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L’euro a-t-il tué emploi et pouvoir d’achat ?

Vendredi, février 15th, 2013

Nous nous inquiétons tous de la remontée de l’euro. Pourquoi l’euro est-il fort ? Est-il trop fort d’abord ? Et nous coûte-t-il trop cher ? Les analyses apportées par plusieurs experts lors de l’émission de Radio Notre-Dame, le 7 février dernier, consacrée à ce sujet apportent un éclairage complet sur la question de l’euro et de ce qu’il faut attendre de l’avenir de cette monnaie et de l’avenir avec cette monnaie.

Avec :
- Robert Rochefort, ancien directeur du CREDOC, sociologue, député européen MODEM,
- Charles Sannat, économiste et Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com
- Thomas Renault, doctorant en économie à la Sorbonne, professeur d’économie à l’IESEG Paris et créateur du blog captain€conomics.com
- François Ramette, fondateur de la société Deomenos, société de conseil en fusion, acquisition, cession d’activité.

Une monnaie, des économies

Pour répondre à la question « l’euro est-il trop fort ? » il faut se rappeler le contexte dans lequel celui-ci a été créé.
Les experts s’accordent à dire que l’euro est avant tout un projet politique et non économique.
Au départ, la volonté de créer une zone économique commune aux pays de l’Europe est partie de l’entente entre Helmut Kohl et François Mitterrand pour rallier l’Allemagne à la France après la chute du mur de Berlin, afin de créer une Allemagne unifiée plus forte.
Or cette construction politique à la base a généré des problèmes économiques bien réels. Elle est en fait confrontée aux intérêts nationaux de chaque pays, parfois en contradiction avec l’intérêt général de la zone euro.
Nous sommes dans une économie à plusieurs vitesses, c’est un fait. Bien sûr, il existe des divergences au sein de la zone euro. Thomas Renault l’explique très clairement : « Le problème majeur de la zone euro réside dans le fait qu’il y a une politique monétaire commune pour des pays différents, avec des « chocs asymétriques » qui ne touchent pas les pays au moment ».
Comme le souligne Charles Sannat, le problème est que la zone euro est une somme d’économies hétérogènes alors que par définition, une politique monétaire est unique.

En termes de responsabilité, on peut dire que l’Europe ne joue pas le jeu des autres pays qui dévaluent leur monnaie. Les Chinois, et récemment le Japon, ont sous-évalué leur monnaie afin de faciliter les exportations. Le seul moyen que les autres pays ont de lutter est de faire pareil. En refusant de dévaluer l’euro, l’Europe est en partie responsable, car elle ne va pas assez loin dans l’unification.

L’euro est-il vraiment trop fort ?

Tout est relatif, on en parle en ce moment, mais l’euro a connu son plus haut niveau avant la crise, quand il valait 1,60$. Aujourd’hui, 1€ = 1,35$. D’ailleurs, depuis qu’aucune devise ne repose plus sur aucune contrepartie en or (depuis 1971, sous Nixon), elles s’ajustent entre elles, on appelle ça le système de changes flottants.
On parle toujours de la parité euro/dollar (le dollar ayant détrôné l’or pour s’imposer comme devise de référence internationale), mais il faut regarder aussi la parité de l’euro avec la moyenne des parités avec laquelle la France exporte. On constate alors que l’euro est moins fort, comparé à un panier moyen d’exportations (yen, yuan, devises des pays émergents comme le réal brésilien).
Néanmoins, comme la plupart des exportations s’effectuent en dollars, force est de constater qu’à l’heure actuelle, l’euro trop fort gêne les exportations en France et dans la plupart des pays européens.

Alors à qui profite l’euro fort ?

Quand l’euro est fort et le dollar faible, c’est plutôt avantageux lorsque nous importons du pétrole, mais en Europe, nous sommes trop chers à l’exportation.
L’appréciation actuelle de l’euro est inquiétante pour un pays tel que la France qui a du mal à exporter ; l’industrie française est « fragilisée, malade avec ses exportations ». Et elle n’est pas la seule dans ce cas. A l’heure actuelle, il y a plus de pays qui ont intérêt à ce que l’euro ne soit pas trop surévalué actuellement.
Alors, trop fort l’euro ? Cela dépend pour qui. Pour Robert Rochefort, l’euro fort ne sert que l’Allemagne qui exporte de bons produits. Elle exporte en permanence, elle est tournée vers la compétitivité « alors qu’elle est pourtant confrontée aux mêmes problèmes sociaux grave que nous, en France », souligne François Ramette.
Le problème est que la zone euro est actuellement tirée par la locomotive allemande qui pense à ses intérêts nationaux et pour qui l’euro fort profite à ses exportations.
L’Europe est dans une situation similaire aux Etats-Unis avant leur unification, avec des Etats fortement endettés. Sauf que l’Allemagne refuse de jouer le jeu de l’euro et d’en accepter la contrepartie, en refusant d’aider les pays européens en difficulté. Ce qui est un comble quand on sait sur quelles bases historiques l’Union Européenne a été fondée.

Quels choix avons-nous ?

On peut d’ores et déjà se poser la question : avons-nous vraiment le choix d’une politique monétaire différente ?
Pour Charles Sannat, nous avons deux expectatives :
- Ou bien on continue de bloquer l’euro pour limiter les dégâts de l’inflation
- Ou on laisse faire les choses à leur rythme.
En économie, il n’y a pas une vérité, mais plusieurs visions qui s’opposent.
Celle de de la France qui historiquement a toujours joué avec et dévalué sa monnaie, et celle de l’Allemagne qui a une approche de la monnaie forte, qui ne va pas jouer sur la monnaie ni sur l’inflation car pour eux, rappelle Charles Sannat, « l’inflation c’est l’hyperinflation de la République de Weimar, c’est l’avènement du régime nazi, avec la disparition quasi-totale de la nationalité allemande après la 2e guerre mondiale ».
Pour Thomas Renault, la façon de corriger un choc dans un pays qui dispose de sa banque centrale indépendante et de sa propre monnaie, c’est soit de répondre par une politique monétaire, soit d’avoir des transferts budgétaires.
Le problème dans le premier cas de figure est que l’Allemagne et la Grèce n’ont pas les mêmes intérêts : nous n’avons pas une politique monétaire qui puisse contenter les deux pays.
Dans le deuxième cas de figure, il faudrait accepter que l’Allemagne aide la Grèce, comme la France aide les DOM TOM…

Renforcer le contrôle de la BCE ou des autorités politiques ?

Pour Robert Rochefort, le contrôle démocratique des décisions de la BCE est à créer au niveau de l’autorité politique européenne mais pas au niveau de la Banque Centrale Européenne, qui est indépendante des autorités politiques.
Ce renforcement du contrôle démocratique de l’Union Européenne pourrait s’effectuer à travers l’élection du président unique des pays d’Europe, élu par une multitude de peuples. Il embrasserait ainsi une vision européenne et non nationale. Il serait tenu de représenter et de défendre les peuples qui l’ont élu.
« Avec un président des Etats-Unis d’Europe, continue de plaider Robert Rochefort, nous aurions la 1e ou la 2e place au G8 ».
Or si dans 20 ans, l’Europe n’a toujours pas un seul représentant pour tous les pays qui la constituent, il n’y aura plus aucun pays à la table du G8, et plus personne pour défendre les valeurs européennes.

Pour Charles Sannat, l’issue d’un euro moins fort devrait se trouver toute seule. Avec les problèmes immobiliers qui arrivent au niveau des banques espagnoles (on parle de 500 à 600 milliards d’euros de pertes, de créances douteuses), Chypre qui prend l’eau… ces grandes difficultés vont nécessiter des interventions monétaires fortes et une forme d’assouplissement quantitatif, c’est-à-dire de l’impression d’euros de la part de la BCE. L’euro trop fort ne devrait donc pas durer.

Quel impact l’euro fort a-t-il sur le panier de la ménagère ?

En attendant, il y a crise et le pouvoir d’achat des Français s’en ressent. Y’a-t-il une corrélation entre le panier de la ménagère, le prix d’un plein d’essence et les variations de l’euro ? « La mesure de l’inflation est un enjeu politique majeur et sensible », reconnaît Charles Sannat. « Elle joue dans la négociation des salaires, permet d’établir un certain nombre de référentiels budgétaires avec Eurostat et joue dans la constitution du panier des ménages.
Mais l’inflation n’est pas gênante en soi, il s’agit d’un mouvement d’érosion naturelle des monnaies qui dure depuis que la monnaie existe. Ce qu’il est important de regarder, c’est la manière dont évolue le couple augmentation des prix/revenus. Depuis 15 ans, les salaires ne suivent pas l’augmentation des prix. Ce qui rend insupportable l’inflation actuelle, c’est que les salaires ne sont même plus indexés sur l’inflation, sur l’indice des prix, et l’on parle aussi de désindexation pour les retraites ».
Ce qui a un réel impact sur le panier de la ménagère, c’est que les salaires ne suivent plus. L’explication est simple et il n’y a pas de recette miracle :
- avec un solde négatif pour l’industrie française avec plus de fermetures d’usines que d’ouvertures.
- les emplois délocalisés à l’étranger
- l’automatisation technique, les progrès informatiques
- et les salaires qui ne sont plus indexés sur l’inflation
Il y a de moins en moins d’emplois, de plus en plus de chômeurs (5,5 millions), de paupérisation, le phénomène est mondial et se généralise. S’il y a moins d’emploi, il y a forcément moins d’augmentation de salaire à la clé.

Ce qui grève le plus le panier de la ménagère n’est pas tant l’euro trop fort que l’augmentation vertigineuse du prix des matières premières depuis 2000, des dépenses énergétiques depuis 2005, celle des loyers et les conditions d’accès très difficiles à la propriété, surtout pour les primo-accédant, depuis le début de l’année.

L’austérité pour relancer l’économie ?

En attendant, il s’agit de rééquilibrer le budget de l’Etat et il n’y a pas une infinité de solutions : soit on augmente les recettes, soit on baisse les dépenses.
Autrement formulé, soit on augmente les impôts, soit on réduit le train de vie de l’Etat.
Mais l’effet induit n’est pas le même.
Comme l’explique Pierre Leconte dans le Guide de l’investissement en or, l’augmentation des impôts a le même impact que celle de la dette publique. Quand on créée des liquidités ex nihilo, au lieu de créer de la relance, les gens ne consomment pas, « ils économisent en prévision d’une hausse d’impôts inéluctable pour rembourser la dette et le paiement de ses intérêts ».
Des propos confortés par François Ramette : « Lorsque vous baissez les dépenses budgétaires, vous n’influencez que peu le comportement des individus. Or, une étude a récemment démontré qu’en revanche, quand on augmente les impôts, le réflexe humain consiste à thésauriser en vue d’un avenir incertain ».

Alors imposer l’austérité à l’Etat, est-ce vraiment la bonne solution ? « Pour quoi faire ? », s’interroge Charles Sannat. « Toute politique qui ne donne pas à rêver est vouée à l’échec ». Ce n’est pas l’austérité qui fera revenir la croissance puisque celle-ci est finie. Il faut donc cesser de se punir inutilement et passer à un autre modèle.

Changer de modèle économique

Plus qu’un problème monétaire, nous sommes confrontés à une problématique de modèle économique. Et le système public français n’est pas efficace. « Sans faire de réforme, nous avons fait grossir les dépenses publiques sans que la qualité du service public rendu aux Français soit meilleure », souligne François Ramette. La France n’a certes pas effectué les réformes de structure nécessaires qui devaient l’accompagner dans l’intégration de l’Europe pour qu’elle soit plus compétitive. Certes, la France a beaucoup de dépenses publiques qui auraient nécessité d’être restructurées.
Mais le modèle sur lequel nous vivons depuis 50 ans a vécu, il est temps d’en changer.
Rien ne devrait être calculé en termes de croissance, mais de qualité, avec un modèle énergétique différent par exemple.
Pour reprendre la formule de Charles Sannat, « Il faut en finir avec le modèle basé sur la croissance infinie dans un monde fini ».
En France et dans bien d’autres pays, on va devoir accepter de ne plus avoir une hausse annuelle du pouvoir d’achat de 2 à 3% comme c’était le cas dans les années 90/2000.
Une réduction de croissance implique nécessairement une réduction du train de vie des individus.

A titre individuel, qu’est-ce que l’on peut faire ? L’érosion monétaire est inéluctable, les devises ne jouent pas leur rôle de conservateur de pouvoir d’achat comme elles devraient le faire. L’alternative actuelle en attendant soit une reprise économique miracle, soit un changement de modèle économique qui prendra du temps, c’est d’orienter son patrimoine vers du tangible, des valeurs sûres, ce que l’on appelle des valeurs refuge : l’immobilier, les terres agricoles et pour ceux qui n’en ont pas les moyens, transformer petit à petit son assurance-vie, son livret A en or.
Il existe des solutions très simples et à la portée de tous !

Ecouter l’émission du 7 février sur Radio Notre-Dame

Faut-il mêler la politique à la numismatie ?

Samedi, juin 23rd, 2012

Existe-il une relation entre les pièces d‘or et la politique ? En un mot, oui. Sans aucun doute, au cours du siècle dernier et en tout début du suivant, l’or est devenu et continue de demeurer un sujet politique très controversé. L’économiste le plus influent du siècle, John Maynard Keynes, a décrié non seulement l’étalon-or sinon le métal en lui-même : il considérait la création de richesses comme une sorte de péché séculaire et les gens qui épargnaient comme des égoïstes. En 1933, le Président Roosevelt bannissait la possession d’or à titre particulier et avait ainsi instauré des mesures de confiscation – des mesures qui pourraient être éventuellement instaurées au sein de l’Union Européenne, la Turquie, le Vietnam et en Chine, bientôt.

Cela n’est pas surprenant de constater que ces animosités envers l’or aillent de paire avec la création et l’expansion de l’Etat Providence, l’entité politique qui a fait banqueroute et est la cause première de la crise financière.

L’or sous toutes ses formes (pièces de collection ou autres types d’investissement) est bien un sujet politique mais pas seulement parce qu’il est considéré comme un domaine de richesse personnelle sinon que ses ennemis le “thésaurisent” de manière dérisoire.

Ray Vicker dans son livre The Realms of Gold (publié par Robert Hale, à Londres, en 1975) insiste sur l’importance du point suivant :

“L’implication massive dans les questions monétaires et plus précisément dans le domaine de l’or touche l’homme ainsi que son environnement d’un point de vue émotionnel.

“Les techniques des systèmes monétaires sont mises à rude épreuve à l’heure où  les chrysophiles et les chrysophobes  parlent argent. Il s’agit de mettre en opposition la notion du cash contre celle du crédit. Engager la lutte contre l’argent facile. Un budget fédéral équilibré opposé à un déficit. La robustesse de la libre entreprise opposée à la gestion économique du gouvernement. Un monde ‘grisé’ opposé à l’utopie. Croire que le fait de commettre un péché est un acte de bonté. L’idée de croire que le progrès nait d’un seul acte individuel à l’opposé d’un déploiement d’efforts communs”.

De ce fait, l’or est une mesure de prudence, c’est aussi la solution émanant de débats politiques du siècle dernier – et même une conclusion tirée des vérités les plus profondes de l’existence humaine.

Ceux qui investissent dans l’or à long terme sont très réalistes comme le précise Vicker dans les événements dans les années 60 et 70 :

“S’il fallait évaluer la raison à l’absurdité, les chrysophobes se verraient contraints d’expliquer pourquoi, dans les années 60, ils dénigraient tant l’or et clamaient sa disparition à venir. Ce ne fut que dans les années 60 et début 70 que s’engagèrent les grandes batailles monétaires impliquant l’or. Cependant, peu de personnes aux Etats-Unis s’en rendirent compte, malgré les deux dévaluations consécutives du dollar. En résumé, le dollar qui avait maintenu un taux aussi bon que l’or pendant si longtemps, ne valait plus autant que 35 dollars l’once. Beaucoup commencèrent à s’en apercevoir.

Les questions politiques ne peuvent être évitées sur les sites de numismatie sachant que l’or joue un rôle important dans le domine des affaires. Cela signifie que les aspects politiques et économiques ont besoin d’être analysés constamment.

Alors ça y’est, c’en est déjà fini de l’or ?

Vendredi, décembre 16th, 2011

Les articles de presse pleuvent : « L’or rattrapé par la crise » pour le Monde, « Les cours de l’or dévissent » pour RFI, « Or : où est passé son statut de ‘valeur-refuge’ ? » sur boursier.com… L’or opère un repli stratégique et la presse s’enflamme.

Charles Sannat, Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com nous livre son analyse des raisons de la consolidation actuelle du cours de l’or.

1/ La crainte que la récession qui touche la France gagne toute l’Europe entraîne des risques de déflation de plus en plus probables. La récession aurait de fâcheuses conséquences pour l’or dans un premier temps. Son cours arrêterait d’augmenter et corrigerait, son prix serait bradé. Dans une deuxième phase, la récession serait positive pour l’or car les Etats aussi arriveraient à l’insolvabilité par récession. Et l’or reprendrait logiquement confiance.

2/ La correction de l’euro par rapport au dollar : avec une valeur au plus bas depuis un an, la monnaie unique par effet de bascule, à 1,30$, renforce la position dominante du dollar. L’euro corrige actuellement sur le dollar : plus le dollar s’apprécie, plus l’euro baisse. L’euro a perdu en pourcentage presque autant que l’or. L’or a un peu baissé en euros, mais moins qu’en dollars. Normal, dès que le dollar se renforce, l’or perd automatiquement de sa valeur.

3/ Le deleverating : c’est quand de de grosses quantités d’or sont retirées contre de l’argent. Les grosses banques qui ont besoin de cash, particulièrement en dollars, vendent leur or. En ce moment, aucune banque internationale ne veut prêter de dollars aux banques européennes. Les banques centrales ont annoncé une action commune concertée pour délivrer des lignes de crédit en dollars aux banques européennes. Quand de grosses sommes sont délivrées contre de l’or comme c’est le cas actuellement, cela fait baisser le prix de l’or.

4/ Enfin, l’or a très fortement augmenté au mois d’août et septembre. Le mouvement de consolidation est donc tout à fait logique et sain dans un marché haussier.
Il y aurait lieu de s’inquiéter si l’or n’avait pas corrigé depuis des mois, cela signifierait que nous serions dans un marché de bulle, prêt à exploser.

En conséquence, profitez de ce mouvement de consolidation pour vous renforcer à bon compte !
Le mouvement ascendant du cours de l’or va reprendre de plus belle l’an prochain à cause du manque de confiance dans l’euro. On arrive à la croisée des chemins, au moment de vérité !

Anniversaire du Franc, fin de l’euro, retour de l’or ?

Lundi, décembre 5th, 2011

C’est un 5 décembre 1360 que le Franc a vu le jour ! Hasard ou pas, c’est bientôt le moment d’échanger les Pascal qui dormaient sous votre matelas pour les échanger contre des euros… Ou pas ! Avec le climat délétère qui règne autour de la monnaie unique fin 2011, il vaudrait peut-être mieux acheter de l’or avec les euros récupérés en échange de ses billets…

Un peu d’histoire
C’est à Compiègne que le Franc vit le jour sur ordonnance du Roi. La monnaie en or fut frappée sous le règne de Jean II le Bon. Elle pesait 3,82 g et était appelée « le franc à cheval ». Sur l’avers figurait le roi en cuirasse à fleur de lys, un heaume, une épée à la main et chevauchant un cheval carapaçonné. En légende on peut lire « IOHANNES DEI GRACIA FRANCORV REX » (« Jean par la grâce de Dieu roi des Francs »).
Une croix fleuronnée figure sur le revers, avec la légende « XPC VINCIT, XPC REGNAT, XPC IMPERAT.
Le roi, captif des Anglais après la défaite de Poitiers 4 ans plus tôt, souhaite payer ainsi sa rançon. Tirée à 3 millions d’exemplaires, la pièce d’or devint la monnaie unique du royaume. Le Francs connut alors de nombreuses versions, jusqu’à sa disparition le 1er janvier 2002 au profit d’une autre monnaie unique : l’euro, dont la longévité risque de ne pas égaler celle du franc…

Bon anniversaire et adieu !
Au même moment, la presse rappelle à l’ordre tous les possesseurs de billets à l’effigie de Delacroix, Pascal ou Montesquieu, et les plus récents Saint Exupéry, Paul Cézanne, Pierre et Marie Curie… pour qu’ils échangent leurs billets doux contre quelques euros durs. Car le 17 février 2012, ces billets ne vaudront plus rien ! Le franc, qui n’a plus cours depuis 10 ans, cesse d’être racheté par la Banque de France. Pour rappel, une pièce de monnaie ou un billet est une créance de l’Etat. Comme toute dette, elle est remboursable par son émetteur. Selon le Journal du Net, « les billets en francs restant à rembourser représentent la coquette de somme de 602 millions d’euros. Le ministère du Budget estime qu’il n’aura au final qu’environ 100 millions d’euros à rembourser ».

Tableau des équivalences Francs/Euros :
Tableau des équivalences billets francs/euros

C’est là que l’on voit que pour 500 balles on n’a plus rien !

Et les euros on les échange contre quoi ?
Contre de l’or pardi ! S’il vous reste une belle collection de Pierre et Marie Curie (billets de 500 Francs), vous pouvez les réinvestir dans un Napoléon, 5, 10 ou 20 francs, c’est même plutôt conseillé à l’heure où l’euro lui-même est en passe de devenir une monnaie de collection.
C’est vrai que l’or n’est plus une monnaie d’échange sur le marché, par contre l’or a et aura toujours de la valeur, contrairement aux monnaies fiduciaires ! Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire, ou que vous avez déjà bien fait de faire ;-)

L’euro, bientôt monnaie de collection ?

Mercredi, novembre 30th, 2011

La fin de l’euro… la formule et le sujet sont récurrents en cette fin d’année, comme en témoignent nos derniers articles. Il est clair que l’éclatement de la monnaie unique et le retour aux monnaies nationales marquerait véritablement un évènement historique. Et l’euro pourrait bientôt être relégué dans la vitrine des collectionneurs. L’échec de l’euro permettrait peut-être de revenir à quelques fondamentaux et de comprendre que la monnaie fiduciaire n’est pas gage de sécurité comme peut l’être l’or.

De la science fiction? Rien n’est moins sûr…
Le scénario n’a rien d’un fantasme alimenté par quelques illuminés isolés. Les économistes ne prennent pas la chose à la légère : des « labos » et mêmes les entreprises cherchent à anticiper l’abandon de l’euro pour ne pas être dépourvu au moment venu. En trois mots : on se prépare !

Ainsi des tests sont actuellement menés pour prévoir le retour éventuel aux monnaies nationales : quid des taux de change? Des monnaies disponibles dans les distributeurs de billets? Et à niveau microéconomique : Quid des feuilles de paies? De la gestion de la trésorerie ? Les comptables prient pour que Ciel ne leur tombe sur la tête… Autant de questions qui hantent les entreprises.

Ces tests n’ont donc rien d’anecdotique et se font sur des plateformes réelles, systèmes grandeur nature. L’ICAP, le premier courtier interbancaire du monde, a lancé sa propre session de tests et ce n’est pas le seul : toutes les grandes institutions bancaires, financières, économiques s’y mettent.

Les dirigeants des entreprises, les multinationales en têtes, s’en inquiètent réellement : « comment gérer la trésorerie ? Comment faire les feuilles de paie ? Quelle monnaie serait disponible dans les distributeurs de billets ? Ce serait un saut terrifiant dans l’inconnu » (voir article du Figaro). Combien de temps reste-t-il entre la simulation et la date effective de l’effondrement monétaire ?

Source : Ces labos qui testent la fin de l’euro

La Guerre des monnaies profite à l’or

Lundi, novembre 28th, 2011
Yuan et dollars

Yuan et dollars

Dollar, yuan, euro… Laquelle de ces trois monnaies va devenir la monnaie de réserve mondiale dans les 3 prochaines années ? Aucune ? Toutes les trois ? Quelle que soient celle qui l’emporte, elle condamnée à l’avance : tel est le sort des monnaies papier. Quand les décideurs seront-ils assez sages pour revenir au standard –or, sous quelque forme que ce soit ? Nous ne le saurons peut-être qu’au terme d’une 3e guerre économique.

1. De la création des monnaies
•    L’âge d’or de l’or
L’or servait déjà de monnaie au 6e siècle avant notre ère et a été témoin de toutes les époques. De la fin du 18e siècle à 1971, l’or servira même d’étalon, avant d’être évincé par le dollar qui se voulait seule et unique monnaie de réserve mondiale. Plus qu’une matière première, l’or est avant tout une monnaie, une monnaie étant un bien de valeur universellement reconnu. Au fil des temps, les « marchandises-monnaies » ont été peu à peu remplacées par de l’or.
Dans son Guide d’investissement sur le marché de l’or, Yannick Colleu définit trois fonctions de la monnaie : elle est à la fois moyen d’échange et de paiement, unité de compte et réserve de valeur.
« Pendant les siècles passés, l’or et l’argent se sont échangé sur la base de leur poids, certifié par les autorités ayant pouvoir de battre la monnaie ».

•    L’avènement de la monnaie papier
Apparue sous forme de bons émis par les banques privées, la monnaie papier visait à faciliter les échanges commerciaux et limiter la circulation des pièces afin d’éviter les vols. Le développement des banques a permis celui des monnaies papiers et celui du crédit. L’introduction coercitive des billets de banque est en fait la véritable cause de la crise financière.

L’or qui servait à financer les guerres, manquaient cruellement à l’Europe du début du 20e siècle. En légalisant les  billets de banque dès 1909, la France et l’Allemagne ont permis de financer la guerre que les deux pays se sont livrés par le crédit et la monétisation de la dette, autrement dit sous forme de monnaie papier. En forçant les administrés à accepter la dette comme monnaie (papier), les deux puissances guerrières ont ouvert le pas au reste du monde et introduit de ce fait le ver dans la pomme. La façon dont le dollar a petit à petit détrôné l’or pour s’imposer comme monnaie de réserve mondiale est tout aussi sournoise. L’Histoire ne dit jamais très clairement comment les Etats-Unis ont par tous les moyens réussi à imposer la suprématie du billet vert. Mais pour combien de temps ?

•    Comment le dollar a détrôné l’or
Voici comment en 4 étapes, le dollar a indiciblement établi sa souveraineté :
- Jusqu’en 1870, le règlement des échanges commerciaux mondiaux sont basés sur l’or et l’argent.
- Jusqu’en 1931, les monnaies sont convertibles en or, c’est la mise en place du système étalon-or.
- En 1946, les accords de Bretton Woods décident du futur sort du système monétaire et signent le système étalon-change-or : c’est le début de la suprématie du dollar : toutes les devises internationales sont convertibles en dollar (devaient s’aligner dessus) qui est lui-même indexé sur l’or et convertible en or.
- En 1971, le dollar n’est plus convertible en or, la cotation de l’or est libre puis en 1973, les devises s’échanges selon un système de change flottant.

Le Général de Gaulle dénonce, lors de sa célèbre conférence de 1965, le système de dette que les Etats-Unis sont en train d’instaurer. Sachant que les réserves d’or fédérales étaient en train de s’amenuiser, celui-ci savait que les américains mettraient tôt ou tard fin aux accords de Bretton Woods. En plein mois d’août 1971, Nixon y met fin, en effet, lors d’une simple apparition télévisée. En 1976, les accords de Kingston (Jamaïque) confirment officiellement l’abandon du rôle légal international de l’or.

2. Crépuscule de l’idole de papier vert

C’est un secret de polichinelle : la dette des Etats-Unisest astronomique et a de quoi donner le vertige. Le 15 novembre 2011 le niveau de la dette publique américaine atteignait 15 033,6 milliards de dollars et malgré cela, les agences de notation pensent toujours que l’économie, pourtant fragilisée, des Etats-Unis est tout à fait capable de la rembourser, donc aucune dégradation en vue, quel optimisme ! Comme le général de Gaulle l’avait pressenti, « les déficits, que présentent à leur profit de nombreux états, la balance américaine des paiements, amène les Etats-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger ».

L'idole de papier vert

La politique hyper-inflationniste des Etats-Unis vise à faciliter les exportations ; or en faisant « tourner la planche à billets », les Etats-Unis dévaluent leur dollar et comme tout ce qui est rare est cher… Depuis 2006 d’ailleurs, impossible de connaître la masse monétaire émise par les Etats-Unis… Il y a donc bien longtemps que la valeur du dollar n’est plus connectée à sa masse émise réelle.

L’inflation à court terme semble fonctionner puisque le pays exporte, mais de plus en plus de pays, la Chine en premier, cherchent à se débarrasser des fameux bons du Trésor américains… pour l’échanger contre de l’or. On revient donc aux valeurs sûres.  Des pays, dont la monnaie officielle était le dollar, monnaie « for all seasons », s’en détournent pour créer leur propre devise, le cachet du dollar ne faisant plus foi. Non, certaines banques centrales ne veulent plus de balances-dollars. Depuis 2008, de nombreux placements en dollars (comme les subprimes) se sont considérablement dégradés, entraînant un manque de confiance dans la monnaie de change internationale suprême.

Pour reprendre un excellent article de Pascal Ordonneau du Cercle des Echos, « le marché du dollar est un lieu de convergence d’une masse considérable de capitaux avec une variété exceptionnelle d’intervenants et de stratégies d’investissements » ; il est donc très difficile de « dédollariser » l’économie mondiale, mais avec le yuan qui tente de s’imposer, le dollar devient de plus en plus une monnaie de singe.

Selon l’historien Paul Kennedy, le dollar pourrait bientôt ne plus être « qu’une des trois monnaies de réserve mondiale », avec l’euro et le renminbi.

3. La Chine, colosse aux pieds d’argile ?

Le XXIe siècle pourrait être celui des grandes batailles commerciales. Avec un taux de croissance insolent de 10% (bien qu’un peu gonflé), la Chine est en train de changer la donne. En quelques années seulement, le PIB chinois risque de détrôner celui des Etats-Unis et passer ainsi en 1e position. Forte de sa position, « Pékin souhaite que le renminbi (“l’argent du peuple”) soit une monnaie reconnue et largement utilisée dans les échanges », peut-on lire dans le billet du trader et fait tout pour accélérer l’internationalisation du renminbi. Le 18 novembre dernier, la Banque Centrale de Chine a signé de façon tout à fait inaperçue un accord avec la Banque centrale d’Autriche autorisant cette dernière à réaliser des placements en renminbi. Le but : que le renminbi devienne lui aussi une monnaie de réserve internationale. D’ailleurs d’ici 3 ans, le yuan pourrait bien devenir la 3e monnaie pour le commerce international selon un communiqué de HSBC. Comme la Chine détient de colossales réserves de dollars sous formes de bons du trésor notamment, elle encourage l’utilisation du yuan pour ses échanges commerciaux afin d’atténuer son exposition aux fluctuations du dollar.

« Nous prédisons que dans trois ans, les règlements du commerce transfrontalier en yuans représenteront un tiers du total des exportations et des importations chinoises, pour un total compris entre 1.500 et 2.000 milliards de dollars par an », a déclaré l’économiste chinois Qu Hongbin, en juillet dernier.

Déjà leader sur de nombreux indices économiques, la Chine accuse cependant des réserves d’or faibles (1 054 tonnes) par rapport aux Etats-Unis qui en comptent 8 133 tonnes.

4. La 3e guerre mondiale sera économique

En août dernier, la Chine réclame une nouvelle monnaie de réserve, s’attaquant à la suprématie du dollar. En octobre, les Etats-Unis riposte, accusant la Chine de fausser ses échanges commerciaux, de dévaluer artificiellement sa monnaie pour faciliter ses exportations. Quand les Etats-Unis reprochent à la Chine de manipuler les taux de change pour rendre les exportations plus compétitives (ce qui a contribué à aggraver l’économie mondiale, notamment en Europe), Pékin rétorque aux Etats-Unis  qu’ils « ne savent pas gérer leur économie » et que c’est la Chine qui tire à elle seule l’économie mondiale. Bisque bique rage ! Est-ce une guerre de pantomimes que se livrent les deux puissances économiques pour imposer au final la suprématie du système monétaire ? Car en douce, le président Obama fait tout pour relancer l’accord trans-pacifique.

Quoiqu’il en soit, au final, à aucun moment aucune monnaie mondiale n’a réussi à s’imposer, sauf l’or et sous certaines conditions. Mais l’or n’est-il pas trop rare pour satisfaire les besoins du commerce et de l’industrie ?

5. Il n’y aura qu’un survivant : l’or

Plus la dette souveraine va s’accroître, plus les monnaies vont être dévaluées, entraînant une hausse naturelle du cours de l’or. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se passer. Pour éviter un cataclysme économique, il faudrait que le système monétaire mondial soit basé une un panier de devises internationales dont une partie or, et que le métal jaune soit réintroduit dans l’économie de marché avec son système de compensation, le marché des effets réels, idée chère à Antal Fekete (économiste auteur du livre « Le retour au standard or »).
En 1909, le commerce mondial était financé par des Effets Réels, lettres de crédit payables à échéance, en pièces d’or. Ces Real Bills étaient le fond de roulement qui servait au paiement des salaires. Ce système très liquide était le meilleur actif qu’une banque commerciale pouvait avoir.

Par ailleurs, l’or serait « la monnaie ultime » selon Rick Santelli (éditeur de CNBC), « dans la mesure où il n’est aucunement vulnérable aux politiques engagées par les banques centrales ».
L’histoire a prouvé que la vie d’une monnaie papier était toujours courte, alors que l’or est une monnaie depuis le 6e siècle avant notre ère, cela donne à réfléchir.

Gold is likely to rise this week

Lundi, août 23rd, 2010

Nineteen of 24 traders, investors and analysts surveyed by Bloomberg, or 79 percent, said the metal will gain this week. Four forecast lower prices and one was neutral. Hedge-fund managers and other large speculators increased their net-long position in New York gold futures in the week ended Aug. 17, according to U.S. Commodity Futures Trading Commission data. LIRE LA SUITE SUR NOTRE BLOG ANGLAIS, GOLD COIN.ORG

The European crisis – the courage to act

Jeudi, août 5th, 2010

The European Union is facing an economic and political crisis that threatens the single currency, exposes greed, bureaucratic strangulation, unsustainable social welfare programmes, raises questions on protectionism and the very fabric of the free market. If that was not enough, the weakness of its leaders becomes apparent and two of the giants France and Germany support a different solution. There is a very English phrase “ to muddle through” and that is what European leaders have been doing and hope they can continue doing so as not to put emphasis on radical change that can upset the apple cart either internally or externally. Muddling through depends on growth. LIRE LA SUITE SUR NOTRE BLOG ANGLAIS, GOLDCOIN.ORG

Greeks queue to buy sovereigns

Mercredi, juillet 21st, 2010

During World War II the British sovereign was the only tangible and reliable currency in Greece and they were hoarded and hidden in every conceivable place. A girls dowry would often include a cache of sovereigns. They were parachuted in to fund the Greek resistance to the German occupation. War is a crisis but now the Greek population face the crisis of being unable to repay its debts and once again they turn to the sovereign as the currency of choice. LIRE LA SUITE SUR NOTRE BLOG ANGLAIS, GOLDCOIN.ORG

Gold will soar in the long term

Mardi, mai 18th, 2010

In the credit crisis of 2008, gold went down with everything else. Gold stocks were hammered as the world deleveraged. But gold and gold stocks were also among the first to rise from the ashes. They made their low in November 2008, while the major Western stock indices carried on declining until March 2009.

Gold was not the safe haven it was touted to be. However, this only reflects what was happening in the paper markets of stocks, futures and exchange-traded funds (ETFs).

In the ‘real world’, bullion dealers reported unprecedented activity. LIRE LA SUITE SUR NOTRE BLOG ANGLAIS, GOLDCOIN.ORG

Le Banc’Or’ : une monnaie mondiale comme solution à la crise ?

Dimanche, mai 16th, 2010

Avec la crise grecque, plusieurs économistes avancent l’idée d’un étalon monétaire supranational. En son temps, après la Grande Dépression qui a suivi le krach boursier de 1929, Keynes avait d’ores et déjà émis l’hypothèse d’une monnaie non étatique à laquelle seraient rattachées toutes les monnaies du monde : le bancor (qui malgré son nom n’était pas basé sur l’or, Keynes ayant un grand mépris pour le métal jaune).

Le système de cette monnaie au-delà des états, proposé lors des accords de Bretton Woods en 1944, visait à sanctionner tout pays qui serait en excès d’import ou d’export. Celui-ci serait alors contraint de rétablir l’équilibre, soit en réévaluant soit en dévaluant.

La suprématie du dollar

Les Etats-Unis ont évidemment préféré la solution beaucoup plus arrangeante du Gold Standard Exchange où le dollar, seule monnaie convertible en or, était sûr de régner en maître. Le rôle du FMI consistait alors à veiller à la parité des monnaies vis-à-vis de l’or (par l’intermédiaire du dollar) et à aider les pays qui ne parviendraient pas à stabiliser leur monnaie.

Après la guerre du Viet-Nam en 1971, les Etats-Unis ont épuisé la plupart de leurs réserves en or. Le système étalon-or a trouvé ses limites. Le dollar est alors considéré comme la monnaie de référence et chaque monnaie est définie par rapport à la monnaie américaine.

L’étalon de change or fait alors place à un système de change flottant où la valeur de chaque monnaie fluctue chaque jour les unes par rapport aux autres. En cas de faillite d’un pays (comme c’est actuellement le cas en Grèce), la monnaie se retrouve affaiblie sans aucun repère solide comme l’or auquel s’adosser. Dans le contexte de crise grecque, c’est la Commission Européenne qui a joué le « grand argentier » en lançant une bouée de sauvetage au cœur de la mer Egée. Cette opération n’est pas sans risque. Comme le souligne l’économiste belge Paul Jorion, un sauvetage mal mené entraînerait fatalement le Portugal, puis l’Espagne, puis l’Europe toute entière sans sa chute.

Le système monétaire international trop centré sur le dollar

Le risque dans un tel système, est l’hégémonie de la monnaie la plus forte, avec toutes les conséquences que cela peut impliquer au niveau mondial. Le système du bancor éviterait bien sûr tout cela. L’hypothèse d’une monnaie unique supranationale est également plébiscitée par les Chinois, dont leurs montagnes de dollar leur brûlent les doigts. En mars 2009, Zhou Xiaochuan (le Gouverneur de la Banque Centrale de Chine) avait fait un véritable plaidoyer en la faveur d’une monnaie internationale, moins centrée sur le dollar. Le but ? S’affranchir du billet vert, responsable de la propagation de la crise, et sortir d’un système où les fluctuations des valeurs monétaires font le jeu des spéculateurs.

Le FMI avait pourtant déjà tenté de créer un système monétaire mondial en remplaçant l’or dans les grandes transactions économiques. Les droits de tirages spéciaux (DTS ou or papier) sont des crédits  déterminés par un panier composé des quatre grandes monnaies internationales (dollar, euro, yen, livre), visant à suppléer les carences des réserves en or (la quantité mondiale d’or étant relativement fixe). Mais le système aussi présente des limites. Les DTS ne sont en fait qu’une tentative d’adaptation du bancor et dont le système n’a jamais vraiment décollé. D’ailleurs, en février dernier, Dominique Strauss-Kahn a déclaré que le FMI envisageait la création à long terme d’un nouvel actif de réserve mondial, où le dollar dominerait moins et différent des DTS.

La monnaie unique, une panacée ?

Une monnaie supranationale serait tout à fait envisageable, à condition d’éviter les mêmes travers que ceux dont on accuse actuellement le dollar et les erreurs commisent avec l’euro. Pour cela, il faudrait idéalement que cette monnaie soit largement adossée à l’or, sous peine d’ici quelques années, de voir les mêmes causes produire les mêmes effets. Alors oui au BancOr, mais avec un « O » comme « Or ».

Lire aussi :

Qu’est ce que l’étalon-or ?
L’Ombre de Bancor : La crise et le désordre monétaire mondial, par Tommaso Padoa-Schioppa

The Austrian or Vienna Philharmonic

Jeudi, février 18th, 2010

The Austrian Mint first began producing the Vienna Philharmonic in 1989 and it quickly became very popular. The Vienna Philharmonic coin is struck in the finest and purest gold, 999.9 fine (24 carats) in a painstaking minting process.. It is issued every year, in four different face values, sizes and weights. It is used as an investment product (bullion coin), although it inevitably ends up in private collections. According to the World Gold Council, it was the best-selling gold coin worldwide in 1992, 1995 and 1996 (…) LIRE LA SUITE SUR NOTRE BLOG ANGLAIS, GOLDCOIN.ORG ou bien notre article original : Philharmonique de Vienne, la pièce d’or bullion Autrichienne.

Le supercycle sur le marché immobilier et comparaison avec l’or

Vendredi, août 21st, 2009

Le supercycle sur le marché immobilier est plus court que les supercycles sur les actions et l’or, et, malgré ce que l’on pourrait croire, il n’est pas corrélé aux deux actifs précédents. A noter que le marché du logement en France a subi de nombreuses distorsions entre 1914 et 1948, du fait des contrôles fréquents des prix des loyers par l’Etat, rendant délicate toute étude sur cette période. Le creux séculaire de 1951 correspond ainsi avec le début d’un marché haussier de rattrapage, très puissant, jusqu’en 1967.

Le supercycle sur le marché immobilier est évidemment dépendant de la zone géographique considérée, mais on peut observer, dès le milieu des années 60, une synchronisation entre les zones Etats-Unis-Europe, du fait de la synchronisation de leurs économies. La forte correction actuelle sur le marché américain n’est pas de bon augure pour le marché français. A plus forte raison si l’on considère que lors du dernier sommet de supercycle, au début des années 90, le marché français affichait déjà un retard de deux ans sur le marché américain (voir graphique plus loin), comme c’est le cas actuellement.

Le supercycle est mis en évidence avec le ratio Propriété/revenu des ménages, qui est le résultat de la division du prix moyen d’un logement par le revenu annuel moyen disponible des ménages. Idéalement, les prix du logement devraient suivre l’évolution du pouvoir d’achat des ménages, ou plus précisément le revenu disponible de ceux-ci, une fois déduits les impôts et autres frais incompressibles. Une hausse des prix plus forte que celle du revenu disponible sur une longue période (comme c’est le cas depuis 2000) trahit une situation de bulle immobilière, alimentée par une hausse de l’endettement des ménages pour combler le gap entre la stagnation du pouvoir d’achat et la hausse des prix du logement. Ci-dessous, une visualisation de ce supercycle pour la France.

supercyle_immo

synchrocycle

Le ratio est complètement sorti du tunnel qui avait cours de 1965 à 2003, signe d’une spéculation intense, suite à la politique d’argent facile des banques centrales pour relancer la croissance en 2003. Aujourd’hui, le marché défie toujours la pesanteur grâce à des taux d’intérêts très bas, mais son renversement est déjà effectué, et la prochaine remontée des taux d’intérêts accélérera la tendance. En effet, le prochain cycle d’inflation et la remontée des taux sont quasiment garantis, suite aux mesures exceptionnelles prises par les banques centrales et les gouvernements en 2008-2009. Nous pouvons raisonnablement nous attendre à un prochain creux sur le marché de l’immobilier vers 2013-2015.

Comparaison immobilier/or et objectifs de prix pour l’or

Même si l’immobilier et l’or sont deux actifs qui évoluent de façon indépendante, on peut former le ratio Propriété/or, qui mesure le prix d’une maison en termes d’or, afin de déceler un éventuel supercycle :

maisonus

Nous voyons que le supercycle que l’on obtient évolue en tandem avec celui de l’or, car le supercycle de l’or est beaucoup plus puissant que le supercycle de l’immobilier. Cela dit, ce graphique est très intéressant car il nous montre que la maison familiale américaine est généralement bon marché en termes d’or lorsqu’elle coûte moins de 100 onces d’or (environ 3kg).

Nous pouvons répéter l’exercice avec une maison familiale en Angleterre, et nous obtenons un cycle synchrone, mais d’amplitudes différentes. Vendre l’immobilier anglais pour acheter de l’or en 2005 aurait été digne de figurer comme transaction de la décennie, au même titre que celle de William Bonner en 2000, lorsqu’il recommandait de vendre les actions pour acheter de l’or.

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Ici aussi, on peut dire que la maison familiale anglaise est bon marché lorsqu’elle coûte moins de 100 onces d’or.

Je n’ai pas de graphique aussi complet pour le marché français, mais on peut s’attendre à un supercycle synchrone avec les deux précédents, du moins depuis les années 50. Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est la valeur du creux de 1980 pour le marché français, qui pourrait nous donner une idée de la valeur que nous pourrions atteindre lors du prochain creux de 2013-2015 sur l’immobilier.

Le graphique suivant montre justement qu’en 1980, le prix d’un logement standard (moyenne des prix pour un logement) en France coûtait pratiquement le même prix qu’un logement standard en Angleterre. Nous pourrions donc arriver au même prix plancher en termes d’or pour la maison familiale en France, soit 100 onces d’or (ou environ 3kg d’or), vers la fin de la phase descendante du supercycle.

prixlogement

Nous sommes en présence d’une équation à trois inconnues : le prix de l’or, le prix de la maison en euros et le prix de la maison en onces d’or. En connaissant deux variables, on peut déterminer la troisième, par exemple le prix moyen de la maison familiale. En supposant qu’une maison nous coûte 100 onces d’or et que le prix de l’or reste au niveau actuel, nous avons :

comparaisons

Au prix actuel de 660€ l’once d’or, notre maison familiale en France devrait atteindre un prix de (660 €/once) X (100 onces) = 66’000€, en 2013-2015, pour valoir 100 onces d’or, ce qui semble irréaliste ! En revanche, si on pense que le prix de la maison familiale ne peut pas baisser à moins de 200’000€ en 2013-2015, on devrait arriver à un prix de l’or de 2000€ l’once, en gardant toujours les 100 onces d’or comme objectif de prix, soit un potentiel de hausse de trois fois.

La période 2013-2015 sera tout à fait singulière, car elle pourrait voir converger le sommet du supercycle sur l’or et le creux du supercycle sur l’immobilier, ce qui n’est encore jamais arrivé depuis que l’or a été « exclu » du système monétaire en 1971 ! En 1980, le marché de l’immobilier établissait un sommet de cycle, conjointement au marché de l’or. Et pourtant, c’est à cette période de prix élevés pour l’immobilier que l’on pouvait acheter une maison familiale pour seulement 100 onces d’or ! Si cette fois le marché de l’immobilier se trouve en creux de cycle au moment où le marché de l’or se trouve en sommet de cycle, le prix en termes d’or pour une maison pourrait toucher un creux historique beaucoup plus bas que 100 onces.

En se basant sur l’historique de ces supercycles, le prix de l’or en termes d’euros aurait un potentiel d’appréciation de trois fois à l’horizon 2013-2015, en valeur corrigée de l’inflation, et le prix d’une maison familiale pourrait coûter à un certain moment moins de 3kg d’or.

maisonvacantes

Quant au marché immobilier américain, l’offre beaucoup plus grande de logements vacants risque de causer également un creux historique en termes d’or ces prochaines années (voir le graphique précédent).

Il ne serait pas étonnant de voir une maison familiale se vendre pour moins de 2kg d’or (64 onces) au plus fort de la baisse pour le marché immobilier (ou de la hausse pour l’or). Sachant que le prix moyen d’une maison familiale aux USA est actuellement de $170’000 (elle valait $250’000 au plus haut en 2005), il faudrait que le prix de l’or atteigne $2’643 pour que la maison américaine coûte 2kg d’or, tout en conservant son prix de $170’000. Etant donné que le prix du logement aux USA, en termes de revenu disponible pour les ménages, est revenu dans son tunnel de long terme, ce prix est de l’ordre du possible.

prixmaisonus

Si l’on considère que l’inflation des prix risque de repartir aux USA dans les années à venir, nous pourrions voir les prix de tous les biens repartir à la hausse, y compris ceux de l’immobilier, et cela pourrait porter le prix de l’or bien plus haut en termes de dollars. Toutefois, ce raisonnement porte à penser que l’appréciation du prix de l’or en termes de dollars constants (valeur corrigée de l’inflation) ne dépasserait vraisemblablement pas trois fois (à moins d’un effondrement historique du ratio Propriété/or aux USA). Toute appréciation supplémentaire se ferait en termes de monnaie dépréciée et non en terme de pouvoir d’achat.

Cette étude comparative nous porte aussi à penser que l’appréciation du prix de l’or en termes d’euro, peut être aussi forte que l’appréciation du prix de l’or en termes de dollar, en valeurs corrigées de l’inflation.

La seconde partie de la phase descendante du cycle de Kondratieff risque de se montrer beaucoup plus difficile à vivre que la première, car, comme nous venons de le voir, le supercycle sur le marché immobilier était en phase ascendante, de 2000 à 2007, et avait atténué l’impact de la crise boursière 2001-2002. Malheureusement, le marché de l’immobilier vient de rejoindre les marchés boursiers dans leur phase descendante, et cette traversée du désert, main dans la main, risque de durer jusqu’en 2015. Tant que le peuple peut garder l’illusion de s’enrichir quelque part (au moins sur l’immobilier jusqu’en 2007), son moral en tant que consommateur reste au beau fixe, mais lorsqu’il réalise qu’il devient de plus en plus pauvre, à tout point de vue, et que son emploi est menacé, il coupe ses dépenses, et participe à l’accélération de la crise.

Evidemment, ces raisonnements s’appuient sur un historique qui ne se répétera pas forcément de façon identique, ainsi que sur la perception cyclique que j’ai des comportements humains sur les marchés financiers. Cela laisse une certaine marge d’erreur. Mais je reste confiant dans l’hypothèse qu’une fois qu’une tendance de long terme est amorcée, elle finit toujours par aller jusqu’à un point extrême, que ce soit une valeur très bon marché pour l’immobilier, très bon marché pour les actions et très chère pour l’or. Cela est déjà arrivé plusieurs fois dans le passé, et cela n’a aucune raison de ne pas se reproduire, étant donné la nature immuable de la psychologie humaine. Ayons la modestie de reconnaître que nous ne sommes ni pires ni meilleurs que les générations précédentes, et basons-nous sur l’observation que les cycles se répètent, immuablement.

La théorie des supercycles sous-entend, pour que son modèle prévisionnel fonctionne, que plusieurs variables évoluent dans des limites acceptables. Il faut en particulier que la psychologie des individus ne change pas (les individus pourraient devenir plus sages et raisonnables à l’avenir) et que la structure de la société (démocratie, capitalisme) soit préservée. Ce sont deux points qui ont peu de chance de changer, surtout le premier, mais il faut prendre garde à certaines autres variables qui pourraient rompre le cycle dans un sens ou dans l’autre.

Je pense au problème du pic pétrolier, au problème de l’accroissement démographique, et au problème du dérèglement climatique. Malheureusement, ces trois inconnues penchent dans le même sens : elles pourraient prolonger considérablement la présente phase descendante du cycle de Kondratieff.

Le cycle de Kondratieff débute à l’ère du capitalisme, mais si on prend encore plus de recul sur l’histoire humaine, l’ère du capitalisme n’est peut-être qu’un cycle à l’intérieur d’un plus grand. L’explosion démographique, et les pressions énormes sur les ressources et l’environnement qui vont en découler, vont mettre à rude épreuve le modèle capitaliste de notre société de consommation.

Sans pétrole bon marché, nous risquons de nous diriger vers une décroissance économique durant plusieurs générations. Les énergies renouvelables sont beaucoup plus coûteuses à produire que le pétrole, dépendent du pétrole pour être produites, et ne pourraient jamais le remplacer entièrement ! Il faudrait que l’homme puisse découvrir une nouvelle source d’énergie bon marché, comme la fusion thermonucléaire (l’énergie du soleil), mais les physiciens ne pensent pas pouvoir la domestiquer avant 50 ans au moins…

population

Sommes-nous des générations « produites » avec du pétrole bon marché ? Devons-nous notre nombre à cette énergie du soleil, mise en conserve sous l’écorce terrestre pendant des millions d’années, et gaspillée en quelques décennies? Lorsque l’on compare le graphique du haut avec le graphique du bas, on peut se légitimement se demander si le graphique du bas ne va pas ressembler à celui du haut…

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L’or est le seul survivant à toutes les crises qu’ont traversé les sociétés humaines depuis des milliers d’années. Et les crises qui arrivent sur nous durant cette phase descendante du cycle pourraient surprendre, par leur brutalité, bien des personnes qui se sont mises dans la tête que notre société moderne n’a plus rien à faire avec l’histoire, sinon nous apporter davantage de luxe, de confort, et de richesses (vestiges psychologiques de la phase ascendante du cycle 1982-2000). Il n’est pas trop tard pour acheter un peu d’or, à titre d’assurance financière, car la purge du système est loin d’être terminée !

Mises en garde habituelles

Faites vos propres recherches. Je ne peux pas être tenu pour responsable de vos décisions d’investissement. Discutez avec votre conseiller en placement avant toute décision d’investissement.

LIRE LA PREMIERE PARTIE DE CET ARTICLE : Les supercycles

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

Notre « coup de coeur » du moment : le demi-napoléon.

Jeudi, août 6th, 2009
Le Napoléon 10 Francs, ou Demi-Napoléon. Une jolie petite pièce d'or avec un beau potentiel pour l'investissement dans l'or physique mais difficile à trouver dans un état acceptable (pouvant soutenir une prime).

Le Napoléon 10 Francs, ou Demi-Napoléon. Une jolie petite pièce d'or avec un beau potentiel pour l'investissement dans l'or physique mais difficile à trouver dans un état acceptable (pouvant soutenir une prime).

Notre conseil du moment pour rentrer dans le monde formidable des pièces d’or: achetez quelques demi-napoléons (les napoléons 10F). En effet, leur prime de fond (la prime la plus couramment observée en dehors des périodes de crise) est généralement de 5 à 15 % En ce moment, la prime instantanée est proche de la prime de fond mais le potentiel de retour vers des niveaux haut (80 à 100% comme c’était le cas en octobre 2008) reste forte en cas d’un vif intérêt pour les pièces d’or.

Début 2008 nous n’aurions pas nécessairement conseillé d’acheter prioritairement ce type de pièce car nous pensions à tort que sa prime était déjà bien haute et qu’il était potentiellement plus intéressant de partir d’une prime nulle comme c’est le cas avec nos bons vieux nap 20F. Et pourtant, force est de constater que le demi-napoléon est la pièce avec le différentiel de prime le plus élevé. Elle est passée d’une prime de fond d’environ 13 % à une prime record de 93% en octobre 2008. Le différentiel de prime est donc de 80 % ! Largement au-dessus des pièces d’or américaines en 10 et 20 $ (différentiel de prime d’environ 50% ), du demi-souverain (différentiel de 30 %). Exception faite de « l’accident » du napoléon 20F au dessus des 170 euros, son différentiel de prime n’est finalement que de 27 à 30% en cas de crise (comme le Krugerrand).

Attention cependant à la qualité de ce que vous achetez. La prime n’est possible que pour les pièce d’un état de qualité TTB au minimum. Et pour les demi-napoléons, qui ont beaucoup circulés, c’est déjà plus difficile d’en trouver.

[MAJ 07/06/13]
A ce propos, sauriez-vous faire la différence entre un faux demi-Napoléon et un demi-Napoléon fauté ?
Voici deux cas très intéressants :

- La première pièce, un demi-Napoléon 1860 Napoléon III tête nue, est une fausse pièce rare.

Demi-Napoléon 1860 Napoléon tête nue Avers

Demi-Napoléon 1860 Napoléon tête nue Avers

 

 

 

 

 

 

 

 

- Le demi-Napoléon 1860 Napoléon III tête nue est a priori une pièce très intéressante, qui pourrait se revendre au double du prix d’un Napoléon III tête nue classique, même en qualité TTB.
Pourquoi ? Car elle a un poinçon en forme d’abeille tout en provenant de l’atelier A (Paris). Or, ce type de pièce a été frappé entre le 15 novembre 1860 et le 31 décembre de la même année alors qu’elle était frappée jusqu’alors à Strasbourg (BB).
Intéressante, sauf qu’elle est fausse !
- elle est issue de deux fournisseurs qui font de la numismatique (un Hollandais et un Français). Donc pourquoi ne pas l’avoir repérée ?
- le métal est un peu rouge (comme des Marianne coq refrappées). Alors que l’or de toutes les pièces d’avant 1914 non refrappées est toujours de couleur jaune.
- tous les demi- Napoléon III tête laurée de qualité TTB pèsent entre 3,15 et 3,19 grammes. Celle-là fait 3,09 grammes. Le poids n’y est pas, il n’est pas raccord avec l’aspect visuel lié à l’usure. Pour un tel poids, nous aurions une pièce de qualité B (tous les reliefs plats). Le titre doit donc être d’environ 875 °/oo.
- la tranche n’est pas de bonne qualité, comme mal frappée.
Il s’agit probablement d’une pièce réalisée entre les années 1970 et 80. Les faussaires fabriquaient alors des faux à partir de pièces rares afin d’empocher la prime de rareté sur le marché de la numismatique. Et les balances de l’époque n’étaient pas précises au 0,01 gramme. Il est donc difficile de détecter un problème sur le poids.

- L’autre pièce, un demi-Napoléon III tête laurée est une pièce fautée.

Demi Napoléon 1866 Napoléon tête laurée avers

Demi Napoléon 1866 Napoléon tête laurée avers

 

 

 

 

 

 

 

 

Le coin a été abimé lors de la frappe de la série dans laquelle cette pièce se trouvait et il a « imprimé » son défaut dans le flan (avers, coin inférieur droit, le texte est dévié – sur le revers, le relief est écrasé). Une pièce qui évidemment vaut plus qu’un Napoléon III classique de même millésime, car habituellement elles étaient repérées avant de se retrouver en circulation. Elles étaient ensuite fondues et les coins détruits.

 

L’Or de la diversification ou comment la Chine prévient les Etats-Unis.

Lundi, mai 4th, 2009

On peut voir dans l’augmentation de près de 75% en six ans de la possession d’or de la Chine, un désir de diversification de ses dirigeants, ceux-ci cherchant à se débarrasser de leurs Dollars ou au moins à ne pas baser leur économie sur cette seule monnaie.

La monnaie chinoise a cependant un statut particulier face au Dollar : pas totalement convertible mais loin d’être déconnectée. Comme l’explique Agnès BENASSY-QUERE (Station Météo sur France Culture) « le Yuan n’est pas totalement inconvertible, les exportateurs chinois peuvent reconvertir leurs Dollars en Yuans et inversement. Il y a certainement des procédures avec des autorisations administratives, mais ce n’est pas inconvertible. Le Yuan n’est non seulement pas indépendant du Dollar, mais totalement lié à lui. Le problème principal des autorités chinoises aujourd’hui, ce n’est pas tant le statut des monnaies, ni de prendre une place sur la scène internationale et rester intégré car cela la Chine a su le faire même avec une monnaie inconvertible. Le problème principal, les autorités chinoises étant à la tête d’un stock de 2000 milliards de Dollars, c’est le « risque dollar » et comment sortir de cette situation. »

Rappelons tout de même que les taux de change du Yuan sont fixés par les autorités chinoises, cette convertibilité non totale permettant de garder un Yuan bas face au Dollar évitant la spéculation sur la monnaie. Le coût de la main d’œuvre reste ainsi très bas et les prix compétitifs. Rendre le Yuan totalement convertible reviendrait pour l’économie chinoise à se tirer une balle dans le pied puisque « les Chinois seraient piégés et ne pourraient rien faire pour miner la valeur du Dollar, sinon ils verraient détruire tous leurs investissements et toute la valeur des Dollars qu’ils détiennent. D’une certaine façon, l’économie américaine et l’économie chinoise sont intimement liées, les deux pays sont condamnés à vivre ensemble à tel point que la politique étrangère des États-Unis avec la Chine va plutôt être menée par le Trésor que par le ministère des Affaires étrangères » déclare Steven EKOVICH.

C’est ainsi que les Chinois se décarcassent pour trouver des idées de diversification de leur capital. Le G20 avec l’émission de l’équivalent de 250 milliards de DTS (panier des 5 principales monnaies : Dollar, Yen, Franc suisse, Euro, Livre sterling) a satisfait les autorités chinoises qui ont vu là une manière d’échanger leurs Dollars, toujours au nom de la fameuse diversification.
Le stock de Dollars « chinois » est aujourd’hui estimé à hauteur de 2000 milliards. Il est en aucun cas question pour les Chinois d’échanger l’intégralité de ce stock mais de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…

L’or rentre clairement dans cette logique de diversification, mais pas seulement. En effet, la Chine voit en l’or une valeur stable dont elle a on ne peut plus besoin aujourd’hui. Passés 1ers producteurs mondiaux avec une production de 282t en 2008, 5èmes détenteurs cette année, les Chinois sont clairement attirés par le métal jaune. Il y a une volonté de détenir assez d’or pour pourvoir à leur appétit grandissant : or physique pour le placement mais aussi augmentation de la production de produits à haute valeur ajoutée (électronique notamment), bijouterie, autant de secteurs que l’économie chinoise cherche à développer…et qui nécessite son pesant d’or !
Il ne faut pas se limiter à la question de la diversification pour expliquer l’augmentation du stock d’or chinois. Il faut y voir une volonté de se placer sur la scène internationale au niveau de la production de biens mais aussi d’avoir un pouvoir de négociation ainsi qu’une autonomie face au Dollar accrus.

Pour autant, il convient d’être prudent et de ne pas s’emballer. La part de ses réserves de change détenue en or ne représente que 1,6% de ses réserves totales, contre presque 80% pour les Etats-Unis.
Bien que tout récent (donc à relativiser), l’avertissement est clair pour les Etats-Unis : augmentation du stock d’or, diminution des achats de T-bonds, échange de DTS…Bien que très liée à elle, l’économie chinoise est bien déterminée à montrer à sa grande sœur américaine qu’elle peut s’émanciper si l’envie lui en prenait.

Anaïs BOURDON

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "