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Posts Tagged ‘subprimes’

Les prévisions pessimistes pour l’immobilier se confirment

Mardi, juin 5th, 2012

Dans notre dossier du 9 mars dernier intitulé « Immobilier versus or en 2012», nous vous faisions part des prévisions peu réjouissantes concernant le marché de l’immobilier en France. Comme prévu, la baisse des prix de l’immobilier est déjà amorcée… Mauvais temps pour les investisseurs dans le locatif.

La mesure annoncée par la nouvelle Ministre du Logement ne va pas non plus dans leur sens. Cécile Duflot prévoit en effet de bloquer le prix des loyers au changement de locataire. Cette mesure devrait être appliquée dès le mois de septembre. Déjà que la fin du dispositif Scellier signait la fin d’avantages dans l’achat du locatif, le blocage des loyers, aussi louable soit cette initiative, risque d’avoir comme effet pervers de freiner la construction du neuf et de gripper le marché de l’immobilier déjà atone.

Comme l’explique Charles Sannat, Directeur des Etudes Economiques d’AuCOFFRE.com, « Si les loyers dans certains quartiers atteignent des niveaux bien souvent hors de proportions par rapport aux revenus des locataires y compris des classes favorisées, le blocage des loyers risque d’avoir comme effet pervers de rendre plus rapide la chute de la construction et donc in fine moins de nouveaux logements mis sur le marché ».

Le locatif n’est plus la manne d’investissement que l’on nous laissait miroiter il y a encore quelques années. Si le marché de l’immobilier n’est quand même pas celui de l’Espagne, « intoxiqué » par des emprunts nocifs (ce qui ne va pas sans rappeler la crise des subprimes aux Etats-Unis), on évoque de plus en plus l’éclatement d’une bulle.

« Entre 1998 et 2008, les prix de l’immobilier ont progressé de plus de 150 %, faisant du marché français l’un des plus surévalués à l’échelle internationale. Conjuguée entre autre à une évolution moindre des revenus des ménages, cette marche en avant des prix n’a eu de cesse d’alimenter la bulle immobilière », peut-on lire sur le site diagnostic-expertise.com.

D’autant que la solvabilité des emprunteurs est de plus en plus remise en cause. Faute de soutien de la part de l’Etat, les acheteurs potentiels (que ce soit pour une résidence principale ou un bien locatif) sont de plus en plus prudents et veulent de moins en moins prendre de risques.

La différence avec la crise de 2008, que le marché de l’immobilier avait plutôt bien supportée, c’est que la crise de la zone euro provoquée par la dette souveraine l’enfonce carrément. Même le marché de l’ancien, d’ordinaire réactif, est en train de décrocher. Même si l’immobilier reste une valeur refuge phare, il n’en va pas de même pour le locatif. A choisir un placement plus liquide et moins volatile, mieux vaut privilégier l’or, si tant est que l’on ait le choix.

La demande d’investissement montre des signes de réveil chez les institutionnels.

Mercredi, septembre 2nd, 2009

Northwestern Mutual, la 3ème compagnie d’assurance vie aux USA, a annoncé au mois de juin avoir acheté pour $400 millions d’or physique. C’était le premier achat d’or en 152 ans d’existence !

John Burbank’s Passport Capital a annoncé avoir augmenté son exposition en or physique de 6,7%, pour un total de 7,9% de son portefeuille.

Les gérants de hedge funds à succès, comme John Paulson et David Einhorn ont annoncé avoir investi massivement sur l’or. Rappelons que Paulson était un des premiers à avoir vu venir le désastre sur les subprimes et qu’il a gagné une fortune en se positionnant en conséquence. Le fonds de Paulson a investi $2,9 milliards dans le plus grand fonds (ETF) sur l’or (qui lui donne droit à 97 tonnes d’or), et $638 millions dans Market Vectors Gold Miners ETF (fonds d’actions aurifères). Il détient en plus des positions substantielles dans des producteurs d’or (2,6% de Gold Fields, 4,4% de Kinross Gold, et 11,3% de Anglogold Ashanti).

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Ecrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter. Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

Le fort rebond des marchés boursiers n’est pas un retournement comme en 2003

Mardi, avril 7th, 2009

Lu sur Vos Finances :

Pour le moment, il s’agit bien d’un rebond. Pour avoir un retournement comme en 2003, il faudrait des signes annonciateurs de reprise d’activité économique (voir plus haut) et que les niveaux soient plus hauts que ceux actuellement atteints.

Le fort rebond du dollar : au royaume des aveugles les borgnes sont rois

La Chine avait tenté de lancer le G20 sur une monnaie de substitution, une sorte d’esperanto monétaire à base de dollar, d’euro, de yen, de franc suisse, … L’initiative a connu le même succès que l’esperanto : nul. Plus qu’une bonne santé du dollar, il faut voir dans le cours actuel une reprise de confiance.

Aucune des raisons fondamentales qui ont poussé l’or de 200$ l’once en 2000 à 300$ à 860$ l’once actuellement n’a disparu. Il y a un seul esperanto monétaire crédible : l’or.

Mécréant, si vous pensez que la crise est terminée, passez votre chemin. Pour les autres, qui doutent que le grand ménage financier soit en cours, apprenez que John Paulson vient d’acquérir 11,3% d’Anglogold et a payé 1,28 milliard de dollars cash.

Anglogold est une des grosses minières aurifères qui exploite en Afrique du Sud. John Paulson, gérant du fonds spéculatif Paulson & Co, est l’homme qui a prévu l’effondrement des subprimes , empoché 311 millions de livres de bénéfices en anticipant la chute de Lloyds et HBOS. A défaut de me croire, croyez en Paulson : achetez de l’or.

Retour sur les enchaînements de la crise

Mardi, mars 24th, 2009

Vous étiez en vacances sur Mars depuis un an et vous ne comprenez pas pourquoi le monde se porte visiblement plus mal aujourd’hui. Petit retour sur les enchaînement de la crise. Proposé par une note de conjoncture de l’INSEE.

La crise financière s’est auto-entretenue et propagée dans un contexte de défiance généralisée.

Bien qu’elle ait paru initialement ne concerner que le marché des subprimes aux États-Unis, la crise s’est progressivement propagée à l’ensemble des marchés financiers et à l’économie « réelle » à travers un certain nombre de mécanismes.

Les défaillances des emprunteurs américains ont créé une baisse auto-entretenue des prix de l’immobilier. En effet, lorsque la dette d’un ménage américain est supérieure à la valeur de son bien immobilier, il a la possibilité d’annuler le remboursement de sa dette et de se faire saisir sa résidence, qui est alors mise en vente par le créancier. Ce mécanisme, en augmentant la quantité de biens immobiliers mis en vente, a entraîné à la baisse les prix de l’immobilier et accru le nombre de ménages arrêtant de rembourser leur dette, entretenant ainsi une spirale baissière. Les défauts sur les crédits immobiliers et les procédures de saisie se sont ainsi multipliés aux États-Unis.

La crise financière s’est progressivement répandue à l’ensemble des marchés financiers, en commençant par les États-Unis. Les primes de risque, c’est-à-dire le supplément de rémunération demandé par les prêteurs pour couvrir le risque de défaut, ont augmenté sur les produits issus de la titrisation, reflétant la révision à la hausse des probabilités de défaut et une moindre appétence pour le risque. Le manque de transparence, lié à la multiplication des intermédiaires entre le prêteur et l’emprunteur, a rapidement provoqué une crise de confiance : ne pouvant discriminer avec certitude entre les bons et les mauvais actifs, les agents économiques se sont détournés de classes entières d’actifs. Notamment, les titres adossés aux prêts immobiliers dont l’évaluation était jugée trop incertaine n’ont plus trouvé d’acheteur.

La comptabilisation des actifs à la valeur de marché (à l’exception de ceux explicitement acquis pour être conservés jusqu’à échéance) a contraint les banques à enregistrer immédiatement la chute de leur valeur. À partir de l’été 2007, les banques ont donc dû passer chaque trimestre dans leurs comptes des dépréciations d’actifs. Or les banques sont tenues de respecter des ratios dits « prudentiels » (ou
ratios de solvabilité), définis par une part minimale de capitaux propres relativement à leurs actifs auxquels on donne un poids d’autant plus fort que le risque associé est élevé, conformément aux critères dits « de Bâle ». En outre, le recours des banques à des sociétés intermédiaires leur avait permis de contourner cette réglementation en excluant certains actifs de leur bilan. Mais comme la perte de
valeur des actifs menaçait la survie de ces intermédiaires, les banques ont été contraintes de les réintégrer dans leur propre bilan, le détériorant d’autant. Afin de rétablir les ratios prudentiels, les banques ont vendu une part de leurs actifs,
tout en procédant à des augmentations de capital, accroissant ainsi l’offre de titres et entretenant la chute des marchés.
L’existence de ces intermédiaires étant source d’opacité et d’incertitude, un climat de défiance s’est alors installé entre les banques qui se sont notamment mises à refuser de s’échanger des liquidités entre elles. En témoignent notamment les écarts importants et persistants entre les taux directeurs et les taux d’intérêt interbancaires.

Le caractère mondial de la crise est un de ses traits les plus distinctifs, la majorité des pays étant affectés. Les crédits subprimes existent principalement aux États-Unis (et, sous des formes plus ou moins atténuées, dans quelques autres pays comme le Royaume-Uni) et les prêts ont été surtout le fait d’établissements américains. Cette crise s’est toutefois rapidement propagée à la fois du fait de l’interdépendance des institutions financières, de la titrisation qui permettait aux investisseurs d’accéder aux marchés immobiliers étrangers, et de la réévaluation
du prix du risque. La baisse du prix des actifs risqués aux États-Unis a affecté les banques européennes qui détenaient de tels actifs, diminuant leur demande et alimentant la chute des bourses européennes. À la suite des États-Unis, les marchés interbancaires en Europe ont donc été touchés par la crise de confiance.

D’autres actifs ont à l’inverse connu un regain de faveur, lié à la plus grande prudence des investisseurs. Cette prudence a notamment entraîné un report vers les marchés obligataires publics, les investisseurs préférant investir dans les obligations publiques, réputées plus sûres (phénomène dénommé « fuite vers la qualité »).

Les banques ont eu des difficultés à assurer l’équilibre de leur bilan, notamment au travers des opérations de refinancement qu’elles effectuent entre elles ou avec la banque centrale. Les banques centrales ont alors dû intervenir de façon massive et répétée dès l’été 2007. Elles ont réagi en augmentant les quantités de liquidités prêtées aux banques et en baissant les taux d’intérêt directeurs, les deux
actions étant parfois conduites simultanément.

Après une période de relative stabilisation courant 2008, les tensions sur les marchés financiers se sont à nouveau aggravées en septembre 2008 avec notamment la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers. Ses créanciers se sont retrouvés en difficulté. Les fonds d’investissement détenant, directement ou indirectement, des titres de Lehman Brothers, se sont retrouvés en manque de liquidités
et ont dû vendre des actifs, notamment des actions, pour rembourser leurs clients, alimentant ainsi les chutes des cours. En outre, Lehman Brothers étant connue comme contrepartie pour de nombreux contrats de gré à gré, le risque qu’un dénouement non ordonné de ces contrats mette à leur tour en danger les institutions financières concernées a paralysé les marchés interbancaires. La faillite de cette banque de premier plan a également conduit les investisseurs à revoir à la hausse les probabilités de défaut des autres banques, comme l’a révélé la hausse des écarts de taux entre les prêts interbancaires et les prêts accordés aux États.

Le regain d’aversion au risque a alors entraîné de nouvelles tensions sur les marchés actions et interbancaires mondiaux. Si les plans rapidement mis en oeuvre aux États-Unis et en Europe et l’action des banques centrales ont permis de diminuer significativement les tensions sur les marchés interbancaires dans les semaines suivantes, les marchés actions sont toutefois restés très instables depuis. Aux États-Unis, l’indice composite des prix d’actions Standard & Poor’s de décembre 2008 a ainsi accusé sa troisième plus forte chute depuis 1872, après les épisodes de 1932 et de 1938. Source : INSEE

Plus une crise de valeur qu’une crise de valorisation.

Mercredi, mars 11th, 2009

Lorsque Bernard Madoff arnaque ses proches, des oeuvres caritatives et autant de clients il y a un problème de valeur. Lorsque les banques et les intermédiaires financiers se jettent sur des subprimes parce qu’ils affichent des taux de rentabilité élevés sans se poser la question de la solvabilité des débiteurs, il y a un problème de valeur. Lorsque tant d’intermédiaires financiers respectables distribuent des fonds Madoff sans en vérifier les performances, il y a un problème de valeur. Lorsque des banquiers se mettent à défendre un secret bancaire qui exonère les plus fortunés du paiement de l’impôt, il y a aussi un problème de valeur. Lorsque des cadres coupent des têtes avant de réduire leurs budgets pour prouver qu’ils sont capables de sacrifier l’humain, il y a toujours un problème de valeur. Lorsque en plein marasme des financiers imposent des augmentations de prix et s’étonnent de la chute des volumes de vente il y a un problème de valeur. Lorsque des entreprises rémunèrent de manière excessive les dirigeants qui les ont conduites à la faillite il y a un problème de valeur. Lorsque la rémunération des dirigeants se fait sur leur capacité à produire du cash plutôt qu’à créer de la valeur à long terme, il y a un problème de valeur. La raison a fait place à la cupidité. LIRE LA SUITE SUR AGORAVOX

Sémiotique de la crise

Mercredi, février 18th, 2009

Article diffusé avec l’autorisation de son auteur : Jean-Maxence Granier – Think-Out

S’il existe bien un consensus sur la crise actuelle et sa gravité, sur l’ensemble des continents et quelles que soient les idéologies, puisque les inquiétudes des libéraux de Davos font écho à celles des altermondialistes de Belém, il est intéressant d’opérer des distinctions au sein même des interprétations du phénomène et de proposer une approche sémiotique de celles-ci à travers les polarités variées qui organisent le champ des différentes lectures à laquelle cette crise donne lieu.

