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Avec un gros regain d’intérêt pour l’or depuis la crise de 2008, la Monnaie de Paris ne cesse d’émettre des pièces en métaux précieux. Ce qui est tout à fait légitime dans la mesure où c’est son métier ! Des euros en or ou en argent avec des valeurs faciales alléchantes et des pièces thématiques (régions, auteurs, BD…) à tirage limité. Si ces pièces représentent un intérêt pour le collectionneur, elles ont moins de valeur ajoutée en termes d’épargne et d’investissement. L’exemple avec la pièce de 200 € émise à 50 000 exemplaires en 2011, issue d’une longue série de pièces de « collection ».

Une pièce résolument moderne

La pièce en or de 200 euros a été conçue avec un design très innovant par Joaquin Jimenez, créateur pour différentes monnaies dont celle de Paris.
Sur l’avers sont inscrits les noms des 27 des régions françaises de manière hélicoïdale : 22 départements français et les 5 DOM/TOM, qui s’enroulent autour de la carte de la France autour de laquelle sont inscrites les initiales RF.
Sur le revers figure la valeur faciale de la pièce : EURO200, ceinte d’une branche de laurier en haut et de chêne en bas (rappelant ainsi de sigle €).
Un ensemble graphique représentant l’hexagone entoure la traditionnelle inscription « Liberté Egalité Fraternité » sur le pourtour de la pièce, créant ainsi une rupture entre présent et passé, un pont entre tradition et modernité.
Ses caractéristiques sont alléchantes : pour un poids de 4 grammes, la pièce est pure à 999°/oo (soit 999 grammes d’or pour 1 kilo) et mesure 21 mm de diamètre.

Une valeur faciale bien en-dessous de la valeur spot…

Si l’on fait rapidement le calcul avec le cours actuel, la pièce était vendue quasiment le double de sa valeur spot : le message est donc tronqué à la base puisque la pièce est vendue à une valeur faciale plus importante que son poids en or. Elle est vendue avec moins d’or qu’elle est censée en contenir. Vendue avec une prime de départ importante, on retrouve vite ce genre de pièce en vente sur ebay quelques semaines après leur commercialisation. Elle est encore plus chère, les vendeurs faisant jouer le jeu de l’offre et de la demande.

Il sera donc impossible de revendre sa pièce et de récupérer la prime de base ; en achat d’investissement, l’acheteur est donc lésé. «Cette pièce représente un investissement sans risque, puisqu’elle vaudra toujours au minimum sa valeur faciale», explique-t-on à la Monnaie de Paris. C’est faux puisque sa valeur spot est en deçà de sa valeur faciale.

C’est dans les vieux écus…

En outre, si cette pièce rencontre un tel succès, que vaut-t-elle dans le temps ? Un Napoléon 20 Francs est une pièce de semi collection chargée d’histoire avec un intérêt numismatique et de placement évident. En revanche, toutes ces nouvelles pièces qui font la richesse de Monnaie de Paris se démodent vite.

Pour reprendre l’exemple de notre bon vieux Napoléon en or, qui est toujours indémodable et très demandé, la prime sur ce type de pièce est tout à fait justifiée et rarement exorbitante. C’est en outre une pièce très difficile à copier donc rare et facile à certifier.

Avec un risque de copie accru du fait de sa tranche lisse, la pièce de 200 euros en or risque d’inonder le marché parmi d’autres pièces « inédites ». Et si l’euro venait à disparaître, achèterait-on des euros en or ? Pas plus que les Francs suscitent l’intérêt des investisseurs actuellement.

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Donc non, contrairement à ce qu’avance le Directeur de la Monnaie de Paris, la nouvelle pièce de 200 euros 2011 n’est pas un bon placement. C’est, au mieux, une médaille pour collectionneurs !

A lire également : le dossier sur les différences entre les pièces d’investissement et les pièces de collection.

8 Commentaires

  1. Pour les pièces de bourse, en parlant certificats, je parlais du système de cotation qualité de la pièce.

  2. Bonjour, j’ai revendu la très grande majorité de mes pièces or et surtout argent de la Monnaie de Paris en deux années, conservant les plus jolies qui sont aussi les plus rentables, car la collection de ce type de monnaie à valeur légale n’en finit pas. Ce qui devait finir en 2011 se prolonge démesurément, sans doute pour payer les coûteux travaux d’aménagement. On ne les critiquera pas sur le procédé, mais sur l’offre pléthorique et, bien évidemment sur la quantité d’or diminuant de leurs pièces au fur et à mesure des années, de même que pour celles en argent: les petits modules ont baissé à 500/°° puis… 333/°°°! Nous sommes loin des premières pièces à valeur faciale de la Semeuse, époque 2008/2010 (sauf pour la 100€ argent, belle mais dont le poids argent mis en œuvre était clairement insuffisant)!
    Les pièces ne constituent pas un piège au sens où elles ont valeur légale. Si one les ramène à la BDF ou à sa banque, on se moque du spot: on ne revend pas au prix de l’or mais à la VALEUR FACIALE (au minimum, si on les échange en banque, car en collection, on peut faire une petite plus value).
    Concernant la non rentabilité pour un investisseur, les pièces de 100, 250 et 500€ or émises par la Monnaie de Paris dans la collection Semeuse constituent un bon (250 et 500) sinon un EXCELLENT (100€) investissement (et une très belle collection par ailleurs), du fait que, tout simplement il n’y a pas de taxe or dessus puisqu’elles ne sont pas conçues comme des pièces d’or de bourse.
    Pour la 1000€ et la 200€ or, l’or étant actuellement en cours bas au moment où j’écris ces lignes, elles ne sont pas rentables, sauf en collection (ce qui est leur but premier). Mais si l’or arrive à un seuil tel qu’on l’a vu en 2009 et 2010, effectivement, ça deviendra, en terme de spot, intéressant, puisque pour les pièces dites de bourse, il faut compter 12% (taxe et marge du vendeur comprises) de plus que le prix de la pièce qui est toujours donné en valeur or pure ou avec la fameuse marge spéculative, ce qui augmente d’autant le prix d’une pièce Coq: on se retrouve facilement avec une pièce à plus de 40€ le gramme d’or alors que le cours de l’or est inférieur de 20%, voire 25%…voire plus chez les revendeurs (dont aucoffre, par ailleurs) puisqu’on a inventé des étuis spéciaux de pièce qui augmentent considérablement la valeur (les fameux certificats). Si on adhère à ces certificats, il vaut mieux prendre des pièces de la Monnaie de Paris, on aura la beauté en plus et elles sont certifiées elles aussi!
    Mais les pièces de la Monnaie de Paris sont avant tout des pièces de collection même si, je l’ai dit, il y a trop d’offres: elle a trouvé un filon avec ce type de pièces, mais trop de pièces de collections proposées nuisent à la collection elle-même, c’est pourquoi nombreux sont ceux qui revendent cette pièce, parfois avec pratiquement aucune marge et bien entendu parce qu’ils ont décidé, comme moi, de faire autre chose avec une bonne partie de ces pièces, car nous ne sommes pas immortels! La collection ou l’investissement oui, mais arrivés à un certain moment de la vie, il faut savoir aérer nos étuis de collection ou d’investissement, même si bizarrement, beaucoup de retraités collectionnent, probablement pour moins s’enquiquiner alors que nos, actifs, devons faire face à des rendements livrets ou fiscaux complètement défavorables, qui nous incitent à aller voir partout si l’herbe est plus verte et heureusement, ça l’est parfois.

  3. Precision : la Banque de france reprend les piece à leur valeur faciale, donc tant que l’euro a cour, c’est une garantie de capital minimum. Cidessous extrait de son site

    Pièces de collection en euros :
    ===============================
    Bien que libellées en euros, ces pièces ont cours légal uniquement dans leur pays d’émission et non dans l’ensemble de la zone euro. Elles n’ont pas vocation à circuler et être utilisées comme moyens de paiement, mais à être thésaurisées par leurs détenteurs. Afin de pouvoir être facilement distinguées des pièces destinées à circuler elles ont des valeurs faciales, des caractéristiques (poids, diamètre, couleur, dessin des faces) et une apparence générale différentes.

    La Banque de France n’intervient pas dans la diffusion de ce type de pièce.

    Elle assure en revanche un service de reprise à leur valeur faciale des seules pièces qui ont été émises en France (séries « Euros Or et Argent », « Euros des régions », « Euros Valeurs de la République »…) au profit de ses clients institutionnels (les établissements de crédit), qui peuvent les verser sur leur compte.

    La Banque de France assure également, au profit des particuliers, un service de reprise à valeur faciale des pièces de collection émises en France, au guichet de sa succursale de Paris (48 boulevard Raspail, Paris 6e). Les particuliers souhaitant monnayer leurs pièces peuvent trouver cependant un plus grand intérêt à les négocier auprès de boutiques numismatiques ou sur des sites de vente internet, à des valeurs qui peuvent s’avérer supérieures à leur valeur faciale. Ils peuvent également les présenter à leur banque pour un versement en compte.

    https://www.banque-france.fr/la-banque-de-france/billets-et-pieces/notre-monnaie-leuro/les-pieces-en-eur.html

  4. pas d’accord avec votre analyse. La valeur faciale est bien de 200 euros, ce qui limite le risque de perte contrairement au Napoleon. En outre, le Napoleon est assujetti à une taxe de 8% à la revente contrairement à la pièce de 200 euros. Donc il s’agit bien d’un très bon placement!!!

  5. Bonjour,
    Merci de bien vouloir me confirmer que cette pièce de 200 euros en or a une valeur de 200 € dans le réseau bancaire.

    Comment d’ailleurs sait-on qu’une pièce est échangeable dans le réseau bancaire à la valeur inscrite sur la pièce, d’une pièce qui n’est pas utilisable ?

    Babar.

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