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La Banque de France a proposé une augmentation de 3% du taux du livret A à partir du 1er février 2023. Une rémunération importante pour le livret d’épargne préféré des Français. Après cette annonce, la collecte devrait s’envoler. Aux dépens de qui ? Regardons la situation des différents produits d’épargne.

Le livret A à 3 % : on joue à qui gagne perd

La remontée du taux du livret A valide surtout l’existence de l’inflation et d’une remontée des taux d’emprunt. En effet, pour calculer le taux du livret A, il faut faire la moyenne entre les taux d’emprunt à court terme et le taux d’inflation sur les 6 derniers mois. Ce passage de 0,5 % en janvier 2020 à 3 % en janvier 2023 montre bien que la situation économique a vraiment changé. Certains observateurs s’attendaient même à 3,3 %. Patience, le taux est révisé tous les 6 mois ! Nous verrons bien cet été la proposition du gouverneur de la Banque de France. Alors cette augmentation, c’est une bonne nouvelle ? Pas pour tout le monde.

Les bailleurs sociaux, les banques et la Caisse des Dépôts

  • Les bailleurs sociaux qui utilisent les fonds du Livret A pour construire des logements sociaux vont subir une augmentation directe du coût de l’argent emprunté. Avec en plus l’augmentation du prix des matériaux et des prestations dans le bâtiment, le logement social va trinquer en ce début d’année.
  • L’augmentation du taux du livret A impacte les banques et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) en charge de la collecte de cette Epargne (40/60 %). Selon la CDC, les 50 millions de livrets ouverts par les Français représentent 370 milliards d’euros épargnés. Entre le taux de 2 % en 2022 et celui d’aujourd’hui, il faudra trouver 1 % d’intérêts supplémentaires soit 3,7 milliards d’euros.

L’assurance vie grande perdante ?

Le livret A et les fonds en euros de l’assurance vie sont clairement en concurrence. Et ce, même si le livret A est bien plus souple et plus liquide que les produits assurantiels. Même chose pour la fiscalité, puisque le livret d’épargne est exempt de toute taxe ou impôt sans conditions alors qu’il y a des délais obligatoires de conservation pour l’assurance vie.

Chaque augmentation du taux du livret A entraîne une flambée sur la collecte. Avec une réelle différence de rémunération pour les deux produits, la poussée en faveur du livret A sera importante. L’assurance vie sur des fonds en euros propose des résultats à 2 % en moyenne. Quant aux placements en Unités de compte, les performances de 2022 sont souvent négatives avec, en plus, des frais de gestion importants.

L’épargnant s’y retrouve-t-il ??

Le livret A présente trois avantages :

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  • Il est rémunéré et sans risque ;
  • Il est souple, l’argent est disponible ;
  • Il ne souffre d’aucune fiscalité.

Pourtant, pour l’épargnant, cette rémunération est un peu en trompe-l’œil. Avec un taux à 3 % mais une inflation à 6 %, le taux réel du Livret A est toujours de -3 %, un taux négatif. « C’est toujours mieux que de laisser son épargne traîner sur son compte courant » me direz-vous ! Évidemment puisque là, la valeur de son patrimoine est grignotée de 6 % en ce moment.

Quel placement alternatif au livret A à 3 % ?

Partons du principe que l’on recherche un placement de long terme, sûr, avec une fiscalité intéressante et liquide en cas de coup dur. Comprendre : sans devoir attendre 2 mois, voire 6 mois ou plus, pour pouvoir utiliser l’épargne.

L’immobilier perd de son attractivité

La pierre a comme défaut majeur de ne pas être du tout liquide. Vendre un bien demande minimum 3 mois quand tout se passe bien (client immédiat, notaire rapide, services de l’État efficaces). Depuis quelques mois, avec le resserrement des conditions d’attribution des crédits par les banques, les ventes sont moins rapides et les prix sont à la baisse. Sauf pour la vente d’une résidence principale : dans ce cas, la fiscalité sur les plus-values est lourde. En revanche, la rentabilité par la perception de loyers peut être plus importante que 3 % (net d’impôts – IFI, etc.) selon son plan de financement.

La bourse est sensible à la situation économique

Le marché des actions est très sensible à la situation économique et géopolitique. Depuis 3 ans, entre le COVID, l’inflation, la guerre, les investisseurs sont vraiment chahutés. Par définition, la bourse n’est pas un placement sûr. Enfin, sauf avec des dispositifs incitatifs comme le PEA (plan d’épargne en actions) ou les PEE (plan d’épargne entreprise), les plus-values sont taxées à 30 % (taxe forfaitaire 12,8 % IR et 17,2 % prélèvement sociaux).

Les cryptos monnaies sont hors compétition

Si certains adorent qualifier les cryptos d’or du XXIe siècle, la chute de 66 % de la valeur du Bitcoin en 2022 a définitivement sifflé la fin de la récréation. L’investissement en cryptomonnaies, ou cryptoactifs, n’est pas fait pour constituer une épargne ni même un patrimoine sur le long terme.

L’or : le premier challenger

On ne reviendra pas sur la spécificité d’investissement de temps long du l’or et ce, depuis des siècles. On a vu en 2022 que les augmentations de taux d’intérêt renforçaient les monnaies et mettaient l’or sous pression. Mais d’un autre côté, l’inflation, l’augmentation des prix concerne aussi l’or, actif tangible. Ainsi, pour cette première année de retour de l’inflation (officiellement), le cours de l’or en euros termine en hausse de 6 %. Il efface totalement l’inflation. Donc par rapport au livret A (qui termine en valeur absolue à -4 %, l’or est vainqueur. Reste la fiscalité qui peut être soit importante soit avantageuse selon les produits en or. Ainsi, pour les pièces à cours légal ou les jetons, il existe une franchise de 5 000 euros sans taxe.

Dernier élément, la liquidité de l’or peut sembler difficile à obtenir, sauf avec des plateformes numériques qui ont digitalisé l’or. C’est-à-dire que l’équivalent de son or transformé en euros peut être disponible immédiatement.

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Je suis entrepreneur sur le web depuis 1999. Diplômé de l'école de journalisme de Bordeaux, j'ai tout d'abord été journaliste-reporter radio pendant 10 ans. J'anime plusieurs médias sociaux et blogs sur les entreprises, la tech, la finance, le marketing digital.

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