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La semaine dernière, L’Insee publiait une étude sur le revenu disponible brut des ménages par région. Et, loin de l’image d’universalité ou d’égalité qu’on serait en droit d’attendre en matière de salaires, d’impôts ou encore de prestations sociales, force est de constater que la situation est très différente suivant qu’on habite en Franche-Comté, en Corse ou en région parisienne.

On s’en doutait un peu, certaines régions de France sont plus riches que d’autres. mais ce qui est plus surprenant, c’est que les habitants de ces régions eux-mêmes connaissent des situations différentes, au point qu’à salaire égal, certains bénéficient d’un revenu disponible bien plus élevé que leurs voisins. Décryptage.

Une différence de revenus importante d’une région à l’autre

Laissons de côté la région Ile-de-France qui est hors compétitions dès qu’il s’agit de parler de salaires. En effet, alors que la moyenne des Salaires et traitements bruts s’établit à 11322 € par et par habitant en province, elle est de 17 979 € en Ile-de-France. Certains doivent déjà s’étonner du niveau particulièrement faible de ces revenus, mais rappelons qu’il s’agit d’une moyenne qui intègre à la fois les salaires à temps plein, ceux à temps partiel, les rémunérations de stages, etc., le tout ramené par habitant (enfants compris).

Bref, lorsqu’on détaille un peu les chiffres, on se rend compte que le salaire annuel par habitant varie de 10 290 € pour la Corse à 12 409 € pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mais ce qui intéresse plus particulièrement l’Insee c’est le revenu disponible brut, seule valeur ayant du sens sur le plan macro-économique puisqu’il s’agit du « revenu à la disposition des ménages pour consommer et épargner« . À ne pas confondre d’ailleurs avec le pouvoir d’achat qui « désigne ce que l’on peut consommer ou épargner avec son revenu, compte-tenu du prix des biens et des services« . Cependant, au final, on parle plus ou moins de la même chose, à savoir : ce qui reste dans la poche des individus. Et là, au risque d’en surprendre plus d’un, le revenu disponible brut oscille entre 17 617 € par an pour un habitant de Nord-Pas-de-Calais-Picardie et 20 535 € pour une personne vivant en Auvergne-Rhône-Alpes. Hormis la différence de valeur, là encore assez importante, comment le revenu disponible brut peut-il être supérieur au salaire ? Tout simplement parce que ce revenu disponible comprend l’ensemble des revenus d’activité, des revenus du patrimoine et les prestations sociales, auxquels sont soustraits les impôts directs et les cotisations sociales.

Une pression fiscale et sociale également variable

Ainsi, indépendamment des variations de salaires entre les régions, la différence va également se faire sur le niveau d’imposition et la redistribution des prestations sociales. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les résultats ne sont pas évidents. On l’a vu plus haut, la Corse semble la région la plus « pauvre » avec un salaire annuel moyen par habitant de 10 900 €. Or, une fois déduits impôts et cotisations obligatoires et après avoir ajoutés les revenus indirects et les prestations sociales, le revenu disponible moyen grimpe à 19 232 €, alors que dans le Nord, malgré un salaire moyen supérieur de 750 € environ, le revenu disponible se hisse péniblement jusqu’à 17 617 € par an. Ici, impôts, cotisations et prestations sociales sont à des niveaux similaires, mais la différence se situe dans la valeur des revenus du patrimoine ainsi que les bénéfices réalisés par les entrepreneurs individuels, des sommes presque deux fois plus élevées en Corse que dans le Nord ou la Picardie. Cela veut-il que les entrepreneurs et les rentiers préfèrent vivre dans le Sud ?

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De la même façon, le salaire moyen en Bourgogne tourne aux alentours de 10 892 € par an, tandis qu’il est de presque 12 410 € en Auvergne, ce qui pourrait laisser penser que les salariés de cette dernière région sont avantagés. Et, en étudiant le revenu disponible brut, on constate que les Bourguignons perçoivent finalement 19 940 € par an et par habitant contre 20 535 pour les Auvergnats. L’affaire semble entendue. Pourtant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que pour arriver à ces montants, l’habitant de Bourgogne-Franche-Comté a été ponctionné de 22.9% d’impôts et contributions obligatoires, alors que celui qui vit en Auvergne-Rhône-Alpes a subi une pression fiscale et sociale supérieure à 25% ! De la même façon, les prestations sociales ont été distribuées plus généreusement en Bourgogne (38,6% du revenu disponible brut) qu’en Auvergne (34,3% seulement). Finalement, la Bourgogne-Franche-Comté apparaît beaucoup plus séduisante.

Et pour ceux qui penseraient que prélèvements et prestations sont forcément moins avantageux en Auvergne du fait d’un salaire moyen plus élevé, l’Insee indique également un taux de 25% d’impôts et charges sociales pour le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, alors que le salaire annuel moyen n’est que de 11 044 €. Quant aux prestation sociales, elles se situent pour cette dernière région juste en-dessous de la moyenne nationale avec 36,7%.

Rendons-nous à l’évidence, à salaire égal, il y a de vraies inégalités de revenus entre les différentes régions françaises, preuve que les différentes politiques de redistribution et d’équilibre des ressources ne fonctionnent pas vraiment…

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