Publicité

La compétition est souvent féroce au sein d’une salle de marché et la course aux bonus y est réelle. Aux yeux de tous, un bon trader sera avant tout celui dont le bonus est le plus élevé. Cet environnement peut donc inciter une minorité de traders à prendre des risques trop élevés et parfois même à détourner les règles, uniquement dans l’optique de briller face aux autres… Cette thèse est renforcée par le constat suivant : même dans le cas d’une fraude, le mobile est rarement l’enrichissement personnel. En effet, il est difficile voire impossible pour un trader de détourner les fonds de sa banque à son profit. Le principal mobile de Nick Leeson ou de Jérôme Kerviel n’a jamais été l’enrichissement personnel mais un  » ardent désir de briller « . Nick Leeson était considéré par sa hiérarchie comme un trader vedette et était adulé par ses pairs. L’envie de préserver sa réputation l’a sans doute incité à utiliser sa connaissance des procédures de contrôle pour camoufler ses pertes et donner l’illusion d’une véritable expertise des marchés. La situation de Jérôme Kerviel ressemble étrangement à celle de son ancien confrère britannique. Issu d’un milieu modeste, il avait une forte envie de prouver qu’il était un trader d’exception.
Les travaux de recherche montrent qu’il ne s’agit pas de cas isolés, et que la plupart des individus sont dominés par l’excès de confiance. L’histoire financière regorge d’exemples de traders brillants qui se sont effondrés du jour au lendemain. L’exemple emblématique est celui de Victor Niederhoffer. En 1997, il est considéré comme le meilleur gérant de hedge fund au monde et publie dans la foulée un livre intitulé The Education of a Speculator. La même année, il enregistrera des pertes spectaculaires victime de la crise asiatique mais surtout de son ego, et il sera forcé de clôturer son fonds alternatif.

Extrait de la revue « Problèmes économiques »

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom ici