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Archive for the ‘grèce’ Category

Ambiance délétère ! … Le Contrarien Matin du 15 mai 2013

Mercredi, mai 15th, 2013

Le Contrarien Matin du 15 mai 2013

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Je trouve que ces derniers temps l’ambiance dans notre pays devient un peu étouffante.

Je parle pas seulement des nuages de gaz lacrymogène lâchés par des forces de l’ordre totalement dépassées par des hordes de gentils garçons venant des quartiers chics de la Capitale et dévalisant les miséreux de banlieues, pillant les citées et saccageant ces quartiers de nécessiteux.

Je ne parle pas non plus de ce nouveau pouvoir qui, au bout d’un an seulement, semble aussi usé qu’à la fin d’un deuxième mandat.

Je ne parle pas non plus des amabilités échangées entre ministres sur fond de remaniements ministériels. Ainsi, Laurent Fabius, dont le fils semble gagner des millions d’euros aux jeux –  ce qui lui permet d’être bien plus riche que son père avec un appartement estimé à 7 millions d’euros –, explique que Bercy a besoin d’un chef ! Voilà qui doit faire grand plaisir à notre Moscovici national.

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Nos zamis allemands sont aussi grecophobes et portugophobes ! Le Contrarien Matin du 3 mai 2013

Vendredi, mai 3rd, 2013

Le Contrarien Matin du 3 mai 2013

 

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Si hier nos zamis germains étaient « francophobes », aujourd’hui ils sont « grécophobes ». Il faut dire qu’ils ont leurs raisons. Comme tout le monde le sait, puisque c’est ce que vous explique la police de la pensée, les Grecs après tout l’ont bien cherché puisqu’ils ne paient pas leurs impôts.
Comme vous le savez aussi, pour les Espagnols, c’est un peu pareil. Ils l’ont bien cherché aussi, puisqu’ils ont construit tout et n’importe quoi… Bien fait pour eux.
Les Portugais n’en parlons pas ; là on ne sait pas trop bien mais ils l’ont vraisemblablement également cherché.
Pour les Chypriotes, leur cas a été vite réglé puisqu’ils étaient une lessiveuse d’argent sale venant de Russie. Beurk, immondes chypriotes enfin ruinés sur l’Autel de la Morale Fiscale Internationale.

Les « Zallemands », qui sont les grands zamis de toute l’Europe « unie dans la diversité », tirent donc à boulets rouges sur les Grecs qui sont considérés comme plus riches qu’eux…

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Le compte n’y est pas… ! Le Contrarien Matin du 10 avril 2013

Mercredi, avril 10th, 2013

Le Contrarien Matin du 10 avril 2013

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Voilà la mode est désormais au grand déballage patrimonial des membres de notre « gouverne-ment ». Cela est indigne et ne sert pas à grand-chose. D’ailleurs le patrimoine de mon voisin fût-il ministre de la république ne me regarde pas.

La moralisation n’a rien à voir avec l’exhibition. La vie privée doit-être préservée. Cela n’empêche nullement le pôle financier du Tribunal de Paris par exemple d’avoir en charge, lui, directement le contrôle du patrimoine des élus. Mais ne rêvons pas trop.

Le concours du plus fauché des Ministres !

Fillon se précipite au JT de France 2 pour nous expliquer qu’après 5 ans de poste de Premier Ministre payé 15 000 euros par mois (logé, nourri, blanchi et voiture de fonction) il n’a pas mis un sou de côté. En gérant comme ça ses finances personnelles il ne faut surtout pas lui laisser gérer la France. Alors il est fier Fillon car il est fauché.

 

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Taxer plus et dépenser moins !… Le Contrarien Matin du 5 mars 2013

Mardi, mars 5th, 2013

Le Contrarien Matin du 5 mars 2013

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Vous le saviez sans doute déjà, mais il me semble que les caisses de l’état, notre état, sont vides, parce que les autres, même si ça peut devenir notre problème, cela n’est pas censé impacter nos impôts. J’ai pris soin d’utiliser le mot censé, car lorsque l’on voit ce que nous coûte le sauvetage de la Grèce, on peut se demander si on n’est pas un peu grecs sur les bords, en tout cas du carnet de chèque…

Bref, revenons à nos moutons, c’est-à-dire aux caisses vides de notre état. Le problème c’est qu’il va falloir trouver des moyens de les remplir, et comme dans cette affaire-là c’est une histoire de vases communicants ou plus précisément de poches communicantes, il va bien falloir venir piquer dans votre porte-monnaie.

 

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« La croissance 0 négative ! »… Le Contrarien Matin du 11 janvier 2013

Vendredi, janvier 11th, 2013

Le Contrarien Matin du 11 janvier 2013

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Jeudi 10 janvier Mario Draghi, le grand mamamouchi de la Banque centrale européenne, a donné sa première conférence de presse de l’année. Il avait l’air assez content de lui le Mario. À l’entendre, tout est en train de se régler ou presque. Il n’y a plus de crise financière, ce qui n’est, soit dit en passant, pas tout à fait faux.

Remarquez, heureusement qu’il n’y a plus de crise financière, parce que vu ce que tout cela a coûté aux contribuables européens… Enfin, plus de crise financière, c’est vite dit, d’ailleurs il n’exclut pas quelques petites tensions de-ci, de-là…

Sur l’activité économique, il confirme que ce n’est pas terrible et que 2013 s’annonce difficile, merci Mario, on avait besoin de ton avis pour en être sûr, on s’en serait pas douté du tout.

Bon, il y a bien le chômage qui reste élevé, mais comme dit le grand Mario, la BCE n’y peut pas grand-chose. Rassurant.

Bref, du coup, le conseil des gouverneurs a conclu de façon unanime qu’il était parfaitement inutile de baisser à nouveau les taux de la BCE afin de stimuler un peu plus les économies du vieux continent.

Là aussi, Mario il a raison. Il n’a plus beaucoup de cartouches dans son revolver, alors autant économiser les balles. Eh oui, lorsque dans deux ou trois mois, la récession sera plus forte qu’attendue, ce qui est un risque non négligeable, alors la BCE pourra donner une petite bouffée d’oxygène en baissant les taux à ce moment-là. Les baisser maintenant n’aura aucun effet, ni économique, ni psychologique. Remarquez, plus tard ce sera sans doute pareil… mais c’est une autre histoire, et cela fait toujours quelques mois de gagnés.

Voilà, tout va bien, je vous laisse, je n’ai plus rien à vous dire, la crise est finie, la finance va bien, les banques sont solides, les contrats d’assurance vie sont les meilleurs placements, bla bla bla…

Ah si j’oubliais, j’ai quand même quelques petites informations toutes fraîches de derrière les fagots capables de vous saper un peu le moral, ce qui reste l’objectif primordial de ma prose quotidienne.

Alors commençons par un grand classique.

La Grèce, qui ne roule plus, n’amasse plus d’impôts

Comme il y a une nouvelle taxe sur les voitures en Grèce, et que la nouvelle mode là-bas c’est d’être fauché, les gens rendent tout simplement les plaques d’immatriculation de leur véhicule. En moins d’un mois, c’est plus de 70 000 plaques qui ont été rendues aux autorités.

Les Grecs n’ont plus d’argent. Ils ne peuvent plus rouler. Ils ne peuvent plus payer des impôts qui ne sont plus en relation avec leurs revenus.

D’ailleurs, toujours en Grèce, les pauvres (dans tous les sens du terme), ils viennent de battre un nouveau record pour leur taux de chômage… Enfin, comme le dit le grand Mario, « on n’y peut pas grand-chose ». Fermez le banc.

Le pays s’effondre sous nos yeux depuis cinq ans et dans une indifférence générale mâtinée du fameux : « Les Grecs l’on bien cherché. »

Les soins médicaux ne sont plus assurés. Seuls ceux qui ont encore de l’argent peuvent s’en sortir. C’est le crépuscule d’une nation et de la démocratie. Bientôt chez nous.

Continuons sur le nouveau venu dans la catastrophe.

Chypre : il manque 17 milliards pour un PIB de 17 milliards

Bon, je sais, déjà il faut regarder sur la carte pour savoir où ça se trouve ce caillou.

Chypre avance pour sa défense que ses difficultés sont liées à la restructuration de la dette grecque. Ce n’est pas totalement faux, mais ce n’est pas vraiment vrai non plus !! Les banques chypriotes, qui sont au cœur des pertes de l’île, ont fait quelques petites bêtises de gestion.

Mais ce n’est pas grave. Il est normal que le peuple chypriote paie pour les errements de quelques banques. Après tout, il n’y a pas d’autre alternative. Il faut sauver le soldat banquier et ses super bonus.

Comme Chypre c’est tout petit, les Chypriotes n’y suffiront pas. Donc nous, les Européens, nous allons devoir intervenir. Et c’est ainsi que la France finira par mettre au pot pour sauver Chypre et ses banquiers. Comme la France c’est nous… eh bien il va falloir que l’on prépare nos chéquiers.

Mais le gouvernement nous expliquera que les nouveaux impôts seront « JUSTES ». C’est l’essentiel, fermez le banc.

Chypre se dit victime de la restructuration de la dette grecque, Merkel juge problématique un sauvetage de Nicosie

Pour le porte-parole du gouvernement chypriote Stefanos Stefanou : « Nous n’avons jamais sollicité un traitement de faveur. » « Ce que nous demandons, c’est un geste de solidarité – le principe de base de l’Union européenne – envers un pays victime de la décision européenne de restructurer les banques grecques. »

Oui mais enfin, c’est un geste à 17 milliards d’euros… et ce sont des sous que nous n’avons pas. Remarquez, on n’est plus à 17 milliards d’euros près.

A priori les Allemands ne sont pas d’accord (comme d’habitude) et finiront par accepter (comme d’habitude) après que le peuple chypriote se soit fait laminer (comme d’habitude). Mais bon, ils sont comme les Grecs, comme les Espagnols et les Italiens, ils l’ont bien cherché quand même. Bien fait pour eux.

Poursuivons avec les maîtres du monde : les USA.

États-Unis : hausse des inscriptions au chômage

Les inscriptions au chômage ont augmenté aux États-Unis pour la quatrième semaine consécutive avec environ

371 000 demandes d’allocations chômage, ce qui représente une augmentation de 1 % par rapport à la semaine précédente.

Alors y a-t-il des signes de reprise aux États-Unis ? À mon sens oui et non. Oui il y en a. Le problème, encore une fois, c’est que ces signes de reprise économique génèrent aujourd’hui une croissance de 2 % pour un endettement nouveau de 8 % soit un déficit de croissance de 6 %, ou encore le fait qu’il faut 5 dollars de dette pour créer 1 seul petit dollar de croissance.

C’est pour cela que je considère qu’il s’agit d’une fausse croissance et que l’économie américaine, pour le moment, ne connaît pas de croissance saine, autonome ou pérenne.

La prévision médiane des analystes donnait au contraire son indicateur en baisse, à 364 000 nouveaux chômeurs.

Force est de constater que sur le front du chômage aux USA, l’amélioration n’est pas transcendante, loin de là. Or l’emploi est fondamentalement la matérialisation de la croissance.

Une croissance sans emplois serait absurde. Mais nous vivons dans un monde absurde, et on nous expliquera sans doute que cette fois-ci c’est différent.

Enfin, terminons par notre cher et doux pays de notre enfance.

La Banque de France confirme la baisse du PIB au 4e trimestre

Et voilà, j’aime ce genre d’information. Vous vous souvenez du concept de croissance 0 que l’on nous a vendu cet été. Rien de grave, on s’en sort plutôt bien, nous sommes en croissance 0. Fabuleux comme perspective.

Eh bien la croissance 0 vient de se transformer en croissance 0 négative. Et une croissance 0 négative, ce n’est pas très positif mais c’est beaucoup moins mauvais qu’une récession, même si c’est la même chose. Mais chuuuut ! C’est un secret. Le mot « récession » n’existe plus en Novlangue gouvernementale et pas que depuis que nous sommes rentrés en Hollandie.

Le moins 0,1 %, c’est la prévision de la Banque de France. Beaucoup plus optimiste que la prévision de l’INSEE qui voit une croissance 0 négative de – 0,2 %.

Enfin, de vous à moi, il a raison notre grand Mario, on n’y peut pas grand-chose, alors autant baisser les bras. (…)  LIRE LA SUITE DE L’EDITO DE CHARLES SANNAT

LCM du 11 janvier 2013

<<<LE CONTRARIEN DU MATIN du 11 janvier 2013- LISEZ L’INTEGRALITE >>>

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« Offre-moi de bonnes nouvelles » … Le Contrarien Matin du 20 décembre 2012

Jeudi, décembre 20th, 2012

Le Contrarien Matin du 20 décembre 2012

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Je discutais avec ma femme ce matin et je lui demandais ce qu’elle voulait comme cadeau à Noël… Étant complètement sec en termes de créativité, je me suis résolu au bout de plusieurs semaines de stress et d’angoisse intense à lui poser la fameuse question pleine de pragmatisme mais qui, hélas, selon ma femme est aussi la question qui manque tant de romantisme. « Alors ma chérie, qu’est-ce qui te ferait plaisir comme cadeau à Noël ? »

Sa réponse fut : « Offre-moi de bonnes nouvelles »… Je l’ai regardé, l’air dubitatif et hagard. « Des bonnes nou-quoi ? » « Des bonnes nouvelles mon chéri, des trucs qui remontent le moral quoi, des fins de crises, des fins de fin du monde, ce genre de choses quoi. »

Ce qui est bien avec ma femme, c’est qu’elle n’est pas vénale. Et là, lui offrir des bonnes nouvelles, ça ne coûte rien ou presque, juste un peu de temps passé derrière mon écran magique.

Alors j’ai réussi à lui dégoter son cadeau de Noël : la Grèce est sortie d’affaire, même les agences de notation augmentent fortement la note du pays !!

Ce n’est pas merveilleux comme nouvelle pour Noël ? Oui mes contrariens, la crise, enfin, est finie et cette fois-ci c’est du sérieux, notation de Standard & Poor’s à l’appui !

Standard & Poor’s : la note de la Grèce retrouve la catégorie spéculative

Les taux d’emprunt de la dette grecque sont retombés à un plus bas de 21 mois mercredi depuis que l’agence de notation Standard & Poor’s a inversé la tendance pour la Grèce en relevant sa note de six crans à B – alors qu’elle se situait auparavant au niveau du défaut sélectif : à un cran du défaut de paiement.

Mon côté prof d’éco me fait dire qu’un élève qui obtient une bonne note alors qu’il a eu entre 0 et 2/20 à chaque contrôle depuis 5 ans a soit rencontré le Saint Esprit (ce qui, vous en conviendrez, est rare), soit a triché. Mais il ne faut pas le dire à ma femme, on a dit que je lui offrais une bonne nouvelle. Donc ne venez pas tout mettre par terre, ce n’est pas si simple à trouver ces derniers temps les bonnes nouvelles, alors hein… on ne va pas non plus chipoter.

Le plus rigolo, c’est l’explication donnée par l’agence de notation S&P pour expliquer cette super note de fin d’année.

« Standard & Poor’s met en avant la récente restructuration réussie de la dette grecque et le soutien financier réaffirmé de la zone euro à la Grèce par le déblocage d’une tranche de prêt de 34 milliards d’euros gelée depuis juin dernier. »

En fait, la Grèce a bien triché. Et là il faut que vous admiriez les raisonnements (soit dit en passant parfaitement logiques et rationnels de nos financiers).

La Grèce est un ménage surendetté et en faillite. Ok, tout le monde avait pigé et pour ceux qui n’ont pas compris, de toute façon il n’y a plus rien à faire. Mais une famille surendettée aidée par d’autres peut s’en sortir. Il suffit que papa et maman qui se sont portés caution paient pour les enfants prodigues.

Comme l’Europe fait un énorme chèque à la Grèce et qu’elle règle la note en lieu et place des Grecs, le risque de faillite s’éloigne, ce qui est tout à fait vrai.

Le problème c’est qu’après tout ça, c’est la solvabilité de l’Europe qui va connaître une légère détérioration globale… mais c’est un autre débat, on va se concentrer sur les bonnes nouvelles, c’est bientôt Noël et je prépare le cadeau pour ma femme.

Le moral des Allemands en hausse… enfin le climat des affaires

Ainsi une dépêche AFP nous apprend que « sur le Vieux Continent, l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne a progressé de 1 point à 102,4 en décembre, signant ainsi sa deuxième amélioration d’affilée depuis le plus bas de deux ans et demi touché en octobre. Le consensus établi par Bloomberg tablait sur une légère hausse à 102 points. Économiste au sein de l’institut Ifo, Klaus Wohlrabe indique que l’apaisement de la crise de la zone euro permet aux entreprises de reprendre confiance, ce qui contribue à renforcer les anticipations en matière d’export. Il table par ailleurs sur une contraction de 0,3 % du PIB de l’Allemagne sur les trois derniers mois de l’année avant un léger rebond au premier trimestre 2013 ».

Voilà une autre bonne nouvelle donc !! L’Allemagne sera en récession de 0,3 % du PIB au dernier trimestre mais c’est une excellente nouvelle car le moral remonte. C’est vrai que les fêtes de fin d’année, avec leur cortège de consommation, n’y sont vraisemblablement pour rien du tout… Mais vous l’avez compris c’est un autre débat, aujourd’hui nous ne parlerons que des choses positives vu que je prépare le cadeau de ma femme.

Ah… Je lui ai trouvé autre chose. Une superbe réforme bancaire. Enfin. Cela faisait cinq ans que l’on attendait que les banques soient mises au pas par les politiques, élus et représentants du peuple souverain.

Et figurez-vous que ça Y EST !! VICTOIRE. Le gouvernement socialiste, courageusement, a réussi là où tous les autres ont essayé sans jamais oser ni réussir… (Ma femme me signale qu’elle voulait des bonnes nouvelles, pas que je fayotte le gouvernement.)

Le gouvernement présente sa réforme bancaire et se défend de s’être renié

Notre AFP (l’Agence Française pour le Positivisme) nous apprend donc que le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a présenté mercredi en conseil des ministres la réforme bancaire et écarté les critiques qui présentent déjà ce texte comme insuffisant au regard des promesses faites en janvier par le candidat François Hollande.

« Le projet de loi impose aux banques de loger leurs activités spéculatives dans une filiale ad hoc qui devra se financer largement seule, pour protéger les dépôts des épargnants », a expliqué M. Moscovici lors d’une conférence de presse.

« Le texte prévoit d’interdire les activités les plus spéculatives, comme le trading haute fréquence (ordres boursiers passés en rafale par des machines) et la spéculation sur les marchés agricoles (à l’aide de produits financiers dits dérivés). »

« Toujours avec l’idée de protéger les dépôts des épargnants et les intérêts des contribuables, la réforme bancaire renforcera les pouvoirs de contrôle et d’intervention du gendarme des banques, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP).

En cas de défaillance d’un établissement, l’ACP, devenue l’ACPR (en y ajoutant le mot résolution), pourra notamment changer ses dirigeants, lui imposer de céder ses actifs, scinder ses activités voire mettre à contribution les actionnaires et certains créanciers. »

Voilà, ça c’est mon passage préféré. Je ne le dirai pas à ma femme, mais franchement, ça c’est de la réforme. L’ACP (qui n’a jamais servi à rien sinon nous n’aurions pas eu les problèmes que nous avons eus) devient l’ACPR… C’est très intéressant cette notion de résolution. Est-ce que cela ne permet pas d’anticiper qu’il va falloir résoudre certains menus problèmes bancaires se profilant à l’horizon ? Mais pour le moment, il ne faut que des bonnes nouvelles, donc concentrons-nous plutôt sur les menus des fêtes.

Et puis de vous à moi, lorsque l’on rajoute une lettre au sigle d’un machin qui ne sert à rien, le nouveau bidule ne sert pas plus, mais l’on peut faire des effets d’annonces et dire que l’on fait changer les choses… même si tout cela ne restera avec le temps que du vent, comme à chaque fois.

Enfin, j’ai trouvé une autre excellente nouvelle. Là, tous ensemble, nous pouvons pousser un grand HOURRA !! BRAVO !! Oui mes contrariens, la Bourse vient de battre un nouveau record, la voici plus haute que haute, elle s’envole, culmine tel un aigle dominant le ciel (ce n’est pas de moi c’est une chanson !!).

La Bourse de Paris clôture à un nouveau plus haut annuel

Oyez oyez braves épargnants (bientôt ruinés et fauchés), la Bourse de Paris a terminé à un plus haut annuel mercredi, portée (j’adore le terme portée) par le relèvement (complètement crétin car c’est l’arbre qui cache la forêt des dettes mondiales) de la note grecque par Standard and Poor’s et les espoirs d’avancées dans le débat sur le budget américain (les espoirs, il n’y a rien de fait, mais les espoirs ça porte !!).

Le CAC 40 a gagné 0,44 % à 3 664,59 !!

Chérie, je suis navré, je suis un nul. J’ai placé tous les sous du ménage en pièces d’or… et là, l’or baisse et la Bourse explose, monte, s’envole, bref elle est littéralement portée par un flot continu de nouvelles extraordinaires.

L’ultime bonne nouvelle, la baisse de l’or et quelle baisse !!

Cela ne vous aura sans doute pas échappé, l’or vient de prendre un coup sur la tête sous la forme d’une belle petite correction. C’est NORMAL.

Pour gagner des sous en bourse lorsque l’on décide de faire tous ensemble un rallye de fin d’année afin de gonfler artificiellement les comptes de résultats de banques de toute façon en situation de faillite virtuelle, il faut libérer du cash. Donc on passe d’une classe d’actifs à l’autre.

Je vends mon or et prends mon bénéfice et puis j’achète les indices boursiers comme tout le monde comme ça les cours montent et à la fin de l’année à nous les bonus, les bons résultats et les dividendes. Pour 2013, on verra bien !!

Je n’ose pas imaginer ce que je vais entendre à Noël entre la dinde et le saumon sur les performances supérieures de la Bourse par rapport à l’or sur un an !! (Oui parce que sur 12 ans, c’est-à-dire depuis 2000, on est plutôt en forte baisse d’environ 50 %, mais vous savez, les actions c’est le meilleur placement sur le long terme, très, très, très long terme.)

Ha, ça y est, ma femme est dans la cuisine (c’est bientôt l’heure du repas et les monstres commencent à crier famine). Je peux vous dire quand même que tout ne va pas si bien, mais surtout ne le répétez pas, ça reste entre nous.

Chypre navigue à vue en attendant l’aide de la troïka

C’est l’AFP qui a laissé fuiter l’info, le commissaire politique aux bonnes nouvelles a dû piquer un petit roupillon et du coup, toc… On apprend donc que « Chypre a dû puiser dans les fonds de pension d’organismes publics pour payer les salaires de décembre, naviguant à vue dans l’attente fébrile d’une aide internationale cruciale pour renflouer ses banques et ses finances publiques ».

Rassurant pour le retraité chypriote !! Mais bon la retraite, c’est sûr, c’est GA-RAN-TIE !! Pensez-vous !!

« Le gouvernement vit au jour le jour et continuera ainsi jusqu’à ce que l’argent des donateurs internationaux arrive, mais il reste le risque que tout s’effondre, estime l’analyste Fiona Mullen ».

Oh, le risque que tout s’effondre… N’importe quoi, la crise est finie et les marchés montent, la Grèce est sauvée….

On apprend encore qu’un « responsable du ministère des Finances a averti lundi devant le Parlement que l’État ne pourrait honorer les salaires de décembre à moins qu’il n’obtienne rapidement un prêt de 250 millions d’euros des organismes publics ». C’est chouette hein… Bonne fêtes !!

« L’annonce a suscité les protestations des employés de ces organismes qui craignent que si jamais les fonds de pension sont utilisés pour acheter des bons du Trésor, ils ne revoient jamais l’argent prêté à l’État. » On peut dire qu’il y a des chances qu’effectivement ils ne revoient pas grand-chose, mais cela risque d’être une constante dans les prochaines années un peu partout dans le monde pour tous les épargnants.

Chypre a besoin de plus de 17 milliards d’euros, ce qui n’est rien du tout à l’échelle des problèmes espagnols, et le PIB devrait reculer de 3,5 % l’année prochaine amplifiant les problèmes comme à chaque fois.

Notre AFP de conclure que « signe de l’ampleur de la crise, dans les rues commerçantes du centre de Nicosie, des dizaines de boutiques ont baissé leur rideau ces derniers mois. Par ailleurs, la plus grande chaîne de supermarchés du pays, Orphanides, a annoncé la semaine dernière avoir été placée sous séquestre ».

Mais chuuuut…. Tout va bien, nous sommes bien, il n’y a que de bonnes nouvelles, allez, faites un effort quand même, ce n’est pas si compliqué.   (…)  LIRE LA SUITE DE L’EDITO DE CHARLES SANNAT

LCM du 20 décembre 2012

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Comment libérer un pays de sa dette ?

Mercredi, décembre 19th, 2012
Charles Pretty Boy Floyd, le gangster libérateur de dette

Charles Pretty Boy Floyd, le gangster libérateur de dette

La Grèce aurait été bien inspirée de voir un Charles  » Pretty Boy  » Floyd rejoindre le panthéon de ses héros. La particularité de ce gangster ? Détruire lors de ses holdups les documents hypothécaires, délestant des milliers de personnes de leurs dettes immobilières. Mais dans la zone euro, on n’apprécie pas les méthodes de voyous, alors on préfère acheter de la dette avec de l’argent magique !

Qui était Charles Floyd ? L’enfant d’une fratrie de 7 frères et sœurs, issu d’une famille très pauvre de l’Oklahoma. D’abord agriculteur improbable, Charles « Pretty Boy » Floyd s’oriente peu à peu vers le crime, plus rentable que sa première activité. Devenu mercenaire pour bootleggers, il passe très vite aux braquages à mains armées avec ses complices. En pleine Grande Dépression, il devient populaire en détruisant lors de ses holdups de nombreux documents hypothécaires, annulant ainsi la dette de milliers de personnes. Devenu ennemi public n°1, il est abattu lors d’un braquage en 1934.

En Grèce, c’est un autre scénario qui se joue et qui relève plus de la magie que de la tragédie : ce sont 20 milliards de dette tout simplement annulé ! Plus pacifique et moins dangereux qu’un braquage armé, la Grèce a racheté 20 milliards d’euros de dette de ses propres obligations aux principaux détenteurs (pour la plupart des banques). Avec quel argent ? Avec celui que l’Europe n’a pas bien sûr, grâce à des obligations du fonds de secours européen !

A ce rythme-là, la Grèce va vite effacer son ardoise, mais cette opération va accélérer la dévaluation de l’euro plus vite que prévu.

Lettre ouverte au Père Noël… Le Contrarien Matin du 29 novembre 2012

Jeudi, novembre 29th, 2012

Le Contrarien Matin du 29 novembre 2012

Mes chères contrariées, mes chers contrariens

Aujourd’hui, j’avais envie de partager avec vous ma lettre au Père Noël. Et justement en parlant de Noël, je voulais aussi vous parler des étrennes que vous allez verser à nos amis grecs (vous savez, ceux que l’on vient de sauver pour la 79e fois depuis cinq ans).

Mon cher Petit Papa Noël,

Comme tu le sais, nous vivons dans un monde de pays qui pour ceux qui sont en meilleure santé sont surendettés et pour les autres carrément en faillite.

Ce qui m’inquiète dans tout ça Petit Papa Noël, c’est que beaucoup de gens souffrent depuis trop longtemps et qu’ils sont de plus en plus nombreux à travers le monde à tomber dans la pauvreté. Il y a même des « zéconomistes » qui parlent de trappe à pauvreté. Je n’ai pas très bien compris ce que ça voulait dire, mais mon papa (qui n’est pas le Papa Noël comme toi) me dit qu’une fois que tu es tombé dans la trappe à pauvreté, tu ne peux plus en sortir et que le grand méchant capital t’enferme dedans à triple tour.

Alors quand je contemple l’état du monde, je me rends compte que tout cela va finir par poser de grands problèmes sociaux et que nous allons avoir plein de problèmes dans les années qui viennent.

Alors Petit Papa Noël, ce qui serait vraiment bien, c’est que tu puisses :

-         Annuler les dettes de tous les pays sans que nous ayons à faire faillite et que mon papa et maman perdent toutes leurs économies.

-         Permettre à tous les pays de ne pas réduire leurs dépenses car de toute façon on ne sait jamais quoi baisser et qu’il y a toujours une bonne raison pour continuer à dépenser.

-         Faire que tout le monde donne un peu de sous aux Restos du Cœur parce que cette année ils vont en avoir bien besoin.

-         Pourrais-tu prévoir une nouvelle copine aussi pour notre ministre du Redressement productif. Il a été plaqué par son ancienne qui l’a annoncé par SMS, ce qui n’était pas très gentil de sa part.

-         Pourrais-tu prévoir le retour magique de la croissance éternelle sur la terre, parce que je crois que tous nos grands mamamouchis n’espèrent que ça, mais leurs danses de la croissance ne fonctionnent pas. Il faut que tu les aides. Chez Auchan, je n’ai pas trouvé de pack croissance au rayon jouet, donc je ne sais pas comment te décrire le paquet que tu devrais nous livrer.

-         Pourrais-tu nous livrer de nouvelles monnaies avec de nouvelles planches à billets. Surtout pour Mario Draghi à la BCE qui n’a toujours pas compris comment marchait l’ancien modèle. Il faudra donc lui prévoir un mode d’emploi, ainsi qu’une copie pour une fille qui s’appelle Angela et mon papa dit qu’elle dit toujours « Nein »… Il paraît que Ben Bernanke, lui, il a cassé la sienne tellement il a fait fonctionner son jouet ces dernières années.

-         Il faudrait que tu offres un travail à tous ceux qui n’en ont pas, et d’après Michel Sapin (de Noël), tu vas avoir beaucoup de travail, parce que franchement le travail c’est ce qui manque de plus en plus. Si tu as trop de cadeaux à offrir et donc trop de boulot, sache qu’il y a quelques millions de gens que tu peux embaucher sous forme « d’emplois d’avenir » pour t’aider à livrer les paquets.

-         Est-ce que tu pourrais livrer un cerveau à l’Europe, parce que là, ils font à peu près n’importe quoi avec des sous qu’ils n’ont pas et en venant se servir directement dans les poches de mon papa sans même lui demander son avis. Papa me dit que c’est ce que l’on appelle les impôts et que contrairement à son salaire, ça augmente tous les ans.

-         Petit Papa Noël, est-ce que tu pourrais nous offrir une fin de crise ? Ça serait bien.

Voilà Petit Papa Noël, j’espère que tu recevras bien ma lettre et que tu pourras me donner tous ces cadeaux. Mais papa me dit que toi tu ne livres que des jouets « made in China » parce que l’on a tout délocalisé, que l’on ne produit plus rien, et qu’en plus on fait travailler les enfants pour que tu puisses nous amener des cadeaux pas cher.

Je suis sûr que ce n’est pas possible et que mon papa il raconte n’importe quoi ! Les cadeaux du Père Noël ils sont fabriqués par des lutins au pays des jouets… Oui… des lutins mineurs de moins de quinze ans. C’est moins cher. Les prisonniers aussi c’est pratique.

Le nouveau sauvetage de la Grèce

Bon, vous devez être au courant : nous avons trouvé une nouvelle solution pour sauver la Grèce. Ça c’est une bonne et excellente nouvelle. Je vous laisse lire le concert d’éloges (habituel depuis cinq ans) qui a suivi ainsi que l’ovation générale des grands mamamouchis européens.

« La Grèce et plusieurs de ses partenaires ont salué mardi comme un nouveau départ le compromis dégagé par l’UE et le FMI afin de verser au pays les prêts déjà promis et prendre les mesures nécessaires pour dompter son énorme dette. » Pour moi, la dette grecque est plutôt indomptable mais nous y reviendrons plus tard.

« Nous avons posé les bases pour que la dette grecque, le problème le plus torturant et déstabilisateur pour le pays, redevienne viable », a déclaré en soirée le Premier ministre grec, Antonis Samaras. «  La Grèce a ainsi « réussi à assurer sa place dans l’euro » ». La place de la Grèce dans l’euro est plutôt comparable à un strapontin… La Grèce ne tiendra pas.

Le président français François Hollande a estimé que l’accord conclu à Bruxelles constituait une « résolution de la crise grecque allant permettre de lever tous les doutes sur l’avenir de la zone euro ». L’essentiel c’est qu’il y croit et qu’il explique à la France entière que le pire de la crise est derrière nous.

« Le cadre décidé à l’Eurogroupe est un nouveau départ (…), c’est positif grâce aux sacrifices du peuple grec », a déclaré Evangélos Vénizélos, chef du Pasok socialiste et principal allié du gouvernement de coalition. Je pense que le peuple grec apprécie avec toute la saveur nécessaire le principe de sacrifice.

Plus significatif, vous aurez remarqué que les marchés financiers européens ont également réagi prudemment.

Alors concrètement, cette fois-ci comment avons-nous sauvé la Grèce ?

Un compromis qui ne fait que renvoyer le problème aux calendes grecques

Les Européens ont décidé de débourser un total de 43,7 milliards d’euros, dont une première tranche de quelque 34 milliards versée normalement le 13 décembre et le reste au cours du premier trimestre 2013.

Concernant la dette, FMI et zone euro ont trouvé un compromis sur un panachage de mesures visant à la ramener à 124 % du PIB d’ici 2020, contre un objectif initial de 120 % défendu par le FMI.

Le problème, c’est qu’une dette ramenée dans huit ans au mieux à 124 % du PIB (qui se réduit d’année en année je le rappelle sous l’effet d’une dépression majeure) ne permettra jamais à la Grèce de sortir la tête de l’eau, dans la mesure où l’Italie dont la dette venait d’atteindre les 120 % a fait l’objet d’attaques très fortes de la part des marchés. Par définition, une dette qui dépasse les 100 % de PIB devient bien souvent incontrôlable.

Cela représente un allègement d’environ 40 milliards d’euros d’ici à 2020. Les États européens ou leur fonds de secours, le FESF, détiennent en effet l’essentiel de la dette hellénique en circulation (70 %). Mais l’Allemagne, notamment, ne voulait pas entendre parler d’une solution qui aurait mis trop ouvertement le citoyen allemand à contribution avant des élections cruciales outre-Rhin, en 2013.

Un nouvel échéancier de remboursement

Pour contourner ce problème et faire en sorte que facilement cela coûte le moins cher possible, les 17 États membres de la zone euro ont donc décidé d’allonger à 30 ans la durée des prêts bilatéraux accordés à la Grèce dans le cadre du premier plan d’aide de mai 2010, et d’en réduire – une nouvelle fois – les taux d’intérêt de 1 %.

D’autre part, le paiement des intérêts des prêts du FESF est repoussé de 10 ans.

Les États s’engagent également à reverser à la Grèce les profits réalisés par la BCE (et l’ensemble des banques centrales nationales) sur les obligations grecques rachetées par l’Euro système pour soutenir le pays alors que ces profits devaient normalement leur revenir sous forme de dividendes payés par les banques centrales nationales. Cela dit il n’y a rien de choquant à ne pas s’enrichir sur le dos du peuple grec.

Le FMI a conditionné néanmoins la poursuite de l’aide de son institution à la mise en place d’un programme de rachat de sa propre dette par la Grèce, grâce au financement européen. Cette opération, qui ne sera conclue que le 12 décembre.

L’objectif est de racheter les titres échangés sur les marchés à des prix très bas par rapport à leur valeur d’émission (puisque personne n’en veut vu que la Grèce est en faillite.

Non la Grèce n’est encore une fois pas sauvée

Pour le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, cet accord « ne coûte rien aux contribuables allemands ».

Quant à Pierre Moscovici notre ministre de l’Économie, il a indiqué que « une ambiguïté constructive nécessaire, faute de quoi les accords ont du mal à être signés parfois ».

Alors si on résume, nous avons sauvé la Grèce de façon ambiguë sans que cela ne nous coûte rien. De deux choses l’une : soit nous n’avons rien sauvé, soit cela va nous coûter cher.   (…)  LIRE LA SUITE DE L’EDITO DE CHARLES SANNAT

LCM du 29 novembre 2012

 

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« Bienvenue en Grance ! » … Le Contrarien Matin du 26 novembre 2012

Lundi, novembre 26th, 2012

Le Contrarien Matin du 26 novembre 2012

 Mes chères contrariées, mes chers contrariens,

 La Grance ? Vous ne connaissez pas ce pays ? Vous devriez pourtant car c’est le vôtre. Je trouve que le mot « Grance », contraction vous l’aurez deviné de « Grèce » et de « France », reflète parfaitement le processus actuellement en cours.

D’ailleurs, une part relativement importante de notre avenir financier se joue également à Athènes.

Ce qu’il faut bien toujours garder à l’esprit, c’est que pour le moment et faute d’utilisation de la planche à billets, l’histoire des difficultés économiques de la zone euro se résume de la manière suivante : il s’agit de pays surendettés qui aident des pays carrément en faillite avec de l’argent qu’ils n’ont tout simplement pas.

Le Bonto européen

Une fois compris cela, nous pouvons passer à l’étape suivante du raisonnement. Si comme c’est à nouveau « officiellement » envisagé, car officieusement nous le savions tous déjà, il faut à nouveau effacer de la dette grecque, qui va payer ?

Qui ? Nous, les contribuables, puisque depuis plusieurs années, on s’évertue avec une constance admirable à déplacer les dettes des pays en faillite vers ceux qui le seront en dernier, ou les dettes des banques vers les états, ce qui à l’arrivée revient à dire que toutes les dettes d’Europe sont progressivement transférées vers la BCE et vers l’Allemagne (la moins mal) et la France (la deuxième moins mal dans le classement général du pire).

Il ne faut pas imaginer un seul instant que nous puissions, nous Français, payer 30 ou 50 milliards d’euros de plus pour nos amis grecs. Quand bien même nous le voudrions, nous ne le pouvons pas. Pour information, et à titre de comparaison, il s’agit là d’un montant supérieur à la totalité de l’impôt sur le revenu collecté dans notre pays en une année… qui serait versée directement aux Grecs. Il ne vaut mieux pas que l’on pose démocratiquement la question au peuple français, car dans sa grande sagesse, ce dernier pourrait signifier à nos politiciens d’aller se faire voir… chez les Grecs justement !

Nous sommes lancés dans une mécanique absurde de « Bonto ». Le Bonto, c’est ce jeu de rue, parfaitement illégal d’ailleurs, où vous avez une boule blanche cachée dans un des trois pots et le gars qui fait tourner à très grande vitesse. Il faut après trouver dans quel pot est la boule blanche.

Remplacez la boule blanche par les dettes et vous obtenez la réalité d’une politique brillante menée depuis plus de cinq ans sur notre vieux continent par des élites politiques à bout de souffle et à bout d’idées.

La France va progressivement se « grécifier »

Une première conclusion s’impose. À force de prendre des engagements de soutien impossibles à tenir envers d’autres pays européens au nom d’un principe stupide de « solidarité » européenne, nous avons commencé notre processus de « grécification ».

Mais avant, pourquoi cette politique de solidarité est stupide ?

Parce qu’elle est dangereuse et repose sur le raisonnement que « personne ne mourra ou que nous mourrons tous ». Voilà le principe qui préside aux décisions de nos dirigeants. Le problème c’est que nous allons bien tous mourir ensemble.

L’Allemagne comme la France n’a pas les moyens de sauver le reste de l’Europe sans périr à son tour. Les Allemands le savent et c’est ce qui explique leur réticence et leur résistance pour faire les chèques jusqu’à maintenant.

Faut-il abandonner la Grèce ? Oui.

Faut-il abandonner l’Espagne ? Oui.

Faut-il abandonner l’Italie ? Oui.

Soit nous créons de la « fausse » monnaie (comme le font les États-Unis et le Royaume-Uni ou encore le Japon) pour faire semblant de racheter ces dettes et créer l’illusion d’un « tout va bien » qui finira par déclencher une hyperinflation, soit nous devons laisser tomber les pays en trop grande difficulté pour essayer de sauver ceux qui peuvent l’être encore.

Pour le moment, l’aide que nous donnons, ou les engagements d’aides que nous prenons, nous fragilise. Étant fragilisés, les agences de notation (forcément très, très méchantes) nous dégradent, et nous dégraderont encore et encore. Cela va renchérir à un moment ou à un autre nos taux d’emprunt, rendant notre stock de dettes difficilement supportable. Nous devrons lever encore plus d’impôts. Puis nous finirons par baisser nos dépenses car on ne peut pas aller plus haut que 100 % de prélèvements obligatoires.

La récession en Grance sera alors majeure. Notre PIB baissera. Nos dettes augmenteront d’autant plus vite que notre PIB baissera. Donc exprimée en pourcentage de PIB, la dette explosera. Cela entraînera de nouvelles dégradations et nous serons dans le même cercle vicieux que la Grèce qui n’a juste que cinq ans d’avance sur nous.

Lorsque nous couperons en deux, comme en Grèce, les aides sociales, les salaires des fonctionnaires et les pensions de retraites, je vous laisse imaginer l’explosion sociale dans notre pays.

Si nous voulons éviter ce scénario catastrophe, nous devons nous poser la question de l’aide que nous n’avons plus les moyens d’apporter aux autres.

Mais ce débat, bien sûr, est totalement absent dans notre pays. Or il est essentiel, tellement la stabilité même de notre nation et ses équilibres précaires sont en jeu.

Pour le moment, nous fonçons dans le mur, l’innocence en bandoulière et le sourire béat aux lèvres. Pourtant, l’avenir qui nous attend est une évidence…

Grèce : les créanciers pourraient renoncer à leurs exigences en 2015

Alors que nous disons et que nous répétons malgré une suite ininterrompue de communiqués officiels tous plus victorieux les uns que les autres que la Grèce n’est pas sauvée, que la Grèce est en faillite, que rien n’est réglé, et que rien ne le sera jamais tant que nous n’aurons pas :

1/ payé nous-mêmes les dettes de la Grèce ;

2/ laissé la Grèce faire défaut c’est-à-dire au bout du compte payer nous-mêmes l’ardoise laissée par les Grecs ;

3/ laissé la BCE racheter tout le stock de dette grecque en imprimant de la fausse monnaie… ce que les Allemands ne veulent pas.

Une dépêche de l’AFP nous apprend donc que « des représentants de la zone euro ont évoqué cette semaine à Paris un effacement partiel de la dette grecque à l’horizon 2015, une mesure jugée désormais inévitable par le FMI et la BCE, selon les journaux Welt am Sonntag et Der Spiegel parus dimanche. » Et voilà, on y arrive. Même officiellement il n’est plus possible de continuer à nier la situation financière dramatique de la Grèce.

« Selon des informations du Welt am Sonntag qui ne cite pas de sources, au cours d’une réunion à huis clos lundi dans la capitale française à laquelle participait le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, les créanciers publics d’Athènes (zone euro, BCE, FMI) ont évoqué la possibilité de renoncer à leurs exigences financières en 2015.

Selon l’édition dominicale du journal Die Welt, la perspective d’un effacement partiel de la dette grecque viserait à encourager la Grèce à tenir les engagements pris en échange de son deuxième programme d’aide. »

L’idée d’encourager la Grèce à tenir ses engagements, c’est pour amuser la galerie. En réalité, tout le monde se fiche bien d’encourager les Grecs. Les États ne font pas dans l’aide psychologique. Non, l’essentiel c’est de trouver une solution pour effacer une dette qui ne sera jamais remboursée en trouvant les artifices comptables permettant de ne pas détériorer trop fortement les comptes publics français et allemands. Et là, disons-le, c’est compliqué.

« Cette option viserait également à rassurer le Fonds monétaire international (FMI) qui demande une réduction de la dette d’Athènes à un niveau supportable, poursuit le journal.

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a rapporté dimanche que le FMI et la BCE considéraient désormais qu’un effacement partiel de la dette est inévitable, contrairement à Berlin qui plaide désespérément en faveur d’une réduction des intérêts à payer pour la Grèce. »

Le FMI qui n’est pas le FME, c’est-à-dire qu’il est international et pas européen, ne peut pas politiquement aller plus loin dans son soutien financier à la Grèce. Cela laisse donc un trou problématique dans la politique d’aide à ce pays, que le couple franco-allemand n’a ni les moyens ni l’envie de prendre à sa charge.

« En effaçant la moitié de leurs créances sur la dette grecque, les gouvernements et les institutions de la zone euro pourraient ramener la dette grecque à 70 % du PIB en 2020, au lieu de 144 %, selon Der Spiegel. »

Ça, c’est juste de l’espérance. Avec un PIB qui chute de 7 à 8 % tous les ans et une récession en Europe, il y a peu de chance que l’économie grecque se relève facilement ou rapidement, quand bien même sa dette serait effacée jusqu’à 70 %… ce qui laisse encore beaucoup d’argent à rembourser.

Tant que vous ne verrez pas ou n’entendrez pas un débat sur l’arrêt des aides aux autres pays européens et que vous verrez l’Europe enferrée dans une politique stupide car uniquement idéologique de « solidarité », alors vous pouvez vous préparer à vivre en Grance dans les cinq prochaines années. Car il n’y aura aucun miracle pour venir nous sauver. Il n’y a aucune bonne solution lorsqu’un pays a trop de dettes. Quel que soit le chemin choisi, il sera très douloureux.

Et là, croyez-moi, les Grecs ont une expérience très précieuse dont nous pouvons nous inspirer.

Je ne vous donnerai qu’un seul chiffre et qu’une seule expression pour résumer la vie en Grèce.

Exode urbain et 60 % des Grecs des villes souhaitent en partir pour rejoindre les campagnes.

Alors bienvenue en Grance.  (…)  LIRE LA SUITE DE L’EDITO DE CHARLES SANNAT 

LCM du 26 novembre 2012

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Or : le bras de fer entre économie et écologie

Mardi, novembre 20th, 2012
Mine_or_© RomanT - Fotolia.com

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L’extraction d’or est à l’origine de bien des conflits qui n’a pas fini de faire couler de l’encre et du sang. Au niveau de l’extraction d’or, économie et écologie sont souvent très antagonistes. A quelques rares exceptions près comme NewMont qui adhère à la charte Clean Extraction, la production d’or fait des ravages.

Dernièrement, nous vous relations les émeutes qui se sont déroulées au nord-est de la péninsule grecque. Non pas contre de nouvelles mesures d’austérité mais contre l’exploitation aurifère qui menace la forêt de Skouriès. Cette fois, c’est en Roumanie et par référendum que la population devra se prononcer, pour ou contre l’exploitation minière d’une petite localité.

« Une activité très bonne pour l’économie grecque »
En Grèce, le rapport établi par l’entreprise Eldorado Gold, exploitant la mine de Skouriès, est bien en-deçà des estimations de pollution que l’extraction aurifère génèrera, selon une militante. Chaque tonne de terre retournée devrait produire environ 0,20 grammes d’or, une misère comparée à la catastrophe écologique qui attend la région. Eldorado Gold n’est pas de cet avis et prétend respecter les normes environnementales.

Un combat économique gagné d’avance
En Roumanie, les habitants du département d’Alba devront se prononcer le 9 décembre prochain sur l’exploitation d’une mine d’or en Transylvanie. Un apport économique indéniable puisque selon la société canadienne qui souhaite l’exploiter, elle contiendrait près de 300 tonnes d’or et 1600 tonnes d’argent. Utilisation de cyanure, empoisonnement des nappes phréatiques, expropriation d’habitants, destruction de sites historiques… l’exploitation minière n’est pas sans conséquences.
Pourtant on ne se fait guère d’illusions sur les résultats du référendum, largement instrumentalisé au profit des impératifs économiques.

Des solutions militantes
L’exploitation aurifère est un vrai fléau. Si les combats écologiques que mènent les habitants des régions concernées sont perdus d’avance, on peut, à son propre niveau, militer contre cette extraction extrêmement polluante et pour un or plus propre.

- En n’achetant que de l’or déjà extrait sous forme de pièces ou de lingots
- En ne possédant pas d’actions dans les minières
- En achetant de l’or physique issu de l’extraction propre comme la Vera Valor.

Grèce : et si la solution était dans une monnaie parallèle ?

Lundi, novembre 12th, 2012
La Grèce entraînera-t-elle la zone euro dans sa chute ?

La Grèce entraînera-t-elle la zone euro dans sa chute ?

Pour le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker qui se dit très optimiste pour le pays, « la Grèce a tenu ses promesses ». Du rapport très attendu de la troïka (les créanciers de la Grèce : BCE, UE et FMI) dépend une nouvelle tranche d’aide allouée à la Grèce de 31,2 milliards d’euro, une aide indispensable pour la survie du pays, mais surtout pour les banques hellènes… Doit-on se réjouir de ce nouveau pansement appliqué sur une jambe de bois ?

Pourquoi jouer sur les mots ? La Grèce est en défaut de paiement est ce n’est pas une énième tranche d’aide qui va aider le pays à relancer son économie. On ne sauve pas du naufrage un navire coulé aux deux tiers en colmatant les brèches avec des bouts de chiffons… Alors pourquoi ne pas effacer la dette de la Grèce ? Parce que la Bundesbank a dit non, nein.

Extrait de l’article paru dans La Tribune

« « Un effacement de la dette seule ne résoudra rien. A qui cela servirait-il d’effacer les dettes d’Athènes si le pays se retrouve dans 10 ans au même point qu’aujourd’hui ? La Grèce doit se réformer de fond en comble », estime le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, dans un entretien paru aujourd’hui au quotidien Rheinische Post. »

La Grèce entraînera-t-elle la zone euro vers le bas ?
Il n’a pas fondamentalement tort, Jens Weidmann. Que l’on annule la dette grecque ou que l’on maintienne le pays sous respiration artificielle à coups d’aides de quelques milliards d’euros, cela ne résoudra pas la situation du pays, d’autant que la Grèce n’est pas la seule à connaître une telle situation. Les récentes émeutes à l’encontre du énième plan d’austérité n’ont pas fini de s’étendre et un effet de contagion s’est même propagé en Espagne.

La Grèce dispose pourtant de ressources minières insoupçonnées et pourrait même devenir le premier producteur d’or en Europe. Mais la Grèce fait grise mine… La forêt de Skouriès, située dans le nord de la  péninsule grecque de Chalcidiquea été le théâtre d’une opposition violente entre villageois refusant l’exploitation polluante de la mine (par la société Eldorado Gold) et des forces de l’ordre.  « Un combat écologique ruiné d’avance par la crise », peut-on lire dans la Tribune.

Les effets pervers de la crise ne s’arrêtent pas à des problématiques d’environnement. Faute de moyens, l’épandage anti-moustique a été réduit, provoquant un retour en force de la malaria à l’intérieur des frontières grecques.

Euro, trop cher ! Tout va à Volos…
Et si la solution résidait dans une monnaie alternative ? Les habitants de Volos (dans le nord-est du pays) luttent à leur manière contre le dictat d’un euro trop cher pour eux en utilisant une monnaie parallèle, le TEM (Topiki Enalactiki Monada). Depuis 2009 le TEM a fait des émules parmi les 90 000 habitants de Volos. La monnaie virtuelle permet de vendre tous types de biens et de services, de la consultation médicale aux cours d’algèbre… Une fois inscrit sur le site, on reçoit 300 TEM. On peut alors disposer et proposer ses prestations.
En échange des cours et des services qu’ils proposent, les chômeurs peuvent ainsi toucher des TEM avec lesquels ils peuvent acheter tous types de biens (nourriture, vêtements…). Une façon intéressante et vitale de relancer l’économie locale !

La Grèce, nouvelle mine d’or de l’Europe ?

Jeudi, octobre 18th, 2012

Voilà une nouvelle qui pourrait bien changer la donne du pays le plus insolvable de l’Union Européenne. La Grèce regorgerait de ressources naturelles (gaz, pétrole et or) et deviendrait le nouvel Eldorado européen ! Avec les retombées escomptées de l’exploitation de ces ressources, le pays aurait même de quoi rembourser sa dette… Sans compter la dette dont l’Allemagne est redevable à la Grèce depuis la Seconde guerre mondiale…

Le pays, qui avait jusque-là mis de côté la recherche d’exploitation de ses ressources naturelles, a décidé de reprendre l’exploration pétrolière et gazière de ses terres. La Grèce est pour le moment un petit producteur de pétrole avec 2000 barils par jour, qui couvrent à peine 0,5% de ses besoins. Mais la donne pourrait bien changer avec les 3 appels d’offres lancés dans 3 régions hellènes. Si les estimations de rendement de ces ressources pétrolières restent toutefois anecdotiques, c’est différent en ce qui concerne le gaz repéré aux abords de Chypre.

Et encore mieux, la Grèce deviendrait en 2016 le premier producteur aurifère d’Europe devant la Finlande, selon cet article de la Tribune ! On est bien loin du rendement des plus gros producteurs mondiaux comme la Chine et l’Australie, mais on estime à 300 milliards d’euros les retombées de toutes ces exploitations minières, soit à peu près le montant de la dette grecque…

Et la dette allemande ?
Il est une autre dette dont on ne parle pas (et pour cause, elle n’est pas reconnue par le redevable), c’est la dette que doit l’Allemagne à la Grèce depuis la Seconde guerre mondiale… Ce sujet a été évoqué, mais du bout des lèvres et par une certaine presse, lors de la visite de la Chancelière Angela Merkel le 9 octobre dernier en Grèce. Outre les préjudices subis (la Grèce est l’un des pays à avoir opposé le plus de résistance pendant la 2e guerre mondiale), un pillage systématique des ressources, de l’argent grec réquisitionné pour l’effort de guerre, ce sont toutes les réserves d’or de la banque centrale grecque qui ont été spoliées et jamais rendues.

Si l’Histoire avait un peu plus de mémoire, la situation de la Grèce eut été bien différente, et ses ressources naturelles utilisées à meilleur escient que pour rembourser une improbable dette. En tout cas voilà un pays qui pourrait bien s’extraire de la crise par l’or. Vu le cours record que celui-ci pourrait atteindre ces prochaines années, une exploitation rentable de 425 000 onces en 2016 n’est pas négligeable. Encore faut-il qu’une partie non négligeable de ces retombées tombe dans l’escarcelle de l’Etat grec.

« Le cauchemar »… Le Contrarien Matin du 16 octobre 2012

Mardi, octobre 16th, 2012

Le Contrarien Matin du 16 octobre 2012

Mes chères contrariées, mes chers contrariens,

Il est des sujets qui sont tellement sensibles que nous préférons tous ne pas les aborder. Ne pas en parler. C’en est presque interdit.

Au Contrarien Matin, nous pensons que nous devons pouvoir parler de tout. Poser certains constats, c’est aussi commencer à pouvoir y apporter une réponse.

Nous pensons également que nous pouvons parler de tout, si nous en parlons factuellement et sans provocation. Cet article va certainement choquer.

En réalité, ce qui est choquant ne sera pas tant ce que vous lirez que les conclusions ou les hypothèses que nous pourrions en tirer.

Ce que nous ne voulons pas voir, d’autres, qui nous regardent, le voient pour nous. Nous ferions mieux, tant qu’il en est encore temps, d’écouter ceux au-delà de nos frontières qui nous observent et ont de nous une image que nous refusons de voir.

Si vous êtes une âme sensible, cet article ne sera pas pour vous.

Si vous souhaitez dormir tranquillement, cet article n’est pas pour vous.

Si vous souhaitez poursuivre votre rêve d’une économie saine où tout va bien, cet article n’est pas pour vous.

J’écrivais il y a quelques mois dans un article intitulé « Messieurs les Allemands, sortez les premiers » le texte suivant.

« La fin du « business model » des États-providence

Les états européens, en particulier français, sont bâtis sur l’idée d’état-providence. La « providence » signifie que le cours des événements est issu de l’action bienveillante d’une puissance divine (généralement Dieu). En l’occurrence, la puissance divine qui veille sur nous de la crèche au cimetière, c’est l’État. L’État qui, à travers les allocations familiales, les pensions de retraite, la sécurité sociale, Pôle emploi, le RSA, les aides au logement, la CMU, est là pour prendre soin de nous. À tous les niveaux, il existe des « amortisseurs sociaux ».

La fin du business model de l’État-providence signifie la fin inéluctable de l’ensemble de ces aides. C’est cela la rigueur, sans la planche à billets pour l’adoucir.

Or la société française, par son hétérogénéité, ne pourra en aucun cas supporter une cure d’austérité à la grecque. Nos zones sensibles vivent pour beaucoup de la solidarité nationale. A cette problématique financière se rajoutent des problématiques communautaristes (cf. rapport officiel 2011 de l’Observatoire des Zones Urbaines Sensibles, www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf). Lorsque les tensions s’exacerbent, l’histoire humaine prouve que les modérés ne l’emportent jamais.

Les fragilités de la société française ne sont pas celles de la société allemande. Pour notre pays, le coût social d’une austérité brutale risque d’être insupportable et de mener à des problèmes intercommunautaires insurmontables. »

C’était en décembre 2011… Une éternité

Cet article date de décembre2011. Acette époque, l’affaire « Merah » ne s’était pas encore produite. A cette époque, Nicolas Sarkozy était président de la République. A cette époque, nous refusions d’imaginer que la rigueur puisse devenir une réalité. Nous refusions ne serait-ce qu’un instant d’imaginer que la situation de la Grèce pouvait être un avant-goût de ce que nous pourrions connaître. Après tout les Grecs, eux, l’avaient bien cherché !

Le sociologique et l’économique sont indissociables

Celui qui ne regarde dans l’économie que les chiffres, les statistiques financières, les cours de bourse ou même les niveaux d’endettement ne pourra jamais avoir une vision pertinente d’une économie s’il ne s’intéresse pas aussi aux aspects sociologiques ou sociétaux.

La situation économique syrienne était plutôt très favorable il y a encore quelques mois. Le prix de l’immobilier à Damas ou a Alep aurait surpris plus d’un Français par ses niveaux plus que comparables aux nôtres. La guerre en Irak, qui a poussé de très nombreux irakiens à l’exil, a fortement contribué d’ailleurs à cette augmentation des prix de l’immobilier.

Aujourd’hui, la Syrie est un champ de ruines, un pays ravagé par la guerre civile. Les causes de ce chaos sont d’ordre sociologique et politique et l’économique y est pour bien peu de chose.

Vous me direz sans doute, mais quel est le rapport entre la Syrie et la France. Je vous répondrai aucun, mais cela ne va pas vous rassurer longtemps. S’il n’y a aucun strictement aucun rapport entre ces deux pays, il y a une constante historique applicable à toutes les nations du monde.

Un pays est stable jusqu’à ce qu’il devienne instable et retrouve une stabilité. 

La montée des tensions

Il y a deux ans, Angela Merkel disait que le modèle du multiculturalisme était un échec. Exprimé par la Chancelière allemande, ces propos ne sont pas anodins. Loin de là. Ils sont mêmes porteurs d’une grande menace.

L’affaire du film L’innocence des musulmans a remis le feu aux poudres et propulsé mondialement à la « une » de l’actualité les tensions interreligieuses qui secouent le monde.

La France a découvert pétrifiée que nous abritions sur notre sol quelques milliers de personnes qui ne partagent pas vraiment les idées et les valeurs républicaines qui sont les nôtres. Les salafistes se retrouvaient dès lors sous les projecteurs.

L’affaire récente du massacre de deux jeunes gens à Echirolles près de Grenoble a montré à quel point d’ailleurs nos concitoyens d’origines étrangères sont ceux qui souffrent le plus d’un climat qui désormais devient délétère et étouffant. Certains habitants ont interpellé sans ambigüité le président Hollande lors de sa visite éclair.

La montée des inquiétudes et la radicalisation

Lorsque je parle aux gens, je suis désormais sidéré par la montée des inquiétudes qui s’expriment ouvertement et transcendent l’ensemble des clivages politiques.

Je suis également ahuri par la radicalisation de nos concitoyens.

Cela signifie qu’il s’opère actuellement, dans notre pays, un vaste mouvement de repli communautaire.

En caricaturant un peu les choses (mais à peine), les catholiques se sentent de plus en plus catholiques. De l’autre côté, les musulmans de plus en plus musulmans.

Tous oublient qu’ils sont avant tout français, enfants de la République.

Lorsqu’un Merah assassine froidement des militaires français, portant l’uniforme français, « physiquement issus de la diversité » (c’est l’expression qu’il faut utiliser pour ne pas utiliser le mot « noir » ou « magrébin »), cela répond à la logique de « tuer du traître », tuer celui qui représente l’image de l’intégration à la République.

Par un effet de miroir, à l’autre bout de l’Europe et de l’échiquier politique, un Anders Behring Breivik qui commet la tuerie d’Oslo répond à une logique identique en tout point. Il faut tuer du socialiste, du tolérant, du gaucho-bobo. Lui aussi est le traître à la pureté du pays, puisqu’il accepte l’autre et l’étranger.

Dans tout cela, seules les victimes changent. Les logiques funestes restent les mêmes.

Vers la balkanisation de l’Europe

J’étais encore jeune lorsque la guerre civile a embrasé les Balkans, quelques années après la chute du mur de Berlin. Mais je me souviens. Je me souviens des massacres, je me souviens d’expressions comme « épuration ethnique », « charnier ». Je me souviens d’un général français debout sur une Jeep disant à des femmes, des hommes et des enfants « nous ne vous abandonnerons pas ». Et je me souviens qu’ils ont été abandonnés.

Nous avons même entendu « plus jamais ça, pas en plein milieu de l’Europe ». Et pourtant, cela a eu lieu. Mais nous avons voulu l’oublier.

Nous avons voulu croire que nous ne pouvions pas être « politiquement » serbes ou croates, exactement de la même façon que nous ne voulons pas croire que nous puissions être « économiquement » grecs.

Seule une prise de conscience nationale nous permettra d’éviter le cauchemar.

Notre avenir : devenir économiquement grecs et politiquement serbes

Que nos amis serbes me pardonnent ce sous-titre. Qu’ils ne voient là aucun jugement. Je pense au contraire que nous ne sommes ni mieux ni moins bien et que l’histoire vécue là-bas est en tout point en train de se reproduire ici, chez nous, sous nos yeux inconscients et incrédules.

Alors que la crise menace d’emporter dans un trou noir l’ensemble de l’économie mondiale, qu’avant cela nous devrons passer sous les fourches caudines de la rigueur et de l’austérité, nous devons être conscients que notre avenir proche est plus similaire à celui de la Grèce qu’à un long fleuve tranquille.

Nous devons être conscients des dangers qui se profilent à l’horizon et qui potentiellement peuvent faire littéralement voler en éclat la stabilité de notre pays, mais plus généralement de l’Europe.

Un débat sur « l’identité Républicaine »

Pour repousser ce danger, les bons sentiments ne serviront à rien. Ils sont mêmes fondamentalement contreproductifs.

Il faut traiter deux aspects. Le premier est bien sur économique. Plus la richesse est présente et partagée, moins les tentations de haines peuvent se développer. Au sens politique du terme, l’austérité est un non-sens.

Il faut traiter l’aspect politique et sociologique.

Être français, ce n’est pas une couleur de peau. Être français, c’est l’adhésion inconditionnelle au socle de valeurs républicaines.

Ces valeurs républicaines de tolérance, d’égalité et de laïcité doivent être défendues avec une force absolue. La République ne doit rien céder à quelques extrémismes que ce soit. Toute démission, tout manque de courage, nous rapprochera de l’abîme.

La réalité ? Toute démission aussi minime soit-elle peut mener à « l’épuration ».

Les Suisses, eux, se préparent déjà à la guerre civile européenne

Alors ceux qui ne veulent pas voir, ceux qui pensent que tout le monde est gentil, ce qui croient que nous sommes meilleurs que tous les autres, ceux qui pensent que rien ne peut nous arriver, que la stabilité est éternelle ne manqueront pas de me dire évidemment que je suis pessimiste.

Alors qu’ils sachent qu’effectivement je partage le pessimisme de nos amis suisses.

Les Suisses, conscients de ces risques majeurs pour la stabilité politique de leurs voisins, ont lancé en septembre 2012 un exercice militaire de grande ampleur.

Nom de code de ces manœuvres ? STABILO DUE.

Scénario ? Suite à un effondrement économique majeur et à la montée des tensions intercommunautaires et interreligieuses, des grands voisins européens, membre de la zone euro, s’enfoncent dans la guerre civile.

Des milliers de réfugiés tentent désespérément de trouver refuge en Suisse.

La Confédération Helvétique mobilise dès lors 200 000 réservistes afin de sécuriser ses frontières.

Nous pouvons changer les choses

Au siècle dernier, les gens de confession juive ont été pourchassés, massacrés, déportés.

Nous pourrions ouvrir ce nouveau siècle par le même type d’acte. Si l’histoire se répète, ce n’est jamais de façon vraiment identique.

Mais vous l’aurez compris, et ce que je vais dire est choquant, mais le prochain « juif » pourrait être le « musulman ».

Et ne me dites pas que c’est impossible. Tout concourt pour rendre plausible une telle éventualité.

Ne me dites pas que c’est impossible en Europe. C’est exactement ce qui s’est passé voilà à peine 10 ans dans les Balkans.

Ne me dites pas que c’est impossible, puisque l’armée suisse se prépare à de telles hypothèses.

Dites-moi comment pouvons-nous faire, ensemble, pour que cela n’arrive pas. Si vous niez le problème, si vous niez l’hypothèse, alors cela se produira.

La stabilité de notre pays doit être élevée au rang de priorité stratégique absolue et l’intendance « économique » devra suivre.

Cela ne pourra se faire que dans un cadre national et d’un retour à une souveraineté totale.

Lorsque nos intérêts vitaux seront en jeux, l’économie, les lobbys et les intérêts corporatistes seront balayés… comme en Syrie.

Pour le moment, nous courrons tout droit à la catastrophe. Mais personne ne veut le voir.  (…)  LIRE LA SUITE DE L’EDITO DE CHARLES SANNAT

LCM du 16 octobre 2012

 

>>>LE CONTRARIEN DU MATIN du 16 octobre 2012 – LISEZ L’INTEGRALITE <<<

 


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Emeutes anti austérité : après la Grèce, l’Espagne… la France ?

Dimanche, septembre 30th, 2012

La règle d’or n’est pas d’or… En signant le traité budgétaire européen, la France a sauté à pieds joints dans l’austérité, alors que l’on sait très bien qu’à terme, elle ne va que contribuer à appauvrir les classes les plus pauvres et servir à rembourser l’ingérence bancaire et étatique.

Une répression d’une violence inouïe comme on peut le voir sur le site d’information Radio Télévision Suisse. Mais rien ou très peu d’informations sont divulguées en France, sous prétexte que « c’est arrivé loin de chez nous » ? Plus probablement pour éviter un possible effet de contagion.

Une amie espagnole publie dans son profil Facebook « Je me sens triste. Je n’aurais jamais pensé que quelque chose comme cela pourrait arriver à Madrid. Thomas Hobbes dit que le monopole de la violence au sein d’un Etat est légitime et qu’il est soit disant garant de la protection du peuple. Or ce n’est pas un gouvernement garant de la paix, mais un gang de mafieux qui nous a pris en otage ».

Comme dit Charles Sannat, Directeur des Etudes économiques d’AuCOFFRE.com dans son édito du matin, « La Grèce s’enflamme, puis le Portugal, puis désormais l’Espagne. Les peuples sont en colère contre l’Europe. L’Europe ne les protège pas. L’Europe ne les aide pas. L’Europe ne les aime pas ». Pas de partage des profits et des bénéfices des banques qui sont privatisés, mais partage en masse des pertes, des « pertes socialisées » comme dit Charles Sannat.

Alors qu’attendre d’une Europe anti-démocratique qui signe pour que les populations se saignent pour des erreurs dont ils ne sont pas responsables ?

Interview de Philippe Béchade : quelles perspectives pour l’économie à court terme ?

Mardi, août 21st, 2012
Philippe Béchade

Philippe Béchade

Le rédacteur en chef de La Chronique Agora et chroniqueur économique sur BFM – Philippe Béchade – a accordé une interview à Loretlargent.info. Nous avons voulu connaître sa vision globale de l’économie actuelle, son point de vue sur la situation en Europe et sur l’or, bien sûr.

Philippe Béchade est rédacteur en chef de La Chronique Agora et intervenant quotidien sur BFM depuis mai 1995. Il rédige depuis dix ans des chroniques macroéconomiques quotidiennes ainsi que de nombreux essais financiers et est également correspondant Radio Maroc Atlantique.

Il nous confie être « sorti de l’or » en septembre 2011, au moment où le cours de l’or atteignit des sommets. Contrats or ou 50 pesos en or, Philippe Béchade a tout vendu, persuadé (à raison) que l’or se dirigeait vers une consolidation durable et qu’il allait donc revendre son or de moins en moins cher. Il n’en reste pas moins très optimiste sur l’avenir de l’or.

LORetLARGENT.info : Pourquoi l’or n’est pas une valeur refuge en ce moment ?
Philippe Béchade – Parce que le dollar remplit de façon complètement illusoire. Il y a eu de nouvelles rumeurs de quantitative easing (QE ou émission massive de dollars), mais avec le twist, il n’y a pas de création monétaire pure, la FED ne fait pas marcher à proprement parler la planche à billets. Le dollar a été beaucoup vendu et on ne peut pas se permettre de le dévaluer en augmentant la quantité émise.

La position short (vendeuse) sur le dollar est à risque jusqu’à la fin de l’été au moins, en clair jusqu’à ce que l’on ait recours à la planche à billets. Actuellement, beaucoup de gens sont « short dollar » et longs sur l’or. Il ne faut pas oublier que l’’or est la valeur refuge en cas d’anticipation de création monétaire.

LORetLARGENT.info : Quelles peuvent être les perspectives économiques en 2013 pour la Chine et l’Inde, traditionnellement de gros consommateurs d’or ?
Philippe Béchade – Si les Etats-Unis sont contaminés par la récession qui frappe l’Union Européenne, la Chine va être en difficulté pour maintenir les nouveaux équilibres du marché du travail qui s’avèrent fragiles. Une croissance à 7,5%, un taux pourtant relativement élevé mais en baisse, ne permet pas de créer plus d’emplois. La récession guette donc également la Chine.
Il faut également prendre en compte l’inflation alimentaire qui est énorme et qui touche près de 70% de la population. La situation devient délicate pour la Chine ; elle qui était très friande d’or se met à en acheter moins car son cours est devenu trop cher. Pour l’Inde aussi, le cours élevé de l’or fait que le pays a beaucoup moins acheté que l’an passé.

LORetLARGENT.info : Quel rôle joue la FED dans la crise ?
Philippe Béchade – Chaque semaine, il y a de nouveaux épisodes sur l’euro qui s’enfonce. Il y a une semaine, l’euro baissait et le cours de l’or suivait la même trajectoire, ce qui confirme un mouvement en faveur du dollar, déclenché par la FED qui a décidé que ce n’était pas le bon moment pour déclencher un QE. La FED adopte traditionnellement une position neutre avant chaque élection, et s’attache à ne favoriser ostensiblement aucun parti.
Par contre, si la FED agit de façon complètement indépendante et ne veut pas donner l’impression de donner un coup de pouce aux politiques, elle fait tout pour aller dans le sens de Wall Street (c’est dans son intérêt) et s’emploie à utiliser un champ sémantique bien choisi, dans le registre de la parfaite langue codée, jusqu’à la virgule, également à l’adverbe près.

Par exemple, « un ralentissement très perceptible » ça pouvait indiquer le risque penche du côté de la récession, ou « risque inflationniste très modéré » laisse de la place pour baisser les taux.
Par exemple, en disant « La politique monétaire ne va pas bouger », ou alors « Nous observons un ralentissement de la croissance »… Ce type de déclaration qui paraît très édulcorée a pourtant de l’impact, et a par exemple plus d’effet sur les prix que sur la consommation. La FED publie des communiqués qui rassurent Wall Street, mais sans prendre de décision ni agir concrètement.
La FED ne peut pas se permettre de dire que ça va mal sinon ça ferait chuter Wall Street. Du moins elle ne le fait plus depuis 1986 où ses aveux avaient déclenché une hausse spectaculaire des taux.

LORetLARGENT.info : Pourquoi la BCE n’a-t-elle pas le même impact que la FED dans la zone euro ?
Philippe Béchade – Les Etats-Unis sont réactifs à la magie du verbe de la FED, alors qu’au sein de la zone euro, la BCE revêt beaucoup moins d’importance, car elle n’a pas de leadership politique, pas d’identité politique forte. La FED reste très influente même si elle n’a plus aucun contrôle sur les déficits, la croissance, le dollar…

LORetLARGENT.info : En bourse, quels sont les secteurs qui marchent bien ?
Philippe Béchade – Pour placer son argent en bourse, on mise sur des multinationales, pas sur des pays ! Comme l’or qui est une matière qui est un outil de placement qui n’appartient à aucun pays.
Les thématiques du luxe (Richemont, PPR, Tiffany…) ont été surjouées depuis le début de la crise et le secteur tout entier se porte bien, même s’il est surgonflé et que les investisseurs spéculent à fond sur ces valeurs.
Le secteur du contrôle et de la certification, les services hôteliers et de la restauration font aussi partie des valeurs qui marchent bien. Apple aussi mais sur un produit (comme l’iPhone ou la tablette tactile). Tout ne va pas si mal que ça !

LORetLARGENT.info : A quoi peut-on s’attendre du côté de la zone euro ?
Philippe Béchade – La zone euro est tirée vers le bas par l’Espagne qui va décidément de plus en plus mal (avec un Espagnol sur 4 au chômage), l’Italie, la Grèce qui revient sur le tapis, et même la France, avec un taux de chômage en hausse pour le 14e mois consécutif (le plan social de PSA/Peugeot ne va rien arranger). La preuve, Moody’s a placé la note allemande sous surveillance négative (après avoir dégradé celle de 17 banques). Bref, dans la zone euro, si on continue de répondre à la demande en prêtant aux pays endettés, nous allons droit dans le mur.

LORetLARGENT.info : D’où vient le problème de l’Union européenne ?
Philippe Béchade – Les approches économiques sont radicalement différentes au nord et au sud de l’Europe. L’Allemagne vit encore dans la hantise de l’hyperflation des années 30. L’Angleterre considère encore comme valide le modèle ultralibéral des années Thatcher et Reagan, une catastrophe quand on voit ce que cela a donné au Chili et en Argentine.

Le problème de la zone euro est que l’on vit dans le dogme économique selon lequel la croissance est régie par une mécanique newtonienne de cause à effet. Or, l’économie n’est pas une science exacte, ce n’est même pas une science du tout. Le modèle de l’économie reflète plutôt le système du chaos. La mécanique quantique est la plus pertinente pour décrire et expliquer le comportement de l’économie au quotidien.

On ne peut pas obtenir le même résultat avec un même processus appliqué à l’Italie ou au Danemark… La politique économique de la zone euro demande la gestion de plusieurs cas particuliers. Soit on admet la diversité des pays et on est solidaire systématiquement, jusqu’à ce que les pays soient au même niveau, et cela prendra du temps, soit on va droit dans le mur.

Le problème remonte aux années 80, avec la politique monétaire allemande menée lors de la réunification de l’Allemagne de l’ouest et l’Allemagne de l’est. Cette politique monétaire intégralement tournée vers la maitrise de l’inflation n’était pas du tout adaptée aux autres pays, des taux exagérément élevés ont étouffé la croissance. Cette forme de solidarité nous a déjà coûté très cher.

L’euro fort a étouffé et continue d’étouffer l’Europe du sud. On ne peut pas tirer tous les pays vers le haut par un copier/coller du modèle allemand en créant par exemple en Espagne la même industrie qu’en Allemagne avec BMW.

Il y a encore quelques années, l’Espagne était encensée pour sa croissance, alors qu’elle était complètement artificielle et qu’elle reposait sur une bulle immobilière qui a aujourd’hui explosé. Pour autant il ne s’agit pas de la même bulle immobilière qu’aux Etats-Unis ou en Angleterre, la bulle espagnole est une bulle sans la malhonnête du système bancaire. Aujourd’hui, les taux sont devenus insupportables en Espagne (+7,5%).

LORetLARGENT.info : Existe-t-il un réel risque de bankrun cet été ?
Philippe Béchade – En Grèce c’est déjà le cas. En Espagne, on en est déjà à 300 milliards d’euros depuis le début de l’année. S’il y a un bankrun au sein de la zone euro, c’est l’effondrement généralisé du système économique mondial tout entier, toutes les banques vont au tapis, de la City à Wallstreet.

LORetLARGENT.info : Quel est selon-vous l’issue la plus favorable à la crise européenne ?
Philippe Béchade – Le meilleur scénario à mon avis est un scénario à la japonaise, avec de la création de monnaie de façon irréversible.
Se « désendetter à l’allemande » n’a aucun sens ; cette voie-là préfigure des émeutes dont la Grèce a déjà donné l’exemple. On court à la récession sans porte de sortie, les peuples dont certains subissent déjà plusieurs années de rigueur ne le supporteront pas.
Entre deux maux, l’austérité à l’allemande (il faut voir ce que ça a donné en Lettonie) avec aucune perspective de sortie de crise, et le Japon, avec des injections de liquidités « no limit », on va sans doute choisir le modèle du Japon, avec un QE permanent, il suffit juste que le verrou allemand saute. On pourra acheter moins de choses (sauf avec de l’or !), et il y aura une paupérisation importante des classes moyennes et surtout des plus défavorisées.

LORetLARGENT.info : Que peut-on conseiller aux épargnants ?
Philippe Béchade – De préserver de la valeur, avec des métaux précieux, de l’or, du platine, c’est pour cette raison que je reste très optimiste par rapport à l’or.
En tout cas, n’investissez ni dans des bunds, ni des titres américains qui contiennent beaucoup trop de risques non rémunérés. Il y a une gigantesque bulle sur les deux. Moi je suis « 100% liquide », si j’ai du cash, je ne vais pas subir de moins-values. Personnellement, j’évite de me positionner sur l’or tant que le dollar est ferme et qu’il n’y a pas de QE à l’horizon.
L’or souffre par remontée mécanique du dollar. Dès que les Etats-Unis vont se décider à ressortir la planche à billets, il faut revenir sur l’or et ne plus en bouger pendant 15 ou 20 ans.

LORetLARGENT.info : Pensez-vous qu’un retour de l’or dans le système monétaire soit envisageable ?
Philippe Béchade – Oui, mais pas sous la forme de l’étalon or tel qu’il a été appliqué en Angleterre lors de la 2e moitié du 19e siècle (le Royaume-Uni était obligé de gager une quantité d’or équivalente à la masse de monnaie créée).
Ce système relevait lui aussi de la mécanique newtonienne alors que l’étalon or tel qu’il était appliqué n’avait pas la même élasticité que la croissance.

 

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "