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the mother of all recessions
la mère de toutes les récessions

Bye Bye, Roaring Twenties!


Chronique de crise : épisode #2

Chers lecteurs du blog L’Or et l’Argent,

En période de crise, les évènements se déroulent décidemment à une vitesse impressionnante. On a beau être prévenu, le grand retour en force du réel a toujours quelque chose de saisissant.

Je vous guide dans les méandres de cette nouvelle journée complètement dingue sur les marchés.

Simple récession, ou (Grande) Dépression ?

En début d’année, on nous parlait d’une économie américaine imperméable à toute récession (« recession proof ») et de nouvelles années 20 rugissantes (« roaring twenties »). Comme nous l’avons vu hier, les autorités publiques ont enfin fait une croix sur la croissance, et elles se mettent à évoquer le terme de récession. Mais ça, c’était hier.

Aujourd’hui, on commence à parler d’une crise économique d’une toute autre envergure sur le plan de l’activité économique. Je vous laisse prendre la mesure de l’ampleur du désastre qui nous attend.

« La Deutsche Bank attend la mère de toutes les récessions : “Les baisses trimestrielles de la croissance du PIB que nous prévoyons dépassent largement tout ce qui a été enregistré depuis au moins la Seconde Guerre mondiale.” »

Certains vont même jusqu’à parler de « dépression », un terme qui désigne une crise économique grave avec une diminution importante et durable de la production. Notez que ce ne sont pas des permabears qui évoquent un tel scénario, mais l’agence de presse Reuters. Les choses pourraient donc rapidement devenir très sérieuses. Cette fois, on a quitté La La Land pour de bon.

« Vous savez que c’est grave lorsque les médias grand public (pas des sites comme Zero Hedge) parlent de dépression. Et dire que les marchés étaient à leur plus haut niveau il y a quelques semaines seulement ! Maintenant, on parle d’une dépression ! »

Et pour cause, les conséquences du coronavirus sont bien plus nombreuses et sévères que certains ne l’imaginaient il y a quelques jours encore.  

« Dave Rosenberg vient de souligner un excellent point : L’économie fait face à 5 chocs, et non à a seul : -Un choc de demande mondiale -Un choc d’approvisionnement mondial -Un choc de richesse négatif -Un choc pétrolier -Un choc de crédit »

Or cette fois-ci, les prédécesseurs de Jerome Powell ont perdu leur optimisme.

« Janet Yellen et Ben Bernanke appellent la Fed à éviter les dommages économiques à long terme de la pandémie de coronavirus. “L’économie pourrait prendre beaucoup de temps à s’en remettre.” »

Le pétrole, et plus généralement les matières premières, n’augurent pas d’une activité économique folichonne.

« Le WTI tombe en-dessous des 25 $ le baril pour la 1ère fois depuis 2002, alors que la déroute se poursuit avec les craintes relatives au coronavirus et la guerre des prix. »

« L’indice CRB des matières premières a clôturé à son plus bas niveau depuis décembre 1972, en baisse de 72% par rapport à son plus haut de 2008. »

Attention cependant à ne pas mettre l’or dans le même panier, comme le rappelle Ronald Stoeferle.

« Il semble évident que nous entrerons bientôt dans une récession mondiale. Par conséquent, nous avons mis à jour notre analyse de l’année dernière sur la performance de l’or à différentes étapes des récessions. Pour résumer : l’or est l’une des meilleures couvertures disponibles en cas de récession. »

Face à la débâclé économique à l’horizon, les économies s’étatisent au galop !

Ce matin, Gérald Darmanin a définitivement confirmé les propos d’Emmanuel Macron au sujet de la règle des 3% de déficit. Pour rappel, au mois de novembre, le président déclarait que ce sujet e st « un débat d’un autre siècle » – quel visionnaire !

Un peu plus tard dans la journée, on apprenait par la vigie qu’est censée être le HCFP que les estimations de Gérald Darmanin doivent être prises avec des pincettes.

Ces évolutions en matière de politiques budgétaires ne sont pas sans conséquence sur le marché des dettes publiques, et pourraient bien être le préalable à un nouveau pas en avant vers la fédéralisation de la zone euro.

Zone euro : la fédéralisation en marche ?

L’Italie profite en effet de la dégradation de la situation pour remettre sur la table la question de la garantie de sa dette publique par ses voisins, en lançant un ballon d’essai au sujet d’eurobonds certifiés coronavirus.

« La porte de l’Europe qui donne vers une dette commune s’entrouvre alors que l’Allemagne s’adoucit »

Le coronavirus réussira-t-il là où a échoué la crise de l’euro ?

« Des eurobonds par la porte de derrière ? L’Italie appelle à la création d’eurobonds pour financer la réponse de l’Union européenne face à l’épidémie de coronavirus. Merkel déclare que l’Allemagne envisagera d’émettre des eurobonds pour lutter contre le virus. Pendant la crise de l’euro, Merkel n’avait jamais approuvé l’émission d’obligations communes. »

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais sachez que Ronald Stoeferle prend les paris.

« Les eurobonds seront bientôt introduits »

Lorsqu’on voit comment évoluent les obligations souveraines, il faut bien reconnaître qu’un tel scénario redevient possible…

Dettes publiques : ça y est, les taux remontent !

L’Allemagne emprunte toujours à des taux ridiculement faibles mais, par les temps qui courent, la demande pour le Bund se fait plus rare.

« La liquidation du Bund se poursuit avec l’augmentation des risques budgétaires. Les taux des obligations du gouvernement allemand à 10 ans ont encore bondi de 19 points de base à -0,245%, au plus haut niveau depuis janvier. »

La mère de toutes les bulle n’a pas encore subi d’attaque en règle, mais la situation commence à sérieusement se tendre sur le marché des dettes publiques. Il s’agit d’une tendance généralisée, et ce n’est pas bon signe.

« Il s’agit du plus grand événement risk-off de l’histoire, mais les instruments les plus sûrs, les instruments sans risque, les obligations souveraines, y compris les bons du Trésor américain, sont également touchés. Tout est dysfonctionnel, même “les trucs sûrs” sont touchés. »

QE pour tous : l’hélicoptère se rapproche !

Hier, j’évoquais un ancien membre du FOMC qui faisait de l’appel du pied au sujet de l’ « helicopter money », cet argent en provenance de l’Etat qui tombe directement dans la poche du consommateur. Depuis, Steven Mnuchin, le secrétaire du Trésor américain, a annoncé que l’administration Trump réfléchit à envoyer des chèques de 1000 $ aux Américains !

« L’helicopter money à nos portes ? Mnuchin déclare que l’administration Trump cherche à distribuer de l’argent aux Américains «immédiatement» »

« “Nous avons mis sur la table une proposition qui consisterait à injecter 1 000 Mds$s dans l’économie”, confirme le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin aux journalistes. »

Comme à chaque fois qu’il s’agit de distribuer de l’argent, d’autres « responsables » politiques voient la vie en beaucoup plus grand.

« L’ancien président de la Fed du Minnesota, M. Kocherlakota, demande au gouvernement de verser 10 000 $ à chaque adulte et enfant de moins de 40 ans, et d’en faire un plan de relance de 2500 Mds$. »

Autant dire que l’application des préceptes de la Modern Monetary Theory se rapproche à grands pas ! Et qui dit MMT dit certainement envolée du métal jaune…

« Mes calculs de coin de table indiquent que Mnuchin devra augmenter l’offre à au moins 3000 Mds$ pour mettre un plancher sous la récession qui est en cours. La MMT est pour bientôt ; et l’or bondira certainement en conséquence. »

Hier, la fenêtre d’Overton était ouverte. Aujourd’hui, le débat est lancé !

Vers le grand retour du chômage ?

Il faut dire que si les Etats-Unis finissent par se retrouver avec 20% de chômage, l’Administration Trump n’a pas fini de faire des chèques au consommateur américain.

« SCOOP : Mnuchin a averti que les États-Unis pourraient connaître un taux de chômage de 20%, lors d’une réunion avec des sénateurs Républicains ce mardi, selon des sources telles que @josh_wingrove, moi-même et @JenniferJJacobs »

En première ligne, on trouve le secteur du voyage/tourisme.

« L’économie américaine devrait perdre 4,6 millions d’emplois liés aux voyages cette année, à cause des retombées du coronavirus »

Pour ceux qui l’auraient oublié, il y a seulement 1 mois (le 19 février), les indices actions atteignaient leur plus haut historique, et la Fed nous racontait que l’économie américaine était en bonne santé, qu’aucune baisse de taux n’était nécessaire et que les interventions sur les repos allaient bientôt diminuer…

Or, aujourd’hui, tout est parti pour qu’on fasse encore plus de tout ce qui n’a pas marché.

« Helicopter money. Programme de rachat de dette corporate. Swaps en dollars US. Est-ce que je viens de me réveiller en 2008 ? Les gens oublient que Bush aussi a fait “l’hélicoptère”. Et si personne ne s’en souvient, c’est qu’il y a une raison. Ils rejouent les politiques de 2008 parce que 2008 a si bien marché, c’est ça ? »

Encore du rouge qui tache sur les marchés

A 20 heures, les futures sur l’or sont en baisse d’environ 1%, à 1376 € l’once. Le métal jaune résiste bien, au regard de la nouvelle débandade sur les marchés actions. Voyez donc.

Le CAC40 a clôturé la journée à 3754 points, en baisse de presque 6%.

L’ouverture des marchés américains s’est faite sur le même ton.

« Les actions chutent brutalement de plus de 5% à l’ouverture »

Vers 18h, le S&P500 avait grillé un nouveau fusible.

« Le S&P500 chute de 7%, ce qui déclenche un arrêt des échanges de 15 minutes. Un violent retournement des taux sur les bons du Trésor en réponse à un éventuel plan de relance de 1000 Mds$ a contribué à déstabiliser les investisseurs. »

On avait déjà évoqué le chiffre, mais cette fois on a le graphique pour l’illustrer : la déflagration des marchés actions que nous vivons actuellement s’est produite plus vite qu’en octobre 1929.

« Pour mettre les choses en perspective : le crash du coronavirus est la correction provoquant un marché baissier la plus rapide jamais enregistrée dans le S&P500. Il n’a fallu que 15 jours pour que l’indice de référence américain chute de 20% par rapport à son plus haut historique, a calculé Deutsche Bank. »

Une nouvelle fois, les intervenants apprennent la leçon à la dure.

« La leçon : nous n’avons rien appris. Après des années de cupidité, d’avidité et d’argent moins cher, nous nous retrouvons là où nous avons commencé. Quatre semaines à peine après ses records, l’Amérique est à nouveau une nation à renflouer. »

Une semaine, c’est aussi le temps qu’il aura fallu à Donald Trump pour passer d’une situation où il signait des autographes sur le graphique du plus gros rebond sur « son » marché actions, à une situation où il envisage de restreindre les libertés sur ces mêmes marchés.

« La Maison Blanche a demandé de freiner les vendeurs à découvert – New York Post »

En Angleterre, la banque centrale a annoncé des quantités de monnaie « illimitées » – rien que ça…

« La Banque d’Angleterre dit qu’elle est prête à injecter des fonds illimités dans le système financier. »

 « La Banque d’Angleterre continue d’ouvrir la voie pour les banques centrales, tant au niveau de la réflexion que dans les actions politiques …. et elle le fait dans le contexte d’un environnement national qui intègre également une forte dépréciation de la monnaie à des niveaux pires qu’après le référendum sur le Brexit. »

Bref, les Shadoks continuent de pomper. Le problème, c’est qu’avec tous les agents économiques qu’il va falloir renflouer, ils ne sont pas près de s’arrêter.

« Ils vont essayer, mais l’Everything Bubble est tout simplement trop grande à ce stade, et ils finiront par détruire complètement les monnaies papier en essayant de la soutenir. »

Tout cela a d’ailleurs l’air de très bien fonctionner.

Les futures sur les marchés actions à 20h

Mais ne soyons pas pessimistes et terminons avec une… bonne nouvelle.

« Mon ami Russell Napier a assez bien résumé la situation actuelle : “La bonne nouvelle est que nous savons ce qui va suivre. La mauvaise nouvelle est que nous savons ce qui va suivre.” »

A très bientôt pour le troisième épisode de cette chronique !

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A propos de Nicolas Perrin

Nicolas Perrin
Diplômé de l’IEP de Strasbourg, du Collège d’Europe et titulaire d’un Master 2 en Gestion de Patrimoine, Nicolas Perrin a débuté sa carrière en tant que conseiller en gestion de patrimoine. Auteur de l’ouvrage de référence "Investir sur le Marché de l’Or : Comprendre pour Agir", il est désormais rédacteur indépendant. Il s’intéresse au libéralisme, à l’économie et aux marchés financiers, en particulier aux métaux précieux et aux crypto-actifs, sans oublier la gestion de patrimoine.

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