Zone euro : la grosse entreprise connaĂźt la crise !

par | 16 Nov 2010 | Crise, Economie, Europe, Réflexions | 0 commentaires

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GrĂšce, Irlande et Portugal : ces trois pays ont connu derniĂšrement de fortes houles. En juin dernier, un fond de soutien d’urgence a Ă©tĂ© mis en place, pour redorer le blason du vieux continent mais aussi et surtout pour rassurer les investisseurs et les marchĂ©s. Il semble cependant que ces actions soient synonymes de coups d’épĂ©e dans l’eau, car la zone euro doit Ă  nouveau faire face Ă  une tempĂȘte de grande envergure
 On vous explique tout sur LORetLARGENT.info sur cette « Euro yoyo ».

Elle ne manque pas d’Eire !

La Commission europĂ©enne est inquiĂšte quant aux instabilitĂ©s financiĂšres de la zone euro, inquiĂ©tude qui grandit avec la situation en Irlande qui suscite des tensions. Amadeu Altafaj, porte-parole de l’exĂ©cutif europĂ©en pour les dossiers Ă©conomiques, se prĂ©occupe de la « situation sĂ©rieuse en ce qui concerne les comptes publics irlandais ». Les taux d’intĂ©rĂȘt pour emprunts obligataires ont en effet beaucoup augmentĂ© (tout comme en GrĂšce et au Portugal). AjoutĂ©es Ă  cela une crise bancaire et l’explosion de la bulle immobiliĂšre, nos voisins irlandais sont plutĂŽt dans de sales draps. Et pour couronner le tout, le dĂ©ficit irlandais a atteint cette annĂ©e 32 % du PIB national, causĂ© majoritairement par le renflouage des banques.

Cette situation irlandaise inquiĂšte. Les autres pays du vieux continent ont peur qu’elle se propage et que la contamination touche l’ensemble des Ă©tats europĂ©ens. Au Portugal par exemple, les spĂ©cialistes estiment que le gouvernement actuellement en place ne tiendra pas forcĂ©ment jusqu’en 2013 : c’est ce mĂȘme gouvernement qui a dĂ©cidĂ© d’un plan d’austĂ©ritĂ© sans prĂ©cĂ©dent, espĂ©rant ramener le dĂ©ficit Ă  4,6 % du PIB en 2011
 En GrĂšce, la situation n’est guĂšre mieux, le pays peine Ă  rembourser sa dette colossale : le Premier ministre grec a mĂȘme soulevĂ© la question d’un Ă©ventuel prolongement de la durĂ©e du remboursement du prĂȘt qui lui a Ă©tĂ© accordĂ© par le FMI en mai dernier.

Par orgueil, l’Irlande rechigne Ă  demander le Fonds de stabilitĂ©. Tout comme la GrĂšce il y a quelques mois qui, finalement, a succombĂ© Ă  l’aide du FMI. Mais ses arguments tiennent la route : le ministre des entreprises irlandais Batt O’Keeffe a dĂ©clarĂ© que « la souverainetĂ© de ce pays a Ă©tĂ© gagnĂ©e de haute lutte et le gouvernement n’a pas l’intention de l’abandonner Ă  qui que ce soit ». Une dĂ©claration qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’aide accordĂ©e Ă  la GrĂšce qui s’est finalement soldĂ©e par un programme d’austĂ©ritĂ© sĂ©vĂšre et une mise sous tutelle budgĂ©taire.

Des investisseurs frileux

La crĂ©ation en juin dernier d’un Fonds de stabilitĂ© rassurait les marchĂ©s : dans le cas d’une crise financiĂšre grave d’un Ă©tat europĂ©en, ses partenaires voleraient Ă  sa rescousse. Mais fin octobre, la France et l’Allemagne ont lancĂ© un pavĂ© dans la mare en soutenant l’idĂ©e d’accepter la restructuration de la dette d’un pays en difficultĂ©. Ce mĂ©canisme ne saurait ĂȘtre applicable que dans deux ans, lorsque ce Fonds de stabilitĂ© sera Ă©puisĂ©. Mais les marchĂ©s se sont plutĂŽt montrĂ©s rĂ©ticents. La raison ? Un tel mĂ©canisme inclut que les marchĂ©s risquent des pertes sur leurs obligations souveraines en cas de dĂ©faut d’un pays. Et c’est face Ă  ce futur Ă©ventuel que les marchĂ©s ont rĂ©introduit des primes de risque dans le prix des obligations souveraines europĂ©ennes : en d’autres termes, ils ont sanctionnĂ© les pays les plus atteints de la zone euro par une hausse des taux obligataires, Irlande et Portugal principalement.

En gros, les investisseurs ne sont pas convaincus par les restrictions budgĂ©taires apportĂ©es dans certains pays d’Europe : trop rigoureuses, trop laxistes, elles ne convainquent pas. Les marchĂ©s ne se satisfont d’aucune mesure des gouvernements. En mĂȘme temps, obliger les investisseurs privĂ©s Ă  porter sur leurs Ă©paules tout le poids des risques liĂ©s Ă  la dette, ça coince !

En période de crise, on se réfugie vers des valeurs sûres

Chaque jour, il semble que la dette europĂ©enne ne cesse de prendre de l’ampleur : quand ce n’est pas la GrĂšce qui croule sous son poids, c’est l’Irlande qui tire la sonnette d’alarme. Les investisseurs ne savent plus Ă  quel saint se vouer. Enfin, presque
 puisque le cours de l’or, en hausse constante depuis maintenant une dĂ©cennie, tutoie les cieux et passe haut la main la barre des 1300 $ l’once. Si en mai dernier, Ă  l’annonce de la crise grecque, les investisseurs se sont jetĂ©s sur le mĂ©tal jaune, ce n’est sĂ»rement pas un hasard. Et puisque la situation ne semble guĂšre s’arranger sur le vieux continent, il se peut que ces inquiĂ©tudes concernant les dettes publiques encouragent cette ruĂ©e vers l’or.

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Faure, Jean-François
Jean-François Faure. PrĂ©sident d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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