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Archive for the ‘grèce’ Category

La Grèce en faillite… politique

Lundi, mai 7th, 2012
Vera Valor

Le résultat des élections législatives en Grèce est tombé comme un couperet : aucun des deux plus gros partis politiques (gauche et droite) n’a la majorité au sein du Parlement et un parti ultranationaliste (pour ne pas dire néo-nazi) y fait son entrée avec 19 députés. Malaise dans le berceau de la démocratie…

Même si on ne connait pas encore la composition du nouveau Parlement, ce que l’on sait, c’est que 60% des Grecs, de l’extrême gauche et de l’extrême droite, ont voté massivement contre la politique d’austérité dictée par le gouvernement en place et surtout par la troïka.

La gauche radicale est propulsée second parti national avec 50 députés environ et propose une coalition avec tous les partis de gauche pour faire front à la politique ultralibérale qui a projeté le pays dans la plus morne austérité.
Nikolaos Mihalikiakos, le représentant du parti opposé, « la Nouvelle Aube dorée de l’hellénisme », affiche clairement ses opinions néo-nazies, joignant le geste du salut hitlérien à la parole haineuse.

Douche froide sur les marchés boursiers
Evidemment, même si « Bruxelles attend de la Grèce qu’elle respecte ses engagements » (attention, Bruxelles va se fâcher !), comme le disait Charles Sannat dans son interview, les marchés financier et les bailleurs de fonds (FMI, Union Européenne) pourront toujours demander, s’il n’y a pas de croissance, ça ne changera rien. L’euro est en berne après les législatives en Grèce. Plus que les résultats eux-mêmes, c’est l’incertitude qui règne sur le pays et le spectre du défaut de paiement qui refait surface qui refroidissent les ardeurs de la monnaie unique.

Et si la Grèce était le prisme de la France de demain ? Dans ce contexte ultra explosif, l’insurrection et la menace de guerres civiles ne relèvent plus du fantasme.  Coincée entre le désir impossible de « revenir comme avant » (à la drachme) et celui, trop ambitieux de rester dans la zone euro, la Grèce étouffe. Que lui reste-il comme alternative monétaire, à part peut-être une nouvelle monnaie parallèle basée sur l’or ? Avec ses 111,6 tonnes, la Grèce pourrait jouer de ses réserves.

La Grèce efface sa dette comme par magie !

Mercredi, mars 14th, 2012
La Grèce entraîne la zone euro dans un jeu de dominos

La Grèce entraîne la zone euro dans un jeu de dominos

A un cran du défaut – Fitch ayant pourtant relevé la note du pays – la Grèce va pouvoir effacer une partie de sa dette et vient encore de bénéficier d’un plan d’aide de 40 milliards d’euros, échappant ainsi à la faillite. Ouf, la Grèce est enfin sauvée, la zone euro aussi, vous n’avez plus rien à faire de votre or ! Ironie mise à part, nous vous expliquons pourquoi le pire est à venir, et pas que du côté de la Grèce…

Eole souffle un vent d’optimisme en mer Egée
Vendredi dernier, 83,5% des créanciers ont accepté l’échange d’obligations souveraines qui devrait permettre l’effacement de près de la moitié de la dette grecque (ce qui la ramène à 107 milliards d’euros). Cette restructuration de la dette est salvatrice pour le pays qui était au bord de la faillite.

En outre, la zone Euro vient d’autoriser le pays à bénéficier de près de 40 milliards d’euros de son second plan de sauvetage (qui s’élève en tout à 130 milliards d’euros). Cette nouvelle injection de liquidités tombe à point nommé au moment où la dette a été divisée de moitié. De part et d’autres de l’Eurozone, on se félicite, les séances positives s’enchaînent à la bourse de Paris, le CAC40 caracole autour des 3.585 points… Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf que…

On n’éteint pas l’incendie de la dette avec de la monnaie papier
L’image est assez explicite. On prête à la Grèce de quoi se rembourser et en procédant ainsi, on entretient la crise systémique dans laquelle la zone Euro se trouve actuellement, on ne résout aucun problème de chômage, de productivité, on ne relance pas la croissance économique avec un simple « bourrage papier ».

L’excellent dossier de notre confrère Olivier Berruyer sur le « Bilan final du plan d’aide à la Grèce » montre clairement que le ratio dette/PIB est énorme (de l’ordre de 164%) et qu’il mettra des années à diminuer. Selon les experts, « le niveau d’endettement de la Grèce ne serait pas « viable » avant 2030 ». Ce qui se traduit par un niveau d’endettement inférieur à 100% dans une vingtaine d’années…

Mais le pire est à venir…
Une marge par rapport aux discours optimismes pré-présidentielles qu’on entend çà et là. Nous sommes loin des « le tournant dans la crise est atteint (…) Nous allons vers une mer plus calme » du nouveau président de la zone euro Herman Van Rompuy et autre « la page de la crise financière est en train de se tourner » du président Sarkozy. Plus prudent, le Ministre allemand des finances reste sur un « Nous ne sommes pas sortis d’affaires » qui semble plus réaliste. Avec un tel niveau d’endettement, la Grèce pourrait bien avoir besoin d’un autre plan d’aide financier dès 2014.

Avec des poids lourds économiques tels que l’Espagne ou l’Italie qui suivent lentement mais inexorablement le chemin de la Grèce, point d’interventionnisme possible. Les plans d’aide atteindraient des sommes astronomiques qui se chiffreraient en milliards de milliards d’euros et ne serviraient qu’à rembourser à court terme une dette vouée à s’amplifier (puisque nous sommes dans un système qui fabrique de la dette).

En attendant, l’état grec paie très cher ces plans d’aide, à grands coups de mesures d’austérité. Il n’est pas impossible que le pays, qui se remet à peine d’un régime totalitaire y revienne pour pouvoir appliquer ses mesures coercitives (pour aider les banques, cela va de soi). Car le spectre d’une guerre civile est en train de germer.

Qui sortira vainqueur de cette période de marasme économique au niveau de la zone euro ? Pas même les banques dont beaucoup vont connaître leur dernières heures de gloire et de goinfrerie dans les prochaines années, mais les épargnants qui auront mis de côté quelques économies dans l’or, le seul actif tangible qui aura de la valeur. Il ne reste qu’à espérer que la Grèce ne va pas sacrifier ses réserves d’or contre des liquidités en euros.

Fiche pays : les Grecs et l’or

Mercredi, février 29th, 2012

Poursuivons notre tour du monde des pays et l’or avec un pays plus que jamais en proie aux affres de la crise et de la dette en ce moment : la Grèce. Quel rôle l’or a joué dans l’histoire et l’économie du pays ? Quel rapport la Grèce et les Grecs entretiennent avec le précieux métal ? C’est ce que nous allons décrypter dans cet article.

L’or de la Grèce en chiffres

La Grèce est au 31ème rang mondial des pays détenteurs d’or, avec 111,6 tonnes d’or dans ses coffres (Chiffres World Gold Council – Janvier 2012). C’est bien moins que la France, au 5ème rang mondial, avec 2,435.4 tonnes. 83% des 111,6 tonnes d’or sont détenues dans les coffres grecs.

De l’origine de l’or chez les Grecs

Dans l’antiquité, les Athéniens faisaient déjà des réserves d’or, notamment pour financer des guerres, allant même jusqu’à utiliser 1 130 kilos d’or recouvrant une statue d’Athéna de 11 mètres.

L’or fait aussi partie intégrante de la mythologie grecque. Trésor aussi convoité que le graal, la Toison d’or, comme les pommes d’or du jardin des Hespérides, fait partie de l’inconscient collectif des Hellènes. « L’infortuné fortuné » Midas, qui avait fait le vœu de transformer tout ce qu’il touchait en or, fut obligé de se débarrasser de cet encombrant don (car il ne pouvait plus se nourrir) en se lavant dans le ruisseau Pactole, qui depuis coule d’or. C’est une allégorie qui reflète bien l’actualité des banques grecques qui se sont goinfrées et endettées par appât du gain. Sauf que les eaux du Pactole ne sont pas d’or…

La Grèce antique, l’une des premières régions à utiliser la « monnaie or »

La mythologie rejoint l’histoire au VIème siècle avant J.-C. lorsque les Lydiens (territoire présent sur l’actuelle Turquie) inventent les premières pièces de monnaies en électrum, un alliage d’argent et d’or, puis en or pur, extrait du fleuve Pactole, et en argent. Très vite, ces pièces s’étendent à la Grèce avant d’être échangées sur tout le pourtour méditerranéen. L’arrivée de ces pièces est une véritable révolution pour les échanges commerciaux à Athènes.

En Grèce, contrairement aux pièces d’argent, les pièces en or sont rares, fondues qu’exceptionnellement, souvent en période de guerres. Elles ont d’autant plus de valeur : une pièce d’or valait à l’époque entre 12 et 20 drachmes (la pièce d’argent de référence du système monétaire grec). Quelques statères d’or de la Grèce antique, dont de très beaux exemplaires datant du 4ème siècle avant J.-C., sont aujourd’hui conservés dans le Musée National Numismatique d’Athènes. La plus grosse pièce d’or date du règne d’Eucratides (171 à 145 av. JC).

L’or est en outre très présent dans la religion orthodoxe. De nombreuses feuilles d’or recouvrent en effet icônes et statues de saints.

La polémique de l’or nazi

L’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit a interpellé les responsables allemands le 15 février dernier sur un sujet plus que polémique : le pays aurait pendant la seconde guerre mondiale pillé une partie des réserves d’or de la Banque de Grèce. L’Allemagne serait redevable de 81 milliards d’euros envers la Grèce, 162 milliards intérêts compris selon Manolis Glezos, héros grec de la résistance. Lire notre dossier Histoire de l’or – L’or nazi.

Quel que soit le chiffre, c’est un montant non négligeable comparé au montant de la dette grecque : 350 milliards d’euros fin 2011. Le remboursement de cette dette de guerre ne figurant pas dans les accords de paix qui ont suivi le conflit de la Seconde Guerre Mondiale, la Grèce n’a pas obtenu réparation du préjudice subi pendant cette sombre période de l’histoire.

Si la question du remboursement de cet or remonte à la surface, c’est que la Grèce est en ce moment pressée par l’Europe, Allemagne compris, pour mettre en place de nouveaux plans d’austérité et rembourser sa dette abyssale.

Mettre en dépôt les réserves d’or pour rembourser la dette ?

Athènes ne veut pas entendre parler de cette solution et a bien raison. Se voir confisquer, voire vendre ses réserves d’or signifierait pour la Grèce perdre ses dernières garanties. Les stocks d’or de la Banque de Grèce sont bien réels et tangibles, ils garantissent sa souveraineté et son indépendance. C’est grâce à ses réserves d’or que la Grèce garde la confiance que les banques et les agences de notation daignent encore lui accorder et ne sombre pas définitivement dans la spirale de l’endettement.

L’économie, « c’est plus compliqué que ça ! »

Mardi, février 21st, 2012

L’Europe est tombée d’accord sur le plan d’aide accordé à la Grèce de 130 milliards d’euros, dans la nuit de lundi à mardi après 13h de tractations. Objectif de la zone euro : réduire d’ici 2020 la masse de la dette hellène à 120,5%. On applaudit ? Non.

Le problème n’est pas de savoir si l’on soutient nos amis grecs ou pas, mais à quoi cela va servir. Le plan de sauvetage alloué à la Grèce équivaut à de l’argent de poche, donné à des enfants à de strictes conditions : l’argent ne doit pas servir à par exemple à payer les fonctionnaires. Ce nouveau crédit est assorti de mesures d’austérité, comme nous l’évoquions dans la note « La France sur le même chemin que la Grèce ? ».

« C’est plus compliqué que ça ! »
Comment augmenter le pouvoir d’achat des grecs sans augmenter leur salaire, pire en le réduisant ? Comment faire entrer de l’argent dans les caisses de l’état en diminuant les charges patronales ?
L’équation a l’air pourtant simple : travail pas cher = embauche = pouvoir d’achat in fine. Or comment favoriser la compétitivité des entreprises quand le salaire moyen de la main d’œuvre asiatique est de 260€ par mois ?
« Ah, c’est plus compliqué que ça », répondent en cœur les économistes emprunts d’un savoir immense dans les rubriques éco de la presse.

Force est de constater que les explications servant la cause du plan de sauvetage de la Grèce et par extension de la zone euro sont en fait un vaste écran de fumée justifiant les erreurs monumentales commises par les gouvernements à la soldes des instituts bancaires depuis des années.

Sauver le peuple, plutôt que les banques
Le message de l’ancien ministre de l’Economie argentin, Roberto Lavagna, qui a sorti l’Argentine de la crise il y a 10 ans est clair est simple : «Nous avons sauvé les gens plutôt que les banques»

Dans une interview accordée au journal Libération, le Ministre argentin affirme s’être passé des services du FMI.
Peso fortement dévalué établi sur une parité fixe avec le dollar, 4e année de récession consécutive, pays en cessation de paiement, endettement colossal, inflation explosant, taux record de chômage, petits épargnants ruinés… les similitudes entre la Grèce et l’Argentine sont nombreuses. C’est en décidant de s’en sortir seul et en arrêtant de soutenir les banques que l’Argentine s’en est sortie. Car tout diminuer pour donner aux banques n’est pas un chemin de sortie de crise. L’Argentine a ainsi fait le choix de sauver les gens plutôt que les banques.

C’est ce que nous vous proposons également de faire en mettant un peu d’or de côté chaque mois.
Le but –non nous n’en sommes plus là – n’est plus de gagner de l’argent avec des produits financiers aussi compliqués que dangereux, mais bien d’en mettre de côté sans en perdre. Le seul actif qui peut vous rester entre les mains avant que la situation ne dégénère est l’or physique.

Le livret de sauvegarde du patrimoine propose cette solution d’épargne simple et sécure : chaque mois, l’épargnant peut acheter autant de grammes d’or qu’il souhaite sur un lingot ou un lot de pièces mutualisés. L’argent placé sur de l’or ne souffrira d’aucun risque de faillite bancaire ou monétaire.

L’Europe, la dette, les notes et l’or

Jeudi, février 16th, 2012

Le tour de l’Europe du château de carte qui s’effondre continue. Mardi, on apprend que cette fois, c’est l’agence Moody’s qui mène la danse en dégradant la note de 15 banques espagnoles, dans le sillage de la note de la dette souveraine du pays en janvier dernier. Mais pas seulement ! La sévère maîtresse menace également de dégrader les notes de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche.

Pluie de mauvaises notes sur toute l’Europe
Et l’hécatombe ne s’arrête pas là : mardi c’est un véritable déluge de mauvaises notes qui s’abat sur l’Europe : l’Italie et le Portugal ont vu leur note abaissée d’un cran, passant respectivement à A3 et Ba3. L’Espagne (3e pays des « P.I.G.S. »)  a vu sa note dégradée de 2 crans, carrément, en passant à A3. On ne vous raconte pas les conséquences catastrophiques que de telles notes peuvent avoir sur les investisseurs, déjà moyennement prêts à investir dans la dette souveraine européenne. Heureusement que la Chine aime l’Europe…

D’autres petits pays comme la Slovaquie, la Slovénie et Malte ont également vu leur note abaissée d’un cran. C’est une véritable hémorragie de notes qui sévit en Europe. En clair, ces notes signifient une baisse de confiance dans la capacité de ces pays à rembourser leur dette à plus ou moins long terme.

Une dette institutionnalisée, coercition de la monnaie unique et anti-démocratie
En mettant fin au système de l’étalon or le 14 août 1971, les Etats-Unis épousent la brillante théorie de l’économiste Milton Friedman qui consiste à faire du dollar une valeur qui existe par elle-même, un peu comme un Dieu qui existe par la seule force de la croyance qu’on veut bien lui accorder.

De fait, les Etats-Unis, en vertu du pouvoir conféré à leur devise, a créé « la dette infinie, qui ne perd jamais sa valeur, qui n’a jamais besoin d’être remboursée » (Le Retour au standard or, d’Antal Fekete). A une seule condition : celle-ci ne doit pas dépasser les 3% par an. Sauf que depuis, le ratio volume de dette/PIB a évolué. Avant la mise à mort de l’étalon or, un peu de dette engendrait de la productivité. Depuis 1971, ce ratio est devenu négatif en 2006, entraînant la destruction progressive du capital.

Le plus grave est que malgré la répétition de l’histoire, de nombreux économistes, politiques, intellectuels… tirent la sonnette d’alarme sans qu’aucune décision ne soit prise pour changer cet état de fait. Le contexte n’est pas sans rappeler celui des années 30 et comme le disait le sociologue Emmanuel Todd dans une émission mardi soir, la Grèce  n’est-elle pas la Pologne du bloc soviétique avant que celui-ci se disloque ? L’élément d’une désagrégation imminente ?

L’or est la garantie de votre liberté !
Si l’or paraît encore être la relique barbare aux yeux des jeunes loups de la finance qui ne voient en lui aucun rendement (donc aucune utilité), les plus sages – souvent des jeunes malins qui ne prennent pas tout ce que l’on dit dans la presse pour argent comptant – et les plus anciens, qui ont connu la guerre, savent que l’or est un rempart à la liberté individuelle.

Pourquoi ? Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie de réserve mondiale, nous avons été assujettis à une monnaie unique de façon coercitive (les Français ont-ils été consultés honnêtement concernant le passage à l’Euro ?). Il y a quelque chose de contradictoire avec la notion de démocratie. Le peuple grec a-t-il d’autre choix que celui de se révolter pour dire non à la dictature du système financier qui leur suce le sang ?

Quels que soient les produits dont vous disposez dans votre banque (SICAV, assurances-vie, OPCVM, comptes épargne…), l’or est le seul « produit », le seul bien dont vous ne serez pas dépossédé, qui vous appartient vraiment, et qui ne risque pas de disparaître avec l’effondrement d’une monnaie condamné à une mort certaine. Avec de l’or, vous pouvez acheter ce que vous voulez, avec des billets, vous pouvez toujours vous moucher dedans… Une petite pensée émue au passage pour les billets de 10, 20, 50, 100 Francs qui demain ne vaudront plus rien. Adieu Pascal et autres Debussy !

La France sur le même chemin que la Grèce ?

Lundi, février 13th, 2012

Le sort de la Grèce est effrayant. Sans le comparer à celui de la Syrie, il se déroule sous nos yeux une véritable tragédie. Malgré le chaos et les manifestations qui secouent Athènes depuis samedi soir, le plan de rigueur a été voté par le parlement… Pour éviter la faillite. Avant d’attendre d’éviter la faillite de l’Etat, commençons plutôt par éviter la nôtre !

Voilà ce qui peut nous attendre après 5 années consécutives d’austérité et de rigueur : des décisions prises à l’encontre et en dépit du peuple qui va devoir payer l’ingérence du gouvernement et des banques. Cette décision a fait monter le cours des bourses ce matin, mais à quel prix pour le peuple grec ?

- abaissement de 22 % du salaire minimum  (soit 586 euros brut sur 14 mois)
- suppression de 15 000 postes dans la fonction publique
- baisse des retraites et des salaires des fonctionnaires et réduction du budget de la sécurité sociale et de l’armée.
Autre fait inquiétant, l’Etat va privatiser 4 entreprises nationales.

Est-ce contagieux ? Pas forcément, mais c’est peut-être une vision de l’avenir qui attend la France, tant que les Etats resteront inféodés aux banques. Le pire, c’est de savoir que la dette grecque va continuer de s’accroître malgré les prévisions d’économies réalisées avec ce plan drastique (à peu près 3,3 milliards d’euros).

Que nous reste-t-il à faire ? Placer une partie de notre patrimoine dans des valeurs refuge comme l’or ou l’immobilier (et encore l’immobilier à des fins locatives par exemple n’est pas le bon plan en 2012 !) ou alors faire comme l’Islande : redresser la barre en revenant à l’économie réelle, en laissant couler les banques toxiques et en effaçant sa dette, pour souhaiter bon courage à nos voisins en musique !

Sommet européen : un énième pacte qui ne convainc pas

Vendredi, décembre 9th, 2011

Les 17 pays de la zone euro se réunissaient hier pour un énième sommet européen. Ils se sont entendus sur un nouveau « pacte budgétaire », qui permettrait de mieux contrôler les budgets des états de la zone euro. Contrairement à Angela Merkel et Christine Lagarde, présidente du FMI, la plupart des économistes sont très pessimistes quant à la capacité des états à rembourser leurs dettes et davantage encore quant à l’avenir de l’euro.

Un « pacte budgétaire » pour les pays de la zone euro

10 heures de tractations ont été nécessaires pour aboutir à ce nouveau pacte.  Voici ce qu’il en est ressorti :
-    Un contrôle plus strict des budgets nationaux, avec des sanctions en cas de dépassement des 3% de PIB de déficit public et en cas d’augmentation trop importante des dettes publiques.
-    La gestion du Fonds de secours de la zone euro (FESF) par la Banque Centrale Européenne (BCE). Le FESF devait passer de 250 milliards d’euros à 1 000 milliards d’euros, mais cet objectif a été revu à la baisse.
-    La création d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), géré également par la BCE, avec une capacité de prêts de 500 milliards d’euros.
-    Le renflouement du Fond Monétaire International à hauteur de 200 milliards d’euros, sous dix jours.
Si ces fonds permettraient d’assurer une sécurité suffisante aux pays de la zone euro en difficultés et endettés, encore faut-il les approvisionner !

114,7 milliards d’euros

C’est le montant des fonds propres nécessaire aux banques européennes pour faire face à la crise des dettes souveraines européennes. Un montant majoré de 8,7 milliards par rapport aux estimations d’octobre 2011.

Mais comment mettre sur la table une telle somme, alors que la croissance des pays est au plus bas et que les plans de rigueur ne parviennent pas à désendetter ? Tout porte à croire que les mêmes erreurs vont être répétées : en l’absence de croissance et avec un taux de chômage record, la seule solution qu’a l’Europe pour sortir ces milliards de sa poche est de créer de la monnaie. Et donc de la dette.

On connait la suite : cette création monétaire, basée sur aucune richesse tangible, va provoquer une hyperinflation, qui ne fera qu’aggraver la situation des pays en crise.

Les plans de rigueur ?

On constate avec l’expérience de la Grèce et quelques mois de recul que les plans de rigueur ne parviennent pas à faire redécoller l’économie des pays qui les mettent en place. Ces plans de rigueur ne permettent pas à ces pays de rembourser la dette. Pire, ils tuent la croissance et aggravent la dette.

Au lendemain des premières négociations du sommet et malgré les congratulations échangées ce matin, l’éclatement de la zone euro guette et la monnaie fiduciaire, l’euro, pourrait voir son espérance de vie diminuer brutalement. Si cette sortie de l’euro représente une chance pour sortir de ce marasme, il faudra trouver de nouvelles bases pour reconstruire l’économie des pays en crise. Des bases plus solides comprenant des valeurs d’échanges plus sûres, au premier rang desquelles se trouve l’or.

Tour du monde : ces pays qui ont fait faillite

Mercredi, novembre 23rd, 2011

Argentine, Islande, Russie. Ces trois pays ont un point commun : ils ont fait faillites mais s’en sont sortis. Comment ces pays sont sortis de la crise financière ? Les solutions qui ont été trouvées peuvent-elles être appliquées aux pays fragiles de la zone euro et à la France ? C’est ce que nous allons voir dans ce dossier consacré à ce tour du monde des désastres économiques.

Islande, la banqueroute des banques

Un événement somme toute assez récent. C’était il y a trois ans et l’Islande pensait difficilement pouvoir se relever d’une telle épreuve.

Tout a commencé dans les années 2000, lorsque les banques islandaises se sont noyées dans une politique d’endettement. En 2008, alors que la première crise financière mondiale éclate, les trois principales banques, compte tenu des risques pris, sont touchées de plein fouet. Le montant des dettes contractées est alors largement supérieur au PIB de l’Islande et la couronne islandaise devient la monnaie la plus surévaluée du monde. Les Islandais ont eux aussi massivement emprunté, entrainant une inflation dans le pays et des taux d’intérêt élevés. La dette des banques est si disproportionnée par rapport à la richesse du pays que l’Etat ne peut garantir de nouveaux emprunts pour le remboursement de la dette. Les créditeurs exigent des paiements de la part des banques qui ne peuvent plus emprunter. Résultat : les banques déposent le bilan.

La solution trouvée pour sortir de cette crise ? Les banques ont été nationalisées, le gouvernement a fait appel au Fond Monétaire International qui lui a accordé une aide de 2,25 milliards de dollars et a multiplié les mesures d’austérité. Mais la mesure la plus importante du pays a été de se baser à nouveau, comme avant, sur son économie réelle. Fini la pêche sur les marchés boursiers !

Aujourd’hui l’économie du pays semble rétablie malgré le climat économique international morose, avec une croissance de 2,5% pour la première moitié de cette année 2011. C’est déjà mieux qu’en France !

Argentine, lorsque les portes des banques se sont fermées

Entre 1998 et 2002, la crise éclate en Argentine, la situation économique et sociale empire de jour en jour. L’origine de cette crise ? Une déflation sévère du peso argentin due à la déflation du real brésilien et à l’inflation du dollar US. Les exportations sont alors bloquées, le dollar ne rentre plus suffisamment dans le pays provoquant une réduction de la circulation monétaire. Les importations brésiliennes envahissent le marché. Les salaires sont réduits, le chômage augmente. L’économie argentine est paralysée.

A ce stade, la solution proposée par l’Etat argentin est d’émettre des reconnaissances de dette. Appelées LECOP, elles servent de moyen paiement et circulent au même titre que la monnaie fiduciaire. Le gouvernement décide également d’adosser le peso à un panier de monnaies, au lieu du seul Dollar US, pour stabiliser le commerce extérieur.

L’acmé de la crise argentine se situe en 2001 lorsque le gouvernement, pour endiguer la fuite des capitaux et la crise des liquidités, limite les retraits bancaires à 250 pesos par semaine et interdit tout transfert d’argent vers l’extérieur. Les Argentins trouveront même leurs banques portes closes pendant plusieurs jours, leur interdisant l’accès à leur épargne, le change de leurs pesos en dollars et le retrait de leur argent.

En 2002, l’Argentine décide alors de faire défaut sur sa dette et de dévaluer fortement sa monnaie pour retrouver une compétitivité. Aujourd’hui, la croissance est repartie, elle dépasse même les 7% par an, ce qui a valu à la présidente argentine, Cristina Kirchner, d’être réélue, le 23 octobre dernier, après un raz-de-marée électoral.

Selon un article du Monde : « La consommation est en plein essor, avec 4 % d’augmentation par an, et le taux de chômage dépasse à peine 7 %. La croissance a été de 8 % en moyenne depuis 2003, à l’exception de 2009. L’Argentine bénéficie en outre de l’envolée des prix des matières premières, notamment du soja, dont elle est le troisième exportateur mondial.

La Russie et les GKO

Depuis 1991, la Russie n’était pas au mieux de sa forme avec une balance commerciale négative et l’augmentation de ses déficits due à des recettes fiscales insuffisantes. La Russie émet alors des titres publics en roubles sur des échéances de trois mois, ce sont les GKO, abréviation de Gosudarstvennoe Kratkosrochnoe Obyazatelstvo. Le serpent se mord alors la queue : plus le déficit se creuse et plus l’Etat émet des GKO, le remboursement de ces derniers nécessitant l’émission de nouveaux GKO. La dette publique explose, l’état n’est plus solvable, et les liquidités se raréfient. On assiste alors à la dévaluation du rouble et à un défaut de la dette russe.

La solution adoptée par l’Etat : le rachat par la Banque Centrale russe de ces titres (c’est ce qu’on appelle la monétisation de la dette publique) et un plan de sauvetage du FMI d’un montant de 4,8 milliards de dollars US. Mais cela ne suffira pas, 80% des encours ne seront pas remboursés, le reste le sera avec une décote de 90%.

Pour la Russie, cette crise a été en un sens positive, puisque, avec l’aide du FMI, elle a permis au pays de redevenir compétitif et de relancer sa croissance. L’Agence russe d’information internationale RIA Novosti titrait même il y a peu La Russie peut faire face à toute crise économique.

Pourquoi la Grèce est menacée d’une faillite similaire à celles de la Russie, l’Argentine et l’Islande ?

La situation de la Grèce n’est pas très éloignée de celle de l’Argentine dans les années 90. Le pays est en déficit fiscal, connaît un déficit des balances de paiement, une récession et une dette grandissante. L’Euro ne permet pas à la Grèce d’avoir recours à la dévaluation, tout comme le dollar ne le permettait pas à l’Argentine en 2001.

Si l’on s’inspire de l’histoire économique de l’Islande, l’Argentine et la Russie, un défaut de la dette pourrait être envisagé, d’autant plus que la dette est détenue principalement par les banques et en euros et non par des investisseurs étrangers. Mais en aucun cas, de nouveaux prêts et les politiques d’austérité, politique actuellement proposée aux grecs, ne sortiront le pays de la crise. Ces politiques ne font qu’augmenter le chômage, réduire les recettes fiscales et ne permettent pas de relancer l’économie. Il faudrait un véritable plan de relance pour cela, qui comprendrait un soutien de l’emploi, au pouvoir d’achat et aux investissements.

L’autre solution serait une sortie de l’euro, de la même façon que l’Argentine a stoppé la convertibilité peso-dollar. Une solution qui serait dommageable pour la Grèce, et surtout pour les autres pays européens. Une sortie de la Grèce de la zone euro serait lourde de conséquence pour la l’Italie et la France, déjà très mal en point. C’est le scénario du château de carte. Si des mesures radicales ne sont pas prises pour la Grèce, l’Euro pourrait bien ne plus valoir un rouble et la crise systémique qui se profile en Europe deviendrait difficilement évitable.

Quand la monnaie papier ne vaut plus rien

Ce que l’on retient de la faillite de ces trois états, c’est aussi la fragilité des monnaies papiers qui ne reposent sur rien, si ce n’est la confiance que lui accordent les États. En cas de crise, ces monnaies, et l’épargne des citoyens par la même occasion, perdent totalement leurs valeurs. Cette fragilité est inhérente aux monnaies depuis qu’elles ne reposent plus sur l’or. De même que les Etats n’ont pas suffisamment de réserves d’or pour maintenir l’économie des pays sur la voie de la stabilité en cas de faillite.

Ce qu’il faudrait pour éviter le pire, c’est une nouvelle devise de réserve mondiale. C’est ce qu’explique le LEAP dans le numéro de 4 de son Magazine d’Anticipation Politique, daté de novembre 2011. Cette devise de réserve mondiale s’adosserait notamment à l’or, et plus uniquement au dollar comme c’est aujourd’hui le cas. Autres priorités mises en avant le Magazine : la mise sous tutelle publique partielle ou totale des banques et la mise en place d’infrastructures publiques, à l’échelle mondiale. Des décisions globales et mondiales pour garantir aux États une relative sécurité économique.

Le cours de bourse de la BNP n’est pas son seul problème

Vendredi, novembre 4th, 2011

BNP Paribas prend des mesures radicales pour s’adapter au contexte économique et réglementaire.

Interrogé hier, son Directeur Général Baudoin Prot a annoncé une décote de 60% sur les titres grecs détenus (mais disait avant que la Grèce n’était pas un problème).

Plus surprenant, la BNP a mis en œuvre un programme de cession massive des obligations d’états détenues en particulier sur des pays comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal, générant au passage une perte de 362 millions d’euros. Cela pose deux questions.

La première qui rachète ces obligations que la BNP ne veut plus? La deuxième question est pourquoi la BNP en particulier mais les banques en général continuent à inciter leurs clients à investir de façon importante dans les contrats d’assurance vie fonds euros pourtant composés très majoritairement d’obligations d’état de plus en plus risquées.

La banque diminue son exposition aux dettes souveraines mais pas les particuliers.

Enfin, il a été confirmé la poursuite de la stratégie de réduction de la taille du bilan (en clair la BNP diminue volontairement son volume d’activité et d’engagements), ainsi qu’un plan social massif dans la BFI (banque de financements et d’investissements), certainement le premier d’une longue série qui va toucher l’industrie bancaire française et mondiale dans les prochains mois.

L’ensemble de ces mesures a généré une baisse de 71% du bénéfice net trimestriel. Mais comme le disait le même Baudoin Prot il y a quelques semaines: « le seul problème de BNP Paribas c’est son cours de bourse ».

Enfin, sachez le quand même, l’essentiel est préservé puisque que le Directeur Général a affirmé que « rien ne va dans le sens d’une suppression de la rémunération des actionnaires ».

Ha! me voilà bigrement rassuré. Pas vous?

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Philippe Dessertine : « notre chance est peut-être de ne plus avoir le choix »

Jeudi, novembre 3rd, 2011

Philippe Dessertine vient de publier un nouvel ouvrage aux Editions Anne Carrière, La décompression (des solutions d’après krach). Il dresse d’abord un état des lieux des événements économiques des trente dernières années jusqu’à ces dernières semaines, décidément riches en rebondissements économiques. 30 ans d’un système aujourd’hui au bord de la faillite, endetté jusqu’au cou, qu’il faut aujourd’hui réinventer pour ne pas sombrer et payer au prix fort les choix passés.

Philippe Dessertine est directeur de l’Institut de haute finance et professeur  à l’université de Nanterre. Il est l’auteur de deux autres ouvrages aux Editions Anne Carrière : Ceci n’est pas une crise et Le monde s’en va-t-en guerre. Le premier au sujet de la crise, qui ne serait pas une simple crise financière mais bien la fin d’un monde. Le second aborde le délicat sujet des risques de guerre en ces temps de crise économique.

Dans La Décompression (des solutions d’après krach), Philippe Dessertine fait un constat clair : le système économique actuel n’est plus viable.
C’est la compression

Avec la mondialisation, les pays émergents se sont développés et accèdent désormais à une certaine richesse. Celle-ci n’étant pas extensible, la planète ne peut continuer à se développer avec ce modèle occidental. Le choix qui avait été fait par les pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis de Clinton, de repousser la réalité de cette mondialisation, en s’endettant était un sacré pari sur l’avenir. Aujourd’hui, le poids de la dette et de ses intérêts s’alourdissent, et ne parviennent pas à relancer l’économie. Le système basé sur la création de la dette n’est plus une solution.

En Europe comme aux Etats Unis, les plans de relance ne suffisent pas à relancer durablement l’économie. Les investisseurs sont frileux, les embauches rares, la croissance nulle, les pays les plus fragiles dévoilent leur incapacité à rembourser leur dette. La Grèce est la première à connaître ce problème, mais d’autres suivront si un tournant radical n’est pas pris.

Vite, des solutions !
Le système actuel est aujourd’hui dans l’impasse, nous sommes arrivés à un moment où il est nécessaire de faire des choix pour réinventer un nouveau système. C’est ce que Philippe Dessertine développe dans la 2nde partir de son livre, la décompression. Il propose des pistes pour l’avenir, à commencer par le choix du numérique.

En cette fin d’année 2011, les rebondissements économiques s’enchaînent et les perspectives ne serait-ce qu’à quelques mois, voire quelques semaines sont plus qu’incertaines. Mais en ces temps de crise et d’incertitude, une seule valeur reste et restera tangible : l’or. Quand bien même les bourses mondiales s’effondreraient et qu’il faudrait repartir sur de nouvelles bases, l’or restera une valeur refuge.

Grèce: référendum ou coup d’état?

Mercredi, novembre 2nd, 2011

Si l’annonce du référendum a semble t’il surpris tout le monde, aussi bien les marchés que les chefs de gouvernements européens, il se pourrait que cette précipitation du Premier Ministre Papandréou soit liée à d’autres raisons.

Il n’est pas anodin, loin s’en faut, que cette annonce sur la tenue d’un référendum soit concomitante au limogeage de l’ensemble de l’état major militaire.

La situation en Grèce est bien plus grave que ce qui transparait dans nos grands médias qui effectuent une couverture a minima des évènements sociaux en cours dans ce pays. La Grèce est en réalité un pays simplement bloqué. Paralysé. Plus aucun levier de commande ne répond.

Les administrations ne travaillent plus. Les fonctionnaires occupent les locaux sans lever les impôts. Partout ce n’est que résistance passive et désobéissance civile quand ce n’est pas des affrontements plus virils entre la population et les forces de l’ordre. Les grecs rejettent les plans européens. Ce pays n’est plus aujourd’hui gouvernable.

L’armée y tient cependant toujours une place très particulière. Seul le temps nous permettra d’y voir plus clair dans les raisons de ces deux annonces simultanées.

Cela dit, un lien direct peu être établi entre ces deux informations. Ce qui est plus délicat c’est l’interprétation des évènements en cours.

S’agit-il d’une action politique classique où les gouvernements tentent de nommer des militaires réputés proches de leur camps? Est-ce un « accord » tacite entre le Premier Ministre Grec d’un coté et l’armée de l’autre? Ou doit-on envisager une réponse préventive d’un pouvoir politique au bord de l’effondrement face à des bruits de bottes de plus en plus insistant?

Les messages très durs lancés par l’ensemble de la classe politique dirigeante européenne (Sarkozy et Merkel en premier) s’adressent t-il au Premier Ministre grec ou à une éventuelle junte militaire qui pourrait être tentée par le non respect « des accords européens qui ne sont pas négociables ».

Autant de questions auxquelles il n’est pas possible aujourd’hui d’apporter une réponse claire mais qu’il conviendrait déjà de se poser.

Dans tous les cas ce qui se passe en Grèce doit être surveillé avec une attention toute particulière. Un coup d’Etat militaire dans un pays de la zone euro reste un scénario rarement évoqué. Dans les situations extrêmes, les solutions sont rarement modérées. L’histoire politique récente de la Grèce démontre que de telles tentations peuvent revenir. Hélas plus vite que l’on croit. Les implications économiques et politiques pour la zone euro sont immenses. Les « marchés » ne s’y sont pas trompés.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Et si on effaçait la dette ?

Mardi, novembre 1st, 2011

Allez, on effacerait tout et on recommencerait ! Chiche ? Un pari qui pourrait tenter la Grèce, mais quel en serait le prix ? Un retour à une monnaie nationale fortement dévaluée (la drachme en l’occurrence) permettrait au peuple grec de vivre à son niveau, mais pour vivre sans la dette causée par la seule voracité des banques, il faudrait que le pays puisse être un minimum autonome et vive presque en autarcie. Mais n’est pas l’Argentine qui peut !

Et puis il faudrait prendre l’argent là où il est : dans le capital des entreprises et l’épargne des particuliers, en taxant le travail quoi. Pour le moment, l’or est le seul actif financier à bénéficier d’une fiscalité plus ou moins privilégiée en n’étant plus taxé sur les plus-values au bout de 10 ans de détention.

Banques = psychopompes de l’épargne
Si un tel scénario (encore lointain mais pas inenvisageable) venait à se produire, votre épargne ne serait complètement sécurisée que si elle était placée dans de l’or physique. Dans un contexte aussi délétère, nous n’hésitons plus à conseiller un placement non plus à hauteur de 20 ou 30% de votre patrimoine dans l’or mais plutôt 50 voire 100%.

Quitte à ce que votre compte épargne ne vous rapporte plus rien ou qu’il soit complètement spolié, pourquoi ne pas placer votre argent dans l’or ? Si l’euro disparait au profit d’anciennes monnaies nationales qui ne valent pas tripette, l’or lui aura toujours de la valeur, quel que soit son cours et la monnaie dans laquelle il est évalué. En outre, il ne risque pas (plus) d’être confisqué par l’état, lui (comme ce fut le cas aux Etats-Unis entre 1933 et 1975…) pour plusieurs raisons : la réquisition de l’or se heurterait tout simplement au droit européen de propriété privée, à la libre circulation des biens et une telle décision ne pourrait que faire naître un marché noir où l’or serait fortement surévalué.

L’or grec ne rassure pas les bailleurs de fonds

Mardi, octobre 4th, 2011

Que reste-t-il de nos mines d’or ? La Grèce, qui a tant célébré le métal jaune dans sa mythologie, va se faire exploiter… ses mines. Ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour la belle Hellène de se faire déposséder de son bien le plus précieux, mais a-t-elle vraiment le choix ?

Loin de l’âge d’or
Il est bien loin l’âge d’or des Grecs. Pays le plus endetté de la zone euro, la Grèce doit à présent se déposséder de tous les bien qu’elle possède. Dimanche, le ministre Papandreou a dû reconnaître que les perspectives économiques de la Grèce étaient bien en-dessous des plus pessimistes des prévisions, même avec une politique d’austérité renforcée. Avec un déficit plus important que prévu, le pays va être obligé de licencier 30 000 salariés de la fonction publique d’ici 2012 dont la plupart des postes ne seront pas remplacés. L’endettement grec (qui est de 162% du PIB cette année) devrait passer à 173% du PIB en 2012. Le taux de chômage qui sera de 15,2% à la fin de l’année devrait atteindre 16,4% en 2012. Même avec une croissance annuelle complètement délirante de 12%, la Grèce mettrait une trentaine d’années à rembourser ses dettes…

Le Qatar se frotte les mains !
La misère des uns faisant le bonheur des autres, c’est le Qatar qui profite de la situation en investissant 750 millions de dollars dans deux mines grecques et dans le groupe minier GoldFields (à hauteur de 10%) qui exploite les gisements de Skouries et Olympias, dans le nord du pays. Le gouvernement grec avait déjà donné l’autorisation l’été dernier d’exploiter ces mines.
L’émirat arabe avait déjà investi dans la Grèce en participant à la fusion des banques EFG EuroBank et Alpha Bank en août dernier. C’est une belle opération au moment où les banques centrales cherchent à remplir leurs coffres d’or et à se débarrasser de devises encombrantes.

Les mines d’or sont-elles un bon investissement ?
Pour des sociétés comme Qatar Holdings, c’est l’occasion de faire main basse sur un groupe minier à prix bradés. Pour les particuliers, l’achat d’actions minières peut être lucratif mais seulement pour les investisseurs avisés. En août, le cours des actions minières s’est envolé à 20% là où toutes les autres étaient en baisse. C’était le moment de revendre, car aujourd’hui les minières ont à nouveau perdu ces 20%. Il faut avoir du génie pour vendre et acheter au bon moment dans un marché si volatile et nerveux. Mais la spéculation boursière n’est pas ce qui prévaut dans l’or. La fonction première de l’or est de rassurer, de sécuriser son épargne. Pour les minières en général, nous avions déjà évoqué les risques d’investir dans des sociétés dont la plupart sont situées dans des zones géopolitiques fragiles. Investir dans l’or physique, déjà extrait (pièces d’or et lingots), est une sécurité car au bout du compte, on peut toujours récupérer son épargne. Or pour une minière, vous pouvez dire adieu à l’argent que vous avez investi si l’exploitation fond les plombs…

Le Qatar investit un milliard de dollars dans des mines d’or grecques

Lundi, octobre 3rd, 2011

Ahmad Al-Sayed, directeur général du fonds souverain qatari Qatar Holdings a annoncé samedi l’investissement de près d’un milliard de dollars (747 millions d’euros) dans le groupe minier grec European Goldfields.

Avec un tel investissement dans les mines du site de Skouries et d’Olympias, Qatar Holdings va acquérir une participation de 9,9% dans European Goldfields détenu par le groupe de BTP grec Ellaktor.

Le fonds souverain du Qatar dispose néanmoins d’une option pour acheter 5% supplémentaires, a indiqué Ahmad Al-Sayed.

Les deux sites miniers, dont les autorisations d’exploitation avaient été accordées en juillet dernier par le gouvernement grec, comportent des gisements de cuivre et d’or pour le site de Skouries et d’or, de zinc, de plomb et d’argent pour celui d’Olympias a précisé European Goldfields.

600 millions de dollars de ce placement concerneraient exclusivement le financement et développement des activités d’extraction d’or de ces mines.

La Grèce ne s’appartient plus
Selon l’agence de presse grecque ANA, à terme cet investissement total de 1,2 milliard d’euros permettra la création de 1500 emplois dans le nord de la Grèce.

Le Premier ministre grec Georges Papandréou s’est exprimé sur cet accord suite à la visite de l’émir du Qatar, Cheick Hamad bin Khalifa al-Thani, samedi soir à Athènes :
« Nous avons construit une relation très étroite faite de respect mutuel, et nous Grecs sommes particulièrement contents que ces relations mènent à des investissements dans notre pays » a-t-il déclaré.

© photo christemo – Fotolia.com

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "