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Peut-on encore croire à un risque de confiscation de l’or par l’État ?


Depuis quelque temps, sur certains sites internet, le spectre d’une éventuelle confiscation par l’État revient hanter les discussions des détenteurs d’or métal. L’histoire est même prise à témoin pour rappeler les exemples récents de spoliation des épargnants. Mais peut-on vraiment tout comparer ?

Que ce soit le soir au coin du feu ou assis fébrilement devant son écran, on aime bien se faire peur, à plus forte raison lorsque cette peur s’appuie sur des faits raisonnés et des exemples concrets. Les possesseurs d’or physique n’échappent pas à cette règle et on voit régulièrement ressurgir, au gré des interventions sur les forums de discussions notamment, des inquiétudes au sujet d’une possible nouvelle législation visant à confisquer les métaux précieux détenus par les particuliers. Et de citer pêle-mêle la main-mise des autorités chinoises sur le patrimoine d’une population qui devra se délester de son or sur un simple claquement de doigts, ou encore l’épisode pénible des 500 tonnes d’or réquisitionnées par Franklin Roosevelt auprès des Américains en 1933.

Sauf que nous ne sommes ni en Chine ni aux États-Unis ni en 1933.

Réquisition n’est pas spoliation

Mais d’abord, tordons le cou à cette idée qui voudrait qu’un État pourrait purement et simplement “voler” l’or des particuliers. En premier lieu, sauf à régner sur un territoire restreint peuplé de quelques centaines d’âmes, il est très difficile pour n’importe quel pouvoir central d’aller chercher l’or chez l’habitant manu militari. Imaginer alors que cela puisse arriver à l’échelle d’un pays comme la France est tout simplement absurde. Ensuite, s’il est vrai que l’État peut parfaitement décider de rendre la détention d’or physique “illégale” par les particuliers (comme ce fut déjà le cas plusieurs fois dans l’histoire), il ne peut en revanche contraindre physiquement les individus à lui donner l’or qu’ils possèdent : tout juste peut-il édicter des lois qui imposent aux détenteurs du métal précieux de ramener leur or au Trésor national. Et comme à chaque fois, il y aura ceux qui se conformeront scrupuleusement à la loi… et les autres.

Enfin, il est totalement faux de croire que l’État, quel qu’il soit, confisquerait l’or de ses administrés sans contrepartie. En réalité, à l’instar de ce qui se passa aux États-Unis à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il s’agitait en réalité d’une réquisition, c’est à dire une récupération des métaux précieux contre le versement d’une indemnisation, généralement au prix du marché. Certes, c’est une maigre consolation, surtout lorsqu’on est payé en monnaie de singe en euros, avec tous les risques de dévaluation qui pèsent désormais sur l’ensemble des devises. Mais au moins ne s’agit-il pas du pillage barbare que certains anticipent déjà. D’ailleurs, pour faire écho à la remarque précédente qui relativisait le caractère coercitif d’une telle mesure, n’oublions pas qu’en 1933, on estime que le Trésor américain a pu ainsi mettre la main sur 22% de l’or en circulation à l’époque. Ce qui signifie en d’autres termes que 78% de l’or détenu par les particuliers n’a tout simplement jamais quitté les boîtes de biscuits ou les coffres-forts dans lesquels on le gardait bien au chaud.

Comparer ce qui est comparable

Maintenant, quel serait l’intérêt d’une telle confiscation/réquisition de la part de l’État ? Il y a 80 ans, le dollar (mais c’était également le cas pour toutes les autres devises) était indexé sur l’or. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et, sauf effondrement brutal des institutions financières actuelles, rien n’interdit de créer de la monnaie ex-nihilo, sans avoir besoin d’un support physique auquel l’adosser (c’est d’ailleurs l’un des principaux problèmes de la création monétaire aujourd’hui, mais c’est un autre débat…). En réalité, si le président Roosevelt décida de “réquisitionner” l’or de ses concitoyens c’était surtout pour contrer un phénomène de panique qui s’était emparé de la population, laquelle avait commencé à se ruer dans les banques pour échanger ses dollars papier contre du bon métal sonnant et trébuchant. Il faut dire que la Grande Dépression initiée 3 ou 4 ans auparavant par le krach de Wall Street avait laissé l’économie américaine littéralement exsangue, et les bruits de bottes qui provenaient déjà du Vieux Continent, avec la montée en puissance des extrémismes politiques et idéologiques, ne contribuaient pas à apaiser les inquiétudes.

Peut-on imaginer que la situation d’aujourd’hui soit similaire ? Dans un sens, oui, et c’est sans doute la raison pour laquelle certains imaginent déjà une répétition de l’histoire. Les monnaies ont perdu leur pouvoir régulateur ; les États ont abandonné leur souveraineté à des institutions politiques et financières quasiment privées devenues manifestement incontrôlables ; l’insécurité domine aussi bien sur le plan économique que stratégique à l’échelle mondiale ; la récession menace et les principales échéances électorales qui se profilent aussi bien aux États-Unis qu’en France, en Allemagne et dans certains autres pays d’importance non négligeable, laissent désormais entendre qu’on devra choisir entre la peste et le choléra selon les candidats qui seront victorieux. Dans ces conditions, effectivement, on pourrait être tentés de protéger ce qui peut encore l’être et c’est exactement ce que de nombreux épargnants s’efforcent de faire en convertissant leurs avoirs qui, jusqu’ici, étaient majoritairement virtualisés sur les marchés à rendement devenus négatifs. Immobilier, foncier, mais aussi métaux précieux, le tangible a la cote et certains s’émeuvent déjà du risque de voir se développer des économies parallèles déconnectées du système bancaire classique.

L’État n’a en réalité pas les moyens d’une réquisition

De là à imaginer que l’État puisse décider de reprendre la main sur une richesse nationale qui lui échappe, il n’y a guère qu’un petit pas idéologique à franchir. Mais n’oublions pas non plus que, si elle devait avoir lieu, cette opération de réquisition aurifère impliquerait de budgéter dès le départ, au titre de dédommagement des détenteurs privés, une somme équivalente à la valeur de l’or en circulation. Valeur qui, en outre, risquerait fort d’augmenter à mesure que l’or se ferait plus rare dans la poche des Français pour rejoindre les caisse du Trésor Public. Ainsi, comme nous le rappelions encore récemment, on estime à 100 milliards d’euros la quantité d’or détenue en France par les particuliers. Pour un pays qui affiche plus de 70 milliards d’euros de déficit chaque année, il semble très compliqué de budgéter une telle somme. Enfin, même si on l’a oublié, la France a déjà tenté de reproduire l’expérience américaine de 1933, mais avec beaucoup moins de réussite, car le Français est bien plus difficile à contrôler et à soumettre. Par exemple, le 1er octobre 1936, le président socialiste Léon Blum fit voter une loi obligeant les particuliers à déclarer, puis à donner leur or, moyennant un rachat au prix du marché. Mais face au soulèvement massif auquel il se trouva confronté, il dut renoncer 6 mois plus tard, et l’État fut même contraint de dédommager ceux qu’il avait réussi à convaincre de donner leurs pièces et lingots.

Aujourd’hui, un tel scénario serait donc totalement improbable, et cela en dépit des fantasmes autour du flicage systématique des acheteurs d’or depuis une fameuse loi de 2011 interdisant purement et simplement l’achat “de métaux ferreurs et non ferreux” en espèces. Ce texte fit couler beaucoup d’encre et d’octets sur les forums de discussions car beaucoup ont cru qu’on allait désormais ficher leurs acquisition de métaux précieux au gré des paiements par cartes et autre virements bancaires. En réalité, l’or n’entre pas dans cette catégorie de “métaux” et on peut toujours en acheter “anonymement”, à condition que la transaction n’excède pas 3 000 euros. De toute façon, dans une économie aussi “ouverte” que la nôtre, et avec la possibilité désormais offerte par de nombreux professionnels de stocker, le plus légalement du monde, l’or des particuliers français dans des coffres ailleurs sur le territoire européen (merci l’espace Schengen), une réquisition semble aujourd’hui particulièrement irréalisable.

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A propos de Anthony Alberti

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Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

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