1. La notion de crise

Le concept de « crise », au sens médical, psychologique, économique, politique, culturel, du terme, correspond à l’idée d’une rupture à partir d’un état antérieur réputé stable, cette rupture étant souvent connotée négativement et constituant une tension, un risque. La crise vient interrompre, plus ou moins brutalement, un état perçu comme normal, neutre ou orienté positivement.

La notion de crise s’applique à des univers divers, individuels (physique, psychique) ou collectifs (économique, politique, culturel) mais ce qui nous intéresse ici, c’est de qualifier les différentes polarités qui caractérisent la sortie de crise, c’est-à-dire l’état dans lequel le système, au sens très large, se retrouve après la période de crise elle-même. Nous définissons donc la crise non par sa nature, sa durée ou son intensité, mais par l’état sur lequel elle débouche. Nous en distinguons 4 (voir tableau 1) :

État A. La crise ramène le système à son état antérieur. Quelle qu’ait été son intensité, elle se clôt par un retour à la normale, par une forme d’homéostasie. Dans cette logique, il faut faire cesser la crise au plus vite puisqu’elle constitue un accident qui finira par déboucher sur un retour à la normale.

État B. La crise se clôt vers un retour au système initial, mais celui-ci ne reste pas inchangé, car pour faire face à elle, il a dû s’adapter, se modifier en regard d’un nouveau contexte. Cette adaptation procède largement d’une autorégulation, d’une possibilité pour le système en question d’intégrer de nouvelles données issues de la situation nouvellement créée, pour justement y faire face. L’adaptation peut être plus ou moins profonde, ponctuelle ou durable, mais elle demeure réversible et fait du système l’acteur de sa transformation.

État C. La crise contraint le système initial à se transformer radicalement au risque sinon de disparaître. Cette réorganisation excède la logique d’adaptation, car elle n’émane plus seulement de l’intérieur du système, de ses capacités intrinsèques d’accommodation, mais d’une nouvelle configuration qui produit une mutation en profondeur, qui n’est plus réversible et en quelque sorte subie par le système en question.

État D. Le système existant initialement ne survit pas à la crise qui accouche d’un modèle radicalement nouveau ou du chaos. La rupture est paradigmatique et s’inscrit dans une solution de continuité radicale par rapport à l’état initial.

Les états A et D se caractérisent par un régime d’immutabilité/rigidité au sens où le système soit se perpétue à l’identique, soit disparait.

Les états B et C se caractérisent par leur mutabilité/souplesse car le système soit s’accommode soit mute en profondeur suite à la crise.

Les états A et B relèvent d’une logique de continuité dans la mesure où, soit le désordre introduit par la crise correspond à une parenthèse plus moins longue, mais circonscrite dans le temps, soit il donne lieu à une stratégie d’adaptation qui permet au système de persévérer dans son être.

Les états C et D relèvent d’une logique de discontinuité dans la mesure où la crise débouche soit sur une transformation radicale qui change la nature même du système initialement entré en crise, soit sur la rupture de fait que constitue la disparation du système initial.

Pour les sémioticiens (les autres lecteurs peuvent faire l’économie de ce paragraphe plus technique), on notera que l’on peut aussi représenter ces polarités sous la figure d’un carré sémiotique qui permet de déployer le couple initial « perpétuation du système » et « disparition du système » (voir tableau 2) en l’articulant à deux sub-contraires qui seraient « non-disparition du système » et « non-perpétuation du système ». La continuité correspond à la deixis positive (A+B) et la discontinuité à la deixis négative (C+D). Le méta-terme correspondant à A et D et celui de l’immutabilité qui se solde soit par la continuité soit par la disparition, le méta-terme correspondant à B et C est celui de la mutabilité sous forme d’adaptation ou de refondation.

Ce modèle décrivant les différents états de sortie de crise possibles, permet de mieux comprendre les postures prises aujourd’hui face à la crise économique que nous connaissons.

2. La crise économique de 2008

Notre but n’est pas ici de décrire ou d’expliquer une nouvelle fois la crise actuelle mais de voir comment elle est interprétée dans le champ socio-économique et politique. Si, en effet, il y a bien consensus sur sa gravité, on constate qu’il existe différentes manières bien différentes de lui donner sens et ce sont ces manières que l’on voudrait disposer selon les polarités définies plus haut de manière générique. On voudrait pour chaque pôle possible voir quelles sont les causes principalement mises en avant pour expliquer cette crise et quelles sont les solutions majeures proposées.

2.1. Les logiques de continuité

2.1.1. La posture A

La posture A est celle d’un retour à l’état antérieur. Elle est aujourd’hui intellectuellement assez difficile à tenir même si elle est sans doute dans le cœur de beaucoup qui voudraient se réveiller du cauchemar. Si on trouve peu d’optimistes invétérés pour remettre en cause le caractère systématique et mondial de la crise, les questions sur la date de sortie de celle-ci, portent bien en elles le désir que les choses reviennent à ce qu’elles furent et si possible au plus tôt. Le « quand » est ici le symptôme d’un évitement partiel du « pourquoi ». On sait d’ailleurs bien que pouvoir répondre à cette question serait déjà une manière de solution, puisque la crise est étroitement liée au champ d’incertitude qu’elle déploie devant nous. Les tenants de cette posture auront naturellement tendance à revenir aux causes les plus immédiates de la crise, à ses symptômes au fond, laissant de côté les plus structurelles et partant d’aller aux remèdes les plus immédiats aussi. Les solutions envisagées se centrent au premier chef sur l’éradication des actifs « toxiques » disséminés dans les comptes de la haute finance et des petits porteurs et sur la réinjection massive d’argent par l’État dans le système bancaire, sans trop de conditions, pour réinstaurer la confiance et la liquidité et relancer le crédit. Au fond, on en reste à l’idée qu’une fois le système bancaire sauvé, l’essentiel est fait. Pour ce faire, on baisse les taux (USA) pour augmenter les marges bancaires, l’État concourt à des augmentations de capital et à des reprises de provisions afin de permettre aux banques d’accroître leurs fonds propres et de relancer la machine en prêtant aux entreprises et aux ménages. Il s’agit au premier chef de lutter contre le « Credit Crunch » et le sinistre bancaire pour faire face au ralentissement économique qu’il enclenche. Cette approche peut opérer des distinctions au sein du capitalisme financier entre les bonnes pratiques et les dérives de quelques égarés (Kerviel) ou de quelques aigrefins (Madoff) mais globalement elle ne remet pas en cause le dispositif, demandant simplement à l’État d’intervenir pour débloquer le système, jusqu’à quelquefois se substituer aux banques en prêtant directement aux entreprises (cf. la France et le prêt au secteur automobile).

2.1.2. La posture B

Cette posture propose une lecture à la fois plus critique et plus ambitieuse de la crise en reconnaissant qu’il y a bien quelque chose de pourri au royaume de la finance. C’est d’abord la crise financière, spéculative qui sera pointée du doigt avec en particulier : les dérives des organismes de crédit immobilier hypothécaire qui ont volontairement prêté à des gens insolvables pour garantir des taux d’intérêt maximaux, l’inconscience des traders surpayés et court-termistes, l’impéritie des agences de notation aux relations ambiguës avec ceux-là mêmes qu’elles doivent contrôler, des règles comptables (évaluation des actifs financiers au prix du marché) et prudentielles comme des critères de solvabilité qui ont évolué de manière trop lâche en ouvrant la porte à tous les risques ou encore la distinction qui s’est effacée entre banque de dépôt et banques d’investissement (remise en cause du Glass-Steagall Act de 1933). Quant aux solutions, le discours dominant est celui de la régulation de l’intérieur, de l’autorégulation en demandant aux acteurs eux-mêmes de revenir à la raison, de bien vouloir prêter à des taux qui ne soient pas usuraires ou d’éviter de distribuer trop ouvertement des millions de dollars de bonus à des dirigeants qui ont mené leurs entreprises au bord de la faillite. Cette posture s’appuiera volontiers sur la distinction entre un capitalisme industriel et un capitalisme financier, coupable de quelques excès, entre au fond un bon et un mauvais capitalisme qui se serait laissé emporter par les effets de levier, la titrisation, les produits dérivés, les gros bonus, le court terme et les ROI à 15 %, quant on ne distingue pas entre une bonne spéculation, utile aux opérations de couverture, et une mauvaise spéculation, ramenée à une logique de pari sur les monnaies ou les matières premières et de surenchère sur l’avenir ! Cette posture a été occupée de l’intérieur du système et bien avant le démarrage effectif de la crise par un certain nombre de Cassandres, ce qui ne laisse pas d’inquiéter sur son caractère peu audible en tout cas d’un point de vue collectif (cf. Patrick Artus, Le Capitalisme est en train de s’autodétruire, avec M.-P. Virard, La Découverte, 2005). C’est encore la posture d’un économiste comme Michel Aglietta (La crise : pourquoi en est-on arrivé là ? Comment en sortir ? Michalon, 2008) : « Les responsables politiques doivent prendre conscience qu’il s’agit d’une crise globale de la finance et qu’il faut des changements dans la réglementation. Un retour de l’autorité de l’État sur les marchés est nécessaire pour réduire les risques. Il faut inventer une nouvelle organisation de la finance qui soit au service de l’économie et non pas au service d’elle-même, comme ces dernières années où les profits et les bonus ont explosé à des niveaux indécents. », L’Express, 15/09/2008 ou d’un Jacques Attali qui prône le passage à une gouvernance mondiale comme opérateur de cette nécessaire régulation (cf. La crise, et après ? Fayard, 2008).

2.2. Les logiques de discontinuité

2.2.1. La posture C

La posture C, qui appelle à une mutation profonde, s’inscrit à la fois dans l’économique et le politique en proposant justement une réarticulation de ces deux champs face à la crise. Elle se caractérise par une approche beaucoup plus globale de celle-ci, par exemple par une mise en perspective plus nette des enjeux écologiques, la dérive financière comme le risque écologique apparaissant comme les deux faces de la même monnaie ultra libérale. Elle porte sa critique sur une évolution plus ancienne et plus profonde, liée à la période des trente dernières années, et sur une remise en cause très vive de l’ultralibéralisme américain porté par les épigones de Milton Friedman. Pour cette posture, la crise que nous vivons est d’abord l’occasion de repenser à la fois les rapports économiques internationaux (rapports Nord/Sud, crises alimentaires, délocalisations sauvages), le rapport de la société industrielle à la nature et aux générations futures, la question de l’équilibre entre le capital (actionnaires, dirigeants qui sont d’abord des actionnaires) et le travail (appauvrissement des classes moyennes, augmentation des écarts entre les plus riches et les plus pauvres) et enfin le rapport entre pouvoir politique et pouvoir économique. La crise financière actuelle n’est plus perçue comme un fatum qui pèserait soudain sur le destin des hommes et des sociétés, mais bien comme le produit d’une certaine conception de l’économie et du politique. Elle pose ainsi la question du fonctionnement réellement démocratique de démocraties, de leur capacité à réguler un capitalisme mondialisé, qui subsume assez largement la puissance publique telle qu’elle s’exerce au niveau des nations. Elle interroge l’écart assez radical entre la logique démocratique visant idéalement au bien commun et les stratégies d’entreprises qui ne gèrent ni le long terme ni les externalités négatives et socialisent les pertes après avoir privatisé les bénéfices. Ce discours est soutenu par un Joseph Stiglizt (Un autre monde : contre le fanatisme du marché, Fayard, 2002) qui stigmatise les inégalités, face à la richesse comme face à l’information qui permet de l’acquérir ou les instances mondiales de régulation comme le FMI, qui, sous l’apparence du bien commun universel, défendent d’abord, dans les rapports Nord/Sud, les intérêts des économies jusqu’alors dominantes. C’est aussi la posture de Paul Krugman (L’Amérique que nous voulons, Flammarion, 2007), autre prix Nobel et critique virulent du double mandat de G. W. Bush : « C’est une crise de l’érosion. C’est une crise des certitudes dans le système. C’est une crise du crédit bancaire, de l’énergie à bas prix, de l’accès à la nourriture, du commerce mondial. Et, surtout, de la régulation ou de son absence. Et, contrairement à ce que l’on entend, il n’y a aucune gouvernance économique et financière dans le monde depuis vingt ans, c’est une fumisterie. Et cela peut avoir des conséquences dramatiques. (…) » Libération, 13/10/08 ou celle d’un Paul Jorion qui dans son ouvrage La crise : des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008), déroule une critique très vive de l’économie de marché comme des économistes qui la soutiennent théoriquement, en insistant sur la dimension mortifère de l’augmentation des écarts entre capital et travail, comme sur les risques associés à la spéculation : « Je suis surpris de voir que mes livres se vendent bien mais qu’il n’y a pas un seul homme politique qui me consulte ! C’est comme les économistes, ils sont à l’intérieur d’un système. Ce système n’a pas encore compris qu’il est en train d’affronter cette crise de civilisation à laquelle je faisais allusion. Alors, quelles sont les solutions ? Je propose notamment qu’on écrive une constitution pour l’économie, éliminant un certain nombre de principes entièrement destructeurs. Les paris sur l’évolution des prix – des matières premières, par exemple – sont aujourd’hui au cœur du processus économique ; on a ouvert grand les portes du marché des matières premières aux spéculateurs. Ils en sont devenus les acteurs dominants. C’est de la folie. D’autre part, il faudrait repenser complètement le problème des prêts à la consommation. C’est une bonne chose que les banques prêtent de l’argent entre investisseurs et dirigeants d’entreprises, parce que ça produit de la richesse dans le monde ; on fait travailler les gens et on produit des biens et des services. Mais prêter de l’argent à des consommateurs pour qu’ils achètent des biens, alors que leurs salaires ne leur permettent pas, c’est une aberration » Telerama 31/10/08.

2.2.2. La posture D

Cette ultime posture voit dans la crise se dessiner la fin même du capitalisme et l’appelle souvent de ses vœux. La crise se teinte d’une dimension presque positive, malgré les difficultés sociales qu’elle engendre, comme promesse d’un changement de paradigme radicale. La dimension cyclique des analyses A et B qui intégraient au fond la crise au rythme intrinsèque du capitalisme (euphorie/inquiétude, relance/rigueur, inflation/déflation, etc.) est remise en cause au profit d’un véritable épuisement du capitalisme et de l’économie de marché qui verraient là approcher leur fin. Cette posture insiste sur l’instabilité maximale du système, lit l’enchaînement des différentes crises récentes et plus anciennes non sous le signe de la régénération, mais sous celui de l’épuisement. L’économie de marché est fortement remise en cause dans ses fondements, confrontée qu’elle serait à une politique d’accumulation sans fin. Les solutions évoquées sont bien sûr d’abord politiques (critique des limites de la démocratie face au marché) mais aussi économiques (décroissance). Elles appellent à l’élaboration d’un système radicalement nouveau.

Sous des formes quelquefois très différentes, les philosophes Jean-Claude Michéa (L’empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale, 2007, Climats), qui démontre comment libéralisme économique et libéralisme politique sont littéralement coproduits l’un par l’autre et en appelle à une sorte d’égalitarisme populaire d’inspiration orvellienne, et Alain Badiou, qui critique la démocratie comme inopérante et appelle au retour d’une forme de communisme authentique : On a souvent parlé ces dernières semaines de « l’économie réelle » (la production des biens). On lui a opposé l’économie irréelle (la spéculation) d’où venait tout le mal, vu que ses agents étaient devenus « irresponsables », « irrationnels », et « prédateurs ». Cette distinction est évidemment absurde. Le capitalisme financier est depuis cinq siècles une pièce majeure du capitalisme en général. Quant aux propriétaires et animateurs de ce système, ils ne sont, par définition, « responsables » que des profits, leur « rationalité » est mesurable aux gains, et prédateurs, non seulement ils le sont, mais ont le devoir de l’être. Il n’y a donc rien de plus « réel » dans la soute de la production capitaliste que dans son étage marchand ou son compartiment spéculatif. Le retour au réel ne saurait être le mouvement qui conduit de la mauvaise spéculation « irrationnelle » à la saine production. Il est celui du retour à la vie, immédiate et réfléchie, de tous ceux qui habitent ce monde. C’est de là qu’on peut observer sans faiblir le capitalisme, y compris le film catastrophe qu’il nous impose ces temps-ci. Le réel n’est pas ce film, mais la salle. (Le Monde, 17/10/08) ou encore le sociologue américain altermondialiste Immanuel Wallerstein, qui pose une analyse du capitalisme comme lieu de la marchandisation de toute chose et comme dissymétrie fondamentale entre un centre où s’accumule le capital et des périphéries toujours spoliées : « Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries. A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour « l’économie-monde » créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’œuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle – les « trente glorieuses » – n’a été possible que parce que les États keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte ! » (Le Monde, 11/10/08), sont les porteurs de cette approche.

Cette posture, plus radicalement politique, interroge le système de l’extérieur, et considère la crise non comme un accident, mais comme le révélateur de ses limites intrinsèques.

Conclusion

La posture A et la posture B s’appuient l’une comme l’autre sur une approche cyclique de la crise, la première la ramenant à une crise de confiance à résoudre en réduisant le stress bancaire, la seconde en réformant les excès d’un capitalisme financier emporté dans son élan. Ce qui rapproche ces deux attitudes, c’est au fond de considérer la crise comme une cause, la posture A ayant tendance à naturaliser au maximum cette cause, jusqu’à en faire l’équivalent d’une catastrophe naturelle contre laquelle tout le monde doit s’unir et lutter, tandis que la posture B construit la crise comme un excès que le retour à la raison pourrait contenir. Ces deux postures maintiennent le paradigme initial pratiquement tel quel ou au prix d’une réforme interne plus conséquente. Elles répugnent à établir des liens entre la crise dite des « subprimes » et ses effets sur l’économie, et des questions plus larges, sociales, écologiques, alimentaires, ou géostratégiques. Enfin, ces postures sont très largement marquées par une lecture progressiste du capitalisme, faisant de chacune de ses crises le signe même de sa capacité à perdurer ou à s’adapter

Les postures C et D, sous la figure de la refondation pour la C, sous la figure de l’épuisement pour la D, se situent au contraire dans une logique de discontinuité beaucoup plus marquée. Ces deux postures se caractérisent par le fait qu’elles considèrent la crise comme un effet, voire un symptôme, d’un dysfonctionnement à la fois plus ancien et plus fondamental, celui même de l’économie de marché, ou en tout cas de sa dérive libérale, stigmatisée sous les traits de la « pensée unique ». Elles opèrent un renversement causal en faisant de la crise le résultat et non la cause d’une dérive entamée depuis longtemps.

On voit ainsi apparaître certaines dominantes dans l’interprétation de la crise (cf. tableau 3), la logique de la discontinuité impliquant de manière forte la question politique, une vision plus globale de la crise, non pas cyclique mais vectorielle (accumulation de crises jusqu’à une crise finale) et se situant plutôt à gauche ou à l’ultragauche, la logique de la continuité, plutôt à droite, s’inscrivant elle dans le seul champ de l’économique, dans une approche plus étroitement circonscrite dans le temps d’une crise qui commencerait en 2008 et qui s’inscrirait dans une cyclicité quasi naturelle au capitalisme.

Cette réflexion sémiotique sur l’organisation du champ des discours sur la crise, caricature évidemment en quatre grandes postures le continuum qui, en réalité, préside à la variété des regards possibles. Mais ce schématisme permet de voir comment s’infléchissent dans un sens ou un autre des lectures différenciées d’une crise qui, derrière l’unanimisme de façade, suscite des interprétations bien distinctes. L’intérêt du carré sémiotique est de permettre, comme nous l’avons fait, de positionner différents types de discours en regard les uns des autres, mais de saisir aussi comment certains acteurs infléchissent leurs discours au fur et à mesure du déroulement de la crise et des effets qu’elle produit, les principales opérations de passages se faisant clairement au niveau du registre de la mutabilité, sur l’axe continuité / discontinuité, entre les pôles B et C.

Article de Jean-Maxence Granier – Think-Out

Think-Out conduit les marques, les médias et les projets Internet à saisir les meilleures opportunités d’innovation et de croissance, dans une intelligence fine des insights consommateurs et du jeu concurrentiel.

Pire qu’une crise économique, c’est une crise de civilisation

Dimanche, février 1st, 2009
Paul Jorion

Paul Jorion

Il a été l’un des rares à voir venir la crise des subprimes et à prévenir que le système allait se kracher. Mais pendant des années, Paul Jorion, avec une poignée d’autres (le prix Nobel Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Nouriel Roubini…), a crié dans le désert. Alarmiste ou réaliste, l’anthropologue et sociologue, quand il annonce que le pire est encore à venir ?

Télérama : Le capitalisme a toujours connu des crises. Celle que nous visons actuellement est-elle une crise de plus (aussi spectaculaire soit-elle), ou marque-t-elle un véritable changement de cycle ?

Paul Jorion : La crise d’aujourd’hui est plus grave que celle de 1929. Même en comptant les quatre années de récession, de 1930 à 1933, qui ont suivi… La finance étant devenue beaucoup plus centrale à l’économie, plus complexe et plus mondialisée, quand elle va mal, c’est beaucoup plus grave qu’avant. Les spéculateurs, aussi, sont plus efficaces qu’ils ne l’étaient auparavant. Ils peuvent faire tanguer les marchés comme un bateau qui aurait des passagers passant d’un bord à l’autre en permanence… La meilleure solution pour le faire chavirer. C’est ce qui se passe en ce moment.
Certes, le capitalisme est un système très complexe qui entre régulièrement en crise. Mais c’est une erreur d’interpréter ces crises comme des cycles. A chaque fois, la solution a été différente. L’espèce humaine est inventive, elle parvient toujours à en sortir mais ça ne donne pas de plans pour la prochaine crise.

Avec le recul, comment expliquez-vous l’origine de la crise ?

Par la manière dont l’endettement s’est organisé aux Etats-Unis autour de l’immobilier, avec cette idée très sympathique qu’il faudrait que chaque famille ait une habitation qui lui appartienne. On a accordé des prêts sur 30 ans. Puis on a inventé les prêts à 40 ans et à 50 ans. Mais, même de cette façon, on n’arrive pas à vendre quelque chose de très cher à quelqu’un qui n’a pas d’argent !
50 % des Américains se partagent 2,8 % du patrimoine national. Un tiers de ce patrimoine national appartient à 1 % de la population. Cette disparité ne permet plus qu’on puisse rêver d’avoir une maison par famille.

Y avait-il d’autres possibilités que cette injection massive de centaines de milliards dans les banques américaines et européennes ?

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Une lettre persane

Vendredi, janvier 30th, 2009

Un voyageur venu d’un autre système stellaire a récemment visité la Terre et a tenu à informer les siens de ce qu’il avait pu y observer. Arrivé sur notre planète alors qu’y fait rage une crise profonde, il en informe ses correspondants lointains dans les termes que voici :

« Il existait ici il y a quelques années seulement un grand commerce de biens appelés “ABS adossées à des prêts subprime” dont on s’aperçut un jour que leur valeur avait tant baissé qu’ils se vendaient désormais beaucoup plus cher que ce qu’ils valaient. Les acheteurs éventuels disparurent aussitôt et plus personne n’entendit traiter avec ceux qui détenaient de tels biens en grande quantité de peur qu’ils ne fassent bientôt banqueroute. Certains ayant caché de tels ABS au sein d’autres produits appelés CDO (pour Collateralized–Debt Obligations), chacun soupçonna alors chacun de vouloir le gruger et plus personne n’entretint commerce avec personne. Or les habitants de la Terre ont pour habitude d’utiliser pour toutes leurs entreprises, plutôt que leur argent propre, celui qui appartient à quelqu’un d’autre, usage très dispendieux cependant car il leur faut payer un loyer pour l’argent qu’ils empruntent et le montant de ces « intérêts » ne manque pas de se retrouver alors en proportion importante dans le prix de tout ce qui se vend et s’achète.

Je demandai à un Terrien pourquoi ne pas utiliser son propre argent plutôt que celui des autres et il m’apprit alors que la plupart de ceux qui ont besoin de cette commodité en manquent, soit qu’il s’agisse pour eux de l’utiliser au titre d’avances pour se procurer les matières premières et les outils nécessaires à leurs tâches, soit qu’il s’agisse de consacrer un tel argent à l’achat d’un bien dont ils ont besoin pour survivre ou pour vivre, sommes qu’ils rembourseront et dont ils acquitteront les intérêts à partir de leurs gages. La question que je lui posai alors fut celle qui eut le plus l’heur de le surprendre : « Comment se fait-il », lui demandai-je, « que l’argent ne se trouve pas là où il est le plus nécessaire ? » Il me fit la réponse suivante : « Cet argent dont nous parlons, on l’appelle quand on ne l’a pas : “capitaux”. Ceux qui en disposent en grandes quantités et qui se font spécialité de les prêter, nous les appelons : “capitalistes” et c’est pour cela que nous appelons “capitalisme” la façon dont nous organisons nos sociétés ».

Je lui expliquai que l’argent devant être emprunté pour s’acquitter des tâches les plus communes et pour vivre au jour le jour, il n’était pas surprenant que toute activité s’interrompe aussitôt que ceux qui en disposent refusent de s’en défaire et le grand désarroi où est plongée sa planète me semblait causé par ce simple fait.

Je lui demandai alors d’où était née chez eux cette idée de confier l’argent aux seuls capitalistes. « Il ne s’agit pas d’une décision qui fut jamais prise », me déclara-t-il, « mais de la conséquence de la combinaison de deux principes : celui de l’héritage et celui de la propriété privée qui permit l’appropriation des communs par un petit nombre ». « Ne voyez-vous pas », lui dis-je, m’échauffant quelque peu, « que l’appropriation privée des communs n’était tolérable que tant que vous n’étiez que peu nombreux et que votre planète vous apparaissait comme un vaste terrain en friche ? ». Au comble de l’exaspération je m’écriai alors : « Si ces principes mettent aujourd’hui votre existence en péril que n’en changez-vous ! » « La chose fut proposée autrefois », me répondit-il sans se départir de son calme, « par un idéaliste appelé Jean-Jacques Rousseau qui, si j’ai bon souvenir, vivait dans un tonneau, mais nous ne pouvons guère modifier ces principes car ils nous furent confiés par nos aïeux qui les tenaient des leurs et nous dirent de bien nous garder d’en changer, raison pour laquelle nous les appelons : “sacrés” ».

Je ne sus bien sûr que répondre. Quelques jours plus tard cependant je prenais la décision de rentrer au pays ».

Article de Paul Jorion

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Qu’est-ce qui aura changé quand on aura sauvé les banques ?

Lundi, janvier 26th, 2009

Diverses méthodes sont aujourd’hui expérimentées pour tenter de sauver le secteur bancaire dont on avait imaginé que les difficultés apparues à l’été 2007 étaient une question de liquidité : les acheteurs devenus frileux manquaient simplement à l’appel. Or ceux qui se trouvaient dans le secret des dieux savaient déjà six mois auparavant qu’il ne s’agissait pas de liquidité mais de solvabilité : les acheteurs n’étaient pas frileux par caprice mais par calcul : parce que les produits en question, ABS (Asset–Backed Securities) et CDO (Collateralized–Debt Obligations) remplies de petites ABS étaient trop dépréciés pour justifier une offre, quel qu’en soit le prix. Quand il se confirma qu’il n’y avait plus d’acheteurs, ceux qui possédaient ces produits en portefeuille firent leurs comptes et l’on constata alors que dans un bel ensemble ils se trouvaient en-dessous de la ligne de flottaison : sous le niveau de réserves déterminé par le ratio de solvabilité défini pour les établissements bancaires par les régulateurs.

Deux solutions s’offraient pour venir en aide aux banques, la première étant que les autorités se substituent au marché défaillant en se portant acheteuses de ces produits à un prix d’« après-crise », au sein d’une banque d’agrégation ou « mauvaise banque », mettant effectivement ces produits toxiques en quarantaine, et offrant ainsi une valorisation à des produits qui, faute d’acheteurs, sont aujourd’hui sans prix. La deuxième solution étant que l’on ne fasse pas un cas particulier de ces instruments de dette dépréciés et que l’on se contente de recapitaliser ces banques, c’est–à–dire qu’on leur fournisse les fonds qui leur permettront de respecter à nouveau leur ratio de solvabilité. Une alternative à cette formule consiste pour le gouvernement à prendre une participation majoritaire dans ces banques, leur apportant ainsi la garantie effective de l’État, et à baisser le ratio de solvabilité exigé, par exemple de 8 % à 5 ou 6 %, comme viennent de le faire les Anglais. L’étape ultime dans cette voie serait cela va sans dire celle de la nationalisation pure et simple – dont je disais il y a un an déjà que même les Américains s’y résoudraient peut–être un jour.

Comme on s’en souvient, Mr. Paulson, ci-devant ministre des finances américain, entama une valse-hésitation très remarquée entre les deux approches, la raison en étant évidente car, comme le rappelait ici-même il y a quelques jours François Leclerc : soit le prix offert est suffisamment élevé pour satisfaire les banques et le contribuable y perd sa chemise, soit il est suffisamment bas pour que le contribuable puisse un jour s’y retrouver et le banquier n’a rien à y gagner.

Le système bancaire, assumant les fonctions qu’il exerce aujourd’hui serait sauvé. Mais cela suffirait-il à sauver le capitalisme ?

Car, rappelons-nous brièvement ce qui s’est passé. L’incendie s’est déclaré dans l’immobilier américain, d’abord dans sa partie la plus fragile, dite subprime , pour mettre bientôt le feu à tout l’édifice : l’ensemble de l’immobilier résidentiel américain – chose qu’on semble oublier en ce moment en France où l’on évoque la « crise des subprimes » comme un événement ayant eu lieu dans un passé reculé.

On dit à juste titre que les banques centrales ont favorisé toujours davantage les investisseurs et les dirigeants d’entreprise aux dépens des salariés et que ceux-ci furent forcés de suppléer à leurs salaires manquants par le prêt à la consommation. C’est vrai. De leur côté, les entreprises recoururent toujours davantage à la dette. Il en a résulté une hypertrophie du secteur du crédit, personne n’ayant plus semble-t-il comme capital que celui qu’il emprunte. Le crédit fut encouragé par les politiques des banques centrales qui maintinrent les taux courts à des niveaux artificiellement bas. Les pays d’Extrême-Orient achetèrent en quantités astronomiques les Bons du Trésor américains à long terme, assurant aux taux longs eux aussi des niveaux exceptionnellement bas dans ce pays. Une configuration fragile se mit en place, et il suffit alors que le prêt hypothécaire américain ayant épuisé par le bas le panier où il trouvait de nouvelles recrues, s’essouffle, pour que le prix de l’immobilier s’effondre et que tous les instruments de dette qui lui sont associés se déprécient massivement.

Voilà où en est. Quand la machine repartira – si elle repart un jour, une chose n’aura en tout cas pas changé : une économie dépendant à tous ses niveaux d’un secteur du crédit hypertrophié, faute pour les capitaux de se trouver là où ils sont indispensables.

Paul Jorion

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici

Les banques zombies selon Paul Krugman

Mercredi, janvier 21st, 2009

La valeur boursière de certaines banques est aujourd’hui inférieure au total des aides de l’Etat qu’elle ont reçues, et pourtant l’apurement des livres de comptes est loin d’être achevé. A Washington, on semble envisager la création d’un établissement public destiné à débarrasser les établissements de leurs actifs pourris, aux frais du contribuable. Krugman s’insurge contre ce projet. Il reviendrait, dit-il à subventionner à nouveau des banques en état de mort clinique, mais ne garantirait pas pour autant leur assainissement. Ces montages incertains n’ont pour lui qu’une seule raison d’être : éviter à tout prix une nationalisation pourtant inévitable. Krugman le didactique nous explique pourquoi, à l’aide de l’exemple de la « Gotham Bank », inventée pour l’occasion. LA SUITE SUR CONTREINFO

L’industrie automobile américaine dans le mur

Vendredi, décembre 12th, 2008

Imaginez un seul instant ce que représente la faillite de General Motors, Chrysler et Ford, les trois grandes firmes du secteur automobile de Détroit. Leur effondrement engendrerait immédiatement la perte de 1,1 million d’emplois parmi les employés et tout de suite après 1,4 million dans les secteurs liés. Sur le plan financier ce serait rien moins qu’une perte totale de mille milliards de dollars. 

La mort de Détroit, par Paul Jorion, 12 décembre 2008 ( article Presslib’ * )

On s’était habitué à voir tomber d’un coup de grands pans du secteur financier, cela s’était relativement calmé récemment puisqu’il ne reste debout là que quelques bâtiments isolés mais dans ce cas-ci, c’est tout un secteur industriel – et non des moindres – qui s’effondre : toute l’automobile américaine qui ne survivra probablement pas à l’année 2008. Les sénateurs républicains ont refusé de suivre les consignes de leur président et ont fait capoter le plan voté au Congrès qui aurait permis à General Motors et Chrysler essentiellement, Ford bien que très malade n’étant pas à l’agonie comme les deux premières, de survivre jusqu’à la mise en place de la nouvelle administration en janvier. Dans une révision du projet, les sénateurs républicains – toujours à la recherche d’une confrontation avec les syndicats – ont voulu imposer aux employés des trois firmes des baisses de salaires drastiques que les démocrates ont refusées.

Dans ces conditions, les seuls secours envisageables ne peuvent plus venir que du TARP (Troubled Asset Relief Program), le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars voté en octobre mais destiné en principe à venir en aide au seul secteur bancaire. Une de ses clauses est d’ailleurs que des fonds ne peuvent être débloqués qu’en échange de garanties, or plus aucun des trois grands constructeurs ne dispose de biens qui puissent servir ainsi de collatéral.

La faillite des trois grandes firmes de Détroit représenterait la perte de 1,1 million d’emplois parmi les employés et 1,4 million dans les secteurs liés et, sur le plan financier, une perte totale de mille milliards de dollars, comprenant d’une part la dette des trois firmes, représentant ensemble 10 % du total des « junk bonds » aux États-Unis et d’autre part en Credit-Default Swaps, dont elles font l’objet à concurrence de 250 milliards de dollars. Les marchés du crédit se seraient bien passés d’un coup pareil. On s’est plaint amèrement que le gouvernement ait abandonné Lehman Brothers à son triste sort mais il ne s’agissait que d’une tempête alors que l’on parle ici d’un ouragan.

Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008) et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).

* Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

La prochaine crise viendra des LBO

Lundi, novembre 3rd, 2008

L’analyse la plus fréquente de la crise consiste à cantonner les problèmes de la finance au seul domaine des subprimes. La thèse que sous-tend cette conjecture est que, après le sauvetage de ce secteur, après avoir emprisonné quelques lampistes et édicté deux ou trois règles sur les hypothèques, on est reparti pour un tour. Hélas, ce ne sera pas aussi simple que cela. Le prochain tsunami pourrait provenir des LBO, qui eux concernent directement l’industrie, donc la capacité à produire de la valeur ajoutée. LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE SUR AGORAVOX

La spirale de la crise

Mercredi, septembre 17th, 2008

La crise des places boursières est encore et toujours la conséquence de la crise des subprimes (ces crédits hypothécaires à risque qui ont été vendus aux Etats-Unis) et de l’effondrement du marché immobilier américain,  provoquant d’énormes défaillances sur ces crédits. Ces subprimes, véritables actifs pourris, ont été mélangés à d’autres crédits, noyés dans la masse de titres que les banques se revendent les une aux autres et dont on ne savait plus vraiment ce qu’ils contenaient. La titrisation des subprimes, c’est un peu comme si on avait un panier de pommes avec 5% d’entre elles qui seraient pourries; au final, tout est pourri.

Warren Buffet déclarait que « la récession sera plus longue et plus profonde que ce que la plupart des gens pensent. Elle ne sera ni courte, ni superficielle ».  Mais pourquoi cette crise dure-elle ? La crise des subprimes est devenue une crise de confiance généralisée touchant tous les acteurs du système. L’argent ne circulant plus, certaines banques, et surtout les banques comme les banques d’affaires américaines, sans réseaux d’agences et incapables donc de récolter les dépôts des clients, se sont trouvées à sec. Sans acheteur, la plupart de ces obligations ont perdu de leur valeur, ce qui a obligé les banques – parce que les nouvelles normes comptables internationales les y obligent – à acter des pertes de plus en plus importantes. Et chaque perte a accru encore un peu plus le malaise. Le fait que les autorités américaines aient laissé tomber Lehman Brothers a ébranlé beaucoup de monde. Jusqu’à présent, les autorités étaient intervenues pour sauver les marchés.

La crise actuelle aura plusieurs effets. D’abord, un effet de ralentissement général de l’économie: si l’argent ne circule plus et devient plus cher, il sera plus difficile d’emprunter : les consommateurs consommeront moins, les entreprises investiront moins, il y aura moins de créations d’emploi. Et puis, faut-il craindre une faillite d’une banque française ? À moins d’un cataclysme planétaire, non. Nos banques, qui bénéficient d’une large clientèle de déposants, ne sont pas des banques d’affaires américaines. Elles sont donc sensiblement plus solides. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles ne seront pas ébranlées par cette crise exceptionnelle.

La faillite bancaire américaine

Mardi, septembre 16th, 2008

Hier, nous apprenions dans la même heure que la notation de Lehman Brothers passait de A+ à D et que cette même banque se plaçait en faillite. Le fonctionnement du système bancaire américain est à l’image de ce type d’annonce : masquer la réalité, tronquer les chiffres pour rassurer quotidiennement les actionnaires.
L’invention de placements de plus en plus complexes tels que les subprimes en furent le point d’orgue et annoncèrent la lente agonie du système bancaire américain.

Résultat pour Lehman Brothers ? Ses actionnaires ont tout perdu et ses 25.900 employés sont placés dans la plus grande des incertitudes quant à leur avenir. La marque est détruite. Une histoire de 158 ans, commencée avec le financement de la construction des chemins de fer, prend brutalement fin.

Quant à Merrill Lynch, elle a préféré sacrifier son indépendance et se vendre à la plus grosse banque de guichets et de réseaux d’agences, Bank of America. Ce géant provincial est basé bien loin de Manhattan, à Charlotte, une ville moyenne du Sud-Est. Les actionnaires de Merrill Lynch en retireront néanmoins 50 milliards de dollars et les 60.000 employés ont la garantie de conserver leur job, jusqu’à nouvel avis. Mais leur banque disparaît du paysage après 94 ans d’existence.

Ce week-end de crise n’est cependant pas inutile. Un fonds de cautionnement de 70 milliards de dollars a vu le jour, constitué par 10 grandes banques internationales dont UBS et Credit Suisse.

L’avis de l’homme le plus riche de la planète

Dimanche, septembre 7th, 2008

Warren Buffett déclarait sur la chaîne de télévision CBNC que

(…) la récession sera plus longue et plus profonde que ce que la plupart des gens pensent ». « Elle ne sera ni courte, ni superficielle. »

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "