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La dette n’est pas de même nature en Espagne où elle concerne exclusivement des organismes privés, l’Italie où elle est 100% publique et la France où elle est à la fois publique et privée. L’impact de nature même de ces dettes diffère d’un pays à l’autre mais au final, c’est toujours la population qui trinque !

Nationalisation de la dette en Espagne


La dette n’est pas de même nature en Espagne où elle concerne exclusivement des organismes privés, l’Italie où elle est 100% publique et la France où elle est à la fois publique et privée. L’impact de nature même de ces dettes diffère d’un pays à l’autre mais au final, c’est toujours la population qui trinque !

On parle très souvent de la dette publique qui ruine les pays et qui est contractée par l’Etat : administrations, collectivités territoriales et organismes publics (entreprises publiques, certains organismes de sécurité sociale…).

On parle moins de la dette privée qui concerne les ménages et les entreprises comme c’est le cas en Espagne. Or le pourcentage de dette privée au sein de la zone euro est bien plus important que celui de la dette publique. Il augmente avec une régularité et une vitesse effrayante par rapport à l’endettement public.

Subprimes à l’espagnole
L’endettement privé a littéralement explosé en 10 ans en Espagne, passant de 90% à 200% du PIB de 1999 à 2009. L’endettement du secteur privé alourdi par une exportation insuffisante et un manque de flexibilité du marché du travail noircit l’avenir économique du pays. Pourtant, compte tenu de sa gestion des dépenses publiques (la santé ne coûte pas cher à l’Espagne !), le pays passait pour « vertueux », ce qui ne l’a pas empêché de subir de plein fouet un des plus hauts taux de chômage de la zone euro, et des dégradations de notes en cascade par les agences de notation.

A l’origine de la crise que traverse l’Espagne : l’envolée des prix de l’immobilier qui ont contribué au fort endettement des ménages. Cette envolée des prix a elle-même été alimentée par l’endettement des ménages qui achetaient à crédit : c’est le serpent qui se mord la queue ! Avec 60% de « créances douteuses » (pour reprendre un article de Pascal De Lima sur Atlantico) on peut parler d’une crise des subprimes à l’espagnole. A-t-on trop prêté ? Toujours est-il qu’elle est finie, la croissance à crédit pour l’Espagne.

L’Espagne sort la planche à billet !
Pour sauver des banques au bord de la faillite comme Bankia, très exposées aux emprunts toxiques immobiliers, le gouvernement espagnol « nationalise » la dette en prenant en charge une partie de cette dette.
En décidant d’émettre de la dette publique, le gouvernement de Rajoy fait la nique aux liquidités de la BCE (qui ne servent qu’à renflouer les banques et ne sont pas redistribuées dans l’économie réelle). Mais aucun pays de la zone euro n’a le droit de battre lui-même de la monnaie !
Comme l’explique Pascal De Lima, il s’agit de « monétisation à des fins de sauvetage du secteur bancaire ». Comment ? En plaçant de la dette publique sur les marchés afin de récupérer de l’argent qui servira à recapitaliser le secteur bancaire espagnol.

Cette habile manœuvre financière prouve deux choses :
– que l’Espagne cherche à dissimuler sa dette privée comme une maladie honteuse
– qu’il y a une rigidité dans le fonctionnement de la zone euro que de plus en plus de pays membres cherchent à contourner.

Alors ne focalisons pas sur les presque 1700 milliards d’euros de dette publique française car l’endettement privé au niveau européen est bien pire et les vains efforts des pays pour les masquer ne vont pas tenir bien longtemps.

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A propos de Jean-François Faure

Jean-François Faure
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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