Christine Lagarde au FMI : un signe fort pour l’euro ?
Mercredi, juin 29th, 2011Elle tombe plutôt à point nommé cette candidature ! Pour la France, pour l’Elysée bien sûr… et pour l’euro ! A l’heure où dollar, yuan et monnaie unique jouent des coudes, que signifie la présidence d’une Française au FMI sur le plan monétaire ?
Des pays en voie de développement auraient voulu faire entendre leur voix en représentant la direction du FMI : Mexique, Inde, Turquie… Ils étaient nombreux à briguer le poste. Et pourtant, retour à la France. L’élection de Christine Lagarde au poste de directrice générale du FMI s’inscrit dans la continuité d’une Europe garante du « tirage de ficelles » monétaire international.
On se sert les coudes dans la dette !
Garante de l’unité dans la misère, la dette souveraine des états membres de la zone euro tisse les liens de la monnaie unique. Car qui dit dette dit solidarité, remboursement à taux élevés et donc création de richesse.
Une dette à l’échelle européenne et non pas nationale reste le seul moyen de lutter contre le « sudden stop » : l’arrêt net de financement externe des investisseurs qui redoutent le défaut de paiement. En plaçant ses économies dans des banques suisses, autrichiennes, allemandes… le pays endetté reste dans la zone euro. Et seuls les acteurs publics tels que la BCE, l’Union Européenne et le FMI peuvent permettre de contrer le risque de « grève de l’achat de dette publique » et éviter l’hémorragie.
C. Lagarde est une européenne qui sera là pour défendre la monnaie unique, indispensable ennemie du dollar et des autres monnaies fortes. Le déséquilibre permanent du marché monétaire savamment entretenu est une des conditions sine qua non du développement économique actuel.
Le dollar a besoin de l’euro
Les Etats-Unis jusque là grands décideurs de la politique monétaire internationale s’enfoncent dans l’argent-dette avec une politique inflationniste de rigueur. Avec le discrédit jeté sur le billet vert, la menace du yuan comme nouvelle monnaie internationale plane. Selon Dai Xiaoglong le yuan pourra s’établir comme monnaie internationale d’ici 15 à 20 ans ; c’est-à-dire qu’il sera convertible pour les comptes en capitaux et ne sera plus dépendant de la devise verte, comme c’est le cas actuellement. Possédant près d’un tiers des réserves mondiales des devises, on comprend que l’économie – florissante – chinoise, ne cherche pas à s’encombrer du boulet dollar, en pleine dévaluation.
La Chine a faim et se sert déjà de sa monnaie pour des échanges commerciaux avec les pays voisins. La continuité de la direction du Fonds Monétaire International par l’Europe va simplement permettre le maintien de l’actuelle politique de création de richesse par les monnaies fortes sur l’endettement permanent. Cynique, vous avez dit cynique ?
Le système monétaire mondial paie actuellement ses dérives, à force de s’être extrait de la réalité. Une monnaie forte n’est ni américaine, chinoise ou européenne, elle doit tout simplement reposer en partie sur des valeurs réelles comme les matières premières, et des réserves d’or, évidemment !





