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Les raisons de croire sérieusement au rebond de l’or pour 2018


Avec des cours de l’or en hausse de 9% en 2017, l’or fait mieux que la plupart des gros indices traditionnels. Et tout porte à croire que 2018 sera bien meilleure encore.

S’il n’y avait eu le dernier trimestre quelque peu défavorable aux valeurs-refuges en raison d’un emballement des marchés sous l’impulsion de méga-fusions et autres rachats d’envergure mondiale (le dernier en date étant l’absorption de Fox par Disney pour plus de 66 milliards de dollars), l’or aurait pu connaître un taux de progression annuelle à deux chiffres. Néanmoins, avec plus de 9% au compteur, la performance est loin d’être médiocre, elle se situe même bien au-dessus de la moyenne des gros indices traditionnels.

Le retour de l’or comme assurance anti-crise

Et l’histoire risque fort de se répéter en 2018. En effet, de nombreux experts estiment que l’or et les métaux précieux reconquièrent lentement mais surement le cœur des investisseurs en raison de leur qualité d’assurance anti-crise. Une assurance qui sera loin d’être inutile l’an prochain quand on voit les risques majeurs de krachs en tout genre qui se profilent à l’horizon (subprimes auto et prêts étudiants aux USA, bulle des crypto-devises, tensions sur le marché de l’emploi en raison de l’automatisation de plus en plus généralisée…), ou même tout simplement parce qu’après leur emballement de ces derniers mois, les marchés boursiers vont probablement marquer le pas tandis que les taux de la FED vont peu à peu remonter.

Les préoccupations à court terme des investisseurs

Certes, aujourd’hui, l’attention des investisseurs semble se focaliser sur l’explosion des valeurs technologiques et le regroupement des gros médias afin de répondre aux nouveaux besoin des consommer du divertissement ou de l’information (streaming). Le développement des énergies renouvelables ainsi que les voitures autonomes tiennent également une grande place dans les préoccupations des analystes qui essaient d’appréhender les marchés à venir. N’oublions pas non plus les crypto-monnaies (qui ne sont pas des monnaies, rappelons-le) et notamment le bitcoin dont les performances stratosphériques semblent indiquer qu’un actif qui voit sa valoir doubler tous les mois est désormais un phénomène normal. Sauf que non, ça n’est pas normal, à plus forte raison pour un actif sans contrepartie réelle, qui ne répond à aucune règle prudentielle, et qui refuse intrinsèquement toute forme de régulation.

En effet, n’oublions pas qu’une grande partie des transactions effectuées en bitcoin concernent des activités illégales ou criminelles (non, votre dernier achat à 0.02 bitcoin chez priceminister n’a strictement aucune influence sur le marché du bitcoin). Du reste, l’évolution des cours du bitcoin ne dépend pas de mécanismes classiques d’offres et de demandes, mais se base plutôt sur la spéculation pure, dont on commence à soupçonner aujourd’hui qu’elle est le résultat d’une manipulation souterraine effectuée par ceux qu’on appelle les “baleines“, c’est à dire les 1000 plus gros détenteurs de bitcoins au monde.

La politique de la FED pourrait bien tourner en faveur de l’or

Bref, 2017 a été une année riche en rebondissements, y compris sur le plan des devises : on misait sur une parité euro/dollar quasi parfaite et on se retrouve aujourd’hui avec un euro renforcé de près de 20% par rapport à la devise américaine. Mais tout ceci n’a pas empêché l’or de continuer son petit bonhomme de chemin jusqu’à dépasser les 1350 dollars l’once à la fin de 3e trimestre. Et tout ceci grâce à (ou à cause de) la FED qui n’a jamais vraiment su donner de feuille de route précise quant à sa politique à 6 mois près : on prévoit d’augmenter les taux, 4 fois, non 3, ou alors juste 2 fois, puis on renonce, et puis finalement oui, on remonte mais pas trop… L’instabilité est préjudiciable à l’économie traditionnelle (même si les marchés ont systématiquement acheté des promesses de jours meilleurs assénées par un Trump harangueur de foules), mais elle préserve le sentiment de vigilance qui incite à réserver une partie de son patrimoine aux valeurs-refuges, au cas où…

D’ailleurs, pour John Reade, chief market strategist pour le World Gold Council, les politiques monétaires des banques centrales continueront à être un moteur important de la demande d’or en 2018, notamment en raison des hausses de taux d’intérêt directeur que la FED a initiées cette année et qu’elle poursuivra certainement l’an prochain (si elle ne change pas d’avis d’ici là), suivie probablement à court terme par les autres banques centrales qui commencent à sentir souffler le vent mauvais de la déflation après des années à faire chauffer la planche à billets.

D’ailleurs, à propos de la banque centrale américaine, il est intéressant de noter que le successeur de Janet Yellen, Jerome Powell, pourrait arriver accompagné d’un vice-président connu pour être un partisan de l’or, Mohamed El-Erian, ce qui là encore pourrait avoir un impact positif sur le retour en grâce des métaux précieux comme véritables outils institutionnels de réserves de valeur.

L’hégémonie du dollar approche de la fin, au bénéfice de l’or

Enfin, on le disait plus haut, le marché des actions américaines a connu une année sans précédent, avec un Dow Jones qui a battu ses records une bonne dizaine de fois au moins. Et, forcément, l’or en a pâti. Mais ce marché haussier doit beaucoup aux gros efforts de communication politique relativement populiste de l’équipe Trump ; communication que les marchés ont bien voulu acheter par anticipation mais dont on peine aujourd’hui à voir les effets concrets sur l’économie. Par conséquent, il y a de grandes chances pour que la bourse se calme l’année prochaine, voire redescende d’un cran histoire de corriger ses excès d’enthousiasme.

Idem pour le dollar, dont l’année 2017 semble avoir marqué définitivement la fin d’une certaine hégémonie internationale, non seulement face à l’euro, mais tout simplement comme instrument de confiance. L’or étant inversement corrélé à la devise américaine, le recul de cette dernière (amorcé en 2001 !) ne pourra que renforcer le métal précieux et lui redonner une nouvelle légitimité que 45 ans de “dollar-étalon” n’aura finalement jamais réussi à lui faire perdre totalement.

Le rôle du pôle Indo-Chinois sur la future demande en 2018 et au-delà

Reste la demande d’or physique, qui demeure encore le moteur le plus puissant des cours du métal jaune. On pense bien évidemment à la Chine, à la fois premier producteur et premier acheteur d’or au monde, dont certains prédisaient la faillite il y a encore 18 mois et qui, pourtant, a évité le krach qu’on lui promettait au point de se positionner aujourd’hui comme l’acteur le plus crédible pour supplanter les États-Unis au premier rang des puissances économiques mondiales. Mais il ne faut pas non plus oublier l’Inde, l’autre gros acheteur d’or au niveau mondial, qui a su encaisser le choc de démonétisation de l’an dernier et qui en a profité pour ajuster sa politique de taxation des biens et services pour se rapprocher encore un peu plus d’une économie “à l’occidentale”.

Avec une croissance estimée au dessus de 6% par an, une classe moyenne de plusieurs centaines de millions d’individus et plus d’un milliard d’autres personnes qui souhaitent rattraper leur retard sur l’occident, il est clair que le pôle Indo-chinois va influer fortement sur la demande d’or de ces prochaines années et, sauf nouvelles manipulations des banquiers européens ou américains (qu’il faudra bien sanctionner un jour ou l’autre !), l’année 2018 pourrait bien ramener les cours de l’or aux alentours de 1500 dollars l’once.

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A propos de Anthony Alberti

Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

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