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La pandémie de COVID-19 et le contexte dégradé aux USA seraient-ils en train de précipiter le dollar dans un affaiblissement durable ? Une baisse de 12% depuis mars 2020 face à l’euro pourrait nous le laisser croire. Mais le dollar en a vu d’autres et reste la principale monnaie de réserve mondiale. Alors pourquoi cela pourrait-il être différent, cette fois ? La hausse récente sur le Bitcoin et le record sur l’or apportent-ils des indices ?

Où en est le dollar ?

La question est plutôt pertinente : on voit bien qu’il se passe des choses. On est pourtant loin des records de 82 cents pour 1 € en octobre 2000 et 1,6 $ en juillet 2008. Et depuis le niveau se situe entre 1,1 et 1,2 $ pour 1 euro. Donc globalement, on est encore dans un périmètre EURO/DOLL vu et revu.

Mais dans un contexte durable de change plutôt fixe entre devises occidentales, se retrouver avec une baisse du dollar de 5%, sur le seul mois de juillet, pourrait être le symptôme d’effets plus graves pour les USA.

Pourquoi ? Tout d’abord, l’Europe a elle aussi subi la pandémie de COVID-19 et les effets économiques vont se faire sentir. Donc de manière absolue, on pourrait dire que l’euro a perdu de sa force puisque ses sous-jacents sont dégradés.

Et pourtant le dollar arrive à perdre encore plus. Cela traduit quoi ? Des craintes d’un retour de l’inflation certainement, mais de manière plus triviale, cela montre que les cambistes n’ont pas de visibilité sur la santé US : comment vont-ils sortir économiquement de la crise COVID-19 ? Quelle masse monétaire va t-il falloir injecter dans l’économie ? Quelle sera la politique du prochain président américain (s’il change) ? 

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Une chute vertigineuse et inédite du dollar à prévoir ?

Aussi, certains économistes s’attendent à une chute vertigineuse et inédite du dollar. Certes, le dollar est la monnaie de réserve mondiale car les USA avaient jusqu’alors une politique d’un « quasi empire ».

Aujourd’hui, nous sommes face à une Nation qui, par choix ou par nécessité, prend de la distance avec le reste du monde. Il est normal que la force du dollar en pâtisse. Pour mémoire, les bons du Trésor sont l’actif le plus négocié au monde devant quelques paires de devises, dont justement la paire EUR/DOLL.

Mais dans un monde qui se cloisonne, l’appétence pour le dollar et donc les bons du Trésor US, va-t-elle rester la même ?

Je ne crois pas et on ne constate pas le même phénomène sur l’euro. La réponse sanitaire en Europe a été globalement plus ordonnée, la réponse économique a été massive et cohérente, et la réponse politique largement mieux coordonnée en Europe qu’aux USA, même s’il y a toujours à redire.

Tout cela compte.

Et le Bitcoin ?

Le Bitcoin profite mécaniquement de la baisse du dollar pour marquer sa propre hausse mais, selon moi, il ne traduit rien sur la solidité du dollar futur. Aujourd’hui, le Bitcoin ne fait que revenir sur le même niveau qu’il y a un an,  à environ 11 000 $. On est loin des records de fin 2017.

On doit comprendre que son cours est lié à des mouvements ou des news de la cryptosphère elle-même, et non dû à un contexte économique ou géopolitique. Dans le cas présent, les mouvements du cours sont plutôt imputables aux bonnes nouvelles de l’arrivée imminente d’ETH2 et des manœuvres de quelques grands détenteurs de BTC, les fameuses baleines, qui ont formé ce mouvement fortement haussier du 27 juillet.

Certes, le BTC est la plus forte capitalisation en valeur de toutes les cryptos, mais la seule chose qui compte, c’est finalement les volumes quotidiens. Et là il n’est pas numéro 1. Et qui est le numéro 1 ? Un stable coin adossé à notre bon vieux dollar, et là je parle de l’USDT, ou Tether, avec plus de 30 milliards d’échanges quotidiens contre 25 pour le BTC.

Bref, côté cryptomonnaie, c’est encore le dollar qui sert de mesure, finalement. Donc ce n’est pas de ce côté là que l’on devrait avoir des indices sur la force ou faiblesse du dollar. Au passage, on note que le BTC aura été assez absent, durant le confinement.

L’or toujours plus fort : 1728 EUR / 2048 USD

Finalement la valeur refuge du moment redevient l’or. Le dollar a perdu 12% depuis mars face à l’EUR, l’or a quant à lui gagné 24%

Juste avant, j’évoquais que toutes les devises majeures s’étaient affaiblies. Mais par rapport à quel actif ? Et bien tout simplement l’or. Il reste pour moi une monnaie : les États le stockent ou s’en servent parfois pour couvrir ou payer des dettes. Sur les 200 000 tonnes d’or accessibles (car déjà extraites du sol), plus de 33 000 tonnes se retrouvent dans les chambres fortes des Banques centrales.

Bref, l’or « quasi-monnaie » ne fait que reprendre ponctuellement une place, qu’il n’avait jamais vraiment cachée.

Que traduit cette force de l’or ?

Évidemment les incertitudes liées aux effets de la pandémie COVID-19 mais aussi l’affaiblissement de la devise de référence, le dollar, sans oublier l’agrégation de tous dangers actuels.

Par exemple, la crise entre Chine et USA, la décorrélation entre les marchés des actions (et donc la valeur des entreprises) et la réalité, les bulles diverses qui existent un peu partout dans le monde (l’immobilier en Chine)

Quelques rappels sur le cours de l’or : 33 $ en 1970, 250 $ début des années 2000. C’est l’or qui a pris de la valeur ? En fait, non, si on ramène à des valeurs de biens courants. D’ailleurs, le record de 850$ en janvier 80 vaudrait 2800 $ d’aujourd’hui (et se trouve d’une certaine manière être le prochain record à battre).

L’or est plutôt très plat car son prix est en temps normal la réconciliation assez magique entre le coût d’un ouvrier peu qualifié pour l’extraire ou le recycler et la capacité de ce même ouvrier à pouvoir offrir des bijoux en or à la personne aimée lors de leur mariage.

Le jour où cet équilibre est rompu on va dans un domaine où l’or n’est plus une matière première mais une monnaie voire un actif spéculatif. Et visiblement nous venons de sortir de cette platitude.

Évolution du cours de l'or crise Covid19

L’or se comprend sur notre génération en penchant la tête de 16° vers la gauche. Et là tout s’éclaire, l’or est globalement plat et par moment il y a des événements forts qui le font sortir de sa platitude

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