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A quoi ressemble le travail dans une mine d’or?

Vendredi, décembre 9th, 2011

Profondeurs d’une mine

“Descendre dans une mine d’or c’est comme entreprendre un voyage a Hades. Il nous faut laisser les vêtements à l’extérieur, en surface, sous-vêtements inclus et, vêtus d’une combinaison, il faut rentrer dans une cabine en acier qui nous propulse en l’espace de deux minutes à une distance d’un mile à l’intérieur d’une roche. Tout en-bàs fourmille un monde bruyant, chaud et humide, animé par les lumières lancinantes des casques des mineurs. Une promenade de dix minutes le long d’une galerie creusée dans la roche dont la température naturelle dépasse les 37 degrés Centigrades suffit pour que chaque visiteur se sente plongé dans une atmosphère chaude-humide.
Ensuite, surgit le bruit des foreuses d’air comprimé qui mordent dans la roche solide, dominant ainsi le bourdonnement permanent des compresseurs de climatisation et le vacarme des wagons glissant sur leurs rails d’acier.
Sur un côté du tunnel, une étroite ouverture initie une descente d’un angle de presque 25 degrés, menant aux entrailles de la terre. Elle est haute d’à peine quarante pouces et est délicatement soutenue de piliers en caoutchouc. Dans le lexique minier, ceci s’appelle “bancada” – une poche.
Il semblerait que la roche y fasse pression sur les quatre côtés, que du toit se détachent de minuscules tâches formant des flaques d’eau tiède dans lesquelles les mineurs se retrouvent agenouillés, en plein devoir.
La large tête de la foreuse, dissimulée sous un subtil jet d’eau pour libérer la poussière, vibre en perforant la roche d’un point marqué de peinture rouge. Longeant un côté de la poche, une ligne continue de peinture rouge signale un filon d’or de quatre pouces, qui aux yeux du prophane, a un aspect absolument différent de celui des roches situées au niveau supérieur ou inférieur de celle-ci.

C’est dans un amas de petits cailloux blancs, étroitement mélangés, que reluit une minuscule particule d’or, se reflétant dans le faisceau lumineux de la lampe des mineurs. Extraire ce minuscule filon d’or situé à deux miles de profondeur ou plus, sous terre, génère un procédé couteux, laissant peu d’espoir.

Du fait que l’or se trouve disséminé entre les cailloux et conglomérats, il faudra non seulement monter et exploiter les fins grains du filon porteur d’or une fois celui-ci à la surface sinon qu’en plus il faudra remonter et briser une grande partie de la roche située sur les deux côtés du filon, puisqu’à chaque fois qu’il faut faire exploser la poche avec des charges de dynamite placées dans les trous faits par la foreuse, la roche se confond au conglomérat. ‘Ainsi l’explique Timothy Green dans son livre El Mundo de Oro, el trabajo realizado en una mina – Le Monde de l’Or, le travail effectué dans une mine.

Il est digne d’admirer le travail d’un mineur car il est soumis à des conditions extrêmes et risque sa vie à tout moment. S’enterrer à de telles profondeurs, où la lumière du soleil est totalement inexistente, la lumière artificielle devient un complément indispensable. Un travail complètement physique et éprouvant : forer, meuler, extraire, exposé au risque de contracter d’éventuelles maladies comme la silicose (causée par l’inhalation permanente de produits chimiques causant des effets irréversibles aux poumons et des difficultés respiratoires) et de glissements de terrain, devant assurer le renfort des tunnels creusés.

Pour trouver le filon d’or, il est nécessaire de travailler souvent soit courbés ou agenouillés sur de longs parcours.
Devant tant de paramètres, l’âge de départ à la retraite est plus avancé et la journée laborale maximale est d’ordinaire de 35 heures hebdomadaires – sachant que dans beaucoup d’autres pays, les conditions de travail peuvent être moins favorables. Il serait bon de valoriser le travail des mineurs pour extraire l’or – celui que nous achetons ou vendons de nos jours.

L’or du Kazakhstan

Jeudi, juillet 8th, 2010

Le Kazakhstan, un pays cinq fois grand comme la France, détient environ 4 % des réserves d’or mondiales.

Le Président  de la République du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, annonce «  En 2015, nous pouvons parvenir à une production d’or de plus de 70 tonnes et devenir l’un des plus grands producteurs au monde du métal ». Comment ? Le pays possède plusieurs mines d’or exploitables et riches en métal précieux.

Le projet aurifère de Kyzyl : des ressources inépuisables ?

Une étude de préfaisabilité a confirmé la viabilité économique du projet aurifère de Kyzyl, au Kazakhstan, où les opérations pourraient débuter en 2013. Le programme de forage actuellement mis en place afin de convertir les ressources minérales en réserves est un franc succès, et les ressources sont telles que la mine pourrait être utilisée pendant quasiment 16 ans, selon les estimations. Ce projet dispose d’une réserve minérale initiale estimée à 3,78 millions de dollars d’or.

Complexe minier de Vasilkov
De plus, la production d’or du pays a été renforcée par le lancement d’un plan de 700 millions de dollars dans le complexe minier de Vasilkov (le plus grand gisement d’or du Kazakhstan et du monde entier) situé au nord du pays. L’usine devrait contribuer à stimuler la production d’or au Kazakhstan de 75 % d’ici 2011.

D’ailleurs, selon Reuters, une source aurait affirmé en juin dernier que la société Glencore (spécialisée dans le négoce de matières premières et dans l’exploitation minière), projetait de coter en bourse les principaux actifs de ses mines d’or, principalement constitués de la mine de Vasilkov.

Une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent investir dans l’or papier ? Personnellement, sur l’Or et l’Argent, on est plutôt comme Saint Thomas d’Aquin, on préfère croire ce que l’on voit et on privilégie les vertus d’un or physique que l’on possède en propre à la versatilité d’une mine pas encore exploitée !

Histoire de l’exploitation des mines d’or en France

Jeudi, janvier 28th, 2010

Minerais aurifères de Salsigne à or invisible - minerai quartzeux à plages de chalcopyrite - Source : http://www.orpaillage.fr - Yvan Pujol

L’exploitation de l’or en France remonte sans doute au néolithique, vraisemblablement sous forme d’orpaillage dans les sables des rivières. Les premiers vestiges, actuellement connus, de l’exploitation minière des filons aurifères en France datent de l’époque gauloise (400 ans av. J.-C.). Les découvertes récentes faites dans la région de Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne) au cours des travaux menés par la Société des Mines du Bourneix et les études des archéologues nous en apportent la certitude. Des vestiges de travaux anciens semblables aux « aurières » du Limousin ont également été découverts dans le Puy-de-Dôme à La Bessette, dans le Maine-et-Loire à Saint-Pierre-Montlimart et dans la région de Château-Gontier en Mayenne.

Ces exploitations antiques portaient sur des filons de quartz à or libre, facile à extraire par un simple broyage. Cette activité minière semble s’être prolongée jusqu’à la fin de l’Empire Romain, période à laquelle elle paraît s’éteindre.

Passée la période antique, il faudra attendre 1776 pour assister à la première tentative d’exploitation d’un filon de quartz aurifère à La Gardette près de Bourg-d’Oisans (Isère). L’exploitation de cette mine fut confiée au directeur de la mine des Challanches, Johann-Gottfried Schreiber qui exploita ce gisement pour le Comte de Provence, frère du roi Louis XVI. Cette première tentative se solda par un échec et les travaux seront interrompus en 1788 en raison de la trop grande irrégularité des teneurs en or.

Le 9 juillet 1847, est instituée par Ordonnance Royale, au profit de Monsieur Sudre, la première concession minière pour or, c’est la concession de Pontvieux (Puy-de-Dôme). Ce gisement fera seulement l’objet de travaux de recherche entre 1847 et 1925.

En 1896, l’or est découvert dans les minerais sulfurés de fer et de cuivre des mines de la région de Salsigne (Aude), toutefois cette découverte n’eut pas de retentissement dans les milieux miniers.

Il faudra attendre 1903 et la découverte de l’or dans le minerai d’antimoine des mines de La Lucette, près de Laval (Mayenne), pour assister au développement sans précédent de la prospection et des travaux miniers sur les filons aurifères de notre pays, stimulés par cette découverte mais aussi par la mise au point récente (1898) du traitement des minerais d’or par cyanuration.

Les prospections portèrent principalement sur le Massif Armoricain et le Massif Central avec une intensité particulière sur le Limousin et la Marche. En 1905, la Société des Mines de La Bellière (Maine-et-Loire) et la Société des Mines d’Or du Châtelet (Creuse) mettent en exploitation leurs gisements tandis qu’au même moment avait lieu en Limousin une véritable ruée vers l’or sur les gisements de la région de Saint-Yrieix-la-Perche, des Monts d’Ambazac et de Saint-Goussaud (Haute-Vienne).

En 1908, la mine de Salsigne (Aude) entre en phase de production.

En 1912, la production totale du pays atteint les 3 000 kg d’or. La guerre de 1914 vient interrompre brutalement cette progression.

Après la guerre de 1914, les gisements du Limousin reconnus dès 1905 sont exploités à Chéni, Nouzilléras, Beaune, La Fagassière, Champvert et La Petite-Faye (Creuse).

A partir de 1935, la production diminue progressivement jusqu’en 1955, date à laquelle seule la mine de Salsigne reste en activité. La faiblesse des cours de l’or et l’épuisement de certains gisements provoquent la fermeture des autres mines.

En 1975, la hausse soudaine des cours de l’or relance la prospection minière sur les gisements aurifères.

En 198o, la Société « Le Bourneix » entreprend l’exploitation du gisement de CrosGallet près de Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne). En 1988, cette société rachetée par COGEMA, devient la Société des Mines du Bourneix qui intensifie la prospection et l’exploitation des gisements de la région, produisant plus de 2 000 kg d’or en 1992.

En 1988, le « chapeau de fer » de l’amas sulfuré de Rouez-en-Champagne (Sarthe) est mis en exploitation.Ce petit gisement limité en volume produira en cinq ans près de 2 300 kg d’or et 7 000 kg d’argent.

En 1991, les cours de l’or s’effondrent provoquant l’arrêt de la mine de Salsigne. Après rachat par une compagnie australienne et construction d’une nouvelle usine de traitement, l’exploitation reprendra en décembre 1992.

Après être descendus en-dessous de 6o 000 F le kg, les cours de l’or se redressent en 1993 pour atteindre les 8o 000 F puis se stabiliser aux alentours de 7o 000 F le kg.

Malgré cette embellie, les réserves économiquement exploitables s’épuisent et la Société des Mines du Bourneix cesse toute activité en octobre 2001, tandis que la mine de Salsigne fermera dans le courant de l’année 2004 mettant un terme à 1oo ans d’exploitation minière de l’or en France.

Par Pierre-Christian  GUILLARD, tiré de Guide Pratique du Chercheur d’or en France

[Mise à jour du 20/09/2013]

Villeranges : vers une nouvelle mine dans la Creuse ?

Un terme à l’exploitation de l’or en France ? Pas forcément. Dans la Creuse, un projet de mine d’or avance peu à peu. C’est la société Cominor, filiale du groupe La Mancha, qui a fait la demande d’un permis exclusif de recherches en février 2011.
Leur objectif : ouvrir une mine d’or sur le site de Villeranges, dans la Creuse. La dernière mine d’or du Limousin a été fermée en 2002. Et de l’ancienne mine du Châtelet, non loin du site de Villeranges, une quinzaine de tonnes d’or ont été extraites pendant la première moitié du XXe siècle.

Une consultation publique a été lancée pendant l’été. Des nombreux travaux et recherches devront ensuite confirmer, pendant les années à venir, si le filon tient ses promesses. C’est là que la société Cominor pourra réellement découvrir quels secrets recèle le sous-sol limousin. Et si les résultats sont là et que les autorisations suivent, cette nouvelle mine pourrait créer des emplois dans la Creuse… et remettre l’exploitation aurifère au goût du jour en France.

[Mise à jour du 24 février 2014]

Compagnie nationale minière française : l’extraction aurifère de nouveau à l’ordre du jour en France

L’histoire de l’exploitation aurifère en France pourrait bien s’écrire sur une nouvelle page. Avec une date à retenir : celle du 21 février 2014, où Arnaud Montebourg, Ministre du redressement productif, a confirmé la renaissance d’une compagnie nationale des mines.
Alors qu’un deuxième permis de recherches a été accordé à Variscan Mines dans le Maine-et-Loire, un an après un premier permis pour une zone entre la Sarthe et la Mayenne, c’est bien le signe que le gouvernement prend particulièrement conscience de la valeur du métal précieux. La Compagnie nationale minière française sera chargée d’exploiter le sous-sol français, et d’en tirer des ressources en métaux précieux. Cela concerne donc les sous-sols de la France métropolitaine et des DOM-TOM, dont la Guyane aux ressources aurifères convoitées.

En Guyane, la création de la Compagnie nationale minière française permettra peut-être d’enrayer l’orpaillage sauvage. En France métropolitaine comme sur les territoires des DOM-TOM, le ministre a en effet annoncé se tourner vers une extraction qui respecte les « aspirations environnementales de nos concitoyens », annonçait-il le 21 février dans de nombreux journaux (Le Monde, Le Parisien…).

La Compagnie nationale minière française devrait également se tourner vers l’Afrique francophone. Pour l’Etat, l’objectif est clairement assumé selon Arnaud Montebourg : protéger « les intérêts nationaux », et contribuer à assurer l’approvisionnement français de métaux rares… dont l’or et l’argent.

Néanmoins avec des méthodes d’extraction qui devraient se révéler coûteuses en France métropolitaine, et avec la mainmise de l’Etat sur la production, c’est bien vers les pièces d’or (donc déjà extraites !) qu’il faut se tourner pour l’investissement !

[Mise à jour du 23 mai 2014]

En Guyane,  l’or est second secteur économique du territoire… mais cela ne convainc pas la Creuse !

L’extraction aurifère a une place importante en Guyane. Très importante même : c’est d’ailleurs « le second secteur économique du territoire après le spatial », selon Philippe Matheus, président d’ORkidé de Guyane et membre de la Fédération des opérateurs miniers de Guyane (Fedom-G), qui s’exprime dans les colonnes de Franceguyane.fr, dans un article du 16 mai.

Selon le professionnel de l’or, le métal précieux emploie une centaine de salariés, répartis dans une trentaine de très petites et moyennes entreprises. Elles extraient une tonne et demie d’or par an, ce qui leur permet de réaliser plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires par an. « Ce sont des sociétés structurées, qui travaillent avec un permis d’exploitation de concessions minières, incluant un cahier des charges strict, notamment en matière d’obligations environnementales », ajoute Philippe Matheus.

Et ce n’est pas fini, puisqu’il évoque encore un « fort potentiel de développement ». « Nous pourrions passer d’1,5 tonne d’or aujourd’hui à quinze à vingt d’ici quelques années ». Ce qui permettrait de porter l’embauche à trois mille emplois au total d’ici dix ans.

Sur le sol métropolitain par contre, les élus de la Creuse s’interrogent. Les conseillers généraux auraient ainsi demandé le retrait du permis de recherche de mines d’or. Une information partagée par France 3 Limousin le 20 mai : la demande de retrait porte sur le permis accordé par le Ministère du redressement productif le 18 novembre 2013, accordé pour la mine de Villeranges.

Ce permis  concerne des recherches de métaux précieux, et pas uniquement de l’or : également du cuivre, de l’argent, du zinc, de l’antimoine, de l’étain et du tungtsène, sur une zone de près de 48 km2 dans la Creuse.
Un intérêt certain du gouvernement pour les métaux précieux, qui prouve encore la valeur intrinsèque de l’or ou de l’argent.

Des humains et de l’or

Jeudi, octobre 1st, 2009

Cinq siècles Av-JC, ce sont déjà des pièces d’or qui tissent les liens essentiels du commerce. Les empires sont érigés et chutent à cause de l’or. Les routes commerciales qui relient les marchés d’est en ouest sont « pavées d’or ». De l’Amérique du Sud à l’Afrique du Sud, on s’est battu pour l’or. Pour l’amour de l’or, on conquiert le Nouveau Monde et des civilisations telles que les Aztèques et les Incas vont être anéanties (…) LIRE LA SUITE

Des termites chercheuses d’or

Vendredi, mai 22nd, 2009
Les termites peuvent utiliser des particules d'or pour construire leurs termitières

Les termites peuvent utiliser des particules d'or pour construire leurs termitières

En Afrique, les termites valent de l’or. Marc-André Bernier est chercheur d’or. Ce géologue canadien échantillonne les termitières à la manière des anciens Africains pour trouver le précieux métal. Marc-André est persuadé d’être aujourd’hui sur un gros filon.

Pour construire leur nid, les prospecteurs termites remontent, de plus de 20 mètres sous terre, des minéraux et métaux précieux. Leurs mandibules transportent indifféremment tous types de matériaux de construction qui peuvent parfois être des particules d’or variant de 30 microns à près de 3 mm. Pour Marc-André, les termites sont comme des milliers de foreuses qui effectuent, gracieusement et pour son compte, les premiers carottages.

« Lorsque j’ai décidé d’embaucher une armée de termites pour remplacer mes équipes de forage, il y a peu de mes collègues géologues ou centrafricains qui m’ont pris au sérieux. Pourtant, on a réussi à réduire le temps de prospection de deux ans en moins de quatre mois grâce au travail des termites. »

Sur les 5700 termitières échantillonnées, 86 % contiennent de l’or. Cette anomalie semble prouver la densité du filon. Reste maintenant pour Marc-André à vérifier en profondeur, avec les foreuses mécaniques si les termites n’ont pas menti.

Les termites ailés viennent d’essaimer, c’est un bon présage des dieux pour les géologues africains, mais Marc-André, lui, préfère se rassurer en recomptant le nombre de particules d’or prélevées à la surface des termitières.

C’est à proximité des termitières, à plus de 80 mètres sous terre, que la foreuse mécanique vient carotter. Les échantillons prélevés par la foreuse sont identifiés et lavés à grande eau pour le comptage des particules d’or. Les sondages en profondeur semblent confirmer le travail des termites.

Alors que les foreuses continuent leur sondage de vérification, Marc-André prospecte une nouvelle zone. Il est pour l’occasion, comme un bon public relation, accompagné du chef du village. Ce dernier est flatté qu’une multinationale canadienne reproduise les mêmes gestes que son arrière-grand-père.

Pour tout chercheur d’or, la difficulté est de rassurer les autorités locales et ses investisseurs. « Tout d’abord, Monsieur Namzouri, j’aimerais remercier la radio rurale centrafricaine. Nous avons prélevé plus de 6000 termitières. En moins de quatre mois, nous avons établi que le sous-sol renfermait une série de nouvelles structures aurifères prometteuses. »

Seulement un gisement d’or sur mille passe à l’exploitation industrielle.

Marc-André est de retour à Toronto pour convaincre les investisseurs. « Messieurs les Directeurs, les termites de la Centrafrique ont bien travaillé. Elles nous ont aidés à définir une zone aurifère qui fait près de 5,5 km de longueur. Tout me porte à croire que cette zone pourrait faire l’objet d’une ou plusieurs exploitations industrielles. »

Les mandibules des termites macrotermes n’en sont pas à leur coup d’essai, elles ont gagné leurs mandibules d’or au Niger et au Zimbabwe où l’une des mines en exploitation industrielle porte le nom de code « Termites ». D’autres ont même remporté des mandibules de diamant avec les gisements de pierres précieuses du Botswana.

En observant sous microscope électronique les échantillons, les particules d’or sont fines et lisses, ce qui confirme à Marc-André que les zones d’échantillonnage ne sont probablement pas loin du filon. Le succès de cette technique dépend de l’habileté des termites à ramener en surface des minéraux indicateurs à des profondeurs pouvant atteindre parfois plus de 100 mètres.

Les termites de Marc-André viennent de faire sauter la bourse de Toronto.

Transcription par ABWtrad.com d’un extrait du reportage Termites attack de Thierry Berrod pour Mona Lisa prod.

marc-andre

L’or de Carlin Trend

Samedi, mai 16th, 2009
Grues et camions géants pour extraire l'or de la mine de Goldstike

Grues et camions géants extrayant l'or de la mine de Goldstike. Environ 100 kilos d'or par camion.

En dehors de l’Afrique du Sud, la région minière la plus prospère se situe aux Etats-Unis dans l’Etat du Nevada, elle est connue sous le nom de Carlin Trend, sa mine la plus importante est la Goldstrike Property.

La sirène de deux heures signale qu’il faut quitter le puits, l’explosion quotidienne dans la mine peut commencer. Avant que la poussière ne se dépose, le travail de routine reprend dans le puits, on travaille 24h/24 et 7jours/7. Le meilleur moyen d’atteindre une haute productivité, c’est d’utiliser la technologie la plus avancée et plus c’est grand, mieux c’est. Ces pelles hautes de six étages peuvent charger un camion géant en quatre pelletées. Chaque camion transporte 190 tonnes de minerais représentant environ 107 kilos d’or, mais ce qui nous différencie d’un puits conventionnel à ciel ouvert, c’est un système de gestion informatisé contrôlé depuis une tour située au bord du puits.

Ce qu’on essaie de faire ici, c’est d’optimiser l’efficacité de tout le matériel dont nous disposons pour l’exploitation des mines. Toutes les opérations sont informatisées, chaque véhicule de transport ou de chargement est équipé d’un ordinateur en communication avec le système depuis la tour.

Cet écran montre les pelles qui sont disponibles et les lieux de déchargement vers lesquels on dirige les camions, on voit quels sont les camions qui quittent les pelles et ceux qui quittent les décharges pour y retourner.

Après l’opération, le minerai purifié est fondu et coulé en lingots dont la pureté est supérieure à 92%. Carlin Trend est devenu le centre de l’industrie minière américaine et a permis au pays de devenir le deuxième producteur mondial.

Timothy S Green, auteur de « Le monde de l’or » : « L’essor de l’exploitation aurifère en Amérique a créé des milliers et des milliers d’emplois. D’une certaine manière, il a permis la renaissance du Nevada en tant qu’Etat. Il y a donc toute une vie autour de cette industrie qui, quand j’ai commencé à m’y intéresser dans le milieu des années 60, n’existait pas. En Amérique du Nord, vous trouviez la mine Homestake plus un ou deux petits producteurs. Au Canada, cette industrie vivait de subventions de l’Etat et dans le nord du pays, on essayait vraiment de maintenir debout les cités minières. Aujourd’hui, cette industrie est totalement transformée, elle est vivante et dynamique.»

Tout l’or du Transvaal

Vendredi, mai 15th, 2009
Le croissant aurifère dans la région du Transvaal en Afrique du Sud. Le Witwatersrand, proche de Johannesburg

Le croissant aurifère dans la région du Transvaal en Afrique du Sud. Le Witwatersrand, proche de Johannesburg

En 1886, on trouva de l’or en Afrique du Sud, une nouvelle espèce de prospecteurs était née. A l’aide d’une machinerie lourde et d’investissements financiers importants, les géologues et les ingénieurs purent creuser la terre plus profondément que jamais. Mais là, il n’y avait pas de pépites. L’or se présentait en paillettes enterrées à de grandes profondeurs.

Il fallut attendre 1887 pour trouver la clé permettant d’ouvrir les portes des réserves immenses de l’Afrique du Sud. L’or se dissout dans le cyanure, cette découverte permit pour la première fois d’extraire l’or de la roche, une opération économiquement rentable. Depuis lors, l’Afrique du Sud est le plus grand producteur d’or au monde.

Aujourd’hui Johannesburg est réellement la cité de l’or. La ville est entourée des plus riches mines d’or de l’histoire, le fameux Witwatersrand, ce qui signifie le récif de l’eau blanche. Sainte-Hélène n’est qu’une mine parmi les quarante mines qui ont émergé sur un croissant de 580 kilomètres de territoire qui doit son existence à une extraordinaire série d’événements géologiques.

Il y a de ça 2.5 milliards d’années, le Rand, comme on l’appelle, était une vaste dépression recouverte d’une eau peu profonde et entourée de collines remplies d’or. Avec le temps, l’érosion entama les collines concentrant l’or entre les couches de sédiments. Des millions d’années plus tard, des soulèvements violents brisèrent la croûte terrestre en faisant descendre les couches.

Timothy S Green, auteur de « Le monde de l’or » : « Evidemment, ce qui allait se révéler exact, c’est que les couches descendant dans la terre – et nul ne sait réellement jusqu’à quelle profondeur – étaient riches en or, c’est quand même la plus grosse quantité d’or jamais découverte en un seul lieu, dans un seul pays. Cet événement transforma l’économie de l’Afrique du Sud. Jusqu’à récemment, près de 40% des exportations de l’Afrique provenaient de l’or et comme les Sud-Africains le disent toujours, ce fut le tremplin de leur expansion. »

La mine de Sainte-Hélène est une des plus anciennes d’Afrique du Sud et une des plus difficiles. Les conditions de travail y sont draconiennes. Les nouveaux mineurs subissent un test pour mesurer leur stress à quarante degrés de température pendant trente minutes. Si leur température corporelle reste stable, ils peuvent descendre dans la mine, mais pendant les douze jours suivants ils devront porter un solide casque rose et ils seront soigneusement surveillés.

La mine la plus profonde d’Afrique du Sud se situe à près de 4 000 mètres de profondeur, il faut presque une heure trente à un mineur pour rejoindre son lieu de travail. Dans certains cas, il doit changer trois fois d’ascenseur. Et plus on descend, plus la température augmente.

Descendre dans une mine d’or, c’est comme une descente aux enfers, parce que plus vous descendez dans la terre et plus ça devient torride et désagréable. Vous vous trouvez petit à petit à 1600 mètres de profondeur puis à 2000 mètres, puis à 2500 mètres, puis à 4000 mètres et la chaleur devient vraiment intense et aujourd’hui la question se pose, si les mines sud-africaines creusent plus bas encore, comment va-t-on les refroidir ? Cela devient un problème de réfrigération.

A une profondeur de 4000 mètres, la température de la roche avoisine les soixante-dix degrés et l’humidité approche les 100%. Une étincelle pourrait y provoquer une tempête de feu. Les galeries sont constamment contrôlées pour détecter la présence de méthane. Extrêmement volatile, ce gaz pourrait exploser et déclencher une tornade feu dans la mine. Mais le plus grand danger provient de la roche elle-même. Sous les tonnes de pression qu’elle subit, elle ne cesse de pousser des gémissements et parfois elle explose avec des conséquences catastrophiques. Même si ces mines sont deux fois plus sûres qu’il y a dix ans, les explosions dues à la pression continuent à tuer environ soixante-dix mineurs chaque année.

En Afrique du Sud, l’or est si fin qu’il est invisible à l’or nu. Les explosifs ont remplacé la pelle et le pic traditionnel. La dynamite est introduite dans la cavité avec un fil de cuivre qui actionne électriquement la charge à distance.

Charriot contenant 2 tonnes de pierres desquelles seront extraites les miscroscopiques particules d'or

Charriot contenant 2 tonnes de pierres desquelles seront extraites les miscroscopiques particules d'or

Des tonnes de roche volent littéralement en éclats mettant à jour des particules microscopiques d’or. Une pelle mécanique les emporte et les charge dans un chariot qui remonte à la surface. Chaque chariot contient environ deux tonnes de minerai. Le minerai est alors hissé à la surface puis broyé et moulu jusqu’à atteindre la consistance d’une poudre. La poussière est traitée dans un bain de cyanure et est ensuite filtrée pour isoler l’or. Le minerai est alors fondu. 200 tonnes de minerais ont été traitées pour produire un seul lingot. Mais une étape est encore nécessaire avant d’arriver au consommateur.

La raffinerie de Rand près de Johannesburg est la plus grande et la plus moderne pour le traitement du minerai fraîchement extrait. Tout l’or d’Afrique du Sud, environ 600 tonnes par an, transite par ici pour le raffinage. Ces lingots pèsent 25 kilos et contiennent environ 85% d’or.

Pour atteindre les 99.5% de pureté exigés par le négoce international de l’or, celui-ci est refondu et infusé avec du chlore qui transforme l’argent et divers métaux en chlorures. Les chlorures viennent alors à la surface et sont décantés. Ayant atteint maintenant au moins 99.5% de pureté, l’or est moulé en lingot de 11 kilo et poli à la flamme pour lui donner un aspect brillant.

Le lingot est enfin refroidi. La raffinerie de Rand s’enorgueillit de sa vitesse d’exécution, le traitement entier n’a pas pris plus de quatre-vingt-dix minutes. Pesé et estampillé pour garantir sa pureté, le lingot rejoint alors les trente-cinq autres qui ont été raffinés ce matin pour une valeur totale de 5.5 millions d’euros.

Il y a vingt ans, près de 80% de l’or extrait provenait d’Afrique du Sud, aujourd’hui cela dépasse à peine les 10%. Les nouvelles technologies et un fort accroissement du prix de l’or ont créé, dans le monde, un nouveau boom de la prospection.

Timothy S Green, auteur de « Le monde de l’or » : « Le coût élevé de l’or à la fin des années 70, époque du boom de la prospection, a permis la création de plusieurs nouvelles entreprises minières, notamment en Amérique du Nord, des entreprises très puissantes aujourd’hui qui rivalisent avec les grandes entreprises sud-africaines. Elles ont désormais de solides équipes, elles ont beaucoup de géologues spécialisés dans la recherche de l’or. Elles ont des ingénieurs des mines familiarisés avec les dernières technologies d’extraction de quantités d’or minimes qu’il y a vingt ou trente ans n’étaient pas rentables. »

A lire pour en savoir plus sur le sujet :

lingotrand

Les nouveaux chercheurs d’or de Californie

Vendredi, mai 8th, 2009
Un vestige de la ruée vers l'or du XIXème siècle

Un vestige de la ruée vers l'or du XIXème siècle

Ces constructions sont à peu près tout ce qui reste en Californie de l’époque de la ruée vers l’or. Mais 150 ans plus tard, le territoire de Motherload est à nouveau saisi par la fièvre de l’or. La flambée du cours du précieux métal et le marché du travail plutôt incertain ont encouragé un millier de personnes à fouler, à nouveau, ces collines dans l’espoir que leur coup de pioche sera chanceux.

Rob est l’un d’eux. Armé d’un colt 45 contre les ours et les mauvais intrus, il a investi un millier de dollars dans son équipement pour extraire le précieux métal ou pour aspirer la roche sous l’eau. Avec un long tuyau doté d’un filtre, il peut ainsi récupérer de fines particules d’or qui gisent dans le lit de la rivière.

« Avec un long tuyau doté d’un filtre, j’arrive à récupérer de fines particules d’or qui se trouvent dans le lit de la rivière. Beaucoup de personnes me demandent s’ils peuvent faire ce boulot. Un coup de pioche aveugle peut, par chance, trouver une pépite, mais je leur conseille de ne pas tout quitter sans avoir vraiment étudié la faisabilité d’une telle reconversion. »

La plupart de ces nouveaux chercheurs d’or ont un travail dans de grandes villes comme San Francisco et espèrent trouver ici un complément de revenu, mais ils réalisent vite que cela n’a en fait rien de facile.

« Je suis venu ici pendant plus de quatre heures, regardez ce que j’ai trouvé. J’aurais gagné plus d’argent si j’étais resté au travail. »

Une véritable industrie s’est à présent développée autour de la prospection avec ces entreprises de location d’équipement qui proposent même des formations. Tout cela est bien plus élaboré qu’aux premières ruées vers l’or, mais en fin de compte une chose n’a pas changé depuis l’époque des pauvres piocheurs du XIXe siècle : les marchands de rêves sont toujours là pour profiter des naïfs et des perdus.

Un vendeur de matériel de prospection : « Rien n’a vraiment changé même si les méthodes sont un petit peu plus sophistiquées. Les gens commencent à louer des terrains qui en fait n’ont aucune valeur, mais les terrains partent très bien. Quand des acheteurs potentiels voient une pancarte avec « mine d’or » ils se disent mon Dieu, il doit y avoir plein d’or. Donc les terrains se vendent cinq, dix voire quinze mille dollars. Vous pouvez les exploiter pendant un an, mais ils ne vous rapportent absolument rien. »

Pour les chanceux, c’est effectivement l’essentiel. Les joailliers, eux, fondent ensuite l’or ou le vendent à l’étranger, spécialement en Inde. Le précieux métal y est avidement recherché pour tous les objets de mode. L’an dernier, Rob a acheté une parcelle de terre pour 50 000 dollars, convaincu qu’elle contenait de l’or. Il pensait avoir achevé ses recherches, il est clairement sur la bonne voie, car seuls un pour mille des prétendants à ce nouvel eldorado ont la chance d’avoir un jour dans leurs mains une véritable pépite.

Reportage de Chris Bockman pour le compte de France24

Une pépite d'or trouvée dans une rivière en Californie

Une pépite d'or trouvée dans une rivière en Californie

Une mine d’or au Mali

Jeudi, mai 7th, 2009
Sadiola et sa mine d'or, au Mali

Sadiola et sa mine d'or, au Mali

Cette mine d’or, située au sud-est du Mali, domine au loin, menaçante, le village de Sadiola, un village fantôme comme dans les westerns : quelques bars où les prostituées attendent le client, des étales misérables où l’on vend encore des tamis pour l’orpaillage traditionnel, dérisoire à côté de l’immense mine et de ses moyens gigantesques.

Nous sommes à soixante kilomètres de la ville de Kayes, région la plus pauvre du Mali, celle d’où part la majorité des candidats à l’immigration.

Seydou a travaillé trois mois dans la mine avant d’être renvoyé sans aucun motif : « Je faisais 12 heures, on ne me payait pas mes primes de risque. C’était très dur, on est sous le soleil, des problèmes d’eau, la sécurité. Vous faites une semaine et après on te licencie. »

Ouverte en 1996, la mine d’or ne rapporte quasiment rien aux habitants de Sadiola. Pire, la rumeur enfle concernant une possible pollution des rivières locales au cyanure, utilisé pour l’exploitation du minerai précieux.

Souleymane Dembele, directeur de l’ONG Guamina : « Comme vous le savez, Sadiola est une exploitation à ciel ouvert et le traitement de l’or se fait avec des produits très nocifs tel que le cyanure et Dieu seul sait les dispositions techniques qui sont prises pour le traitement de ces déchets toxiques. Donc c’est là où le bat blesse. »

A la Semos, la société d’exploitation détenue par des multinationales canadiennes et sud-africaines, on dément bien sûr toutes ces rumeurs. Pourtant, la mine d’or est une forteresse bien gardée jour et nuit par ces patrouilles en 4X4. Il est quasiment impossible de pénétrer à l’intérieur de la mine. A Sadiola, l’autorisation de visiter le site n’arrive jamais.

Plusieurs tonnes d’or sont extraites chaque mois à Sadiola, aussitôt acheminées au Ghana ou en Afrique du Sud par avion depuis cette piste. Des mines comme celle-ci, il en existe beaucoup d’autres au Mali, la plupart sont aux mains de sociétés étrangères. Paradoxalement, le Mali reste parmi les derniers pays au monde en termes de développement humain.

Reportage de François-Xavier Freland pour France24

Industrialisation de l’exploitation minière de l’or – Histoire de l’or (8)

Mercredi, avril 15th, 2009

L’exploitation minière de l’or rencontre bientôt la révolution industrielle. C’est la ruée vers l’or australienne qui permet de mettre à jour la plus grosse pépite jamais trouvée, un bloc de 70 kg d’or. A la fin de l’hiver et au début du printemps 1876, alors que le général George A. Custer se prépare pour son tristement célèbre rendez-vous avec Little Big Horn, les frères Fred et Moses Manuel s’affairent à chercher de l’or dans les collines noires au sud du Dakota.

Nés au Québec, les frères Manuel ont passé l’essentiel de leur vie à arpenter l’ouest des Etats-Unis en quête improbable d’or. Comme beaucoup avant eux, ils ont entendu des rumeurs voulant que les géologues du général Custer aient trouvé de l’or dans les collines noires. Le 9 avril 1876, les deux frères découvrent ce qu’ils cherchaient dans une zone connue sous le nom de ravin du Bobtail. Moses relate leur découverte dans son journal : « finalement la neige s’est mise à fondre sur la colline, l’eau s’est écoulée par le filtre qui traverse le tuyau. Là, j’ai vu du quartz, j’ai attrapé une pioche pour essayer d’en casser un bloc mais il était très compact, j’y suis tout de même arrivé et je l’ai ramené au camp pour le concasser et le laver ensuite à la batée. C’était plein d’or ».

La mine d'or de Homestake en 1877

La mine d'or de Homestake en 1877

En quelques mois Fred et Moses Manuel ont extrait pour cinq mille dollars d’or, une vraie petite fortune pour l’époque. Un an plus tard, les deux frères vendent leur mine pour 45000 dollars. Le gisement devient l’une des premières propriétés de la Homestake Mining Company. La création de la mine de Homestake annonce une révolution dans l’exploitation minière de l’or. Au cours des siècles suivants, le chercheur d’or solitaire équipé de sa batée et de sa pelle va progressivement céder sa place à de grosses sociétés utilisant de nouvelles technologies. L’une des méthodes les plus efficaces mais aussi les plus destructrices pour l’environnement consiste en l’exploitation minière hydraulique. « Il s’agit de faire passer de l’eau dans une énorme lance et de la projeter avec force contre la roche pour en désagréger les morceaux principaux. En balayant littéralement le quartz, on laisse ainsi apparaître l’or ».

Les canons à eau anéantissent des millions de m3 de terre et de pierre à flanc de coteaux, sous des pressions qui pourraient mutiler ou tuer un homme à 30 m. En moins d’une journée, on fait table rase du lit de rivière qu’un bataillon de chercheurs bardés de pelles et de batées auraient mis un mois à passer au tamis. D’anciens sites miniers datant des premières ruées reprennent alors vie.

Une autre bénédiction tombe en 1889 pour les compagnies minières, il s’agit du cyanure, un acide mortel pour l’homme mais qui s’avère être d’un grand secours pour l’industrie. « On s’est aperçu que le cyanure avait la faculté de dissoudre la roche autour de l’or. C’est devenu très économique pour une industrie qui utilisait des techniques à grande échelle et pouvait ainsi espérer récupérer jusqu’au dépôt de très faibles quantités d’or ».

Ces avancées en matière de technologie minière font de la manie de Homestake la plus riche de l’histoire des Etats-Unis. Pendant plus d’un siècle elle continue de produire de l’or en quantité régulière. Il représente 10% en tout de la totalité de l’or exploité dans les mines d’Amérique. Fred et Moses Manuel avaient découvert l’une des énormes réserves d’or dispersées dans tout l’Ouest américain. Plusieurs années plus tard, des géologues localisent dans les montagnes du Nevada un champ aurifère de plus 1600 m de profondeur par 1600 m de long, mais l’or lui-même reste invisible à l’œil nu.

De nos jours, la compagnie minière Barrick utilise des techniques innovantes afin de récupérer de microscopiques grains d’or de l’ordre de quelques millièmes de millimètre. Pour les voir, il faudrait les grossir pratiquement 2000 fois.

Après la découverte des gisements de la région de Carlin ainsi que la mise en œuvre des technologies modernes, les Etats-Unis sont devenus le second producteur au monde.

La découverte des plus grandes réserves d’or qui soient est située dans l’un des environnements géologiques les plus rentables et les plus exceptionnels de la Terre. Les voleurs savent que l’or est dorénavant capable de révéler leurs empreintes digitales grâce à un nouveau type d’analyse chimique capable notamment d’indiquer précisément le lieu de provenance du métal.

Alchimie néfaste pour l’Amazonie

Jeudi, novembre 13th, 2008

Avant même de débarquer dans une mine d’or, le voyageur est surpris par cette propension des pays de l’Amazonie à s’organiser afin d’acheminer tout ce qu’il faut pour les orpailleurs, depuis la nourriture jusqu’à l’essence. Autant que l’extraction de l’or, en paillettes, grains fins ou en pépites, à raison d’environ deux cents cinquante tonnes par an, et sûrement plus, le transport du métal précieux et de ses ingrédients, carburants et mercure, représente une activité hautement lucrative, que ce soit en pirogue, en quad ou en petit avion de casse-cou. Les tentatives pour sauver l’Amazonie et le relais par les pays de la région pour aider ces campagnes, tels que l’interdiction de l’orpaillage clandestin ou de l’utilisation du mercure, se heurtent à l’hypocrisie la plus totale des représentants de ces États dans le coin, qu’ils soient brésiliens, surinamais, français ou vénézuéliens. Pourquoi dénoncer les trafics alors que ces mêmes agents de l’État mettent tout en oeuvre pour le prolonger, soit par laisser-faire ou aveuglement, soit par une participation active ? Non seulement la situation de la forêt d’Amazonie ne s’améliore pas mais elle empire, au point que l’ on se demande si les mêmes États ne profitent pas de son saccage. Car les profits engendrés par le transport sont souvent aussi importants que les revenus de l’ orpaillage. Le bourg de Maripasoula, en Guyane française, avec son arrière-cour grande comme la Belgique, vit en grande partie du commerce de l’or. Nombre de notables ont une relation particulière avec le métal jaune. Le grand man Joseph Joachim, le chef des Bonys, est lui-même orpailleur, tout en étant rétribué pourtant par l’État français pour ses activités de représentant coutumier. Lorsqu’un orpailleur est emprisonné, les gendarmes craignent l’émeute.  » On discute d’abord, dit l’un d’entre eux, on voit si on peut sévir ensuite mais ici il vaut mieux s’abstenir, on ne sait jamais.  »
Au Brésil, les transporteurs s’en donnent à coeur joie. Ils envoient la marchandise sur l’autre rive du fleuve Oyapock, côté Guyane, et attendent leurs royalties. Idem au Surinam, où l’argent de l’or atterrit dans les coffres des banques ou sur les tables des casinos. Pourquoi s’évertuer à déclarer que l’or profite aux populations, alors que tout le monde sait pertinemment, de Caracas à Cayenne, de Rio à Paramaribo, qu’il ne sert à rien, est évacué sur l’étranger ? L’or s’en va, le mercure pénètre dans l’Amazonie. L’alchimie est néfaste pour la forêt.

Extrait du livre J’Aurai de l’Or d’Olivier Weber, tiré du film La Fièvre de l’Or

Vous pouvez aussi vous mettre dans « l’ambiance » de l’extraction sauvage en Guyane avec cette vidéo de RFO.

ENGLISH : Dirty gold : Damaging alchemy for the Amazon basin
(traduit par ABWtrad.com)

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "