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Elle tombe plutôt à point nommé cette candidature ! Pour la France, pour l’Elysée bien sûr… et pour l’euro ! A l’heure où dollar, yuan et monnaie unique jouent des coudes, que signifie la présidence d’une Française au FMI sur le plan monétaire ?

Des pays en voie de développement auraient voulu faire entendre leur voix en représentant la direction du FMI : Mexique, Inde, Turquie… Ils étaient nombreux à briguer le poste. Et pourtant, retour à la France. L’élection de Christine Lagarde au poste de directrice générale du FMI s’inscrit dans la continuité d’une Europe garante du « tirage de ficelles » monétaire international.

On se sert les coudes dans la dette !
Garante de l’unité dans la misère, la dette souveraine des états membres de la zone euro tisse les liens de la monnaie unique. Car qui dit dette dit solidarité, remboursement à taux élevés et donc création de richesse.

Une dette à l’échelle européenne et non pas nationale reste le seul moyen de lutter contre le « sudden stop » : l’arrêt net de financement externe des investisseurs qui redoutent le défaut de paiement. En plaçant ses économies dans des banques suisses, autrichiennes, allemandes… le pays endetté reste dans la zone euro. Et seuls les acteurs publics tels que la BCE, l’Union Européenne et le FMI peuvent permettre de contrer le risque de « grève de l’achat de dette publique » et éviter l’hémorragie.

C. Lagarde est une européenne qui sera là pour défendre la monnaie unique, indispensable ennemie du dollar et des autres monnaies fortes. Le déséquilibre permanent du marché monétaire savamment entretenu est une des conditions sine qua non du développement économique actuel.

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Le dollar a besoin de l’euro
Les Etats-Unis jusque là grands décideurs de la politique monétaire internationale s’enfoncent dans l’argent-dette avec une politique inflationniste de rigueur. Avec le discrédit jeté sur le billet vert, la menace du yuan comme nouvelle monnaie internationale plane. Selon Dai Xiaoglong le yuan pourra s’établir comme monnaie internationale d’ici 15 à 20 ans ; c’est-à-dire qu’il sera convertible pour les comptes en capitaux et ne sera plus dépendant de la devise verte, comme c’est le cas actuellement. Possédant près d’un tiers des réserves mondiales des devises, on comprend que l’économie – florissante – chinoise, ne cherche pas à s’encombrer du boulet dollar, en pleine dévaluation.

La Chine a faim et se sert déjà de sa monnaie pour des échanges commerciaux avec les pays voisins. La continuité de la direction du Fonds Monétaire International par l’Europe va simplement permettre le maintien de l’actuelle politique de création de richesse par les monnaies fortes sur l’endettement permanent. Cynique, vous avez dit cynique ?

Le système monétaire mondial paie actuellement ses dérives, à force de s’être extrait de la réalité. Une monnaie forte n’est ni américaine, chinoise ou européenne, elle doit tout simplement reposer en partie sur des valeurs réelles comme les matières premières, et des réserves d’or, évidemment !

3 Commentaires

  1. Bonjour Raphaëlle, merci pour vos retours !
    Nous ne sommes pas aussi optimiste que Dai Xiaoglong sur l’avenir du yuan ! Un dossier sur la future monnaie de change mondiale est à venir, à suivre donc… 😉

  2. Le us$,ça ne vaut même pas la peine en parler car les EUA sont en train de frapper la tête contre un mur de béton. Ce n’était pas Churchil qui disait que les américains épuisent tous les erreus avant de trouver la solution? Ils n’ont pas encore fait le plein d’erreurs mais, cette fois-ci ils ne trouveront pas la solution.
    Quant à l’euro, est-ce une surprise lorsque cette UE n’a pas des dirigeants compétents et que tout est fait de manière improvisée?
    Les politiciens, après C.De Gaulle, n’ont jamais eu l’élémentaire capacité de comprendre qu’un édifice ne peut pas commencer par l’improvisation et encore moins par le toit.Voilà pourquoi l’édifice est devenu presque un château de cartes.

  3. Bonjour,

    J’ai découvert votre blog il y a quelques semaines et je le trouve très documenté sur les pièces d’or.
    S’il apparaît évident, à vous lire, que vous prônez le retour aux bons vieux accords de Bretton Woods, et qu’on peut certes être en partie d’accord avec vous, je trouve beaucoup plus discutable votre avis sur la monnaie chinoise et l’avenir que vous lui prédisez. En effet, son cours est parfaitement tronqué par les autorités chinoises, qui le maintiennent volontairement très bas pour rendre leurs exportations (encore plus !) compétitives.

    Que penser, sur le plan mondial, d’une monnaie autant influencée par un gouvernement pour le moins..rigide ? Difficile d’imaginer, à mon avis, qu’elle devienne une monnaie d’échanges dans le monde entier…

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