par leurs investisseurs que d’une réelle possibilité de financement. Faisant de manière objective le constat de ce que cela leur coûte et des bénéfices, beaucoup de dirigeants se retireraient des marchés s’ils avaient encore suffisamment d’autonomie au sein de leur propre boite. Les grands gagnants dans un casino ne sont ni les joueurs ni les croupiers distributeurs de cartes mais le casino lui même. Les retraités américains, qui avaient misé leurs vieux jours sous forme d’actions de sociétés trop grosses pour faire faillite, en tirent à présent les leçons.

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Jean-François FAURE est l'éditeur du blog LORetLARGENT.info et président fondateur d'AuCOFFRE.com SAS.

Bref, fin 2007 je souhaitais acheter de l’or pour assurer mes arrières face à ces problèmes que je pressentais. Mais pourquoi l’or ? Je pourrais vous déballer à nouveau les 10 bonnes raisons que vous lirait dans notre guide mais au final, je ne dirais qu’une chose : acheter des pièces d’or, ça a du sens. Du sens car c’est tangible et relève aujourd’hui clairement d’une action militante. Un membre (client) d’AuCOFFRE.com m’a clairement dit au téléphone «Je vous achète des pièces d’or car j’emm…e mon banquier qui tente de me vendre des forfaits de téléphone mobile, des alarmes ou des services à la personne plutôt que de faire correctement son métier de base. Si je pouvais, je retirerais tout l’argent que j’ai chez lui. Je vais déjà commencer par fermer mon livret A». Sans pour autant jeter la pierre à toutes les banques, je partage parfois le point de vue de ce membre lorsqu’on tente de me vendre des produits complexes que le banquier n’est pas lui même capable de m’expliquer en dehors des taux de rentabilité théoriques que je pourrais lire tout seul sur la brochure en papier glacé.

L’or ne va pas promettre une rentabilité ou un rendement (il en serait bien incapable). Le rendement c’est une notion que j’associe à la valeur travail. L’or sous forme de pièces d’or doit être plutôt vu comme la plus belle des assurances. Une assurance dont vous pouvez récupérer un jour ou l’autre une bonne partie de la mise et qui révèle tout son potentiel lorsque le reste de votre patrimoine se porte mal. L’or est un placement simple, compréhensible, que vous pouvez expliquer à vos proches et dont vous pouvez même leur faire profiter. Vous pouvez offrir des pièces d’or à ceux que vous aimez (que ce soit de la main à la main ou bien sous forme de chèque cadeau pour les plus modernes), même s’ils ne connaissent rien à l’or, ils savent tout de suite la valeur de ce présent. Pensez-vous que ce soit possible, ou tout au moins avec autant de sens, s’il s’agissait d’un tracker avec le cac40 comme sous jacent ?

Dans nos pays nous avons trop tendance à vouloir nous arranchir pendant notre sommeil, pendant que nos actions grimpent, et à nous protéger grâce au travail des autres. Ce raisonnement a provoqué la crise de 29 et celle que nous vivons actuellement. Que font des pays comme l’Inde et la Chine pendant ce temps ? Pour s’enrichir ils travaillent et pour se protéger ils achètent de l’or.

Les pièces d’or ne sont pas une promesse comme un vulgaire bout de papier, elles portent en elle leur propre valeur. Elles sont le placement d’avenir d’un monde qui recherche la simplification, la franchise et le retour à des valeurs solides.

Et pour vous enrichir ? Travaillez plus ou bien investissez dans les entreprises de vos amis.

Jean-François FAURE

Appel à témoignagne : Vous souhaitez parler d’une mauvaise expérience avec votre banque ou votre banquier ? Vous souhaitez réagir à propos des dérives des banques et du système financier ? Vous avez une idée précise de ce  à quoi devrait ressembler une banque respectable aujourd’hui ?
Envoyez nous vos réactions sur info[ AT ]loretlargent.info (remplacez [ AT ] par @), elles donneront lieu à un article spécifique.

Analyse technique graphique du cours de l’once d’or – Les bases

Mardi, septembre 22nd, 2009

Qui n’a jamais rêvé de prévoir  l’évolution des valeurs boursières et, dans notre cas, celle du cours de l’once d’or. Malheureusement, la formule magique n’existe pas et ceux qui attendaient plus pourraient arrêter ici leur lecture. Il est clairement difficile d’avoir des certitudes quant aux évolutions du cours de l’or tant les facteurs exogènes sont nombreux et représentent autant de variables pouvant le faire évoluer à la hausse ou à la baisse : offre et demande courante des marchés financiers, de l’industrie, de la bijouterie et des particuliers, événements exceptionnels (crise), manipulation des cours par les banques (phénomène observé fin 2008), production des mines, revente par les banques centrales de leurs stocks d’or, évolution du dollar, voire même phénomènes météorologiques (l’Inde, premier acheteur mondial d’or, est sensible aux effets de la mousson dans ses achats d’or lors de la saison des mariages en automne). La liste n’est pas exhaustive et pourtant elle donnerait déjà le tournis au plus puissant ordinateur afin de dégager une tendance forte.

Cependant, à l’instar d’un médecin, nous pouvons faire un diagnostic et nous avons à notre disposition un instrument pouvant donner des pistes de réflexion facilitant nos arbitrages d’achat ou de vente : l’analyse technique graphique.

Les modes de représentation.

A l’image de l’action d’une entreprise, l’once d’or est cotée sur les plus grandes places boursières mondiales. Vous pouvez ainsi à tout instant connaître sa valeur, principalement en dollar, qui émane de l’offre de vendeurs et de la demande d’acheteurs soumis aux facteurs précédemment évoqués. Il est alors possible d’appliquer au cours de l’or toute la batterie d’instruments d’analyse traditionnels basés sur l’étude de ses évolutions sur une période plus ou moins longue. Un dessin étant plus explicite qu’un long discours, plutôt que d’étaler des chiffres et des dates indigestes, les opérateurs boursiers ont décidé de formaliser ces données selon des modes de représentation graphiques plus ou moins complexes. De tels modes de représentation pouvant être invariablement choisis pour représenter le cours selon le détail d’une séance, d’une semaine ou bien d’un mois.

Forme continue

continue

Bâtonnets ou Bar-Charts

bar-chart

barchart-detail

Chandeliers japonais

chandeliers

chandelier-detail-bougies

Supports et résistances

En vous remémorant les évolutions chiffrées du cours de l’or, vous avez probablement fait de l’analyse technique sans le savoir en ayant constaté qu’il avait tendance à freiner son évolution à la hausse ou bien à la baisse, comme bloqué par un plafond ou bien un plancher de verre. Ces barrières invisibles sont les outils de bases des chartistes et se nomment « Résistance » et « Support ».

resistanceetsupport

Tracer de telles lignes n’est pas trop difficile, il vous faut repérer sur le graphique des points d’inflexion pouvant s’aligner de manière plus ou moins flagrante.
Un graphique ne possède généralement pas une seule ligne de support ou bien de résistance mais pourra en contenir plusieurs selon l’échelle de lecture que l’on applique.
Des cours ronds peuvent aussi être des barrières psychologiques à franchir à la hausse ou à la baisse. Les 1000 $ l’once sont ainsi une résistance importante dans l’esprit des cambistes pour l’once d’or durant les années 2008 et 2009.

Pour résumer, une ligne de résistance traduit la présence d’un plus grand nombre de vendeurs, la ligne de support exprimant quant à elle que les acheteurs sont massivement présents.

Ces lignes sont donc des consensus et leur franchissement est annonciateur d’un changement plus ou moins radical dans les évolutions du cours de l’or.

Si les acheteurs sont plus nombreux que les vendeurs à la limite du seuil de résistance, cette ligne sera franchie et pourrait alors être interprétée comme un signal d’achat sérieux si le dépassement est au minimum de 3% au dessus. Si le dépassement est ample, cette ancienne ligne de résistance pourrait alors devenir le nouveau support.

signalachat

A l’inverse, si les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs au niveau de la ligne de support, la ligne sera transpercée et il sera possible de voir ce phénomène comme un signe de vente si la descente dépasse au minimum de 3% en dessous. Dans le cas d’un dépassement à la baisse du support, il est fort probable que cette ligne devienne une nouvelle résistance.

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Tendances

Les supports et les résistances peuvent prendre la forme de lignes non-horizontales et l’on parle alors de droites de tendance pouvant être haussières ou baissières.
Il faut trois points d’inflexion alignés pour qu’une droite puisse être considérée comme une tendance.

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Il existe des tendances long termes (à l’échelle de plusieurs mois ou d’années) et des tendances court terme (à l’échelle de quelques semaines). Il est ainsi possible de voir par exemple des tendances court terme baissières à l’intérieur d’une tendance long terme haussière.

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Moyennes mobiles

Les moyennes mobiles sont des courbes qui permettent de formaliser l’évolution d’un cours lorsque ses tendances ne sont pas très claires. Nommée MMxxx, la moyenne mobile est calculée en prenant la moyenne des cours sur une période données : 10, 20, 50, 100, 200 jours de cours. La MM100 est ainsi la moyenne des 100 derniers cours, répétée par tranche de 100 cours.
Associée à la courbe d’évolution, la moyenne mobile permet de lisser les accidents de courte durée et non significatifs et ainsi avoir une tendance plus lisible.

Pour choisir la meilleure moyenne mobile, on retiendra celle qui correspond le mieux aux points de résistance et de support de la courbe générale du cours de l’or.

moyennemobile

Les moyennes mobiles ont elles aussi une valeur de support et de résistance. Le franchissement significatif à la hausse d’une moyenne mobile baissière pourrait par exemple inciter à l’achat si plusieurs séances confirment une telle tendance. On pourra là aussi appliquer la règle des 3% pour assurer le coup.

Exemple d’analyse technique du cours de l’or.

Le public français à la chance de pouvoir écouter quotidiennement les analyses de tradosaure sur son blog : http://tradosaure.blogspot.com/. Abonnez-vous à la newsletter et vous recevrez quotidiennement une analyse. Ce genre de site est idéal pour se faire petit à petit sa propre expérience en matière d’analyse graphique.

trado

Pour récupérer des graphes de l’évolution de l’or, en dollar ou en euro, je vous conseille le site de référence http://www.24hgold.com Vous pouvez aussi visiter la rubrique dédiée de Boursorama, LesEchos.fr et kitco.com

Est-il possible d’utiliser l’analyse graphique pour anticiper l’évolution du cours des pièces d’or ?

Les quelques principes évoqués peuvent êtres appliqués à l’évolution du cours des pièces d’or puisqu’il s’agit d’un marché d’offre et de demande. Cependant les pièces ne sont pas cotées sur les places boursières et de ce fait les tendances sont à analyser à l’échelle de plusieurs semaines avec les évolutions du cours de l’once d’or comme sous-jacent infléchissant la cotation des pièces de manière lente et parfois décalée de plusieurs jours. Autre point important à noter : l’once d’or est cotée en dollar et les pièces d’or qui nous concernent suivent les évolutions de l’euro. Il serait donc plus judicieux d’analyser les évolutions de l’or en euro afin de se rapprocher des tendances que le cours pourrait imprimer aux pièces.

Le cours des pièces et celui de l’or peuvent aussi se distinguer. Ainsi, la débâcle du cours de l’or à la fin de l’année 2008 n’a pas été aussi nette au niveau des pièces d’or car leur marché répondait à des règles différentes et touchait un public d’investisseur distinct dans ces attentes. Au moment où des banques manipulaient les cours de l’or pour le faire sombrer, des investisseurs acheter de l’or physique à tout de bras pour se prémunir de la crise. Personne n’a oublié cet investisseur qui en achetant 60000 krugerrands avait alors asséché pour plusieurs mois le marché de cette pièce sud-africaine mondialement reconnue.

Le marché représenté par les évolutions de l’once d’or est international et largement travaillé par les institutionnels. Le marché des pièces d’or est local et se sont les particuliers ou bien les petites officines qui se le sont approprié. Deux mondes bien distincts.

Lectures

Pour aller plus loin dans l’étude des principes évoqués ci-dessus, je vous conseille la lecture de ce livre : Le guide complet de l’analyse technique : Pour la gestion de vos portefeuilles boursiers

Jean-François FAURE

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Le marché de l’or en France de 1939 à 1943

Jeudi, septembre 3rd, 2009

Le Décret de Septembre 1939

En France, le marché clandestin de l’or et des devises est né en septembre 1939 à la suite du décret-loi du 9 de ce mois « prohibant ou réglementant l’exportation des capitaux, les opérations de change et le commerce de l’or », c’est-à-dire instituant le contrôle des changes, afin, déclarait Paul REYNAUD, « d’empêcher la spéculation à la hausse des devises étrangères ».
En ce qui concerne le métal jaune, l’article 3 du décret-loi était ainsi libellé :

« Toutes cessions, négociations et autres opérations portant sur des matières d’or sont subordonnées à l’autorisation de la Banque de France. L’importation et l’exportation des matières d’or sont prohibées sauf autorisation de la Banque de France ».

Quelques jours après, la Banque de France fixait son prix d’achat de l’or à un taux très voisin, sinon supérieur, à celui du marché : 47 608 francs le kilo de fin, 274,49 fr. le Napoléon, 346,16 fr. le souverain, 71,13 fr. le dollar.

Le Gouvernement n’avait pas réquisitionné l’or des particuliers, comme en Angleterre, où le métal était, d’ailleurs, payé au prix mondial de l’or, soit 168 sh. l’once ; mais il avait obligé les personnes morales à déclarer l’or qu’elles détenaient afin d’en faire l’inventaire.

Les conditions officielles d’achat de l’or étaient les suivantes. Nous les rappelons parce qu’elles peuvent fixer les idées sur ce qui se passerait en cas de stabilisation.
Seules, la Banque de France et les banques agréées pouvaient acheter à leur siège central ou dans leurs agences sans justification d’identité.
Les monnaies droites étaient reprises suivant un barème fixé chaque jour par la Banque d’après les prix du kilo de fin.
Les pièces faibles étaient achetées au poids. Les barres, lingots et plaques laminées ou planées n’étaient reprises qu’à condition que leur poids ne fut pas inférieur à un kilo, que leur titre fut de 0,900, 0,916, 0,995 et au-dessus et qu’elles portassent l’estampille d’une des maisons françaises introduites sur le marché international. Les autres achats de matières d’or étaient traités par les maisons de commerce jouissant de l’autorisation de la Banque et contraintes de demander aux vendeurs des justifications d’identité en vertu de la loi du 19 Brumaire An VI qui subsiste toujours.

Le Marché Noir de l’OR à Paris (1940-1948).

L’atmosphère de ce marché noir de l’or et des changes pendant et après l’occupation sera bien difficile à décrire pour les historiens de l’avenir. Les. documents officiels manquent et pour cause. Tout au plus a-t-on pu reconstituer les cours que nous donnons en annexe.

Il ne démarra pas tout de suite, après le décret-loi du 9 septembre 1939. Pendant toute la durée de la « drôle de guerre », les hommes étaient’ mobilisés et peu enclins à faire des opérations monétaires. Le taux de la Banque de France, qui paraissait favorable, dominait le marché. Quelques opérations sporadiques ont pu se traiter à prime, mais elles n’ont pas dépassé les cours de ro° francs sur le dollar, de 375 francs sur le Napoléon, de 6o francs sur le dollar-billet. Personne ne voulait du franc suisse qui restait à son cours légal.

1940.

Le calme se maintint jusqu’à l’invasion du territoire, et même encore pendant l’exode. Paris était vide et, sauf peut-être sur la Côte d’Azur ou à Vichy, il était difficile de changer des billets étrangers ou de l’or en province.

Néanmoins, à Vichy, fin juin 1940, on relève les cours de 825 francs pour le Napoléon, 1000 francs pour le souverain et 200 francs pour le dollar-or.

Ce n’est guère qu’après l’exode, la Bourse étant restée fermée jusqu’au 14 octobre 1940, qu’apparurent des primes plus importantes et, vers le mois de novembre 1940, que le Napoléon franchit le cours de 1000 francs.

Peu à peu, dans l’hiver, d’anciens boursiers et remisiers avaient pris l’habitude de se réunir sur la place de la Bourse à laquelle ils n’avaient plus accès (il fallait une carte spéciale pour y entrer), et dans les cafés, sur les trottoirs se traitèrent des opérations de plus en plus amples. L’or était tombé au marché des pieds humides !

Au 31 décembre 1940, le Napoléon, poursuivant sa hausse à Paris, atteignait le cours de 1.400 francs, le souverain de 1.800 francs, le dollar-or de 400 francs, bien qu’il ne valut que 350 francs à Lyon, mais l’arbitrage n’était pas encore organisé et la ligne de démarcation restait difficilement franchissable.

Il apparaît après coup que les Allemands ont toléré sinon encouragé le marché noir, et s’en servaient eux-mêmes pour s’approvisionner de billets étrangers et y râfler du métal à bon compte avec leurs marks d’occupation autoritairement fixés à 20 francs.

Un seul détail précisera leur attitude. Quand l’Angleterre se retrouva seule en face de l’axe BERLIN-ROME et qu’on redoutait l’invasion du Royaume-Uni, le cours des billets libellés en Livres sterling, à l’automne 1940, tomba au-dessous de celui du dollar-papier qui valait alors environ 135 francs ! Cette aubaine ne fut pas perdue pour les services financiers allemands de Paris et forcément ne dura pas. Elle constitue, croyons-nous, un fait unique dans l’histoire monétaire anglaise.

Dans quelle proportion les occupants ont-ils puisé sur ce marché? Les archives du Devisenschutz Kommando, qui avaient réquisitionné les locaux de la Banque Lazard frères, à Paris, pourraient le faire évaluer, de loin, car aux opérations officiellement constatées il faudrait ajouter les achats individuels des militaires qui mesuraient d’ailleurs le degré de leur confiance dans la victoire finale.

Un fait à noter est que la pièce de 20 marks ne s’est pas négociée sur le marché noir pendant toute l’occupation. Elle dégoûtait les Français, et il semblait que les Allemands en eussent peur en raison des lois draconiennes de leur propre pays. Un Allemand trouvé porteur d’une pièce allemande eut été, en effet, condamné comme « voleur du Reich ».

La pièce qui avait leur préférence et qui fit, de ce fait, une prime souvent exorbitante jusqu’à la Libération, était le double aigle de 20 dollars.
C’est l’évolution du cours du dollar-or qui reproduira le mieux au cours de ces quatre années la température de ce thermomètre psychologique que fut le marché clandestin.

1941.

Certaines perturbations, il est vrai, se sont produites du fait de rafles policières ou d’arrestations en masse des Israëlites (juillet 1942) ou de la politique monétaire du Gouvernement helvétique et de la Banque Nationale Suisse. Il n’empêcha que plus la propagande hitlérienne proclamait l’inutilité et la faillite de l’or comme étalon, « le non-sens de la couverture or », plus elle pillait le métal dans les pays occupés.

Dès 1941, les Allemands exigèrent notamment la livraison des 198 tonnes d’or déposées à la Banque de France par la Banque Nationale de Belgique et, après avoir saisi et bloqué l’or trouvé dans les coffres-forts privés des banques, ils recherchèrent avidement les barres et lingots sur le marché noir, où ils étaient les plus gros acheteurs.

Il faut croire que la croisade contre l’or avait un certain effet sur la population, car au début de 1941, quand le marché parallèle s’organisa vraiment, les cours des pièces qui s’étaient élevés jusqu’à 1600 francs le Napoléon, 2000 francs le souverain et 310 francs le dollar, ne cessèrent de baisser pendant tout l’hiver pour retomber le 18 avril, jour de la capitulation de l’armée yougoslave, à 1110 francs le Napoléon, 1325 francs le souverain, 295 francs le dollar-or.

On ne devait jamais plus revoir cours aussi bas. Ils restèrent hésitants jusqu’au mois de juin 1941 ; mais, à cette époque, sur l’ouverture des. hostilités par l’axe contre l’U.R.S.S., sur la saisie des avoirs allemands aux États-Unis et la raréfaction des envois d’or de Suisse et de zone libre, la baisse précédente fut annulée et la hausse reprit tout l’été. Elle amena le Napoléon de nouveau entre 1500 et 1600 francs, le dollar-or entre 400 et 425 francs, tandis que le kilo de fin se traitait à 185000 frs, soit environ 39,5o dollars l’once, les pièces faisant déjà une prime de 48 % sur le lingot.

A la fin de l’année 1941, quand la guerre devint mondiale par l’entrée en lice du japon et des Etats-Unis, la hausse de l’or reprit une vigueur nouvelle à la faveur de la baisse du dollar-papier et en général des devises étrangères, au point qu’au printemps de 1942, le prix du dollar-or avoisinait 100 dollars l’once de fin et 4,72 dollars-papier.

Au cours de l’été, d’importantes mesures intervinrent alors en Suisse qui modifièrent cette tendance et ralentirent considérablement l’importation du métal en France à la fin de l’année,
L’influence de la politique monétaire helvétique sur le marché de l’or a été considérable. La Suisse était, en effet, le seul pays d’Europe où le commerce de l’or restât libre.
jusqu’à l’été 1941, rien n’avait entravé ni la vente ni l’exportation du métal et des pièces, la Banque Nationale s’étant bornée à satisfaire la demande par des ventes d’intervention. Mais comme ces ventes devenaient de plus en plus importantes et ne servaient que d’aliments à la spéculation, dès le mois d’août 1941, le Gouvernement fédéral prit des mesures pour restreindre la vente des monnaies d’or suisses aux acheteurs privés. La Banque Nationale ne délivrait plus l’or en barres —à 4970 francs suisses le kilo que pour les besoins commerciaux ou artisanaux et elle avait demandé aux banques de prendre l’engagement de ne plus vendre de pièces d’or suisses à des personnes non domiciliées en Suisse et de s’abstenir d’exporter ces pièces.

1942.

Ces mesures officieuses ne suffirent pas à enrayer les sorties frauduleuses et la hausse du « vreneli » (la Croix) et, en 1942, le Gouvernement décida, afin de briser la spéculation, que les importations et exportations d’or seraient soumises à une autorisation de la Banque Nationale, et que tout achat ou vente de métal devraient être traités par une firme concessionnaire tenant registre de ses transactions, qui seraient assujetties à l’impôt de 2 % sur le chiffre d’affaires.

Les prix maxima du métal étaient ainsi fixés : lingot, 4970 francs s. le kilo ; vreneli, 30,5o ; Livre-or, 38,45 ; eagle, 7,90.

Antérieurement, la réduction de l’offre avait provoqué la hausse, qui s’accrut encore après application de ces restrictions apportées au commerce de l’or en Suisse. De mars 1942 à fin août 1942, le vreneli monta sur le marché libre de 30,80 francs à 39 francs suisses.

Cet agio en faveur du métal monnayé fut encore plus accentué sur les autres pièces, parce que le trafic des monnaies étrangères n’était en principe soumis à aucune restriction et demeurait entièrement libre.

Quand le vreneli valait 39 francs suisses, le Napoléon en valait 40,50 à 41 francs ; l’aigle 10,65 ; la Livre-or 50,50 à 51.

C’est là l’origine de ces différences de cours entre pièces de même poids et de même titre, qui, n’ayant plus nulle part pouvoir libératoire, auraient dû valoir leur poids d’or fin, mais qui étaient l’objet d’une surprime d’autant plus importante que la marchandise était plus abondante ou plus facilement livrable.

La politique monétaire du Gouvernement helvétique ne fut qu’un facteur entre bien d’autres des mouvements de l’or en France. Sans en référer exagérément à la théorie quantitative de la monnaie, il est évident que l’augmentation de la masse monétaire, qui quintupla pendant la guerre tandis que la production déclinait, jouait un rôle autrement important. De 168 milliards en moyenne en 1938, elle passa à 471 milliards à la fin de 1941, à 573 milliards fin 1942, 726 milliards fin 1943 et 902 milliards à la Libération.

Cette prolifération monétaire, en dehors de la situation politique et militaire, agissait sur le change du franc à l’étranger et il ne faut pas oublier que toute opération sur l’or a pour base une opération de change soit contre franc sur le marché intérieur, soit contre devise à l’extérieur. Après l’occupation, le franc continuait d’être coté sur les marchés libres étrangers, à BRUXELLES, AMSTERDAM, ZURICH et NEW-YORK. Les courtiers réussissaient à connaître les cours du marché des changes en Suisse, où les 1oo francs français étaient tombés de 8 francs suisses en juillet 194o à 2,70 en juillet 1941, à 1,02. en novembre 1942, et ces cours déterminaient ceux des billets étrangers à Paris qui, à leur tour, assignaient un prix aux achats d’or.

A l’automne 1942 de violentes variations se produisirent dans les cours des changes et du métal, par suite de l’occupation de la zone libre et aussi du relèvement de 300 millions à 500 millions par jour des frais d’occupation, qui faisaient présager une inflation supplémentaire. On vit en octobre et novembre une hausse verticale de l’or qui porta pour la première fois le cours du dollar à 1400 francs et celui du Napoléon à 6000 frs. Les demandes étaient si fortes que les arrivages de métal de la zone libre, de Bruxelles et de Suisse ne parvenaient pas momentanément à les combler et, à défaut d’or, le public se jetait sur les billets anglo-saxons qui remontèrent jusqu’à 9oo francs la livre et 300 francs le dollar. Hausse suivie aussitôt d’une baisse de 25 % quand, après le débarquement allié en Afrique du Nord, des taux exagérément appréciés de la livre (300 francs) et du dollar (75 francs) furent institués à Alger, alors que les cours de ces deux devises au marché noir dépassaient 600 francs et 250 francs respectivement.

1943.

Mais ces hauts cours, qu’on n’avait pas encore vus, entraînèrent au début de 1943 des réalisations importantes qui furent absorbées par l’ancienne zone libre et aussi par la Belgique, avec laquelle l’arbitrage bénéficiait de gros écarts.

Pendant le premier semestre de 1943, après cette première alerte, le franc ne cessa de se redresser et l’or, en conséquence, de s’effriter. Au début de février, le Comité National Français d’Alger avait ramené les taux de la livre et du dollar de 300 frs à 206 francs et de 75 francs à 5o francs. De mois en mois le dollar-or finit par retomber en juillet à 537 francs et le Napoléon à 2075 francs pendant la campagne d’Italie, qui faisait espérer une libération beaucoup plus prompte qu’elle ne le fut en réalité.

Par une véritable ironie, ce succès des armées alliées fut même la cause de la reprise de l’or ; car une fois l’Italie libérée, son effondrement financier déclencha de la part de la population italienne, des demandes importantes de métal qui ne pouvaient guère être satisfaites que par le marché français, la Suisse étant fermée et l’or étant plus cher en Belgique qu’en France.

Lors de la capitulation italienne en septembre, le dollar-or évoluait entre 640 et 700 francs, le Napoléon entre 2450 et 2600 francs, et l’année 1943 se termina par une petite hausse aux cours suivants : Napoléon 2950 à 3100, souverain 3600 à 3700, dollar 780 à 800 francs. Les illusions s’étaient en partie dissipées quand M. FAYOT écrivait dans le Journal de Genève son article intitulé : « La Guerre continue ». A suivre …

De Litra

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Le stock d’or détenu par les ETFs

Lundi, août 31st, 2009

Les avoirs des ETFs sur l’or (fonds détenant de l’or physique, cotés en Bourse) n’ont pratiquement pas bougé durant la panique de l’automne 2008, alors que le prix de l’or baissait de 30% en termes de dollars. Cela montre que cet or est détenu par des mains extrêmement fortes, qui ne se soucient pas beaucoup de la fixation du prix sur le COMEX, et qui ne sont pas prêtes de l’échanger contre du cash.

Les trois premiers mois de 2009 ont vu affluer une demande pour les ETFs 15 fois plus élevée que celle de l’année dernière sur la même période ! Le stock total détenu par les ETFs a une valeur de $50 milliards au prix actuel de l’or. Si l’on considère que c’est moins du quart de la capitalisation de Microsoft, l’or détenu par les ETFs ne représente encore qu’une infime partie des avoirs en portefeuille des investisseurs !

Ecrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter. Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

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L a fièvre de l’or s’empare des chinois

Jeudi, juillet 23rd, 2009

Les Chinois raffolent de lingots d’or, c’est bien connu. Savez-vous qu’ils se passionnent tout autant pour les titres aurifères cotés à la Bourse de Shanghai ? La preuve : du 31 octobre 2008 au 3 juillet 2009, Shandong Huangjin et Zhongjin, deux poids lourds du secteur, ont respectivement gagné 98 et 153,83 %. Ils ont ainsi fait mieux que l’indice Shangzheng*, qui, au cours de la même période, n’a progressé « que » de 58 %. Plus impressionnant encore : du 15 mai au 25 juin, soit en trente jours de Bourse à peine, Zhongjin s’est envolé de 121,75 % ! Le titre a été dopé à la fois par la chute du dollar, intervenue le 24 juin, et par l’annonce d’une opération financière qui sera effectuée en sa faveur par le China Gold Group Co., son principal actionnaire. Lire la suite dans le magazine Moneyweek que l’on trouve en kiosques.

L’envolée de l’or de mars 1968

Lundi, mai 18th, 2009

Le jeudi 14 mars 1968, dans le courant de la matinée, un éminent homme d’affaires européen, résidant habituellement en Suisse, prenait son petit déjeuner dans la salle à manger d’un hôtel situé dans le West End de Londres. Tout en mangeant, il parcourait des yeux les titres des principaux articles de la presse matinale :  » La ruée sur l’or se poursuit…  » annonçait le Financial Times,  » Le prix de l’or atteint son point culminant « , proclamait le Times. Bouleversé par ces nouvelles, le magnat, dont les intérêts étaient liés au commerce international, saisit un téléphone et consulta plusieurs experts du change étranger demeurant dans la banlieue de Londres. Puis il sauta dans un taxi et se dirigea vers les bureaux d’un négociant de matières d’or installé près de la Banque d’Angleterre. Là il acheta aussitôt pour 250 000 dollars d’or. C’était la première fois qu’il donnait un ordre semblable car il était spécialisé dans le marché du cuivre, de l’étain et du caoutchouc. Mais ce fameux jeudi devait être une date unique dans la longue et tumultueuse histoire de l’or à travers les âges. Pendant ces mémorables vingt-quatre heures, en effet, il se vendit et s’acheta plus d’or dans le monde qu’en aucune autre journée depuis que le roi Crésus, en Lydie, eut émis la première monnaie d’or connue, en 550 avant J.-C.; et pendant toute la semaine suivante, le marché de l’or vit passer plus d’or que n’en avaient extrait les mines pendant toute la fameuse ruée vers l’or du Klondike.

Tandis que notre homme d’affaires achetait à Londres, de nombreux spéculateurs, les uns avec 1 000 dollars en poche, les autres avec 1 million de dollars dans leur porte-feuille, se joignaient à la foule des acheteurs pris de panique qui, à travers le monde, s’efforçaient d’acquérir de l’or. A Paris, la police cernait la Bourse, s’efforçant de maintenir un peu de calme dans la cohue hystérique des négociants d’or et des acheteurs avides, qui réclamaient de solides lingots d’or à des prix dépassant de 20 pour cent le cours normal.

Un ancien commis de change affirma n’avoir jamais assisté à un pareil spectacle au cours de sa longue carrière. A Washington, les fonctionnaires du Trésor et de la Federal Reserve Bank de New York, harassés, essayaient de se maintenir éveillés en absorbant force cafés aux premières heures de la matinée (New York en effet est en avance de cinq heures sur Londres). Ils se cramponnaient aux lignes téléphoniques encore libres à la Banque d’Angleterre pour glaner les dernières informations relatives aux demandes d’or. Le directeur du Federal Reserve Board, M. William McChesney Martin, avait fait serment cette semaine-là que les Etats-Unis défendraient le prix fixé de 35 dollars l’once  » jusqu’au dernier lingot « . Ce matin-là, il semblait que les spéculateurs le contraindraient à atteindre cette ultime limite.

Pour discerner les causes profondes de cette ruée sur l’or, il faudrait remonter plusieurs années en arrière, mais certains événements qui précipitèrent la crise de mars 1968 sont connus. Il y eut d’abord la dévaluation du sterling en novembre 1967, l’offensive du Tet en janvier 1968, ensuite la remise d’un rapport du général Westmoreland réclamant 200 000 hommes de renfort pour le Vietnam dans le courant de mars. D’autres raisons pourraient être invoquées, mais les trois facteurs principaux que nous venons de rappeler ébranlèrent les nerfs des peuples déjà inquiets de la situation générale.

Timothy Green, auteur du livre « Le monde l’or »

L’or n’est pas une matière première comme les autres

Mardi, mai 12th, 2009
Tout l'or extrait jusqu'à ce jour dans le monde rentrerait dans un cube de 20 mètres de côté

Tout l'or extrait jusqu'à ce jour dans le monde rentrerait dans un cube de 20 mètres de côté.

Depuis sa première extraction de la terre, il y a plus de 6 000 ans, l’or par son éclat a ensorcelé les hommes. De plus, il ne rouille pas, ne s’oxyde pas, ne se ternit pas. On estime que tout l’or jamais extrait ne formerait qu’un cube d’environ 20 mètres de côté, un huitième à peine de ce terrain de football. Et comme jamais aucun autre matériau, l’or a suscité les passions humaines. Sur le marché des métaux le plus actif du monde, la bourse des valeurs de New York, l’or provoque beaucoup d’agitation.

Georges Gero, Commodity Exchange New York : « Les Américains ont été fascinés par l’or en apprenant que durant la dépression, un kilo d’or ce qui fait trente-deux onces, leur permettait d’acheter une Ford, une Chevrolet ou une Plymouth et qu’aujourd’hui un kilo d’or leur permet d’acquérir, de la même manière, une nouvelle Ford ou une Chevrolet ou une Plymouth, donc que sa valeur avait été maintenue au fil des ans. »

Timothy S. Green, auteur de « Le Monde de l’Or » : « Si vous produisez du jus d’orange, vous le buvez et puis c’est terminé. De même si vous produisez n’importe quelle denrée alimentaire, vous la consommez et c’est tout. L’or, lui, du moins tout l’or potentiellement extrait, persiste. D’année en année, la demande constante en or excède les nouveaux arrivages en provenance des mines. D’une certaine manière, cela constitue une bonne raison d’être exploitant de mine d’or aujourd’hui, il y a une demande constante pour votre produit.»

Comportement de l’or durant les années 30

Dimanche, avril 12th, 2009

L’or est resté stable jusqu’en 1930 avec un cours de 20$. Puis il a chuté de 23,7% de 1930 à 1931 en parallèle du marché actions et des prix à la consommation. Il s’est ressaisi durant l’été 31 pour enregistrer sur les trois années suivantes une progression de 119,5 % largement supérieure à celle de la bourse. (Source moneyweek)

Le rapport des investisseurs à l’or durant cette période n’est pas totalement comparable à celui que nous pouvons avoir avec lui aujourd’hui car, dans les années 30, l’or était aussi considéré comme une monnaie et sa fluctuation était grandement couplée au climat des affaires, notamment celui aux USA, et aux manipulations monétaires. Si l’or évoluait aujourd’hui dans un contexte analogue, il est probable qu’il aurait une évolution plus proche de celle du dollar. Ce qui est aujourd’hui très souvent l’inverse, il est même qualifié d’anti dollar.

Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme

Mercredi, mars 18th, 2009

La date d’aujourd’hui, le 18 mars 2009, sera retenue par l’histoire, tout comme celle du 29 mai 1453 le fut pour la chute de Constantinople ou celle du 9 novembre 1989 pour la chute du mur de Berlin, comme celle qui signa la fin du capitalisme.

Aujourd’hui en effet, la Federal Reserve Bank, la banque centrale américaine, a annoncé son intention de racheter des Bons du Trésor (dette à long terme des États–Unis) en quantités considérables (pour un volant de 300 milliards de dollars), son budget atteignant désormais le chiffre impressionnant de 1,15 mille milliards de dollars. Pareil au serpent ouroboros dévorant sa propre queue, les États–Unis avaleront donc désormais leur propre dette, un processus désigné par l’euphémisme sympathique de « quantitative easing ». Pareille à celui qui tenterait de voler en se soulevant par les pieds, la nation américaine met fin au mythe qui voudrait que l’argent représente de la richesse : dorénavant la devise américaine représentera uniquement le prix du papier et de l’encre nécessaire pour imprimer de nouveaux billets. Elle se coupe aussi, incidemment, de la communauté internationale, mais baste !

Le dollar cessa de valoir de l’or quand, en 1971, le président Nixon mit fin à la parité du dollar avec ce métal. En 2009, le président Obama, en permettant à la Fed d’imprimer autant de dollars qu’elle le jugera bon, a mis fin à la parité du dollar avec quoi que ce soit, faisant de l’arrogance de la nation américaine la seule mesure restante de la valeur de sa devise. « Your Mamma still loves you ! » : le gosse, tout faraud, présente son premier spectacle et sa mère qui n’a pas voulu que son amour-propre courre le moindre risque a acheté tous les tickets !

Si la Chine attendait un signal pour se débarrasser de ses dollars, le voici ! Un article très intéressant dans l’Asia Times d’aujourd’hui, signé par Joseph Stroupe, explique comment la Chine, tentant de se délester en douce de ses dollars, les transfère discrètement à des fonds qui achètent des ressources minières et pétrolières. Stroupe, faisant reposer ses analyses sur des chiffres rassemblés par Rachel Ziemba, une collaboratrice de Nouriel Roubini, calcule que la Chine pourrait atteindre son objectif de réduction massive de son exposition au cours du dollar en un an environ. Nul doute que l’on ne dormira pas beaucoup cette nuit à Pékin et à Shanghai, tout occupé que l’on sera à acheter fébrilement des mines et des puits pétroliers aux quatre coins du monde !

Ah oui, j’oubliais : la bourse de New York, considérant qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle, a clôturé en hausse.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Banques éthiques vs banques « traditionnelles »

Lundi, mars 2nd, 2009

Une banque éthique applique un code de conduite strict à ses choix d’investissement. Ainsi, certains financements sont proscrits: celui des industries militaires, des gouvernements dictatoriaux, des entreprises ne respectant pas les droits fondamentaux des travailleurs et l’environnement… Si vous placez votre argent dans une banque éthique, vous pourrez souvent consulter les CV des entreprises qui bénéficient de prêts ou d’investissements de la banque. Ainsi, voussavez exactement à quoi est consacré votre argent.

La plupart des institutions financières disposent de produits de placement respectueux de critères sociaux et environnementaux. Pour repérer ces placements éthiques, vous pouvez vous fier au label européen Ethibel. Economie positive le définit ainsi: « Celui-ci est octroyé aux fonds d’investissement socialement responsables (ISR) qui investissent uniquement dans des entreprises sélectionnées sur la base du modèle d’évaluation global d’Ethibel. A savoir une liste de contrôle détaillée basée sur des « critères de durabilité » dans quatre domaines: la politique sociale interne, la politique environnementale, la politique sociale externe et la politique éthico-économique. »

4 raisons pour préférer « l’éthique »
En prenant pour exemple la Banque Triodos Belgique, voici quelques raisons qui poussent épargnants et investisseurs à préférer une banque éthique à une banque classique, surtout en période de crise:

  • Pas ou peu de participation dans les produits dérivés, les mêmes qui ont mis les grandes banques dans une situation critique. Les banques éthiques investissent uniquement dans les produits et entreprises dont elles connaissent parfaitement le fonctionnement.
  • Pas de cotation en Bourse, et donc pas de pression des actionnaires pour faire augmenter le bénéfice chaque année. La banque Triodos ne paie d’ailleurs pas de bonus, pour ne pas inciter le management à « tricher » sur les résultats.
  • Pas de dépendance au marché interbancaire, car la banque éthique ne travaille qu’avec les moyens dont elle dispose réellement, autrement dit les dépôts réalisés par les clients.
  • Transparence: la plupart du temps, les crédits sont publiés, ainsi que les critères qui ont motivé leur octroi. Vous savez donc à tout moment quels projets et quelles entreprises bénéficient de votre argent. LIRE LA SUITE SUR MONARGENT.LECHO.BE

Les Chinois aiment l’or

Vendredi, février 20th, 2009

Ce n’est un secret pour personne : les Chinois se passionnent pour l’or
A leurs yeux, le métal jaune n’est pas seulement signe extérieur de richesse ou symbole de réussite : c’est aussi un excellent outil d’investissement, notamment en temps de crise. Il faut dire que dans le contexte actuel où l’environnement socio-économique de la Chine s’est considérablement dégradé, le vieux précepte « Acheter de l’or dans les périodes de chaos » est plus que jamais d’actualité.

L’or et ses trois avantages
Alors que la Bourse et le marché immobilier peinent à reprendre le chemin de la hausse, les Chinois sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l’or. Pour eux, le métal précieux offre au moins trois avantages, et non des moindres : il protège contre l’inflation, il permet d’engranger des plus-values, et il présente un risque de perte relativement faible.

L’Etat encourage l’investissement aurifère
Depuis début 2008 déjà — soit neuf mois avant que la crise financière ne soit enclenchée –, nombre d’épargnants chinois se sont rués vers l’or. Auraient-ils vu venir la crise ?

Non ! Ils ont agi par pure passion du métal jaune. Plus exactement : ils croient mordicus que l’investissement aurifère compte parmi les plus sûrs.

Rappelons au passage qu’en Chine, l’Etat encourage ses citoyens à investir dans l’or et, dans ce cadre, organise des ventes de lingots et de pièces d’or. Celles-ci ont lieu au moins trois fois par an : pendant le Nouvel An chinois (entre janvier et février selon les années), lors de la fête nationale du 1er octobre, et à la veille du Nouvel An occidental (entre novembre et décembre suivant les provinces). (LA SUITE DANS  L’EDITO DES MATIERES PREMIERES)

Les chinois à l’assaut de l’or africain

C’est bien l’or qui fait courir Hu Jintao au Mali. Ce pays en est le troisième producteur africain, derrière l’Afrique du Sud et le Ghana. Les mines sont aux mains des Sud-Africains et des Canadiens, mais le gouvernement restreint les permis pour des raisons d’environnement et de déplacement de population. Pékin en profite pour se faire bien voir. LIRE LA SUITE SUR CHINE NOUVELLE

Les Chinois pourraient lâcher le dollar (par Simone Wapler / Moneyweek et Vos Finances)
Selon le courtier obligataire Wrightson ICap, les États-Unis ont déjà émis 493 milliards de dollars d’obligation en 2009. Le besoin se chiffrerait à 1 800 milliards de dollars. Le taux des bons du Trésor qui étaient de 2,08% à la mi-décembre est passé à 3,018% le 9 février. Il se dit que la Banque Populaire lâcherait ses obligations en dollars. La Chine vient d’échanger pour 9 milliards de dollars d’obligations à long terme contre des obligations à court terme, selon les derniers chiffres de son institut monétaire. Les actifs libellés en dollars représentent 70% des réserves de change chinoises qui ne possède que 600 tonnes d’or, soit 1% des réserves.
Selon la presse économique chinoise, la Banque centrale souhaiterait porter ses réserves à 4 000 tonnes. Un tel achat pourrait propulser les cours de l’or jusqu’à 3000$ l’once, selon le Xin Kuaihao qui citait un économiste chinois. Curieusement, c’est ce même chiffre que reprenait le magazine américain Forbes.

Production mondiale d or et réserves minières

Production mondiale d or et réserves minières

Les trois premiers jours du krach de 1929

Mercredi, février 4th, 2009
Le krach de 1929. Dabord Wall-Street puis le reste du monde deux jours après

Le krach de 1929. D'abord Wall-Street puis le reste du monde deux jours après

Journal de Genève du 25 octobre 1929 : La Bourse des valeurs de New York a vécu jeudi une journée très mouvementée à la suite de ventes qui prirent le sens d’une panique. Des cours diminuèrent en peu de temps de 50 dollars. L’énervement s’accroissait de minute en minute et fut encore accru par l’insuffisance des installations techniques pour faire face au débordement des transactions. Lorsque l’agitation eut atteint son point culminant, les principaux banquiers se réunirent pour délibérer et leurs déclarations rassurantes amenèrent une détente au début de l’après-midi. Les transactions ont porté sur 12 881 000 actions, chiffre encore jamais atteint. Jusqu’à présent le record des transactions était d’environ six millions.

JdG du 26 octobre 1929 : Le « lessivage » a continué jeudi à New York. Le télégramme de l’United Press paru dans notre Dernière heure financière, parle délibérément d’une panique. On signale que des paquets de 5000 et même de 20 000 titres changèrent de mains par moments. On dit aussi que 150 000 actions de City Service Co. furent vendues d’un seul coup de crayon, à 55%, ce qui, parait-il, représente une perte de plusieurs millions de dollars. C’est bien l’affolement, car toutes les valeurs sont atteintes. On put heureusement arrêter la chute verticale par des déclarations rassurantes émanées des hautes autorités financières de Washington elles-mêmes, déclarant qu’il s’agit avant tout d’une réaction d’ordre technique contre les excès de la spéculation et que la situation générale des affaires demeure normale. La clôture, somme toute, se tient assez peu au-dessous du cours de la veille. On ose espérer qu’on s’en tiendra là; l’ébranlement des positions est en effet tel, qu’à chaque recul, des réalisations s’imposent, des exécutions ont lieu. (…) Les premières nouvelles de la débâcle – celles de mercredi – n’ont, chose curieuse, pas influencé les marchés européens.

JdG du 27 octobre 1929 : Ce qui frappe dans la crise boursière actuelle, c’est sa généralité, son caractère international, l’atmosphère de pessimisme dans laquelle elle se dévoile. C’est qu’elle est l’aboutissement logique de cet autre phénomène universel que fut la mentalité de haute spéculation que a caractérisé l’après-guerre. (…) C’est toute l’histoire, depuis de longs mois, de tous les marchés européens, les uns marquant plus d’avance, les autres plus de gravité. New York est longtemps resté à part, poursuivant, au milieu d’indéniables conditions de prospérité, une ascension invraisemblable. Et c’est sans doute le trouble amené par l’influence du grand marché américain sur les affaires d’Europe, dans les relations de crédit surtout, qui a hâté la décomposition de ceux-ci et leur déliquescence actuelle. (…) C’est New York qui a amené dans le monde financier l’enchérissement de l’argent, l’étroitesse de crédit, la paralysie des marchés de valeurs. Car, petit à petit, il a fallu diminuer les nombreuses positions spéculations trop chargées. (…) Le cycle de la dépression boursière est bien mondial. Il se ferme en ce moment à New York; on a des raisons de croire qu’il se ferme aussi sur le continent, laissant, en même temps qu’un avertissement salutaire, l’espoir d’une convalescence prochaine. Voici plusieurs jours que le phénomène de la baisse du dollar sur les marchés s’amplifie. (…) Si l’évolution des changes s’accentue, on pourra être amené à revoir des expéditions d’or d’Amérique. Quand un pays est sous le régime de l’étalon-or et que son change fléchit, il arrive fatalement un moment où les exportations deviennent inévitables, parce que, dans les règlements extérieurs, il est alors plus avantageux de payer avec de l’or que de convertir des devises nationales en devises étrangères. (…) Il existe du reste, comme on sait à New York, de considérables avoirs appartenant à des nations étrangères et qui peuvent être retirés; on connaît d’autre part l’appétit non encore rassasié de plusieurs d’entre elles. Ainsi 3 millions de dollars ont été vendus, le 22, à la Banque d’émission à Prague et 10 à la Banque de Pologne. Comment l’Amérique va-t-elle réagir ? Tolérer cette redistribution du métal précieux ou prendre des dispositions pour la réprimer ? Il sera intéressant de suivre à cet égard la politique des Etats-Unis, détenteurs du plus formidable stock d’or qu’on connaisse. Cet or, les banques l’ont utilisé pour créer du crédit; il a servi surtout à accroitre les dépôts des banques affiliées dans les banques de réserve. On calcule que chaque dollar de ces réserves supporte en moyenne une dizaine de dollars de dépôts en banque. Il est vrai que, depuis quelques années, la politique de crédit des Banques de réserve fédérale n’est plus autant basée sur les mouvements d’or. La couverture métallique se tient aux environs de 70%, alors que le minimum requis par la loi n’est que de 40%. Il y a un excédent d’or, « l’or libre », qui est considéré comme une réserve ne devant servir de base à du crédit qu’en cas de violente crise monétaire.
Le point si important de la politique d’escompte de nos Banques d’émission européennes qu’est le rapport de la couverture or ne joue donc presque pas de rôle auprès des Federal Reserve Banks, puis-qu’elles en regorgent au point d’en stériliser. Ce qui les décide à changer le taux de l’escompte, par exemple, ce n’est pas la défense de leurs réserves, mais l’état général des affaires et la situation financière internationale. Malgré cela, laisseront-ils partir leur or sans prendre des mesures pour en réprimer l’exportation ? Et lesquelles ? Ou bien le Federal Reserve Board, qui semble chercher à éviter maintenant l’inflation pour des raisons d’ordre social, laissera-t-il peut-être se produire tout simplement le phénomène?

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "